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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 23:38

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

__________________


14) « LA VIE PHILOSOPHIQUE DE HANS JONAS » - 14.08.2014




  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 


SYNOPSIS

1./ UNE FAMILLE JUIVE INTEGREE

hans Jonas-2a) Une vie philosophique   • Aux antipodes de la vie de professeur de Heidegger.

b) Né dans une famille juive le 10 mai 1903 à Münchengladbach   • Père fabricant de textile

c) 11 ans au début de la 1ère guerre   • Son « père alla aussitôt à Cologne, au Bureau Central de l’équipement de l’armée dont relevait notre région, pour faire des propositions de toiles de tentes et autres matériaux qui pourraient intéresser l’armée. Il fut vraiment l’un des premiers à se présenter et, je l’appris par la suite, il en rapporta d’énormes commandes. Les affaires marchaient donc à merveille » (15).

d) Très patriote la communauté juive s’engage massivement   • La classe ouvrière manifeste peu d’enthousiasme à défendre la patrie   • Heidegger échappe à la mobilisation pour raison de santé.

e) Des soldats logent dans la maison   • On parle un allemand châtié, cultivé, sans trace de dialecte   • Ne pas se faire remarquer comme Juif   • On ne « judaïsait pas » (21)   • « Cependant tout mariage avec un non-juif était totalement exclu » (22).

A./ LE PERE

a) Le père ne va pas à la synagogue le jour du Shabbat, il travaille   • Mais il assiste aux grandes cérémonies juives   • Rites non suivis à la maison   • Même s’il y a vaisselle pour la viande, vaisselle pour les laitages   • Pas de porc.

b) Le père n’a pas fait d’études   • Y a renoncé avant le bac pour s’occuper de la fabrique familiale   • S’interdit le mariage avant d’avoir marié ses 3 soeurs   • Et conduit ses 5 frères au bout de leurs études supérieures.   • Un 6ème garçon mort en bas âge.

c) Se marie en 1900   • 1901 : premier enfant.

B./ LA MERE

• Fille de rabbin   • Dépressive   • Effectue la charité   • Aime les beaux-arts   • grande culture   • Joue du piano :   • « Quand l’argent afflua grâce aux livraisons de guerre, la plus spectaculaire des acquisitions réalisées à ce moment-là fut un piano à queue Blüthner, en remplacement du piano qui avait servi jusqu’alors » (25).

C/. FRERE DE L’ENFANT MORT

a) Jonas : futur philosophe de la vie   • S’interrogera sur la bioéthique, l’éthique médicale, l’euthanasie.

b) Frère handicapé   • Maladie incurable – ossification progressive des articulations.

c) 1916, à 14 ans ½ l’enfant tombe et se brise la colonne vertébrale

d) Sa mère entre dans un état de prostration   • Pendant une année de vie végétative   • Hans et Léo, son autre frère, ont vécu avec cette mère-là

e) La famille avait prévu que les deux frères fêteraient leur bar-mitsva ensemble   • La fête est plusieurs fois repoussée, Ludwig étant dans les hôpitaux   • Ludwig est mort un mois avant le 13ème anniversaire de Hans.

D./ LA FORMATION

a) Dès cette époque, Hans a beaucoup lu   • Connait bien mythologie germanique, histoire ancienne, classiques.   • Veut devenir peintre, prend des leçons de peinture   • Lit beaucoup de poésie   • La philosophie supplante le tout   • A l’université : philo, histoire de l’art   • Fréquente la bohème de Mönchengladbach, ses poètes, ses peintres   • Découvre l’expressionnisme allemand.

b) Son père lui offre les études qu’il veut :   • Un savoir pur, idéal, dissocié d’implications pratiques   • Part pour 7 années d’études :  - Fribourg avec Husserl, Heidegger  - Berlin (1921/1922) : études judaïques   • Rencontre Stern, Arendt   • Strauss, Scholem, Buber, Rosenzweig.


2/. LA DECOUVERTE DU SIONISME

 • Entre la révolution de novembre 1918 et le printemps 1921 (son Bac).    • Découvre le sionisme, au grand dam de son père    • Ambiance tendue avec son père    • Le père croit que l’antisémitisme disparaitra avec l’assimilation   • Sionisme et Etat juif / assimilation dans le pays   • Parle « d’effroyables bagarres » (48)   • Sous les pleurs de sa mère    • Crée un petit groupe sioniste d’une dizaine de personnes   • Se bat physiquement contre les antisémites   • Obtient son bac    • Demande 12 arbres qu’il ira planter en Palestine    • Manifeste alors un total désintérêt pour les Palestiniens expropriés    • Prétend qu’il s’agit de sols marécageux dont personne ne veut   • Achetés à des prix supérieurs à leur valeur   • Imagine qu’Arabes et Juifs vivront en paix…


3/. LA DECOUVERTE DES PROPHETES

a) Lit les textes juifs, hindouistes, bouddhistes

b) Lit le Zarathoustra – trouve que c’est son moins bon livre…

c) Découvre la sagesse des Prophètes de la Bible qu’il place au-dessus de tout   • Avec eux, la Bible devient vivante   • Le divin s’exprime par la voix des prophètes :   • « Ils proclament, en courant les plus graves dangers, ce que personne ne veut entendre et ce qui choque tout le monde. Ils apportent quelque chose de neuf, qui est d’ordinaire dérangeant et non édifiant, pas un sermon dominical, mais quelque chose qui fait irruption dans le cours des choses de façon perturbante, pour arracher les hommes à leur endurcissement obstiné ou irréfléchi envers leurs congénères » (45).   • Autoportrait…

d) Ecrit une soixantaine de pages sur cette morale qu’il estime indépassable   • Il a 17 ans

e) Son oeuvre obéira à cette injonction prophétique   • « J’étais fier d’être issu de cette tradition prophétique » (46)

f) Découvre Kant   • Lit et comprend Les fondements de la métaphysique des moeurs   • Lit mais ne comprend pas la Critique de la raison pure

g) Donne la clé de son univers philosophique :   • Les Prophètes + Kant   • Car, « en fin de compte, la morale kantienne dérive à sa manière de l’esprit biblique, et il n’y a aucun doute que l’impératif catégorique et la Parole du Sinaï sont liés d’une façon ou d’une autre. En tout cas, je sentais là une parenté » (46).   • Judéo-christianisme vu du côté juif   • Comme Nietzsche voyait le judéo-christianisme côté chrétien.


4/. LE SIONISME CONCRET

a) Mars / octobre 1923 :   • Apprend le métier d’agriculteur avec de jeunes juifs   • Chez un horticulteur qui produit des céréales, élève du bétail   • Transforme des cochons en jambons   • Verger et potager   • Laboure avec un cheval, récolte   • Parle philosophie avec son patron   • Gagne de quoi se faire de l’argent de poche   • Nourri, logé sous les combles   • Travaille 14 heures par jour   • Epuisé.

b) Fin du séjour :   • Le paysan l’invite à continuer… dans la philosophie

c) Suit les cours de Heidegger.


5/. LE NAZISME

a) Avoue ne pas l’avoir pris au sérieux   • Croyait qu’arrivé au pouvoir, Hitler ferait preuve de son incompétence.

b) Le 1er avril 1933 :   • Date du boycott des magasins juifs,   • Des professions libérales.   • Comprend qu’il faut partir   • Emigre à Londres fin août 1933

c) Se promet de ne remettre les pieds en Allemagne que « sous l’uniforme d’une armée conquérante » (96) ;   • N’a pas lu Mein Kampf.   • « Quelqu’un se respectant intellectuellement ne pouvait s’abaisser au point de s’imposer la lecture d’une telle ordure. C’était bien sûr une erreur » (95).   • Cf. Thalès et la servante Thrace…

d) Aryanisation des biens de son père   • Son père envoie de l’argent en Palestine   • Il meurt d’un cancer en janvier 1938   • 1942 : mort de sa mère à Auschwitz

e) 1945 : l’aviation alliée bombarde l’Allemagne,   • Disparition de l’usine de son père   • Plus tard, dans l’une de ses conférences, Jonas retrouve le pilote du bombardier.


6/. « ADRESSE AUX HOMMES JUIFS »

a) Pendant la guerre :   • Rédige un appel pour mobiliser les Juifs afin qu’ils participent à la guerre :   • Notre participation à cette guerre. Adresse aux hommes juifs   • Grand texte de philosophie concrète   • Présenté dans une réunion publique à Jérusalem le 6 octobre 1939   • Distribue ce texte rédigé en allemand (et non en hébreu)   • A touché très peu de gens…

b) « C’est notre heure, c’est notre guerre » (138) ;   • Hitler a déclaré la guerre aux Juifs en 33, il faut la mener   • La Palestine juive aurait attaqué Hitler si elle avait existé   • « Non pas Juda contre le monde, mais Juda avec le monde contre l’ennemi du monde » (140)

c) Il s’agit « de la première guerre de religion de l’époque » :   • Le judéo-christianisme contre le national-socialisme qui est un paganisme

d) Défend l’idée de formations juives combattant dans les rangs alliés   • « Nous voulons une légion juive sur le front occidentale »   • Une légion pan-juive qui rassemble les juifs du monde entier   • Il en va de l’honneur juif.

e) Rencontre un commandant militaire anglais   • Jonas propose des unités juives combattant sous le drapeau juif   • Mais sous commandement britannique   • On lui rit au nez…

f) Rencontre le Consul général de France à Jérusalem   • Propose des soldats juifs sous commandement français   • Le Consul répond que les juifs peuvent s’engager dans la Légion.

g) Les amis de Jonas se réjouissent de ces fins de non recevoir…   • Estiment le projet généreux mais irréaliste   • Nous sommes en octobre 1939…

h) La défaite de la France change la donne   • On envisage de créer des unités palestiniennes de volontaires   • Jonas s’engage, il a 37 ans.   • Churchill consent au regroupement des unités juives éparses :   • Septembre 1944, naît le Jewish Brigade Group   • Avril 1945, Jonas participe à la bataille de Senio :   • Enfoncent les lignes allemandes et pénètrent à Bologne en libérateurs.

i) Pendant ce temps, il élabore sa philosophie de la vie   • Sa correspondance avec sa femme :   • Un journal de bord ontologique, métaphysique, philosophique.

 

7/. DANS L’ALLEMAGNE DETRUITE

a) Jonas entre dans l’Allemagne vaincue   • Traverse les villes en ruines   • Croise des convois de juifs libérés des camps errants sur les routes   • Renvoie à Primo Levi, Les naufragés et les rescapés   • Pour souligner que « les kapos luttaient eux-mêmes pour leur propre vie, en quelque sorte, fut-ce en sacrifiant celle des autres » (164).

b) Pense le mal de façon subtile :   • Le mal nazi fit que des juifs firent le mal   • Pas de condamnation des juifs   • Mais une preuve que le mal était du côté des nazis.

c) Jonas attendait des excuses des Allemands   • Une façon d’affirmer la responsabilité collective des Allemands   • Ne souhaite ni épuration, ni rénovation   • « Pour moi, le peuple allemand pouvait tout bonnement aller au diable. A mon avis, la culpabilité allemande était telle que la seule attitude appropriée eût été les excuses publiques et une contrition générale ; cependant je découvrais qu’à part les amis, la plupart des Allemands avec lesquels nous avions des contacts ne voulaient pas voir ce qui s’était produit, ou bien assuraient qu’ils n’y avaient pas participé eux-mêmes. Personne ne reconnaissait avoir participé aux évènements. Ce qu’on entendait dire par les Allemands était la plupart du temps d’une complaisance répugnante ; ils s’efforçaient de gagner par la flatterie ceux qui régnaient maintenant sur eux en vainqueurs et pouvaient leur accorder des faveurs, aussi affirmaient-ils sans relâche : « Il était effroyable, cet Hitler, ce bouffon, ils nous a tous plongés dans le malheur. Il ne nous restait rien d’autre à faire que de suivre le mouvement ». Je n’entendis pas un seule fois confesser un aveuglement, mais rien que protestation d’innocence et le déni de ce qui apparaissait au grand jour : « Non, ce n’est pas crédible » » (170).   • La demande de pardon ne vint jamais.   • Ni la reconnaissance qu’il y eut erreur, faute.   • Cf. Jankélévitch sur le pardon.

d) Jonas décide de ne jamais remettre les pieds en Allemagne   • Il y reviendra…


8./ AVEC ET SANS ISRAËL

a) Dans cette configuration   • Trouve normale la création de l’Etat d’Israël.   • Une terre pour les juifs traqués et persécutés   • Novembre 1945, rentre à Jérusalem, retrouve sa femme et ses amis.

b) Chargé d’enseignement à l’université   • Enseigne l’histoire de la philosophie à l’English Council of Hight Studies de Jérusalem   • Perd ce poste avec la fin du mandat britannique.

c) Création de l’Etat d’Israël en 1948   • La guerre est déclarée à Israël par l’Egypte, la Jordanie, l’Irak et le Liban.   • Ils envahissent Israël.

d) Jonas habitait un village arabe sur les collines de Judée   • Se voit inviter à quitter les lieux   • Déménage.

e) L’armée d’Israël l’incorpore pour la guerre dite d’indépendance   • Il a 49 ans   • Vie précaire, spartiate, tension avec les arabes, difficultés avec l’hébreu   • Pas envie que ses enfants n’aient à faire la guerre un jour   • Avait sollicité un poste auprès de G. Scholem à l’université de Jérusalem   • L’obtient, mais part.


9./ EN AMERIQUE

HJonasa) S’exile au Canada grâce à Léo Strauss   • Cours privés   • Très bien payés   • Auprès du fils d’un industriel juif sioniste qui blanchissait l’argent avec la bienfaisance…

b) Père de famille :   • Une fille, Ayala   • Un fils, John, qu’il fait circoncire.

c) Mai 50 : premier poste à l’université   • Enseigne l’histoire de la philosophie   • Décide de ne pas rentrer en Israël et de faire carrière aux Etats-Unis.

d) Devient professeur à New-York

e) Père pour la 3ème fois

f) Enseigne 21 ans à la New School for Social Research   • De janvier 55 à l’automne 1976, date de sa retraite.

g) Côtoie Arendt   • Stern, son ancien mari : « Homme ambitieux et vaniteux » (212)   • Heinrich Blücher, son nouveau mari :   • « Comparé à Gunther Anders, il ne semblait pas représenter le tout premier choix, mais je m’aperçus au fil des années qu’il avait beaucoup d’importance pour elle et que c’était là un réel mariage d’amour » (213).   • Blücher était libertin, Hannah Arendt n’appréciait guère.   • Elle a renoué sexuellement avec Heidegger après la guerre…   • Hannah Arendt s’opposait au féminisme    • Elle disait : « Je suis tout à fait contre. Je n’ai pas envie de perdre mes privilèges » (214).


10./ EICHMANN CASUS BELLI

a) Fâcherie Arendt / Jonas   • Jonas lui reproche d’avoir écrit que la solution finale a « été planifiée par les nazis, certes, mais non sans avoir été aussi partiellement tolérée par les juifs ou rendue possible dans une certaine mesure par leur collaboration forcée, parfois aussi, empressée » (216).

b) Jonas lui reproche le ton du livre   • Son antisionisme   • Son ignorance « vis-à-vis des choses juives » (216)   • Dit qu’elle n’a jamais lu la Bible   • Ni l’histoire des Juifs de leur origine jusqu’au XIX°   • Dit de sa connaissance du judaïsme qu’elle se révélait « fort indigente et en partie erronée » (218).

c) Arendt fut sioniste   • Quand elle comprit avec Hitler que l’assimilation avait raté   • Après guerre, elle prend ses distances avec le sionisme   • Puis elle cesse de l’être   • Désolation de Jonas et de ses amis.

d) Mais comme Jonas a quitté Israël,   • Il s’estime mal placé pour lui faire la leçon.

e) Estime que dans son livre elle est :   • Sarcastique, mal informée, approximative, fautive   • Qu’elle ignore l’origine de l’étoile jaune au Moyen-Age   • Qu’elle fait à tort du sionisme un nationalisme   • Qu’elle se trompe en faisant de l’antisémitisme éternel une invention sioniste de la fin du XIX°   • Qu’elle attribue à tort aux juifs « la coresponsabilité de la Shoah, au lieu de dépeindre la participation forcée à notre propre anéantissement comme un fait tragique, effrayant » (219)   • Qu’elle montre morgue et assurance en jugeant les Juifs des Conseils   • Et en affirmant qu’elle ne se serait pas mal comporté si elle était restée en Allemagne   • Qu’elle soutenait la thèse de la « banalité du mal » comme si Eichmann était innocent obéissant aux ordres   • Alors qu’il était un antisémite avéré et un nazi barbare dans les faits.

f) Jonas prend l’initiative de la fâcherie   • « Son livre sur Eichmann avait détruit la base sur laquelle nous pouvions humainement nous entendre, le fondement même de notre amitié » (219) écrit-il. Elle avait répondu, poursuit-il, à une lettre de Gershom Scholem « publiquement de manière méprisante » » (219).   • Elle semblait avoir perdu la raison, agressait, se comportait « comme une possédée » (220).   • « Son comportement ne méritait plus le respect » (220).   • Ne se saluent plus quand ils se croisent   • Mme Jonas les réconcilia après deux années de fâcherie.


11/. UNE ONTOLOGIE DU VIVANT

a) Etudie les sciences de la nature   • Pour pénétrer le mystère de l’Etre   • Anti-Heidegger.

b) Qu’est-ce qui distingue animal, végétal, humain ?   • Rédige un livre sur la philosophie de l’organisme   • Refus de son éditeur après 2 années de silence   • Convient :   • Que l’ouvrage était écrit dans une langue inutilement systématique et par trop philosophique.   • « Dans le jargon de Heidegger ou de Kant » (234).

c) Retravaillé, ce livre s’intitule Organisme et liberté   • Parait en anglais en 1963   • Et 10 ans plus tard en Allemagne   • Textes épars.   • « Je le considère comme mon oeuvre philosophiquement la plus importante, car les linéaments d’une nouvelle ontologie s’y trouvent développés » (238).

d) Oppose une ontologie biologique à l’ontologie de Heidegger.   • « Ma thèse : l’essence de la réalité s’exprime de la manière la plus complète dans l’existence proprement organique de l’organisme, non pas dans l’atome, ni dans la molécule, ni dans le cristal, ni non plus dans les planètes, les soleils et caetera, mais bien dans l’organisme vivant, qui sans doute est corps mais ne manque pas de receler en lui quelque chose de plus que le simple être muet de la matière. A partir de ce point, il devient possible en général de développer une théorie de l’Etre » (238).

e) « Une philosophie de l’organique conduit nécessairement (sic) à une éthique » (239).   • Développe une pensée de la biologie, de la mort, de la nature, de la technologie, de la médecine.   • Intègre un comité d’éthique.

f) Ecrit sur la théologie :   • Un Dieu qui s’efface pour mieux s’affirmer.

g) Dans ses Souvenirs :   • Jonas décrit son trajet avec une complaisance à son endroit   • Estime ses travaux majeurs   • Ses recherches nouvelles   • Ses intuitions inédites   • Ses conférences décisives…


12/. LE VIEUX SAGE

hans jonas-5a) 70 ans, écrit Le principe responsabilité   • En allemand pour aller plus vite qu’en anglais   • Hannah Arendt lui dit : « Je commence par te dire ma certitude que c’est là le livre auquel Dieu te destinait » (245)   • Un dieu auquel ils croient l’un et l’autre.

b) L’ouvrage sous-titré Essai d’une éthique pour la civilisation technologique paraît en 1979.   • Il pose la question :   • Comment vivre et que faire dans un monde où la technologie met en péril l’existence, la vie et la survie de la planète ?

c) Jonas dit qu’il propose une réflexion totalement inédite dans l’histoire des idées   • (Cf. Thoreau, John Muir, Fourier)

d) Devient une vedette en Allemagne.   • Donne une légitimité philosophique à ce qui devient le principe de précaution…

e) Lui reste 14 ans à vivre   • Publie beaucoup   • Obtient des prix et distinctions   • Nombreux entretiens télé et radio

f) Sollicité par le SPD pour son Congrès de juin 1986 :   • Intervient sur la politique juridique en matière de génie génétique   • Les députés se querellent sur la façon de l’interpréter   • Le chancelier Helmut Schmidt est un lecteur.


CONCLUSION

a) Depuis la publication du Principe, les choses ont empiré :   • Le marxisme n’a pas pris en charge la sauvegarde de la planète   • Le capitalisme non plus   • Tous deux productivistes   • Les pays de l’Est ont pollué à grande échelle   • La social-démocratie   • Engluée dans l’électoralisme   • Ne peut mener de politique à long terme

b) Jonas en appelle à « un nouvel ascétisme »   • Et à « un socialisme désenchanté »   • Qui repose sur le droit et les conventions internationales

c) Meurt le 5 février 1993 à son domicile près de New-York.   • Il avait 90 ans.


BIBLIOGRAPHIE :

• Primo Levi, Les naufragés et les rescapés, Gallimard

• Primo Levi, Si c’est un homme, Julliard

• Jankélévitch, Le pardon, Aubier

• Jankélévitch, Pardonner ?, Seuil

• Jankélévitch, L’imprescriptible, Seuil

• Marvano, La brigade juive, tome 1 Vigilante, Dargaud

• Jean Soler :  - L’invention du monothéisme, de Fallois  - La Loi de Moïse, de Fallois  - La Violence monothéiste, de Fallois  - Qui est Dieu ? de Fallois

 


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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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