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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 23:09

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


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8) HEUR ET MALHEUR DU MARXISME TRANSCENDENTAL - 07.08.2013

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

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SYNOPSIS     

 

onfray conférences 2013 herbert-marcuse


1./ PHILOSOPHER CONCRETEMENT 

a) 1942 : La nouvelle mentalité allemande :  • Réfléchit sur :  -Les conditions d’émergence d’un régime totalitaire  -Sa nature et son fonctionnement  -Ses ressorts psychologiques  -La crise économique qui nourrit l’envie de dictature  -L’idéologie qui contribue à la formation d’une programme politique  -L’implication des industriels

b) Fournit cette analyse au département d’Intelligence de Guerre  • Mars 1943 : rejoint le Département des Services Stratégiques (OSS), section Europe  • Y travaille jusqu’à la fin de la guerre.  • Ce service deviendra après guerre l’Agence Centrale de Renseignement : CIA

c) Travaille auprès du gouvernement américain entre 1942 et 1951  • Dépend du ministère des affaires étrangères,  • Service des études et du renseignement «L’Intelligence ».  • But : faire connaître la nature véritable du nazisme par tous les moyens  • Informer les citoyens américains sur cette idéologie  • Contribuer à l’effort de guerre antifasciste

d) Elabore concrètement l’après-guerre :  • Dénazifier  • Reconstruire l’Europe  • Fonder une nouvelle démocratie post-Auschwitz

e) Des marxistes en font une preuve d’intelligence avec l’ennemi... américain !

f) Septembre 1945 :   Totalitarisme, destin du socialisme à l’ère de l’unidimensionnalité.   Remarques sur Aragon, l’art et la politique à l’ère totalitaire  -Deux idées force : l’homme unidimensionnel, le salut politique par l’esthétique.


2./ CONTRE L’EXISTENTIALISME SARTRIEN

a) 1948 : L’existentialisme. À propos de L’être et le néant de Jean-paul Sartre  • Ouverture : hommage à Camus qui appuie son analyse sur l’absurde  • L’histoire du moment lui donne raison

b) Peut-on encore construire sur le cogito cartésien ?  • Le Moi contemporain n’a plus grand chose à voir avec celui de Descartes  • Dieu est mort, la religion ne fait plus la loi, la transcendance a disparu  • Le nihilisme règne, la morale s’est volatilisée  • Le Moi vit dans un monde absurde, dépourvu de sens

c) Camus sait que l’homme vit dans le nihilisme et que le salut passe par l’art  • Camus refuse une philosophie de l’existence  • Préfère une existence philosophique  • Camus vit une vie absurde  • Sartre en fait des livres

d) Marcuse : plus dans le lignage existentiel camusien  • Qu’existentialiste sartrien

e) Sartre récuse l’histoire et essentialise le monde :  • Envisage l’homme de façon ontologique  • Sartre veut critiquer idéalisme, spiritualisme,  • Mais « l’existentialisme est partie prenante de l’idéologie qu’il attaque, et son radicalisme est une duperie » (218).  • Parution de L’être et le néant sous l’occupation  • Le malentendu de la liberté ontologique

f) Contre la théorie sartrienne :  • Le juif est une création de l’antisémite  • Sartre : « Défense aux juifs de pénétrer ici. – Restaurant juif, défense aux aryens d’entrer, etc., ne peut avoir de sens que sur et par (sic) le fondement de mon libre choix » (Sartre, 607, Marcuse, 230).  • Autrement dit : si antisémitisme il y a, c’est parce que les Juifs le veulent bien.

g) Sartre risque de « verser dans le solipsisme transcendantal » (224).  • Liberté ontologique de Sartre contre liberté concrète de Marcuse.   « Quand la philosophie, en vertu de ses concepts théologico-existentiels de la liberté et de l’homme, en arrive au point de décrire les juifs persécutés et les victimes du bourreau comme étant et demeurant des êtres absolument libres et maîtres des choix qu’ils font, c’est que ces concepts philosophiques sont tombés au niveau de la pure et simple idéologie » (231).

h) « L’existentialisme semble donc être une composante de la philosophie bourgeoise » (218).  • Première contradiction chez Sartre :  • Lier existentialisme et révolution prolétarienne  • Les hommes sont libres; mais ils doivent le devenir quand même ?

i) Chez Sartre, autrui, c’est l’ennemi qui veut s’emparer de moi.  • Assujettissement, appropriation, domination, servitude  • Autrui est toujours « le voleur qui me ravit mes possibilités » (231-232).   « Derrière le langage nihiliste de l’existentialisme se dissimule l’idéologie de la libre concurrence, de la libre initiative et des chances égales pour tous. Tout le monde peut « transcender » sa situation, mettre à exécution son propre projet : tout le monde est absolument libre de ses choix. Si défavorables que soient les conditions, l’homme doit les assumer et se réaliser lui-même à partir de cette contrainte. Tout un chacun est maître de son destin » (232).  • Sartre, penseur emblématique du capitalisme libéral.

j) Deuxième contradiction :  • Comment dire : l’existence précède l’essence  • Et affirmer que la liberté (essentialisée) précède toute existence ?  • Si le pour-soi (la conscience) fait advenir tout ce qui est  • Alors la vérité du monde n’est pas dans le monde  • Mais dans la conscience qui le fait advenir.

k) L’aliénation de l’ouvrier n’est pas politique, venue de l’extérieur  • Mais voulue de l’intérieur par la conscience de celui qui acquiesce  • La chosification procède de l’intersubjectivité ontologique  • Pas de la réalité politique.

l) La politique de Sartre suppose le contraire de ce que dit son ontologie  • Si la société crée de la liberté  • Alors la liberté n’est pas qu’ontologique

m) Sartre échoue à saisir le monde  • Car il reste dans la philosophie idéaliste  • Pur produit de la tradition bourgeoise spiritualiste.


3./ EN FAVEUR DE SARTRE

n) En 1968, Marcuse ajoute une page à son article  • Sartre l’opportuniste politique  • Le métaphysicien de L’être et le néant

o) Est devenu un autre Sartre :  • Professions de foi en faveur des régimes marxistes-léninistes de l’Est,  • Défense des camps soviétiques: moments nécessaires de la dialectique révolutionnaire,  • Célébration du Cuba de Castro,  • Vante les mérites du dictateur nord-Coréen Kim Il-Sung,  • Avec Beauvoir, célèbrent la Chine de Mao...

p) En même temps:  • Sartre affirme dans ses Entretiens avec John Gerassi :  • de Gaulle est un « fasciste », un « porc », un « homme de Neandertal », un « crétin pompeux », une « merde », un « maquereau réac »....

q) Marcuse parle de la « conversion » de Sartre :  • Préface aux Damnés de la terre de Franz Fanon,  • Militantisme contre la guerre au Vietnam,  • Anticolonialisme en faveur de Saint-Domingue.  • Marcuse : « Si réellement, comme il le craint, (Sartre) est devenu une « institution », alors c’est une institution où conscience morale et vérité ont trouvé refuge » (248).


4./ QUID DE L’URSS ?

onfray conférences 2013 marcuse marxisme sovietique2a) 1952-1955 : bourse de la Fondation Rockefeller :  • Ecrit Le marxisme soviétique, à Columbia, puis Harvard.  • Livre peu lu, peu étudié  • Écorne l’image lisse d’un Marcuse :  • Formation hégélienne, moment heideggérien, conversion marxiste, invention d’une gauche libertaire qui irrigue Mai 68...

b) Refuse qu’on parle de « socialisme » pour caractériser l’URSS  • Mot trop imprécis,

c) Refuse qu’on parle de « totalitarisme » :  • Mot correspond « à une très grande variété de systèmes sociaux ayant des structures différentes » (99)...  • La droite assimile URSS / totalitarisme : Marcuse refuse d’y être assimilé  • L’URSS n’est donc pas socialiste et pas totalitaire

d) Sartre :  • 15 juillet 1954, Libération :   « La liberté de critique est totale en U.R.S.S. et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle » ;  • 1960, Critique de la raison dialectique :  • Fait du marxisme « l’horizon indépassable de notre temps »  • 1965, Les Temps Modernes:   « Un anticommuniste est un chien, je n’en démordrai pas »  • 1965 : invite à voter Mitterrand aux Présidentielles...

e) Marcuse ne condamne nulle part l’URSS dans ce livre de 1954  • Pointe certains problèmes:  • Dictature, totalitarisme, conservatisme, bureaucratie, terreur...  • Mais n’incrimine jamais Marx ou le marxisme  • Ni l’URSS

f) Mais les conditions extérieures:  • Efforts de guerre exigés par la Deuxième Guerre mondiale  -Imposée par le fascisme hitlérien...  • Menace impérialiste planétaire  -Qui contraint à la surenchère des armements...  • Puissance des monopoles capitalistes  -Qui obligent à la productivité.

g) Ne met jamais en cause :  • Une faiblesse théorique chez Marx  • Une faille doctrinale dans le marxisme  • Une erreur d’interprétation soviétique  • Une falsification étatique voulue par le Politburo

h) Dans ce livre de presque 400 pages:  • Rien contre Lénine  • Contre Staline  • Contre le Goulag (connu depuis Buber-Neumann en 1947)

i) Il faut s’inscrire dans une démarche dialectique :  • Ce qui cloche dans l’URSS, c’est qu’elle ne soit pas socialiste !  • Le marxisme soviétique n’est pas socialiste  • parce qu’il n’est pas assez marxiste  • S’il était plus marxiste  • Il deviendrait socialiste

j) Dès 1936, Gide, Retour d’URSS :  • Le réel témoigne contre la validité des idées:  • Files d’attente,  • Militarisation de la société,  • L’intrusion de la police dans la vie privée,  • Déclin de la culture,  • Formation d’une caste d’apparatchiks vivant comme des nababs,  • Misère du peuple,  • Généralisation du mensonge dans le pays

k) Seule importe une réflexion sur le marxisme soviétique...  • Marcuse reprochait à Sartre son idéalisme  • Son marxisme transcendantal relève du même idéalisme...


5./ UN « MARXISME TRANSCENDENTAL »

a) Marcuse :  • Utiliser le texte de Marx  • Contre ce que l’URSS en a fait

b) Critique le marxisme (pratique)  • Au nom du marxisme (théorique)

c) Dissocie le texte (sacré)  • Et son incarnation (imparfaite)

d) Le réel n’a rien à voir avec l’idée dont il procède... 

e) Constate le hiatus entre Marx et l’URSS :  • Pour Marx : le contrôle des moyens de production entre les mains des producteurs immédiats  • Pas en URSS.  • Pour Marx : le prolétariat doit disposer du pouvoir sur son destin  • En URSS, c’est le Parti.  • Pour Marx : abolir l’Etat, vouloir son dépérissement  • En URSS : Etat renforcé qui dispose des pleins pouvoirs.  • Pour Marx : le socialisme réalise la liberté concrète  • En URSS, l’Etat et le Parti font régner la terreur.  • Pour Marx : l’art contribue à la réalisation de l’homme total,  • Il est réappropriation de soi après disparition de l’aliénation ;  • En URSS, le Réalisme Socialiste fait la loi  • Tout esthétique innovante condamnée au nom du formalisme et de l’intellectualisme.  • Pour Marx : la dialectique = un mode de pensée critique qui rend compte des contradictions du monde réel ;  • En URSS : un catéchisme enseigné dans les écoles,  • Devenue dogmatique, elle sert à légitimer le régime en place.  • Pour Marx : le socialisme incarne un moment dans la réalisation du communisme ;  • En URSS, le communisme est loin d’être présenté comme l’idéal à réaliser,  • L’Etat vise simplement la reconduction de sa bureaucratie.  • Pour Marx : le marxisme réalise la société sans classes;  • L’URSS a construit une société inégalitaire avec des classes, dont celles des apparatchiks.  • Pour Marx : les valeurs de l’éthique bourgeoise devaient disparaître avec la réalisation de la révolution prolétarienne ;  • En URSS : « l’éthique soviétique » (268) réactive les valeurs petites bourgeoises de travail, de famille, de patrie, de maternité, de natalité, de fidélité, de monogamie.

f) Ces critiques sont noyées dans un long discours...

g) Toute affirmation critique est doublée d’une autre qui l’annule

h) Rhétorique et sophistique :  • L’URSS aspire au socialisme  • Mais l’impérialisme américain en interdit la réalisation  • Le coupable de cet état des lieux en URSS ?  • Les Etats-unis...


6./ ELOGE DE L’URSS

a) La critique a présenté ce livre comme une critique de l’URSS !

b) « Il est sûr que la politique staliniste du totalitarisme a été payante » (347)  • Sous régime soviétique :  -Une rigoureuse discipline au travail,  -L’augmentation de la journée de travail,  -L’autorité directoriale,  -Le salaire aux pièces,  -Les primes à la production,  -L’acceptation du jeu de la concurrence,  -Le souci de la rentabilité,   • Constituent un excellent programme6   • Permet de réaliser en deux décennies ce qui aurait été obtenu dans un long temps.

c) Défense de la Terreur :  • Analyse la terreur avec laquelle l’URSS assure son pouvoir : «Cette terreur se rapproche d’un système social normalement concurrentiel dans la mesure où les répressions ne sont plus violentes (par exemple révocations ou rétrogradations). Dans sa fonction historique, la terreur peut être progressive ou régressive, selon qu’elle prépare ou non effectivement, grâce à la destruction des institutions répressives, à l’épanouissement d’institutions libérales et l’utilisation rationnelle des forces productives » (148-149).  • La terreur progressive assassine, mais pour le progrès du communisme  • La terreur régressive abat des hommes sans souci des progrès de la classe ouvrière

d) « La terreur tend à devenir essentiellement technique, et en URSS aujourd’hui la terreur strictement politique semble être l’exception plutôt que la règle » (149).

e) Michel Onfray : printemps 1954, soulèvement des prisonniers du goulag de Kengir au Kazakhstan  • Camp autogéré pendant quarante jours  • Le 25 juin, l’armée soviétique pilonne le camp avec des chars  • Entre cinq et sept cent prisonniers massacrés.  • Soljenitsyne raconte ce soulèvement dans L’archipel du goulag.

f) Même dénégation du réel chez Sartre & Marcuse en matière de marxisme concret...  • Le prix à payer pour sauver le marxisme transcendantal.

 

2/5. Interview de Herbert Marcuse (1898 - 1979) le 11/11/1976.


BIBLIOGRAPHIE :

• Marcuse, Culture et société, Minuit

• Marcuse, Le marxisme soviétique, Idées Gallimard

• Margarete Buber-Neumann, Prisonnière de Staline et d'Hitler :  -Tome 1, Déportée en Sibérie,  -Tome 2, Déportée àRavensbrück, Seuil

• Soljenitsyne, L'archipel du goulag, 3 tomes, Seuil

• Edgar Morin, De la nature de l'URSS, Fayard

• Gide, Retour de l'URSS, Pléiade

 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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