Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 11:11
 
lepoint2049-questions-et-reponses-sur-lexistence-de-dieu2
Le Point du 22.12.2011 consacre un numéro supplément aux questions et réponses sur l'existence de Dieu. Ce que disent les scientifiques et philosophes, pourquoi Dieu est tendance, la vérité sur les prophètes, et, quand Dieu était une femme.
   
Ce dossier spécial, coordonné par Catherine Golliau et Olivia Recasens dont il faut saluer le travail de grande qualité, invite Jean d'Ormesson, Jean-Didier Vincent, Trinh Xuan Thuan, Boris Cyrulnik, Yves Coppens, Frédéric Lenoir, entre autres, et Michel Onfray, à s'étendre sur le sujet. Extrait :


                                                      
                                                          « Dieu n'est pas, point à la ligne
»


C. G. : L'athéisme a été défendu par les plus grands penseurs et par de nombreux scientifiques. Comment expliquez-vous qu'il n'ait pas réussi à tuer Dieu définitivement ?

M. O. : La pensée magique ne disparaîtra jamais sous l'effet de la pensée raisonnable et rationnelle. Les hommes préfèreront toujours une erreur qui les sécurise à une vérité qui les inquiète, ils voudront toujours plutôt une fiction qui les rassure qu'une certitude qui les angoisse - d'où la parenté caractérielle des sectes, des croyants de toutes les religions, des communistes, des freudiens, des lacaniens et autres tenants de la pensée magique, qui deviennent très violents en présence des lectures rationnelles de leurs mythologies. La fiction a de beaux jours devant elle et la réalité a du souci à se faire.

C.G : L’athéisme n’est-il pas finalement qu’une contre-foi, qui ne peut exister que dans son opposition aux religions dominantes et d’abord au christianisme ?
M.O. : Ne confondez pas la foi, la croyance et l’adhésion à une vérité, le consentement à une certitude : le scientifique ne croit pas que la terre est ronde, il le sait parce que c’est prouvé, visible et certain. L’athéisme est savoir et non croyance : l’homme est un animal comme le hérisson, mais il ne vient pas à l’idée de personne que le hérisson pourrait vivre une vie après sa mort. La fiction religieuse est un pur produit de l’angoisse existentielle humaine, une sécrétion mentale de l’humain incapable d’accepter sa finitude dans un cosmos qui lui montre son inanité personnelle. Dieu est l’assurance d’après vie d’un homme qui ne sait pas comment et pourquoi vivre sa vie…
 
C. G. : Si l'homme se définit par sa quête d'absolu, l'hédonisme, cette philosophie fondée sur la recherche du plaisir que vous défendez, peut-il suffire à la satisfaire ?

M. O. : Oui, l'homme est le seul animal qui se pose des questions sur la place de l'Univers et ne parvient pas à trouver de réponses satisfaisantes à ses interrogations parce qu'il est aussi, du fait de sa conscience, et de sa conscience d'être conscient, l'animal le plus orgueilleux. il cherche l'absolu, mais l'absolu n'existe pas ; voilà pourquoi la frustration est son lot pour toujours. dans cette configuration, bien sûr que l'hédonisme ne suffira pas. Du moins, il n'en sauvera qu'une poignée, et que peut-on espérer de mieux ?

C. G. : Beaucoup de croyants assurent connaître dans l'union avec leur dieu un plaisir extatique. L'athéisme, avec sa volonté de s'ancrer dansle réel, peut-il offrirlui aussi un passage vers ce typede ressenti ?

M. O. : Mais bien sûr. La religion a confisqué la spiritualité, elle prétend que l'extase, le mysticisme, le sacré, mais aussi la morale, l'éthique, le bien, le sens ne sont possibles que dans sa configuaration. Il n'en est rien, évidemment. Nous avons perdu le sens du sacré, mais le sacré fut d'abord païen, car il procédait d'une relation directe des hommes avec la nature et le cosmos. Les religiosn monothéistes ont intercalé le livre entre l'homme et le monde. 
Depuis, les prêtres font la loi et l’homme a été privé de contact direct avec la puissance de ce qui est. Seul le chamanisme dit encore aujourd’hui avec justesse ce que fut le sentiment religieux primitif : il nous faudrait retrouver le sens de  ce sacré païen, de cette extase matérielle, de cette mystique concrète - mais en évitant Dieu, les religions et la machinerie de haine de la vie qui se trouve associée à ces instances… 
 
C.G. : Mais qu’entendez-vous par « mystique concrète » ?
M.O. : La plupart du temps, la mystique a été confisquée par la religion officielle, qui se méfie des mystiques de leur vivant, mais qui les récupère après leur mort. Or le mysticisme suppose une relation directe avec les forces du cosmos, les énergies de la nature, la puissance de ce qui est, sans que Dieu y soit pour grand-chose. Quand Schopenhauer parle du « vouloir », Nietzsche  de la « volonté de puissance », Bergson de « l’élan vital » ou de « l’évolution créatrice », ils ne s’inscrivent pas dans des perspectives monothéistes, mais dans des logiques mystiques et concrètes : ils se branchent sur les forces du monde, nullement sur l’esprit d'une divinité.
 
C.G. : Vous évoquez positivement le « sacré païen ». Lequel, celui des grandes religions polythéistes de l’Antiquité, celles de Zeus ou Osiris ? Le paganisme des chamanes invocateurs des esprits ? Pourquoi cette pensée magique-là serait-elle plus positive ?
 
M.O. : Plus les religions sont institutionnelles et constituées, plus elles ont besoin de clergé, d’intermédiaires, plus elles supposent le texte, les mots, moins elles me plaisent. Ce que j‘aime dans le chamanisme des origines, c’est qu’il est probablement la résultante d’un rapport solitaire et direct entre un homme et le monde. C’est cette généalogie qui m’intéresse, l’époque où rien ne s’interpose entre l’être et le cosmos : le moment du sublime au cours duquel un être expérimente sa finitude devant le spectacle de ce que le philosophe libertin Saint-Evremond nomme la « vastitude ».

C. G. : Ce que vous refusez, finalement, est-ce le principe d'un Dieu en soi ou le Dieu autoritaire et exclusif des monothéismes issus de la Bible ?

M. O. : Pas besoin de Dieu, quel qu'en soit le nom. Je suis un athée radical qui nie l'existence de Dieu, du moins qui en montre l'inanité et démonte les mécanismes de sa construction comme fiction. Dieu n'est pas, point à la ligne. En revanche, il faut arracher aux religions des puissances philosophiques comme le sacré, le mysticisme, le spirituel et les rattacher à leur terreau d'origine : le réel concret. C'est ce que Nietzsche appelait avoir le « sens de la terre ».

Constance - Marc  
 

Partager cet article

commentaires

Aurélien 02/03/2017 14:44

Michel Onfray, en toute humilité, dans un moment où il est seul avec lui-même doit reconnaître une simple vérité; il ne sait pas. Il pense, faculté donné à chaque être humain, et ce de manière relative et subjective. Si un Absolu existe alors M.O. n'y a pas accès. Dieu existe ou n'existe pas. M.O., dans l'absolu, ne le sait pas et savoir reconnaître ce que l'on sait et ne sait pas est le début de la sagesse.
Socrate, Père de la Philosophie était un instrument du Divin Lui-même. A méditer.

constance 15/04/2012 21:55


De la philosophie à la spiritualité, Alexandre Jollien http://www.rts.ch/espace-2/programmes/a-vue-d-esprit/3880086-alexandre-jollien-et-la-quete-de-soi-09-04-2012.html?f=player/popup

momo 13/02/2012 12:40


Dans la page LIENS : http://poilagratter.over-blog.net/pages/liens-links-generalistes-6661447.html


Mais vous êtes les bienvenus dans la page résistantes à l'épilation si vous les préférer à poils

marc 09/02/2012 17:03


super ! et vous nous avez mis où ? dans les  résistants à l’épilation ou à dieu ? ;)

momo 09/02/2012 10:34


Je mets ce Blog dans les liens du mien.


http://poilagratter.over-blog.net/

Frédéric 29/12/2011 16:38


Merci Constance, c'est vrai que la sixième année avait aussi son lot de pépites. Le synopsis de Feuerbach.

constance 28/12/2011 20:00


La contre-histoire et Dieu http://www.dailymotion.com/video/x93ht0_de-construction-divine_webcam

monica 27/12/2011 12:38


Celui qui a des oreilles, vous m'en voyez réjouis.


Maintenant ouvrez grands vos yeux :


http://youtu.be/WLG5P5rZA_U

Celui qui a des oreilles 27/12/2011 09:29


Monica, j'ouïe que tu jouis.

constance 26/12/2011 22:06


melilotus, nous penser ? allons... :))


 


Je n'ai pas acheté la construction (j'achèterai son prochain sur Camus, puisque vous l'évoquez). Mais par contre, je l'ai écoutée. J'aime la voix de MO, ce que la parole peut avoir
de libre, les intonations, les sens cachés, les sourires, etc. ça me donne envie, p-ê vais-je de nouveau écouter mes podcasts :-)


 


Bonne année à vous aussi et à bientôt 

monica 26/12/2011 21:17


Frédéric, non, je ne veux pas que tu te retiennes de "partir en quête de nouveaux mystères". Ce sont les gens comme toi qui me donnent envie de jouir de la voie lactée : gentils, doux, réfléchis,
sensibles. S'ils n'existaient pas, je ne lèverais pas les yeux au ciel pour prier ma bonne étoile, je me contenterais des philosophes et je deviendrais un pur esprit ; ce que je ne veux
absolument pas devenir.


Melitotus, j'en suis à la page  108... et je jouis de mon lumbago, surtout lorsqu'il me laisse un moment de répit. Quand il me titille trop, je ris de l'instant présent et de me sentir
exister à 100 %. Quand il m'oublie, je reviens ici pour me réjouir de vos commentaires.


J'aime à nouveau Jean-Marie Guyau. C'est le haut de la page 86 qui m'a fait me désespérer de l'aimer. Cela va mieux. Mais j'ai hâte d'être à Nietzsche...

Melilotus 26/12/2011 18:37


Merci,quatuor  (commentaire 13 )pour
votre  info  re :La Construction du surhomme – les interventions de Michel Onfray  . On les connaît  Ce que je voudrais dire était d’avoir  vos opinions
personnelles sur l’oeuvre, si vous l’avez lu , aimé ou  non – être  d’accord ou en désaccord avec la
manière, dont M.Onfray.interprète  les idées de Nietzsche, assez objectivement , il paraît


 


Quoique les  participations médiatiques
aient une certaine importance, il me semble que


la lecture est l’unique moyen de vraiment 
connaître  une œuvre,,


 


(   Monica, le cœur
tendre  de ce Banquet , parlez-moi un jour de vos impressions., s.v.p ! . Merci . . Vous savez que La vie philosophique d’ A.Camus, le magnifique
, is already on the road , coming closer each day  for our delight , et que les critiques sont déjà en train de verser les fleuves de l’encre noir sur
l’œuvre  dans l’éternel retour de l’envie et de ressentiment ..Lire l’ouvrage ,  pour eux est seulement
une inutile perte de précieux temps.., tandis que connaître bien l’auteur  c’est  conditio sine qua
non..


Amicalement ,


j..


 


Bonne Année  à  tous !


PS: Amor fati=  le grand oui à la vie.


La soffrance est supportable  (---) elle est désirable, aimable, car elle joue un
role sèlectif dans la production de la force, de la vitalité.


Aimez son destin, c'est se  l'approprier  et se créer liberté"


( La Construction du surhomme, le quadruple nietzschéen  pp 303,304
)


Monica, ne m'en voulez-pas , cela va passer...

Frédéric 26/12/2011 18:05


Si si Monica, tu m'as ouvert un nouveau champs méditatif. Me retenir de partir en quête de nouveaux mystères. Me rapprocher de l'instant présent. Je remarque tout de même que plus j'avance dans
l'âge, plus je trouve que pas mal de choses reviennent en boucle. Je me fais moins avoir par la prétendue nouveauté. 


 


Pas mal cette idée, de choisir de vivre dans l'instant ce qu'on souhaiterait revivre encore et encore. Le lumbago ne me parait faire partie de ces envies :)))


Et franchement, pour te soigner Monica, mieux vaut un bon ostéopathe même pas sur-homme, qu'une excellente philosophie. :) 


 


D'ac' pour les amis. J'espère que certains que j'ai perdu me reviendront un jour. De belles retrouvailles :)


 

monica 26/12/2011 16:33


Tu n'as pas besoin de mes envolées de vieille petite fille, Frédéric, pour méditer, je le sais.


J'ai envie de devenir poète aujourd'hui car depuis avant hier, j'ai un p... de lumbago qui me vrille les reins et je suis devenue en quelques heures une petite vieille qui ne pourra pas aller à
son cours de tango ce soir (en en plus, j'ai pris ma semaine de congés, c'est pas de chance, j'aurais préféré un arrêt de travail !). La poésie ça calme les âmes qui ne dansent plus. Donc,
l'aube, les couchers de soleil...sans rime c'est encore mieux...


Du coup, je prends aussi le temps pour lire "la construction du surhomme" plus rapidement que prévu et je vais de plaisir en déception. J'en suis encore à Jean-Marie Guyau qui ne me
plaît vraiment pas. Vivement la partie sur Nietzsche...


Ce que j'ai appris de la philosophie, c'est qu'il faut que j'accepte ce qui m'arrive. Après tout, ce n'est qu'un foutu lumbago survenu après la décompression d'une année de turbin
pleine de rebondissements.


...Comme d'habitude, je passe du coq à l'âne...


S'il y a une chose en laquelle il faut croire, messieurs et mesdames les athées, c'est l'amitié. Quand elle frappe à votre porte, prenez-la dans vos bras sans serrer trop fort car elle est
fragile comme la rosée du matin. Un ami a frappé à ma porte cette année, et s'inquiète de moi... c'est du bonheur.


Amor fati.

Frédéric 26/12/2011 14:20


C'est très beau, Monica. Je le méditerai avec soin :)

monica 26/12/2011 07:20


Mystique : "relatif aux mystères"


Imaginer : "hallucination", "vision".


Plus j'approche de la fin de ma vie, moins j'ai besoin de penser aux mystères de l'univers, et à m'imaginer poussières d'étoile...


J'aspire en redécouvrant le jour chaque matin à passer une journée avec le plus de bonheurs possibles ; le soir, en levant les yeux vers un coucher de soleil, je ne souhaite
conserver à l'esprit que les meilleurs moments de la journée.


C'est peut-être le privilège de l'âge, de ne vouloir contempler que ce qui est visible, concret, gorgé de réalités sublimes, comme la fleur, la mer, un beau visage, le parfum des
plantes, et oublier que l'on n'est rien et se dire que finalement on fait partie d'un tout, et que c'est bon. 

Frédéric 25/12/2011 22:10


C'est vrai Monica, que mon com' d'avant hier était confus. Alors, je remets le couvert :-)


 


Je trouve apaisante, l'expérience de se sentir aussi vaste que l'univers, plutôt que de se sentir fini, comme le suggère Onfray. Et c'est vrai que les expériences mystiques poussent à se
ressentir notre finitude : elles me remettent à ma place face à l'immensité. Je suis tout riquiqui. 


 


A l'inverse, les sciences et plus particulièrement la cosmologie, m'apportent l'inverse : face à l'infini, je me sens infinité de possibles, grâce à l'imaginaire. L'esprit humain s'aventure
partout. Nous avons découvert il y a peu, que nous ne sommes que poussières d'étoiles : les atomes qui nous composent ont été créés dans la fournaise d'étoiles, qui ont explosés il y a des
milliards d'années. 


 


La science nous fait sentir l'infini en l'accrochant au réel. Cela me parait aujourd'hui créer un horizon qui dépasse celui que nous offre les religions. C'est en cela que notre époque me parait
formidable : Nous pouvons contempler l'infini cosmique qui a enfanté notre corps, par notre esprit. Il suffit de se plonger dans un ou deux bons bouquins d'Hubert Reeves. 


 


On peut pousser la promenade sur ce chemin, en pensant l'humanité autrement : son histoire a engendré notre esprit, et nous pousse, de générations en générations, à nous individualiser, à devenir
nous-même. En cela, nous pouvons remercier ceux qui ont errés des millénaires, en croyant des balivernes pour se rassurer (les foudres de Zeus, le souffle de Poséidon, etc bien sûr ;o) ).


 


Cela me parait être un mouvement de balancier : l'esprit et le corps se découvrent mutuellement : on a besoin de nos doigts pour manipuler les téléscopes. On a besoin de la raison pour comprendre
les découvertes. 


 

Frédéric 24/12/2011 12:18


Ouép. Clair qu'il n'est pas simple de communiquer par écrans interposés. 


 


Joyeux Noël !

marc 24/12/2011 10:00


très cher épicurien 


vous êtes un autrui si gentil hédoniste adorable et compréhensif 


que la joie et le bon humeur sont revenus et entrés dans mon cœur pour l’éternité grâce à vous  


les passions joyeuses m’habitent maintenant alléluia ! Comment vous avez deviné ma tristesse ? 


je vous aime mon frère  j‘espère de tout mon cœur que vous me pardonneriez ce moment d’égarement et que l’entente cordiale va  régner sur ce banquet  qui ne serait rien sans vos
conseilles


J’ai hâte d’être invité chez vous à votre banquet d’idéal hédoniste j’ai toujours soif d’apprendre et de m’améliorer


Oublions les sadiens lepénisme freudisme et radicalisme mal compris  communions dans la joie !

monica 24/12/2011 07:02


Je n'aime pas trop, Epicurien, que vous nommiez Michel Onfray de "le père Onfray"...Cette familiarité est trop facile. Dites-vous le père Spinoza, le père Epicure, le père Jerphagnon ?...


Je comprends Marc quand il dit que revendiquer un athéisme radical ne fait de mal à personne. Michel Onfray peut se permettre de ne pas être tiède dans son athéisme ; il s'en explique avec
intelligence et sans violence à chaque fois qu'il en parle.


Moi qui doute, cela me plaît qu'un philosophe parle avec fermeté de ce qu'il pense des croyances, religions, fables de toute sorte, et qu'il en parle sans attaquer ni insulter personne.

un épicurien 24/12/2011 01:22


Qui a dit que j'étais agnostique, ou même que je représentais les agnostiques ? Personne me semble-t-il. Je n'ai pas non plus suggéré que l'athéisme ou les athées me posent de problème. Je n'ai
même pas eu l'audace defaire appel aux métaphores freudiennes que vous m'attribuez. Comme vous l'aurez très probablement remarqué, j'ai plus précisément critiqué une certaine sorte de
radicalisme.




D'autre part, je pense que l'agnosticisme n'est pas une position beaucoup plus confortable que l'athéisme de nos jour. Vous conviendrez que dans nos sociétés laïques, il n'y a plus grand chose
de révolutionnaire à se déclarer athée ou anti-religieux. J'irai même jusqu'à dire que la mode est plus au combat contre les religions et les croyants (pour le meilleur et pour le pire) qu'à
l'entente cordiale.


L'agnosticisme, que vous semblez execrer cher Marc, représente une position tout aussi valable qu'une autre. Notre ami Onfray parle régulièrement de perspectivisme, peut-être serait-il temps de
le mettre en pratique avant de taxer autrui d'hypocrite, de "tiède" ou de "faux-cul". Il s'agit, pour être cohérent avec l'idéal hédoniste qu'on proclame défendre, de chercher à comprendre
avant de dénigrer ou de se moquer.


 


Enfin, il me semble que le fait même que nous essayions d'en discuter invalide votre argument de l'opinion commune. Contrairement à ce que vous semblez penser, je n'essaie surtout pas de vous
baillonner ou de dénigrer votre position. Je tente seulement de provoquer le dialogue entre gens raisonnables. Car il me semble que dans un banquet hédoniste, les convives, quelles que soient
leurs affiliations politiques (j'ai noté votre antagonisme pour le centrisme) ou philosophiques, doivent pouvoir échanger dans la joie et la bonne humeur, même lorsqu'il y a désaccord.


Allons cher Marc, reprenez-vous voyons, on dirait que vous nous faite une poussée de passions tristes :)

marc 24/12/2011 00:15


l’agnosticisme ne me pose pas de problème c’est l’athéisme radical qui pose le problème aux agnostiques , la preuve


tout le monde est agnostique maintenant c’est très confortable  


ça permet d’être gentil avec tous , centriste à la bayrou , prudent et faux cul à la « pari de pascal » , garder le beurre l’argent du beurre et la crémière , surtout pas se mouiller et encore on
passe pour très tolérant  et ouvert d’esprit


alors prouvez-le et laissez quelques athées radicaux penser ce qu‘ils veulent sans les traiter de pères violents qui n’ont rien compris , vous avez tout compris c’est le principal , vous
représentez  la pensée unique et majoritaire alors calmez-vous 

un épicurien 23/12/2011 22:14


Si c'est l'interprètation que vous désirez faire de ce que j'essaie de dire cher Marc, grand bien vous en fasse.


 


L'agnosticisme a l'air de vous poser problème. Je peux le concevoir. Je peux aussi concevoir que tel un jeune ado plein de fougue qui se découvre une volonté de puissance sans limite on désir
militer et affirmer haut et fort que le radicalisme est tout ce qui compte et que toute position plus réservée ou plus subtile ne relève que d'une tièdeur effrayée.


 


En matière de religion plus qu'ailleurs, je pense que Leibniz avait raison lorsqu'il écrivait : "Mettez-vous à la place d'autrui et vous aurez le bon point de vue pour décider ce qui est juste."


Et, enfin, il me semble qu'on peut en même temps prendre du plaisir à lire Onfray et Jerphagnon pour leurs qualités respectives. Mais peut être qu'un radicalisme mal compris peut poser quelques
difficultés dans cette aventure.

marc 23/12/2011 21:51


oui quand on se considère comme un athée  radical et on le revendique c’est un peu  nécessaire


les athées tièdes effrayés et fidèles  y en a des tonnes


alors un comme onfray ne peut pas faire mal à personne


surtout qu’on peut lire tranquillement jerphagnon  et pas s’occuper d’onfray

un épicurien 23/12/2011 21:35


Est-t-il nécessaire d'être radical pour être considéré athée ? Je ne le pense pas.


Or quelqu'un qui affirme d'un ton péremptoire "Dieu n'est pas, point à la ligne", c'est quelqu'un d'un peu trop radical à mes pauvres yeux, même si ce quelqu'un est par ailleurs très pertinent
sur d'autres thèmes.

marc 23/12/2011 21:27


quelle bonne nouvelle , un oncle épicurien qui a échoué  chez les sadiens vient d’apprendre que l’auteur du traité d’athéologie est un peur radical sur le sujet de dieu 

un épicurien 23/12/2011 20:41


Un peu trop radicale et violent le père Onfray sur le sujet... (mais tout philosophe a la philosophie de son corps et de son histoire)


Je préfère amplement lire Lucien Jerphagnon, beaucoup plus posé, nuancé et subtile sur la question. Tout croyant qu'il était, il est toujours resté méfiant, tant ce qui concerne la croyance que
pour ce qui est de ceux qui ont fait un commerce du "circulez il n'y a rien à croire".

monica 23/12/2011 20:04


Ah ! oui, j'ai relu ton com, Frédéric.


Tu as raison, sans limite comme l'univers, limité face à nos enfants.


Je parle de "petit", de "grand"... Je ne suis jamais dans le bain ; ce n'est qu'après coup que je comprends les choses !


C'est bien pour cela que j'ai tout intérêt à lire lentrement le Livre.

monica 23/12/2011 19:57


Frédéric, comment fais-tu ? Je me sens "si rien" face à la vastitude du monde, et cela me chatouille partout de me sentir si petite, comme lorsqu'on ressent le frisson lors de je ne sais
quelle émotion fugitive, mais un frisson qui dure.


Face à mon fils de vingt et un ans, je suis devenue une femme qui a tout à apprendre de lui, pas petite non, grande de ce qu'il est devenu.

quatuor 23/12/2011 18:05


Pour Melilotus, tout sur "La construction du surhomme", cliquez sur :


1 - 2 -
3 -
4 - 5 

monica 23/12/2011 17:25


Bonsoir, Melitotus,


Je suis en train de lire ce livre, et me réjouis de le reprendre le soir après ma journée de labeur. A chaque fois que je découvre un livre de Michel Onfray, c'est comme si je buvais un élixir,
dans le sens : potion de santé. Je le bois donc sans précipitation, en me délectant de chaque page.

Frédéric 23/12/2011 17:22


Merci de suivre pour nous l'actualité de MO. Décidemment, il n'arrête jamais. Bien d'accord avec toi Monica :)


 


Là encore, il est précis, saillant, et sait rester étonnant : face à la vastitude du monde, je me sens à son égal : aussi vaste que lui. Pas du tout fini, comme l'expérimente MO. C'est plutôt
face à ma fille, que je perçois mes limites :))))

Melilotus 23/12/2011 16:00


“Dieu est l’assurance d’après vie d’in homme qui me sait pas comment et  pourquoi vivre


sa vie
« “


Ici entre le rôle de la  philosophie – elle nous  assiste dans notre  éternelle  recherche pour  trouver la réponse  à ce « pourquoi « i.e..le sens de la vie « et nous procurer la carte et la boussole pour pouvoir se 
construire nous-mêmes  et créer  notre  propre  voie juste, notre rapport avec la terre,  le mode. » le comment vivre ‘ »


L immense ouvre philosophique et littéraire de Michel Onfray, son  infatigable travail pédagogique et engagement  social  ,reflétant ses
idées, en sont la preuve .


 


La lecture de son magnifique 
La  Construction  du surhomme, énorme succès  de librairie
,. toujours au  palmarès, est une grande expérience, plaine d’émotions !


 


Un objet d intérêt  pour  discuter ?

yaglourt 23/12/2011 08:59


J'aimerais bien connaître le cheminement intellectuel de Onfray qui l'a conduit à son athéisme.
Ou a-t-il simplement, comme beaucoup d'athées, appliqué le principe de Guillaume d'Occam ?


 

monica 23/12/2011 07:54


Les êtres humains ont besoin de croire en quelque chose, de festoyer, d'espérer que leurs morts ne sont pas vraiment morts...


Comme le dit le philosophe : "la fiction a de beaux jours devant elle, et la réalité a du souci à se faire".


Laissons la fiction dans les livres, si cela peut faire du bien, mais ne transformons pas la vie en fiction. 


J'ai envie de vivre le réel concret, en me réappropriant cette spiritualité qui a toujours fait partie de mon être. L'appropriation de cette spiritualité par l'église date de ma plus tendre
enfance au contact de curés si généreusement donneurs de leçons.


La fête de Noël ne fait que renforcer cette idée que le spirituel est dans le ciel.


Ce qui me fait rigoler c'est que la plupart des gens fêtent Noël sans croire en quoi que ce soit. De la à penser que le Noël divin fait place à un Noël païen...


Pourquoi les hommes ont tant besoin de festoyer, là, est la question. 


 

monica 23/12/2011 07:21


L'affabulation freudienne fait plus de vagues que le démontage de l'existence de Dieu.


"Dieu n'est pas, point à la ligne", difficile de prouver le contraire.


Freud affabule, facile de prouver le contraire.


En fin de compte, Michel Onfray n'attaque personne, lui. Il dit ce qu'il croit être. L'offense aurait été de dire que les croyants et les freudiens sont des idiots.


Il démontre à chaque intervention de sa part que croire en quelque chose est profondément humain. Il n'y a pas d'offense. D'autres avant lui l'ont dit, et n'ont pas été insultés pour cela,
peut-être parce que leurs origines n'étaient pas modestes... Je ne sais pas...

Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

La publicité, peut-on y échapper ?

 

Je lave mon cerveau avec la pub  

 pub-2

La pub nous a été imposée par OverBlog. Pour désactiver les messages publicitaires ici et partout sur le Net, installez gratuitement en un seul clic Adblock Plus.


Recherche

Archives

Nos vidéos