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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 11:15

 

Du 25 juillet au 26 août 2011, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2010-2011 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 9e année - Le freudisme hérétique : Otto Gross, Wilhelm Reich et Erich Fromm

__________


25/ APPENDICE LACANIEN - 26.08.2011

france culture podcasts onfray

 

Cliquez sur le logo (le podcast pour ceux qui naviguent avec Google) 

 ou  ici (pour ceux qui préfèrent d'autres navigateurs)



 

conf fr c lacan    SYNOPSIS :

1./ QUI EST LACAN ?

1) Venu de Maurras qu’il a rencontré  - Participe avant-guerre à des réunions maurassiennes   -  Méprise le Front Populaire   - Rédige en 1938 « La Famille » pour L’Encyclopédie française pour défendre la famille traditionnelle. 

2) Hostile aux Encyclopédistes

3) Anti-parlementariste

4) Fasciné par Léon Bloy

5) Signifie son mépris des Résistants dont il fait des « irresponsables ».

6) S’affiche en même temps avec des pétainistes dans un restaurant de  marché noir

7) Se marie à l’église

8) Inscrit sa fille Judith dans une école catholique

9) Lui fait faire sa communion

10) En 1953 : souhaite rencontrer Pie XII pour envisager un compagnonnage psychanalyse /catholicisme  - La rencontre privée n’eut pas lieu, mais il est allé à une audience publique

11) Mai 68 le voit toujours maurassien, opposé à la révolte

12) Mai profite opportunément de Mai pour prendre le train de l’histoire en marche  - Rôle de son gendre Jacques-Alain Miller.


2./ LE LACANISME

1) Succès des Ecrits dans les années 70.

2) Paris, donc la France, devient le lieu de la renaissance du freudisme orthodoxe  - Ce qui explique que la France soit terre de psychanalyse

3) On parle d’une relecture de Freud

4) Freud, L’analyse profane (XVIII.9) :  - Que se passe-t-il entre le patient et l’analyste ?  - « Il ne se passe entre eux rien d’autre que ceci : ils se parlent ».

5) Lacan fait de cette logothérapie une passion française

+ Version transcendantale de la psychanalyse viennoise

+ Une partie de son succès :   a) Les références philosophiques :   - L’androgyne et Banquet de Platon  -La loi et la Critique de la raison pratique de Kant   - Domination/servitude dans la Phénoménologie de l’esprit de Hegel   - La métaphysique et la phénoménologie de Etre et temps de Heidegger  - L’anthropologie structurale de Lévi-Strauss  b) Les mathématiques contemporaines :   - Les nœuds borroméens  c) La littérature :   - Les romans de Sade   - L’Ulysse de Joyce   - L’œuvre de Bataille  d) La caution de l’ENS   - L’appui d’Althusser


3./ LE LACANISME DANS SES ŒUVRES PRATIQUES

A./ LACAN

a) Le personnage extravagant :  - Le dandy surréaliste  - Les séances ultracourtes

b) La revendication de la maîtrise, la défense de la servitude :  - Le mépris des patients, voire les coups       - L’usage cynique de l’argent


B./ LE CAS

a) Un cas concret :  - L’équivalent des histoires d’analyse freudiennes  - Pierre Rey, 1988, Une saison chez Lacan.  - Un « récit »  - Comme Les mots pour le dire de Marie Cardinal, le livre compte pour la légende :

1. Pierre Rey, beau, jeune  - Collectionne les aventures d’un soir  - Joue au casino, engloutit des fortunes  - Vit la nuit  - Peintre, ancien élève des beaux-arts  - Dirige Marie-Claire à 33 ans  - Après avoir chroniqué la vie mondaine et parisienne dans Arts et spectacles et Paris Jour  - Dispose d’une voiture avec chauffeur  - Entre dans un magasin de chaussures, ressort avec la vendeuse

2. Appelle Lacan qui lui demande ses raisons  - « ça ne tourne pas rond »   - 10 années d’analyse  - Le prix d’une séance selon cet homme riche : « exorbitant »  - Ne donne pas le tarif mais parle de 3 billets – des Pascal à 500 francs donc  - 200 euros aujourd’hui : chaque jour… pendant dix ans…  - Trouvera des sommes considérables pour payer son analyse  - « M’eut-il demandé de le rejoindre aux antipodes pour une entrevue de vingt  secondes à dix millions, j’aurais trouvé l’argent et j’y serais allé »

3. Raconte ses amis, ses amours, ses rencontres, ses conquêtes  - ses relations avec un ami psychanalyste avec lequel il boxe, sort le soir, mange, parle, dîne, joue à la roulette russe et en mourra.

4. Abandonne le journalisme pour trouver de l’argent   - Ecrit des best-sellers chez Laffont   - C’est l’époque de : Papillon et Le Parrain qui se vendent par millions   - 1972, publie Le grec, un roman inspiré d’Onassis   - Puis La veuve (inspiré de Jackie Kennedy)  - Palm Beach, Sunset, Bleu Ritz, etc… 


C./ LE PARLER LACAN

1. LE SABIR :

a) Se met à parler de lacan…  - Mélange description de plages, de St Tropez, de côte ouest, d’Irlande  - Et de :  « Quoi du sien, lorsqu’on sait qu’en cette dialectique, figé par la définition dans le non-agir, il tient la place du mort où la vie même se dérobe ? »  - Cf.  789 néologismes de Jacques Lacan édité par  « L’Ecole lacanienne de psychanalyse ».

b) Séances de lecture avec son ami lacanien,   - Ne comprend rien, mais estime la chose trop profonde pour lui…  - Il faut l’initiation…

2. LE CALEMBOUR

a) Le calembour comme méthode CF. Psychopathologie de la vie quotidienne de Freud.   - Destruction de la méthode classique :  - Dialogue, dialectique, sophistique, rhétorique, logique

b) Création d’une autre logique :  - Héritée du cadavre exquis ou de l’automatisme théorisé par Breton.

3. LA NUMEROLOGIE :

a) Rey écrit une pièce de théâtre baroque, kitsch :  - Un homme parvient au seuil des abysses à une profondeur de « 63 mètres 27 »  - L’ami psychanalyste demande pourquoi 63 et 27   - Pas de réponse   - Un mois plus tard, les deux hommes se gênent dans la porte d’un restaurant   - Le psy, à Rey : « Merde, qu’est-ce que tu es grand… Combien tu mesures ? »  - Réponse : « 90 »  - L’analyste : « 63 et 27, ça fait combien ? ».

b) Serveuse de bar analphabète, 40 ans  - Perd son travail pour cause d’évanouissements réitérés sans raison  - Explique sur le divan que chaque dimanche, elle joue au tiercé  - Un jour : rêve d’une combinaison 4, 4 et 9  - A 15 ou 18 mois, a subi un traumatisme  - Sa mère la cajole,  - Arrive un amant avec un manteau blanc qu’elle étale sur le lit  - L’amant se fait pressant, l’enfant crie, la mère la pose sur le manteau  - L’enfant défèque, la mère se met en colère :    - « Elle a fait caca sur la manteau neuf »  - caca/neuf, donc 4, 4 et 9…  -  Or caca n’égale pas quatre plus quatre…

4. LES LETTRES :

a) Rey convoque le Cours de linguistique générale de Saussure (1905)  - Contemporain de la création de la psychanalyse par Freud à Vienne  - « Deux moments clés de l’histoire de la pensée. La vis, l’écrou ».  -Lacan fut l’homme de cette rencontre      - Cf. « L’inconscient est structuré comme un langage »  - D’où les jeux de mots, les calembours à effets thérapeutiques

b) Exemples avec Pierre et Rey :

1. Avec le prénom, Pierre :  - Investir dans la pierre  - Possibilité, pour la mère, de bâtir son église sur cette pierre      - Avoir une pierre autour du cou  - Pouvoir jeter une pierre si l’on n’a pas péché  - Jeter la première pierre

2. Avec le patronyme :  1. Nom des ancêtres pèlerins de Compostelle  - Ils se regroupaient pour éviter les pillards en route  - Arrivant à 1 000 ou 2 000, tous couraient  - Le 1er arrivé qui touchait la statue du saint était proclamé « Rey »  2. D’où : Rey est un bon coureur…  - Fatalité du signifiant  3. Théorie de Rey :  - « Dès lors qu’elle l’investit, la lettre est maître de l’être, en quoi s’abolit à son tour l’être devenu lettre »

5. LES REVES :

A./ UNE LECTURE LACANIENNE :

a) Reste d’un rêve au moment du réveil :  - « Anthony Quinn s’est penché par la fenêtre » :  - le lacanien lit d’abord : « An Two, ni Quinn »  - il déchiffre : « An Two (« an » en français, « two » en anglais, c’est (sic) « l’An deux » du « O soldats de l’An Deux »). Le rêve me renvoie donc (sic) à un événement qui se déroula lorsque j’avais deux ans, dans l’An Deux de mon âge. Mais – pourquoi pas ?- ce pourrait être aussi bien (sic) à Victor Hugo, qui ferait alors (sic) référence à mon « moi victorieux » (« Victor Ego » (sic)) ou (sic) à mon père, et de mon père à la loi, de la Loi à ses représentants, de ses représentants à la liberté, de la liberté à la prison, de la prison à un blocage psychique, du blocage aux barreaux, des barreaux au métal, du métal au papier, du papier à l’écriture, de l’écriture à moi-même, etc (sic) »…  - La comptine comme discours de la méthode lacanien…

b) Pierre Rey poursuit :  - « De métaphore en métonymie, de glissement en condensation, jamais épuisée, la règle du système, pour qu’il fonctionne, est de rester toujours ouvert ».   - Travaux pratiques :   - « Demeurent les deux dernières syllabes de « Anthony Quinn »  - « ni quinn ». Toujours sans essayer de décoder (sic), mais s’imposant à moi malgré moi, j’y entends « Ni », première partie du diminutif du nom de ma mère, et Quinn  – à lire  (sic) « queen », en anglais, la reine, la reine mère. Mais cette « reine » de « Queen », aussi bien, peut s’articuler autour du « Rey-roi » de mon nom  – en quoi, selon que je l’accepte ou que je le refuse  (sic), le sens général de la lettre, partant  (sic), de la totalité de mon rêve, sera modifié ».   - Chacun comprendra que l’inconscient parle plusieurs langues,  - Celle qui facilite le meilleur jeu de mots  - Quels que soient les labyrinthes empruntés, on se retrouve toujours face à sa mère…

c) Suite et fin de l’auto-analyse :  - « Pas davantage, rien ne n’empêche (sic) de relier le « Quinn » au « s’est » du « s’est penché » qui lui fait cortège, ce qui donnerait (sic) « Quinn-s’est », c’est-à-dire, avec l’aide d’une minuscule altération phonétique  (sic !), « Quinn-cé », « coin-cé » (sic) –une fois de plus (sic), pourquoi pas (sic) ? Compte tenu de la mise en garde qui précède, chacun pourra jouer à faire toutes les associations qu’il lui plaira sur le « s’est penché par la fenêtre » qui achète la phrase ». 

d) Et la chute : « A un détail près : ce ne sont pas les miennes »

B./ UNE LECTURE NON LACANIENNE :

a) La présence d’Anthony Quinn ? 

b) Pierre Rey fut l’auteur d’une pièce intitulée La mienne s’appelait Régine  - Créée au Théâtre de l’œuvre avec Pierre Dux  - Avec Léonie Cooreman plus connue comme Annie Cordy

c) Cette pièce est devenue un film aux USA, Regina Roma (1982)  - Avec Ava Gardner et Anthony Quinn

d) Pas besoin de convoquer Saussure, Freud et Lacan   - Pour déboucher sur le nom de la mère…

6./ LES ACTES (1)

a) Pierre Rey propose une définition de savoir à Lacan :   - « Voir le ça »  - Lacan : « Je ne puis l’accepter »

b) Une voisine, antiquaire blonde, s’est faite voler une  « canne d’ébène noire au pommeau d’argent ciselé ».   - Un client de Lacan habillé en dandy est le voleur  - Pierre Rey sollicite Lacan pour qu’il intervienne   - Il raconte l’histoire et conclut : « on a volé la canne »   - En mangeant la dernière syllabe : « on a volé Lacan »…   - « En volant la canne de l’antiquaire, il est possible d’avancer que le muscadin, par le truchement de son larcin, cherchait à s’approprier Lacan. Ses biens, son phallus (sic !) et son nom, représentés soudain par un glissement de signifiants où Lacan, se réduisant à la phonétique de ses deux syllabes (la-can’), se métamorphosait, métaphoriquement, en objet de son désir : avoir la canne, être la canne »…   - Or (mo) Lacan n’est pas la canne…   - « ne » scotomisé…

7./ LES ACTES (2)

a) Rey travaille dans une radio pour donner la parole à Françoise Dolto  - Fasciné par elle, craint son regard  - Donne une preuve de son génie à l’antenne :  - Elle converse avec un enfant de 7 ans qui se plaint   - Son frère cadet de 3 ans embête tout le monde  - Fait pipi au lit,  - Pleure  - Contraint sa mère à se relever la nuit  - Fait des choses spécialement pour lui nuire :  - Se ronger les ongles par exemple  - Explication de Dolto :   - « Eh bien, Marc, toi tu dois cesser de ronger ton frère »

b) Dolto met Rey dans l’embarras :  - Lui demande : « Est-ce que je vous plais ? »…   - Elle ajoute : « Comme femme »…  - Commentaire de Rey :  - « Tout désir n’est que la métaphore du désir premier relié à l’évidence à la culpabilité de l’inceste. Or, ce désir ne s’articule pas sur la pulsion, mais dérive du signifiant de l’objet qu’il désigne, le mot « mère ». Car avant d’être un objet de désir, « Mère » est un signifiant et reste un signifiant : désir d’un signifiant »…


CONCLUSION

a) 10 années d’analyse.  - 3 000 séances (600 000 euros)

b) Bénéfice existentiel :  - Il peut enfin rentrer dans une échoppe à St Tropez, Cannes, etc  - Et demander sans angoisse :  - « Deux baguettes, je vous prie, six yaourts et un paquet de beurre »

c) Pierre Rey : « L’avouer aujourd’hui me fait sourire : je suis toujours aussi phobique. Mais entre temps, j’ai négocié avec mes phobies » (77)…

d) Selon  Mme Roudinesco,  Jacques Lacan. Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée :  - « Au bout de trois mois, le patient allait mieux. Ses symptômes phobiques avaient disparu » (501)…


BIBLIOGRAPHIE

- Pierre Rey, Une saison chez Lacan, Robert Laffont 

- Bernard Sichère, Le moment lacanien, Grasset

- Lacan, Le triomphe de la religion, Seuil

- Maria Pierrakos, La "tapeuse" de Lacan. Souvenirs d'une sténotypiste fâchée. Réflexions d'une psychanalyste navrée, L'Harmattan

- Gérard Haddad, Le jour où Lacan m'a adopté, Grasset

- François George, L'effet 'Yau de poêle. De Lacan et des lacaniens, Hachette

- Marc Reisinger, Lacan l'insondable, Les empêcheurs de penser en rond

- François Roustang, Lacan. De l'équivoque à l'impasse, Editions de minuit

- Elisabeth Roudinesco, Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Fayard

- 789 néologismes de Jacques Lacan, EPEL

Marc   

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commentaires

Thomas 28/12/2011 00:17


Le 7 février 2012 sort le film documentaire de Gérard Miller "Rendez-vous chez Lacan"

cordroc'h j f 31/08/2011 09:55



Oui je sais Monica que vous ne répondiez pas directement à mon commentaire , mais il se trouve que la citation de Nietzsche que vous utilisez , est sans que vous le vouliez la réponse à mon
commentaire , à savoir que tout ce que l'on est ,pense et fait ,dépend ce ce que l'on a pu ,ou ne pas pu , éprouver comme émotions ,sensations et sentiments durant notre enfance , et de fait de
la relation mère-enfant ayant pu durer le temps nécéssaire à la constitution de liens fondamentaux avec la réalité , ou , ayant été prématurément interrompue par une éducation fondée sur l'idée
que l'enfant devient plus rapidement autonome, en étant séparé de sa mère précocement .Séparation dans laquelle le père joue un rôle important en étant le représentant de l'idéologie patriarcale
chargé de faire respecter les modalités de celle-ci , et devenant du coup le modèle auquel l'enfant mâle devra s'identifier afin de combler le vide laisser par sa séparation prématurée de sa mère
.Le père devient ainsi pour cet enfant le responsable de ce qui sera durant toute sa vie ,une frustration existentielle , qu'il ne pourra compenser qu'en devenant lui-même ce qu'aura été son père
,ce ,par le processus d'identification .


On peut expliquer d'après ce scénario le complexe d'oedipe ,le désir de tuer symboliquement le père ,non pas pour pouvoir coucher avec la mère , ce qui pour moi est une absurdité Freudienne
,mais par haine inconsciente envers le responsable de la cassure que l'enfant mâle éprouve au plus profond de son être , suite à la séparation prématurée de sa mère .Je m'attends à certaines
réactions et à certaines questions de la part des tenants du Freudisme et autres théories psychanalytiques .



monica 30/08/2011 19:36



Je parle de votre commentaire, bien sûr ! 



monica 30/08/2011 19:35



Constant, le vôtre aussi est adorable !



monica 30/08/2011 19:32



Cordroc'h, il s'agissait de votre question : Manque de quoi et trop plein de quoi ?


Je ne répondais pas à votre question en citant Nietzsche, je me faisais plaisir tout simplement.


Ceci dit, votre commentaire est très intéressant.



Ewa 30/08/2011 13:55



Constant, vous êtes génial! Je savais que c’était la traduction qui clochait, comme toujours. Flirtòs - flutòs, bah oui, il fallait y penser! Votre hypothèse, validée officiellement par
l’autorité de ce grand philosophe joyeux (lui-même fils de…) met à mal le joli discours d’Anne Dhers.  Yorick trouvera les mots pour la consoler, j‘espère...



Constant 30/08/2011 11:13



"L'un et l'autre le savent. Ils se contentent d'un flirt, flirt qui, entre eux, on le comprend dans le dialogue, correspond à un jeu dont ils sont coutumiers", Anne Dhers, 29 août 2011,
15h48. 


 Monica, un ami de mon père m'avait raconté sa rencontre informelle avec un grand
philosophe du siècle dernier. A la fin de l'entretien, il lui avait fait une révélation : flirtòs a été mal traduit par les moines copistes :  il ne faut pas
comprendre flirt, mais flûte. Tout le monde le sait : les grecs avaient un tout petit zizi. En érection, il avait la particularité d'être extrêmement droit.
Affectueusement, les grecs l'appelaient flûte. 


Autre hypothèse donc : Socrate et Alcibiade se taillaient des pipes à l'envie. 


Ca vaut ce que ça vaut. J'ai réussi à trouver une vidéo où ce philosophe en parle à demi-mot. Attention, faut écouter entre les phrases. Le sens est crypté : http://www.youtube.com/watch?v=K-D7Dy_bEZ0


 



cordroc'h j f 30/08/2011 10:43



Monica, vous dites dans un com que ma question est impossible , et vous y répondez dans un autre qui suit en citant Nietzshe .Ne peut se laisser aller à ses sens , à sa sensibilité , à ses
sentiments et émotions que la personne qui durant son enfance a pu éprouver pleinement et profondément des sensations et émotions, produites dans un premier temps par la mère , puis par
l'environnement au sein duquel il a vécu cette enfance .Si on ne lui a pas appris à retenir , contrôler et bloquer ses sensations et émotions dans le cadre d'une éducation trop rigide ,trop
conforme à des normes instituées par une idéologie ,il pourra continuer durant son existence à se laisser aller à ce qu'il éprouve au plus profond de son être .


La personne ayant manqué de sensations et d'émotions durant son enfance ,cherchera à s'en procurer de manière artificielle afin de compenser ce manque ,notamment a travers l'amour qu'il cherchera
,et exigera d'un partenaire . L'amour peut donc être un moyen de se procurer des émotions pour une personne qui en a été privé, dans ce cas c'est de l'égoisme pur et simple et en général ,cela
n'augure pas de relations durables et enrichissantes .


La personne ayant pu éprouver sans retenue des émotions diverses et multiples durant son enfance ,n'éprouvera aucune difficulté à en éprouver durant toute son existence ,à tel point qu'il en
résultera un trop plein . Cette personne n'éprouvera donc pas le besoin d'être particulièrement aimé  ,ni le besoin d'aimer une personne en particulier .Il aimera la vie ,les gens,possèdera
la capacité de le faire sans rien exiger en retour ,du fait du trop plein dont il dispose et qu'il sait pouvoir renouveller sans difficulté .Cela s'appelle la plénitude existentielle , la
sérénité ,la joie de vivre , la volonté de puissance ...et le surhomme , ce qui n'a absolument rien à voir avec le nazisme et autres mythologies .Trèves donc de recherche d'explications dans
l'études de certaines théories psychanalytiques et autres que l'on se fait un plaisir de tartiner à longueur de coms , et observons d'un peu plus près sa propre existence , ses propres
émotions ,ses propres manques et les substituts utilisés pour les compenser .



monica 30/08/2011 07:32



A propos du stup...éfiant commentaire d'anne sur l'androgynie, la seule tragédie humaine, à mon avis, c'est la mort. Le sympathique Démocrite a pensé avant nous que "la conscience a été donnée à
l'homme pour transformer la tragédie de la vie (la mort donc) en comédie".


Pensent autrement, il me semble, ceux qui n'ont pas beaucoup souffert des maux de l'existence.


Sauf votre respect anne dhers...



Frédéric 30/08/2011 00:46



Pardon Jane, je vous ai confondue. 



monica 29/08/2011 21:56



En entrée en matière du livre de Michel Onfray Théorie du corps amoureux : "La vertu ne trouve plus créance aujourd'hui, sa force d'attraction a disparu ; à moins que quelqu'un ne s'entende à la
remettre sur le marché comme une forme inusitée de l'aventure et du libertinage". Nietzsche. La Volonté de puissance, § 435


Du manque "on a enseigné à mépriser les tout premiers instincts de la vie ! ; on a imaginé par le mensonge l'existence d'une "âme", d'un "esprit" pour ruiner le corps ; dans les conditions
premières de la vie, dans la sexualité, on a enseigné à voir quelque chose d'impur." Nietzsche, Ecce Homo, Pourquoi je suis un destin, § 7


..."à défaut de prévenance, de douceur, de proximité, de tendresse, de chairs laïcisées, désacratlisées, démystifiées, déchristianisées ; à défaut d'une diététique des désirs, d'une physiologie
des passions, d'une volupté des excès, d'une catharsis des affects - à défaut de tout cela, il reste l'immence rire des matérialistes à opposer aux menaces nihilistes et aux catastrophes
annoncées. Rire, donc, puis passer sont chemin." (théorie du corps amoureux, Michel Onfray).



monica 29/08/2011 20:19



Mais Cordroc'h, comment voulez-vous que je réponde à votre question ? elle est  impossible, cette question !


Il ne faut pas vous compliquer la vie ainsi. Ce n'est pas bon pour la libido, ça !


Laissez-vous aller, prêtez attention à vos sens et vous vous apercevrez qu'ils sont en éveil à la moindre occasion : à l'écoute d'une musique, au passage d'une passante, au chant d'un oiseau. Je
ne peux en dire plus. Depuis que nous nous régalons avec Platon, je n'ose...



constance 29/08/2011 20:16



trop plein d'amour - manque d'amour - toujours l'amour



cordroc'h j f 29/08/2011 19:53



Et si il y avait le désir résultant d'un manque que l'on chercherait à combler en prenant chez l'autre ce qu'il faut pour cela , c'est à dire en aimant l'autre afin d'obtenir ce que l'on veut ,et
le désir résultant d'un trop plein dont il faut se libérer en donnant à l'autre sans rien exiger en retour .Désir de combler un manque et désir de se libérer d'un trop plein . Mais manque de quoi
et trop plein de quoi ?



monica 29/08/2011 19:44



Zut et zut ! maismé, c'est pas très heureux, Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois comme tout le monde...



monica 29/08/2011 19:41



Ce n'est pas que je n'apprécie pas que l'on me remette en mémoire mes cours de philo de terminale, mais vous me direz quand vous aurez fini de banqueter avec Platon. J'avoue humblement que je
préfère être à la table de Michel.


Merci Constant pour l'info concernant Socrate qui bandait mou, le pôvre ! mais dis-moi, toi qui a tout gardé en mémoire, c'est parce qu'il avait la quéquette molle après ses méditations face au
soleil qu'il se tournait vers les femmes ? C'est bien connaître l'amour platonique, mais méconnaître les femmes, non ?


Merci encore à toi, Constant



Melilotus 29/08/2011 19:15



Désolée, Marc, je ne comprends pas l’embarrassant format de
mes com,et m’en excuse.


 


Je n’ai pas de blog .


 


Bien à vous,


j.


 


.


 


 



Constant 29/08/2011 18:37



Nous sommes peut-être tous victimes d'un malentendu ontologique énorme depuis 25 siècles : Socrate bandait mou dès qu'il buvait trop, et ne voulait pas que cela se sache. Question de prestige.
Alors, il se planquait en méditant face au soleil dès le festin terminé. D'où la théorie du manque : manque de vigueur. 


Autre hypothèse : il avait viré de bord, et n'aimait désormais que les femmes. Il ne fallait pas que ça se sache non plus : manque d'envie.



Anne Dhers 29/08/2011 15:48






Texte très intéressant, Yorick. Merci pour ce lien.


L’intrusion d’Alcibiade, à la fin du Banquet,  qui s’invite à la fête avec sa bande de bambocheurs est une des scènes les plus savoureuses écrites par Platon. Il s’agit d’une scène d’ivrognerie. Toute
l’œuvre, comme son titre le suggère, est placée sous le signe de Dionysos.


Quand les convives commencent à sombrer dans le coma éthylique, seul Socrate qui, pourtant, a bu plus que les autres, tient le coup. Le
dialogue en tête à tête avec Alcibiade, passablement éméché lui aussi, pose une question essentielle : comment, quand nous désirons quelqu’un, faire en sorte que ce quelqu’un nous désire en
retour ? Or la question reste sans réponse.


Alcibiade qui a tout pour être désirable et désiré, à savoir sa grande beauté, sa jeunesse, sa gloire de général valeureux, désire Socrate
(du moins le prétend-il), Socrate qui est laid, pauvre, dénué de notabilité (enfin, presque). Bien que flatté, Socrate décline les avances de ce jeune homme. La théorie de l’amour-complétude
d’Aristophane, ici, n’est pas de mise. C’est pourquoi elle n’est pas, comme le pense Michel Onfray, et comme le note à juste titre Lacan, celle de Platon. Alcibiade a pour lui la beauté physique.
La beauté morale et intellectuelle dont il manque, Socrate pourrait la lui offrir. Inversement, Socrate, privé de beauté physique, pourrait voir en Alcibiade un moyen d’en jouir. Or Alcibiade et
Socrate ne sont pas l’un pour l’autre des moitiés manquantes qui pourraient se rejoindre. Ce que Platon montre ici c’est que Socrate est trop sage pour Alcibiade et, Alcibiade, trop beau et trop
sensuel pour Socrate. L’un et l’autre le savent. Ils se contentent d’un flirt, flirt qui, entre eux, on le comprend dans le dialogue, correspond à un jeu dont ils sont coutumiers. Ce qui
n’empêche pas, après cet échange, que la théorie de l’érotisme telle que Socrate vient d’en faire l’exposé (cf. mon commentaire ci-dessous) demeure valide : l’amour est la reconnaissance
chez l’autre d’une « excellence » — ou d’une beauté, les Grecs tenaient les deux termes pour synonymes — à laquelle je désire avoir part pour m’améliorer moi-même. Dès lors que je suis
conscient(e), pour reprendre les formules de Socrate, ironiques, il est vrai, « que je ne sais rien » et « que je ne suis rien », cela signifie que d’autres sont susceptibles
de me rendre moins ignorant (e) et moins insignifiant(e). Telle est la vertu de l’amitié, bien plus noble, pour Platon — et, d’ailleurs, pour les Grecs en général, Aristote et Épicure en
particulier —, que la fièvre amoureuse. Autres temps, autres mœurs.


 



Yorick 29/08/2011 14:01






Parlant de Lacan, Onfray a mentionné entre deux ragots le fait que celui-ci avait commenté un certain nombre de textes philosophiques et notamment le dialogue de Platon qui traite de l’amour ("Le
Banquet"). Mais il n’a cité qu’un seul intervenant (Aristophane) de ce dialogue alors qu’il y en a sept et autant de discours, chaque convive ayant sa conception de l’amour. Lacan traite
longuement de ce dialogue dans son séminaire «"Le transfert" et il insiste notamment sur un épisode: l’envolée d’Alcibiade qui voit Socrate pareil à un "silène", grotesque au dehors mais
contenant à l’intérieur quelque chose de merveilleux.


 


On peut lire un bref résumé de ce texte ici, glané par hasard sur la toile :


 


http://jm.nicolle.pagesperso-orange.fr/jmn/sujet/banquet_lacan.htm


 


Qu’en pensez-vous, Anne Dhers ?



marc 29/08/2011 13:07



vous avez un blog jane ?


excusez-moi j’ai diminué la police de votre premier com


pourriez-vous utiliser la police standard s’il vous plait ?


merci



Frédéric 29/08/2011 12:36



Jane, j'aime bien ton blog.



Melilotus 29/08/2011 12:16



Merci,  Ewa, pour votre
réponse  et pour la référence du lien.


Maintenant je vous comprends mieux et, sincèrement, j’adore votre ‘Manet
‘ !


 


Melilotus .


 


 



Ewa 29/08/2011 08:33



Heureux Appendice lacanien, surpris par tant de désir - manque, excès, excès de manque…



libéré 29/08/2011 07:17



Anne, n'être plus que deux quand on est deux, n'est-ce pas l'un des bienfaits du Γνῶθι σεαυτόν ? Exprimé dans la
langue d'aujourd'hui, n'est-ce pas le but des thérapies ? 



Anne Dhers 28/08/2011 23:46






Bonsoir Ewa,


Que vous trouviez niaise l’idée selon laquelle l’érotisme est une jouissance allègre de la beauté, ou, même, que vous ne le ressentiez pas
ainsi, cela vous regarde.


Pour ma part, en moi, Éros s’efforce de ne pas perdre de vue, ou de ne pas perdre tout court, Aphrodite.
Lucrèce, peu suspect d’être un idéaliste, partageait pourtant avec Platon cette conception du désir comme « appétit » et, qui plus est, comme appétit insatiable. Car celui — ou celle —
qui incarne la beauté peut ne pas contenter longtemps l’appétit sexuel qui n’est stimulé que par les « simulacres ». Non seulement les simulacres qui proviennent du corps, mais, aussi,
ceux que la pensée, la phantasia, l’imagination, fabrique elle-même : les fantasmes, donc. Si l’appétit sexuel déborde, c’est de manque,
justement, manque de ne pouvoir pas s’arrêter au corps censé lui donner de la volupté. La personne avec qui on fait l’amour n’est pas que la personne avec qui on fait l’amour. Celle-ci est bombardée de nos fantasmes (et réciproquement). Il arrive que, même si nous ne sommes
que deux, nous ne soyons pas que deux. Il s’en passe de belles dans nos pensées, quand nous
nous enivrons de caresses et plaisirs. De là, chez Lucrèce, l’apologie de l’Aphrodite vagabonde. Éros est-il insatisfait, en état de manque ? Ce corps n’est-il plus assez aphrodisiaque pour
lui ? Alors, dit Lucrèce, qu’il aille voir si Aphrodite ne se trouve pas ailleurs. Et elle s’y trouvera, en cherchant bien !


Bien sûr, dans Le banquet, Platon-Socrate recommande une autre solution. La vraie beauté
n’est pas celle du corps, corruptible, et ce serait folie de la désirer. La vraie beauté capable de contenter Éros est celle de l’ « âme », immatérielle, selon lui, et, donc,
immortelle. D’où un érotisme non pas chaste, désincarné, ascétique, ou autres fariboles — car Platon, en tant que grec, aimait les plaisirs du corps —, mais un érotisme qui, devenant plus
raisonnable, sage, sophos, passerait de l’éros à la philia, de la sexualité sans discernement, vagabonde, à l’amitié. Tel est l’ « amour platonique », un éloge de l’amitié entre individus ayant su
chacun élever leur âme aux plaisirs des beaux discours, des belles idées, des beaux sentiments. C’est le lien qui unit Socrate à ses amis, et, je suppose, Michel Onfray à ses disciples les plus
proches. Aristote, au livre VIII de son Éthique à Nicomaque, reprendra tout ce thème.


 



Frédéric 28/08/2011 21:13



As Americans say, Ewa : You're welcome! It's a pleasure!



Ewa 28/08/2011 18:40



Je me suis attirée les foudres d’Anne Zeus. Ça m’apprendra à vouloir écrire les coms la nuit, à moitié endormie. 


Je suis donc l’un(-e) de ces heureux(-euses) Androgynes. Pourquoi pas, je veux bien si c’est comme ça. Mais alors Onfray, avec sa théorie mensongère du désir comme excès - il ne manque de rien,
il ne désire personne, il est donc Androgyne, lui aussi, comme moi. Et Anne Travieso, Aspasie Stirner - tous(toutes) les androgynes… Dis donc, le monde est peuplé d’androgynes épargné(-e)s par
Zeus. Et tout ça « fout la gaule » à Constant. ;~)


 


Je vois que vous vous intéressez à Marc, Anne. Rien d’étonnant. Je ne le connais pas, mais supposons qu’il soit jeune, beau comme un dieu, bon, tendre, passionné et bandant. Si je suis vieille,
moche et frigide, je comble un manque. Ça parait tout simple, mais en fait, ce n’est qu’une illusion…


 


Moi non plus, Anne, je n’ai pas attendu Onfray pour être athée, féministe et hédoniste. Mais il y a certains auteurs que je n’aurais peut-être jamais lus sans lui (Nietzsche par exemple). Il
donne ENVIE! Votre histoire que vous étiez ravie de raconter parce que « parler d’amour est toujours un plaisir », je la trouve un peu niaise et ennuyeuse et elle ne me donne pas envie de relire
Platon. Ça n’empêche pas que vos commentaires soient très intéressants et de qualité. Vous n’avez jamais pensé à devenir prof de philo?


Je ne sais pas pourquoi vous venez sur ce blog, vos intentions sont sûrement très nobles, mais je peux me tromper…


 


Frédéric, je ne t’ai pas remercié pour deux liens (Eve Ensler) que tu m’avais donnés pendant mon absence sur ce blog, - merci, j’ai beaucoup apprécié. Merci aussi pour ton enrichissante présence
sur nos terres. :~)


 


Merci pour votre intervention et votre patience, Jane Bonnard. Il serait peut-être utile de consulter ce lien. 


http://banquetonfray.over-blog.com/article-apres-avant-59734040.html



Jane Bonnard 28/08/2011 16:44



Pour la première fois  j’ai
eu la patience, même le plaisir de lire vos commentaires.


Jusque présent ces derniers  me semblaient plutôt des 


échanges personnelles ,les interventions  des amis, avec le seul objectif  pour
chacun  à faire voir son  extraordinaire, limité ou inexistant  savoir, en même temps attaquant, ou, au moins ,diminuant la
connaissance de l’adversaire.


 


On s’étonnait !.


 


Un over- blog dédie à M.Onfray, où sa présence n’occupait plus de  5% !


 


(Sans oublier la grande espace accordée à son œuvre, conférences, articles, vidéos etc, qui  mérite un vrai
éloge ! )


 


Quant à l’Appendice  Lacanien, le titre lui-même  explique le contenu, c’est -la section à la fin d’un livre,
donnant info suplementaire pour approfondir ce  qui peut intéresser et être utile au lecteur, et pas un  travail complet..


Pour comprendre  les idées, proposées par Onfray  ( qu’on peut accepter ,  aimer ,non apprécier , même
détester) il faut le lire d’abord , puis  essayer de connaître


l’extraordinaire être humain  Michel, son énorme  travail, ses
batailles  incessantes  pour les autres, pour la dignité de l’homme, et ses droits,  les  deux
Universités  qu’il porte en avant magnifiquement etc. Ils parlent d’une voix plus forte, que la sienne aux médias , l’approchent encore  plus de
nous..


 


Ce  n’est pas  lui- même qui nous le dit à plusieurs reprises
-  la philo  est l’autobiographie  du penseur ?


 


En  vous demandant patience avec mon usage approximatif de votre belle


langue,


je vous salue ,


 


Melilotus


 



Constant 28/08/2011 10:36



Me voilà encore affublé d'une belle gaule. Merci Anne.



Anne Dhers 28/08/2011 10:14






Bonjour Ewa,


 


J’ai bien lu Onfray, en effet.


 


Je ne le prends pas pour un idiot, mais je peux me tromper.


Je ne le déteste pas, mais il ne m’impressionne guère — comme, d’ailleurs aucun prédicateur fût-il un prédicateur d’athéisme et
d’hédonisme. Je n’ai pas attendu ses leçons pour être une mécréante et pour m’adonner aux plaisirs de la vie.


Son université correspond parfaitement à la démagogie du temps présent qui veut de l’art, du théâtre, de la musique, de la gastronomie
pour tous. Cette propagande ne prend pas sur moi, c’est tout.


 


Sans doute n’avez-vous jamais lu Le Banquet de Platon, Ewa. L’eussiez-vous lu, vous auriez
compris que Michel Onfray attribue à tort ou mensongèrement à ce dernier la thèse d’Aristophane concernant l’amour. 


 


Voici la fable de l’Androgyne originel : au commencement il y avait des êtres complets divisés en trois catégories :
homme/femme, femme/femme, homme/homme. Pris de colère, Zeus, un jour, les a sectionnés (skitzéin, en grec, veut dire « couper en deux » verbe qui donne le mot « sexe »), a
éparpillé les moitiés à la surface de la Terre si bien que, depuis cette amputation, chaque moitié part à la recherche de l’autre moitié dont elle est privée. L’amour, dès lors, a lieu quand
adviennent les retrouvailles.


Platon fait dire à Aristophane que l’amour c’était comme si nous retrouvions une part de nous-mêmes dont nous avions été séparés, mais Michel Onfray transforme cela en disant que pour Platon, aimer
c’est impérativement se lancer dans la quête éperdue et malheureuse de l’autre. Fausse
lecture. À son habitude, Michel Onfray, inspiré par son nietzschéisme simpliste, l’accuse de soutenir une version de l’amour qui n’est pas la sienne, et retourne un mythe (une métaphore)
descriptif en théorie normative.


C’est Socrate qui, dans Le Banquet, livre la conception platonicienne de l’amour, bien plus
subtile que celle d’Aristophane. Si Socrate termine le dialogue, c’est parce que Platon veut avoir le dernier mot. Or que dit Platon—Socrate ?


Zeus invite sur l’Olympe tous les dieux, grands et petits, pour fêter la naissance de sa fille Aphrodite. Tout ce monde céleste mange et
boit d’abondance. Poros, le dieu de la Débrouillardise, ivre mort, s’en va cuver au pied d’un olivier. Pénia, déesse de la Privation, en profite pour s’accoupler avec lui. De ce coït à la
sauvette naît aussitôt Éros. Comme il s’ennuie au milieu de toutes ces grandes divinités, il repère la petite Aphrodite, déesse de la Beauté, et, hop, ils deviennent les meilleurs amis du monde.
Sauf que, chez les dieux aussi, la lutte des classes existe. Aphrodite, fille du roi des dieux est tenue de ne pas trop fréquenter Éros, simple dêmon, c’est-à-dire sous-divinité condamnée à loger dans l’âme des mortels.


Donc, l’idée de Platon est que le Désir est toujours nostalgique de la Beauté, qu’il n’y a pas d’érotisme sans qu’il n’y ait expérience de
l’ « excellence » (to kallo). Si vous désirez tel homme, par exemple Marc, c’est parce que vous imaginez qu’il y a en lui une dimension
« aphrodisiaque ». Son allure, son éloquence, son élégance, sa culture, son féminisme, d’autres qualités encore, font que, à vos yeux, il sort du lot des autres mâles. S’il est
remarquable, c’est comme s’il avait été touché par la grâce d’Aphrodite.


Lucrèce, Spinoza ou Stendhal, diraient que s’opère en vous une cristallisation ; que Marc n’est pas réellement ainsi, mais que, comme vous le désirez ainsi, alors votre imagination, animée par le désir, vous
le fait percevoir ainsi.


En tout cas, même les philosophes matérialistes souscrivent à cette idée que le désir trahit un manque pour demander ainsi à l’imagination
de lui fournir un leurre de réalité. Aucun philosophe matérialiste ne niera qu’on ne désire jamais que ce dont on manque — ou croit manquer et qu'on ne désire pas ce que l'on possède. —qu'on s'en
lasse, même. Ce n’est pas une idée dominante. Ce n'est rien que la condition humaine, trop humaine... Tragique, dirait notre ami  Frédéric.


Maintenant, si, sur le plan amoureux, vous ne désirez rien ni personne, alors êtes-vous, peut-être, l’un de ses Androgynes dont parle ce bon
Aristophane. Zeus vous a épargnée ? Heureuse Ewa !



Frédéric 28/08/2011 09:41



Merci Ewa ! Voilà le bouquin qu'il me faut lire !


Je suis sûr qu'il doit s'y trouver un paragraphe où Onfray précise ce qui se passe par-delà la menace de débordement : quand on déborde vraiment :-)))


Excessif excès. Bises



Ewa 28/08/2011 01:02



Excusez-moi, Anne et Frédéric, de me mêler de votre conversation fort intéressante. Il se fait tard, je suis fatiguée, je n’ai plus d’esprit clair, peut-être demain matin j’aurai du mal à assumer
ce com, mais tant pis. 


Si j’ai bien compris, Anne, votre vision du désir amoureux est platonicienne : « le manque », « l’art de combler ce manque », « un élan vers l’autre dont on est privé ». Encore une fois - c’est
la pensée dominante depuis des siècles, non?


Je ne ressens pas tout à fait la même chose. Je suis beaucoup plus proche de la théorie de « cet idiot d’Onfray « que vous connaissez sûrement très bien (et détestez encore plus ;~)), et qu’il a
développé dans Théorie du corps amoureux : le désir n’est pas manque mais excès, trop plein « qui menace débordement « .


 


« Premier lieu commun généré par l’histoire platonicienne d’Aristophane : Le désir est manque. Première idée à détruire quand on se propose le renversement du platonisme sur la question des
relations sexuées - car le désir est excès. […] La généalogie idéaliste du désir suppose la définition de l’amour comme recherche de la complétude originaire. Absence à conjurer, vide à combler,
métaphysique du trou à boucher. […] De sorte que le désir se lit et décline sur le mode de la nécessité désespérante. […] Aristophane est coupable d’associer désir et manque parce que sa lecture
implique une définition de l’amour comme quête alors qu’il n’y a rien à trouver. […] Or l’humanité dans sa presque totalité, aveuglée, s’investit dans ces vaines recherches avec l’énergie des
condamnés. Peine perdue. Entendre le désir à la manière du convive de Socrate permet d’envisager la possibilité de combler, trouver, remplir et conjurer « 


[Michel Onfray, Théorie du corps amoureux, Généalogie du désir]



Anne Dhers 27/08/2011 23:15



Frédéric,


"Tragique", dites-vous. Je me demande si vous ne visez juste, hélas ! Spinoza dirait que nous n'aimons, que nous ne désirons pas quelqu'un parce qu'il a de la valeur, mais qu'il a de la valeur
parce que nous l'aimons ou le désirons. Plus que notre carapace caractérielle, je crois que c'est plutôt ( à moins que ce soit la même chose) notre désir qui nous lie à nous-même : désir tissé
d'affects noués depuis l'enfance. Peut-être est-ce cela qu'ont essayé de nous apprendre les diverses théories psychanalytiques par-delà leurs querelles : que le désir de chacun a une histoire (et
non une hérédité comme l'affirment les neurosciences) et que cette histoire agit comme un déterminisme dont il est difficile de s'émanciper. "Rappelle-toi comment, au commencement de ton
existence, l'autre (chacun de tes deux parents, ton frère, ta sœur, etc.) t'a aimé ou désiré, ou alors comment tu as cru qu'on t'aimait ou te désirait, et tu comprendras, peut-être, pourquoi
toi-même tu aimes ou désires tel ou telle". Que nous le voulions ou non, toute personne que nous rencontrons pour la première fois et qui nous attire nous renvoie confusément à notre passé
affectif. Nous nous imaginons alors que nous le rejouerons en mieux, version grande personne, avec la sexualité comme enjeu supplémentaire. Comme il s'agit du même mécanisme concernant la
personne rencontrée, alors l'amour est-il un malentendu. Ce qui ne nous empêchera pas de connaître l'enchantement du commencement, l'idylle, cette euphorie dont parle Platon. Nous désirons
tellement être désirés... Or comment ne pas désirer quelqu'un qui semble nous désirer ? Etc. L'amour ? Une illusion vitale,  dirait Nietzsche. 



Frédéric 27/08/2011 23:13



Ah ben là, je suis tout seul à écouter de la musique et surfer peinard. Alors y'a rien de tragique :-)



monica 27/08/2011 23:05



Alors là, si parler d'amour c'est évoquer Eros, Phèdre, Platon, et les dieux, j'en reste stupéfaite. 


Mon éducation sur ce sujet doit être imparfaite.


Vous m'en direz tant !


Mais, enfin, Frédéric, de quelle tragédie parlez-vous, en cet instant ?



Frédéric 27/08/2011 19:38



Oh oui ! Parlons amour, Anne ! Et puis, l'altérité, c'est mon dada, en ce moment :-)


Définissons cet "autre", vers qui Eros nous pousse. Voit-on vraiment l'autre, ou notre propre reflet ? N'est-on attiré que par son corps, ou sa position sociale ? Lui vraiment, ou l'image qu'on
se fait de l'autre ? L'aimons-nous dans sa différence, ou désirons-nous qu'il épouse l'idée que l'on s'est fait de l'autre ?  


Le cerveau a cette capacité de filtrage, qui nous fait voir un cercle parfaitement rond, alors qu'on sait tous qu'un cercle parfait n'existe pas dans la réalité. On projette le parfait.
Faisons-nous pareil chez l'autre ? Ainsi, n'est-on pas condamné à vivre l'archétype dont vous parlez ? manquer, puis combler le manque, puis manquer, puis combler le manque, ...


J'aime le concept de carapace caractérielle de Reich. Je crois que plus notre carapace est épaisse, moins on peut voir l'autre tel qu'il est vraiment. Notre carapace ne nous fait aimer que
l'ombre de nous-même. 


C'est tragique, non ? 



Anne Dhers 27/08/2011 18:20






Bonjour, Frédéric,


Je n’ai jamais rien compris à Lacan et je ne le lirai attentivement que lorsque paraîtra une traduction de ses écrits en français
limpide.


Concernant votre réflexion : je remarque que dans cette conférence Michel Onfray omet de préciser, volontairement ou non, que Jacques
Lacan était médecin, docteur en psychiatrie, que sa thèse de doctorat portait sur la paranoïa, qu’il avait été psychanalysé et influencé par le neuropsychiatre Rudolph Lowenstein (naturalisé
français puis américain), et qu’il enseigna à l’hôpital Sainte-Anne jusqu’à sa mort.


Lacan inventait sans doute des concepts hermétiques, mais il ne jouait pas, comme W. Reich, au professeur Tournesol obsédé de mettre au
point des chasseurs de nuages, des capteurs d’orgone, et des machines miraculeuses à guérir le cancer. Des deux charlatans, ma préférence va à Lacan, car au moins était-il drôle. Devant un public
surchauffé d’étudiants gauchistes toujours prêts à en découdre avec l’autorité, il osa dire, en rigolant, au risque de sa vie, ou presque : « Vous avez besoin d’un maître. » Diogène
aurait apprécié.


Je suis étonnée que Michel Onfray évoque longuement Pierre Rey et ne dise rien sur Marie Cardinal, une figure du féminisme français,
pourtant, auteur du remarquable livre Les mots pour le dire.


Enfin, Michel Onfray semble faire de Platon le partisan de la théorie de l’amour tirée du mythe de l’androgynie exposé dans Le Banquet. Or c'est inexact.  Ce n’est qu’Aristophane qui défend cette « thèse » ; la thèse de Platon est celle que Socrate soutient à la fin
du dialogue, juste avant l’arrivée tonitruante d’Alcibiade et de sa bande de débauchés :


Éros est fils de Pauvreté et d’Expédient. Le chenapan a de qui tenir : de Pauvreté, sa mère, le manque, mais d’Expédient, son père,
l’art de combler ce manque — provisoirement au moins.  Tel est le
désir amoureux : un élan vers l’autre dont on est privé. Dans le Phèdre, il fait pousser des ailes. Élan et envol, l’amour, chez Platon,
est le dieu de la légèreté ; en grec cela se dit : euphoria.


 


Voilà, Frédéric, je suis ravie de vous avoir laissé ce commentaire. Parler de l’amour est toujours un plaisir, n’est-ce pas ?



Frédéric 27/08/2011 16:07



Bon, je viens de réfléchir à ce que j'ai écrit : c'est complétement con : les osthéopathes et les acunpuncteurs connaissent l'anatomie humaine, puisque c'est ce qu'ils manipulent. Ca n'a rien à
voir.  :)))


Je sais par contre que les osthéos et acupuncteurs se plaignent des mauvais traitements qu'ils subissent par le "système" médical français. A savoir qu'ils ne sont pas reconnus comme des
médecins. Et que leur approche du corps est différente de la médecine occidentale. Les fameuses médecines douces.  


Je ne sais si les manipulateurs de la psyché doivent forcément être médecins anatomistes pour faire du bon boulot, c'est-à-dire guérir.



Frédéric 27/08/2011 15:56



Alors là franchement, je ne suis pas déçu par cette neuvième année. Extraordinaire, d'une richesse et densité invraisemblable. Onfray reste mon maître à penser. Longue vie à l'UPC !


J'adooore le bénéfice existentiel que Pierre Rey a tiré de ses 10 années de psychanalyse avec Lacan himself : Il peut enfin rentrer dans une échoppe à St Tropez et demander sans angoisse : "Deux
baguettes, je vous prie, six yaourts et un paquet de beurre" :)))))))


De là par contre, à considérer que tous ceux qui ne sont pas médecins sont des charlatans, comme semble le faire la psychanalyse américaine, je sais pas trop ...


Si on généralise, ca voudrait dire par exemple, qu'un osthéopathe ou un acupuncture sont des charlatans. Que seuls ceux qui connaissent la chimie médicamenteuse sont habilités à guérir. Ca me
parait être la dérive inverse.


Longue vie à Onfray ! Encore, encore ! :))  


 



marc 27/08/2011 13:17



et lacan bien sur !



marc 27/08/2011 13:15



un débile qui recopie les phrases en couleur trouvées sur des " super sites psycho" est demandé de changer la crémerie


il serait sûrement bienvenu sur l’autre blog consacré à onfray , les mêmes phrases recopiées par un autre idiot s’y trouvent déjà  


il y retrouvera aussi les karmas de ses camarades extraterrestres et autres divinités et pourra dialoguer avec eux


les accents c’est en hommage a freud ;) 



Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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