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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 07:18

 

FEMINISTE homme

 

La Journée internationale des femmes nous a incités à nous occuper des hommes, ou plutôt des difficultés d’être un homme féministe. Voici les extraits de l’article qui aborde ce sujet de façon assez radicale et inhabituelle, ce qui peut heurter la sensibilité de certains, comme c’était le cas de 67% des lecteurs du site Agoravoxsur lequel l'article était publié le 11 août 2011. L'auteur de ce texte, Julien Cart, est diplômé en Pédagogie Curative Clinique et Education Spécialisée, élu en juin 2011 Conseiller municipal en Ville de Genève (les Verts). 


 

Féministes et hommes engagés, sortir de l’androcentrisme et développer l’empathie

Cet article vise à interroger, d'après les lumières de l'œuvre de Léo Thiers-Vidal, homme féministe engagé, la façon dont les hommes se positionnent au sein des revendications féministes. Avons-nous, en tant qu’hommes, une réflexion et des pratiques quotidiennes en accord avec ce que nous défendons ? Nous chercherons à comprendre pourquoi et en quoi les théories de certains hommes féministes minimisent les rapports d'oppression entre les sexes, et, enfin, nous proposerons des pistes pour sortir du piège androcentrique.

Léo Thiers-Vidal se rapporte à son expérience personnelle d'homme féministe engagé ayant participé à des groupes « pro-féministes » dans différents pays, sur son travail de thèse qui a débouché sur l'analyse empirique du vécu d'hommes (féministes et non-féministes), et enfin, sur la lecture qu'il fait des recherches d'hommes engagés féministes. Selon Vidal (2010), les hommes engagés dans les questions féministes sont souvent confrontés à une résistance qui bloque toute dynamique constructive entre les féministes et eux, un décalage genré s'instaurant. Alors que les féministes dans les rapports sociaux de sexe questionnent la réalité en termes de pouvoir, certains hommes engagés tendent à voiler les rapports d’oppression. Vidal explique cette négation du fait que « les thèses féministes radicales représentent un enjeu intellectuel et existentiel conflictuel car elles proposent une telle vision de la réalité qu'il est difficile d'éviter soit le rejet pur et simple, soit la culpabilisation. » (Vidal, 2010, p. 93). L'analyse féministe matérialiste démontre que les pratiques sociales matérielles entre femmes et hommes relèvent de l'oppression, de l'exploitation et de l'appropriation. Il y a donc une hiérarchisation matérielle entre d'une part les humains dominants – les hommes – et les humains dominés – les femmes : « le masculin et le féminin sont les créations culturelles d'une société fondée, entre autres hiérarchies, sur une hiérarchie de genre » (Delphy, 1991, p. 98). La domination sur les femmes est constituée d'un réseau serré de faits, de pensées, de données qui affectent notre vie toute entière. L'oppression des hommes sur les femmes se fait à tous les niveaux, si bien que l'on peut parler de rapports de classes. Vidal (2010) explique donc que l’étude des rapports sociaux de sexe oblige à saisir l'importance du lien entre sujet connaissant et objet de recherche : puisque les hommes engagés sont membres du groupe oppresseur, ils doivent reconnaître et accepter que leur subjectivité est structurée par la position masculine. Pour produire des analyses non-biaisées et pertinentes, il s'agira pour eux d'élaborer une conscience anti-masculiniste pour ne pas reproduire des biais masculinistes. Mais les hommes engagés doivent faire face à une double difficulté (Vidal, 2002) : comprendre des analyses féministes qui désignent leur existence comme source permanente d’oppression des femmes et apprendre à gérer les conflits intérieurs qui en découlent. Si comme le souligne Vidal (2010), les luttes féministes ont permis de transformer la réalité en imposant des rapports de force collectifs et individuels, publics et privés contre les hommes, et si au sein des rassemblements anti-masculinistes, les hommes intègrent plus systématiquement le fait qu'ils participent à l'oppression, il n'en reste pas moins que leur position d'oppresseur tend à influencer leur analyse et ressenti vers une négation ou minimisation des rapports d'oppression : « La position sociale d'oppresseur tend à influencer notre analyse et notre ressenti vers une négation ou minimisation des rapports d'oppression, puisque cette attitude rendrait nos vies encore plus agréables » (Vidal, 2010, p. 98). L’androcentrisme tel que le décrit Vidal (2010) est défini comme un égocentrisme affectif, psychologique et politique masculin, lequel permet aux hommes de maintenir leur qualité de vie matérielle, psychologique, sexuelle et mentale. Ceux-ci ont donc intérêt de ne pas rendre conscient le caractère oppressif de leurs rapports avec les femmes, s’incarnant dans un refus d’empathie envers celles-ci : « Il semblerait qu’il soit impossible pour la plupart des hommes « engagés » d’accepter simplement que la (qualité de) vie des femmes est minée voire annihilée par les actes des hommes. » (Vidal, 2002). L'androcentrisme psychologique et affectif est « un refus d’empathie envers les femmes. Toute évocation de la violence faite aux femmes par les hommes - lorsque celle-ci n’est déjà pas évacuée de prime abord sous prétexte de ne pas se laisser déterminer par l’ordre du jour féministe - est détournée de multiples façons : soit elle sert à évoquer leurs propres souffrances (« mais moi aussi, je souffre »), soit elle est rejetée sur d’autres hommes ou un quelconque système les dépassant (masculinité hégémonique, patriarcat), soit elle est retournée contre les femmes (« mais elles doivent bien y trouver quelque chose, non »), soit elle est évacuée par une auto culpabilisation permettant de rester centré sur soi-même (« c’est affreux, je souffre d’être dominant »). » (Vidal, 2002). Quant à l'aspect politique de l'androcentrisme, Vidal explique que « l’évocation des rapports entre femmes et hommes amène ces hommes à parler de leurs vécus personnels en excluant progressivement le vécu des femmes concrètes dans leurs propres vies. Le féminisme fonctionne alors comme un outil thérapeutique destiné à améliorer la qualité de vie masculine : les hommes utilisent l’analyse féministe pour transformer leur vie dans le sens de plus de bien-être ; si cela ne marche pas, alors ils rejettent le féminisme. » (Vidal, 2002).

 

Cette négation ou minimisation des rapports d'oppression s'observe dans les études menées par certains hommes féministes engagés tels que Bourdieu et Welzer-Lang principalement, lesquels donnent . La prison de genre, comme l'explique Vidal (2010), part du principe que les hommes sont victimes d'une aliénation et contribue à développer un discours de victimisation chez les hommes. Welzer-Lang définit cette aliénation comme étant le versant masculin de l'oppression de genre, comme le prix que les hommes devraient payer pour être des hommes, des membres du groupe dominant. Bourdieu parle du piège masculin imposant à chaque homme le devoir d'affirmer en toute circonstance sa virilité, si bien qu’il fait des hommes des prisonniers, victimes eux aussi, développant un regard compatissant sur le vécu masculin. Le problème de cette analyse en termes de rôle et de prison de genre est qu’elle instaure une vision symétrique des rapports de genre. Il existerait un même mécanisme extérieur qui agit sur les hommes et les femmes et les deux seraient victimes de ce mécanisme. Tous les chercheurs hommes ne défendent pas cette position, Stoltenberg affirmant qu'il « faut considérer les intérêts des opprimées de façon prioritaire par rapport à leurs propres enjeux » (1990, p. 195). Vidal (2010) montre bien qu'il est en effet plus facile de s'intéresser à soi à son épanouissement voire sa propre douleur, que d'être conscient de sa responsabilité individuelle et collective dans l'oppression des femmes. L'aliénation masculine renforce la solidarité masculine et donc l'identité de classe sexuelle. Or la transformation des rapports de genre exige une rupture entre les hommes en fonction de la critique théorique et pratique de l'oppression de genre et un véritable militantisme anti-sexiste, sinon cela ne fera que renforcer l'androcentrisme, l'égoïsme collectif des dominants. Mais force est de constater que cette remise en question radicale d'avec la masculinité n'est pas au programme de tous les auteurs qui prétendent, ou ont pu prétendre au titre de pro-féministe. Welzer-Lang semble en effet avoir renoncé à une remise en question sans concession de la domination lorsqu'il parle dans son dernier livre, au chapitre « la culpabilité d’être un mec », du fait que si les hommes se remettent trop profondément en question, ils risquent des conséquences négatives pour leur santé : « La culpabilité a souvent été un moment pionnier dans nos changements, un passage. Parfois, nous ne l’avons pas quittée. Logiquement, nous avons alors adhéré à la victimologie ambiante [...] Mais comment s’aimer, vivre, si on méprise tous les hommes ? Comment exister si nos discours, notre imaginaire consistent à nier toute une partie de nous-mêmes ? Certains d’entre nous en viennent au suicide. » (Welzer-Lang, 2009, p. 144-145). Cette tendance à trouver quelque excuse à la remise en question de l’oppression masculine et des privilèges qu’elle octroie aux hommes, est propre au masculinisme, terme utilisé pour la première fois par Michèle Le Doeuff, qui l’a défini de la façon suivante : « ce particularisme, qui non seulement n’envisage que l’histoire ou la vie sociale des hommes, mais encore double cette limitation d’une affirmation (il n’y a qu’eux qui comptent, et leur point de vue) » (1989, p.55). Comme le souligne la féministe Nicole-Claude Mathieu « ce qui [les] préoccupe, c’est l’homme, c’est-à-dire [eux-mêmes], encore et toujours » (1999, p.308). Enfin, l’idée d’aliénation masculine ne prend pas en compte l'utilité politique pour les hommes de certaines qualités relationnelles et psychiques acquises grâce à la socialisation. Comme l’explique Vidal (2010), la notion de socialisation masculine ne doit plus être vue uniquement comme l'apprentissage d'un rôle de genre, mais comme une éducation à l'oppression. Ces hommes féministes ne perçoivent pas (Monnet, 1999) que certains comportements sont utiles pour maintenir ou instaurer le rapport d'oppression face aux femmes. Par exemple, le fait de ne pas pleurer et de ne pas montrer ses émotions permet d'éviter d'être vulnérable. Corinne Monnet parle « de refus de la part des hommes et non d’incapacité de parler de soi et de l’intime, parce que [elle] pense que si les hommes éprouvent des difficultés dans leur relation à autrui, induites par leur non-expression de leurs émotions et non-parole sur l’intime, ce n’est pas dû à la seule socialisation masculine (« un garçon ne pleure pas, » etc.) mais aussi à leur désir de dominer. Exprimer ses émotions tend fortement à réduire sa position de pouvoir, le pouvoir ayant de forts liens avec la non-expression de la vulnérabilité. Les hommes ne sont pas des agents passifs du patriarcat, mais bien actifs. » (1997, p. 198). Vidal (2010) reprend Stoltenberg qui explique que le vécu dominant requiert une identification à l'identité sexuelle masculine et un apprentissage de la non-empathie allant de pair. Ce n'est donc pas l'autre versant de la médaille, le prix à payer, mais ce vécu fait partie intégrante de l'oppression de genre : il a une fonction précise dans l'oppression des femmes.

 

Autre tendance qui a cours chez certains hommes engagés, l'idée de la responsabilité des femmes dans les rapports d'oppression. Comme le dénonce Vidal (2010), Bourdieu parle de « la soumission enchantée », de « contribution à leur propre domination », et même d'« accomplissement avec bonheur par les victimes ». Cette idée du consentement, d'une collaboration des femmes à leur oppression et exploitation qui « accomplissent avec bonheur les tâches subalternes ou subordonnées » (Bourdieu parle même de « dispositions à la soumission » !) remet la responsabilité de la domination sur les épaules des dominées : on oublie ainsi l'intentionnalité consciente des actes d'oppression masculine, niant ainsi le rapport d'oppression. Cette approche pousse à considérer qu'un même mécanisme extérieur agit sur les hommes et les femmes et que les deux seraient victimes de ce mécanisme : « les deux catégories de sexe sont (…) dominées par la domination » (Mathieu, 1999, p. 308). Comme le note Vidal (2010), même si les hommes féministes se reposant sur cette position se défendent de symétriser leurs analyses des rapports de genre, l'accentuation, voir une survisibilisation de la douleur masculine a un effet symétrisant voire vise à attirer un regard compatissant sur le vécu masculin. Cette théorie du consentement développe qui plus est une vision statique des rapports de genre : les femmes sont soumises et les hommes victimes. Cela a comme conséquence, comme le souligne bien Vidal (2010), une réintroduction dans une analyse sociale des fonctions déterministes de l'analyse naturaliste déconstruite pourtant avec acharnement par les féministes radicales. Dans cette perspective, les femmes ne peuvent qu'espérer un dépérissement progressif de la domination masculine, ce qui exclu et invisibilise les nombreuses formes de résistance mises en place par les femmes. Enfin, le rapport d'oppression ne passe pas essentiellement par la violence symbolique comme le laisse supposé cette théorie du consentement, mais bien par la violence économique, démographique, physique des hommes contre les femmes. La question du « consentement » (de la complicité, de l'ambiguïté, de la responsabilité, de...) omet d'intégrer les différents mécanismes de limitation de la conscience des dominées. Vidal (2010) reprend les propos de la féministe Nicole-Claude Mathieu (1991) qui explique que les difficultés des femmes de prendre conscience des rapports d'oppression de genre est due aux effets psychiques des rapports d'oppression. En effet les femmes doivent faire le travail physique et mental plus important que les hommes (double journée de travail, travail d'élevage d'enfants, travail psychologique et conversationnel[1] au service des hommes, etc.) qui limite leur champ de pensée et d'action. Sans compter le fait que la mixité inégalitaire permanente qu'imposent les hommes aux femmes (omniprésence des hommes) créé une médiation de la conscience des femmes et rend difficile une conscience de groupe ou de classe : « Quand la conscience de soi est noyée par la conscience excessive des autres, on ne peut se créer sujet », et la conséquence est « l’appropriation des femmes par les hommes. » (Monnet, 1999, p. 187). Corinne Monnet reprend l’analyse de la féministe Colette Guillaumin (1992) qui explique que quand on est approprié matériellement on est dépossédé mentalement de soi-même, l’appropriation matérielle nous dépossède de notre autonomie. Pourtant la liberté mentale des femmes est possible, elle passe par une lutte et un effort permanent pour conquérir des espaces précaires de liberté. Mais le fait de s'appuyer sur une théorie du consentement et de la soumission amène à une vision de l'acceptation passive des femmes de leur statut d'opprimée, niant le fait qu'il existe à la base un rapport profondément asymétrique entre les sexes et que la responsabilité première incombe aux hommes qui perpétuent l'oppression et les structures la permettant.

 

Afin de devenir conscient de leur position d’oppresseurs il s'agit pour les hommes engagés de découvrir des façons de saisir pleinement les conséquences de cette structuration pour ne pas reproduire des biais masculinistes et d'élaborer une conscience anti-masculiniste. S'il existe une asymétrie des vécus et enjeux hommes-femmes et une difficulté d'empathie, il est intéressant de se poser la question sur la manière dont il est possible d'en prendre conscience. Quels sont les moyens d’élaborer une conscience anti-masculiniste, capable de transformer la subjectivité masculine afin qu’elle intègre pleinement l’existence des femmes et leur vécu opprimé ? Seule l’empathie, qui passe par une remise en cause personnelle et une rupture avec le groupe social « homme » et avec le masculinisme, peut le permettre.

 Si beaucoup du vécu des femmes peut être ressenti ou du moins entendu et compris par les hommes (exploitation du travail domestique), il est plus difficile pour eux de comprendre le concept du servage et les dynamiques appropriatives (appropriation des corps, domestique et l'exploitation de la reproduction) ou réifiante (pornographie, publicités sexistes, etc.). Si bien qu'un certain nombre de réalités vécues par les femmes doivent être explicitées et partagées. Un moyen de sortir de notre androcentrisme est donc de se mettre à la lecture et écoute de récits de femmes décrivant et dénonçant certains comportements et leurs effets. Cette démarche est indispensable car si « hommes et femmes vivent dans un même monde, leurs vécus sont tellement opposés en fonction de leur position de pouvoir qu'ils ne peuvent pas avoir accès de façon comparable aux mêmes éléments de la réalité » (Vidal, 2010, p. 85-86).

Bibliographie :

Delphy, C. (1991). Penser le genre : quels problèmes ? In M.C. Hurtig et al., (Ed.), Sexe et genre, Paris : Editions du CNRS.

 Guillaumin, C. (1992) Sexe, Race et Pratique du pouvoir. L’idée de Nature, Côté-femmes éditions.

Le Doeuff, M. (1989). L’étude et le rouet. 1. Des femmes, de la philosophie, etc. Paris : Seuil.

Mathieu, N-C. (1999). Bourdieu ou le pouvoir auto-hypnotique de la domination masculine, Les Temps Modernes, 604, 286-324.

Monnet, C. (1997), À propos d’autonomie, d’amitié et d’hétérosexualité, in : Monnet, C. & Vidal, L. (dir.), Au-delà du personnel. Pour une transformation politique du personnel, Lyon : ACL, p. 179-216.

Stoltenberg, J. (1990). Refusing to be a man. Essays on sex and justice. Portland : Meridian.

Thiers-Vidal, L. (2002). De la masculinité à l’anti-masculinisme : Penser les rapports sociaux de sexe à partir d’une position sociale oppressive ». Nouvelles Questions Féministes, 21(3), 71-83.

Thiers-Vidal, L. (2010). De "l’ennemi principal" aux principaux ennemis : position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination. Paris : Harmattan.

Welzer-Lang, D. (2009). Nous, les mecs. Essai sur le trouble actuel des hommes, Payot

 [1] Voir « La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation », Corinne Monnet, Les Nouvelles Questions Féministes, Vol.19, 1998.

 


      Marc  (avec l'aide d'Ewa)    

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Published by quatuor - dans Goût des autres
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commentaires

Ewa 16/08/2012 18:10


Prisca, décidemment, c’est la deuxième fois que nous écrivions nos commentaires presque en même temps…


Juste une petite rectification : mon prénom, c’est Ewa, pas Eva, j’y tiens. :~) 


Je suis coauteure de ce site, vous y êtes la bienvenue.


 


J’ai visité aujourd’hui le forum sur lequel vous vous exprimez. J’y ai trouvé pas mal de malentendus, de jugements à la va-vite et, excusez-moi, d’ignorance. Comme quoi, personne n’y échappe,
même pas nous, les féministes. :~)


Je voudrais donc vous inviter, si vous en avez envie et un peu de temps libre, à suivre pendant cinq jours, à partir de ce soir, les conférences consacrées à Simone de Beauvoir, sur France
Culture ou sur notre blog en différé. Elles seront certainement un peu décoiffantes, mais pas moins intéressantes, et donneront sûrement matière à réflexion. Il vous suffit de cliquer
sur ce lien à partir de 20h  


http://banquetonfray.over-blog.com/


 


Vous pouvez également consulter d’autres articles sur notre blog, consacrés au féminisme. Les commentaires sont aussi constructifs. Il faut suivre le fil de commentaires à l’envers, c’est-à-dire
le dernier est le premier. :~) Cliquez sur ces titres :


Féministes,
viol et DSK


DSK -
un p’tit viol sympa ou un complot?


Michel Onfray American Vertigo - Le Point


Les femmes, la présidentielle et la morale


Top 10 des clichés sur le féminisme et les
féministes


Sexe et cerveau


Elisa Brune - Le secret des femmes


Charme désuet de la journée des femmes 


 

plaisir d'amour 16/08/2012 15:29


Pourquoi de dos, Ewa ? :) de profil, c'est bien aussi...

Ewa 16/08/2012 13:42


Prisca,


 


Bien sûr que l’art ne justifie pas tout. Pour prendre l’exemple de Lucien Clergue, ses photos de corrida, artistiques pourtant, suscitent en moi un profond dégoût et la réaction de rejet. Elles
me donnent franchement des envies de meurtre. Je n’ai rien à voir avec ces pantins sanguinaires qui jouissent du spectacle de la mort en le présentant comme l’»art« . J’ai choisi clairement mon
camp. C’est celui du taureau. 


 


Je ne suis peut-être pas sensible de la même façon que vous à la représentation du corps des femmes dans l’art (pas dans la pub!), même du corps fragmenté, «sans tête» (et la tête sans corps,
c’est normal? :~)), mais je peux parfaitement comprendre votre ras-le-bol de voir cette utilisation du corps féminin à tout bout de champ. J’y suis moins sensible, peut-être parce que je suis
déjà inconsciemment endoctrinée par la société patriarcale au point de trouver ça « normal et naturel« . Mais peut-être aussi, parce que pour moi, depuis Nietzsche, « le corps pense «. Peut-être
parce que, en parfaite athée, je ne hiérarchise pas le corps, comme le font les religions monothéistes, en distinguant très clairement les parties nobles, sièges de l’âme et de la pensée, et les
parties impures, à damner, sièges de la « défécation » et surtout du désir, de l’érotisme, du sexe, donc du pêché. Peut-être aussi, parce que pour moi, l’être humain fait partie intégrante de la
nature, n’est pas au-dessus d’elle, le « centre et le sommet de la création », donc le corps-paysage, assujetti, me parle et me va très bien.


 


Mais malgré ses petites nuances, vos propos me ravissent, Prisca, j’y adhère. Je suis féministe. Je ne changerai pas pour autant le fond de blog, parce qu’il me plaît beaucoup. En revanche, je
vous propose une photo de fesses masculines. Pour qu’elles assouvissent nos fantasmes, c’est beaucoup moins sûr, mais pourquoi pas? :~)



Prisca 16/08/2012 13:40


"d'être un objet d'érotisme entre les mains de votre amant?" Ai-je parlé de relation consentie entre amant et amante? Non. J'ai
parlé de la représentation de la femme dans un société phallocrate où elle n'est plus vu comme un individu mais comme un corps.


 


" il vous fait l'amour, tendrement," Pourquoi toujours voir la femme comme passive et l'homme comme actif? Ceci est une représentation très phallocrate du rapport sexuel entre homme et femme. La
femme est passive parce qu'elle n'est qu'un corps, objet de désir de l'homme dont il prend possession. Or, l'acte sexuel partagé (entendre par là fait à deux, trois ou plus comme vous voulez) est
un acte partagé où chaque protagoniste donne et reçoit, ainsi le désir est stimuler autant dans le fait de donner que de reçevoir.


 


"le cerveau n'est-il pas le plus gros organe sexuel ?)..." ou là... Nous ne sommes que des pénis et des vagins ambulant alors? Ainsi si le cerveau est le plus gros organe sexuel je ne m'étonne
plus que tout soit rammené au sexe et qu'on demande à une femme de sucer pour obtenir des subventions pour son projet professionnel. Ainsi nous sommes des bonobos qui s'ignorent... Pourtant nous
n'avons pas tout à fait le même état de conscience que ces primates.


"Ces fesses qui sont exposées sur notre écran ne sont pas là pour exciter le désir des internautes," ce n'est pas ce que j'ai dit, vous réinterprétez mes propose selon votre propre vision.
Ce que j'ai dit c'est que montrer en permanance un corps de femme dénudé, c'est oculté la personne en elle-même. On ne voit plus l'être mais seulement le corps. L'objet du désir. Et pourquoi la
femme serait-elle l'unique objet de désir? L'homme n'en est-il pas un?


"Elles sont là par que c'est beau aussi un corps de femme, " Parce que le corps de l'homme n'est pas beau peut-être?


"et que sur ce blog, elles sont aimées." Elles sont aimées pourquoi? Pour leur cul/ leur corps, ou pour les êtres qu'elles sont dans leur totalité?


Vous me faites penser à ses hommes qui se disent très respectueux de la femme parce qu'ils les aiment, or dès qu'ils voient une belle femme il ne s'intéresse pas du tout à l'individus, mais
seulement au plaisir qu'elle pourrait leur donner au lit. N'est-ce pas une objetisation? La femme n'est pas un simple corps, c'est aussi une âme.


Je ne pense pas que vous seriez dans cette vision des choses, si vous étiez en permanence sifflé dans la rue, victime de gestes obsènes, d'atouchement dans les transports en commun et discrédité
par votre corps lorsque vous faites une conférence sérieuse et intellectuel au milieu d'homme.


Oui il faut aimer les femmes, mais pour de bonnes raisons et non pour un plaisir égoïste.

plaisir d'amour 16/08/2012 12:34


Prisca, n'avez-vous jamais éprouvé le plaisir d'être un objet d'érotisme entre les mains de votre amant ? Si vous êtes dans
ses bras, c'est bien parce qu'il épouse vos valeurs, n'est-ce pas ?


... Vous êtes sur le dos ; votre visage, votre gorge, vos seins, votre ventre sont offerts à son regard ; il vous fait l'amour, tendrement, puis vous retourne sur le ventre et vos fesses sont
exposées à sa vue, à ses caresses ; elles activent encore son plaisir ; il vous désire toujours...Vous n'êtes plus que ce qu'il désire : votre jouissance et la sienne...


Amantes, amants, uniques objet de nos désirs quand l'esprit a fait son choix (le cerveau n'est-il pas le plus gros organe sexuel ?)...


Ces fesses qui sont exposées sur notre écran ne sont pas là pour exciter le désir des internautes, je ne le pense pas et puis quand bien même, quelle importance ! Elles sont là par que c'est
beau aussi un corps de femme, et que sur ce blog, elles sont aimées.

Prisca 15/08/2012 10:01


Eva, je n'avais pas vu votre commentaire, je vous prie de m'en excuser. Pour ce qui est du nu artistique, je n'ai rien contre, malheureusement, nous vivons dans une société phallocratique où la
femme est rammnée tout le temps à son corps, elle est en permanence désindividualisé, rammenée à un sexe. Il n'a qu'à voir les propos de certain homme dit intellectuel, qui considère que la femme
est l'objet permanent du désir, elle n'est là que pour exciter l'homme et assouvir ses fantasmes. Vous dites que l'ombre ressemble à un tatouage. Savez-vous ce que pensent beaucoup d'homme
machiste des tatouages au bas des reins?


Oui la photo est belle, mais elle me dérange pour ce qu'elle véhicule surtout que de telles photos ont été utilisé pour le magazine Play-Boy. On peut qualifier beaucoup de chose comme étant
artistique, mais l'art ne justifie pas tout.

Prisca 14/08/2012 15:13


J'étais certaine que vous diriez que c'est de l'art. L'art a bon dos, mais l'art peut-il tout justifier? Sous couvert d'art avons-nous le droit d'aller à l'encontre de l'éthique? Et puis l'art
véhicule une pensée. Prenez par exemple Larry Clark ce photograpphe des années 70 qui a été très controversé pour ses photos. Lui ne désindividualise pas les sujets de ces photographies, même
dans les scènes les plus pornographiques. Il ne laisse pas que paraître des morceaux de corps, mais des individus entiers. Or lorsqu'on expose uniquement un sexe, un fessier, des seins, sans
montrer la tête de l'individus, on décompose ce dernier, on le désindividualise pour n'en faire plus qu'une chose. Dans la photo de ce fessier, on ne voit que la chute de rein, et l'ombre qui
joue avec les courbes. Que signifie donc cette photo? Ne mette-elle pas en avant les fesses de femme, dans une beauté érotique? Pourtant les fesses sont le siège de la défection, elles ont une
utilité originelle différente de celle que la société véhicule. N'entendons pas dire "elle a un beau petit cul" ou encore "ce que je regarde en premier c'est leur cul?" ou encore "attention à ton
joli cul?". Dans la vie de tous les jours le cul de la femme est une image liée à la sexualité. Ce qui me fait dire que lorsqu'on expose uniquement un "joli petit cul féminin" c'est une fois de
plus de l'objetisation. On ne prend pas la femme pour ce qu'elle est dans son ensemble, mais seulement pour son corps. D'ailleurs le photographe c'est bien gardé de faire une photo de "gros cul
plein de cellulite" qui dans la vie courante est considéré comme moche, non baisable, car c'est bien connu pour qu'une femme soit appétissante il faut qu'elle soit mince.


En ce qui concerne votre dernière remarque je vous répondrai alors que selon vous nous sommes entouré d'imbécile parce que si tout le monde pensait comme vous sans être féministe, pourquoi le
féminisme existerait? Il ne faut pas oublier que sous Napoléon, une jeune femme était considéré comme mineur tant qu'elle n'était pas marié ( d'où l'appelation de mademoiselle puis de madame) et
il n'y a pas si longtemps la femme ne pouvait pas avoir de compte en banque, ni voter. Et dans l'antiquité la femme n'avait pas de cerveau, c'était l'utérus sont cerveaux. Aujourd'hui on fait des
études pour savoir si la femme a un cerveau à la hauteur de celui de l'homme (étude sur les tailles de cerveau), ainsi, si la femme n'a pas de cerveau ou un cerveau qu'elle est-elle sinon rien de
plus qu'un corps?

monica 14/08/2012 14:01


Ce n'est pas qu'"une photo de fessier nu". "Ce n'est que" de l'art.


 


"nous ne sommes pas que des corps, nous sommes des êtres à part entière avec un cerveau, une capacité à réfléchir, à aimer, avec un libre arbitre. L'objectisation de l'individus est une
alliénation de l'être." ...


 


Même lorsque l'on n'est pas féministe, on pense ainsi, sinon, qu'est-ce qui différencierait les imbéciles des êtres qui pensent ?...

Prisca 14/08/2012 11:05


Pour répondre à Monica, le féminisme est contre l'objetisation de la femme, or mettre une photo de fessier nu féminin, est une objetisation du corps de la femme. De plus le jeu d'ombre fait
penser au jeu de lumière de certain cabaret, où des femmes nues dansent pour le plaisir des hommes. Ces corps sont tous galbres, et sans cellulites, comme la photo exposée en fond de ce site.
Pourquoi ne pas avoir mis un dos, une main, ou un pied? Ou même deux corps de sexes opposés? Pourquoi est-ce toujours le corps de la femme que l'on expose ainsi? Tout simplement parce que nous
vivons dans une société patriarcale où la femme n'est qu'un corps, un objet à la disposition du genre masculin. Lorsqu'on est féministe, on lutte contre ce genre de chose (tant pour les hommes
que pour les femmes), on est contre l'objectisation des individus en général. Homme, femme, queer, trans, gay, blanc, noir, arabe, asiatique... nous ne sommes pas que des corps, nous sommes des
êtres à part entière avec un cerveau, une capacité à réfléchir, à aimer, avec un libre arbitre. L'objectisation de l'individus est une alliénation de l'être.

Ewa 14/08/2012 10:59


Prisca, je vous remercie de votre commentaire sur le sujet qui « fait peur « . 


Les féministes ne se sont pas vraiment manifestés ici, ou très rarement, ce qui est étonnant de la part des « onfrayens ». Michel Onfray répète souvent que l’on n’est peut pas être libertaire si on n’est pas féministe, et c’est parfaitement vrai. Au banquet, on avait plutôt affaire à toutes sortes d’ » humanistes »
qui ne voyaient pas où il y avait le problème. La moitié de l’humanité exploitée, humiliée, pas prise en considération depuis des millénaires, indépendamment du milieu social, de la position
géographique, de la période de l’histoire? Et alors?! D’abord, c’est pas sûr ; après, il se peut qu’il y ait de bonnes raisons à cela; et puis, aujourd’hui, tout va bien, surtout du côté de
chez eux ; et même si c’était vrai, il ne faut surtout pas en parler pour ne pas déplaire, diviser ou rouvrir de plaies ; ça peut même provoquer le cancer, vous le saviez? :~) 


 


Concernant deux commentaires pathétiques. 


Pour Vittorio Alfieri c’est normal, c’est un courtisan habitué à faire des courbettes à la cour du monarque autoproclamé, donc ici, il crache son venin pour compenser. Mais le commentaire de
Marc, un vrai homme féministe qui a publié cet article, n’est qu’une private joke.


 


Vous appréciez cet article, moi aussi. C’est une excellente et subtile analyse du féminisme au masculin et de ses spécificités. Il « démasque »
même Bourdieu. Selon moi, c’est beaucoup plus difficile, compliqué et « méritant » d’être un homme féministe qu‘une femme féministe, de la même façon que d’être viscéralement de gauche n’étant
pas « un fils du peuple ». . 


 


L’image de fond du blog, c’est une photo artistique de Lucien Clergue, très «graphique«, très belle, qui a été proposée par Constance, l’un-e des
auteurs de ce blog. Personnellement, je n’y vois rien de sexiste. On dirait un tatouage, une fleur, un insecte, la queue de paon, le paysage composé de vallées et de montagnes… Le beau corps
faisant partie de la nature, de l’art et … de notre blog. 


Et puis, les images du corps d’homme,
beaucoup plus sexué cette fois-ci, s’y trouvent également. 


 

monica 14/08/2012 10:12


Je ne vois pas en quoi il y a une contradiction.

Prisca 13/08/2012 12:32


Je trouve l'article bien fait. Et les deux commentaires pathétiques.


Ce qui est dommage, c'est de mettre en image de fond du blog un corps de femme (qui pour le coup est très sexiste), surtout lorsqu'on rédige un article sur les hommes féministes, il y a comme une
contradiction.

Vittorio Alfieri 08/03/2012 18:16


Ça ressemble donc à ça, un féministe? Au genre de yéti qu'on aperçoit au haut de ce texte interminable et écrit à la truelle ? 

marc 08/03/2012 17:47


gainsbourg a raison les femmes c’est du chinois


mais elles sont quand même moins résistantes que lui 


(pj)

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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