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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 11:08

 

onfray kiosk

 

En 2012  paraîtra chez Flammarion le livre de Michel Onfray « Ce qui n’est pas donné est perdu », écrit pour célébrer les dix ans de l’Université populaire du goût d’Argentan, où le philosophe "expose les raisons qui l’ont conduit à faire de la nourriture un enjeu politique et existentiel." 

 

Voilà quelques extraits tirés de Philosophie Magazine (juin 2011):

 

"Sur le principe de la lutte des classes, on peut aujourd'hui opposer une partie de la population à même d'accéder aux produits relativement épargnés par le formatage libéral, et qui, le pouvoir d'achat aidant, connaît également les bonnes tables, puis les grandes ou très grandes tables, au plus grand nombre condamné à ingurgiter des fruits et légumes dont la couleur, la saveur, la texture, le volume procèdent des oukases de la grande distribution, des poissons et viandes d'élevage et de batteries aux chairs insipides, aux couleurs artificielles, aux goûts neutres, aux textures saturées d'eau. [...] Ajoutons à cela un fait de société déplorable : la disparition du temps chaque jour consacré à la cuisine. [...] La table comme lieu de convivialité et de plaisirs partagés laisse place à la corvée raccourcie afin de rejoindre dans les meilleurs délais le canapé davant le télévision ou la souris de son ordinateur." [...] potager-bio"D'où cette décision de créer une Université populaire du goût. Le principe ? Planter, semer, cultiver et récolter des produits frais de qualité, à même de restituer la saveur réelle, la texture réelle, la couleur réelle des légumes ; puis apprendre à les cuisiner afin de sublimer la carotte, la pomme de terre, l'aubergine dans une préparation à même de générer du lien social, familial, amical, par le repas transformé non pas en une corvée nutritionnelle, mais en une jubilation existentielle. Car il existe une vie après les nouilles..." [...]

 

potager-enfant

"L’objectif de cette Université populaire du goût? Éduquer le corps à autre chose qu’à la souffrance - voir l’usage du sport à cet effet… -, solliciter plus que les sens nobles (ouïe et vue) qui disposent de leurs beaux-arts (peinture, photographie, cinéma, musique), en intégrant les sens dits ignobles, au sens étymologique (goût et odorat), pour en finir avec la hiérarchie occidentale entre les cinq sens. Car il n’en existe qu’un, le toucher, diversement modifié par les organes en jeu : œil et oreille ou bouche et nez. Cet élargissement de la philosophie à la totalité du corps, hors institution, ouvre des perspectives inédites. […]

Qu'est-ce que la gastrosophie ? Elle est une science (science de gueule, écrivait Proudhon l'ascète pour la fustiger...) qui combine gastronomie, cuisine, conserve, culture, hygiène, philosophie (fouriériste), médecine. Le gastrosophe sait donc cuisiner, il connaît la charge hiéroglyphique des aliments en vertu de la théorie de l'analogie, il n'ignore rien de la médecine préventive associée aux aliments, il s'active en cuisine pour créer du plaisir à être, puis à être ensemble, il sublime les passons tristes en les intégrant dans des banquets vécus comme des performances esthétiques ou des happenings contemporians (comme chez les futuristes...) qui permettent, par exemple, d'en finir avec la guerre classique, létale à des niveaux inouïs, grâce à la scénographie de combats avec des petits pâtés pivotaux en guise de munitions, ou de bouchons de bouteilles de champagne qui explosent en lieu et place des munitions de champ de bataille..."

 


"Une fois les produits obtenus, l’intérêt consiste à remettre leur destin entre les mains de cuisiniers qui n’ont pas l’habitude de travailler pour les revenus modestes ou les gens de peu, mais qui évoluent dans les hautes sphères étoilées de la gastronomie française."

Michel Onfray

  Constance - Marc - Ewa  

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commentaires

Ewa 25/06/2011 08:57



On dirait que nous les lecteurs, nous sommes comme Guy Bedos dans Plans rapprochés : Onfray écrit plus vite que nous ne lisons.



Frédéric 23/06/2011 06:20



Je ne sais plus dans quelle interview (ou peut-être dans une réponse aux auditeurs ?) je l'avais entendu raconter que son éditeur avait déjà un bon stock de ses manuscrits en attente d'être
publiés, mais ne le faisait pas de peur de noyer les lecteurs. Le temps de l'édition traditionnelle n'est pas celui de l'écriture, contrairement à ce qu'on peut vivre sur l'internet libéré. :-)



Jean 23/06/2011 01:32



Onfray écrit très vite, ce livre sur l’Up du goût est déjà commencé si j’ai bien compris, alors pourquoi il paraîtra en 2012 et pas cette année ?



Frédéric 16/06/2011 13:27



Sisi. Salut Marc :-)



marc 16/06/2011 12:25



c’est pas certain frederic pasfaux qui a remarqué cette devise "ce qui n’est pas donné est perdu" dans le doc sur onfray "philosophe citoyen" ? ;)



Frédéric 16/06/2011 01:08



Vive la cueillette gourmande ! Ca fait prendre l'air et travailler les genoux. 



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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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