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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 11:00

 

Du 25 juillet au 26 août 2011, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2010-2011 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 9e année - Le freudisme hérétique : Otto Gross, Wilhelm Reich et Erich Fromm

___________

 

11/ LES NÉVROSES DES ÉCONOMIQUEMENT FAIBLES - 08.08.2011

france culture podcasts onfray

"Michel Onfray propose une interprétation sociale des pensées de Sigmund Freud et Wilhelm Reich en étudiant le cas de leurs patients individuellement ou par segment de société."

 

Cliquez sur le logo (le podcast pour ceux qui naviguent avec Google) 

 ou  ici (pour ceux qui préfèrent d'autres navigateurs)


conf fr c reiche rose

SYNOPSIS :

1/. LES GRIEFS DE REICH CONTRE FREUD

1. Rappel des griefs :  a) L’efficacité thérapeutique  b) L’attention flottante  c) La pulsion de mort

2. Autre grief :

a) Le refus de la libération sexuelle comme thérapie possible  · cf. Freud, De la psychothérapie (1905)

b) Reich s’oppose à cette thèse :  · La fonction de l’orgasme :  · Si toute négativité n’est jamais que la manifestation d’une « force instinctuelle biologique, c’est-à-dire naturelle, alors il ne reste que peu de chances à la psychothérapie et même à nos idéaux culturels de haute valeur. Si même la pulsion d’autodestruction était un fait biologique immuable, il n’ y aurait plus d’autre perspective que la tuerie entre humains. S’il en était ainsi, les névroses ellesmêmes deviendraient des manifestations biologiques » (124).

c) Le nihilisme devrait alors triompher :  · A quoi bon vouloir soigner les gens ? Les guérir ?  · Vouloir la paix plutôt que la guerre ?  · Empêcher la barbarie ?


2./ LE SYLLOGISME FREUDIEN

a) La morale sexuelle « civilisée » et la maladie des temps modernes (1908) :  · Excellente phénoménologie de la misère sexuelle,  · De sa généalogie, de ses formes

b) Mais persiste :  · De la répression sexuelle va naître la civilisation  · Or on ne peut vouloir la fin de la civilisation  · Donc la répression est nécessaire …

c) La civilisation suppose :  · Mariage, fidélité, monogamie, sexualité conjugale, famille  · Chasteté, ascèse, renoncement à la libido

d) Freud ne condamne pas au nom de la morale  · Mais d’un certain darwinisme : l’être et la santé de l’espèce  · Ce régime, l’idéal ascétique, entrave le facteur de sélection virile qui, hors morale, améliore l’espèce :  · « Je n’ai pas acquis l’impression que l’abstinence sexuelle aide à former des hommes d’action énergiques et autonomes, ou des penseurs originaux, de hardis libérateurs et réformateurs ; elle forme bien souvent de braves faiblards qui plongeront plus tard dans la grande masse, laquelle a coutume de suivre en renâclant les impulsions données par des individus forts » (VIII.212).


3./ UNE CRITIQUE FREUDIENNE DE LA MORALE SEXUELLE

a) Le résultat de cette morale sexuelle ?  1. Énergie d’hommes d’action, hardiesse de libérateurs, charisme d’individus forts entravés,  2. Braves faiblards, suiveurs noyés dans la masse

b) A l’origine :  · La sexualité est simple, ludique, joyeuse  · Les besoins libidinaux sont naturellement satisfaits  · La sexualité est dissociée de la procréation

c) Ensuite :  · La sexualité est réprimée  · Associée à la production de la famille via le couple

d) Dès lors, via la sublimation :  · Les pulsions et instincts sont détournés vers des buts socialement acceptables  · Avec productions culturelles socialement admirables  · Freud : « L’augmentation des affections nerveuses dans notre société provient de l’accroissement de la restriction sexuelle » (VIII.209).

e) Le mariage, qui réduit le sexe au couple,  · Qui soumet l’acte sexuel à la procréation  · Qui ne laisse d’issue que dans l’abstinence, la chasteté, le renoncement  · Ou à une sexualité hygiénique – le devoir conjugal…

1. Renvoie les hommes à : · La masturbation  · A l’homosexualité  · Au bordel

2. Renvoie les femmes à :  · L’onanisme  · La frigidité  · La régression sexuelle – auto-érotisme  · Autant de pratiques qui génèrent la culpabilité, puis la névrose

3. Parfois les femmes investissent dans leur progéniture  · Mais le départ des enfants entraîne l’arrivée des désordres nerveux

f) Freud conclut : « La répression sexuelle chez un peuple augmente l’anxiété à vivre et l’angoisse de la mort » (VIII.218).  · Dès lors : que faire ?  · Un médicament risible : · « Le remède contre la nervosité découlant du mariage serait bien plutôt (mo : plutôt que de prendre pour épouse une femme nerveuse…) l’infidélité conjugale ; or, plus une femme a été éduquée dans la rigueur, plus elle s’est soumise sérieusement à l’exigence de la culture, plus elle redoute cette issue, et dans le conflit entre ses désirs et son sentiment du devoir elle cherche refuge encore… dans la névrose » (VIII.211)  · Un antidote auquel, en plus, la civilisation interdit le recours  · La répression ayant enseigné à n’y pas recourir


4./ DE L’IMPOSSIBILITÉ POUR FREUD D’UNE LIBÉRATION

a) Leçons d’introduction à la psychanalyse :  · « Il n’est pas question que le conseil de vivre pleinement sa sexualité puisse jouer un rôle dans la thérapie analytique » (XIV.448)

b) La solution ?  · Le divan freudien  · La cure personnelle, individualisée – payante…  · Mais surtout ne rien changer à la société

c) Le principe :  · « La culture doit être défendue contre l’individu », L’avenir d’une illusion (XVIII.146).


5./ REICH AUX ANTIPODES

a) La fonction de l’orgasme :  · « Je cherchais les raisons pour lesquelles un homme comme Freud avait mis son autorité à la disposition d’une idéologie conservatrice » (177).

b) Reich reçu par Freud,  · Le jeune croit que l’ancien soutient sa lecture sociologique et politique de l’inconscient

c) A la parution de Malaise dans la civilisation,  · Reich retrouve des échos de leurs conversations

d) Dans ce texte, Freud affirme que :  · Le bonheur n’est pas l’objectif d’une société  · Que le progrès s’effectue par le renoncement au plaisir  · Et par la soumission au principe de réalité

e) Reich :  · « Le bonheur culturel en général, et le bonheur sexuel en particulier, forment le contenu même de la vie et doivent être le but de toute entreprise sociale pratique » (168).  · Avec le tournant d’Au-delà du principe de plaisir (1920) :  · « La connaissance finit par avoir plus d’intérêt pour lui que le bonheur humain » (173).


6./ L’HISTOIRE CONTRE LA MÉTAPSYCHOLOGIE

a) Freud, un homme de bibliothèque :  · L’antiquité, les mythes, l'Égypte, la Grèce  · Thanatophilie freudienne  · Contemporain de Sophocle, d’Euripide  · Lit le réel à travers les mythes anciens

b) Plus contemporain des hiéroglyphes que de l’Europe de son temps  · Vit dans son cabinet  · Allonge sur son divan banquiers, artistes, bourgeois fortunés.  · Vit dans 17 pièces dans un quartier chic avec domesticité,  · Ignore ce qu’est un ouvrier, un pauvre, un chômeur…

c) Reich inscrit l’inconscient dans l’histoire

· L’inconscient de Reich est phénoménal, concret, biologique,

· Inscrit dans une histoire générale et individuelle  1. Non point les invariants psychiques anhistoriques :  · (Contre lesquels et sur lesquels on ne peut rien)  · Horde primitive, meurtre du père, complexe d’OEdipe, etc  · Avec transmission phylogénétique  2. Mais l’histoire et ses variables politiques :  · (Sur lesquels on peut agir)  · Conditions sociales  · Inscriptions communautaires  · Structures économiques  · Mode de production des biens  · Une transmission ontogénétique


7./ SOCIOLOGIE DES PATIENTS DE FREUD & REICH

a) Freud :

1. Clientèle choisie, aisée, sinon fortunée  · Capable de payer le prix d’une longue analyse  · De verbaliser, conceptualiser, parler, jouer avec les mots, les signes

2. Sociologie du divan freudien :  A) « Dora » : Ida Bauer  · La jeune fille d’un homme d’affaire  B) « Le Petit Hans » : Herbert Graf  · Le fils d’un musicologue et d’une comédienne  · Il deviendra directeur d’opéra et metteur en scène  C) « L’Homme aux rats » - Ernst Lanzer  · Un juriste brillant  D) « Le Président Schreiber»  · Président de la cour d’appel, candidat malheureux aux élections  E) « L’Homme aux loups » : un riche aristocrate russe  · Oisif vivant avec livrée et un grand train de vie

3. Ou sont les pauvres ? Les domestiques de ces gens ? Les cuisinières ? Les valets de chambre ? Les cochers de fiacre ? Etc

4. Découverte récente d’un cahier d’une patiente de Freud :  · « Anna G. » :  · Psychiatre

5. Édition récente de En analyse avec Freud de Manfred Pohlen  · Ernst Blum : riche héritier, directeur de sanatorium en dilettante, professeur à la polyclinique de Berne

b) Reich :  · Stigmatise « ce concept féodal d’une psychothérapie extrêmement individualiste » (64).


8./ MISÈRE DE LA PSYCHANALYSE : UNE LEGÉNDE FREUDIENNE

a) Congrès de Budapest, (septembre 1918) Freud a invité à « une psychothérapie populaire » :  · L’hagiographie présente Freud comme un défenseur de celle-ci :  · Cf. Peter Gay, Freud. Une vie (p.530).  · En omettant de préciser que Freud laissait cette tâche aux autres  · Lui se réservant le cabinet privé en ville.

b) Dans : Les voies nouvelles de la thérapeutique :  · « Les nécessités de l’existence nous obligent à nous en tenir aux classes sociales aisées, aux personnes habituées à choisir à leur gré leur médecin » (140).

c) Dans : Le début du traitement (1913) :  · Freud théorise l’incapacité pour les pauvres à mener à bien une analyse :

1. Au nom du « bénéfice de la maladie » :  · Le pauvre a plus intérêt à rester malade qu’à guérir  · Car sa pathologie lui ouvre la commisération des autres  · La charité publique, l’aide sociale.

2. Et de l’augmentation des résistances :  · Une séance gratuite décrédibiliserait le travail  · Elle augmenterait les résistances, interdirait la guérison

3. A qui fait remarquer à Freud que « le traitement psychanalytique (est) presque interdit aux gens pauvres »  · Freud répond : « Il y a peu de remèdes à ce mal ».


9./ PSYCHANALYSE DE LA MISÈRE

a) Pour Reich le cabinet freudien est :  · Une impasse coûteuse et élitiste  · Inefficace et conservatrice  · Individualiste et bourgeoise  · Freud soigne des bobos existentiels de clients fortunés  · Mais elle ignore « les névroses des économiquement faibles » (65)

b) Reich connaît les pauvres :  · Il travaille dans un dispensaire dès mai 1922 et ce pendant 8 années  · Il cherche des fonds  · Freud offre une partie de l’argent collecté pour son 70° anniversaire…

c) Cet Ambulatorium, clinique de ville,  · Ouvre des consultations gratuites  · Formes gratuitement des psychanalystes  · Chaque analyste en formation doit former gratis deux étudiants

d) Reich, premier assistant du patron jusqu’en 1928  · En devient le sous-directeur jusqu’en 1930.

e) On y soigne :  · Des ouvriers d’usine,  · Des employés,  · Du personnel, des domestiques,  · Des ouvriers agricoles,  · Des étudiants,  · Des chômeurs.

f) Une scène originelle :

1. En consultation, au dispensaire :  · Jeune et jolie ouvrière, 2 enfants et 1 nourrisson  · Incapable de parler,  · Elle lui tend un papier  · Il apprend qu’elle a perdu la parole quelques jours en amont.

2. Restaure la parole avec quelques séances d’hypnose.  · Confesse son obsession depuis des années :  · Peur de tuer ses enfants en les noyant  · Terrorisée par ses pulsions, envisage d’aller à la police  · Ce qui génère une nouvelle angoisse : être pendue  · Qui provoque la constriction de la gorge

3. Orpheline, élevée dans une famille d’accueil  · Vivant entassée avec 5 autres personnes dans une seule pièce  · Attouchements d’adultes  · Abandonnée par son mari, seule avec 3 enfants  · Travaux mal payés, rares, chômage, faim  · La haine contre le mari s’est déplacée sur les enfants  · Elle leur fait subir ce qu’elle a subi  · Insatisfaite sexuellement, collectionne les amants

4. Freud aurait convoqué l’angoisse de la fellation faite au père.  · Mais Reich écrit ceci :  · La fonction de l’orgasme :  · « J’allais la voir un jour dans son taudis. Là j’eus à me poser, non pas les nobles problèmes de l’étiologie des névroses, mais la question de savoir comment il était possible à un organisme humain de tolérer si longtemps une telle vie. Il n’y avait rien, absolument rien, pour l’éclairer ; rien que la misère, la solitude, les potins des voisins, le souci du pain quotidien et, par surcroît, les tracasseries criminelles du propriétaire et de l’employeur. La capacité de travail de ma patiente était exploitée à l’extrême. Dix heures de labeur quotidien lui rapportaient un peu plus de trente cents. En d’autres termes, elle et ses trois enfants étaient censés vivre avec une mensualité de dix dollars environ. La chose remarquable, c’est qu’ils vivaient. Comment y parvenaient-ils, je ne l’ai jamais su » (67).

5. Reich entreprend une collecte  · Place les enfants dans une institution  · La mère retrouve du travail  · Mais la misère subsiste  · et les conditions économiques et sociales aussi.

6. Le freudo-marxisme s’enracine dans cette expérience originaire.


BIBLIOGRAPHIE :

· Peter Gay, Freud. Une vie, Hachette

· Detlef Berthelsen, La famille Freud au jour le jour. Souvenirs de Paula Fichtl, puf

· Anna G., Mon analyse avec le professeur Freud, Aubier

· Freud, L'avenir d'une illusion, puf

· Freud, Malaise dans la civilisation, puf

· Freud, La morale sexuelle "culturelle" et la nervosité moderne, OEuvres complètes, tome VIII, puf

Marc  

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commentaires

cordroc'h j f 13/08/2011 13:20



C'est parceque l'homme ne sait plus se laisser aller aux rythmes naturels de la vie , ne sait plus et à peur de s'abandonner à ses émotions ,qu'il n'est plus capable de voir , entendre , sentir ,
toucher etc ...qu'il ne perçoit plus directement et instanrtanément la réalité , et qu'il a donc recours à des médiations culturelles , idéologiques et aujourd'hui technologiques .Tout cela est
du au manque de liens fondamentaux avec la nature qui ne s'établissent plus , ou de manière insuffisante .


C'est la nécéssité pour l'homme d'avoir recours à des substituts artificiels qui à engendré le monde dans lequel nous vivons , le condamnant ainsi à produire et consommer , vendre et acheter ,
travailler ,être fatigué , stressé etc ...à ne plus pouvoir , car il sagit bien de pouvoir ,accomplir certaines tâches et certains actes de manière spontanée .Il est donc obligé de faire
appel à sa volonté de chercher et de trouver des remèdes  à son mal-être (idéaux , idéologies ,thérapies, pour certains , drogues , alcools , perversions etc ...pour d'autres ) .Notre
société n'est pas la cause première des différents disfontionnements de l'individu ,elle ne fait que maintenir , entretenir et accentuer les problèmes résultant de la séparation originelle
homme-nature ,du vide existentiel plus ou moins important dont est victime tout individu naissant au sein de cette société .


Sans ce vide existentiel , ce manque de liens fondamentaux , l'homme aurait évolué différemment , certainement plus lentement , n'aurait pas développé une telle technologie , n'aurait pas inventé
toutes ses idéologies , n'aurait pas développé en lui tant de pervertions ,aurait donc pensé de manière différente .Oui mais voilà ,il n'a pas eu le choix à un certain moment crucial de son
évolution . Par contre il a toulours eu ,et a toujours la possibilité de tout revoir de A à Z ,il attend en espérant que les choses finiront par s'arranger par elles-mêmes , et il continue à
croire à certains prophètes .


 



monica 12/08/2011 17:35



Je suis bien d'accord avec vous.


La vie doit être vécue comme vous le formulez : Prendre chaque instant comme des petits cadeaux de la vie.


Mais vous savez bien que pour beaucoup de gens, la vie n'est pas toujours facile à vivre. Il y a le stress du travail, le souci des enfants, le vie conjugale qui parfois capote plus ou moins,etc.


Il faut savoir effectivement entendre le vent jouer dans les arbres, prendre du plaisir à regarder les vagues qui s'empressent de venir à votre rencontre comme des amies sur la plage, se laisser
envahir par la beauté d'un paysage de montagne, s'émouvoir à l'écoute d'un nocture de Chopin... mais pour cela, il ne faut pas se laisser aller, faire des efforts pour être disponible pour ces
moments-là. Ce n'est pas toujours une question de savoir, mais de pouvoir le faire. Cette énergie dont vous parlez et que chaque être a en lui, elle est parfois en baisse face aux difficultés que
l'on rencontre au quotidien.


C'est pourquoi, il me semble que lorsque lorsque vous sentez qu'elle vous quitte, il faut essayer de la rattraper, de la saisir à nouveau. Seul, c'est plus difficile ; accompagné de sages écrits
ou de nobles discours, cela peut aider. Ne le croyez-vous pas ?



cordroc'h j f 12/08/2011 12:40



C'est exactement cela Monica , chaque instant de la vie est un petit plaisir , et cela est possible pour celui ou celle qui sait être disponible et réceptif à l'imprévisible , l'inconnu , et qui
est capable d éprouver une vibration intérieure en entendant le vent souffler dans les arbres .Je suis content que vous me compreniez mieux . 



monica 12/08/2011 12:32



Ainsi écrit, je comprends de mieux en mieux votre commentaire concernant la recherche du plaisir comme étant un idéal...


Cette "force" dont vous parlez, c'est donc l'amour de la vie. Cet amour de la vie ne nous entraîne pas à rechercher le plaisir puisque il est en nous.



cordroc'h j f 12/08/2011 11:43



Bonjour à tous .


Pour répondre à Thomas ,le fait pour une personne de posséder une conscience "adéquate" ,que je nommerai "conscience de l'un et du tout " et que définirai comme étant la capacité à établir
spontanément des relations entre des faits ,évènements et phénomènes particuliers ,se produisant en apparence sans liens évidents ,de telle manière que le tout résultant de ces relations ainsi
percues, est en permanence présent à l'esprit . Le propre de cette conscience est donc la perception des relations entre les choses  , de la généralité , évitant d'avoir à établir ces
relations ,voir à les inventer ,à les préconcevoir à l'aide de la rationalité afin de ne pas se sentir plus ou moins perdu , incapable de se situer ,dans la diversité et la multiplicité ,le
mouvement perpétuel et l'aléatoire du processus naturel de vie .


Ce qu'il y derrière et à l'origine de cette conscience est l'amour de la vie . Donc pour une personne dotée d'une telle conscience ,le fait de vivre au sein d'une société , d'un système fondés
sur l'absence de cette conscience ,sur l'exploitation de celle-ci(l'absence) et la volonté de la maintenir , n'est pas une contrainte .Elle sait que si les choses sont ainsi , que si l'homme a ,à
une étape de son évolution, pris la voie de la domination de la nature après avoir du s'en séparé ,il n'est donc pas directement responsable de cet état des choses .Les circonstances ne lui ont
pas été favorables , et une fois pris dans l'engrenage de l'utilisation de substituts artificiels compensatoires du vide laisser par la séparation originelle ,il lui était très difficile de s'en
sortir par lui-même .


L'amour de la vie est le plus fort , et qui dit conscience dit compréhension et tolérance .De plus ,pour une personne dotée de cette conscience , la solitude est très appréciée .



monica 11/08/2011 18:58



J'ai ressenti l'importance de ces précisions au plus profond de mes entrailles de mère.


Merci à vous



monica 11/08/2011 18:52



Votre commentaire, Cordroc'h, effectivement, est très intéressant.



Frédéric 11/08/2011 16:17



C'est possible. J'espère ne pas avoir condamné ma fille à l'enfer en choisissant d'autres options. Merci en tout cas Cordroc'h pour ces précisions. 



cordroc'h j f 11/08/2011 13:31



L'élaboration des liens fondamentaux reliant originellement l'homme et la nature s'opère en grande partie durant les trois à cinq premières années d'existence de l'individu .Pourque ces
liens s'établissent et constituent une base existentielle solide ,la relation mère -enfant doit se dérouler sans qu'interviennent dans celle-ci de trop nombreuses et répétitives frustrations , ou
un trop important traumatisme .Cela implique une très grande attention et disponibilité de la part de la mère afin de pouvoir répondre rapidement aux différentes demandes et attendes de l'enfant
.Tout cecei étant entendu que l'enfant possède une très grande sensibilité ,lui permettant de percevoir et ressentir la moindre variation d'humeur chez la mère ,et d'en éprouver des émotions qui
graveront dans sa mémoire des souvenirs innaccessibles à la conscience , mais qui détermineront son carractère et son comportement . Le contexte , l'ambiance ,l'attitude des proches ,etc
...seront émotionnellement éprouvés et gravés dans l'inconscient , et conditionneront la relation de l'individu adulte que deviendra l'enfant avec la réalité extérieure .


Toute frustration trop importante ,causant une souffrance ,tel un manque répété régulièrement d'affection ,de soins ,de contact ,ou de trop longues attendes pour la satisfaction de la faim ,trop
de brusquerie , des paroles trop violentes ,des gestes brutaux ,etc ...tout cela constitue de multiples cassures dans ce qui devrait être une régularité, finissant par générer un sentiment
d'insécurité , une peur et une séparation de ce qui devrait formé un tout au sein duquel se sentir bien .Les liens ne pourront donc pas se former à l'intérieur de ce tout , et ne pourront donc
pas être transférer par la suite sur la réalité extérieure .


Pour que ce processus de la formation des liens fondamentaux fonctionne efficacement ,il faut à l'enfant une mère très présente et très attentionnée , il faut donc que'on lui laisse le temps
nécéssaire et l'énergie ,afin qu'elle apporte à l'enfant tout ce dont il a besoin . Il faut pouvoir laisser une relation fusionnelle se développer dans un premier temps qui monopolisera la mère
,pour permettre ensuite une séparation se faisant naturellement et progressivement en fonction de l' évolution des besoins physiologiques de l'enfant .Dans ce processus ,le père n'a pas à
intervenir en imposant sa présence a travers des demandes et exigeances qu'une morale lui accorderait .Ce n'est pas au père de décider de ce que la mère doit et ne doit pas faire , mais à la mère
de faire ce qu'elle estime devoir faire en priorité  . Or ,dans toute société patriarcale , c'est le père qui détient l'autorité ,dont il use et abuse pour la satisfaction prioritaire de ses
besoins et désirs , ce qui a pour conséquence d'empêcher la mère de se consacrer pleinement à l'enfant , qui passe après le père .Et cela ,parcequ'il est absolument vital pour l'homme (le sexe
masculin )de contrôler et dominer la nature ,passant par le contrôle et la domination de la femme et de l'enfant en lesquels  il faut empêcher la nature de s'exprimer .Cest ainsi
que le père introduit en l'enfant la frustration ,qui finira par produire la séparation prématurée de sa mère ,et de la nature ou de la réalité .


Je ne dis pas ici qu'il faut une absence du père mais une absence de l'autorité patriarcale ,pur produit de la culture et plus particulièrement des idéologies religieuses et socio-politiques
,toutes crées par le sexe masculin .Le père doit être présent mais rester à l'extérieur de la relation mère-enfant durant au moins les cinq premières années de l'enfant.


Je ne rentre pas dans les détails ,cela ferait un com trop long (il l'est déja ),mais je peux répondre aux questions concernant certains points précis .



Frédéric 11/08/2011 07:39



Ben justement, il me semble qu'à mon contact, ma fille développe "un profond enracinement, ou de solides fondations, ou une base existentielle suffisamment importante". Ca va vous faire rire,
mais je me considère partie intégrante de la nature. :)))


J'observe chez des proches les dégats qu'occasionne l'absence du père. Je n'ai pas eu envie de jouer ce jeu au début de la vie de ma fille, sous pretexte que c'est bon pour elle. Le
tricotage émotionnel me semble démarrer dès le plus jeune âge. 


On a plutôt tenté de trouver un équilibre dans la présence de chacun, ce qui n'est pas simple. Pas de dogmes. Etre soi-même, s'adapter et donner beaucoup à ce petit être vulnérable et dictateur
24/24. 


 



Thomas 11/08/2011 00:22



Monsieur Cordroc’hjf


Le peu d’individus qui possèderaient une conscience "adéquate" ne risqueraient-ils pas de rester perdus et inadaptés à la société telle qu’elle est, se confrontant à la majorité qui ne changera
jamais ?



marc 10/08/2011 20:11



cette education consisterait en fait pour un homme a laisser faire la nature se retirer pas intervenir ? un peu comme  "une pédagogie non autoritaire" de reich ? ça parait simple
personnellement je suis pour mais je crains le resultat  



monica 10/08/2011 19:44



Pourriez-vous m'expliquer, s'il vous plaît : ..."en imposant culturellement la séparation prématurée enfant-mère".


Je ne parviens pas à comprendre cette affirmation.


Merci à vous



cordroc'h j f 10/08/2011 15:07



Bonjour  Marc .


Très content que vous vous posiez ,et me posiez peut-être ,cette question fondamentale .Changer la manière chez les parents d'éduquer leurs enfants en passant par les institutions est
effectivement impossible , car cela exigerait carrément un changement de manière de penser , le renversement de toutes les valeurs ,si cher à Nietsche , une remise en question radicale des
plus de deux milles ans d'histoire ,et de ce fait, de la raison et de la civilisation humaine .Quant à une révolution , il faudrait d'abord que le peuple ait conscience du problème ,ce qui n'est
pas le cas ,pour des raisons que je pourrai exposer ultérieurement .


Il ne reste donc qu'une solution , que les individus ayant conscience du problème ,ayant donc échappé au conditionnement culturel ,ou étant parvenus à se sortir de l'idéologie humaine de la
domination de la nature ,permettent aux liens fondamentaux de se tisser entre leurs enfants et la nature , en évitant de trop intervenir , je parle ici des individus du sexe masculin ,dans la
relation mère-enfant , qui se transformera en relation homme-nature .Le patriarcat autoritaire ,symbole de l'idéologie humaine de la domination de la nature par l'homme , le rôle artificiel et
culturel du père au sein de la famille civilisée , sont ce qui permet à la séparation originelle homme-nature de perdurer à travers les siècles ,en imposant culturellement la séparation
prématurée enfant-mère . Cela rejoint directement certaines idées de Reich . La seule issue est donc la conscience individuelle ,devenant conscience universelle .



marc 10/08/2011 13:26



"permettre aux enfants de nouer des liens fondamentaux avec la nature" et comment ?


admettons que changer le systeme scolaire c’est possible  , faut prendre le pouvoir politique


mais l’education parentale a la maison est impossible a changer sauf peut-etre l’imposer par la revolution :)



cordroc'h j f 10/08/2011 12:13



D'accord avec vous Frédéric ,mais pour pouvoir prendre de la hauteur et voir les choses du dessus ,il faut préalablement posséder un profond enracinement ,ou de solides fondations,ou une base
existentielle suffisamment importante à partir de laquelle pouvoir s'aventurer dans les méandres de l'esprit humain en osant prendre le risque de se retrouver confronter à des choses que l'on
préférerait ne pas voir ,en continuant à les fuire en se contentant de suivre le troupeau .


La question est donc de savoir ce qu'il conviendrait de faire à grande échelle afin de permettre à tout individu de posséder une solide base existentielle , qui seule lui permettrait la prise de
conscience de lui-même et de la réalité .Reich fournit une réponse ,mais à mon avis il ne remonte pas assez loin dans l'histoire de l'homme afin de déterminer la problématique de celui-ci ,qui
est selon moi ,le fait de l'utilisation trop importante et systématique qu'à l'homme de son imagination ,de sa capacité de préconception et de projection dans le temps , faisant qu'il se
déconnecte de la réalité présente et fausse par là-même toutes les prévisions qu'il fait et ainsi donc, se condamne à échouer dans la réalisation des objectifs et finalités préconçues qu'il se
fixe .Un individu imagine la manière dont il voudrait que se déroule une relation sexuelle afin de parvenir à satisfaire ses besoins en la matière , et une fois confronter à la réalité de la
chose , se retrouve paralysé , ou tellement concentré à essayer de suivre le scénario imaginé , qu'il perd ses moyens ,qu'il n'éprouve pas ce qu'il avait imaginé pouvoir éprouver et qu'il en
éprouve donc une frustration .Le problème à l'origine est le manque de confiance en soi ,empêchant la capacité d'agir et de réagir spontanément en fonction de la manière dont se présentent les
choses instantanément . Et ce manque de confiance en soi provient d'un manque de liens fondamentaux ,d'un enracinement insuffisant ,avec et dans la nature , générant un manque de volonté de
puissance ,d'énergie vitale ,permettant d'agir sans la crainte de l'échec , sans complexes donc ,et spontanément en fonction des circonstances présentes .


C'est ce que j'appelle la séparation homme-nature , apparaissant avec la séparation prématurée de l'enfant de sa mère due à la volonté de l'homme de dominer et de se passer de la nature pour la
satisfaction de ses besoins vitaux .Volonté s'imposant à l'individu dès sa naissance sous la forme de l'éducation parentale ,puis scolaire ,et plus généralement de la culture dans laquelle il
baigne . L'homme ne laisse pas au temps ,le temps de faire son oeuvre en intervenant arbitrairement dans le processus naturel d'évolution se faisant selon les besoins physiologiques ,et non selon
la volonté humaine d'en prendre le contrôle .C'est dire s'il y a tout à revoir depuis que l'homme a du avoir recours à son imagination pour combler le vide laissé par la cassure originelle , ou
la séparation originelle homme-nature , intervenue il y a des milliers d'années , alors qu'il était encore plus près de ses cousins les singes que d'homo-sapiens . Est-ce à dire qu'il faudrait
revenir à l'état originel ? Certainement pas , mais il est possible de permettre à l'enfant de nouer des liens fondamentaux avec la nature et ainsi de permettre à la conscience de se dévelloper .
Tout un programme nécéssitant une volonté de la part de ceux détenant les commandes du système .



Frédéric 09/08/2011 23:04



Merci Monica


Sinon Michel Onfray m'a scotché à la fin du cours avec l'histoire désespérante de cette femme. L'effet est suremement amplifié par le décalage énorme qu'il y a avec les précédents points,
décrivant Freud dans sa tour d'ivoire. 


Passionnant moment de vérité d'un homme qui passe de l'autre côté. 



monica 09/08/2011 22:02



J'aime beaucoup cette phrase de Démocrite : "La conscience a été donnée à l'homme pour transformer la tragédie de la vie en comédie".



Frédéric 09/08/2011 16:03



Et pourtant Thomas, comment se sortir d'une situation tragique sans en prendre conscience ? C'est ce qui nous démarque des machines. Elles répètent et répètent automatiquement, sans aucun sens de
l'humour. Elles continueront à monter le rocher.  :-)


Elles apprennent, mais ne peuvent effectuer ce basculement qui nous parait si naturel : prendre de la hauteur sur une situation, et agir différemment. Lacher prise. 


Je crois que nous n'avons d'autre choix : il faut amplifier notre présence au monde, et ne pas mépriser son destin. De la conscience, encore plus de conscience !! :-) 


 



Thomas 08/08/2011 23:28



Tout seul dans la nuit, je feuillette "Le Mythe de Sisyphe" d’Albert Camus prélevé des étagères de la bibliothèque bien remplie, abandonnée pour un laps de temps qui paraît interminable. Je
voudrais partager avec vous ces quelques phrases soulignées en fluo par un lecteur passionné. Le pur hasard a voulu que cet extrait correspond bien au sujet de la conférence d’aujourd’hui.


"Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? L’ouvrier d’aujourd’hui travaille, tous les jours de
sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n’est pas moins absurde. Mais il n’est tragique qu’aux rares moments où il devient conscient. Sisyphe, prolétaire des dieux, impuissant et révolté, connaît
toute l’étendue de sa misérable condition : c’est à elle qu’il pense pendant sa descente. La clairvoyance qui devait faire son tourment consomme du même coup sa victoire. Il n’est pas de destin
qui ne se surmonte par le mépris."



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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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