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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 23:28

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

_______________


7) « FABRIQUER DES "HOMMES SUPERFLUS" » - 05.08.2014

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !


SYNOPSIS


Les origines du totalitarisme, trois parties :   • L’antisémitisme,   • L’impérialisme,   • Le totalitarisme.


PREMIERE PARTIE : L’ANTISEMITISME


arendt antisemitisme1./ UNE PHENOMENOLOGIE PRAGMATIQUE

a) Ne théorise pas   • Traque ce qui « cristallise »

b) N’essentialise ni « le Juif », ni « le Nazi ».

c) Ceux qui essentialisent ne peuvent pas penser :   • Eichmann dans la banalité   • Le rôle des Conseils Juifs dans la sérénité.

d) Ni idéaliste, ni matérialiste, pragmatique   • Ne crée aucun concept   • Ne disserte sur aucune essence   • La Shoah et le Totalitarisme pensés dans la concrétude   • En phénoménologue qui analyse les faits   • Avec l’histoire fragmentée, explosée, diverse, multiple.

e) Dans L’antisémitisme : ne parle pas du Juif   • Mais de la multiplicité des êtres juifs   • Non pas l’Etre-Juif, mais les étants juifs :   • Les « juifs de cour » (233) qui finançaient les guerres de l’Etat français au XVII° et les « juifs pauvres » (292),   • Les « juifs riches » (233) et les « juifs parias »,   • Les juifs dans la presse, la finance, la diplomatie, le théâtre, la musique et les juifs escrocs impliqués dans les scandales, comme Panama.   • Les « notables juifs » qui veulent dominer « le peuple juif » (294), et les « juifs d’exception » (300) tel Disraëli,   • Les juifs baptisés et assimilés et les juifs sionistes,   • Les juifs dreyfusards et les « juifs antisémites » (345),   • Les juifs d’Alsace et les juifs français,   • Les juifs parisiens et les juifs d’Europe centrale,   • Les juifs de Bordeaux et les juifs des provinces de l’Est (237).

f) Pas question, donc, de parler du Juif…   • Le 1er qui essentialise :  - En 1792 : le journaliste Carl Wilhelm F. Grattenauer  - Stigmatise l’influence des juifs à Berlin  - Reprécise en 1802 avec un Wider die Juden dans lequel « il décrivait les Juifs comme l’essence même d’une société de philistins et de parvenus » (292).


2./ CONTRE SARTRE

a) Le Juif, une créature de l’antisémite

b) « Une connaissance même sommaire de l’histoire juive, dont le souci constant, depuis l’exil babylonien, a toujours été la survie du peuple juif, en dépit des dangers énormes résultant de sa dispersion, suffirait à écarter le mythe le plus récent sur ce sujet, devenu à la mode dans les cercles intellectuels depuis que l’« existentialisme » sartrien a défini le Juif comme celui qui est considéré et défini comme Juif par les autres » (185).


3./ UNE GRANDE FRESQUE

a) La geste juive dans plusieurs pays d’Europe au travers plusieurs siècles

b) Chantier profus et diffus

c) Ne répond pas à la question : pourquoi l’antisémitisme ?

d) Récuse les différentes explications :   • Le peuple juif bouc émissaire de la négativité dans une civilisation   • L’antisémitisme comme garantie de la survie du peuple juif   • Le juif comme figure emblématique du capital   • Les juifs organisés dans un complot secret   • L’antisémitisme comme garantie de la pérennité des juifs que l’assimilation mettrait en péril   • L’antisémitisme en relation avec les scandales économiques, politiques et financiers   • Le goût des juifs pour la célébrité ou la fréquentation des célébrités   • Les juifs comme agents de l’Angleterre

e) Répond à la question : comment l’antisémitisme ?   • Face à la réalité antisémite européenne,   • Une réponse s’impose : le sionisme   • Qui table sur la validité du modèle de l’Etat-Nation…   • … dont Hannah Arendt nous dit qu’il est en péril !

 


DEUXIEME PARTIE : L’IMPERIALISME

 

arendt imperialsme1./ LE ROLE DE LA BOURGEOISIE

a) La bourgeoisie souhaite de nouveaux débouchés pour ses marchés :   • Eloge de l’expansionnisme   • Avec assimilation   • Avec conquête violente et brutale   • Mettre la main sur les richesses du pays conquis.

b) L’impérialisme n’est pas le stade suprême du capitalisme   • Mais la première phase de la domination bourgeoise

c) Une première dans l’histoire :   • La classe possédante aspire à gouverner

d) La bourgeoisie défend alors les institutions et l’Etat :   • Car ces instruments permettent de conserver la propriété privée

e) La conquête de pays avec des sous-sols riches permet :   • De créer des richesses et des hommes superflus

f) L’impérialisme permet de créer une société inégalitaire :   • Maître / esclaves   • Blancs / noirs   • Européens / autochtones   • Races supérieures / races inférieures   • Il construit sa puissance sur le racisme.


2./ LE ROLE DE LA « POPULACE »

1) Ce qu’elle est :   a) Le peuple construit l’Histoire et sait dans quelle direction il va   b) La populace est une masse informe qui veut un maître  • Et l’acclame d’autant plus fort qu’il parle plus haut   c) Elle naît de la société dont elle est exclue  • Et du fait qu’elle n’est pas représentée dans les démocraties parlementaires     d) Elle est forte du rebut de la société   e) Juifs et gens de couleur : ses victimes prioritaires   f) Sensible à l’idéologie de la cause unique pour structurer l’univers  • L’idéologie attire et fédère cette masse   g) Ecrase tout ce qui est moins fort qu’elle.

2) Ce qu’elle fait :   • Dans l’impérialisme, elle s’allie avec le capital   • Elle s’allie avec la racaille sans foi ni loi utilisée par les colons   • Imperméable au discours chrétien et aux vertus évangéliques.


3./ PENSEE RACIALE, PENSEE RACISTE

a) Le racisme, idéologie de l’impérialisme   • La discrimination se fait dans la pensée raciale

b) Mais toute pensée raciale n’est pas une pensée raciste (Hannah Arendt)   • Il faut pour cela une activation de ces idées par la populace   • Conduite par un homme fort   • Qui se sert du discours pour rassembler autour de lui   • Et transformer cette populace en masse capable de mouvements   • Le mouvement de masse s’initie dans la récupération des forces de la populace par un meneur de foule.

c) Gobineau invente son propre arbre généalogique   • Pour s’inventer des racines de noble frustré   • Intellectuel romantique qui identifie chute de sa classe & chute de la France   • Puis chute de la civilisation, enfin chute de l’humanité.

d) Constat pessimiste :   • Impossible de le récupérer dans une idéologie raciale :   • On ne peut restaurer un ancien ordre définitivement perdu.

e) Avec sa pensée raciale, Gobineau n’invente pas le racisme   • Qui découle de Disraeli…


4./ DISRAELI

a) Hannah Arendt donne son portrait dans « un puissant magicien » (300)   • Juif assimilé, baptisé, brillant, ambitieux, dandy, intellectuel, romancier, béni des dieux, subtil, spirituel, intelligent, doué, mystérieux, virtuose,   • Prototype du « juif d’exception » (303),   • Sans nom et sans fortune,   • Mais ami de la reine,   • Se croyant élu issu du peuple élu sans croire au Dieu qui élit,   • Fasciné par les banquiers juifs et le pouvoir des sociétés secrètes,   • « C’était un Anglais impérialiste et un Juif chauvin » (309)

b) Admiration de Hannah Arendt pour le personnage   • Dont elle dit à plusieurs reprises… qu’il est un « charlatan » (310) !

c) Disraeli insiste « sur la supériorité de la race comme facteur déterminant de l’histoire et de la politique » (447).   • Ne met pas directement en place la politique raciale   • Mais invente un mécanisme dont découle le racisme :   • La bureaucratie   • L’usage du secret dans la tradition militaire disciplinaire   • Le gouvernement par rapports et décrets d’une caste fermée   • La gestion des choses par des mesures administratives pour produire le gouvernement des hommes.

d) Cette façon de faire n’est ni colonialiste ni raciste   • Mais elle contribue à nourrir le racisme du XX° siècle    • L’impérialisme est un pas vers le totalitarisme.

 


TROISIEME PARTIE : LE TOTALITARISME

 

arendt totalitarisme1./ HITLER ET STALINE

a) La IIIème partie : ce qui a valu sa réputation à Hannah Arendt   • Thèse :   • Parenté structurelle entre marxisme-léninisme de Staline et national-socialisme de Hitler   • Deux régimes dits totalitaires   • Les systèmes nazis et bolchevique constituent « des variantes du même modèle » (204).

b) Distingue : dictatures, tyrannies, despotismes, régimes totalitaires :   • Pétain, Franco relèvent des « dictatures non totalitaires » (615).   • Mussolini : « dictature fasciste de nature non totalitaire » (615)   • Mao et Castro, idem   • Régimes d’autorité,   • Avec parti unique,   • Construits autour d’un chef qui est un leader charismatique dont la parole fait la loi   • Liberté réduite   • La démocratie n’y existe pas   • Mais il ne s’agit pas de totalitarisme

c) La monarchie fonctionne avec l’honneur   • La république avec la vertu   • La tyrannie avec la peur   • Le régime totalitaire avec la terreur.

 

2./ FLUCTUATION DANS LES DATES

a) L’Allemagne devient totalitaire dès qu’elle établit les camps de concentration (1942) « Lorsque la guerre éclata, l’Allemagne n’était pas encore complètement totalitarisée » (745), soit 1940.   • Elle affirme également : « Jusqu’à présent, nous ne connaissons que deux formes authentiques de domination totalitaire : la dictature du national-socialisme après 1938, et celle du bolchevisme depuis 1930 » (758).

b) Après 1938 ? Nuit de Cristal ? du 9 novembre 1938 ?   • En Allemagne, les camps datent de 1933 : Dachau est le premier   • Idem avec l’incendie du Reichstag (1933)

c) Dans Eichmann à Jérusalem, Hannah Arendt écrit cette fois-ci : « Le régime nazi ne devient ouvertement totalitaire et ouvertement criminel qu’à partir du déclanchement de la guerre, le 1er septembre 1939 » (1085).

d) Cette valse hésitation sur la date qui permet de dater le totalitarisme :   • Après 38   • En 1939   • En 1940   • En 1942   • Cette valse permet de faire de Heidegger le Recteur d’un régime dictatorial…   • … mais pas totalitaire !

e) Hitler post 38, voire Hitler 42 et Staline 1930 : dates de naissance du totalitarisme   • Dans tous les cas : c’est Staline qui commence…

f) Hitler méprisait les fascismes européens   1) Mais les nazis avouaient « leur authentique admiration du régime bolchevique en Russie » (616).   2) Ailleurs : « Dès le début des années 20, Hitler reconnut l’affinité entre les mouvements nazis et communistes » (616) - à l’époque de Lénine, donc, en non de Staline…   3) Elle ajoute : « Le seul homme pour lequel Hitler eût un respect sans borne était le génial Staline ».   4) Puis ceci : « Nous savons (…) depuis le discours de Kroutchev devant le XX° congrès du Parti, que Staline n’eut confiance qu’en un seul homme, et que cet homme était Hitler » (617).   5) Elle précise également dans une note : « Nous savons aujourd’hui que Staline fut averti à maintes reprises de l’attaque imminente de Hitler contre l’Union Soviétique. Même lorsque l’attaché militaire soviétique à Berlin l’informa du jour de l’attaque nazie, Staline refusa de croire que Hitler violerait le pacte » (617).   6) Enfin ceci : « Hitler n’eut jamais l’intention de défendre l’Occident contre le bolchevisme, mais resta toujours prêt à s’allier aux Rouges pour la destruction de l’Occident, même au plus fort de la lutte contre la Russie soviétique » (616).

g) Le Pacte Germano-Soviétique avait un sens idéologique profond :   • Hitler & Staline se réunissent contre leurs ennemis communs :   • Le capitalisme et la finance   • La bourgeoisie et ses valeurs   • Le nihilisme et ses intellectuels   • Le décadentisme européen et l’impérialisme britannique   • Les juifs et leur « conspiration mondiale (fictive) » (216).

h) Dans Les origines du totalitarisme,   • Hannah Arendt ne parle jamais du pacte Germano-Soviétique, mais du « Pacte Germano-Russe » (415 et 556)   • Une façon subtile d’épargner la logique léniniste des soviets.


3./ IL FAUT SAUVER LE SOLDAT LENINE

a) La philosophe du totalitarisme conserve une certaine tendresse pour Lénine…   • La date de 1930 pour le totalitarisme en URSS permet d’épargner Lénine.

b) Lénine :   • L’homme de la Révolution Bolchevique de 1917   • Idéaux nobles, généreux, défendables   • Homme pragmatique :  - Sa Nouvelle Economie Politique de 1921 entamait une réconciliation entre peuple et gouvernants (205)   • Pragmatique (bis) :  - A sa mort, il n’excluait pas le recours à la coopérative, à l’économie privée, au socialisme ou au capitalisme d’Etat, voire à la libre entreprise.  - Ce qui aurait éviter de mettre en péril la nouvelle structure du pays (629)   • Fidèle :  - Restait fidèle à l’idéal des soviets qui « empêchaient le développement d’une autorité absolue de la hiérarchie du parti » (629)   • Humain (!) :  - Lénine avait mis en place une « terreur dictatoriale »  - Elle n’avait rien à voir avec « la terreur totalitaire » de Staline :  - La première « ne menace que (sic) les opposants authentiques, non les inoffensifs citoyens qui n’ont pas d’opinions politiques » (632)   • Fidèle (bis) :  - Lénine ne s’est jamais affranchi du programme du parti  - Une thèse de Boris Souvarine qu’Hannah Arendt récuse (635)   • Honnête :  - Lénine a reconnu avoir commis des erreurs (Hannah Arendt ne dit ni quand ni lesquelles…) au contraire de Trotski et Staline (667)…

c) Hannah Arendt s’insurge contre « la conviction compréhensible, mais historiquement insoutenable, qu’il y eut de Lénine à Staline un développement plus ou moins régulier » (206).

d) Pas de différence de degré entre les deux dictateurs mais une différence de nature :   • Lénine a effectivement activé la dictature révolutionnaire, mais Staline a mis en place le régime totalitaire (202, 627)

e) Lénine a bien mis en place « la dictature du parti unique »,   • Mais Staline « la domination totale » (205)

f) Lénine a défendu jusqu’à la fin le pouvoir des soviets issu de l’esprit de la Révolution de 1917,   • Staline a aboli ce vestige révolutionnaire au profit de la dictature totalitaire du parti et de la bureaucratie (629)…

g) Lénine est un dictateur au service de la révolution   • Son idéal ne manque pas de grandeur   • Il n’y aura de totalitarisme en URSS que 6 ans après la mort de Lénine…   • De même le totalitarisme cesse en URSS avec la mort de Staline en 1953 (188).

 

PARENTHESE :

Appels à la terreur de Lénine dans Comment organiser l’émulation ? (décembre 1917) :

1) Programme d’extermination   • « Guerre à mort aux riches et à leurs pique-assiette, les intellectuels bourgeois ; guerre aux filous, aux fainéants et aux voyous »   • Tous traités de « parasites », d’« insectes nuisibles »,   • De « puces (les filous) »   • De « punaises (les riches) ».

2) Invitation à dénoncer, emprisonner, terroriser, fusiller

3) Construction de camps pour les opposants en URSS dès 1917.


4./ QU’EST-CE QUE LE TOTALITARISME ?

Il y a totalitarisme quand il y a :   1) Production de camps   2) Gouvernement par la terreur   3) Contrôle de la totalité des activités d’un individu  • Jusqu’à l’abolition extrême de cet individu  • Au profit du triomphe de l’idée pure qui a présidé au régime :  • Société sans classes de marxistes-léninistes  • Société racialement pure des nazis  • Le totalitarisme fabrique des hommes superflus qui laissent toute la place à l’idéologie.


1) LA PRODUCTION DES CAMPS

a) Le camp « est la véritable institution centrale du pouvoir d’organisation totalitaire » (784).

b) Laboratoire dans lequel le pouvoir fabrique un homme nouveau   • Dépourvu de spontanéité   • Donc susceptible de se transformer en rouage passif de la mécanique politique :

c) « Les camps ne sont pas seulement destinés à l’extermination des gens et à la dégradation des êtres humains : ils servent aussi à l’horrible expérience qui consiste à éliminer, dans des conditions scientifiquement contrôlées, la spontanéité elle-même en tant qu’expression du comportement humain et à transformer la personnalité humaine en une simple chose, en quelque chose que même les animaux ne sont pas ; car le chien de Pavlov qui, comme on sait, était dressé à manger, non quand il avait faim, mais quand une sonnette retentissait, était un animal dénaturé » (783).

d) Il faut transformer les prisonniers en choses   • Mais aussi les gardiens de prisonniers en choses.

e) Cite David Rousset, Les jours de notre mort :   • Un gardien SS témoigne : « Je tape le plus souvent jusqu’à ce que j’éjacule. J’ai une femme et trois gosses à Breslau. J’étais autrefois un homme parfaitement normal. Voilà ce qu’ils ont fait de moi. Maintenant, quand ils me donnent une permission pour sortir, je ne vais plus chez moi. Je n’ose pas regarder ma femme en face » (805).

f) Le camp chosifie, il produit des choses pour un monde d’idées.

g) Sur les camps soviétiques :   • Hannah Arendt :   • Il existe des « camps d’anéantissement où l’on extermine systématiquement les prisonniers en les faisant mourir de faim et en les laissant dans le plus grand abandon » (789).   • «La tentative totalitaire de rendre les hommes superflus reflète l’expérience que font les masses modernes de leur superfluité sur une terre surpeuplée. Le monde du mourir, où l’on enseigne aux hommes qu’ils sont superflus à travers un mode de vie où le châtiment n’est pas fonction du crime, où l’exploitation se pratique sans profit, où le travail ne produit rien, est un lieu où se fabrique quotidiennement de l’absurde » (809).


2) LE GOUVERNEMENT PAR LA TERREUR

a) « La terreur totale, l’essence du totalitaire » (821).

b) La police y joue un rôle majeur.  • Dans une dictature, une tyrannie, un despotisme   • La police n’appréhende que les suspects, les ennemis objectifs   • Dans un régime totalitaire :   • Elle attaque tout le monde, chacun est un suspect en puissance

c) La police est asservie à la volonté du chef   • Elle n’a pas besoin de culpabilité   • Elle intervient sur décision politique du gouvernement   • Qui décide arbitrairement de passer à l’action contre une catégorie de la population   • « Le but ultime, partiellement atteint en Union Soviétique et clairement indiqué dans les dernières phases de la terreur nazie, est de n’avoir pour toute population dans les camps que cette catégorie de gens innocents » (796).

d) Chacun doit craindre l’arrestation   • Surtout s’il n’a rien à se reprocher

e) Cette police fait disparaitre ses victimes   • Elle efface leur vie passée :  - Elle s’arrange pour que cette vie n’ait jamais eu lieu

f) Elle est le bras armé du devenir chose   • Et du devenir superflu des hommes   • Dans une société où l’idéologie, la logique d’une idée, fait la loi

g) Elle pourvoit les camps en êtres qui s’effacent et disparaissent sans laisser de traces   • La néantisation de la population crée une sidération des hommes et des femmes   • D’où leur figement dans l’inaction.


3) LE CONTROLE DE TOUTES LES ACTIVITES DE TOUS LES INDIVIDUS

a) On peut dès lors résoudre ces énigmes :   • Pourquoi, dans les camps, y a-t-il eu aussi peu de révoltes ?   • Pourquoi les séditions ont-elles été aussi rares ?   • « Pourquoi des millions de gens se sont laissés mener sans résistance à la chambre à gaz » ? (806).   • Pourquoi personne n’a entrainé avec lui dans la mort son bourreau qui l’avait condamné ?   • Pourquoi, à la Libération, y a-t-il eu très peu de massacres spontanés des gardiens des camps SS ?

b) Réponses :   • Parce que « détruire l’individualité, c’est détruire la spontanéité » (806) et qu’on ne peut attendre d’hommes chosifiés qu’ils soient autres que des choses.   • La preuve de l’efficacité du totalitarisme c’est qu’il fabrique des hommes superflus qui consentent à la superfluité de leur être.


CONCLUSION

a) Le totalitarisme nous donne une leçon politique :   1) La ligne de partage n’est plus entre droite & gauche   2) Mais entre :  • Ce qui permet le système concentrationnaire  • Et ce qui ne le permet pas

b) Concernant les évènements de notre temps   • La vraie question après Auschwitz est : « Servent-ils oui ou non la domination totalitaire ? » (788).

c) Autrement dit :   • Aujourd’hui, quel régime fabrique des hommes superflus ?


BIBLIOGRAPHIE :

• Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme, Gallimard

• Jean Claude Poizat, Hannah Arendt, une introduction, Pocket

• Slavoj Zizek, Vous avez dit totalitarisme ? Cinq interventions sur les més(usages) d’une notion, Amsterdam

• Jean Paul Sartre, Réflexions sur la question juive, Idées Gallimard

 


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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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