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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 23:40

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

__________________

 

18) « UNE BIOETHIQUE CREATIONNISTE » - 20.08.2014

 

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !


SYNOPSIS 

 

1./ PENSER A CONTRE-COURANT

head-jonas-dessina) Jonas n’aime pas son époque :   • Trop faustienne, aventureuse, révolutionnaire, libertaire   • N’aime pas les grèves, la permissivité, la société des loisirs, la fin de l’autorité   • La revendication des droits contre le respect des lois.

b) Critique la fin du travail   • Et l’avènement du Violon d’Ingres pour chacun   • Le travail donne un sens à la vie   • Le loisir générera l’oisiveté   • Qui générera drogue, alcool, jeu, « frivolité sexuelle » (275)   • Excentricité, libertinage, excès   • Voire « éventuellement de la démence collective ».

c) Place l’intérêt général avant l’intérêt particulier.

d) Rétif aux potentialités bioéthiques   • Contre l’usage privé de la contraception, de la stérilisation, de l’avortement   • Contre les PMA en dehors du cadre familialiste, juridique, médical   • Contre toute expérimentation sur du vivant   • Contre les OGM   • Contre le clonage   • Contre les thérapies géniques   • Contre les greffes animales   • Contre l’acharnement thérapeutique   • Contre l’euthanasie   • Sur les positions d’un catholique conservateur.


2./ UNE ETHIQUE UTILITARISTE

a) L’art médical et la responsabilité humaine (1985).   • La technique est un pouvoir qui peut être mal utilisé :  - D’où la nécessité d’une éthique.

jonas - l'art médical...b) La technique n’est pas condamnée en tant que telle   • Mais relativement à ses usages.

c) Bons et mauvais usages de la contraception ou de l’avortement

d) Non à ce qui met en péril l’être et la durée de ce qui est   • Viser la vie et la survie de la planète

e) La technique :   • Dangereuse par ses succès, pas par ses échecs   • Grisé par ce qu’on obtient et qui réussit   • On en veut toujours plus   • Elle repousse les limites sur un terrain inconnu   • La technique veut le bien   • Mais à la longue échéance elle peut faire le mal   • Notre génération ne se soucie pas des générations futures   • Or elle influence l’être, le devenir, l’avenir de milliards de personnes dans les siècles à venir.


3./ ROMPRE AVEC L’ANTHROPOCENTRISME

a) L’homme n’est plus le centre ontologique et métaphysique du monde   • N’est pas la fin de toute chose à soi seul.

b) Jadis l’éthique concernait l’individu sans la biosphère   • Aujourd’hui : la biosphère avec l’homme   • Ce que peut l’homme contre l’homme atteint des sommets inédits   • Or pouvoir n’est pas devoir   • Nous ne devons que ce qui respecte l’être de la biosphère   • Utilitariste conséquentialiste.

c) Les engrais : bons ou mauvais ?   • Bons disait-on jadis :  - Augmentent les rendements de la production agricole  - Sur une planète surpeuplée  - La nature peut donc nourrir tout le monde   • Mauvais :  - Destruction des sous-sols  - Pollution des nappes phréatiques  - Ravage de la faune, de la flore  - Dévastation de l’équilibre écologique  - Ce qui visait un bien ponctuel et immédiat  - S’avère un mal considérable et durable.


4./ RUSE DE LA RAISON TECHNOLOGIQUE

a) La technique a permis :   • Recul de la mort   • maladies moins vite mortelles   • Augmentation de la durée de vie.

b) Conséquences :   • Augmentation de la population planétaire   • D’où exploitation de la planète    « Il est impensable, au plan éthique, que la technique biomédicale renonce à réduire la mortalité infantile dans les pays « sous-développés », qui ont des taux de natalité élevés, même si la misère due à la surpopulation pouvait être encore plus effrayante » (30).

c) Il faut soumettre la technique à un contrôle extra-technologique   • Ce qui est techniquement faisable est-il moralement possible ?   • Le philosophe doit contrôler.


5./ NAITRE OU NE PAS NAITRE ?

a) Le médecin doit considérer :   • La santé de son patient :  - Prévention, soin, guérison   • L’intérêt général et bien public :  - Communauté et collectivité

b) Avortement, stérilisation, contraception :   • Non pas restaurer une santé perdue  « La fécondité, la grossesse, la reproduction ne sont vraiment pas des maladies ; pourtant ils peuvent devenir des malheurs aussi bien privés que publics » (51).

c) Penser ces possibilités en regard de la collectivité.


A/. LA STERILISATION CHIRURGICALE

• Contredit le serment d’Hippocrate :   • Devoir de ne pas nuire   • Défendable « dans le cas limite d’une population en état d’extrême détresse et en aucun cas pour satisfaire une demande privée » (53).   • Non à la ligature des trompes et à la vasectomie   • Sauf dans des pays pauvres.


B/. L’AVORTEMENT

a) Parle de « foeticide »   • S’inscrit dans la perspective homicide, infanticide    « Caedere » = Crime   • Renvoie à « la responsabilité (qui) existe déjà pour la vie en germe » (54)

b) Avortement légitime :   • En cas d’enfant lourdement handicapé   • La mère ne décide pas   • Mais les médecins qui prennent en compte l’intérêt du foetus.


C/. LA CONTRACEPTION

a) « Même contre la « pilule » dont on peut dire que le médecin n’a qu’à veiller à son innocuité médicale, son utilisation étant pour le reste une affaire privée, même contre elle la responsabilité humaine peut objecter que son administration indifférenciée favorise le libertinage sexuel dans une société de toute façon hédoniste, et détache la sexualité de la reproduction et de l’amour » (54).   • Pas de contraception en cas de sexualité libre hors mariage, sentiment, famille et procréation

b) Refuser la contraception dans les pays riches   • L’imposer dans les pays pauvres.


D/. PMA, FECONDATION IN VITRO, TRANSFERT D’EMBRYON, TRI FOETAL, CLONAGE, THERAPIE GENIQUE

a) Aborde chacun de ces problèmes dans :    Biotechnologie. Une vision anticipatrice.

b) Exercices concrets d’heuristique de la peur.


E/. EUGENISME

a) L’eugénisme négatif, préventif :   • Eviter une maladie – diabète, hémophilie, épilepsie, schizophrénie   • Un « eugénisme préventif de la pitié » (199)

b) Le diabétique doit déjà sa vie à la technologie de l’insuline   • Doit déjà sa vie à la société   • Ne devrait-il pas renoncer de lui-même à procréer ?   • Dans l’intérêt de l’espèce    « Ceci est éthiquement correct au niveau individuel » (198).

c) L’épilepsie :   • Se priver de Dostoïevski ?    « Dans le fond, on ne devrait révéler le résultat du diagnostic prénatal en passant outre la force négative que dans le cas les plus extrêmes et les mieux compris seulement » (203).   • Les médecins taisent ce qui est bénin et disent ce que peuvent entendre les parents.

d) « L’eugénisme positif ou mélioriste » (203)   • Parle d’animaux dans les haras, de sélection des races   • Des humains : banque de sperme, d’ovules, insémination artificielle    « Que le diabète, l’épilepsie, la schizophrénie, l’hémophilie soient indésirables, pour ceux qui sont touchés comme pour leurs proches, ce n’est pas sujet à controverse. Mais ce qui est « mieux » - une tête froide ou un coeur chaleureux, une grande sensibilité ou une grande robustesse, un tempérament placide ou rebelle, et dans quelle proportion plutôt qu’une autre : qui doit déterminer cela, et en fonction de quelle connaissance ? La seule prétention à un tel savoir devrait être une raison suffisante pour disqualifier celui qui y prétend » (204).

e) Les gênes du coeur chaleureux ?

f) Récuse cet eugénisme :   • Appauvrit le stock génétique   • Met en péril la diversité prolixe de la nature.


F/. LE CLONAGE

a) Il pallie « la loterie de la reproduction bisexuelle avec ses risques imprévisibles de croisement entre séquences homologues et de recombinaison – ce qui garantit qu’il n’y ait pas deux individus semblables » (206).

b) Clonage duplication du Même ?

c) La personne clonée devrait « revivre une existence préalablement remplie » (212).   • Un individu cloné souffrirait « de l’antériorité d’un aîné qui a pourtant déjà démontré les potentialités de son être (tout au moins certaines d’entre elles) et a, de ce fait, anticipé leur authenticité pour lui » (213).    « C’est l’archétype du donneur connu qui lui dictera ses espérances, ses prédictions, ses espoirs et ses peurs, ses projets, ses comparaisons, ses critères de succès et d’échec, d’épanouissement de soi et de déception, pour tous ceux qui sont « au courant » - à la fois le clone et les témoins » (215).

d) Dans Puissance ou impuissance de la subjectivité (1981) :   • Jonas affirmait que nous sommes libres et responsables   • L’individu cloné ne le serait plus ?   • Il ne se déterminerait :  - Non pas dans la différenciation existentielle  - Mais dans la duplication existentielle ?   • Nous serions moins le produit de la liberté   • Que celui de nos gênes ?

e) « Peu importe (sic) que la réplication du génotype entraîne réellement (sic) la répétition du déroulement d’une vie : ce qui compte, c’est que le donneur a été choisi avec une telle idée, et que cette idée est tyrannique quant à ses effets » (215).   • Peu importe le réel   • Jonas postule que le clonage est mauvais   • Car « spolier délibérément un être humain en devenir de cette liberté est un crime inexpiable qui ne doit pas une seule fois être commis » (216).


G/. LE « CLONAGE THERAPEUTIQUE » ET « LA THERAPIE GENIQUE »

a) Une machine à fabriquer des monstres   • A produire des chimères qui supprimeront la nature humaine

b) Dans L’art médical et la responsabilité humaine   • Jonas oppose « la sagesse de la nature » (69) à « l’arrogance créatrice » (75).   • Sagesse de la nature ?  - Maladie, souffrance, douleur, cancer, mort d’enfant, épidémie, pandémie   • Arrogance créatrice ?  - Hygiène, asepsie, antisepsie, aspirine, pénicilline, transplantations, chirurgie ?

c) Jonas veut « dresser de nouveaux tabous » (76)   • Il souhaite « la crainte du sacré » (76).


H/. LE VIEILLISSEMENT

a) Faut-il travailler à « étendre la vie en général au-delà de la mesure naturelle » ? (59).   • Non   • Ni accélérer ce que veut la nature quand elle a décidé de la mort d’un être   • Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie   • Deux modalités de « l’arrogance créatrice » (75).

b) La médecine peut :   • Remplacer des organes usés   • Greffer des tissus congelés pour remplacer les parties affectées par l’âge   • Ralentir le processus biologique de vieillissement.

c) le doit-elle ?   • Non   • On vieillirait la population   • On empêcherait le surgissement de la jeunesse   • On amoindrirait la vitalité de l’espèce   • On causerait des dommages irréparables à l’humanité.

d) La mort est un processus naturel pour que la vie fasse oeuvre de régénération.


I/. MOURIR

jonas-le-droit-de-mourrir.gifa) Aborde la question de l’euthanasie dans :    Le droit de mourir (1978)   • Dans La compassion à elle seule ne fonde aucune éthique. Euthanasie et éthique (1989).

b) Difficulté à penser cette question en Allemagne   • Place la question de l’euthanasie en relation avec Mengele dans les camps…

c) Nouveauté du droit à mourir :   • Jadis on mourait plus tôt    « Il constitue éventuellement, dans des cas extrêmes, une forme d’intervention justifiée, mais que je déconseillerais de façon pressante » (Une éthique pour la nature, 99).

d) Dans des cas irréversibles « laisser mourir » (101)   • Eviter l’acharnement thérapeutique   • Débrancher des machines lourdes.

e) Dans d’autres cas, non    « La décision de mort ne doit pas échoir au médecin, en tout cas on ne doit jamais lui en reconnaître le droit car cela mettrait en danger le rôle du médecin dans la société, et risquerait peut-être de l’anéantir (…). Un patient ne doit jamais devoir soupçonner que son médecin risque de devenir son bourreau » (101).   • Qui le pourrait, alors ?     « L’époux ou l’épouse aimante qui connaît les souffrances de son conjoint peut éventuellement abréger ses souffrances au risque d’une peine d’emprisonnement. Mais on ne peut mettre en place aucune norme à ce sujet. Je dis simplement qu’il s’agit là d’une possibilité offerte à l’amour et à la capacité de décision ainsi qu’à la bonne volonté de ces personnes. Mais c’est impossible à codifier » (101).   • Autrement dit : pas de loi sur l’euthanasie.   • Renvoyer « aux décisions solitaires de l’amour » (117).


CONCLUSION

UNE PENSEE JUIVE POST-NAZIE

a) Six mois avant Mai 68 : s’affirme créationniste    Dieu a créé le monde   • La science a détruit cette idée et laissé l’homme sans repères.

b) Le judaïsme peut nous sauver :   • « Le judaïsme doit assurément prendre position ici et ce faisant, il ne doit pas être effrayé de contester quelques unes des chères croyances de la modernité. Je vais donc me risquer à faire quelques commentaires juifs sur la situation de l’éthique contemporaine » (233).   • « Porter attention à notre tradition est une prescription juive nous orientant pas uniquement vers la sagesse humaine que nous pouvons y recueillir mais aussi vers la voix de la révélation que nous pouvons entendre à travers elle. Au moins, la modestie d’une telle écoute – une modestie largement justifiée par notre impuissance face aux fruits et aux usages de nos pouvoirs acquis - peut nous prémunir d’écarter imprudemment les opinions bibliques apparemment (sic) archaïques comme étant de la simple mythologie qui relève de l’enfance de l’homme et a été abandonnée lors de notre accession à la maturité » (236).

c) Hans Jonas invite à écouter « la voix de la révélation » (236).   •  L’Histoire n’a pas confirmé cette voie.


BIBLIOGRAPHIE :

• Hans Jonas,  - Le droit de mourir, Rivages poche  - Evolution et liberté, Rivages  - L'art médical et la responsabilité humaine, Cerf  - Entre le néant et l'éternité, Belin  - Puissance ou impuissance de la subjectivité ? Cerf  - Le phénomène de la vie, De Boeck  - Essais philosophiques. Du credo ancien à l'homme technologique, Vrin

• Michel Onfray, Féeries anatomiques, Grasset


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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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