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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 18:24

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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17/ UN SOCIALISME LIBERTAIRE - 14.08.2012

1. Quatre formules politiques libertaires d‘Albert Camus (communalisme, post-nationalisme, internationalisme, cosmopolitisme)

2. L’anarchisme dans « L’homme révolté » - contre Stirner, Bakounine, Robespierre,      - pour les Girondins, la Commune, Varlet, Proudhon, Pelloutier

3. Camus : socialiste libertaire, non social-démocrate

   

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La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~) 

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).

 

 

      

SYNOPSIS


1/. POLITIQUE POSITIVE DE L’HOMME REVOLTE

a) Après la négativité contre le nihilisme de salon  · La positivité politique :

b) Une gauche libertaire :  · Contre :  - L’égotisme stirnérien  - La formule violente de Bakounine  · Pour :  - La démocratie directe de Varlet  - Le pragmatisme de Proudhon  - L’anarcho-syndicalisme de Pelloutier  - Le socialisme libertaire de la CNT espagnole


2/. GENEALOGIE D’UN LIBERTAIRE

 

conf 2012 1945-camus-big gim

A./ Une première formule libertaire en 1939 : le communalisme

a) Anarchiste depuis sa jeunesse :  · Juin 39 (26 ans), Alger républicain, Misère dans la Kabylie  · Dénonce le régime colonial  · Milite pour l’égalité des droits entre musulmans d’Algérie et blancs du Continent  · Souscrit au projet Blum-Viollette   · Défend les propositions généreuses du Front Populaire  · Mais n’a pas le tropisme jacobin

b) Défend le communalisme libertaire :  · Le douar-commune : le village tribal  · L’unité de base communale qui permet la révolution concrète  · Chacun connaît celui qu’il mandate  · Possibilité de retirer la confiance si le contrat n’est pas honoré  · Possibilité de grouper les douar-communes, créer des coopérations et des mutualisations  · Ces groupements groupés donnent des fédérations  · Ce grand rassemblement constitue « une petite république fédérative inspirée des principes d’une démocratie vraiment profonde » (III.326).  · La Kabylie créerait les conditions de son émancipation  · Formule de Proudhon du principe fédératif



B./ Une deuxième formule libertaire en 1943-44 : le post-nationalisme

a) Lettres à un ami allemand :  · Textes écrits pendant la guerre, publiés en revue clandestine  · Plaidoyer post-national pour la France et l’Europe

b) Deux façons de penser la nation :  · Agressive, attachée au sol et au sang des ancêtres  · Conquérante, intolérante, violente et brutale  · La façon germanique du IIIème Reich  · Spirituelle, ouverte, tolérante, accueillante Proudhon  · Construite sur les grandes individualités de l’art occidental  · La façon française

c) L’épée contre l’esprit  · Cf. Proudhon, La philosophie du progrès


C ./ Une troisième formule libertaire en 1946 : l’internationalisme

a) Troupes d’occupation en Allemagne  · Dans Combat, textes repris dans Actuelles  « Ni victimes ni bourreaux »

b) Dans Démocratie et dictatures internationales (1946) :  · Abolition des frontières et des nations  · Internationalisme : nous vivons dans un même monde  · Ce qui a lieu ici affecte la planète à l’autre bout du monde  · La vitesse relie les points jadis séparés  · Economie mondialisée  · Plus possible de vivre dans les limites de sa nation  · Impossibilité des solutions nationalistes, nationales

c) Il faut « un ordre universel » et « une révolution internationale » (II.447)  · Pour redistribuer équitablement les ressources en hommes  · Les matières premières  · Les richesses spirituelles

d) Soit cet ordre est voulu et imposé par le haut  · Il sera alors imposé par la Russie soviétique et/ou l’Amérique capitaliste  · L’unification se ferait par un pays contre l’autre  · La guerre serait inévitable  · Elle serait nucléaire : fin de la planète

e) Soit cet ordre est imposé par le bas par contrats  · La loi serait au-dessus des gouvernements  · Expression de la volonté générale  · Cristallisation dans un corps législatif  · Élections mondiales, parlement international

f) On évite les deux impérialismes :  · L’URSS : l’égalité sans la justice  · Les Etats-Unis : la liberté sans la justice

g) On conjure le risque de guerre mondiale nucléaire

h) On réalise une politique immanente

i) Contre le modèle jacobin des Etats-Nations  · Pour la modalité girondine de la Fédération des Peuples  · Cf. Proudhon, De la capacité politique des classes ouvrières


D./ Une quatrième formule libertaire en 1948 : le cosmopolitisme

a) Camus soutient Garry Davis en novembre 1948 :  · Ancien pilote de guerre, renonce à la nationalité américaine  · Demande asile aux Nations Unies lors de sa 3ème AG au Palais de Chaillot à Paris

b) S’était proclamé « citoyen du monde »  · Avait déposé un projet de gouvernement mondial à l’ONU

c) Camus : « Nous sommes avec Davis ! »  · Conférence de presse avec lui, articles,  · Meeting à Pleyel

d) Camus voulait « les Etats-Unis d’Europe » (IV.286)  · Plus faciles à réaliser que « les Etats-Unis du monde »


3/. L’ANARCHISME DANS L’HOMME REVOLTE


conf 2012 camus l'homme revolté lilaA/. Contre l’égoïsme stirnérien :

Thèses de L’Unique et sa propriété :  · Contre l’Etat, l’armée, la nation, la police, les curés, la religion, les impôts, la morale, l’école, la propriété  · Contre l’idéal libertaire aussi : liberté, égalité, fraternité, solidarité, sympathie, empathie, puis socialisme, anarchisme, communisme, proudhonisme  · Stirner n’aspire qu’à l’empire de son Moi sur le reste du monde  · Défend l’inceste, le crime, le meurtre, l’assassinat, le mensonge, la fourberie, le parjure de la parole donnée  · Camus dénonce son nihilisme satisfait


B./ Contre la violence révolutionnaire de Bakounine

a) La négativité hégélienne chez Bakounine :  · Détruire l’ordre bourgeois, le capitalisme, le pouvoir des propriétaires, du tsarisme, du christianisme

b) Bakounine veut une société libertaire, mais par des moyens autoritaires  · Invite à la guerre civile  · Consent à une dictature un temps  · Affirme que les chefs devront se moquer de la morale

c) Compagnonnage avec Netchaïev, Le catéchisme révolutionnaire  · Bakounine : un maillon dans la chaîne totalitaire

d) Polémique avec Gaston Leval, directeur du Monde libertaire  · Camus recule, à tort  · « Ce n’est pas que j’aie manqué d’admiration pour ce prodigieux personnage. J’en manquais si peu que la conclusion de mon livre se réfère expressément aux fédérations française, jurassienne et espagnole de la Ière Internationale, qui étaient en partie bakouninistes. J’en manque si peu que je suis persuadé que sa pensée peut utilement féconder une pensée libertaire rénovée et s’incarner dès maintenant dans un mouvement dont les militants de la C.N.T. et du syndicalisme libre, en France et en Italie, attestent en même temps la permanence et la vigueur » (III.410).  · Puis : « Bakounine est vivant en moi » (id.).  · Critique son immoralisme, son nihilisme, son éloge de la violence  · Garde et conserve la positivité

e) Il écrit à Leval : « Vous gardez le droit de penser, et de dire, que j’ai échoué dans mon propos et qu’en particulier je n’ai pas servi la pensée libertaire dont je crois pourtant que la société de demain ne pourra se passer. J’ai cependant la certitude qu’on reconnaîtra, lorsque le vain bruit qu’on fait autour de ce livre sera éteint, qu’il a contribué, malgré ses défauts, à rendre plus efficace cette pensée et du même coup à affermir l’espoir, et la chance, des derniers hommes libres » (III.411).


C./ Contre une révolution française robespierriste

a) Refuse la décapitation de Louis XVI et la guillotine  · Associe Rousseau, Robespierre et Saint-Just dans la Terreur

b) Mention de Varlet :  · Les enragés : Joseph Chalier, Jacques Roux, Jean Varlet

c) Varlet : orateur des faubourgs  · Auteur de Projet d’un mandat spécial et impératif :  · Rappelle aux députés qu’ils sont là par délégation  · Et qu’on peut les démettre

d) Ennemi des agioteurs, des accapareurs, des monopolistes, des spoliateurs  · Qui utilisent la révolution pour stocker, créer la pénurie, faire monter les prix, affamer les pauvres, enrichir les riches

e) Critique l’éducation privée réservée aux riches qui paient des précepteurs  · Souhaite une éducation nationale

f) Veut une démocratie directe  · Le pouvoir contrôleur du peuple  · Le mandat impératif  · Interdit le cumul des mandats  · Refuse qu’on paie les prêtres, mais veut pour eux une retraite décente  · Veut bien l’impôt, mais souhaite qu’on le légitime au peuple avant de le lever  · Défend la propriété privée  · Robespierre le fait arrêter en septembre 1793

g) Associe Proudhon à Varlet :  · « Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct. « Il implique contradiction, dit Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela par la raison toute simple qu’il est gouvernement » ». (III.151).


D./ Eloge des Girondins

a) Contre les Jacobins centralisateurs et parisiens  · Les Girondins, fédéralistes et provinciaux

b) Conférence à un meeting international d’écrivains :  · Les « éternels girondins », Le témoin de la liberté (II.495)

c) Furent opposés à la décapitation du Roi  · Au principe du Tribunal Révolutionnaire

d) Jacobins & Girondins :  · Socialisme autoritaire & socialisme libertaire,  · Révolution bolchevique de 1917 & révolution anarchiste espagnole de 1936  · Proudhon & Marx,  · Camus & Sartre


E./ Eloge de la Commune

a) Bibliographiquement pauvre par rapport à 1789  · Camus a 25 ans · Rend compte de La Commune d’Albert Ollivier dans le Salon de lecture d’Alger Républicain le 4 juillet 1939

b) 2 mois : entre le 18 mars et le 28 mai 1871  · 10 semaines

c) Une révolution sans guillotine,  · Sans Tribunal Révolutionnaire  · Sans décapitation  · Sans procès politique  · Sans intellectuels, mais avec les ouvriers, les artisans  · Sans utopie, mais avec pragmatisme

d) En 72 jours :  · Remise des loyers non payés  · Suppression des ventes du Mont-de-Piété  · Abandon des poursuites pour loyers non payés  · Allongement des délais pour le paiement des dettes  · Attribution de pensions pour les blessés, les veuves, les orphelins, les gardes nationaux tués au combat  · Réquisition des logements inhabités  · Création d’orphelinats  · Ventes publiques d’aliments aux prix coûtants  · Distribution de repas  · Instauration du mandat impératif  · Proclamation du droit sacré à l’insurrection  · Proclamation de la République universelle pour réaliser dans les faits l’abolition de l’esclavage votée en 1848   · Incendie de la guillotine place Voltaire  · Suppression de la peine de mort  · Attribution des ateliers abandonnés aux coopératives ouvrières après indemnités aux propriétaires  · Réduction du temps de travail à dix heures par jour  · Encadrement ouvrier dans les usines et les ateliers  · Interdiction du travail de nuit pour les enfants  · Égalité des salaires entre hommes et femmes  · Création d’un salaire minimum  · Reconnaissance de l’union libre  · Mariages par consentement mutuel  · Gratuité des actes notariaux  · Séparation de l’Eglise et de l’Etat  · Rupture avec le Concordat  · Suppression du budget des cultes  · Sécularisation des biens du clergé  · École gratuite et laïque  · Laïcisation des hôpitaux  · Liberté de la presse  · Reconnaissance de droit des enfants illégitimes  · Instauration d’une inspection des prisons  · Création d’écoles professionnelles...

e) Thiers fait 20.000 morts

f) Camus aime cette révolution impréparée  · Sans révolutionnaires professionnels  · Sans doctrinaires activistes fanatisés  · Faite par le petit peuple pour plus de fraternité

g) Révolution avec : doctrinaires inactifs, actifs sans doctrine  · Des proudhoniens et des bakouninistes  · « C’est ainsi que la première expérience de fédéralisme vrai a été aussi la dernière et que cette idée féconde qui eût pu être celle de l’avenir s’est desséchée sous les caillots de sang » (I.846)

h) Avril 1945 (31 ans), Combat  · De Gaulle a honoré la ville de Paris avec Croix de la Libération,  · Eloge gaulliste du lignage catholique des saints et des rois de France,  · De Jeanne d’Arc et Henri IV  · Mais il oublie 1830, 1848, la Commune qui débouche sur les barricades de la Libération de Paris

i) Dans L’homme révolté (37 ans) :  · Déplore la disparition de la tradition socialiste libertaire sous les coups du socialisme autoritaire :  · « La capacité révolutionnaire des masses ouvrières a été freinée par la décapitation de la révolution libertaire pendant et après la Commune. Après tout, le marxisme a dominé facilement le mouvement ouvrier à partir de 1872, à cause sans doute de sa grandeur propre, mais aussi parce que la seule tradition socialiste qui pouvait lui tenir tête a été noyée dans le sang ; il n’y avait pratiquement pas de marxistes parmi les insurgés de 1871. Cette épuration automatique de la révolution s’est poursuivie, par les soins des Etats policiers, jusqu’à nos jours » (III.246).  · Rôle de Sartre dans la destruction de cette tradition


F./ Eloge du syndicalisme révolutionnaire

a) Fernand Pelloutier :  · Contre le verbiage militant, l’action concrète  · Les ouvriers, artisans de leur propre bonheur  · 1895 : le syndicalisme, c’est l’anarchisme – et vice versa.

b) Le syndicat : une microsociété libertaire  · Pas de chef, ni ne patron  · Décisions prises en commun après débat  · Délégué nommé en début de séance

c) Pelloutier a lu Proudhon  · Comme lui, croit à l’éducation du peuple  · A l’autogestion  · A l’atelier comme alternative au gouvernement  · Au syndicalisme contre l’Etat  · Aux ouvriers contre leurs représentants

d) Invente les Bourses du Travail, ancêtres des syndicats  · Invite à « la culture de soi » :  · Qui suppose l’affranchissement libertaire, la liberté en acte, le gouvernement de soi  · Pour réaliser une société plus juste, plus humaine, plus fraternelle

e) Pour Camus : le syndicalisme révolutionnaire :  · Antidote au socialisme autoritaire qui ne libère pas le peuple mais l’asservit


4/. L’INSULTE SOCIAL-DEMOCRATE

a) Camus présenté habituellement comme social-démocrate

b) Insulte pour raisons polémiques

c) Réalité de son socialisme libertaire  · Mais difficulté des anarchistes à sortir de leur catéchisme

d) 1er texte : 29 novembre 1955, dans L’Express :  · A la faveur d’un accord entre syndicats et patronat chez Renault,  · Célèbre les résultats obtenus sans grève  · Car la grève entraîne des diminutions de salaires chez les ouvriers pauvres  · Les révolutionnaires qui veulent tout n’ont pas tout mais rien  · Les ouvriers font les frais de cette raideur doctrinale

e) La révolution ? un idéal vers lequel il faut tendre  · Mais ne pas nier pour autant les évolutions :  · « Nous ne devons ni mépriser les réformes, au nom d’une société encore lointaine, ni, à l’occasion des réformes, oublier le but dernier qui est la réintégration de la classe ouvrière dans tous ses droits par l’abolition du salariat. Tôt ou tard, la résistance des privilèges devra céder devant l’intérêt général. Mais ce sera plus tôt que plus tard si nous envisageons dès maintenant que les syndicats doivent participer à la gestion du revenu national » (III.1051).  · Depuis quand le social-démocrate aspire-t-il à l’abolition du salariat ?

f) Refuse d’être enfermé dans révolution ou réforme :  · Il veut les deux  · Non pas réforme au lieu de révolution  · Mais réforme en attendant la révolution à laquelle il faut travailler

g) Contre le refus de voter des anarchistes :  · L’augmentation du pouvoir d’achat,  · L’amélioration des conditions de travail,  · La réduction du temps de labeur dans une journée ou dans une vie,  · Un départ à la retraite à un âge décent,  · La sécurité sociale plus efficace,  · L’éducation gratuite pour les enfants  · Ou rien, ça n’est pas la même chose.

h) 2ème texte : Conférence en Angleterre en 1951 :  · « Avant toute chose, je trouverais malhonnête de cacher mes préférences. Bien que je ne sois pas réellement socialiste, ma forme de sympathie allant aux formes  libertaires du syndicalisme, j’ai souhaité que les travaillistes fussent vainqueur de ces élections » (III.1096).  · Elections générales dans le pays  · Guerre froide : ne veut choisir ni un camp ni l’autre  · Défend le travaillisme anglais ou le socialisme scandinave par pragmatisme :  - La brutalité capitaliste envoie vers le communisme soviétique  · La social-démocratie entrave le capitalisme et empêche les révolutions bolcheviques  · Une Europe social-démocrate accélérerait le processus de décomposition des nations

i) 3ème texte : L’Express  · Aux législatives du 2 janvier, votera Mendès-France  · Ni la droite gaulliste, ni le PCF  · Mais pour la gauche non marxiste :  · Coalition de radicaux, de socialistes et de républicains progressistes  · Contre l’abstentionnisme anarchiste  · Ecrit en même temps dans La révolution prolétarienne, une revue anarchiste


CONCLUSION

a) Pauwels et Sartre attaquent L’Homme révolté :  · Camus aurait donné avec ce livre une bonne conscience à l’humanisme bourgeois

b) « C’est mentir aussi que de passer sous silence, comme tout le monde d’ailleurs, ma référence explicite au syndicalisme libre. Car il existe heureusement une autre tradition révolutionnaire que celle de mon examinateur. C’est elle qui a inspiré mon essai et elle n’est pas encore morte puisqu’elle lutte toujours, pour ne donner qu’un exemple, dans les colonnes d’une revue qui s’appelle : La révolution prolétarienne. Bien des gens dont vous avez parlé, et dont je comprends qu’ils se sentent seuls à la lecture de la presse parisienne, reprendraient un peu de confiance s’ils la connaissaient cette courageuse revue ouvrière » (III.399).

c) Social-démocrate Camus ?

d) Une cinquième proposition libertaire avec le fédéralisme franco-algérien en 1954


BIBLIOGRAPHIE

  • Albert Camus, Actuelles, Gallimard
  • Albert Camus, Lettres à un ami allemand, Gallimard
  • Stirner, L'unique et sa propriété, Stock
  • Gaston Leval, La pensée constructive de Bakounine, Spartacus
  • Proudhon, Du principe fédératif, Romillat
  • Gaetano Manfredonia, Les anarchistes et la révolution française, Editions du monde libertaire
  • Maurice Dommanget, 1793. Les enragés contre la vie chère, Spartacus
  • Patrick Kessel, Les gauchistes de 89, 10/18
  • Jacques Julliard, Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d'action directe, Seuil
  • Fernand Pelloutier, Histoire des bourses du travail, Alfred Costes
  • Gaston Leval, Espagne libertaire, Editions Tops/H. Trinquier
  • Rudolf Rocker, Théorie et pratique de l'anarchosyndicalisme, Aden
  • Albert Ollivier, La commune, Idées Gallimard

_______________

 

Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 



      Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa  - anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires

 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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