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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 21:17

 

onfray contre-histoire 9

Ingrid Galster, ancienne professeure de littératures romanes à l’Université de Paderborn en Allemagne, a publié aujourd’hui un article sur Le Huffington Post intitulé « Beauvoir : les pillages et les déformations de Michel Onfray ».

Bien que je ne partage pas ses points de vue exprimés dans l’introduction et surtout dans la conclusion de cet article, bien que son ton indigné et scandalisé m’ennuie, et bien que ses leçons données aux éditions Grasset et à France Culture concernant leur ligne éditoriale soient ridicules et teintées d’intolérance - je trouve sa critique d’un extrait du dernier tome de la Contre-histoire de la philosophie, Les consciences réfractaires de Michel Onfray et son argumentaire très intéressants. Selon Ingrid Galster, Michel Onfray s’était servi de son livre sur Simone de Beauvoir, faisant dire à l’auteure ce qu’elle n’a pas dit, déformant ses propos pour qu’ils correspondent à ses propres thèses établies bien à l’avance. Humain, trop humain…

 ___________________________


Certains intellectuels affirment, non sans raison, qu'en critiquant Michel Onfray on fait encore sa publicité et le conforte dans le rôle qu'il s'est choisi: celui du démystificateur solitaire persécuté par la cohorte des faussaires de l'histoire.

 

Mais doit-on se taire quand on est directement concerné par les pillages et les déformations délibérées qu'il attribue aux autres? Voici l'honneur douteux dont je suis l'objet dans le t. 9 de sa "Contre-histoire de la philosophie" récemment paru. Il se réfère à un ouvrage que j'ai publié en 2007 chez Tallandier : Beauvoir dans tous ses états. beavoir dans tous ses états galster

"Le livre d'Ingrid Galster aborde les questions qui fâchent. Ses conclusions relèvent de l'histoire et font s'effondrer une partie de la légende : Sartre et Beauvoir ne constituaient pas un couple modèle, elle ne fut pas la résistante qu'elle dit, elle est évincée de l'Éducation nationale pour lesbianisme avec une élève et non pour fait de résistance, elle travaille à Radio Vichy, elle n'a moins fait le féminisme qu'elle n'a été faite par lui, les publications posthumes ont écorné l'image pieuse fabriquée par le couple, etc." (pp. 441-442)

Spécialiste de Sartre pour l'époque de l'Occupation et sous contrat chez un grand éditeur parisien pour une nouvelle biographie de Beauvoir que je n'ai finalement pas faite, j'ai creusé certains éléments de la vie et de l'oeuvre en les replaçant dans leurs contextes respectifs et en tenant compte de nouveaux documents apparus après la mort de Sartre et de Beauvoir. Il en est sorti parfois une image plus nuancée, plus complexe et plus étoffée que celle que l'on trouve dans l'autobiographie de Beauvoir, mais j'ai toujours pesé le pour et le contre et mes conclusions ne se réduisent aucunement à la version caricaturale qu'en donne Onfray.

beauvoir radio micro

Très souvent, il enfonce d'ailleurs des portes ouvertes. Quelle trouvaille, par exemple, que celle de Radio-Vichy puisque Beauvoir en parle elle-même dans La Force de l'âge ! Mon seul mérite était d'avoir déniché une partie des scénarios qu'elle a fournis à cette radio. J'explique aussi pourquoi elle a accepté ce travail et, là, Onfray s'exécute clairement en falsificateur pour faire correspondre l'histoire à ses propos paranoïaques.

 

 

En effet, je prouve précisément, documents à l'appui, que Beauvoir n'était pas "évincée de l'Education nationale pour lesbianisme avec une élève". 

simone-de-beauvoir-nueIl est vrai que la mère de son ancienne élève Nathalie Sorokine a porté plainte, en décembre 1941, contre Beauvoir pour incitation de mineure à la débauche (je reproduis le texte intégral de la plainte dans le livre en question). Mais l'enquête judiciaire qui s'ensuivit aboutit à un non-lieu et ne pouvait donc justifier l'exclusion de Beauvoir de la fonction publique. 

En revanche, le recteur de l'Académie de Paris fit valoir face à Abel Bonnard que Beauvoir faisait lire à ses élèves Proust et Gide considérés par l'État de Vichy - faut-il le rappeler ? - comme mauvais maîtres pour "l'esprit de jouissance" émanant de leurs oeuvres qui, pensait-on, avait mené la France à la débâcle. On allégua qu'elle leur recommandait des visites à l'hôpital psychiatrique Saint-Anne, donc qu'elle les poussait à s'intéresser aux forces instinctives et à la démence, ce qui allait dans le même sens. On souligna ses conditions de vie : célibataire, elle n'avait pas de foyer, dormait à l'hôtel, travaillait au café et vivait en concubinage notoire. Bref, conclut le recteur qui, à la Libération, fut inculpé pour son zèle pétainiste : maintenir Beauvoir (et Sartre, qui ne fut pas inquiété) dans l'Enseignement secondaire, "à l'heure où la France aspire à la restauration de ses valeurs morales et familiales", était "inadmissible", et cela d'autant plus que, professeur de khâgne au lycée Camille-Sée, elle formait de futures éducatrices. Contrairement aux propos qu'Onfray m'attribue, l'exclusion de Beauvoir était une mesure d'épuration de la part de Vichy. Je le dis haut et fort dans mon livre en mentionnant la loi du 17 juillet 1940 créée par le gouvernement de Pétain pour faciliter l'élimination du service public de tous les fonctionnaires censés ne pas contribuer efficacement à la "rénovation nationale", loi qui est citée, entre autres, dans l'arrêté du 17 juin 1943 sanctionnant la révocation de Beauvoir. Relevée de ses fonctions pour un délit de moeurs, elle n'aurait d'ailleurs pas pu se faire réintégrer à la Libération, ce qui fut pourtant le cas. Beauvoir méprise délibérément les consignes de la Révolution Nationale. "Résistance" est un grand mot, mais c'était sans conteste une forme d'opposition, perçue, on l'a vu, comme telle par les autorités.

 

Elle n'a moins fait le féminisme qu'elle n'a été faite par lui, dirais-je encore, selon Onfray. Là aussi, il m'attribue une thèse que je n'ai pas soutenue. En travaillant sur Le Deuxième Sex  beauvoirle-deuxieme-sex-anglais.jpgpour préparer un colloque à l'occasion du cinquantième anniversaire du livre en 1999 ainsi que sur l'histoire du féminisme français, j'ai découvert une sorte de navette de la théorie féministe entre la France et les États-Unis en cinq temps entre 1947 et 2000, navette dont se trouve une ébauche dans mon livre et qui constitue, selon Michelle Perrot, "un véritable chapitre de l'histoire intellectuelle à développer".

Je soutiens, entre autres, que la plupart des féministes françaises des années 70 n'avaient pas lu Le Deuxième Sexe, propos d'ailleurs confirmé par Beauvoir elle-même qui militait avec elles: ces militantes étaient plutôt influencées par le féminisme nordaméricain qui était en avance, mais dont les protagonistes les plus en vue (Betty Friedan, Kate Millett) s'étaient inspirées, elles, du livre de Beauvoir, sans le signaler. Une fois établi en France, le féminisme a revendiqué Le Deuxième Sexe comme livre fondateur, comme bible. Il s'agit, comme souvent, de processus de réception et d'influences réciproques dont la dynamique compliquée n'intéresse pas Onfray mais dans lesquels il cherche exclusivement des éléments qu'il peut détourner pour son oeuvre "démystificatrice".

 

sartre gerassi 3Pour mener à bien cette oeuvre, il se sert, dans le cas de Beauvoir et de Sartre, le plus souvent des livres de Gilbert Joseph et de John Gerassi. Le premier a le mérite d'avoir découvert le dossier de l'affaire Sorokine aux archives de la Préfecture de Police, mais, historien amateur et ancien résistant du Vercors plein de ressentiment contre les intellectuels à l'égal d'Onfray, il est incapable d'interpréter les sources dans le contexte de Vichy: on a dit à juste titre qu'il adopte l'optique de la police des moeurs. Le second rend prétendument ses conversations avec Sartre en état brut. Quelle aubaine pour attraper Sartre en flagrant délit: il montre enfin son vrai visage! En comparant le texte publié avec les CD se trouvant à l'Université de Yale, on voit pourtant que les répliques de Sartre ne lui appartiennent pas, mais que c'est Gerassi qui les formule. J'ai eu l'occasion de le montrer dans la Neue Zürcher Zeitung et dans une revue historique espagnole, mais la publication de mon compte rendu en français est repoussée depuis un an par une revue parisienne.

 

Vu de l'étranger, on se demande bien quels sont les besoins de certains secteurs de la société française qui sont assouvis tous les ans à nouveau avec les produits de ce "philosophe" dans toutes les formes médiatiques, produits qui pullulent du reste d'erreurs factuelles. Le vrai scandale, c'est que Grasset publie cette charlatanerie, que des journalistes comme F.-O. Giesbert la défendent et que France Culture se prête à la diffuser tous les étés.

 Ingrid Galster    

 

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commentaires

Ewa 28/02/2013 08:43


Cher PhDams, je suis une esclave nietzschéenne qui se réveille tôt le matin pour pouvoir griffonner quelques mots… de trop, ha! ha! Mais il paraît qu’il suffit de décider de ne plus servir… 


 

Ewa 28/02/2013 08:38


Axel et PhDams, merci beaucoup, vos remarques sont très justes, je ne peux qu’être d‘accord avec vous. A la lecture de l’article sur Simone de Beauvoir, la question de la rigueur et de
l’honnêteté intellectuelle de Michel Onfray concernant d’autres « démystifications » se pose bien évidemment. Est-ce que cette déformation des propos qu'Ingrid Galster reproche à Onfray résulte
de son tempérament fougueux, de la précipitation, de la lecture survolée, vu que Onfray lit moult ouvrages en un temps record - comme l’a souligné PhDams? ou de la mauvaise foi et l’aveuglement
pointés par Axel? ou c’est un « savant » mélange de tout ça? Je ne sais pas.


 


En tout cas, les exemples de la démystification de Freud ou Jésus et de la mystification de Camus que vous avez cités, Axel, sont effectivement très parlants. 


Le problème : Camus et
l’Algérie est plus complexe qu'Onfray l’avait présenté? Certainement. Et Camus « impeccable «? Est-ce qu’on peut vraiment l’être en ayant, par exemple, de très nombreuses aventures et
relations amoureuses, pendant que les proches (conjoint, enfants…) n’ont pas la même conception de la fidélité, de la sexualité (il ne s‘agit pas de jugement moral, mais de la nature compliquée
de ce type de relations) et en souffrent? On blesse forcement, quoi que l’on dise, et Onfray a occulté cet aspect chez Camus et souligné chez Sartre et Beauvoir. 


 


Freud abject? Certainement, mais son portrait plus nuancé aurait peut-être eu encore plus de poids et de crédibilité. En fait, je m’en fiche
parfaitement de Freud et de sa vie, si ses théories n’avaient été que philosophiques, il n’y aurait eu aucun problème, sa théorie sexuelle serait restée la théorie de Freud et de
l’époque viennoiso-victorienne et serait devenue caduque et complètement dépassée aujourd’hui. Mais malheureusement, il a laissé derrière lui une puissante secte des charlatans
savants qui servissent dans des hôpitaux, cliniques, cabinets de médecins et qui « soignent » les gens. Qu’ils soutirent de l’argent aux peoples qui se font massivement analyser - ça me
laisse de marbre, mais savoir que les malades qui ont vraiment besoin d’aide, les enfants autistes par exemple, sont entre leurs mains - ça
me fait froid dans le dos. 


 


Il m’est difficile de comprendre pourquoi Onfray allait chercher Gérard Mordillat (je ne le savais pas), il n’en avait nullement besoin. La thèse sur l’inexistence historique de
Jésus (moi aussi, je la trouve assez « solide » :~)) n’est pas d‘Onfray, mais elle a été reprise par lui. C’est la thèse de Prosper Alfaric connu avant seulement de quelques
spécialistes, Michel Onfray l’a fait découvrir à un large public en préfaçant le recueil de ses articles : « Jésus-Christ a-t-il existé? ». Cette thèse était également soutenue par
Raoul Vaneigem à qui Onfray a dédié sonTraité d’athéologie. Vous le saviez certainement, c’était juste pour ceux qui n’étaient pas au courant et pas intéressés spécialement par le
sujet. 


 


Maintenant, pour rééquilibrer un peu… Les universitaires ne se sont pas toujours sentis « trahis » par les interprétations de Michel Onfray. Au contraire, par exemple, Jean Soler a confirmé avec force les propos d’Onfray, alors que
certains de ses détracteurs professionnels (ils sont animés par quoi, eux? en tout cas, la noblesse de leurs motivations ne saute pas aux yeux), n’ayant même pas lu Soler, reprochaient déjà à
Onfray de vouloir faire dire au scientifique ce qu’il n’avait pas dit. Raté!


Jacques van Rillaer a laissé sous l’article d’Ingrid Galster un commentaire que j’a bien aimé :


"Des gens comme Mme Galster et moi-même (je suis, comme elle, professeur d’université à la retraite) aiment montrer que les non-experts universitaires travaillent avec peu de soin, manquent
de précision dans l’exploitation de documents et omettent les références de leurs citations…


Ayant lu “Le crépuscule d’une idole” de M. Onfray, j’y ai trouvé bon nombre d’approximations (j’ai été promu docteur en psychologie sur base d’une thèse sur Freud, dont j’ai lu et étudié
soigneusement toutes les “Gesammelte Werke”). N’empêche : j’ai été ébloui de voir la force de ses démonstrations, au-delà d’erreurs de détail.


Un exemple: le lacanien Wladimir Granoff avait évoqué le fait que la psychanalyse est la rationalisation de la névrose de Freud et que le complexe d’Œdipe devrait être nommé le “complexe de
Freud” (“Filiations. L’avenir du complexe d’Œdipe”, Éd. de Minuit, p.115;125). Mais, à ma connaissance, personne avant Onfray n’en avait fait une aussi brillante démonstration que lui."





 



Décidément, je parle trop, mais il ne fallait pas poster les commentaires si intéressants qui nourrissent mes interrogations, c’est votre faute et basta! :~)


 

PhDams 25/02/2013 13:04


@Ewa : Menschliches, Allzumenschliches

Je me rappelle bien cette discussion : je ne sais pas d'ailleurs si vous aviez vu cet autre exemple d'un accro à la céébrité scientifique...

...je n'irai pas jusqu'à dire qu'Onfray est devenu accro aux plateaux télé et que ça l'entraîne sur le chemin de la falsification, mais j'imagine qu'il doit être plaisant d'être présenté comme le
démystificateur... ça le pousse peut être à survoler tous ces livres qu'il lit... ou à voir parfois des justifications à son idée première alors quelqu'un de moins "fogueux" pourrait possible de
nuancer, critiquer...
...à nous de faire le tri critique...
...mais on en revient toujours à ce problème de temps, Nietzsche avait raison, on est escalve si on ne possède pas les 2/3 de son temps éveillé... mais même comme ça, j'ai l'impression que nous
ne pourrions tout lire, tout écouter, tout vérifier, tout valider... la quantité d'information mondiale est trop importante...

Axel 25/02/2013 12:05


Oui, ce billet pose les bonnes questions.
Ne pouvant pas être spécialiste de tout - ni tout lire – il nous faut bien faire crédit à l’auteur de ses bonnes intentions (de sa bonne foi).

Il est inévitable qu’un essayiste, compte tenu de sa propre histoire, de son parcours et ses rencontres, se forge un univers mental adossé assez largement sur un parti-pris plus ou moins
conscient. Dans la sélection même des sources sur lesquelles il choisit de s’adosser la subjectivité joue à plein. C’est naturel et cela ne me pose aucun souci. Au lecteur aussi de faire montre
de sens critique, de mettre en perspective ce qu’il lit et ne pas tout avaler forcément pour argent comptant.

Ou cela devient problématique c’est lorsque l’essayiste se met manifestement à tordre les faits et ses sources pour les faire coïncider à ses préjugés. Soit il s’agit alors de mauvaise foi
caractérisée, soit c’est de l’aveuglement ; ce qui revient en pratique au même. Or ce me semble être le cas ici – et ce n’est pas la première fois. M.O fait dire, pour étayer sa thèse,  à un
auteur qu’il cite dans son propre ouvrage ce qu’il n’a jamais dit. Parfois cela joue sur un point de détail, mais il arrive aussi que cela conduise à une interprétation sinon fautive du moins
fortement biaisée – ou simplifiée à l’extrême. La question devient alors : cette manière de procéder n’entache-t-elle pas toute la démarche du philosophe ? Je veux dire, ce qui se voit ici,
n’est-il pas aussi présent dans les autres ouvrages de M.O ? Comment procéder au tri ?

Je me souviens avoir salué le courage de M.O lorsqu’il avait remis en question la psychanalyse freudienne – chose qui n’allait pas de soi, puisque dans ces anciennes conférences il y faisait
souvent référence comme à une science, ce qui m’énervait alors passablement. Mais son livre sur Freud est-il exempt de ce désir d’absolument vouloir enfoncer l’adversaire en tordant certains
faits ?

Là, sur un tout autre sujet,  je viens de lire un billet de septembre dernier autour du problème de Camus et de l’Algérie, et sans forcément partager le ton de son auteur, pour avoir lu en
son temps la belle biographie de Camus commise par O.Todd, je suis sensible, par exemple, au passage suivant :
« Dans Chroniques algériennes, Camus développe un discours humaniste sur la Kabylie, en demandant l'amélioration de la condition des indigènes. Il estime que la France n'a rien à gagner en
opprimant les indigènes. Il veut gagner leurs cœurs. Mais son récit est digne des ethnologues qui ont participé à la mission coloniale. Il évoque l'utilité de l'école, la libération de la femme,
la différence entre les arabes et les kabyles et implicitement la mission civilisationnelle que pourrait apporter la France. Il n'est jamais question d'une remise en cause du système
colonial ».

Me revient une autre anecdote qui remonte à la seconde année de l’UP de Caen. C’est au sujet de la remise en cause de l’existence du Jésus historique. Ce débat m’avait enchanté et je trouvais la
thèse de M.O solide (je la trouve d’ailleurs toujours solide et trop peu débattue). Néanmoins, pour avoir pu échanger quelques mots à l’issu d’une conférence avec l’un des auteurs (G.Mordillat)
d’un livre sur lequel M.O s’appuyait dans sa démonstration, ce dernier se montra ulcéré d’avoir vu son propos déformé (car lui ne mettait absolument pas en cause l’existence historique de
Jésus).

Désolé de ces longueurs.

Aurélien 24/02/2013 16:43


Bon article. Il faut que ceux qui apprécie les ouvrages d'Onfray puissent avoir un regard critique sur ceux ci.

Ewa 23/02/2013 15:16


Bonjour, PhDams. Désolée pour ce retard, mais quel plaisir de retrouver vos commentaires! 


 


Moi aussi, j’aime ça. C’est-à-dire, j’aime quand Onfray démonte les icônes, mythes et légendes. En construisant ces démontages, il était certainement parfaitement conscient que lui-même
n’y échapperait pas. Mais entre ses admirateurs inconditionnels (qui, actuellement, envoient au banquet les messages indignés, complètement à côté de la plaque) et ses détracteurs professionnels
obsessionnels (qui nous insultaient grossièrement avant), la critique sérieuse, compétente, bien argumentée et bienveillante, pas motivée par la haine et la jalousie, est plutôt rare, et
pourtant, elle est nécessaire, Onfray lui-même la réclame, et j’espère qu’il est sincère. 


 


Cet article critique, malgré les réserves que j’ai exprimées dans mon intro, est selon moi intéressant car écrit par l’auteure dont le livre a servi à Michel Onfray à établir une partie des
analyses et constatations, et qui a trouvé que ses propos ont été biaisés, déformés, détournés par le philosophe. Donc, quelqu’un qui n’avait pas lu son livre (et c’est mon cas,  je n’ai
même jamais entendu parler d’Ingrid Galster avant), peut lire ici les explications directes et précises de l’auteure qui est quand même la mieux placée pour savoir ce qu’elle avait écrit et
quelles étaient ses conclusions. 


 


Pour moi, il ne s’agit pas tellement de se faire un avis sur les détails (je laisse ça aux spécialistes), mais cela m’avait inspiré une petite « réflexion » tout à fait banale d’ordre plus
général sur la fragilité des démystifications et démontages que j’aime tant. Ne seraient-ils pas parfois presque aussi incertains, hypothétiques et aventureux (j’exagère volontairement :~)) que
les mythes qu’ils démystifient? Car pas mal d’éléments dépendent de l’interprétation, d’un parti pris, et on a tous tendance à orienter un peu la réalité, les faits, les mots pour qu’ils
correspondent à nos thèses, représentations, désirs; et personne n’y échappe, même pas Onfray ;~).


En plus, une partie de nos théories s’écroulent, si les sources sur lesquelles on s’appuie s’avèrent inexactes. « Entretiens avec Sartre » de Gerassi, est un bon exemple : pourquoi
donner du crédit total à Gerassi? (ce que j’avais fait, moi aussi); pourquoi ne pas envisager cette possibilité que les paroles de Sartre n’étaient peut-être pas tout à fait les siennes et que
son interviewer a pu parfois l’aider…?


En fait, cher PhDams, j’apporte de l’eau à votre moulin, tout va dans votre sens, si vous vous souvenez de notre discussion sur la science. :~)

PhDams 20/02/2013 12:48


Merci Ewa pour cette vision critique argumenté des dernières trouvailles d'Onfray... rien à voir avec les lettres ouvertes de Marcela Iacub, évoqué dans de précédents
commentaires...

N'étant pas spécialiste de Sartre et Beauvoir, n'ayant lu aucun des livres cités, je n'ai pas trop d'avis sur la question des détails... Onfray fait sont boulot de démonteur (peut être parfois
trop rapidement ou avec trop de zèle ?!?) et tape dans la fourmilière en proposant des visions critiques des icônes et autre légendes... j'aime ça... mais de la mêe manière, il serait stupide de
le suivre aveuglément... il fait souvent montre de manichéisme (même s'il s'en défend à moitié) et on peut parfois regretter certain emportements liés au tempérament de feu de sa
physiologi(qu)e...

En bref, merci pour cette publication... je n'irai pas plus loin sur le sujet, car d'autres m'intéressent plus et que mon temps est limité, mais j'apprécie à sa juste valeur votre travail de
compostage critique...

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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