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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 14:54

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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15/ QUESTIONS - REPONSES (3/4) - 10.08.2012

 

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La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~) 

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).

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1. Est-ce que la métaphore de Gulliver, dans l’esprit de Michel Onfray, était un aboutissement ou au contraire, une formule à partir de laquelle on pouvait penser une forme de politique libertaire?  (35 min.)

 

2. Pourrait-on résumer la pensée philosophique de Camus en cette phrase de « Noces« : « Le monde est beau, et hors de lui, point de salut »?  (25min.)

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conf 2012 question-reponse-3

 

Pourquoi les auditeurs posent-ils les questions si évidentes, allant totalement dans le sens de Michel Onfray, questions auxquelles on peut trouver des réponses dans ses livres, si on ne se contente pas d’être uniquement un auditeur? 

Est-ce que Michel Onfray, préoccupé par son monologue, en s’écoutant parler, ne le voit pas? 

 

« La politique que je propose suppose ce que je nomme le principe de Gulliver : chacun connaît l’histoire de Swift qui montre comment un géant peut être entravé par des Lilliputiens si, et seulement si, le lien d’une seule de ces petites créatures se trouve associé à une multiplicité d’autres attaches. Le comportement de Gulliver illustre à ravir la leçon de La Boétie : « Soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libres. » La domination n’existe que par le consentement de ceux qui ne l'acceptent. Si l’on refuse l’assujettissement, et que l’on est assez nombreux pour cela (leçon de l’association d’égoïstes de Stirner…), alors le pouvoir s’effondre de lui-même, car il ne tient sa force que de notre faiblesse, il n’a de puissance que de notre soumission.

Concrètement, il s’agit, d’une part, de ne pas créer les microfascismes du genre assujettissements, dominations, sujétions, dépendances, servitudes, pouvoirs, d’autre part, de ne pas y consentir. Car la logique domination/servitude n’existe que par la volonté de ceux qui dominent et par l’absence de refus de ceux qui subissent cet empire. Chaque microfascisme se désintègre par une microrésistance.

La révolution n’est donc pas affaire idéale, destinée à produire ses effets demain, en permettant aujourd’hui les pires exactions de la part de ces prétendus révolutionnaires animés la plupart du temps par le ressentiment doublé d’une forte passion pour la pulsion de mort, mais possibilité, hic et nunc, de changer les choses.

Cette perspective de révolution concrète libertaire, non autoritaire, opposée au sang et aux armes, à la violence et à la terreur, présente également l’avantage de mettre le prétendu révolutionnaire au pied du mur : il n’a pas le prétexte de la négativité hégélienne pour justifier l’injustifiable dans l’instant au prétexte qu’il prépare le bonheur de demain – qui n’arrive jamais, car demain, c'est toujours pour demain…

Avec un socialisme libertaire actionné selon la mécanique des microrésistances concrètes, on voit alors le féministe sur le papier, l’antiraciste sous les calicots, l’écologiste des banderoles, l’antifascistes au mégaphone, le révolutionnaire au slogan, tenus d’être féministes dans leurs relations amoureuses, antiraciste au quotidien, écologistes dans leurs habitudes, leurs comportements, leurs faits et gestes, antifascistes dans toutes leurs relations intersubjectives – avec leurs enfants, leurs proches, leurs familles, leurs voisins, leurs collègues de travail, leurs voisins de table, de transport en commun, leurs congénères dans la rue et toute autre situation concrète… [...]

La perspective du « devenir révolutionnaire des individus » – pour citer Deleuze – trouve ici sa vérité. En politique, l’hédonisme se résume à la vieille proposition utilitariste des Lumières : il faut vouloir le plus grand bonheur du plus grand nombre. Non pas demain, trop facile, trop simple, trop confortable, mais ici et maintenant, tout de suite. Cet impératif présente l’avantage de permettre un tri redoutable dans la masse des "Grands Diseux". A cette aune, nombre de révolutionnaires de papier se volatilisent comme une vesse… Restent les subjectivités dignes de considération. « 

 

Michel Onfray, Manifeste hédoniste, Editions Autrement, 2011, p.52-53  


«Manifeste hédoniste» sorti en 2011, c’est un court résumé de la pensée philosophique de Michel Onfray, comme «La puissance d’exister» (2006). Il est donc normal que l’on y trouve des répétitions, redites, reprises. Mais parfois, c’est un peu déroutant.

On vient de me signaler un texte publié en 2009 dans Le monde libertaire, l’hebdomadaire de la Fédération anarchiste : « Le principe de Gulliver : le post-anarchisme ici & maintenant ». L’extrait du «Manifeste hédoniste», que je vous ai proposé, est une copie presque parfaite, à quelques détails près, de la deuxième partie de cet article. Un petit recyclage pour aller plus vite? Je ne sais plus quoi en penser…

 

conf 2012 gulliver et lilliputiens

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Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 


 

Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa  - anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires


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commentaires

dionysauce 14/08/2012 14:37


Si j'ai bien compris la structure des conférences à l'UPC, il y a une heure de conférence proprement dite, puis une heure de questions/réponses.
Par contre le rapport des émissions de France Culture est de une heure de questions pour 4 de conférences. Il est clair que cela laisse le loisir de choisir. Quant à savoir qui choisit et quels
sont les critères ...


Beaucoup de scientifiques, voire même quelques psys célèbres, choisissent (parfois inconsciemment, parfois délibérément) les données qui vont dans le sens de leurs hypothèses, alors pourquoi les
philosophes se le refuseraient-ils?


Quant au recyclage, il me semble répandu, que ce soit dans la philo, dans la musique ou dans toute production humaine, et je n'y voit rien de choquant pour autant que l'on recycle sa propre
production.


 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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