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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 23:25

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »


__________________

21) « UNE PHILOSOPHIE DU MOUSTIQUE » - 25.08.2014



  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 

SYNOPSIS  

 

 guntheranders1

 

1./ CONTRE L’ONTOLOGIE D’HEIDEGGER

a) Formé à la phénoménologie allemande   • Connaît les tics   • Sait le rapport au réel médiatisé par le concept qui éloigne du monde.   • Commentaire de commentaire   • Contre la philosophie universitaire.

anders-sur_la_pseudo_concretude.jpgb) Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger   • Dans Philosophy and phenomenology research, mars 1948   • Critique l’ontologie de Heidegger   • Mais pas son engagement politique.

c) Le Dasein :   • Situé hors la nature   • Hors un au-delà surnaturel   • Cet acosmisme permet un engagement nazi.

d) Le concret de Heidegger est un pseudo-concret   • Heidegger instaure la primauté de l’Etre sur l’étant – sur les étants.

e) Dans cette ontologie l’homme disparaît :   • Comme sujet de l’histoire   • Comme humain   • Comme individu concret   • N’est plus qu’un dasein dont l’activité consiste à être-pour-la-mort.

f) Ceci génère non pas l’oubli de l’Etre   • Mais l’oubli de l’histoire.   • L’oubli de la liberté politique,   • La négation de l’Autre.

g) Tout ceci contribue à préparer un terrain   • Qui n’est pas incompatible avec le nazisme.

h) Heidegger ne philosophe pas à partir de problèmes académiques et universitaires   • Il part des « terreurs philosophiques les plus élémentaires » (21).   • Passe à côté du concret.   • Ce qui prépare la catastrophe éthique, morale, spirituelle, métaphysique, ontologique.


2./ UN STYLE A PART

a) Günther Anders revendique une position à part dans la philosophie   • Pas dans les institutions,   • Pas dans les bibliothèques ou les amphithéâtres.   • Veut pouvoir faire « une philosophie du moustique » (27).   • Une philosophie de tout ce qu’il y a de plus concret.

anders-obsolescence de l'hommeb) L’obsolescence de l’homme :  Analyse :   • Le rôle néfaste de la télévision et de la radio. • Construisent un faux monde qui devient plus vrai que le vrai.   • Le rôle des images dans la formation de l’homme aliéné : « l’iconomanie » (17).   • L’importance du cinéma dans la fabrication de ce même monde   • La construction des stars   • Le maquillage comme désir de devenir une chose    • Le système pervers des objets   • La négation de la mort dans les funérariums   • Le jazz comme musique de l’abrutissement   • Le symptôme de la disparition du visage   • La menace de la bombe atomique   • La destruction du monde et de la nature par la technique   • L’importance des machines   • Et autres sujets délaissés par les philosophes institutionnels.

c) N’écrit pas des essais littéraires ou des analyses philosophiques universitaires.   • Mais un genre nouveau : « Quelque chose comme un hybride de métaphysique et de journalisme : une façon de philosopher qui prend pour objet la situation actuelle, c’est-à-dire des fragments caractéristiques de notre monde actuel » (22).

d) Penser le réel, le concret véritable.

e) Il faut donc un style nouveau :   • Juxtaposer passages factuels et analyses théoriques,  • Considérations anecdotiques et analyses philosophiques pointues,   • Des exemples empruntés à la vie triviale.

f) Met en scène un contradicteur puriste (heideggérien…) qui lui dirait :   • On ne peut philosopher sur les problèmes d’actualité   • On ne peut philosopher que sur l’ontologique et non sur l’ontique   • On ne peut partir du journal pour penser   • On ne peut partir du factuel anecdotique pour parvenir au philosophique – digression   • On ne peut accéder au général quand on part du particulier   • On ne saurait partir de l’empirique – ainsi la télévision.

g) Ce contradicteur n’est pas seul :   • Car « d’autres ont formulé la même mise en garde pendant deux mille cinq cents ans. Car en quoi a consisté la passion de la philosophie, celle qui a animé les philosophes les plus divers, si ce n’est à choisir de se détourner avec grandiloquence du contingent, du « mundus sensibilis », pour se tourner vers l’« essentiel », le « mundus intelligibilis » ? » (25).   • C’est la signature de la philosophie occidentale.

h) Or la philosophie n’est pas mysticisme, idéalisme,   • Contemplation fixe des principes   • Mais saisie de quelque chose de concret, de réel, de véritable, d’immanent.

i) Le philosophe n’est pas un être à part   • Il vit comme « l’honnête voisin de ses voisins de palier » (26)   • Vivant dans une multiplicité de singularités.

j) Les objets de prédilection du philosophe ?   • Le spécifique, le singulier, l’occasionnel, le contingent, l’empirique   • « Pourquoi avons-nous, par exemple, le droit, dans le cadre de l’anthropologie philosophique officiellement admise, de philosopher sur l’homme (qui n’est finalement lui aussi qu’une espèce empirique), alors que, si nous écrivions une « philosophie du moustique » ou une « philosophie de l’enfant », nous serions immédiatement soupçonnés de manquer de sérieux ? A cela il n’y a pas de réponse philosophique » (28).

k) Les philosophes institutionnels se réclament de la tradition pour empêcher ce genre de pensée.   • Ne se remettent jamais en cause   • Or la vocation de la philosophie, c’est de remettre en cause les idées reçues.

l) « Plus ils sont sûrs d’eux sous ce rapport, plus on a raison de se méfier d’eux en tant que philosophes » (28).   • Nomme les philosophes qui ont fait reculer les lignes   • Et que les philosophes officiels ont méprisés ou négligés :  - Kierkegaard, Nietzsche, Feuerbach, Darwin, Marx, Freud.   • Autant de philosophes qui ne se sont pas dits philosophes   • Insoucieux des interdits, des tabous, des limites institutionnelles quand ils ont écrit.

m) « Le lecteur comprendra qu’un amoureux de la vérité, qui prend modèle sur ces grands esprits exempts de préjugés, marche alors droit vers le singulier, laissant en suspens la question de savoir si, et jusqu’à quel point, ce qu’il fait là peut encore s’appeler philosophie » (28).   • Peu importe que la corporation adoube   • L’important est de faire avancer la pensée.

n) Quand Günther Anders pense la télévision   • Ne pense pas pour les professionnels de la philosophie   • Mais pour ceux qui regardent la télévision   • Afin qu’ils comprennent la toxicité du média   • Et vivent conscients de ce danger.


3./ UNE METHODE

• Revendique une méthode à part : l’exagération   • A laquelle (presque 25 ans avant Jonas) il donne « un sens heuristique » (29).   • Les phénomènes restent imperceptibles   • Tant qu’on ne les a pas grossis pour mieux les observer.   • Soit on exagère et l’on peut connaître   • Soit on n’exagère pas et l’on ne connaît pas.


4./ « LA HONTE PROMETHEENNE »

a) Il y a « honte prométhéenne » quand les hommes « constatent l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même fabriquées » (37).

b) L’artisan pouvait aimer son travail - qui l’avait conduit du morceau de bois au sabot.   • L’ouvrier ne le peut car il n’agit que sur un moment de la production   • Talent, savoir-faire, compétence, investissement comptent pour rien.

c) L’ouvrier a honte de ce qu’il fait   • Et honte d’avoir honte.

d) Pour dissimuler cette double honte   • Affecte l’impudence ou l’indifférence   • Il cherche à se tromper lui-même.

e) Tout autour de lui a été produit, fabriqué, artificialisé   • L’homme a honte de ne pas être lui aussi produit, fabriqué, etc   • Il veut alors passer dans le camp des instruments   • La honte de sa honte lui fait désirer d’être un objet   • Il travaille activement à sa réification – « auto-réification » (46).

f) Exemple du maquillage :   • Effacement de la nature au profit de l’artifice   • La femme ressemble à une chose   • Les ongles ne sont plus nus mais peints   • Transformés en instruments que les mains manipuleraient   • La finition froide du vernis : reniement du passé des ongles   • Idem avec cheveux, jambes, visage, corps tout entier   • Tout doit être travaillé pour ne pas apparaître nu   • Ce qui générerait la honte   • « Ce traitement du corps cherche à lui donner la beauté des choses fabriquées » (47).

g) A l’aide de « l’ingénierie humaine » (54) l’homme veut en finir avec son corps borné.   • Et le transformer en machine, sa divinité.

h) Pousse son corps aux points limites, de rupture   • Veut l’hybride et l’artificiel   • Se soumet à une série incroyable d’expériences pour reculer ses limites   • Recycle la haine puritaine des corps   • Se transforme en chose, en objet, en gadget   • Se soumet à l’accélération, à la dépressurisation, au froid, à la force centrifuge   • Si techniquement nous en sommes capables, alors il faut le faire !

i) Ces expériences sont des rites initiatiques   • Entrée dans la communauté des adultes   • Nous apprenons ce que nous devenons : - Un humain qui veut se réaliser dans le dépassement de l’humain.

j) L’idéal ?   • Le robot des dessins animés qui avance de manière saccadée, mécanique.   • L’homme se transforme en résidu, en gadget.   • Il renonce à être la mesure.   • Il abandonne sa liberté.


5./ LA REPRODUCTIBILITE

a) L’homme se veut post-humain, objet parmi les objets   • L’homme se sait borné et périssable   • Il se veut illimité et infini

b) La production d’objets infinis à partir d’une matrice sert de modèle à son désir faustien

c) Nous vivons dans une époque platonicienne :   • Les objets reproductibles participent d’une idée   • La matrice une permet de dupliquer des copies à l’infini

d) Chaque produit singulier a une durée de vie limitée   • Mais en tant qu’objet de série, il est immortel.   • Face à l’immortalité des objets produits en série   • L’homme mortel qui a honte de l’être   • Veut cette immortalité par la duplication.   • La honte inflige une fois de plus l’homme :   • Quand il comprend que « le platonisme industriel » (70) concerne les objets, pas lui.


6./ LE RECOURS A « L’ICONOMANIE »

a) « L’iconomanie » (75) :   • Prolifération invraisemblable et inédite d’images    • Ces images permettent à l’homme de se fabriquer des pièces de rechange   • Qui règlent son caractère périssable.

b) La photo de soi-même :   • Elle permet d’accéder à la reproduction de soi au même titre que les objets.

c) Limité et mortel dans sa vie singulière   • Illimité et immortel tant que les photographies le dupliquent.

d) Les stars :   • Photographiquement dupliquées à l’infini   • Deviennent des modèles pour un grand nombre   • Elles semblent disposer d’autant de vies que de reproductions photographiques   • Ces modèles entrent « dans la sphère des produits de série que nous reconnaissons comme ontologiquement supérieurs. C’est parce qu’ils réalisent triomphalement notre rêve d’être pareils aux choses, c’est parce qu’ils sont des parvenus qui ont réussi à s’intégrer au monde des produits, que nous en faisons des divinités » (76).

e) Comme le vernis à ongles,   • La star est un produit de masse diffusé selon les mêmes logiques   • Grâce à la publicité, la star est une marchandise comme la marchandise est une star   • Stars et marchandises se survivent après leur disparition.


7./ LE JAZZ, MUSIQUE DE MACHINES

a) La machine nous sert de modèle :   • Nous voulons devenir des machines.

b) Le jazz : musique machinale qui entre dans notre corps   • Le jazz est « la musique sur laquelle dansent les hommes de la révolution industrielle » (103).

c) Echo lointain aux tambours de la forêt vierge, des déserts, de la musique Nègre   • Trace de vie primitive et du désir sexuel impérieux.

d) Elle est surtout musique de machines :   • Elle dit « l’obsession précise d’une presse qui découpe, impassible et méticuleuse, le glissando de l’animalité en morceaux toujours identiques » (103).   • Musiques identiques, impersonnelles, automatiques.

e) Avec le jazz, la machine liquide la sexualité   • Il puise dans les machines la violence et l’énergie dont il a besoin   • Il transforme l’énergie animale en énergie mécanique.

f) Le temps disparaît dans cette musique :   • Elle ne connait que « la fureur de la répétition » (104).   • Exactement comme les machines.

g) La syncope est son principe, sur le mode de la ritournelle   • De même : les breaks suspendent l’orgie   • Ils assomment le danseur qui semble la victime d’un accident du travail…   • La mise hors-circuit qu’obtient le break prouve qu’on est bien pièce de machine   • C’est le point d’acmé de l’union avec la machine   • Le jazz : les coups de boutoir de la machine qui pénètre inlassablement les corps   • Chaque mesure est répétition   • Réitération de cet envahissement mécanique et machinique du corps transformé en machine.

h) Danser sur cette musique c’est faire triompher la machine.   • Actualiser la réfutation de son corps   • Contribuer à sa réification.

i) Il s’agit de « la religion de l’industrie » (104) :   • Orgies dans les boîtes de Harlem   • N’ayant plus rien à voir avec le divertissement   • « Ce sont des danses sacrificielles extatiques ou, pour mieux dire, des danses sacrificielles extatiques dédiées au Bal de la machine » (104).   • Les hommes sortent d’eux-mêmes pour s’unir au dieu des machines   • « C’est le culte industriel de Dionysos » (104).

j) Pendant ces danses, les humains perdent leur visage   • Preuve qu’ils sont devenus des machines   • Plus d’expressivité   • Tête baissée   • Visages dissimulés   • Visages impassibles, inexpressifs, glacés   • Visage devenu « un résidu, une pièce obsolète » (106).   • On le porte parce qu’on a pu le laisser au vestiaire   • Un genre de nouvelle honte surgit : la honte d’avoir un visage.   • « La honte d’être condamné à toujours porter ce stigmate d’individualité comme un legs oublié » (106).

k) Convient qu’il exagère peut-être…   • Mais il maintient que le visage s’efface sur la piste de danse   • Idem dans l’art contemporain : disparition du visage   • Fin du visage et avènement des machines coïncident.

l) Revient au jazz   • S’étonne qu’on puisse la prendre pour une musique sérieuse   • Trop peu sérieuse pour être exécutée dans une salle de concert   • La musique classique épargne le centre de l’auditeur,   • Pas le jazz qui modifie en profondeur l’éthos de façon durable et toxique  « Rien n’est plus sérieux, rien n’est plus lourd de conséquence, plus dangereux, plus destructeur que l’effet produit par cette musique qu’on se plaît à dire légère » (107).    • Le jazz impose à l’auditeur sa transformation en machine  « L’identité avec la machine est obtenue par la violence d’un rituel extatique » (108).   • Quand il danse l’homme dit qu’il ne veut pas mourir et devient une machine.


8./ LE MONDE COMME FANTOME

a) Chapitre : Le monde comme fantôme et comme matrice. Considérations philosophiques sur la radio et la télévision

b) Contre ceux qui lui reprocheraient de généraliser   • Et qui diraient que seul l’usage de la télévision pose problème   • Pas la télévision elle-même

c) Les hommes n’ont pas le choix de disposer librement de la technique   • C’est elle qui dispose d’eux

d) La télévision nous propose des images d’un réel   • Que nous ne vivons pas directement   • Nous y participons par l’image   • Qui entre chez nous, dans l’intimité de notre domicile   • Nous la consommons comme un produit   • Nous consommons collectivement des marchandises stéréotypées   • Produites en masse pour les foyers.

e) La télévision n’est pas un moyen au service d’une fin   • Mais un instrument particulier   • Qui nous détermine à être et à penser, puis agir d’une manière particulière

f) Günther Anders propose cette analyse à ceux qui se sont déjà demandé après avoir regardé une émission : « Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-on en train de me faire ? » (119).

g) Jadis, au cinéma, les gens se déplaçaient pour consommer une marchandise   • Perpétuation du théâtre

h) Désormais plus besoin d’aller à la marchandise   • Elle vient vers nous   • Dans nos foyers   • Et pour des millions de gens   • On consomme des produits de masse en famille, ou seul.

i) Naissance de « l’ermite de masse »   • Un spécimen dupliqué en très grande quantité  « Ils sont assis à des millions d’exemplaires séparés mais pourtant identiques, enfermés dans leurs cages tels des ermites, non pas pour fuir le monde, mais plutôt pour ne jamais, jamais manquer la moindre bribe du monde en effigie » (121).

j) Les téléspectateurs ont payé leur récepteur   • Victimes consentantes de leur endoctrinement   • L’homme se transforme en homme des masses   • Consommant les loisirs de masse qu’on lui propose  « Il paie pour se vendre. Sa propre servitude, celle-là même qu’il contribue à produire, il doit l’acquérir en l’achetant puisqu’elle est, elle aussi, devenue une marchandise » (122).

k) Le consommateur devient un collaborateur de la production

l) Plus besoin d’endoctriner les masses comme Hitler   • La liberté de la personne et les droits de l’individu semblent conservés   • Alors que l’individu est totalement soumis, aliéné   • Par un processus de conditionnement auquel il donne son aval   • La tyrannie arrive au domicile   • Et les gens lui ouvrent la porte   • Et l’accueillent avec plaisir   • Servitude volontaire.


9./ UN INSTRUMENT DE DESTRUCTION MASSIVE

a) Télévision et radio nient la vie familiale   • La famille est transformée en public miniature   • Elle est niée sous prétexte d’être reconstituée autour du poste   • Fin des conversations intimes et privées :  - Sur la vie quotidienne, le travail, l’école, les voisins, l’école des enfants, les camarades, les projets de loisirs, de vacances,  - La transmission des valeurs  - Celle des mémoires familiales   • La vie extérieure s’impose dans la maison

b) Abrutissement silencieux de chacun devant l’écran   • Sidération du regard dans le vide à l’écoute de la radio.

c) La famille devient fantomatique   • Pendant que la fiction de l’extérieur prend toute la place   • Et devient la réalité elle-même   • Le foyer contient le monde extérieur  « La télévision a liquidé le peu de vie communautaire et d’atmosphère familiale qui subsistait dans les pays les plus standardisés » (124).

d) Dès que la télévision entre dans le foyer   • Les fantômes triomphent de la réalité

e) La table fut jadis le centre symbolique et concret de la vie de famille   • Elle laisse place à la télévision   • Qui remplace la table comme point de convergence de la famille   • Ce meuble assure d’un point de fuite commun de la famille   • La télévision aspire les personnes dans un monde irréel, fantastique, fantomatique   • Présenté comme réel et concret.

f) La table concentrait regards, conversations, gestes, paroles, mouvements, conversations   • Elle agissait de manière centrifuge   • Les gens étaient assis autour d’elle   • Les uns en face des autres.

g) La télévision : chaises placées face à elles   • Elle interdit la parole et sa libre circulation   • Le côte-à-côte laisse place à la juxtaposition   • La télévision détruit la communauté   • En supprimant la parole entre les membres d’une même famille   • La télévision détruit la possibilité du langage   • Elle atteint notre capacité à l’expression.


10./ UNE VOIX QUI S’IMPOSE

a) Dans la relation avec la radio   • C’est la tierce personne qui importe   • Voix sans visage qui prescrit aux auditeurs « ce qu’ils doivent ressentir et comment ils doivent le ressentir, ce qu’ils doivent faire et comment ils doivent le faire pour se conformer à l’ordre du jour… et de la nuit » (126).   • Celui qui écoute s’occupe de celui qui s’occupe de lui.

b) Même quand les humains se parlent en écoutant la radio   • La voix continue à parler même dans le vide   • Elle donne l’impression qu’elle survivra à tout, même à la mort.

c) La parole cesse d’être ce qui se prononce pour devenir ce qui s’écoute   • Elle devient ce qui se reçoit passivement   • Et non ce qui s’émet activement.

d) Au sens étymologique :   • L’auditeur est un enfant : celui qui ne parle pas.

e) Advient alors une civilisation qui se construit sur la privation du Logos   • Conséquences terribles : « Elle produira un type d’homme qui, parce qu’il ne parle plus lui-même, n’a plus rien à dire ; un type d’homme qui, parce qu’il se contente d’écouter, n’est qu’un serf » (128).

f) La langue devient plus faible, plus pauvre, moins précise, plus grossière   • Son appauvrissement croit   • De même que le téléphone a tué la correspondance privé   • La parole en flux radiodiffusé ou télévisé détruit la capacité à la conversation   • A un usage précis, clair, logique, rigoureux de la langue   • Quand on découvre des correspondances du XIX° siècle   • Elles nous semblent « des chefs d’oeuvre d’attention et de justesse » (128) même si elles émanent de personnes de culture moyenne.

g) La subtilité de l’expression disparaissant   • C’est la subtilité de l’homme qui disparaît   • Sa vie devient plus grossière, plus pauvre, moins subtile.   • Car l’homme produit moins le langage qu’il n’en est un produit.

h) « L’homme est articulé comme lui-même il articule, et se désarticule quand il cesse d’articuler » (128).


BIBLIOGRAPHIE :

• Günther Anders, L'obsolescence de l'homme, Tome 1 & tome 2, Fario

• Günther Anders, Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger, Sens & Tonka

• Philippe Arjakovsky, François Fédier, Hadrien France-Lanord, Dictionnaire Martin Heidegger, Cerf

 


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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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