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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 23:14

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »


__________________

 

24) « UN COUPABLE SANS FAUTE » - 28.08.2014


 

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 

Anders

 

 SYNOPSIS  

 

I° PARTIE : THEORIE DE LA PRATIQUE


1./ EXAGERER POUR PENSER VRAIMENT

a) Dès L’obsolescence de l’homme :   • Chapitre : Sur la bombe et les causes de notre aveuglement face à l’apocalypse   • « Il faut présenter de façon outrancière les objets dont l’importance est minimisée » (261).   • Ecran et accident de voiture.

b) Nous vivons sous la menace nucléaire :   • Impossible de se le représenter.

anders-la menace nucléairec) Dès lors :   • « On ne peut pas se contenter aujourd’hui d’interpréter l’Ethique à Nicomaque alors qu’on accumule les ogives nucléaires » affirme-t-il dans Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? (74).   • Incapacité des philosophes et de l’homme du commun   • Il faut conscientiser un maximum de personnes   • D’où la nécessité « d’être outrancier et d’exagérer » (262).

d) Contre les professeurs de philosophie et les philosophes   • Pas concernés   • Or « la bombe n’est pas seulement suspendue au-dessus des bâtiments universitaires mais au-dessus de nos têtes à tous, et il ne serait pas convenable de philosopher dans une langue de spécialistes sur l’éventualité de l’apocalypse » (263).

e) La philosophie universitaire a l’habitude de théoriser après coup   • Mais après coup, il n’y aura plus personne sur la planète   • « Ainsi les éthiques universitaires ignorent-elles encore aujourd’hui l’existence des camps d’extermination » (263) écrit-il en 1956

f) Or Hannah Arendt a publié Les origines du totalitarisme en 1951, soit 5 ans plus tôt.   • Mais, en dehors de cette exception, c’est vrai…

g) Günther Anders propose un grand chantier philosophique :   • « Il convient donc de trouver un ton qui puisse être intelligible au plus grand nombre et de faire de la philosophie populaire. Ce qui nous met face à une seconde difficulté, puisqu’il n’y a pas de philosophie populaire » (263).   • Parce qu’il n’y a ni voie populaire ni voie élitiste pour résoudre les problèmes complexes   • Il y a une urgence éthique.

h) Anders ne le cite pas mais vise Heidegger en écrivant :   • Que le philosophe emblématique est soucieux d’ontologie   • Mais méprise souverainement le « on » englué dans une configuration historique particulière

i) Fustige ceux qui rendent les problèmes plus compliqués encore   • Alors qu’il faudrait les faire surgir à la conscience du plus grand nombre

j) A quoi bon la rigueur analytique   • Quand la fin du monde est à notre porte ?   • Il faut être compris : voilà l’urgence

k) Pour Günther Anders peu importe :   • Que les philosophes de profession n’intègrent pas son travail dans la philosophie   • Qu’il s’agisse de morale, d’éthique.

l) La vraie question est :   • L’humanité doit-elle, oui ou non, continuer à exister ?


2./ PENSER UN IMPENSABLE

a) Nous avons changé d’ère :   • Notre puissance est devenue l’infini, l’absolu   • Nous pouvons désormais tout détruire, tout anéantir

b) Dieu avait le pouvoir de créer   • Les hommes ont celui de détruire   • « Nous sommes des Titans »

c) Nous dominons l’apocalypse   • Mais nous vivons dans sa menace

d) Jadis avec les camps nazis   • Le massacre était limité

e) Aujourd’hui avec la bombe atomique   • Nous avons la possibilité de détruire toute l’humanité   • Hiroshima est un progrès dans le mal…

f) Epoque inédite, donc questionnement inédit.


3./ PENSER LA BOMBE

a) Impensable : la raison ne suffit pas   • Comme avec Dieu

b) On peut essayer sur le principe de la théologie négative   • Elle n’est pas un moyen : car le moyen disparaît dans la réalisation de sa fin   • Elle n’a pas d’essence, juste une existence   • Impossible à penser, elle est « ontologiquement unique » (283) .

c) Elle a été conçue pour empêcher Hitler de continuer ses crimes de masse   • Mais les deux bombes américaines sont devenues : « Les jumeaux des exterminations organisées par Hitler » (283).

d) Pour lutter contre le mal les hommes ont inventé un plus grand mal   • Les nazis voulaient tuer des hommes   • Les américains veulent exterminer l’humanité

e) Les Américains sont coupables   • Mais aussi ceux qui ne font rien contre   • Elle a été utilisée 2 fois

f) Et une 3ème fois au quotidien comme instrument de dissuasion.   • Elle est « un moyen de pression » (285).   • L’occasion d’un chantage   • Son existence en fait un ultimatum   • L’avoir conduit à s’en servir   • La logique productiviste exige l’usage   • Donc la destruction pour le remplacement   • Donc la fabrication et les bénéfices qui vont avec   • « Ne pas utiliser un produit, qui plus est un produit dans lequel on a tant investi, serait un gaspillage contraire à la morale des affaires » (286).

g) Elle a été utilisée une 4ème fois :   • Les essais nucléaires   • Dans des îles car les essais créent un monde à part   • Comme dans des jeux   • Contamination eau, terre, air, faune, flore, nourriture, eau de pluie   • Des hommes victimes, déjà, en plus

h) Günther Anders prévoit des conséquences génétiques sur les générations futures   • Contaminations radioactives semblables à la syphilis : épidémie, pandémie   • Ces expériences prétendument isolées du monde se font dans le monde.


4./ L’HOMME, PLUS PETIT QUE LUI

a) L’angoisse est devenue impossible   • Car on ne sait pas concevoir ce qui génère l’angoisse

b) L’angoisse a acquis le statut de « marchandise journalistique » (294) :   • Avec Kierkegaard et Heidegger   • Mais aussi avec les journaux, les conversations de bistrot   • Dans les revues philosophiques,   • Dans les publicités pour les somnifères dans les journaux de province

c) Le concept apparaît avec la disparition de la réalité de l’angoisse   • Celle de la phase finale de la guerre   • Celle de la fin des descentes de police   • Celle de la fin des bombardements   • Celle de la fin des dictatures

d) Nous sommes devenues des « analphabètes de l’angoisse » (295).   • Incapables de ressentir sa véritable existence

e) Causes anthropologico-philosophiques de cette incapacité :   • Le « décalage prométhéen » (297) :   • On ne sait projeter ce que l’on ne sait concevoir   • Exemple : détruire une ville   • L’homme est plus petit que lui-même car :  - Il rend possible ce qu’il ne sait ni ne peut concevoir   • Nous ne savons nous représenter ce qui est trop grand pour nous   • Ainsi « le spectacle de milliers de morts n’est pas plus effrayant que celui d’une centaine de morts » (297).   • Différence entre abstraction qui élargit les problèmes   • Et perception qui se contente de ce qui est dans le champ de vision   • Différence entre l’action et la conscience morale :    • Un journaliste a questionné un pilote de bombardier :  - A quoi pensait-il pendant sa mission ?  - « Je n’arrivais pas à me sortir de la tête les 175 dollars qu’il me reste à payer pour le réfrigérateur » (299).   • Un même décalage concerne le faire et le sentir,   • La production et l’imagination,   • Le savoir et le comprendre.   • On peut se représenter 10 morts et en percevoir 10,   • Mais on ne peut se représenter 200 000 morts ni les percevoir.   • Voilà pourquoi nous ne pouvons ni penser ni concevoir l’apocalypse :  - Nous ne pouvons la percevoir.

f) Voilà pourquoi on peut travailler dans un camp nazi   • Et être un bon père de famille   • Tuer 1 homme ou 2 serait perceptible, donc impossible à porter, culpabilisant   • Mais en tuer en masse, parce que le crime devient inconcevable, c’est faisable   • Voilà pourquoi « nous sommes les hommes les plus inhumains qui aient jamais existé » (303).


5./ DANGERS DE L’ESCHATOLOGIE

a) Causes historiques de cette incapacité à concevoir l’apocalypse   • Parce qu’on est obsédé par la fin heureuse de l’histoire   • La croyance au progrès infini   • Christianisme, Révolution Française, marxisme, Reich aryen et fin des temps   • Nous avons vécu sous le signe des « croyants eschatologiques » (308).

b) La mort de Dieu a été précédée par la mort du diable   • Les hommes ont cessé de croire à l’enfer, puis à Dieu   • Nous avons perdu l’angoisse face à l’apocalypse

c) En même temps, nous avons annulé la mort   • Elle est devenue introuvable   • Ce qui est, c’est ce qui s’améliore   • Quid alors de la mort ?   • On traite le mort comme un vivant   • On a remplacé le dicton : « partir c’est mourir un peu »   • Par : « Mourir c’est partir un peu ».   • Les cimetières sont devenus des villégiatures   • Le trépassé emménage comme pour une autre vie

d) Incapacité à mourir et incapacité à se projeter dans le temps   • Demain, on peut   • Après-demain, on ne peut plus.

e) Or l’avenir doit devenir notre présent   • Si l’on veut empêcher la course à l’abîme.


6./ EDUQUER L’IMAGINATION MORALE

a) « Eduquer l’imagination morale » (304) :   • Surmonter le décalage entre ce que nous pouvons produire (pour détruire la planète)   • Et ce que nous pouvons imaginer (la destruction de la planète)

b) Programme éthique :   • « Se rendre capable de ressentir »   « Augmenter la capacité du sentiment »   « Créer de nouveaux sentiments » (305).   • Le plus grand nombre doit devenir philosophe   • En se transformant   • En transformant son existence.


II° PARTIE


1./ LE DEVENIR MILITANT D’ANDERS

anders-hiroshima-seuila) Une vie de militant   • Voyages à Hiroshima et Nagasaki   • Conférences et séminaires   • Rédaction de textes d’interventions   • Production d’une littérature journalistique et/ou philosophique   • Rédaction de livres   • Création d’associations   • Manifestations de rue

b) L’âge le contraint à rester à son bureau

c) Correspondance avec Claude Eatherly   • Son épouse pose sur son bureau un texte de Newsweek consacré au pilote : « L’article de cinq lignes contenait l’information, aussi simpliste dans son expression que misérable dans son analyse – déjà à cette époque, il y avait aux Etats-Unis un pidgin psychanalytique constitué tout au plus d’une dizaine de mots-, que le pilote d’Hiroshima, qui avait perpétré des actes étranges semi-criminels, puis en apparence criminels, finalement tout à fait anodins, aurait ainsi manifesté un complexe d’OEdipe et, en raison de ce complexe, qui n’avait encore jamais été puni d’enfermement, aurait été admis dans un asile fermé » (Hiroshima est partout, 44).   • Dédouaner le pilote d’une participation volontaire   • Le disculper à l’aide de la psychanalyse   • Irresponsable, pas coupable   • Innocent puisque victime lui-même – du complexe d’Oedipe

d) Günther Anders : Eatherly, beau garçon, portant bien l’uniforme   • Succès féminins   • Plutôt volage   • « Sa mère, de style tout à fait rustique, ne jouait pour lui aucun rôle érotique ; et il n’avait, selon toute apparence, pas besoin de jalousie envers son père, puisque, justement, il était toujours bien loti » (44).


2./ QUI EST CLAUDE EATHERLY ?

a) A 26 ans :   • L’homme qui a piloté l’avion météo   • Il donne, 45 minutes avant, l’accord pour le largage de la bombe atomique

b) Il a assisté aux 4 premiers essais

c) Lettre du 8 août 1960 :   • L’objectif était un pont près du quartier général :   • Pour contraindre les militaires à se rendre, à signer la paix

d) Or il y a eu un ratage :   • « Les nuages au-dessus d’Hiroshima ont diminué et se sont éparpillés. Le bombardier de l’avion portant la bombe a raté la cible d’environ 3 000 pieds et a détruit le village d’Hiroshima. Je ne crois pas que cela ait été un ratage intentionnel, mais une erreur parce que la bombe n’est pas tombée droit et à l’aplomb. Rappelez-vous, je vous prie, qu’elle était nouvelle et n’avait pas été essayée » (406).   • La ville devait être « sauvée » (406), elle ne l’a pas été.

e) Preuve que le « manque de fiabilité du machiniste et de la machine avait déjà joué son rôle fatal dès les premiers moments de l’âge atomique » (id.).

f) Le jour même, ce 6 août 1945, 200.000 morts plus tard   • Eatherly décide de passer le restant de sa vie à lutter :   • Contre l’arme atomique, la prolifération nucléaire et la guerre.

g) Vie d’errance :   • Commercial dans une société pétrolière   • Tentative de suicide   • Hospitalisé dans un hôpital militaire bien que civil…   • Falsifie des chèques   • Escroquerie   • Prison   • Effectue un braquage, mais laisse l’argent en partant   • Jugé irresponsable, bénéficie d’un non-lieu…   • Représentant de commerce dans un garage   • Deuxième tentative de suicide   • Nouveaux braquages   • Internement   • Meurt le 1er juillet 1978 – cancer de la thyroïde

h) Étonnement Günther Anders écrit : « Que sa mort prématurée d’un cancer ait quelque chose à voir avec Hiroshima, je considère cela comme une rumeur tendancieuse qui n’a rien de sérieux » (45).


3./ QUI EST FOU ?

a) La folie : une décision politique décrétée en cas d’opposition au pouvoir dominant   • Le fou : celui qui dit non à la folie de son temps

b) Dans ses lettres, Claude Eatherly se montre lucide, clair, intelligent, équilibré   • Soucieux d’autrui   • Ne transfigure pas le réel

c) L’intuition en fait un fou   • Le personnel soignant, non   • Claude Eatherly : « Pour la plupart des gens, ma rébellion contre la guerre est signe de folie » (382).

d) Fou celui qui se rebelle contre le diagnostic qui fait de lui un fou   • Folie la critique de la décision de l’institution   • Folie les tentatives d’évasion

e) L’opposition pacifique aux décisions de l’hôpital militaire lui vaut le transfert dans le pavillon réservé aux violents !

f) On traite sa lucidité critique par des médicaments qui altèrent son raisonnement et son écriture   • A l’approche de la date d’Hiroshima, on augmente les doses…


4./ UNE CONTRE-FIGURE D’EICHMANN

a) A l’époque du procès Eichmann,   • L’avocat met en perspective le cas de son client et celui d’Eatherly

b) Günther Anders refuse :   • Eatherly, lui, connaît le remords  - Et vit l’expiation   • Eichmann fut coupable avec faute,   • Eatherly « coupable sans faute » (Hiroshima est partout, 415).

c) Pour Günther Anders c’est « l’affaire Dreyfus du XX° siècle »   • 25 lettres d’Anders à Eatherly   • 25 d’Eatherly à Anders   • Entre le 3 juin 1959 et le 11 juillet 1961

d) Günther Anders envoie une lettre à John F. Kennedy   • Récapitule les faits   • Le disculpe : « Il est anormal d’agir normalement pendant une situation anormale ou après ; ce qui est anormal, c’est que, après un choc épouvantable, un homme continue de vivre comme si rien n’était arrivé » (437).   • Comment vivre normalement quand on a contribué à effacer 200.000 vies de la planète ?   • Récuse la lecture freudienne :   • « Puis-je révéler en marge qu’une exploitation stupide et indigne du vocabulaire scientifique – commise afin de draper des demi-vérités dans la dignité de la science- a aussi, pendant des années, miné la réputation des Etats-Unis, du moins aux yeux de cercles cultivés dans le monde entier » (438).   • Cherche à se faire punir pour une faute qui justifierait la culpabilité   • Qu’il ressent   • Mais que l’Etat américain ne voit pas comme telle   • Pour lui : Hiroshima est démoniaque et condamnable  - Pour les USA, un acte de bravoure et d’héroïsme  - Le colonel qui commandait l’opération est devenu général…   • « Il existe quelque chose comme « le droit à la punition » - Hegel a inventé cette expression – et, s’il est un critère qui définit le non-délinquant, c’est le fait qu’il insiste sur ce droit. C’est précisément ce qu’Eatherly a fait : par le biais de ces simulacres de délits, il a tenté de faire appliquer la sanction pénale qu’on lui avait refusée » (439).  - Ce coupable sans faute invente des fautes qui donneraient un sens à sa culpabilité.  - Claude Eatherly a compris qu’il était un rouage dans une machine  - Et qu’il aurait pu dire non  - Au Japon, Eatherly est un héros  - On le présente comme « une victime d’Hiroshima » (442).  - Demande à JFK une commission indépendante pour le juger  - Et que JFK devienne un partisan de la lutte contre le nucléaire.


5./ LE DERNIER ANDERS

a) Militant pendant plus de 20 ans   • Jeûnes, guitares, fleurs, défilés

b) En 1987, dans Etat d’urgence et légitime défense (il a 85 ans)   • Change d’avis   • « On n’obtient qu’un seul effet en jeûnant : on a faim »

c) Toutes les armes non-violentes ayant été utilisées   • Les chefs d’Etat s’en moquent

d) Il faut recourir à la violence pour instaurer un ordre non-violent   • Les medias de masse ont créé une civilisation d’esclaves décérébrés   • Qui répètent des slogans sans penser par eux-mêmes   • Servitude volontaire   • La démocratie n’est plus possible   • Chacun répète ce qu’il a ingurgité en boucle depuis des années

e) « C’est donc plein d’effroi et d’incrédulité que j’écris et suis obligé d’écrire ce mot, car il n’y a pas d’autre moyen de survivre que de menacer ceux qui nous menacent. Ceux qui m’obligent à briser le tabou du meurtre peuvent être certains que je ne le leur pardonnerai jamais. J’exige et j’ai le droit d’exiger qu’on ne m’accuse pas de légèreté si, pour conclure, je répète ceci : si nous voulons assurer la survie de notre génération et celle des générations futures (une survie que nous ne pouvons qu’espérer), il n’y a pas d’alternative ; il n’y a pas d’autre moyen que d’informer clairement ceux qui persistent à mettre en danger la vie sur terre par leur utilisation de l’atome — peu importe qu’elle soit « guerrière » ou « pacifique » — et continuent à refuser systématiquement tout pourparler en vue d’y mettre un terme, qu’ils vont désormais tous autant qu’ils sont devoir se considérer comme notre cible. C’est pourquoi je déclare avec douleur mais détermination que nous n’hésiterons pas à tuer les hommes qui, par manque d’imagination ou de coeur, n’hésitent pas à mettre l’humanité en danger et à se rendre ainsi coupables d’un crime contre elle ».

f) Le 17 décembre 1992, cinq ans plus tard, donc, Günther Anders meurt   • Sans que personne n’ait pris son invitation au sérieux…

 

nucléaire-confort-de-demain

D’aucuns pensent que le terrorisme écologique constitue la menace du XXI° siècle la plus sérieuse.


BIBLIOGRAPHIE :

• Karl Jaspers, La bombe atomique et l’avenir de l’homme, Buchet Chastel

• Günther Anders :  - Hiroshima est partout, Seuil  - La menace nucléaire, Le serpent à plume  - Haine à l’état d’antiquité, Rivages Payot  - Kafka. Pour et contre, Circé  - Gorge Grosz, Allia

• Christophe David et Karin Parienti-Maire, Günther Anders, agir pour repousser la fin du monde, Kimé

 


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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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