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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 00:05

 

 

Théatre du Rond-Point à Paris, EwaAvant de partir en vacances dans les contrées les plus reculées de l’Univers sans connexion Internet, j’ai fait une tentative de détournement sur le blog d’Axel Evigiran. Entre les dernières préparations avant le départ et les derniers mails, les coms par ici et par là, j’ai cru avoir trouvé la perle rare qui était prête à partager ses «expériences », bonnes ou mauvaises, à l’Up de Caen. Dans ma folie des grandeurs, j’ai pensé à un prof qui avait enseigné à l’université populaire, comme par exemple Raphaël Enthoven, et qui, pour x raisons, y a renoncé ou a été remercié. Quelle n’a pas été ma déception de trouver un récit d’une personne qui a assisté une  L'analyse socio-psychologique des "upistes"... fois, en 2008, à la conférence de Michel Onfray et qui, à partir de cette unique expérience, a fait une analyse socio-psychologique des « upistes «, et en même temps, son coming out du genre : j’ai gobé la couleuvre éthique, on m’a botté les fesses et je ne suis plus onfraysexuel. Si je l’avais su, je n’aurais pas essayé de faire un attentat pour si peu. Je serai sans scrupules et sans lois la prochaine fois partout ailleurs, le goût pour la philosophie-voyou transmis par Constance - oblige, mais concernant les choses vraiment intéressantes ou subversives qui valent la peine.

Vous pouvez lire ce texte de Pascal K. dans les commentaires en bas de l’article; j‘espère, sans trop y croire, que ça va inciter les upistes à donner leurs avis et partager leurs vécus.  Mais ceux qui veulent vraiment « se questionner », je les invite à lire « l’expérience » d’Olivier L. Brunet, (réalisateur de deux films documentaires sur L’Up de Caen et d’Argentan) qui décrit avec sensibilité son rapport compliqué et ambigu à Michel Onfray.

 

 

Théatre du Rond-Point, Paris, photo d'EwaJ’ai assisté à plusieurs conférences de Michel Onfray au Théâtre du Rond-Point à Paris : celle avec Bruno dal Bon, chef d’orchestre milanais, avec Guy Bedos et tous les professeurs de l’Up de Caen, celles sur Sade, sur l’anarchisme … J’ai pris un peu de notes, j’ai fait quelques photos dans le noir, parfois un enregistrement de mauvaise qualité, une critique dans un mail. Je n’ai pas rédigé un compte rendu ni analysé le public de l‘université populaire car ce que j’ai vu, me paraissait insuffisant, trop insignifiant. Pas assez consistantes et intéressantes - mes impressions ; pas assez sérieuses, basées sur une expérience de quelques participations à peine - mes enquêtes sur le « tissu         J’ai fait quelques photos dans le noir... 

sociologique « . J’ai peut-être eu tort d’avoir été si exigeante. Ça doit être comme lors du premier voyage à l’étranger, il faut noter les premières impressions ; après, plus on connaît le pays, plus les clichés s’effacent et ça devient compliqué à définir, limiter, décrire…

 

 

Théatre du Rond-Point à Paris, photo d'EwaEtonnamment, mes impressions ne sont pas si éloignées de celles de Pascal K., avec des petites nuances quand même. 

 Je dirais qu’à Paris il y a un peu plus de jeunes : quelques lycéens, étudiants et trentenaires, même si majoritairement, ce sont effectivement les personnes d’un certain âge.

 Le look classique, neutre et effacé domine, mais j’ai vu aussi un groupe de gothiques, un joli couple de rastas qui s’embrassait avec passion, j’ai même cru voir ma prof d’histoire de l’art à la fac, avec son look très original, plein de fantaisie et haut                                         A Paris...                     en couleurs, mais non, ce n’était pas elle…

 Paris, l’ambiance est beaucoup moins conviviale qu‘à Caen, jamais, je n’ai vu personne apporter des chocolats. Cela m’a plutôt fait penser à l’ambiance au théâtre lorsque la bonne vieille comédie de boulevard, un vaudeville de Feydeau, sont à l’affiche. Le même public, point anarchiste au premier abord, au deuxième - j’ignore. (Une précision essentielle : je connais un peu le théâtre de boulevard, entraînée par un ami qui connaît le mari d’une copine de l’ouvreuse qui lui file des invites gratuites).

A Paris, les séances de dédicaces à la fin des cours sont interminables et insupportables, Jean-Michel Ribes est obligé d’y couper court parfois.   

A Paris, peu de synopsis, peu de notes. Mais j’ai vu une femme dessiner assez habilement le portrait d’Onfray pendant le cours. J’ai assisté plusieurs fois à des échanges de livres entre les upistes. J’ai entendu quelques conseils de lectures dépassant la bibliographie proposée par Michel Onfray. Il m’est arrivé d’entendre quelques discussions et remarques pertinentes et passionnées, malheureusement très peu dans les séances questions/réponses. Cette deuxième partie des cours est à réorganiser absolument. Nous avons déjà parlé de cela sur le banquet en émettant quelques suggestions. 

Théatre du Rond-Point à Paris, photo d'EwaYorick : « Il est tout de même étonnant qu’un monsieur qui se prétend « libertaire et qui estime le rituel analytique trop rigide et distant, fasse des séances de questions-réponses aussi formatées. Toujours 3-4 questions, jamais une de plus, auxquelles il répond longuement. Des questions très sages, déférentes, obséquieuses, allant dans le sens du poil. Jamais une question qui fait mal, une protestation véhémente ou un happening. Que tout ceci sent le ronron satisfait et la philo en charentaises ! « 

Ewa : Les réponses d’Onfray sont effectivement trop longues, il fait quasiment quatre mini-cours qui        La personne qui "distribue" le micro... 

ne sont pas suivis de discussion. J’ai vu des personnes vraiment frustrées de ne pas pouvoir poser leurs questions par manque de temps (je parle du Théâtre du Rond-Point, je ne connais pas l’Up de Caen). Mais la participation des intervenants est très spontanée, on n’établie pas des listes, de l’ordre de passage…etc. La personne qui « distribue » le micro ne sait pas à qui s‘adresser, hésite et fait perdre encore pas mal de temps, ce n’est pas très bien organisé. Je ne sais pas si ce ne serait pas plus intéressant d’établir justement une liste de questions avant le cours et même les sélectionner  pour éviter les questions répétitives, trop maladroites, pas claires, pleines d’inexactitudes, et privilégier les questions de fond qui apportent un petit plus à la vision d’Onfray ou qui sont carrément en opposition avec ses thèses. Il n’en sortirait que grandi. Il excelle dans les petites batailles de ce genre, dans l’improvisation, l’argumentation implacable, l’ironie, le sens de la répartie…

Frédéric : « J’imaginais peut-être une meilleure organisation des questions/réponses de fin de séance à l’UP : les questions des internautes pourraient être sélectionnées, un peu comme dans C dans l’air. Avec un truc en plus : des « disciples » (humour) pourraient aiguiller les questions déjà posées vers les réponses déjà faites. »

Pas « d’esprit de subversion », pas de questions « à contre-courant », la « modestie intellectuelle », le manque de « désir d’une aventure textuelle »…, peut-être, je ne connais pas assez le public de l’Up pour pouvoir généraliser de cette façon.  

Je me demande d’ailleurs, si la majorité d’étudiants au lycée technique (où Onfray enseignait pendant vingt ans) ou à l’Université (où il ne voulait pas être prof) n’assistent pas aux cours plutôt pour acquérir un savoir strict minimum qui leur permettrait de passer les examens, que pour aiguiser leur esprit. 

Et quel est le pourcentage de subversifs avec un riche bagage culturel, guidés par une simple curiosité intellectuelle? Au premier cours de 2008, il y a eu au moins un.


 

Théatre du Rond-Point à Paris, photo d'Ewa« Il m’est odieux de suivre autant que de guider ». 

J’ai l’impression que l’on prononce souvent cette phrase pour conjurer le sort, pour se persuader soi-même que l’on ne subit aucune influence, on n’appartient à aucune chapelle, on ne suit personne, on « pense par soi-même « comme un grand penseur solitaire devant l’Éternel, unique en son genre. Guider…, ce n’est pas donné à tout le monde, donc le plus souvent, le problème ne se pose même pas. On dirait qu’il n’y a que Nietzsche qui peut écrire cette phrase sans être ridicule, et encore… Et l’ironie du sort, ça arrive que ceux à qui les autres rappellent cette maxime, soient justement plus critiques,                    Il attend de nous, lecteurs fidèles...     indépendants, libres, plus insolents envers toutes sortes « d’autorités », et beaucoup moins « suiveurs » de règles établies - que les donneurs de leçons…

C’est drôle, tous les gentils upistes  répètent cette phrase incessamment, et Onfray aussi… Elle sonne comme une prière… Amusée par cette pieuse rengaine, j’avais écrit il y a presque deux ans sur le blog d'Eduard :

... nom de Dieu, Michel Onfray est devenu pape pour elle.

- « Ai-je confiance en Lui? Oui. » Amen.

- « Peut-il se tromper? Oui. » Mais non! Pape est infaillible et la vérité - une. C’est bien connu.

- Il attend de nous, lecteurs fidèles, que l’on fasse usage de notre esprit critique. Alors, les fidèles cherchent docilement, avec l'obéissance exemplaire, les points de désaccord avec leur Maître pou Lui plaire. Regardez, regardez, je ne suis pas d’accord, j’ai mon libre arbitre!

Mais moi, je suis infidèle, sans Dieu ni Maître, les viscères trop pleins d’esprit critique. Rien à faire des attentes d’Onfray! Je fais ce que je veux! Et si j’ai envie d’être d’accord avec lui à 100% (c’est loin d’être le cas, mais pourquoi pas, tout est possible), ce n’est pas lui qui m’en empêchera. D’ailleurs, je vais l’accuser de plagiat - il vole certaines de mes pensées et je les retrouve après dans ses livres. Quel escroc!

Aujourd’hui, j’ajouterais encore deux, trois phrases à ce coming out.

Athée depuis ma tendre enfance dans le milieu catholique, je n’ai jamais adhéré à une croyance, y compris la supercherie freudienne ; féministe affirmée dans la société patriarcale, j’aime déplaire aux machos et aux servantes sorties des côtes de leurs maîtres ; pas mariée, et pourtant presque tout le monde autour de moi est "bagué" en signe d’appartenance et ne jure que par son petit cocon familial ; pas mère - le refus de la servitude volontaire à vie, le choix assumé, incompris et très mal considéré dans notre société ; et puis, j’ai changé le pays, milieu social, langue, métier, vie ; une fois, mon intégrité physique à failli voler en écats et j’ai cru voir la mort de très près, et je ne l‘ai pas suivie…

Alors maintenant, quand j’entends : odieux…, suivre…, guider…, dévot..., -  moi, je souris.

Sourire, c’était toujours mon fort.  :~)

 

Bonne année à tous nos visiteurs! (si seulement nos souhaits avaient le moindre pouvoir …)

Je replonge dans le monde non virtuel, mes vacances ne sont pas terminées, je n’ai fait que passer. 

Ew’a


Merci à G.D. pour  Pink Floyd ;~)
 
Ewa           
(avec l’aide précieuse de Marc)    

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commentaires

monica 12/01/2012 18:56


La plUs beLle lettrE de l'alpHabet c'est M, comme M moI

marc 12/01/2012 18:44


bonne annéE aux visiteurs du banquet !


c’est mieux et on voit bien la plus belle lettre de l’alphabet  :)

Ewa 08/01/2012 14:57


J’aime beaucoup les veux de bonne année selon de Raphaël Enthoven.


http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12133-03.01.2012-ITEMA_20334289-0.mp3


P.S.  Je
viens de me rendre compte qu’il manque mireille bigoriE après frÉdéric. Excusez-moi Mireille.

jean-claude 07/01/2012 00:08


ei si tant de personnes se taisent lors des conférences pourquoi ne pas accorder plus de poids à leur modestie , conscients qu'ils sont de la portée de leurs pensées et ayant maché jusqu'à
imprégnation totale l'adage chinois (" si ta parole n'est pas plus forte que le silence , tais-toi !! )


Carpe dciem quand même

jean-claude 07/01/2012 00:01


Merci aux commentateurs de ce fil : je m'endormirais heureux d'avoir lu des propos sérieux de personnes ne se prenant pas au sérieux ... la grâce de la pensée est de ne pas pontifier mais
d'éveiller la pensée chez autrui : ce que fait avec élégance MO et bien de ses semblables ici rencontrés


Mes voeux pour l'année : cher quatuor vivez !!!


Carpe Diem

constance 06/01/2012 21:39


Un pont vers Frédéric, l'univers http://pasfaux.com/lacentrisme-absolu-les-multivers


 


On peut même essayer la paix intérieure :) http://pasfaux.com/eckhart-tolle-vivre-la-paix-interieure

Ewa 03/01/2012 18:50



Bruno - thOmas - moNica - constaNce (ma copine :~)) - sErge provost 


yAglourt - marc lefraNçois - océaNe - frÉdéric 


pAscal klein - épipicUre - aXel evigiran


octaVe - yorIck - iSis - sylvIe - hiaTus - frédéric schifftEr - melilotUs - coRdroc’h jf - Stirner


jean-clauDe - laUrent


liBéré - mArc - aNne dhers - ange Qui trépasse - épicUrien - michEl onfray - igor Travieso

Ewa 03/01/2012 18:48


Merci Hic et Nunc. Je croyais avoir inventé un mot, et grâce à votre bravitude serviable et surtout votre sens de l’humour, j’ai appris que ce mot existait déjà. Ça alors! Gros-Jean comme devant.


Bien cordialement,


Ewa. 


P.S. Hic et nunc..., zut! ça me dit quelque chose...

Hic et Nunc 03/01/2012 12:55


Vastitude n'est pas un néologisme. Bien à vous.

fRéDéRic 02/01/2012 23:54


Oui ! Oui ! Ouiiiiii, Ewa ! Les mots pointent vers la rRéalité, avec ou sans majuscule. Certains mots sont stériles et ne pointent vers rRien, avec ou sans, donc.


 


La carte n'est pas le territoire. Certains
scientifiques le savent, et nous orientent, donc. D'autres pas, et sont stériles, donc.


 


Spéciale dédicace aux insomniaques : connaissez-vous la dualité
onde-particule ? 

constance 02/01/2012 21:06


Oui, oui, ma belle Ewa, M. klein n'aime pas notre philsophie de voyous, mais j'attends toujours ses suggestions... et je crains de devoir lui apprendre que moi, je suis ta copine.  Quant aux
mous du gland, c'est drôle, je n'en connais pas.


Une caractéristique (malheureuse) du média internet est la familiarité.

constance 02/01/2012 20:05


Ah, mais moi, cher Epicurien, "je sais que j'ai du potentiel mais j'ai du mal à le gérer", ce n'est pas pareil :-)))

un épicurien 02/01/2012 17:03


En effet Constance, notre ami nihiliste balnéaire m'a ainsi remercié une fois. Cela nous ferait donc un point commun.


Mais cette indélicatesse ne m'empêche pas de lui rendre encore visite de temps en temps. Lire des gens avec lesquels on est a priori en désaccord permet de garder l'esprit ouvert.

Ewa 02/01/2012 17:00


Cher Pascal Klein,


Pourquoi vous êtes-vous mis en colère pour si peu ? 


Vous m’avez attaqué sur ce blog, et encore plus furieusement sur le blog d’Axel. Je ne comprends pas pourquoi. J’ai pourtant écrit : « Étonnamment, mes impressions ne sont pas si éloignées de
celles de Pascal K. » Ce n’étaient sûrement pas des petites nuances qui vous ont dérangé, donc c‘était « l‘attentat pour si peu « qui vous a blessé? Ne vous inquiétez pas - « peu », mais
excellent pour « aiguiser l’esprit «.



Cet affreux néologisme « onfraysexuel » qui vous a tellement touché, je ne l’ai pas fait sortir de l’eau usée exprès. Pardonnez-moi, vous savez bien que je fais du Onfray et du Lacan comme
Monsieur Jourdain, donc sans mauvaise intention. 



« U » majuscule à l’Univers, c’est juste un clin d’œil aux amis qui n’arrêtent pas de parler de la « vastitude » (oups! un nouveau néologisme, sorry!) de l’Univers, et aussi pour souligner le réel de celui-ci. *) . En aucun cas pour dire que je voyage loin. :-o Vous me prêtez des intentions qui ne sont pas les miennes. 



J’ai donné Raphaël Enthoven comme exemple, je n’ai absolument pas sollicité son intervention. 



« A vaincre sans péril…, truchements…, les esprits boiteux…, Madame de la Sablière…» Pascal! 


Pascal, quel homme! Tout ça pour moi? Un peu de tenue, s’il vous plaît! Vous m’admirez trop. Si vous m‘aviez connu, vous auriez été déçu.



J‘ai comme l’impression que vous vous prenez trop au sérieux. Et moi, qui ai écrit que j’aimais bien vos coms, ils étaient rares,
discrets, à propos, avec des citations intéressantes. Mais là, vous faites du anti-Don Quichotte à l’insu de votre plein gré, Pascal. En plus, vous avez une amie illuminée extraterrestre,
les lectures indignées, et vous buvez du chocolat aux banquets. Rien ne va plus…



Entre vos accusations de malhonnêteté et le mécontentement de certains internautes, je ne sais plus quoi faire.


Vous m’avez fait une grande peine en ce début de la nouvelle année 2012. 


Attristée et déçue, 


Ewa



*) « L’Univers, avec un grand U, c’est notre Univers réel, celui que nous habitons, qui nous
contient, dont nous faisons partie. C’est-ce qui existe, au sens fort. C’est celui que nous mesurons grâce à nos instruments d’observations. 


L’univers, avec une minuscule, ou, plus exactement les univers, au pluriel, sont, au travers de nos théories physiques, de purs produits de notre pensée. Ils sont imaginés, et
imaginaires.


Il est essentiel de reconnaître que nous avons affaire au monde réel d’une part et aux images scientifiques d’autre part. »

Ewa 02/01/2012 16:42



Voici le second texte de Pascal K. dont il parle dans son commentaire (coming out). 


[L’expérience à l’Up de Caen se trouve plus bas.] 




Cher Axel,


Votre expérience à l’égard de Michel Onfray fut la mienne. Tant est si bien que j’aurais pu écrire le même propos. Il m’a remis le pied à
l’étrier philosophique. J’ai découvert grâce à lui des auteurs, des courants, des artistes que je ne connaissais pas auparavant. Ce pourquoi, vous avez raison de lui en être reconnaissant.
Cependant, pour ma part, j’avais avalé la couleuvre éthique. Sans doute, le mal loti intellectuel que je fus a jugé bon de prendre l’ensemble de l’arsenal. Jusqu’à ce que Frédéric
Schiffter éveilla le doute pour enfin me botter les fesses en mettant le doigt sur mon « sanchopancisme ». Force est d’avouer qu’au contact de cette notion se déclara une crise de confiance
dont il me fallait tirer une conclusion personnelle. Je me croyais immunisé. Comment donc avais-je pu mordre à l’hameçon après m’être si violemment frotté à des auteurs tragiques ? La réponse
m’est venue en observant les reproches qu’entretient Frédéric Schiffter envers Michel Onfray. J’ignore si je suis parvenu à m’affranchir d’un tel bovarysme. Cependant si je souligne ce vif
sentiment de curiosité provoqué par Michel Onfray, il me semble que sur le plan philosophique la position de Frédéric Schiffter s’avère être la bonne. En témoigne cette assertion
de Clément Rosset  dont on pourrait dire qu’elle constitue une
extension conclusive de Le Bluff éthique. Clément Rosset de qui nous avons l’intime conviction que la postérité retiendra l’œuvre.




« Montaigne et tous les esprits pénétrants ont toujours considéré le fanatisme et la haine comme la cause ; la religion, ou un certain usage de la religion, comme un prétexte
propre à mettre ceux-ci en situation d’alibi sous le couvert  de la religion qui les aurait inspirés et qui a en l’occurrence assez bon dos. Je ne suis pas hargneux parce que je défends
telle religion, je défends telle religion parce que je suis hargneux et que cette religion m’aide à mettre ma hargne en pratique (et j’aurais pu aussi bien, pour exprimer ma haine, choisir un
autre étendard que celui de cette religion-ci- à laquelle, soit dit en passant, je ne crois pas plus que cela). Montaigne oppose volontiers l’ardeur du fanatique à la faible crédulité que
celui-ci porte à ses propres opinions fanatiques : ainsi dans ce passage caractéristique de l’Apologie de Raymond Sebond (Essais,II,12), qu’il m’est arrivé souvent de mentionner : « Voire, je
ne sais si l’ardeur qui naît du dépit et de l’obstination à l’encontre de l’impression et violence du magistrat et du danger, ou l’intérêt de la réputation, n’ont envoyé tel homme soutenir
jusqu’au feu l’opinion pour laquelle, entre ses amis, il n’eût pas voulu s’échauder le bout du doigt. » La dénonciation chronique des méfaits du monothéisme, telle celle à laquelle s’emploie
aujourd’hui sans s’essoufler Michel Onfray, est une illustration exemplaire de cette confusion intellectuelle et de la simplicité d’esprit qu’elle implique. »


 
Clément Rosset ; Tropiques, Cinq conférences mexicaines (2010) ; Le Souverain Bien (page 86-87), éditions de Minuit.

constance 01/01/2012 21:45


Melilotus,


 


Tout d'abord, j'aime beaucoup vos messages.


 


La voix de MO. Je ne l'aime pas plus que ses livres. Je l'aime pour ce qu'elle crée chez moi et que les livres ne font pas naître : la nostalgie de la première fois. Et ça c'est
terrible.


C'est par la voix que j'ai connu et aimé MO bien avant de le lire ou de le voir.  De plus, j'ai une sensibilité pour les voix, la première fois que l'on entend quelqu'un, supposer sa
sensualité, y lire son ironie, le désir des paroles.


 


Un épicurien, ainsi vous n'êtes pas le bienvenu chez M. Schiffter, comme nous, quoi... 

Melilotus 01/01/2012 20:14


 


1 Janvier  2012 ,.journée  mondiale de la paix… Et sur ce blog ???


 


En ce que concerne  les  UP conférences à Caen et Paris, leurs conductions  et les Upistes


je suis d’accord avec le com. 19 de Frédéric .


"La foule ,qui écoute et lit Michel Onfray dépasse de loin celle, qui peut ou désire de se
déplacer"


 


Les sociologues  pourraient étudier
cela et apprécier le véritable impact de son activité »


 


Pourquoi ne pas s’intéresser à  découvrir  si les personnes d’un certain age –les Upistes - ne discutent  pas autour de  leur savoir acquis au milieu  de la famille , ne le partagent pas avec leurs enfants , parents ,
amis ?


 Pourquoi ne pas  inclure dans la recherche  également  les lecteurs  de ses traductions  dans 27  pays , qui probablement ne se déplaceront
jamais ?


 


( Une certaine digression )


Constance ,


Vous affirmiez dans l’article- Le Point   Dieu etc  d’aimer  écouter la voix , les podestats  de  M.Onfray plus , que de  le lire . Cela  m’ a fait penser à ce que  son éditeur  Jean-Paul Ehthoven avait dit
ne fois .:«  Quand M.Onfray  parle ,il ‘écrit ;‘on peu voir son écriture, noter tous les signes , les pauses. etc. »


Au contraire.,


 j’ai bien souvent ( surtout  dans  La Construction du surhomme ) eu  l’impression


 en le lisant  , qu’il ‘parle’ de son texte   . En fait sont style  très claire
, vif


, continuellement  in crescendo,
parfois  répétitif , relève  une  forte tendance d’arriver
au . lecteur  de le aider à comprendre ce, qu’il lit, même d’avoir son  opinion  - l’acceptation ou non c de ses propositions  philosophiques.


 


   Bonne Année !


   Merci pour l'article sur le livre événement !

constance 01/01/2012 18:58


Bonne année à tous nos visiteurs et lecteurs


 


Bonne année, Monica

Isis 01/01/2012 18:04


Une petite vidéo pour le nouvel an si ça vous chante.


 


http://www.youtube.com/watch?v=alcav1Ox9bg&list=PL99867B4F1A6A0B7B&index=4&feature=plpp_video


 


Bonne année à tous et toutes


 


L'extra-terrestre

Pascal Klein 01/01/2012 15:23


Cher Yaglourt,


Il me semble qu'aucune étude sérieuse n'ait été effectuée sur la composante sociologique des upistes. J'ai livré ce que j'ai observé. Mais mon propos ne doit pas être si fallacieux que
cela. Pour preuve, l'opinion d'Ewa ne diffère guère de la mienne, " avec des petites nuances quand même."


Bien à vous


Pascal K.

Pascal Klein 01/01/2012 15:16


Cher Marc,


Encore un petit effort si vous voulez être intelligible. Changez de clavier ou apprivoisez, je vous prie, les règles de ponctuation. Je n'ai donc aucune chance de devenir "homme honnête" sans
l'adoubement d'Ewa? D'accord...Je m'attelle à présent à obtenir la grâce de Michèle Onfray.


Dites! Vous n'aimez pas le chocolat? Que mange-t-on et que boit-on lors d'un banquet avec Onfray?


Bien à vous et bonne année cher modérateur


Pascal K.


 

yaglourt 01/01/2012 14:26


"Il ne fait pas de doute que l’auditoire, dispensé du salariat selon mon estimation, vient écouter M. Onfray pour égayer son moral plus que pour
éguiser son esprit"


C'est de la sociologie "au ressenti" (pour ne pas dire "au pifomètre") ou une étude sérieuse a été pratiquée auprès des upistes ?

monica 01/01/2012 14:10


Bonne année, cher quatuor !

marc 01/01/2012 13:30


pascal klein


si vous aviez un tout petit peu d’honnêteté d’ewa  vous pourriez vous considérer comme un  homme honnête


je vous rappelle au cas ou vous avez oublié que vous vous trouvez sur le blog qui est aussi le sien et le mien 


alors vous pouvez continuer à traiter les gens de malhonnêtes ou faire vos gentilles manipulations chocolatées sur le blog de votre ami " sadien " qui répond comme ça à ses visiteurs qui pour
vous sont clairvoyants 



Quant à vous, l'épicurien,
votre ignorance crasse vous interdit à jamais de reparaître sur ce blogue.


http://lephilosophesansqualits.blogspot.com/2011/09/americains-encore-un-effort-pour-etre.html


j’espère que j’étais assez clair 





et bonne année à tous !


Pascal Klein 31/12/2011 19:14


Chère Monica,


Je vous prie de croire que mon texte ne comporte aucun élément controuvé, ni élément à charge. Ce n'est pas de mon fait si vous, ou d'autres, lui attribuez un aspect "psycho-sociologique". J'ai
accompli mes humanités ailleurs qu'en cette matière. Frédéric Schiffter m'a aimablement posé la question sur le blog d'Axel, et j'y ai répondu de bonne foi, sans éprouver le désir de forcer le
trait. Tout au plus, j'ai fais de mon mieux pour affiner la syntaxe et surveiller l'orthographe. Je ne m'étendrais pas sur la définition d'un "événement culturel". Un rien de nos jours
s'apparente à de la culture. Vous me prêtez de bien vilaines intentions. Je ne médis personne. J'ai un aveu à vous faire Monica, j'adore le chocolat.


Bien à vous et meilleurs voeux


Pascal K.

monica 31/12/2011 19:02


"La construction du surhomme", pensez à l'offrir à vos amis ; ils pourraient avoir du goût pour l'écriture de Michel Onfray en le lisant. Ce livre est magnifique.


Frédéric, j'ai offert à mon fils le livre de Reeves "chronique des atomes et des galaxies" pour ses 22 ans.


Bonne soirée à vous tous

Frédéric 31/12/2011 18:10


Cette proposition d'univers philosophique de type Highlander, où "il ne doit en rester qu'un", ne me donne pas envie de la vivre. Bien trop "mono", pas assez "poli". Enfin bon, chacun ses goûts.
Profitez bien du temps qu'il nous reste (et qui est court).

Pascal Klein 31/12/2011 15:17


C'est moi qui te remercie cher Epicurien pour ta clairvoyance. Pour se rendre compte de la grande honnêteté d'Ewa, il serait judicieux d'aller consulter le blog d'Alex Evigiran et de lire mon
second texte afin de bien se rendre compte que jamais je n'ai songé à être "onfraysexuel" (!!). Par ailleurs, mon sentiment à l'égard de Michel Onfray s'est nourri d'écoutes et de lectures.
J'aime beaucoup la manière dont Ewa fait du Onfray à l'insu de son plein gré. J'apprécie sa façon d'établir des collages textuels pour me faire dire ce qu'elle a envie d'entendre. Je vous
conseille à tous et à toutes de lire ce que le plus grand philosophe actuel, Clément Rosset, dit de l'entrain frénétique publiquement affiché et de Michel Onfray dans une moindre mesure (
Tropiques, Cinq conférences mexicaines, Editions de Minuit, page 86-87).


Bien à tous, et bonne année 2012.


Pascal K.

Frédéric 30/12/2011 22:14


Alors Ewa, si je me trompe, c'est que je projette de bout en bout. 

constance 30/12/2011 21:38


Merci Frédéric pour tous ces liens très intéressants, comme d'habitude, je dirais :)


Piétiné le coeur, ah. Le diable au corps, ces polonaises :-)


 


Ma très chère Ewa, faut se méfier des appartenances aux bagues, coups de bluff. Bonnes vacances

Ewa 30/12/2011 21:08



Cher Frédéric, 


Merci pour tous tes commentaires. Je réponds à celui envoyé à 10h34.


Je ne connais aucune Polonaise, mais celle qui t’avait piétiné le cœur était sûrement sotte. Je ne peux rien t’expliquer car moi-même, je ne comprends pas une prédisposition identique, la
mienne, mais pour les Français. Quoi que je fasse, paf! un  Français à l’horizon. Un dangereux atavisme sans doute. Mais tiens, je vois justement une Française dans ton entourage virtuel…
;~)


Si ce n’avait pas été une insulte, je t’aurais dit : quelle excellente intuition féminine! Oui, un Cheval, une Montagne plus que Montaigne, et éventuellement un Être Cher, comme une cerise sur le gâteau venant
couronner tout - et plus rien n’a d’importance, plus rien n’existe, ni passé, ni futur, que l’instant présent. 


Mais, tu te trompes, je n’ai toujours pas eu mon hapax existentiel… :~)

monica 30/12/2011 19:22


Michel Onfray se proposait une entreprise révolutionnaire ?


Alors, là !


Michel Onfray est un philosophe ; je ne pense pas qu'il ait jamais voulu faire ce genre d'entreprise.


Mais ce qu'il fait, il le fait bien. Il n'a pas vieilli. Il est resté égal à lui-même : un homme qui réveillent les gens, qui leur donne envie de lire et de voir plus loin que le bout de leur
nez.


Il  nous invite à poursuivre la rencontre de la philosophie via la lecture. Cela est une très belle entreprise.


Si vous voulez un entrepreneur de révolution, Epicurien, vous vous trompez de chemin en prenant celui de Michel Onfray. 


Si vous êtes déçu, je ne le suis pas du tout et j'attends à chaque fois ses livres avec impatience.

Frédéric 30/12/2011 17:49


C'est possible oui, mais ce n'est pas mon point de vue. :-)

un épicurien 30/12/2011 17:36


Comprenons-nous bien Frederic, mon propos ne vise pas spéciallement à faire une critique négative de Michel Onfray, loin de là. Tout comme vous, j'aime écouter ses conférences et j'apprend
toujours beaucoup de choses grâce à lui.


Ce que j'essaye simplement de dire, c'est qu'il me semble que de l'entreprise révolutionnaire que se proposait Michel Onfray à ce qu'est devenue l'UP (entreprise fort respectable, certes) il y a
un écart conssidérable. Non pas que ce soit vain ou quoi que ce soit de ce genre, ce serait sot d'avancer ce genre de bêtise. Mais d'une micro-resistance qui cherchait à actualiser de nouvelles
possibilités d'existence, il me semble qu'on est passé à une entreprise de doux developpement personnel, toujours resistante mais plus très révolutionnaire.

Frédéric 30/12/2011 17:24


C'est possible, mais ce n'est pas mon point de vue. Je trouve qu'Onfray vieillit bien, et se mouille encore. Pour nous. Il a gardé le feu sacré. J'ai hâte de déguster cet été peinard dans mon
hamac, le nouveau millésime de la contre-histoire. Découvrir de nouvelles radicalités existentielles, apprendre encore et encore.


 


Alors, bon, c'est comme tout : verre vide / verre plein. Pour ma part, mon verre est plein.

un épicurien 30/12/2011 16:28


En effet Frederic c'était le but que s'était fixé Michel Onfray.


Mon regard sur ce qu'il advient de L'UP rejoint un peu les considérations déçues de Nietzsche lorsqu'il parlait du devenir du festival de Bayreuth. (j'exagère légèrement puisque je continue
d'écouter la diffusion des cours sur france culture)


D'une noble et prometteuse entreprise, on se dirige tout doucement vers du "divertissement".


Et, encore une fois, personne n'est à blâmer pour ce devenir, car prisent individuellement les motivation sont tout ce qu'il y a de plus légitime.

Frédéric 30/12/2011 15:56


Il me semble que le projet originel de l'UP consistait à éduquer les foules, pour éviter qu'elles ne votent à l'extrême droite (histoire de France 2002). Si elles votent contre elles-mêmes, c'est qu'elles ne savent pas ce qu'elles font. Alors,
éduquons.


 


Ainsi, fonder une université populaire, médiatisée par France Culture, les livres papiers et audio sur la contre-histoire, a été la réponse d'Onfray. Quelle est la votre ? 


 


Je ne sais si vous avez entendu parler de Pharmakon, l'école de philosophie de Bernard Stiegler, installée dans un petit village du Cher depuis septembre 2010. Ils sont courageux aussi, filment leurs cours avec les moyens du bord, font des propositions pour une autre
société, celle du post-consumérisme
et de la post-mondialisation. Quel impact sur le réel ? Quel sociologue s'intéresse à cette école de philo gratuite et ouverte à tous ? Vous déplacerez-vous pour assister à l'un des cours



 


La foule, qui écoute et lit Onfray, dépasse de loin celle qui peut ou désire se déplacer. Les sociologues pourraient étudier cela, et apprécierait le véritable impact de son action.


 


Par ailleurs, je vous assure : il est une attitude noble, qui consiste à se "tenir" en société, rester sur sa réserve quand on est entouré de 1000 personnes. Beaucoup de timides le savent depuis
leur enfance, et le pratiquent au quotidien. Le sens critique est souvent discret : on peut dire non intérieurement. Voter se fait en silence. Et puis, aller écouter quelqu'un qui parle à la
raison et à l'âme, c'est pas comme d'assister à un concert défouloire. 

un épicurien 30/12/2011 13:50


Merci d'avoir confirmé certaines de mes intuitions Pascal.


Il n'y a rien a blâmer dans l'attitude du public de Michel Onfray, ni dans l'attitude des intervenants de L'UP. Simplement, il semble qu'il ne s'agisse finallement pas de l'entreprise
révolutionnaire que se proposait Onfray, même si cela participe peut-être à une certaine prise de conscience. Mais ce qui, au départ, était prometteur en terme d'action s'est mué en quelque chose
de beaucoup plus rangé, de beaucoup moins révolutionnaire.


 

Frédéric 30/12/2011 10:34


Merci pour ce beau résumé de la situation, Ewa. Et bonne année également à tous. 


 


Je parierai que ton hapax s'est passé pas très loin d'un cheval, un peu à la Montaigne. Une intuition simplement.


 


Sinon, un jour peut-être, tu pourras m'expliquer, si tu le comprends, pourquoi je suis très attaché aux polonaises, au point de m'être fait piétiner le coeur par l'une il y a dix ans, et d'avoir
donné la vie avec une autre. Cela vient peut-être de mes voyages d'enfance. J'ai l'impression cependant d'être prédisposé, sans savoir pourquoi. J'aimerais bien savoir. 

monica 30/12/2011 07:34


La fois, l'unique, où j'ai assisté à une conférence de MO chez Mollat à Bordeaux, j'ai été encore plus déçue que Pascal. Beaucoup de gens de mon âge, en effet, des quinqua donc, peu de jeunes,
peu de questions, des hommes et des femmes bon chic, bon genre, ou pas, une ambiance tristounette (pas de chocolat malheureusement), etc., oui, et alors ?


Quand on va à un concert de blues passion quelque part en France, il y a une majorité de jeunes, quelques quinquas, tous très sages ; quand on va à un festival de la Chaise-Dieu en Haute
Loire, beaucoup de quinquas, des jeunes, de riches bourgeois (ceux-là paient plein pot l'entrée), des gens modestes (pour eux c'est une autre entrée, moins onéreuse) ; quand on assiste
au festival d'Avignon, ce sont toujours les mêmes festivaliers qui passent un bon moment culturel, pas toujours populaire... oui, et alors ? Vous avez quel ressenti Pascal sur ces gens-là ? Ils
écoutent du Jazz mais n'y connaissent rien ? Ils assistent à des pièces de théâtre sans savoir qui est Ionesco ?, ils écoutent de la musique baroque sans repères musicaux ? Oui, non, et
alors ?


Je ne vois pas où l'on veut en venir quand on fait part de son impression comme Pascal sur des gens, sans se poser la question de savoir ce que ces gens qui ont la curiosité d'assister à des
évènements culturels, politiques, philosophiques, eux, ressentent vraiment, sachant que la majorité des personnes préfèrent très souvent ne pas dévoiler leurs émotions.


Avez-vous tenté de parler avec des upistes ? pas les mangeurs de chocolats, ni les plus âgés, non, ceux-là apparemment n'ont pas la consistance des gens cultivés... ? mais avec une ou deux de ces
jeunes personnes qui assistent au cours et que j'ai vu aussi à la conférence à Bordeaux. Ils ont peut-être leur mot à dire...ce dont je doute car moi-même à vingt ans, je ne "disais" qu'à
mes meilleurs copains...


Les artistes, les philosophes, les comédiens donnent des émotions à tous ceux qui viennent les voir. Si ces émotions ne transparaissent pas, c'est sans doute parce qu'il n'y a pas
suffisamment d'extravagance, de folie, de révolte dans le cerveau des gens. C'est peut-être le seul point commun des humains dits civilisés.


Le commentaire de Pascal m'a donné un drôle de goût dans la bouche. J'essaie de voir le bon côté des choses d'habitude, mais là, non, je ne vois rien.

Serge Provost 30/12/2011 07:32


Passionant !

Expérience à l'Up de Caen 30/12/2011 00:27


C’est au théâtre d’Hérouville- Saint -Clair que j’assistai à une séance philosophique animée par Michel Onfray. La 1ère heure fut consacrée à un
exposé sur un penseur utilitariste (Thoreau si ma mémoire est bonne). Durant la seconde heure, les auditeurs avaient la possibilité de s’exprimer. J’étais très surpris en entrant dans
l’amphithéâtre. La grande majorité des personnes présentes avaient le double de mon âge (j’avais la trentaine). J’étais venu un peu en avance par scrupule. Je regardai les gradins se remplir au
fur et à mesure. Des jeunes filles distribuaient un programme à l’entrée dont je n’ai pas pris connaissance. Peu avant le début de la séance, je me suis retourné de chaque côté et je constatai
que la moyenne d’âge n’avait pas baissé. C’était un jour de semaine et il ne restait que peu de places avant l’extinction des feux. Les gens écoutaient avec beaucoup d’attention. Quelques
personnes aux 1ers rangs examinaient soigneusement le plan du cours crayon en main. A la fin de l’exposé, les lumières de l’amphithéâtre se sont rallumées et un micro fut mis à disposition de qui
voulait bien s’en servir pour poser une question.  Comme Michel Onfray a tendance à formuler de longues réponses, il n’y eut que  4 ou 5 questions. Ces dernières n’étaient pas de nature
philosophique mais plutôt orientées vers le politique contemporain ou l’actualité récente. Je me souviens de ce quinquagénaire qui gaillardement demanda à Onfray ce qu’il pensait de José Bové en
l’appelant Camarade et en le tutoyant. Ce qui ne mit pas particulièrement à l’aise le maître des lieux.


 


Il ne fait pas de doute que l’auditoire, dispensé du salariat selon mon estimation, vient écouter M. Onfray pour égayer son moral plus que pour
éguiser son esprit. Cela dit, je n’ai ressenti aucune prétention ni conviction intellectuelles de leur part. Je n’ai assisté à aucun élan passionnel. J’ai plutôt senti des gens désireux de
jovialité et sans doute las de la solitude ou du tube cathodique. Par ailleurs, je ne crois pas à un sectarisme Onfray en ce lieu, eu égard à ce que j’ai vu. Ce sont pour la plupart des personnes
modestes intellectuellement qui ne sont pas  dupes. Ils savent qu’ils n’iront pas s’immiscer dans les arcanes de la discipline. L’écoute leur suffit et de fait, ils ne se permettent pas de
pérorer outre mesure. Je me demandais même si la moitié d’entre eux a pris connaissance des textes du conférencier. Ce jour-là, une personne avait apporté des chocolats. L’atmosphère était bon
enfant. Si bon enfant qu’il ne serait venu à l’esprit de personne de s’exprimer à contre-courant. Effectivement, il n’est pas aisé de porter la contradiction à quelqu’un qui vous invite à une
petite sortie  et vous offre quelques balises culturelles. A mon humble avis, ce public n’est pas un conglomérat de dévots mais des gens qui viennent par convivialité en prétextant un mobile
intellectuel auquel ils n’accordent qu’un crédit relatif.  De la même manière que l’on peut grandement apprécier un film de Kubrick sans avoir lu Nabokov ou Schnitzler, il est possible
d’apprécier un exposé à l’Up de Caen sans éprouver le désir d’une aventure textuelle. 



 Ces auditeurs, me semble-t-il,  ne sont pas venus écouter Michel Onfray par esprit de subversion.  Ni leur attitude, ni la nature des questions, ni les propos entendus à la sortie
ne font état d’une posture politique. La séance terminée, une ou deux personnes ont demandé une dédicace et la plupart s’est dirigée vers leur véhicule respectif. Seul un petit noyau était resté
dans le hall. Je dois avouer n’y être allé qu’une seule fois, la 1ère séance de janvier 2008. J’ignore si la formule ou le tissu sociologique a changé, auquel cas je ne peux en dire
davantage.



Pascal K.



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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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