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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 18:05

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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22/ UNE PASSIONARIA DE L’EXISTENTIALISME - 21.08.2012

Simone de Beauvoir et l’existentialisme

1. La philosophie médiatique à la mode, des malentendus - les raisons du succès

2. Quelques notions de l’existentialisme que l’on peut résumer en une phrase : « L’existence précède l’essence »

3. L’œuvre de Beauvoir - plaidoyer pour l’existentialisme

 

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La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~)  

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).

 

SYNOPSIS

 

1/. LE MALENTENDU DE LA CELEBRITE

a) L’existentialisme, une philosophie à la mode  · La mode comme malédiction en philosophie  · Critique des marxistes, des chrétiens, des communistes, des bourgeois, des personnalistes

b) N’ont jamais lu cette philosophie exigeante  · L’être et le néant. Essai d’ontologie phénoménologique (1943), plus de 700 pages

c) Ignorance de réflexions techniques sur :  · Le cogito pré-réflexif  · L’être du percipere  · La dialectique du néant  · Les trois dimensions temporelles de la phénoménologie  · La temporalité psychique  · La qualité comme qualité révélatrice de l’être

d) L’existentialisme ?  · Faire renifler un camembert pourri...  · Rameuter des jolies filles  · Excrémentialisme selon Mauriac

e) Abus de vocabulaire phénoménologique

f) Ecriture sous amphétamines :  · 10 pastilles de Corydrane  · Dans Situation X : 20 par jour...  · Langue pelée, épisodes de surdité :  · « Un tube d’orthédrine me faisait une journée », Cérémonie des adieux, 406.  · Sur la Critique de la raison dialectique :  · Ce livre  « n’est pas un chef d’oeuvre de plan, de composition, de limpidité »,  Cérémonie des adieux, 405.

g) On retient les anecdotes :  · Le garçon de café  · le poinçonneur de tickets  · La crémation de la cigarette  · La boule de billard  · Le verre d’eau  · Le jaune du citron  · La poignée de main

h) Le bandeau :  · « Ce qui compte dans un vase, c’est le vide du milieu »

i) Le livre :  · Plus évènement de civilisation que philosophique  · En 1943, Sartre a 38 ans, normalien, agrégé, brillant  · Le livre ne fait pas grand bruit alors  · A la Libération : bréviaire de la faune de St Germain  · Les zazous, les caves, le jazz, l’alcool   · Expiation de 5 années de privation, d’occupation, de frustration  · Dépense, frénésie, consumation de la vie sans modération

j) Sartre devient le philosophe emblématique de la liberté  · Or l’époque avait soif de liberté  · Peu importait qu’il s’agisse de liberté ontologique !


conf 2012 beauvoir sartre café flore


2/. UN EVENEMENT MEDIATIQUE

a) L’époque est bergsonienne  · Bergson est mort le 4 janvier 1941

b) Elle est aussi thomiste, néo-kantienne, spiritualiste, idéaliste  · cf. les cibles de Nizan

c) L’existentialisme est très attaqué

d) Sartre devient le leader de la philosophie française, donc européenne, donc mondiale  · Avec une conférence : L’existentialisme est un humanisme  · Lundi 28 octobre 1945,   · Petite salle non loin du théâtre des Champs-Elysées : les Centraux  · Invitation d’une société savante : « Maintenant » (Jacques Calmy et Marc Beigbeder)  · Annonce de la conférence dans la presse avec petites annonces payantes

e) Happening total :  · Chaises renversées, évanouissements, syncopes  · Cohen-Solal : 2 à 300 personnes  · Le lendemain la presse en fait un événement médiatique  · Maurice Nadeau, Combat – bouche à oreilles  · Sartre devient une figure incontournable

f) Boris Vian, L’écume des jours (1947) :  · Jean-Sol Partre et la duchesse de Bovouard   · Arrivée à la conférence en corbillard, en parachute, par les égouts ou la verrière du toit  · Sartre fend la foule en chevauchant un éléphant  · Il parvient à l’estrade en écrasant des corps  · Ne détaille pas la conférence  · « Partre s’était levé et présentait au public des échantillons de vomi empaillé. Le plus joli, pomme crue et vin rouge, obtint un franc succès » (Pléiade, 410).

g) Robert Scipion, parodiant Queneau : Prête-moi ta plume (1946)  · Pitoyable jeux de mots : les « Genpaulçarthres » :  · « Fumeurs de pipe et suceurs de nausée »  · Recourt à la scatologie :  · Cérémonie annuelle, « la Nôsée » : on y mange du vomi dans des assiettes  · Cf. fromage pourri, excrémentialisme, vomi de Vian et Scipion

h) La conférence n’a pas permis le débat prévu  · Il eut lieu ailleurs, plus tard devant un public choisi et restreint  · Mars 1946, publication chez Nagel : 86 pages aux très grandes marges  · Une aubaine pour les journalistes dispensé de lire L’être et le néant...


conf 2012 simonedeb sartre rue des archives

 

3/. L’INVENTION D’UN NOUVEAU STYLE

a) Sartre reniera ce texte  · Les sartrologues le tiennent en piètre estime

b) Une date dans la philosophie du XX° siècle :

1. Sartre sort la philosophie de son lieu institutionnel :  · Ni Sorbonne, ni Ecole Normale Supérieure, ni Collège de France, ni Ecole Pratique des Hautes Etudes  · Mais salle publique dans le VIIIème  arrondissement

2. Sartre ne fait pas de concessions sur la qualité philosophique :  · La possibilité d’une morale sans dieu  · La fondation d’une éthique sur la liberté  · La condamnation de chacun à la liberté  · L’angoisse d’avoir à choisir  · L’impossibilité de ne pas choisir  · La responsabilité devant tous du choix effectué individuellement   · L’(in)authenticité de l’être  · La théorie de l’engagement  · Le rapport à l’acte gratuit (cf. Les caves du Vatican, Gide)  · La question du péché originel  · Le déterminisme économique des marxistes

3. Sartre file la métaphore d’un exemple tout le long de son exposé :  · Le jeune homme et ses élèves  · Fils d’un père qui penche vers la collaboration  · Frère d’un soldat tué lors de l’offensive de 40  · Fils d’une mère affligée par tout ça  · Qui ne trouve de consolation que dans son fils à qui elle demande de la venger  · Le jeune homme sollicite Sartre :   · Aller en Angleterre ou rester près de sa mère ?  - Mise en place de ses concepts à partir de cet exemple :  · Liberté, projet, angoisse,  · Choix, engagement, responsabilité,  · Authenticité, mauvaise foi, lâche et salaud

4. Les raisons d’un succès :  · Parler au plus grand nombre  · Souci d’être compris par le plus grand nombre  · Refuser les concessions qualitatives  · Court- circuiter l’habituel réseau institutionnel  · Enraciner le plus complexe dans le concret  · Proposer une éthique de substitution au nihilisme d’après-guerre  · Fonder une morale post-chrétienne  · Inscrire son travail dans l’athéisme post-moderne

5. Malentendus à partir de ce succès :  · Beauvoir entreprend ses mémoires en 1958 : 10 ans après ce succès  · Pour mettre de l’ordre dans ce cahot historique


conf 2012 beauvoir sartre bureau

 

 

4/. L’EXISTENTIALISME POUR LES NULS

a) Sartre commence par critiquer les critiques :

· Les communistes :   - Sartre défendrait une philosophie de la quiétude et du désespoir :  - Il dit l’inverse :  - Il faut faire et, en faisant, se faire et ouvrir un champ des possibles optimistes 

· Les Chrétiens :  - Il calomnierait l’homme et insisterait sur le négatif :  - Alors qu’il prend appui sur l’homme pour construire une théorie positive  - Les communistes et les Chrétiens :  - L’existentialisme empêcherait la solidarité :  - C’est une philosophie de l’intersubjectivité  - Chacun, en se choisissant, choisit l’humanité entière à laquelle il aspire

· Tous :  - Il nierait le sérieux des entreprises humaines en supprimant les valeurs transcendantes :  - Ne nie pas les valeurs, les reconstruit immanentes   - Le tout venant fait de cette philosophie une mode à laquelle on peut tout rattacher 

b) Sartre replace sa philosophie dans sa vérité historique :  · L’existentialisme est un humanisme  · C’est une philosophie austère, rigoureuse, exigeante  · D’abord destinée aux techniciens, aux philosophes – dit-il à ce public de profanes...  · Elle s’inscrit dans la lignée de Jaspers, Marcel, Heidegger, Kierkegaard et Descartes. 

c) L’existentialisme se résume en une phrase :  « L’existence précède l’essence »

LA FACTICITÉ :

· A la naissance, nous ne sommes rien  · Nous sommes ce que nous faisons  · Entretien avec Bernard Pingaud, L’Arc (1966) :  · « L’essentiel n’est pas ce qu’on a fait de l’homme mais ce qu’il  fait de ce qu’on a fait de lui »  · Le coupe-papier : conçu par un artisan pour couper le papier  · L’homme existe a priori sans raison  · Dieu n’existant pas, il n’a pas produit l’homme avec un dessein pour lui  · Si Dieu existait, il aurait créé l’homme, qui aurait donc une essence  · Sans Dieu, l’homme est :  · Une facticité, une contingence, un être-là sans raison, sans explication, sans justification

L’ABSURDITÉ :

· D’où l’absurdité a priori de toute existence  · Mais cette absurdité n’est pas définitive  · On peut donner un sens à son existence  · L’inexistence de Dieu est une bonne nouvelle   · Pas de nature humaine  · Pas de prédestination   · Mais une liberté originelle avec laquelle tout est possible   · L’homme est ce qu’il se fait, il se fait avec la liberté  · Par la liberté, l’angoisse se trouve dépassée

LA LIBERTÉ :

· L’homme est condamné à être libre :  · Pas le choix de l’être ou de ne pas l’être  · Condamné à (se) choisir  · Refuser de choisir, s’abstenir, c’est choisir encore

LA RESPONSABILITÉ :

· Choisir c’est engager toute l’humanité dans son choix

· Exemples :   a) Choisir le mariage et la paternité :  - C’est engager la planète dans la voie de la monogamie et de la procréation  b)Choisir (1) le syndicat révolutionnaire ou (2) le syndicat catholique :  - C’est (1) engager la planète dans la voie de la révolution libératrice  - Ou (2) dans le conservatisme doloriste  - En choisissant, nous sommes responsables de nos choix.

LA MAUVAISE FOI :

· Se trouver des raisons pour expliquer qu’on n’avait pas le choix de faire ce qu’on a fait :  · Mauvaise foi  · Soit « lâche », soit « salaud »  · Pas de circonstances atténuantes, de déterminismes  · Nous sommes responsables de ce que nous sommes  · « Evidemment cette pensée peut paraître dure à quelqu’un qui n’a pas réussi sa vie » (57)  · L’existentialisme, une ontologie de droite...

L’IRÉNISME :

· En se faisant, nous faisons l’autre  · Ce que je choisis est choix pour l’autre  · Le choix d’autrui ne m’est pas un déterminisme  · Choisir, c’est toujours choisir le bien ( !)  · « Nous ne pouvons jamais choisir le mal ; ce que nous choisissons, c’est toujours le bien, et rien ne peut-être bon pour nous sans l’être pour tous » (25-26)


conf 2012 beauvoir sartre manif

 

5/. BEAUVOIR EN DEFENSE DE L’EXISTENTIALISME

a) L’existentialisme a été beaucoup attaqué  · Beauvoir a passé sa vie à le défendre 

b) Son oeuvre est plaidoyer pour cette philosophie identifiée à son promoteur le plus médiatisé  · Les mémoires d’une jeune fille rangée : fabrication de la légende

c) Ses œuvres philosophiques :  · Pyrrhus et Cinnéas (1944)  · Pour une morale de l’ambiguïté (1947)  · La sagesse des nations (1948)

PYRRHUS ET CINNEAS

a) Nous ne sommes rien a priori  · Nous n’advenons que par le projet qui est

b) Beauvoir critique :  · Le culte de l’instant  · La fausse piste de l’hédonisme  · L’illusion de croire pouvoir happer au temps en s’installant  projection donc transcendance   · je suis ce que je fais  · dans l’infini  · L’erreur de construire une morale sur dieu  · L’erreur de fonder une éthique et des valeurs sur une religion   · L’erreur (heideggérienne) de croire qu’on est un être-pour-la-mort  · (Puisqu’on est sans raison a priori)

c) Beauvoir vante :  · Les mérites du mouvement de l’humanité vers toujours plus de progrès  · Le progrès s’incarnant dans la transcendance   · La solidarité qui s’obtient pour le prolétariat, mais contre les capitalistes  · L’importance d’autrui dans la construction de ma subjectivité   · Le dévouement comme action pour autrui  · La communication comme création de situations pour autrui

d) Plus que l’homme, la liberté est l’objectif à atteindre  « Pour me faire exister devant les hommes libres je serai obligé souvent de traiter certains hommes comme des objets » (358).  · Justification de la violence et de la mise à mort  · On peut tuer pour réaliser la liberté :  · Le crime est alors un humanisme puisqu’il vise la réalisation de la liberté ( !) « La violence n’est pas un mal, puisqu’on ne peut rien ni pour ni contre un homme : (...) tuer un homme, ce n’est pas le détruire ; nous n’atteignons jamais que la facticité d’autrui » (362)...  · On ne tue pas un homme qu’on massacre puisqu’on n’anéantit que sa facticité  sans pouvoir atteindre sa liberté...  · Par la violence, l’enfant devient homme et la horde société  · renoncer à la violence, ce serait renoncer à toute transcendance  – ce qui est impossible...

POUR UNE MORALE DE L’AMBIGUITÉ

a) Ecrit pour répondre aux critiques de :  · Henri Lefebvre, communiste  · Pierre Naville, trotskyste  · Georges Mounin, linguiste affilié au PCF

b) Beauvoir récuse tout déterminisme :  · Sociologique, économique, historique, politique

c) Abondance de concepts

d) Regorge du vocabulaire de la nouvelle philosophie :  · Contingence, facticité, choix, liberté, projet, engagement, existence, situation, en-soi, pour-soi, être et néant, mauvaise foi, angoisse, choix originel... 

e) Ou d’expressions ad hoc :  · Dévoilement d’existence,   · Réalisation de la liberté,   · Se trouver jeté dans l’univers,   · Se vouloir libre,   · Assumer sa subjectivité,   · Drame du choix originel,   · Angoisse éprouvée devant sa liberté,   · Le manque d’être définissant l’être...   · Ton sartrien à souhait.

f) En 1943, Sartre annonçait une morale  · Il ne l’a pas donnée  · Beauvoir l’écrit  · C’est « une morale de l’ambiguïté »

A./ La morale de l’ambiguité :

· Nous sommes impuissants  · Mais forts de cette connaissance,  · Nous sommes investis d’une puissance d’être  · Savoir l’absence de sens fait sens

· Connaître l’absurde permet de le dépasser  a) « Quoi qu’il en soit, nous croyons (sic) quant à nous à la liberté » (32)  - Certes, il existe des conditions historiques d’existence  - (Pauvreté, misère, enfance, histoire, éducation, parents, corps)  - Mais elles ne sont rien d’autre que ce que l’on en fait  b) Contre le paradoxe :  - De la liberté qui nie le déterminisme (christianisme)   - Du déterminisme qui nie la liberté (marxisme)  - Beauvoir consent au déterminisme  - Mais affirme que la liberté lui donne ou non sa puissance, sa force, son efficience

B./ Tuer le sous-homme :

a) En 1947 Beauvoir parle du « sous-homme » ( !)  · Qui est-il ?  · Celui qui refuse et retient sa vitalité naturelle  · Qui manifeste une présence au monde qui est facticité nue  · (= le sous-homme est l’homme inutile)  · Il se réfugie dans les valeurs toutes faites  · Peut être enrôlé par n’importe qui   · Protagoniste des lynchages et des pogroms  · L’homme de l’existence injustifiée, il est donc injustifiable  · Il a peur, est angoissé, s’ennuie devant l’existence  · Se perd dans le conformisme  · Engloutit sa liberté dans l’obéissance à la société  · Devient l’homme sérieux, le sérieux conduisant au fanatisme  · « Le sous-homme suscite le mépris » (63)...

b) Célébration de l’ultra-violence au nom de la conquête de la liberté :  · « On se trouve acculé, pour conquérir la liberté de tous, à traiter certains hommes en choses » (140).   · L’existentialisme et la sagesse des nations (1948) :  · « Il est impossible d’agir pour l’homme sans traiter certains  hommes, à certains instants, comme des moyens » (38).  · « Une liberté qui s’emploie  à refuser la liberté est elle-même si scandaleuse que le scandale de la violence qu’on exerce contre elle en est presque  (sic) annulé : la haine, l’indignation, la colère (...) effacent tous les scrupules » (140-141).  · « En même temps que l’oppresseur on est obligé de détruire tous ceux qui le servent, que ce soit par ignorance ou par contrainte » (141).   · Beauvoir légitime l’obligation  « d’opprimer, de tuer des hommes qui poursuivent des buts dont on reconnaît soi-même la validité » pour faire triompher une libération.   · « Ce n’est encore pas là le pire scandale de la violence » ajoute-telle....   · « Toute révolution exige de ceux qui l’entreprennent le sacrifice d’une génération, d’une collectivité » (143).   · « Toute révolution (suppose) une dictature » (163).   · « On sacrifiera les hommes d’aujourd’hui à ceux de demain, parce que le présent apparaît comme la facticité qu’il faut transcender vers la liberté » (166).

C./ L’amitié épicurienne :

· La même Beauvoir qui écrit :  · « La violence ne se justifie que si elle ouvre des possibilités concrètes à cette liberté que je prétends sauver » (195)   · Célèbre l’amitié épicurienne, la charité chrétienne et le moralisme kantien...


conf 2012 beauvoir sartre café 1    

 

CONCLUSION

a) En 1963, dans La force des choses :  · Beauvoir récuse Pyrrhus et Cinnéas et Pour une morale de l’ambiguïté  · Non à cause de sa légitimation de l’ultra-violence  · Mais parce qu’elle a mal posé les questions...

b) Son oeuvre philosophique à cette époque regorge  · De sophismes,   · De paralogismes,   · De fourvoiements sophistiques,   · De faussetés rhétoriques

c) Comment peut-on affirmer :

1. Qu’on est libre   · Mais qu’on doit se créer liberté ?

2. Qu’on est totalement libres,   · Mais qu’on ne l’est pas tant qu’autrui ne l’est pas non plus  · (Alors qu’il est sensé l’être par nature) ?

3. Que nous ne devons pas considérer autrui comme un moyen, car il est une fin,   · Et prétendre que la fin est la réalisation de liberté  · (donc pas l’homme) ?

4. Que la réalisation de la liberté d’autrui  · Suppose la destruction d’autrui ?

5. Que la morale existentialiste est « refus de tout principe d‘autorité » (205)   · Mais qu’elle se fonde sur la violence révolutionnaire qui est sujétion et assujettissement des sous-hommes ?

6. Que nous n’aurions pas à décider de ce qui est bien pour autrui   · Et qu’il nous faudrait le libérer contre son gré parce qu’il est aliéné

7. Que la mort physique d’un homme n’est jamais vraiment réelle   · Puisqu’elle ne concerne que sa pure facticité ?

8. Qu’il faudrait récuser l’action au nom de toute idole majuscule,  · Et justifier qu’au nom de la Liberté on construise cette religion de la violence ? 

9. Qu’il faudrait célébrer (195 & 225) la douceur épicurienne, l’amour du prochain chrétien ou la morale de l’intention kantienne  · Et désigner les sous-hommes à supprimer ?

10. L’existentialisme est-il vraiment un humanisme ?


BIBLIOGRAPHIE

  • Annie Cohen-Solal, Sartre, Gallimard
  • Sartre, L'être et le néant, Gallimard
  • Sartre, L'existentialisme est un humanisme, Nagel
  • Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguité, Idées Gallimard
  • Beauvoir, Faut-il brûler Sade ?, Idées Gallimard
  • Eve Morisi, Albert Camus contre la peine de mort, Gallimard

________________

 

Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 


 

 Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa  - anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires

 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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