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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 18:57

 

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

______________

 

13/ GENEALOGIE D’UN TEMPERAMENT LIBERTAIRE - 08.08.2012

Albert Camus :

l’héritage des parents et l’enseignement des maîtres - Louis Germain et Jean Grenier 

 

_________________________
 

La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~)   

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).


 

 

SYNOPSIS

L’exercice d’une psychanalyse existentielle non freudienne :


conf 2012 albert-camus jeune 2

1/. FILS D’UN PERE PERDU

a) Second fils

b) Albert Camus est né le 7 novembre 1913 à Mondovi (Algérie)  · Arrière-grand-père paternel venu de Bordeaux depuis 1830  · Grand-père maternel natif d’Alger en 1850

c) Père ouvrier agricole dans une ferme viticole :  · Il meurt à 29 ans en septembre 1914 après 10 mois de mobilisation  · Camus a 11 mois, son frère 4 ans.

d) Sa mère, sans emploi, devient femme de ménage  · Ne sait pas lire, mutique  · La famille s’installe chez la grand-mère violente

e) Orphelin, pupille de la nation.

 

 

conf 2012 camus LouisGermain2/. FILS D’UN PERE CHOISI

a) Louis Germain  · Anticlérical, républicain, laïc, mais pas prosélyte  · Lecture une fois par trimestre : Les croix de Bois de Dorgelès

b) 45 ans plus tard, Camus lui rend visite  · Mr Germain s’était engagé contre Hitler  · Veuf, vit avec un canari en cage  · L’appelle toujours « Petit »

c) Lui offre le livre : « Tu as pleuré le dernier jour, tu te souviens ? Depuis ce jour ce livre t’appartient » (IV.832).

d) Le concours des bourses :  · « Le lycée vous ouvre toutes les portes. Et j’aime mieux que ce soit des garçons pauvres comme vous qui entrent par ces portes » (IV.838-839).  · Convaincre la grand-mère  · « Ne vous inquiétez pas, il m’a déjà payé »

e) Le jour du concours : « Va mon fils » (IV.841).  · Il fut reçu ; on connaît la suite...

f) Discours de Suède, dédicace à Louis Germain.


3/. FILS D’UN PERE MORT

Père mort. Eclats d’obus envoyés. Rangés dans une boîte à gâteaux.

PREMIÈRE LEÇON : MORT À TOUTE PEINE DE MORT

a) Première leçon « léguée comme seul héritage évident et certain » (IV.789) :  · L’exécution capitale d’un ouvrier agricole ayant massacré ses maîtres et ses trois enfants  · L’un d’entre eux a écrit le nom du criminel avec son sang

conf-2012-Camus-pere-2.jpgb) La thématique de l’exécution capitale hante l’œuvre complète :  1) Révolte dans les Asturies se termine avec le geste de révolte du poing levé d’un homme qu’on va fusiller  2) L’envers et l’endroit, dans la nouvelle « Entre oui et non » : le condamné à mort ne paie pas sa dette, mais on lui tranche le cou  3) L’étranger, Meursault commet un crime qui l’envoie à l’échafaud  4) Caligula, la parole de l’Empereur décide de la vie et de la mort  5) Lettres à un ami allemand, un adolescent est conduit au peloton d’exécution en camion, il s’évade, le curé le rattrape pour qu’il soit tué  6) Dans La Peste, Tarrou raconte une exécution capitale par fusillade  7) Dans Les Justes, l’un des terroristes, Stepan, finit pendu  8) Dans L’Homme révolté :  - La décapitation de Louis XVI  - L’usage de la guillotine par les Révolutionnaires  - Les camps de concentration soviétiques  9) La condamnation à mort par les terroristes algériens dans L’hôte  10) La guillotine de l’Etat français et le couteau de l’égorgeur du FLN renvoyés dos- à-dos dans Actuelles, III  11) L’expérience de son père dans Le Premier homme  12) L’ensemble converge vers les Réflexions sur la guillotine  13) Réflexions annexes sur la mort infligée :  - Le suicide dans Le Mythe de Sisyphe  - Le crime dans Le Malentendu  - L’attentat terroriste dans Les Justes  - L’indifférence à la désespérée qui se jette d’un pont dans La Chute  - Le meurtre dans la nouvelle de L’Exil et le royaume intitulée « Le renégat ou l’esprit confus ».

DEUXIÈME LEÇON : S’EMPÊCHER L’INHUMAIN

a) Père Zouave au Maroc à 20 ans en 1905  · Relève de la garde au clair de lune, découvre les cadavres  · Le père de Camus affirme que ce ne sont pas des hommes  · Son binôme comprend les massacreurs  · Colère du père : « Non, un homme, ça s’empêche – voilà ce qu’est un homme, ou sinon... » (IV.779)  · Ajoute que : orphelin, pauvre, placé dans une institution,  · Faisant la guerre malgré lui, il pourrait, lui aussi...

b) La boussole de « un homme, ça s’empêche » :  · S’empêcher l’inhumain  · Antifascisme des années 30  · Combat antinazi des années 40  · Condamnation :  - Des totalitarismes des années 50  - Du franquisme  - De l’épuration  - De l’exécution de Rebatet & Brasillach  · Refus du terrorisme algérien et de la torture française  · 150 interventions discrètes en faveur de militants du FLN


conf-2012-Camus-mere.jpg4/. LE FILS D’UNE MERE MUTIQUE

a) Première filiation : l’instituteur et le père

b) Deuxième filiation : la mère et le professeur

c) La mère : Catherine Sintès  · Celle qu’il préférera à la justice expéditive sartrienne... 

d) Brune, petite, 2ème d’une famille de 9, originaire d’Espagne  · Toujours en noir · Veuve à 32 ans  · Silencieuse sans qu’on en sache les raisons  · Un peu demeurée de naissance ?  · Méningite mal soignée ?  · Traumatisée à la mort de son mari ?  · Douce, passive, soumise, obéissante  · Fait des ménages  · Pendant la guerre, protection de l’Etat : usine d’armement

e) Un temps amoureuse  · L’amoureux rossé par son frère

f) Quand la grand-mère cravache Albert  · Demande qu’elle ne tape pas sur la tête...

g) Dans L’envers et l’endroit, parle d’une veuve silencieuse  · A quoi tu penses ? « A rien »...  · « Elle était infirme, pensait difficilement » (I.49).

h) Travailleuse  · Donne l’argent à sa mère  · S’abîme dans le néant : fixer une rainure du parquet  · Quand son fils rentre, ne le regarde pas, ne lui parle pas, ne le touche pas.  · Sourde, elle ne l’entend pas  · Camus a pitié d’elle – est-ce l’aimer se demande-t-il ?  · Il se sent « étranger » (I.49).

i) Carnets, 1950 :  · « Près d’eux ce n’est pas la pauvreté, ni le dénuement, ni l’humiliation que j’ai sentis. Pourquoi ne pas le dire : j’ai senti et je sens encore ma noblesse. Devant ma mère, je sens que je suis d’une race noble : celle qui n’envie rien » (IV. 1091).  · Quand il a le Nobel, il pense à sa mère.  · Lorsqu’il travaille à ce qui deviendra son dernier livre, Le Premier homme, il le lui dédicace ainsi : « A toi qui ne pourra jamais lire ce livre » (IV.741).

j) Dans une lettre au poète Jean Amrouche qui a choisi de soutenir la cause du FLN, Camus dit de sa mère : elle « est la plus grande cause que je connaisse au monde » (IV.1309).

k) Quelle cause ?  - Les pauvres, les sans voix, les misérables, les oubliés...  - Les gens tétanisés par les mots  - Les gens qui n’ont pas les mots pour le dire  - Les privés de parole  - Les infirmes qui pensent peu, pas ou mal  - Les exploités qui ne sauront récriminer  - Les damnés de la terre soumis à ceux qui parlent, vocifèrent

l) Cette fidélité au peuple fera de Camus l’ami de Guilloux, Martin du Gard, Char.


conf 2012 camus Jean-Grenier5/. LE FILS ELU D’UN PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE

a) Terminale en 1930  · Tuberculose, ne vient plus au lycée  · Visite de Jean Grenier à Belcourt  · Camus mutique mais touché

b) Grenier corrige ses copies  · Conseille La Douleur d’André de Richaud  · Choc pour lui : l’histoire pourrait être la sienne  - Mort du père  - Intrusion d’un tiers dans le couple  - Regard des autres sur cette histoire d’amour  - Résolution des conflits dans le drame

c) Grenier lui fait découvrir : Chestov, Nietzsche, Pascal, Tolstoï, Dostoïevski

d) Lui prête des disques

e) Lui commande un texte pour Sud  · Ecrit sur Verlaine, Rictus  · Sur Nietzsche, Schopenhauer et la musique  · Sur Bergson :  - L’auteur des Deux sources de la morale et de la religion l’a déçu...  · Camus a 18 ans, avoue être déçu... et passe son bac en 1932.

f) Grenier publie Les îles (1933) : coup de foudre  · Préface en 1959 (ne verra pas le texte publié)  · Construction d’une légende  · Piété filiale d’un disciple qui a dépassé le maître mais dit sa dette  · Gide, Les nourritures terrestres :  - Il enseigne ce que savaient déjà les adolescents qui aiment le soleil, la vie, la mer  · Grenier ajoute une dimension philosophique :  - Le spectacle du monde est ravissement  - La beauté ravit l’âme et saisit le corps  - La méditerranée : une eau païenne lustrale  · Mais la vie est courte, il faut en profiter  · Nous allons mourir ; profitons de la beauté du monde  · D’où un éloge des « instants du oui » (I.622) :  - Donner pleinement son assentiment au monde, au soleil, à la lumière, à la mer, au cosmos  · Première leçon nietzschéenne  · Ce livre le décide à écrire  · Rencontre auprès de la poste :  - Orphelin, fils de pauvre, boursier, mère illettrée, grand-mère violente  - Peut-il écrire ? oui dit Grenier  · Gratitude que Camus aura toujours


6/. LE FILS SILENCIEUX SUR LA LEGENDE

a) Il y a une légende  · Mais la relation pose problème

b) 1935, Grenier a publié des textes anti-marxistes  · Lucide sur l’URSS  · Démonte le rôle néfaste de Hegel  · Dénonce l’usage de la dialectique  · Montre le caractère religieux du marxisme  · Mais lui conseille d’adhérer au marxisme

c) D’autant que Jean Grenier travaille sur Sextus Empiricus  · La philosophie orientale, le taoïsme

d) Grand écart entre l’estrade du professeur et la pratique du philosophe...  · Premier accroc : Camus s’est senti trompé

e) Grenier, philosophe du non-agir, a vécu une Occupation active  · Cf. son journal « Sous l’occupation »  - Aime Maurras  - Rencontre le gratin des philosophes, fait le compte des juifs  - Peste contre les francs-maçons  - Rencontre Drieu La Rochelle et n’exclut pas d’écrire dans sa NRF  - Devient chroniqueur à Comoedia : un texte par mois de 42 à 44  - Pense que Pétain résiste aux allemands  - Distingue le Maréchal de son entourage  - Si Pétain ne gouvernait pas, ce serait pire  - A la Libération, achète fort cher un drapeau français, accueille les libérateurs

f) A la Libération, Camus lui propose une rubrique « théâtre » dans Combat  · Refuse : ne veut pas sortir le soir  · Puis : pas été le Résistant qui justifierait qu’il en soit  · Camus propose l’art – il accepte  · Sortir le soir lui posait plus de problème que de n’avoir pas été résistant...

g) Grenier était jaloux, envieux du succès de Camus  · Son « Journal » témoigne...

h) Carnets de Camus, 1949 :  · « Parlant d’un maître (Grenier ?) : ‘Rencontrer cet homme aura été un grand bonheur. Le suivre aurait été mauvais, ne jamais l’abandonner sera bien’ » (IV.1057).

i) Ne l’abandonnera pas :  - Dédicace L’envers et l’endroit  - Puis la nouvelle « Le désert » dans Noces  · Mais pas de trace de Grenier dans Le premier homme  · Quand il dédicace son Discours de Suède, c’est à Louis Germain...


7/. CONCLUSION

1. De Lucien Camus :  a. L’exigence d’humanité : rester digne  b. Ne jamais légitimer la mort infligée : guerre, torture, terrorisme, les camps...  c. Les réflexions sur la guillotine lui reviennent

2. De Catherine Sintès :  a. L’empathie pour les pauvres, les oubliés de l’histoire, les victimes des puissants  b. Les trois volumes d’Actuelles lui reviennent

3. De Louis Germain :  a. La passion pour les livres et la culture pour comprendre le monde  b. Le savoir que la connaissance libère,  c. Le savoir émancipe  d. Le premier homme lui revient

4. De Jean Grenier :  a. Le goût de la Méditerranée   b. L’esprit libre  c. Le salut par l’écriture  d. Noces doit aux Iles  e. L’homme révolté à L’essai sur l’esprit d’orthodoxie


BIBLIOGRAPHIE

  •  Albert Camus, Le premier homme, Gallimard
  • Jean Grenier, Les îles, Gallimard
  • Jean Grenier, Essai sur l'esprit d'orthodoxie, Idées Gallimard
  • Jean Grenier, Albert Camus, Gallimard
  • Jean Grenier/Albert Camus, Correspondance, Gallimard
  • Jean Grenier, Journal, Seghers
  • Jean Grenier, Sous l'occupation, éditions Claire Paulhan
  • Toby Garfitt, Jean Grenier. Un écrivain et un maître, La part commune

_________________

 

Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 


 

Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa  - anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires

 

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commentaires

Ewa 09/08/2012 14:37


Cher Jean-Claude,


 


Généralement, j’ai du mal à accepter les mots gentils à mon égard, mais venant de vous, même si c’est fort exagéré, je "prends". Merci.


 


Moi, j’écoute les différents podcasts en faisant distraitement et machinalement plein d’autres choses. Vous m’avez donné l’idée d’ajouter du Bach en arrière-plan. Le résultat ? Je ne sais pas. La
cacophonie, sans doute. :~)


 


J’ai eu la même envie que vous de me (re)plonger dans les écrits de Camus après avoir lu «L’ordre libertaire». Ce n’étaient pas les ouvrages les plus connus qui ont attiré mon attention,
mais les textes de sa jeunesse : «Noces», «L’Envers et l’endroit», et le dernier romain inachevé : «Le premier homme». Votre carpe diem répété haut et fort s’y
trouve, la « généalogie de son tempérament libertaire » aussi, et le plaisir de la lecture.


J’ai déjà cité cet extrait de L’Envers et l’endroit (Gallimard 1983, p.151) mais je l’aime beaucoup et c’est mon carpe diem fragile (l’instant que j’ai l’impression de ne pas
pouvoir saisir), donc je recommence en espérant qu’il vous plaira également. 


 


« Dans les battements secs de ses vols de pigeons, le silence soudain blotti au milieu du jardin, dans le grincement isolé de sa chaîne de puits, je retrouvais une saveur nouvelle et pourtant
familière. J’étais lucide et souriant devant ce jeu unique des apparences. Ce cristal où souriait le visage du monde, il me semblait qu’un geste l’eût fêlé. Quelque chose allait se défaire, le
vol des pigeons mourir et chacun d’eux tomber lentement sur ses ailes déployées. Seuls, mon silence et mon immobilité rendaient plausible ce qui ressemblaient si fort à une illusion. J’entrais
dans le jeu. Sans être dupe, je me prêtais aux apparences. Un beau soleil doré chauffait doucement les pierres jaunes du cloître. Une femme puisait de l’eau au puits. Dans une heure, une minute,
une seconde, maintenant peut-être, tout pouvait crouler. Et pourtant le miracle se poursuivait. Le monde durait, pudique, ironique et discret (comme certaines formes douces et retenues de
l’amitié des femmes). Un équilibre se poursuivait, coloré pourtant par toute l’appréhension de sa propre fin.


Là était tout mon amour de vivre : une passion silencieuse pour ce qui allait peut-être m’échapper, une amertume sous une flamme. »

jean-claude serlet 09/08/2012 09:16


Bravo et chapeau bas devant la forme et le fond


je viens de terminer avec délectation "L'ordre libertaire" qui m'a permis d'asseoir un de mes propos ( la philosophie de Camus et la littérature de Sartre et non l'inverse: le vrai philosophe
accorde sa vie avec sa pensée ce que Sartre n'a guère fait)


je vais me replonger dans les écrits de Camus avec plus d'attention : ma première lecture fut trop rapide .. Merci MO et le quatuor pour vos reflexions si enrichissantes


Fou de musique je ne sais pas me mettre à l'écoute d'une conférence enregistrée : je ne réussis pas à garder mon attention plus de 5 minutes sauf si je suis en présence du conférencier (respect
de l'autre) ; je reste donc sur les écrits qui m'obligent à tenir mon esprit critique en éveil


Chère Ewa c'est du fond du coeur que je vous embrasse : les libertaires se font de plus en plus rares en ces temps de conformisme de pensée et donc je me réjouis quand j'en croise un ou une et
lui signifie ma joie par un mot , un geste ...


Carpe Diem


 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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