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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 23:02
onfray portrait pop art

Nous vous proposons de (re)découvrir l’article de Michel Onfray publié le 18.04.2010
dans Le Monde
"Littératures de vespasiennes". 

Cet article reste toujours d’actualité. La disparition de Steve Jobs a mis la Toile et les réseaux sociaux en émoi, mais pour certains, l’Internet présente un grand danger, comme autrefois le cinématographe ou l’imprimerie (recopier à la main, il n’y a pas mieux !).  
Les blogs, les sites, les commentaires anonymes; tout le monde peut dire tout et n’importe quoi, sans sélection préalable, sur notre blog par exemple... Les journalistes, écrivains, philosophes n’ont plus le monopole. Très grave, cette liberté. 


areobase
 " Jadis, dans les latrines, on pouvait lire sur les murs des graffitis dans lesquels s'exprimait toute la misère sexuelle du monde. Pas besoin d'une sociologie très appuyée pour saisir ce qui travaille l'âme du quidam au moment de sacrifier aux nécessités des sphincters : on se vide, on se lâche, on éclabousse avec les remugles de son animalité et l'on grave ses cogitations dans le marbre d'une porte en bois... On a les rostres qu'on peut ! Aujourd'hui, cette fonction a quitté les toilettes publiques, désormais entretenues comme un bloc opératoire, pour rejoindre des lieux guère plus recommandables : les commentaires postés au pied des articles sur les sites Internet. C'est en effet là qu'on trouve l'équivalent des littératures de vespasiennes d'hier... 
Internet offre tous les avantages de la lettre anonyme : vite fait, bien fait, caché dans la nuit du pseudonyme, posté en catimini d'un simple clic, le sycophante peut laisser libre cours à ses passions tristes, l'envie, la jalousie, la méchanceté, la haine, le ressentiment, l'amertume, la rancoeur, etc. Le cuisinier raté détruit la cuisine d'un chef qui travaille bien dix heures par jour avec son équipe ; le musicien loupé dégomme l'interprétation d'un quatuor qui aura superbement joué ; l'écrivain manqué donne des leçons sur un livre qu'il ne connaîtra que par la prestation de son auteur à la télévision ; le quidam qui se sera rêvé acteur ou cinéaste percera la poche de son fiel après avoir vu un film, etc. 
L'extension des libertés d'expression s'est souvent faite du côté des mauvaisetés. Certes, le critique appointé dans un journal est mû par les mêmes ressorts, du moins le support qui l'appointe veillera à sa réputation et l'autocensure produira quelque effet en modérant (parfois) l'ardeur des fameuses passions tristes. De même la signature oblige un peu. Si l'on n'est pas étouffé par la dignité, le sens de l'honneur, la droiture, du moins, on ne peut pas totalement se vautrer dans l'ignominie, car le lecteur sait qui parle et peut, avec un minimum d'esprit sociologique, comprendre que ce qui l'anime n'est guère plus élevé : renvoi d'ascenseur, construction d'une position dominante dans un champ spécifique, droit d'entrée dans une institution, gages pour une future cooptation monnayable, etc. 
L'anonymat d'Internet interdit qu'on puisse un tant soit peu espérer un gramme de morale. A quoi bon la vertu puisqu'ici plus qu'ailleurs on mesure l'effet de la dialectique sadienne des prospérités du vice et des malheurs de la vertu ? 
Ces réflexions me viennent dans le train de retour vers ma campagne alors que je consulte sur mon iPhone un article concernant l'excellent livre de Florence Aubenas, Le Quai de Ouistreham. Voilà un livre magnifique qui nous sort de l'égotisme parisien et mondain du moment, un texte pur comme un diamant qui se soucie d'un monde que la littérature refuse, récuse, exècre, méprise (les "gens de peu" pour le dire dans les mots du regretté Pierre Sansot), un travail littéraire qui est en même temps sociologique et politique sans être pédant, universitaire ou militant, un fragment d'autobiographie sans narcissisme, un remarquable travail de psychologie à la française dans l'esprit des Caractères, de La Bruyère, un récit qui hisse le journalisme à la hauteur de l'oeuvre d'art, quand bien souvent on doit déplorer l'inverse, un texte qui mélange le style sec de Stendhal, l'information de Zola, la vitesse de Céline - et quelques nains éructent en postant leurs "commentaires" ! 
En substance : on reproche à Florence Aubenas d'illustrer les travers de la gauche caviar avec une compassion feinte de riche pour les pauvres ; on l'accuse de tromperie parce que, journaliste, elle se fait passer pour une demandeuse d'emploi ; on lui prête une motivation vénale en affirmant qu'elle gagne de l'argent avec la misère des autres, dès lors on veut bien la créditer de sincérité si et seulement si elle verse ses droits d'auteur à une association charitable ; on la taxe d'immoralité car elle prend le travail de gens qui en auraient vraiment besoin ; on lui dénie le droit de parler du simple fait que, fausse pauvre et vraie nantie, elle sait que son expérience n'aura qu'un temps et qu'elle pourra rentrer chez elle dans un quartier chic de Paris... Arrêtons là... 
Pourquoi tant de haine ? La réponse est simple : le livre est un succès de librairie et, le mois dernier, il se trouvait en tête des ventes. Dès lors, nul besoin de le lire pour pouvoir en parler, on peut alors économiser l'usage de la raison raisonnable et raisonnante du cortex, le cerveau reptilien suffira : on l'aura entendue à la radio, vue à la télévision, lue dans des entretiens de presse, cela suffira pour porter un jugement définitif. Pas d'instruction du dossier, avec une simple lecture par exemple, mais tout de suite la juridiction d'exception et l'échafaud au plus vite. 
Le commentaire anonyme sur Internet est une guillotine virtuelle. Il fait jouir les impuissants qui ne jubilent que du sang versé. Demain est un autre jour, il suffira de regarder un peu cette télévision qu'on prétend détester mais devant laquelle on se vautre pour trouver une nouvelle victime expiatoire à sa propre médiocrité, à sa vacuité, à sa misère mentale. En démocratie, le mal est relativement contenu. 
Dans un régime totalitaire, ce cheptel permet de recruter les acteurs de l'"effroyable banalité du mal" - pour utiliser entière cette fois-ci l'expression d'Hannah Arendt. "

Michel Onfray
Réactions 
 Onfray rejoint la pensée unique anti-internet, Philippe Cohen, Marianne2,
le 18.04.10
Marc

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commentaires

monica 13/10/2011 07:59



Ah ! l'amour !


Sait-on aimer quand on est mal ?


Je ne sais pas si le film a fait un carton à l'époque.


Je pense que les livres de FD sont toujours d'actualité, eux : l'éternel mari, le joueur, souvenirs de la maison des morts, crimes et châtiments, les possédés...


Je crois me souvenir que tous ces livres m'avaient mis la tête à l'envers...


Je l'ai remise à l'endroit en aimant à mon tour.



Frédéric 12/10/2011 23:25



Ben di' don' Monica, ça castagne entre nanas ... Le livre est pareil ? 



monica 12/10/2011 13:00



Le film :


http://youtu.be/AX5QZUDVNTc



monica 12/10/2011 12:50



Frédéric,


Je l'ai lu à 19 ans, après avoir vu le film avec Gérard Philipe qui jouait le prince Mychkine.


Tous ces personnages m'ont marquée.


J'ai eu envie de lire ensuite toute l'oeuvre de Dostoëvski. C'est étourdissant mais passionnant !


Mais, heureusement, je n'ai pas encore été internée ! :-))



Frédéric 12/10/2011 12:40



Merci Monica, ce roman a l'air particulièrement prenant. J'aime bien le résumé sur
Wikipedia. Dommage que le prince faussement idiot finisse interné. 



marc 12/10/2011 12:38



on m’avait souvent dit que j’étais plus séduisant avec les accents



monica 12/10/2011 12:23



Frédéric,


Un livre sur la générosité : "L'idiot" de Dostoëvski.


Dostoëvki : "La souffrance est l'unique cause de la conscience" - "Une vraie douleur est capable de donner de l'intelligence à un imbécile, toujours pour un temps, naturellement."



Frédéric 12/10/2011 12:16



Hihi !


Alors parlons politique, pour apaiser les esprits :)))))



Ewa 12/10/2011 12:14



Il y a trop de souffrance et trop d’amour sur ce blog, ça va mal se terminer, je vous préviens!


Constance, tu ne crois pas que les accents le réussissent bien (je parle de Marc ;~))?



Frédéric 12/10/2011 11:43



Epicure, il en pensait quoi de la souffrance ? Faisait-il une distinction entre souffrance et douleur ? Peut-être qu'à l'époque où les antalgiques n'existaient pas, ce n'était pas bien possible
de distinguer le "j'ai mal" du "je suis mal" ? 



Frédéric 12/10/2011 10:59



Merci, Constance. Quid de la souffrance ? 



constance 12/10/2011 08:42



Frédéric,


"La douleur est toujours un mal, pourtant elle n'est pas toujours à rejeter." Epicure, Lettre à Ménécée



monica 12/10/2011 07:38



Marc, je t'aime aussi.


Ton com me ravit aussi, lui aussi est rondement bien mené.


D'ailleurs, tous ceux qui aiment Onfray, moi je les aime, na.


Frédéric, il y a ceux qui m'aiment et me le démontrent, il y a aussi ceux qui ne m'aiment pas, qui ne me le disent pas mais qui s'évertuent à me le faire comprendre. Les premiers, je ne vois
qu'eux, les seconds, je tâche de ne pas les voir mais ils parvienent quand même à m'amuser. N'oublie pas que je suis folle et que cela n'est pas politiquement correct.


Bonne journée à tous.



marc 12/10/2011 01:11



y a trop d’amour sur ce blog , ça va mal se terminer cette histoire ;)


 


yorick c’est vrai qu’onfray ne devrait pas dire qu’il travaille gratuitement à l’up de caen parce que les livres et CD qui suivent ses cours apportent de l’argent , mais il ne ment pas ,
 officiellement il n’a pas de salaire et il a crée l’up et a travaillé au début gratuitement  , le succès n’était pas certain  


la personne qui veut échapper au fisc ne parle pas à la télé ouvertement et sans gêne de sa façon de mal gérer de l’argent et ne vote pas melenchon montebourg ( freud ou yorick auraient tremblé
pour leur stock des châteaux d’yquem , voté à droite  et su bien placer leur argent sans faire de bruit) 



Frédéric 11/10/2011 23:45



Merci Monica, j'avais bien compris, je te taquinai. Me voilà ravi d'être aimable. C'est un peu nouveau pour moi, en fait. Toi, Monica, je crois que tu le sais depuis longtemps, que tu es aimée.
:)


 



monica 11/10/2011 21:01



J'ai un toc, je déteste faire des fautes d'orthographe.


"Quel que soit le degré..."


Surtout quand je m'adresse à quelqu'un de bien.


rebise



monica 11/10/2011 20:59



Frédéric, tu as très compris ce qui se passe dans ma tête à moi.


Je ne connais pas ta chair, mais j'ai une petite idée concernant ton esprit. C'est la magie du net.


Quelle que soit le degré de laideur que ton apparence peut avoir, si belle qu'elle peut être aussi, que m'importe, j'aimerai toujours ta profonde amabilité.



Frédéric 11/10/2011 20:17



Merci Monica :)


Comment peux-tu m'aimer ? Tu n'as jamais vu ma tête ! :))))))



monica 11/10/2011 19:53



Frédéric, je t'aime.


Je vais prendre du temps pour chercher le fameux bouquin sur la générosité.


Je vais avoir du mal, mais je trouverai.


Bise



Frédéric 11/10/2011 18:12



Ouf ! C'était donc ça ! Merci Yorick de m'avoir dévoilé votre raison d'être. 






Yorick 11/10/2011 17:55



Il existe heureusement encore des tas de gens fréquentables... Et c'est Onfray et nul autre qui insiste tant sur la prétendue fortune de Freud et son obsession de l'argent. A l'arroseur
d'être arrosé à son tour.



Frédéric 11/10/2011 17:05



On est totalement névrosé par la tune en France : Bruno Solo expliquait chez Mireille Dumas l'année dernière, qu'il avait osé une relation décomplexée avec l'argent. Il en parlait ouvertement.
Est venu le moment, où on ne lui parlait plus que de ça, plus des sketchs marrants qu'il produisait. "Incroyable, tu gagnes autant d'argent en jouant au con  ?". Il a fini par comprendre
qu'il fallait être discret, dans la cage dans laquelle il s'est choisi. Il a cependant conclu par : "J'ai mis ma famille à l'abri du besoin."


Onfray n'a pas de famille, et ne gagne pas sa vie en vendant 5 minutes de rigolades quotidiennes.  


Alors, si même un personnage de la sorte doit être attaqué, il reste qui de fréquentable ? Des Yoricks partout ? C'est ça le projet ? 






Frédéric 11/10/2011 16:44



Yorick, on ne doit la vérité qu'à celui à qui on la doit. Je ne crois pas qu'Onfray vous soit redevable. Enfin, peut-être ? Dites-nous tout ! :))))))))))))))))))))))


 



Yorick 11/10/2011 16:32






Toujours est-il que lorsqu’Onfray prétend travailler gratuitement pour son université populaire, il ment.


 


Maintenant, au sujet des honoraires modestes qu’il se verse, un esprit un peu facétieux se poserait la question de savoir ce que sont devenus
les importants droits d’auteur qu’il perçoit.


 


La réponse nous est peut-être fournie par ce passage d’un article paru dans l’Express sur l’argent des écrivains:


 


Il est néanmoins encore des auteurs qui tranchent par leurs exigences modestes. C'est le cas du philosophe Michel Onfray qui, malgré les
centaines de milliers d'exemplaires vendus, n'a longtemps demandé que 2 000 euros par mois à Grasset. Tout le reliquat dort sur un compte chez l'éditeur. Car il arrive - c'est l'un des secrets
les mieux préservés du milieu - que des éditeurs servent de "banque" pour leurs auteurs. Cela vaut particulièrement pour les auteurs de best-sellers, "assommés" par le fisc.


 


http://www.lexpress.fr/culture/livre/ce-que-gagnent-les-ecrivains_859800.html


 


Si je comprends bien, non content de jouer au délateur sur son blog, de s’en prendre aux honoraires élevés pratiqués par les psychanalystes et
de comptabiliser minutieusement l’argent que gagnait prétendûment Sigmund Freud, Onfray se livrerait lui-même à un astucieux montage financier pour échapper à sa contribution citoyenne… C’est du
joli! Et c’est Mélenchon qui serait content s’il apprenait ça… 



Frédéric 11/10/2011 12:04



Monica, tu aurais un bouquin à me conseiller sur la générosité ? Je n'arrive pas à réfléchir là-dessus. Je suis trop engagé dans la machine économique, pour prendre du recul. Je vois trop de
choses autour de moi, qui me heurtent, sans vraiment avoir la capacité d'agir. Je les vis de l'intérieur, c'est déjà ça : un jour, je les comprendrai.  


Onfray ne serait aidé, qu'il ne pourrait faire ni être ce qu'il est. Il a besoin des autres, d'anonymes qui donnent un peu de leur temps pour l'oeuvre collective. Le quatuor en fait partie, en
relayant par exemple ses prises de position (mais pas que). Finalement, Onfray n'est qu'un des visages de ce corps social en mouvement. En mouvement depuis combien de temps ? 25 siècles ? Plus
encore sûrement ! :)


 



Frédéric 11/10/2011 11:46



Constance,


La douleur est ce qui fait dire : "j'ai mal".


La souffrance est ce qui fait dire : "je suis mal".



Frédéric 11/10/2011 11:35



Un commentaire qui s'adresse à moi-même (hihi). La retranscription de l'interview de Jean Dujardin offerte dans le Télérama de cette semaine : 


Télérama : Quelle culpabilité ?


J'ai eu une éducation chrétienne très forte. Un père athée, mais une mère très pieuse, pas une bigote, mais une femme formidable, foncièrement chrétienne, et il a fallu suivre. 


Communion, profession de foi, confirmation ... On en parle souvent avec mes frères : "Quand même, on se le traine un peu, le bonheur triste de cette éducation." Faut faire attention, ça peut
donner des gens freinés trop longtemps, qui pètent les plombs ! 


Mais depuis le film de Blier "le bruit
des glaçons", j'ai trouvé une méthode : j'humanise mes tourments. Ma culpabilité, je la dessine. Elle devient un personnage qui vient me voir pour me demander des comptes : "Tu profites un
peu trop, non ? Tu ne crois pas qu'il y en a qui n'ont pas ta chance ? ". Et là, ce "personnage", je le vire : "Dégage, je n'ai rien fait de mal." ...


 



Frédéric 11/10/2011 11:22



Merci Ewa, faudrait que je réécoute la saison 1, pour ne plus confondre un sophiste d'un cynique, ou un Aristippe d'un Epicure. :)


C'est vrai que "25 siècles éclairés" est un peu vague. L'important pour moi était l'aspect collégial : Onfray a des alliés tout au long des siècles, grâce à la magie de l'écrit. C'est ce que
j'aime dans son travail : la mise en perspective sur 25 siècles. Vertigineux à mes yeux. Banal sans doute pour d'autres.



monica 11/10/2011 08:09



Ce n'est pas toujours facile de vous suivre, Ewa, Constance (les demi-joueurs ?), mais pour ce qui concerne les serviteurs freudiens, c'est rondement mené ! :-))


Bonne journée à tous !



Ewa 10/10/2011 22:17



Je dois avouer que vous m’avez manqué, Yorick. ;~)


Mais vous avez changé, j’ai l’impression. Je suis touchée par votre sensibilité et votre souci soudain pour ceux qui travaillent gratuitement dans l’ombre d’un tyran. C’est adorable. 


N’oubliez pas de dédier le même passage sur la servitude volontaire aux psychanalystes freudiens. Non seulement ils se fâchent sérieusement contre tous ceux qui osent toucher à leur mythe, mais
ils prennent les délires et les fantasmes de leur Maître pour les siens et ceux de leurs pauvres clients : Freud avait envie de coucher avec sa mère - alors eux aussi, de tuer son père - eux
aussi… « Quelle condition est plus misérable que celle de vivre ainsi n’ayant rien à soi et tenant d’un autre son aise, sa liberté, son corps et sa vie! » Sauf que les serviteurs
freudiens ne travaillent pas gratuitement, en tout cas, ça m’étonnerait. 



Ewa 10/10/2011 22:10



On dirait que le rose de cette belle citation est à l’origine des couleurs de ce blog, et les joueurs jouent toujours à moitié… ;~) 



constance 10/10/2011 20:20



Yorick,


N'ayant pas vos moyens financiers, je n'achète aucun des CD de Michel Onfray.


Parfois une belle âme m'en prête mais habituellement, je podcaste les conférences gratuitement sur France Culture.


Pour les livres, les bibliothèques et amis existent.



constance 10/10/2011 20:13



Je me souviens ewa. Je te disais que j'étais lasse des demis-joueurs. Je te laissais comme citation de fin du Nietzsche comme c'était dans mon habitude quand je ne partais jamais sans un livre de
lui :  «Je suis trop fier pour croire qu’un homme m’aime. Cela supposerait qu’il sache qui je suis.»



monica 10/10/2011 18:50



Mais je ne prétends rien de la sorte. Je répète que votre façon de critiquer un philosophe comme vous le faites est grotesque, sans fondement et parfaitement stérile.


Vous tenez tellement à lui prêter vos propres intentions si vous aviez un quelconque talent que vous cherchez vainement des auteurs pour vous aider à vous convaincre vous-même que vous avez
raison.


C'est plus risible que lamentable en fin de compte.


Que vous dit votre conscience à vous, Yorick ? Allez, efforcez-vous un peu d'être honnête intellectuellement.



Yorick 10/10/2011 18:36



Contrairement à ce que prétend Monica, je n'ai rien contre le fait de gagner et même de bien gagner sa vie. En revanche, lorsque Onfray prétend qu'il participe gratuitement à son université
populaire, il ment car chacun de ses cours est aussitôt converti en livres et en CD, c'est-à-dire en monnaie sonnante et trébuchante. Ce sont les autres qui travaillent gratuitement. A ceux-là,
je dédie le passage suivant.





"Le laboureur ou l'artisan, pour tant asservis qu'ils soient, en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l'entourent,
coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu'ils fassent ce qu'il ordonne, mais aussi qu'ils pensent ce qu'il veut, et souvent même, pour le satisfaire, qu'ils préviennent aussi
ses propres désirs. Ce n'est pas tout de lui obéir, il faut lui complaire, il faut qu'ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires et puisqu'ils ne se plaisent que de son
plaisir, qu'ils sacrifient leur goût au sien, forcent leur tempérament et le dépouillent de leur naturel. Il faut qu'ils soient continuellement attentifs à ses paroles, à sa voix, à ses regards,
à ses moindres gestes : que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient continuellement occupés à suivre ou imiter tous ses mouvements, épier et deviner ses volontés et découvrir ses plus
secrètes pensées. Est-ce là vivre heureusement ? Est-ce même vivre ? Est-il rien au monde de plus insupportable que cet état, je ne dis pas pour tout homme bien né, mais encore pour celui qui n'a
que le gros bon sens, ou même figure d'homme ? Quelle condition est plus misérable que celle de vivre ainsi n'ayant rien à soi et tenant d'un autre son aise, sa liberté, son corps et sa vie
!"


 


Étienne de La Boétie, “Discours de la servitude volontaire”


 


 


 



Ewa 10/10/2011 17:27



Frédéric, merci pour ton conseil : comment surfer sans pub. J’y suis allergique, donc ça me sera très utile.


 


Ce n’est pas tellement Épicure ascète qui se faisait payer ses cours (en tout cas, pas directement; les festins du fromage et de l’eau avec des amis dans son Jardin lui suffisaient largement),
mais plutôt les sophistes méprisés par Platon, issues de milieux modestes, qui donnaient des leçons payantes de rhétorique à ceux qui voulaient accéder aux fonctions publiques. Certains d’entre
eux sont même devenus riches. 


 


25 siècles éclairés? Là, tu exagères. En quoi, par exemple, le 12e siècle était-il éclairé? Même le fameux 18e n’était pas si lumineux que l’on croyait. Mais tu parles peut-être de quelques
petites lumières (d’écrivains, artistes, scientifiques philosophes…) qui empêchaient chaque fois un siècle de sombrer dans les ténèbres.


 


Onfray disait qu’il ne demandait que 3000 (?) euros par mois (c‘était tout ce qu‘il avait besoin), le reste de ses droits d’auteur (des sommes très importantes) était géré par son éditeur. Il me
semble que pour des raisons fiscales, une telle situation n’est plus possible.



Ewa 10/10/2011 17:22



J’ai toujours rêvé que quelqu’un pense à ma place, c’est une source de ma jouissance.  


Vous cherchez un Maître, vous l’aurez! Merci Monsieur Lacan…



Ewa 10/10/2011 17:19



Constance, tu te souviens de notre conversation d’il y a presque un an et demi? Florence Aubenas et son Quai de Ouistreham, Onfray et sa chronique que nous n‘avons pas beaucoup
appréciée. Le temps passe trop vite. Au secours! :~)



monica 10/10/2011 16:11



J'avais compris : 2000 €/mois net, mais c'était en 2009.


Ce que je sais aussi c'est qu'avec son livre "traité d'athéologie", MO a pu acheter sa maison à Argentan. C'est le premier livre que j'ai lu ; il m'a été prêté par un ami.


J'espère qu'avec les autres livres que j'ai achetés, j'ai pu contribuer à son bien-être.


Je pense qu'il se ferait une fortune s'il acceptait toutes les propositions qui lui sont faites en participant à des émisions TV,notamment.


L'attaquer sur la façon dont il gagne sa vie, c'est médiocre, méprisable, idiot, mais digne de l'attaquant.



Frédéric 10/10/2011 13:21



si ça se trouve, Onfray a négocié ses droits comme un pied. Il gagne peut-être peu par vente. Je me souviens qu'il avait déclaré dans les Grandes Gueules en 2009 ou 2010, qu'il demandait
3000€/mois à son éditeur.


Je me rappelle aussi quand je travaillai dans la musique que Johnny H. était la risée de toute l'industrie, car il se faisait avoir depuis des dizaines d'années. Je me souviens aussi que la
rumeur courait que Jean-Jacques G. pouvait acheter des immeubles entiers quand la SACEM lui versait ses droits. 


Je suis désorienté :))))



monica 10/10/2011 11:05



Frédéric, Nous sommes tous désorientés, dès que l'on parle des petites mains.


Parfois, certaines personnes ont un sursaut de compassion, pour elles, comme ça pour rien ; parce qu'au fond, elles ont peut-être bon coeur.


Elles espèrent sans doute que MO travaillera un jour à l'oeil lui aussi par empathie pour ces petites mains...


Pauvre Yorick : Charité bien ordonnée commence par soi-même. Ne vous inquiétez donc pas des enseignants et des petites mains ; ils, elles ont tout à gagner de l'existence de Michel Onfray
que vous essayez en vain de comprendre.


C'est tout à votre honneur !


 



Frédéric 10/10/2011 10:11



Yorick, il me semble que rien empêche les autres enseignants de transformer leur cours en livres, DVDs ou Kindle package. Possible par contre que cela intéressera un moins large public, et donc
moins d'éditeurs : la qualité des cours d'Onfray est vertigineuse. Voilà pourquoi il gagne *très bien* sa vie. 


En ce qui concerne les petites mains, je suis totalement désorienté. 



monica 09/10/2011 21:31



Yorick, les livres et les CD ne sont pas encore remboursés par la Sécurité Sociale, par contre les consultations médicales, si. Je vous les conseille.


Je vous souhaite une bonne guérison, et, en attendant, une bonne nuit.



Yorick 09/10/2011 19:26



Toujours est-il que lui, il gagne sa vie et les autres travaillent gratos pour qu'il puisse gagner sa vie.


 


Ça doit être ça l'hédonisme libertaire. Il jouit et les autres turbinent... Notez, Lacan disait que les esclaves jouissent aussi; ils jouissent de savoir que le maître pense à leur place.



Frédéric 09/10/2011 06:29



Merci Thomas :)


Yorick, la nuit m'a inspiré : Epicure Platon : Onfray s'inspire de la démarche des deux. 


D'Epicure d'abord, car Onfray ne donne pas sa philosophie gratuitement : il vend les bouquins exposant ses idées (la raison gourmande, le souci des plaisirs, l'art de jouir, théorie du corps
amoureux...). N'étant pas aristocrate comme Platon, il doit travailler et ne peut philosopher gratuitement.  


A côté de cela, Onfray a une dent contre le platonicisme (entre autres), et utilise les mêmes armes pour lutter contre : gratuité des cours, et diffusion massive de l'antidote dans les médias.


Notez que le travail est collégial : Onfray dispose d'alliés de poids : les Lumières. 25 siècles éclairés. 



Thomas 09/10/2011 00:17



Florence Aubenas dont Onfray fait l’éloge dans cet article n’a malheureusement pas honoré son invitation à Argentan. Onfray a légèrement changé d’avis sur la journaliste dans sa chronique du juin
2010 "Le diable est dans les détails."


"Finalement, cette journée se fera sans elle - avec des gens bien."


http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n%C2%B0-61-juin-2010/



beautiful-photography 08/10/2011 16:21



Hello ^^


Super ton blog ! ;D


Passes voir le mien à l'occaz' ça me faireit super plaisir ! :D


www.beautiful-photography.over-blog.com/


à très bientôt j'éspère !


Bien à toi,


Jessy ^^



Frédéric 08/10/2011 15:50



Nul n'est parfait :)


C'est vrai que la rémunération est un sujet délicat. Perso, je travaille dans l'industrie du web, dont le modèle d'affaire dominant est la pub. Google est le roi et fournit grauitement des
services, contre affichage de pub et profiling poussé de l'utilisateur. J'en vois les ravages, car cela oriente les services et les médias vers la course à l'audience. Les choix sont faits pour
cette finalité : toujours plus de clics. Des clics, des clics ! Et n'oubliez pas ma pub, s'il vous plait ! (A ce propos, si vous souhaitez surfer sans pub, utilisez AdBlockPlus : chrome ou firefox. Ca change le surf :) )


 


J'envie Onfray, qui exerce son art, sans dépendre de la pub. Que ce soit l'UPC, France Culture ou ses livres, y'a pas de pub collé dessus. 


Cela me parait une bonne idée d'un premier abord qu'Onfray et les autres profs de l'UPC soient payés, et bien payés, pour ce qu'ils font. L'étendard de la gratuité ne me dit rien qui vaille,
passé un certain niveau. 



Yorick 08/10/2011 12:13



Ce que Onfray dit des commentaires sur Internet vaut également pour lui-même car sur son blog, il n'a pas hésité à se livrer à de la délation pure et simple sur la personne de certains
psychanalystes.


Comme par exemple ici: http://onfray.over-blog.com/article-une-certaine-attention-flottante-avec-le-fisc-49372490.html


Comme on dit dans les cours de récré: c'est çui qui le dit qui l'est.


Une autre de ses affabulations concerne ses prestations bénévoles et gratuites dans le cadre de son université populaire. Rien n'est plus faux car chacun de ses cours est immédiatement transformé
en livres et en CD. Ce sont les autres enseignants et les petites mains qui travaillent à l'oeil.


 


 


 



marc 07/10/2011 21:06



ok vous vous inscrivez à la lettre , et vous les cafards vous vous situez où ?


votre blog et vos commentaires c’est la littérature de vespasiennes ?



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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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