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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 16:31

 

 

Une tribune publiée par Michel Onfray dans Libération le 9 mars 2015 :

Une vraie critique de la religion : chiche Mélenchon !

 

 

Le Parti de gauche (PG), de Jean-Luc Mélenchon, a refusé de s’associer à une manifestation dite en faveur d’une lutte contre l’islamophobie à la Bourse du travail de Saint-Denis. Son coordinateur général, Eric Coquerel, a confié à l’Express : «Le terme d’islamophobie nous pose problème depuis plusieurs années. Il est difficile, en effet, de faire la part entre la libre critique de la religion et le racisme. Le texte, par ailleurs, ne cite pas les autres formes de racisme. Dans un contexte postattentats, il aurait fallu un appel plus large.» Puis : «Par ailleurs, poursuit le dirigeant, les signataires nous posent problème. Il s’agit pour certains d’organisations communautaristes ou d’organisations qui ont une vision politique de l’islam.»


Quel bonheur, enfin, qu’à gauche, qui plus est dans la gauche antilibérale, qui est ma sensibilité, on lutte contre un autre genre d’amalgame qui consiste à assimiler la critique des religions à l’islamophobie quand elle aborde l’islam, à la christianophobie quand elle concerne le christianisme, à l’antisémitisme quand il s’agit du judaïsme, avant que l’athéisme lui aussi ne le soit au blasphème.

Ce dangereux amalgame (tout amalgame est dangereux…) empêche qu’on puisse lutter contre l’islamophobie véritable, la christianophobie véritable et l’antisémitisme véritable qui, hélas, ne manquent pas d’exister dans les faits. Ne pas souscrire au fait que Moïse ouvre la mer en deux n’est pas antisémitisme, que Jésus soit ressuscité le troisième jour n’est pas christianophobie, que Mahomet ait pris son envol à cheval vers le ciel pour rejoindre La Mecque et Jérusalem en une nuit n’est pas islamophobie, mais lecture historique, exégétique, rationnelle, critique, des textes qu’on ne méprise pas, pas plus qu’on ne méprise ceux qui y croient, mais qu’on souhaite pouvoir librement aborder comme on lirait Platon ou Tacite.

Peut-on lire, en France, la Torah, le Nouveau Testament et le Coran, comme on lit la Guerre des Gaules de César, l’Ethique de Spinoza ou non ? A-t-on le droit de continuer à pratiquer la lecture exégétique et herméneutique, une spécialité française moins embrouillée que l’herméneutique allemande, comme Richard Simon le faisait au XVIIe siècle, D’Holbach au XVIIIe ou Prosper Alfaric au XX e avec le christianisme, ou est-ce interdit sous prétexte de phobie ou de blasphème ?

 

Ce que le Parti de gauche nomme, fort justement, «la libre critique de la religion» fait partie du logiciel de toute gauche véritable, historique. La gauche qui nous gouverne y a renoncé en préférant le sarcasme, le blasphème (auquel je ne souscris pas), l’ironie, quand il s’agit des chrétiens, et la langue de bois, quand il s’agit de l’islam et du judaïsme, car il est facile d’être fort avec les faibles (et nul ne niera que le pouvoir réel des chrétiens est quasi nul dans une France déchristianisée) et faible avec les forts (les juifs ne laissent rien passer, et ils ont raison, pas plus que les musulmans qui le font avec la même détermination, sans oublier parfois de recourir aux épées à l’ombre desquelles, dixit un hadith, se trouve le paradis).

 

 

"Le blasphème n'est scandaleux qu'aux yeux de celui qui vénère la réalité blasphémée"

Pierre Bayle  


Les propositions politiques du Front de gauche m’agréent presque totalement en matière de politique intérieure. J’ai, en revanche, du mal avec les soutiens à des personnalités douteuses qui induisent un certain type de politique internationale - de Robespierre à Ahmadinejad, en passant par Chávez ou Castro.

Mais c’est le parti le mieux placé pour effectuer cette nécessaire dissociation d’idées entre la «libre critique des religions» et le «racisme», car ni Mélenchon ni le Front de gauche ne sont susceptibles d’être racistes, de l’avoir été ou de le devenir.

Ce travail, s’il était réellement pris en charge par Jean-Luc Mélenchon et les siens, crédibles en la matière, aurait un triple mérite : d’abord, retrouver la voie du débat d’idées hors insultes et langue de bois, hors amalgames et stigmatisations, sur la question des religions ; ensuite, redonner à la gauche voix au chapitre critique des idées qui ont fait sa grandeur en 1789 (pas en 1793) ; enfin, laisser à Marine Le Pen les électeurs qui, certes, ne souscrivent pas à la théocratie musulmane, mais pour qui ce refus de souscrire ne relève pas de l’esprit critique laïque ou athée, mais de la prise de position raciste.

Boris Le Lay - catholique, raciste et nationaliste breton

Cette vidéo est une illustration du rôle que joue le « travail » de Michel Onfray ces derniers temps dans les cercles  identitaires/nationalistes/racistes qui sont de plus en plus favorables à un philosophe se réclamant de la « gauche libertaire », et le jugent fort utile à leurs intérêts politiques. 

(31: 55)  L’action d’un Michel Onfray à gauche est très intéressante et très importante puisque finalement c’est un allié objectif qui va contribuer à cet écroulement de la gauche, et nous en avons besoin,  parce que notre objectif fondamental est bien évidemment de détruire la gauche. C’est la base essentielle : détruire la religion du progrès, la religion du collectivisme et de l’égalitarisme, de l’universalisme. Et plus nous verrons les fractions internes à la gauche rentrer en crise du fait des contradictions internes qu’elles rencontrent, mieux ça vaudra. Et ça nous donnera de plus en plus de dynamique, d’autant que Michel Onfray valide un certain nombre de théories présentes dans les cercles identitaires, dans les cercles révolutionnaires conservateurs, dans les cercles traditionalistes ou nationalistes. La critique de l’islam qu’il fait évidemment fait notre jeu et de tout cela nous pouvons également faire notre miel, c’est très positif. Donc, Michel Onfray doit continuer son travail de destruction de la gauche, ça nous va très bien. 

Ce travail effectué permettrait de faire le tri entre ceux qui refusent la religion au nom de la raison, pas du racisme (c’est mon cas, et celui de nombre de gens qui se sentent de gauche hors catéchisme de gauche), et ceux qui se cachent derrière le refus de cette religion pour mieux dissimuler leur racisme ou leur xénophobie. On pourrait imaginer qu’une fois cette dissociation d’idées effectuée, ceux qui ne veulent pas que la religion fasse la loi ailleurs, que dans les âmes privées, se distingueraient clairement de ceux qui visent moins la religion musulmane que ceux qui la pratiquent. Marine Le Pen se viderait alors de ceux qui vont vers elle parce qu’elle est la seule à tenir un discours critique sur l’une des trois religions pour ne conserver que ceux qui, de facto, s’avéreraient véritablement islamophobes, racistes ou xénophobes. Nul doute que cette façon de faire siphonnerait une partie du réservoir mariniste qui n’est pas néofasciste, mais laïque, agnostique ou athée, et remplirait celui d’une gauche redevenue celle de Condorcet.

 

Michel ONFRAY   

 

   

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Published by Marc et Ewa
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commentaires

Tonio 30/05/2015 14:06

Se prononcer pour un patriot act à la française est effectivement ignoble et déshonore qui l'appelle de ses voeux car le patriot act ce sont les arrestations arbitraires, la légitimation de la torture, le massacre d'innocents. J'ai un collègue, fonctionnaire de La Poste, qui n'en peut plus de se faire contrôler, seul ou pire devant sa famille, sa mère, sa femme, ses enfants et qui certaines fois se fait humilier devant eux; son tort : porter sur sa face son origine, maghrébine ! Quelle honte M. Onfray, vous êtes le déshonneur de la philosophie ! Je me souviens de la couverture d'un livre où en gros est écrit : Michel Onfray La passion de la méchanceté, merci de vous être dévoilé au moins une fois dans votre vie car la méchanceté que vous croyez déceler chez les autres est en fait en vous. Pour finir une parole de cet être sublime Nietzsche, l'anti-Onfray par excellence, dans "Aurore" : "Depuis que le monde existe, aucune autorité n'a encore voulu se laisser prendre pour objet de la critique; et aller jusqu'à critiquer la morale... aujourd'hui encore, il n'y a pas un orateur, qui ne s'adresse à elle pour lui demander secours ( qu'on écoute, par exemple, nos anarchistes : quels arguments moraux pour persuader ! Ils finissent par s'appeler eux-mêmes " les bons et les justes").

serrurier meudon 05/04/2015 12:41

"ONFRAY SOUTIENT LA TERRORISATION DÉMOCRATIQUE.
Il se prononce pour un «Patriot Act» à la française.
Interrogé sur la Radio suisse romande [à écouter à partir de 13′], le 8 janvier 2015, Michel Onfray, le professeur de philosophie, autoproclamé «LIBERTAIRE», a pris parti pour une amplification répressive du système «antiterroriste» français, inspirée du «Patriot Act» américain.
Signalons au passage que le système européen, et notamment la définition politico-sociale élastique de ce qui peut être qualifié de «terrorisme» (tout!) est déjà inspiré du modèle américain. Mais il reste quelque garanties que Michel Onfray verrait disparaître sans nostalgie, nous allons voir pourquoi.
Que Michel Onfray soit un CRETIN politique est une information qui ne peut bouleverser que ses groupies. Qu’il brandisse le drapeau noir au service de l’union nationale et encense la police pose un vrai problème. Notamment pour cette autre variété de crétins «libertaires» qui continuent d’acheter ses livres ou de courir à ses conférences (sans œufs pourris et tomates trop mûres).
Il est vrai qu’ayant prôné un «capitalisme libertaire», le malheureux admirateur de Charlotte Corday ne fait qu’approfondir une pensée relativement cohérente en réclamant davantage de lois liberticides (s’il m’est permis d’user de ce pléonasme).
La manière dont l’Onfray expose son point de vue est sans ambiguïté. La manière dont il le justifie épuise la définition de l’imbécillité citoyenniste.
Au journaliste qui lui demande: «Est-ce qu’il faut aller jusqu’à un Patriot Act à la française?», Onfray répond:
Oui, mais ça me paraît évident. Moi par exemple j’ai pas grand chose à me reprocher, je ne crains pas la police; j’ai pas l’impression quand elle m’aborde qu’elle va me nuire.
Et comme le journaliste note que «pour un anarchiste» (c’est tout le problème coco!) cette position est surprenante, le prof entame une fumeuse comparaison entre Proudhon, d’une part, un type super (d’une misogynie pathologique, soit dit en passant), et les mauvais : Bakounine et Kropotkine.
Bakounine «est trop proche de Marx», ce qui en fait… un «idéaliste», figurez-vous !
Ancienne arme de poing.
Tout le contenu de la mer ne pourrait suffire à remplir les réservoirs de chasses d’eau nécessaires à renvoyer pareille ânerie dans les égouts de la confusion intellectuelle. Voilà qui impose de faire suivre le même chemin épuratoire à l’illusion indulgente (que je reconnais avoir partagée) selon laquelle «au moins, c’est un bon prof qui explique clairement les choses». Non, c’est désormais un idéologue, capable de raconter n’importe quoi pour défendre ses lubies.
L’argument, bien connu des pharmaciens et des garçons bouchers, «Je n’ai rien à cacher!» est particulièrement sot, et d’abord parce qu’il est presque toujours mensonger.
Simplement, le crétin qui l’utilise pratique la restriction mentale et élide la proposition suivante: «Certes, je dissimule (comme tout le monde) quelques menues infractions (au code de l’urbanisme, des impôts ou de la route) et quelques cochoncetés, mais ça n’a rien à voir avec ce qu’il est important de reprocher aux autres. Et on ne va tout de même pas venir me chercher des poux dans la tête à moi, qui suis un honnête citoyen travailleur de type caucasien.» Vous noterez que le menteur par omission milite pour la concision.
Par ailleurs, le locuteur suppose une équivalence logique qui n’existe pas entre la formule «Je n’ai rien à cacher (à me reprocher)» et une autre qui est «Donc je suis prêt(e) à tout montrer à la police quand elle l’exige».
Prenons un exemple. Dirais-je que j’ai à cacher mon cul, voire même que je me le reproche? Non, certainement pas. Peut-on en déduire que j’accepterais volontiers de le soumettre à vérification policière, et tousserais sur réquisition lors de contrôles d’identité pratiqués dans la rue et les transports en commun. Certainement non.
Rien à cacher, c’est à voir… Rien à montrer aux flics, c’est certain!
L’«argument» de l’innocente transparence, quand il est avancé par quelqu’un comme Onfray, dont on suppose (peut-être à tort) le QI et le niveau culturel au-dessus de ceux du viandard ci-dessus évoqué, devient une obscénité petite-bourgeoise particulièrement répugnante. En effet, cela revient littéralement à dire: «Puisque j’ai raison de ne rien craindre de la police, n’ayant rien à me reprocher, alors celles et ceux qui n’aiment pas la police et qui (ou parce qu’ils) ont des choses à se reprocher méritent de subir de sa part un traitement particulier (surveillance, brimades, répression).»
Énoncer pareille stupidité dans le monde réel et non dans un éther idéal revient à insulter les centaines de milliers de gens qui ont eu, ont et auront à subir des contrôles au faciès, des insultes, des comportements sexistes, des actes de violence physique et de torture de la part de policiers.
Mais le crétin n’a pas tout à fait fini de nous expliquer pourquoi il faut donner davantage de pouvoir aux flics et aux services secrets. Ce qui nous réserve un grand moment de matérialisme dialectique:
Je préfère [il parle de la surveillance d’Internet] être surveillé par des gens qui ont envie de penser la sécurité, plutôt que surveillé par des gens qui ont envie de me vendre des produits.
Attention ! la pureté chimique de cette connerie (pour employer un terme proudhonien) peut entraîner, chez les personnes sensibles, des réactions proches du malaise vagal.
Réfutons donc avec modération.
Le crétin ne distingue pas la cohérence de son propre délire. Partisan et du capitalisme et de la police, il ne voit pas que c’est le même système qui le surveille et qui lui vend des produits.
Ainsi donc, flics et barbousards «ont envie de penser la sécurité». Mais la sécurité de qui et de quoi? La tienne, petit bonhomme? Parce que tu aimes la police, qui va donc te le rendre, c’est ça?
Oh qu’il est mignon! Et il fait ses nuits maintenant?
Les flics «ont envie de penser la sécurité». Ils y pensent, d’ailleurs. Il finissent même par ne penser qu’à ça. Du coup, ils sont distraits. Et voilà comment, au lieu de tirer en l’air, ils flinguent du jeune de banlieue à tout va!
Il fallait y penser: les bavures sont un signe de concentration intellectuelle. Allez débinez les cognes quand vous avez compris ça!
En fait, je peux bien vous le dire, moi c’est pareil! J’ai mes préférences, comme l’Onfray. Ainsi tenez, quitte à me faire enculer de force, j’aime autant que mon violeur ait une toute petite bite…
Ici, je vous devine, femmes et hommes de peu de foi démocratique, qui ne voyez pas le rapport (sexuel, pourtant), vous allez me dire : Et si on ne veut pas se faire violer du tout? Ni surveiller!
Et je vous répondrai: «Vous ne seriez pas un peu idéalistes, des fois?»"

https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/01/19/onfray-soutient-la-terrorisation-democratique-il-se-prononce-pour-un-patriot-act-a-la-francaise/

Octave 31/03/2015 18:10

Rattacher Onfray à la droite racialiste identitaire ? C'est aussi malhonnête qu'une Elisabeth Förster-Nietzsche falsifiant l’œuvre de son frère pour en faire un pro-germaniste antisémite. Oui ! Aussi faible que les chiures d'encre de Bruno Roger-Petit... La méthode ? On récupère l'esprit des ragots défavorables sur Onfray que les médias colportent - mais on n'en vérifie bien sûr pas la teneur - et on l'injecte dans un vulgaire sous-entendu. Je vous cite : "Cette vidéo est une illustration du rôle que joue le « travail » [apprécions l'ironie de vos guillemets] de Michel Onfray ces derniers temps dans les cercles identitaires/nationalistes/racistes qui sont de plus en plus favorables à un philosophe se réclamant de la « gauche libertaire », et le jugent fort utile à leurs intérêts politiques." Voilà qui est beau comme du BHL. Du reste, faites-moi plaisir : quand vous censurerez mon commentaire en estimant à tort qu'il s'agit d'insultes, ayez l'honnêteté de vous dire, en votre for intérieur, que vous n'êtes plus en rien libertaire. Ça sera un début d'esquisse de cohérence. Banquet avec Onfray, tu parles... Quelle tristesse.

electricien paris 29/03/2015 12:31

Votre blog est une source d'inspitation ! merci pour vos articles.
Patrick.

dofus-generateur.blogspot.fr 28/03/2015 12:49

Merci pour cet article .

Ewa 23/03/2015 21:34

J’ai ajouté une petite phrase d’explication sous la vidéo de Boris Le Lay - catholique, raciste et nationaliste breton, car apparemment, cela n’a pas été suffisamment clair pour tout le monde.

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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