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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 10:21

 

Michel Onfray a rendu hommage à son ancien professeur à l’Université de Caen, Lucien Jerphagnon dans l’article publié le 22 septembre 2011 sur le site Le Point.fr

 onfray jerphagnon

Lucien Jerphagnon et Michel Onfray lors d'une conférence à Caen, en 1991.


"Au premier cours de l'année donné au cinquième étage de l'université de Caen, Lucien Jerphagnong fournissait son mode d'emploi : il annonçait qu'il y aurait un devoir et donnait la date de remise des copies, il ajoutait qu'il le signalerait une fois, donnait également la date de la piqûre de rappel et ajoutait qu'une copie non rendue ce jour-là, ce serait zéro. "A bon entendeur..." Pas utile d'arguer de la troisième mort de son grand-père, d'un glissement de terrain ou d'une grève des trains.


Ensuite, il donnait son adresse, précisait qu'il répondrait à chaque lettre le jour même et qu'on recevrait une réponse le lendemain dans sa boîte aux lettres - c'était l'époque où l'on n'avait pas besoin d'affranchir le courrier au prix du caviar pour que, nonobstant, il prenne son temps en route. Pendant des années, il répondit à chacune de mes lettres le jour même. Je garde ce précieux trésor dans une chemise à la couleur passée.

Enfin, il concluait son topo en citant Montherlant : "Qui vient me voir me fait plaisir...", puis il marquait un temps de silence, et il ajoutait, goguenard : "... Qui ne vient pas me voir me fait plus plaisir encore !" Pendant des années, je lui ai offert le premier plaisir, pendant d'autres années, le second.

Concernant ses relations avec Jankélévitch, dont il fut l'assistant, il écrit : "Mai 68 nous avait éloignés, point séparés." Il y eut aussi entre nous un éloignement qui ne fit pas une séparation. Tel ou tel journaliste fit de son édition de saint Augustin en Pléiade le motif de cet éloignement, l'auteur du Traité d'athéologie ne pouvant qu'être un allumeur de bûcher sur lequel il sacrifiait son vieux maître ! Mais c'était me prendre pour un imbécile : quand j'eus le coup de foudre pour ce professeur exceptionnel, j'ai tout lu de lui et, à 17 ans, je n'ignorais pas qu'il avait publié des textes qui sentaient l'eau bénite aux éditions du Vitrail (sic) ! Pas besoin de chercher de ce côté-là.

Quand il arrivait dans la salle, grand, maigre, la moustache d'un officier de la coloniale toujours impeccablement symétrique, il posait son cartable, sortait son volume de Budé, posait une grosse montre sur le bureau et commençait un spectacle extraordinaire. Seul, il jouait tous les rôles du théâtre antique : il fulminait, susurrait, ricanait, délirait, le tout avec une érudition époustouflante. Drôle, malin, ironique, vachard, intelligent, cultivé, il assassinait, portait au pinacle, tirait une balle entre les deux yeux de tel ou tel professeur parisien, citait une lettre envoyée par un ami cardinal ou académicien, faisait un genre de revue de presse de la semaine et n'oubliait jamais le cours - qui était clair, limpide, impeccable, bourré de références, et vrai.

À l'époque, l'idéologie faisait la loi : Marx - Freud, Lacan - Foucault. À Caen, nous avions le subversif de service, jadis Mao - Badiou, puis Sade - Bataille (aujourd'hui Aristote - saint Paul), l'apparatchik communiste, Lénine - Althusser, le fainéant, rien - rien, le dandy, Wagner - Varèse, le professeur modèle, Kant - Hegel, etc.

Lui se moquait de tout cela et parlait des preuves de l'existence de Dieu chez saint Thomas d'Aquin, des hypostases de Plotin, du plaisir chez Lucrèce. S'il parlait d'un bordel, c'était avec la caution de Juvénal, d'une partie de jambes en l'air, avec celle de Perse, d'un trait d'esprit, avec Tibulle, s'il lançait une saillie contre les grands de ce monde, c'était sous couvert de Tacite - Suétone. On ne savait comment il s'y prenait, mais on avait l'impression d'un one-man-show effectué par un genre de Monsieur Hulot de la philosophie. Une fois sur le campus, on avait beaucoup appris, tout compris et, surtout, tout retenu... J'ai encore un gros paquet de notes prises au cours donné par le membre du PCF sur Victor Cousin et la philosophie française, mais ne me souviens de rien ; j'ai gardé les quelques notes du cours sur Lucrèce, je me souviens de tout, comme si le cours avait eu lieu hier. Or, il a plus de trente ans...

Il m'a tout appris : ne rien tenir pour vrai qu'on ne l'ait vérifié expressément. Lire, beaucoup lire, encore lire, toujours lire, travailler sans cesse. Aller directement au texte et économiser les gloses. Se moquer des travaux universitaires, jamais très utiles : ils obscurcissent la plupart du temps, alors que la lecture et la méditation du texte même forcent les pages les plus difficiles. Il ne sacrifiait à aucune mode de lecture - ni freudienne, ni lacanienne, ni marxiste, ni structuraliste. Il disait pratiquer "une méthode érudite". De fait, pour comprendre Lucrèce, je m'étais inscrit à des valeurs d'histoire de l'archéologie antique, ou d'histoire ancienne, je lisais sur l'époque, je bricolais un peu de latin. À rebours du structuralisme, il voulait le texte et le contexte - il avait ô combien raison ! Ma Contre-histoire de la philosophie est un hommage à sa méthode. Un hommage dont j'entame la dixième année.

Tout nous séparait : homme de droite, très conservateur, agnostique, mais, quoi qu'il en dise, mystique plus proche du Dieu des chrétiens que de l'Un-Bien de Plotin, pestant contre Mai 68, ami de gens d'Église, dont, paix à son âme, un évêque athée. Bien qu'il s'en défendît, il goûtait les honneurs comme un petit garçon les friandises, et je crois qu'il aurait aimé le bicorne et l'épée du Quai Conti, un lieu qu'il aurait enchanté par son éternelle jeunesse, ses pétillements d'intelligence, ses mots en pointe sèche aiguisée d'acide. Tout nous séparait, donc. Et alors ? Je l'aimais ainsi.

Voilà quelques jours, passant chez Grasset, mon éditeur Jean-Paul Enthoven m'apprit qu'il était entré dans une chambre de soins palliatifs. De là-bas il a envoyé une lettre de dandy à la maison d'édition des Saints-Pères qui fut aussi la sienne : joli papier filigrané, incrustation de titres, dont Membre correspondant de l'Académie d'Athènes, il y tenait.

L'encre violette de son Montblanc ("Regardez, mon cher Onfray, c'est le supertanker avec lequel j'ai écrit tous mes bouquins", me dit-il quand je vis son bureau pour la première fois...) avait pâli, le trait était resté net, mais la plume grattait le papier et avait des ratés. Il remerciait la maison qui l'avait édité, rigolait au bord de la tombe, continuait le spectacle, mais savait que le rideau allait tomber très vite. J'ai pleuré. Il était né la même année que mon père.

J'ai lu son dernier livre qui vient de paraître en librairie, j'ai entendu sa voix en le lisant. J'ai fermé le livre. J'ai vieilli un peu plus. Adieu, mon vieux maître, adieu - je vous aimais..."

Michel Onfray

Voir sur le même sujet : Michel Onfray et Lucien Jerphagnon - disciple et son maître

Marc  (merci à Pasfaux 

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commentaires

Jean-Claude Serlet 05/10/2011 23:46



Manichéisme : maladie intellectuelle qui fait dire que le monde est noir ou blanc alors qu'en réalité il est gris


Manichéisme : maladie dont on peut dire qu'elle n'atteint pas MO tant son hommage à un homme pensant différemment est plein d'amour façon la plus noble de reconnaitre la valeur d'autrui


Carpe Diem : cela fait toujours du bien de dire "j'aime"



Frédéric 30/09/2011 15:17



Internet a-t'il un bouton OFF ? Voilà une belle question pour le bac de philo 2012 :)))


Un sourire parle de Flahaut là sur un autre
sujet. Mais tout cela se rejoint. Ca va plus loin que la dépendance : on n'en est plus aux machines outils du XIXème : les machines aujourd'hui portent la société. Et je suis d'accord avec ce que
explique Flahaut : la société enfante les individualités, et non l'inverse. 


Ce questionnement vis-à-vis de la place de machines m'est quotidien, car ces dernières me font vivre, penser & agir. J'ai 38 ans et travaille dans le web depuis 13 ans. Je ne fais que du
web, jour après jour. du web, du web, du web. C'est comme être boulanger, sauf que je fais des sites web. 


Nos esprits changent au contact de cette société désormais appuyée sur le web. Rien que la mémoire : je laisse le web se souvenir de certaines choses pour moi, et j'en mémorise
d'autres. Je suis sûr que vous faîtes de même (fameux lien, non ?). 


 



monica 30/09/2011 12:38



Flahaut ? Frédéric, je ne connais pas non plus.


Je peux essayer de comprendre ce que tu viens d'écrire, mais j'aurais besoin que tu m'expliques un peu plus.


J'ai l'impression que nous ne devons pas dépendre des machines et en même temps, je comprends bien qu'elles nous sont indispensables.


Mon fils me reproche parfois d'être réfractaire à certaines d'entre elles ; mais il n'a que vingt ans et je ne souhaite pas le contredire afin qu'il puisse s'exprimer sans rentrer dans un
quelconque conflit. A cet âge-là, on prend vite la mouche.


Mais, toi, je suppose que tu es un peu plus âgé, et cela m'intéresse que tu développes un peu ton commentaire si tu veux bien évidemment.


Merci à toi



Frédéric 30/09/2011 10:42



"L'homme doit son âme aux machines" : c'est une pensée à la Flahaut : la société précède l'individu. La jeune génération fait émerger son individualité d'internet. Je ne serai pas le même si
Internet (et donc les machines) ne soutenait pas mon esprit. 



monica 30/09/2011 07:34



Il y a donc un Daniel et un Frédéric Kaplan.


Je commence par lequel ? "Les hommes sont les organes sexuels des machines"... "L'homme doit son âme aux machines"... tout un programme.


Johannes Gütenbert, cet inventeur génial, les hommes lui doivent beaucoup. Qu'importe si ce sont les textes sacrés qui étaient imprimés à l'époque. La musique classique provient bien, elle aussi
du chant grégorien. C'est fou comme notre culture moderne doit au passé religieux asexué.


Chassez le naturel, il revient au galop : les hommes sont les organes sexuels...


Les machines sont créées par les hommes qui ont plus besoin d'elles que des dieux maintenant... ?


Merci Frédéric, j'aime réfléchir avec toi.


Pour le tango, je t'assure qu'il faut persévérer. Pour moi non plus, au début (et même encore maintenant), cela n'a pas été facile. Cela dépend des partenaires. Certains sont si froids...
D'autres, un vrai régal !



Frédéric 29/09/2011 23:04



Monica, partout, peut-être. Sur Amazon, c'est sûr. Frédéric Kaplan vaut le
détour aussi, juste par curiosité, pour être au courant de la façon dont on pense dans le milieu des chercheurs en intelligence artificielle : Les Hommes sont
les organes sexuels des machines. Marrant, de voir vers où leur attention est tournée.  


J'ai essayé le tango, mais c'était une cata, comme toutes les danses de salon d'ailleurs. J'aurais aimé. C'était sûrement pas avec les bonnes personnes. 


Bonne nuit


 



monica 29/09/2011 22:45



Serge,


Je l'espère bien, sans rancune.


Je suis donc rassurée.


Il en faut peu parfois sur le net pour éveiller des émotions auxquelles on ne s'attendait pas.


Je suis une bavarde, voyez-vous et parfois, je me laisse entraîner par mes petits délires.


Dans la vraie vie, c'est la même chose. Je suis ce style de nana qu'on adore sans vraiment la comprendre ou qu'on n'aime pas sans vraiment la comprendre non plus ; ça passe ou ça casse. Le
principal, c'est que je ne blesse pas les gens, même ceux qui ne me plaisent pas, quoique ...


Car, comme dit MO : "car, à préférer les vertus bourgeoises utilitaires, on se condamne à croupir dans la grossièreté de notre époque qui ne sais plus pratiquer ni la gentillesse quand elle
s'impose, c'est-à-dire toujours, ni l'insolence quand elle est utile, c'est-à-dire à chaque fois qu'en face la gentillesse fait défaut..."


... et cette insolence-là, je m'aperçois de jour en jour qu'elle est vraiment utile...


Vous voyez, je délire encore... rien à voir avec ce qui nous préoccupe ici !


Bonne nuit à vous aussi, Serge.



monica 29/09/2011 22:12



Frédéric,


A propos de Daniel Kaplan, le mieux que j'ai à faire c'est de lire son livre.


Le trouve-t-on partout ?


Dis, as-tu essayé d'apprendre à danser le tango argentin ? C'est un vrai bonheur, surtout si l'on aime cette musique...


Bonne nuit à toi


 



Serge Provost 29/09/2011 22:11



Merci. Sans rancune.Smile !



monica 29/09/2011 21:57



Mais, Serge, je ne faisais pas de commentaires sur votre commentaire. Je disais dans un premier temps que je vous comprenais, ensuite, dans un deuxième temps, j'exprimais quelques impressions, en
aparté, si je puis dire, des vôtres que je respecte sur les hommes que je connais et que j'aime.


Désolée que vous n'ayiez pas apprécié une réflexion à bâton rompu de ma part, certainement pas aussi élaborée que la vôtre.



Serge Provost 29/09/2011 21:04



 [...] «La vie privée, la génération à laquelle on
appartient, l'intimité, ce n'est pas facile d'en parler, pour un homme.


La plupart des hommes que je connais ont cette retenue, non pas par peur de dévoiler leur petit jardin secret, mais parce qu'ils ne savent pas que
[...]


 


Ouf... que d'interprétations et quelle interprétation !...  «M'avez-vous lu ?», comme dirait M.Onfray.  Pan! sur les doigts, et panpan! sur le
cerveau !


 


Comme on dit sur Euronews : No comment



monica 29/09/2011 19:06



Après le tango ce soir, j'irai voir Kaplan sur "ici".


Je vais découvrir ce qui te plaît tant chez lui.



monica 29/09/2011 19:04



taratata, Frédéric,


Ils me plaisent ces gifs animés (je suis allée sur google pour traduire ce mot, même si je me doutais un peu ce que cela pouvait signifier...).


Si je savais faire ce genre de manipulations sur le net, crois-moi, je ne me gênerais pas ; mais je suis très ignorante de ces choses-là. 


Je suis certaine que Marc ou Ewa ou Constance me gronderaient vertement si je m'amusais comme toi à qui on laisse tout faire tellement tu es adorable.


Bise à toi



Frédéric 29/09/2011 18:21



Désolé, c'est pas Frédéric Kaplan, mais Daniel Kaplan. C'est vraiment un auteur à connaitre. Il fait parti des gens qui pensent le web en même temps qu'il avance. Et le web avance vite, et
s'étale partout ! Plein d'articles de sa plume ici.  


Sinon, n'hésitez pas à supprimer mes messages décalés, à base de gifs animés du millénaire dernier. Ils me font marrer, mais je suis sûrement le seul. :)))



Frédéric 29/09/2011 13:03



Merci Monica :-)






monica 29/09/2011 12:31



Frédéric,


C'est beau ce que tu viens d'écrire.



Frédéric 29/09/2011 09:40



Je savais que cela te plairait Monica. Je t'ai tout de suite imaginé danser sur ce miroir d'eau :)


Pour rebondir sur les articles de Serge Provost, je vous recommande la lecture du bouquin de Frédéric Kaplan au sujet de la vie privée et Internet (oeuvre au final collective, puisque synthèse d'un débat).


Pour faire simple, on a intuitivement tendance à considérer la vie privée comme un coffre fort, dont nous seuls avons la clé. Quand un intrus pénètre la forteresse sans autorisation, c'est le
drame.


On peut également concevoir la vie privée comme source de la vie publique. Notre identité sociale provient de notre identité intime, et la cohérence des deux est source de bien des plaisirs.
Cette cohérence fait également disparaitre bien des tensions internes. 


C'est ce que pratique Onfray, quand il expose une partie de sa vie privée, pour illustrer sa philosophie. Ce que je m'évertue à pratiquer aussi, petit à petit, non sans craintes. Au final, qu'y
a-t'il à voler, si ce n'est l'ego ? 



monica 29/09/2011 07:34



C'est drôle, la faute d'orthographe sur exhiber !


C'est un mot que je n'avais jamais dû écrire avant hier.


Sans doute parce que c'est une seconde nature chez moi, mais que sa définition est impropre à ma nature : s'afficher, se pavaner, se faire voir, s'offrir.


Je dirais donc plutôt : donner le meilleur de soi, être naturel, sincère, sans phare, jovial, démontrastif, expressif, ouvert... finalement, ce mot exhiber n'est pas le bon terme pour désigner
une personne qui se met à poils sans retenue aussi bien physiquement que psychologiquement pour apprécier l'existence.


Mais, attention, il y a une juste mesure à cette démontration, ce que MO appelle : l'eumétrie avec tout un chacun et l'éviction envers les c...



monica 28/09/2011 22:58



Voilà, oui, oui, Frédéric, tu as tout compris. C'est ce tango-là que j'aime...


Que c'est beau ! Quel charme !


Merci, j't'adore.



monica 28/09/2011 22:45



Tu sais, Constance, je comprends Serge.


La vie privée, la génération à laquelle on appartient, l'intimité, ce n'est pas facile d'en parler, pour un homme.


La plupart des hommes que je connais ont cette retenue, non pas par peur de dévoiler leur petit jardin secret, mais parce qu'ils ne savent pas que, pour une femme, un homme qui se dévoile,
qui est parfaitement nu devant elle, c'est tout le charme masculin.


Regarde les comédiens, les artistes, les musiciens - surtout les chanteurs et les danseurs - comme ils sont charmants à poils (au sens figurée, j'entends, quoique...). 


Tous les hommes ne sont pas des artistes, malheureusement, et donc, ne sont pas charmants.


Aussi, parmi tous ceux que je connais donc, celui qui m'émeut le plus, c'est l'artiste, le doux, l'enfant, le prévenant, à la fois poète quand il danse, et pratique quand il gère ses
responsabilités. Il ne se déshabille pas complètement en une seule fois ; il prend son temps, ôte délicatement un voile, deux, voire trois, tout, quand il soupçonne de la curiosité
dans le regard d'une femme, ce qui n'est pas pour lui déplaire.


Donc, je dirais qu'il y a aussi les hommes et les femmes qui ne sentent aucune gêne à hexiber leur corps sur la scène de la vie, à répondre aux questions sur ce qu'ils pensent,
croient ou ressentent, et à aimer comme des fous.



Frédéric 28/09/2011 22:44



Monica, en regardant cette vidéo, j'ai pensé à toi. Miracle ! Ils dansent sur l'eau ! :-)


http://www.youtube.com/watch?v=sgW3daliIbA



constance 28/09/2011 21:22



Comme il vous plaira monsieur Provost, il suffisait de répondre non. Je sais parfaitement où trouver la piste mais c'est justement par respect et pudeur que je n'ai même pas songé à
demander.


 


Marc, ta folie est partagée - la preuve, j'en fais tj partie :-))


merci. Parfois c'est tout ce que l'on a besoin d'entendre et ça ne vient pas



marc 28/09/2011 20:11



ça va pas non ? moi te faire la gueule ! jamais de la vie ! 


mais ça fait longtemps que tu nous as dit ton age monica 


bien sur qu'on t’aime toujours :)



monica 28/09/2011 19:23



Je me risque à vous confier que je viens de passer le cap de la cinquantaine depuis le 11 avril.


Vous m'aimez toujours ?


En ce qui me concerne, cela me va drôlement bien. La modestie, ce n'est pas mon fort.


Marc ? tu me fais la gu...le ?



Ewa 28/09/2011 18:41



La suite :


4) http://www.hansen-love.com/article-l-ere-de-la-transparence-fin-65035567.html



Ewa 28/09/2011 17:51



Voici les liens directs :


1) http://www.hansen-love.com/article-l-ere-de-la-transparence-64862604.html

2) http://www.hansen-love.com/article-l-ere-de-la-transparence-2-64864145.html


3) http://www.hansen-love.com/article-l-ere-de-la-transparence-3-64928271.html




Serge Provost 28/09/2011 17:30






@Constance,



Pour une éthique de la pudeur à l’ère de la transparence Internet



La pudeur (du latin pudor  qui veut dire “retenue”) est la qualité morale
(une vertu, dans le jargon des philosophes) qui s’empêche de dire et de faire ce qui pourrait choquer, blesser ou gêner le goût, la sensibilité et la morale des autres. Par réserve, par
délicatesse, par respect pour soi et les autres. Ce choix existentiel ne doit pas être confondu avec la geste psychorigide des extrémistes de la pudeur qui s’engoncent dans le rigorisme, morigène
la pruderie, voire le puritanisme.





Elle (la pudeur) préserve l'intimité de la personne. Elle refuse de dévoiler ce qui, parfois, devrait rester caché. Comme tout être qui se respecte, elle enclot,
sans maniaquerie, son petit jardin secret.





Il existe divers types de pudeur relative au corps, la pensée, les sentiments, les idées. Telle personne n'éprouvera aucune gêne à exhiber son corps, mais se
sentira mal à l'aise de répondre en public à une question sur ce qu'elle pense, croit ou ressent. Et l'inverse est aussi vrai. Tel autre dégorgera ses idées sur toutes les grand-places de la
pensée, mais restera parfaitement étanche sur sa vie privée.



À la dernière catégorie, j’appartiens.



Ewa connaît la piste de votre réponse.



PS. Sans sombrer, Dieu m’en garde !, dans l’autopromotion marchande (vous savez, comme un certain philosophe hédoniste  mettant en marché les
CD de ses conférences…, voir (ha ! ha !) mes modestes articles sur L’ère de la transparence. 



Ewa 28/09/2011 14:50



Je ne peux même pas me prononcer sur ce sujet, je ne suis pas objective, j’aime trop la folie de Marc.


Une précision : le blog des « gentils » athées - pas tout à fait. Marc et moi, nous sommes athées, mais Constance est agnostique. Elle est la plus gentille aussi, Marc - à moitié, moi - pas du
tout! 



marc 28/09/2011 13:09



bonne fête michel alors !



marc 28/09/2011 13:06



onfray n’a jamais rien demandé , on a fait ce blog surtout pour nous au début , il était qu’un prétexte (ma folie était pour beaucoup n’es-ce pas les filles ?) 


mais c’est vrai qu’après un an d’existence et le succès du blog un simple merci de la part d’onfray trouvé dans notre boîte mail serait la moindre de politesse (ça prend pas de temps et ça se
trouve pas sur le net à vue de tous) RIEN


l’article d’onfray écrit spécialement pour notre blog c’est pas grand-chose non plus ça n’engage à rien ça ne le rend pas responsable du contenu de blog il n’est pas obligé de cautionner tout ce
qu’on dit non ? RIEN


alors oui je pense qu’on ne pas assez importants pour lui , serge provost 


 


ps.  j’ai mis les accents pour faciliter la lecture à onfray , c’est impossible qu’après un an de fonctionnement du blog il n’a jamais cliqué dessus 



monica 28/09/2011 12:59



Dois-je te remettre les pendules à l'heure, Frédéric ? (c'est pour de rire bien sûr)


MO ne ripaille pas, lors d'un banquet ! Il se régale...


Et s'il advenait qu'il vienne se régaler au banquet de notre quatuor/trio, ce serait jour de fête pour nous, mais pour lui ? Posons-nous la question. Il a  tant à faire.


Tiens, demain, c'est la Saint-Michel, je crois.


 


 



Frédéric 28/09/2011 10:59



La raison d'être de Banquet avec Onfray, c'est bien de ripailler avec Michel Onfray, non ? 


La prophétie auto-réalisatrice du matin, quatuor : tout comme il donne sa plume au Monde, au Point et à tant d'autres, Michel Onfray vous fera le plaisir d'écrire spécialement pour votre blog.
^_^



constance 28/09/2011 08:46



Bonjour Serge,


Puis-je vous demander quel est votre âge ?



monica 28/09/2011 08:00



Cher Serge (vous voulez bien ?),


C'est un plaisir qu'une personne telle que vous intervienne sur ce blog ; j'en suis ravie pour mes amis (virtuels) Constance, Ewa et Marc.


Michel Onfray n'est pas mon maître, je ne suis pas son disciple ; je le vois tout simplement (mais cette simplicité-là est un luxe pou moi) comme un ami.


Si ce philosophe devait participer à tous les moments où l'on parle de lui, il ne serait pas l'hédoniste qu'il est, car il n'en aurait pas beaucoup de plaisir.


Comme je suis fière de vous dire que MO a répondu à mes mails quand je lui parlais de mes pensées complices avec les siennes, de mon fils, de mon père, de mes colères, de certains
spleens. Un jour où j'espérais son message en vain, je le lui ai dit et il a eu la délicate attention de m'expliquer qu'il recevait plus d'une centaines de messages par jour et qu'il ne
pouvait donc pas répondre à tous.


MO est la délicatesse, l'élégance et la gentillesse en personne. Or, ces qualités n'envahissent pas les blogs. Je pense que son sens du dialogue le protège de la bêtise et de la
méchanceté, du mépris et de l'orgueil vulgaire. Il aura du plaisir à discuter avec toute personne qui le souhaite mais pas sur le net.


J'aurais bien voulu m'exprimer un peu plus longuement ici, mais je dois aller au tripalium.


Bien à vous.



Serge Provost 28/09/2011 02:21






Sémillante et attachante Monica,


 


Moi, refuser le dialogue ? ... J’en connais qui, me connaissant, rit un peu. Comment m’y prendre ?


Bon, essayons : […] «il (Lucien Jerphagnon)  donnait son adresse, précisait qu'il répondrait à chaque lettre le jour même et qu'on recevrait une réponse le lendemain dans sa boîte aux lettres» […], dit votre maître (?), Michel Onfray.


Je ne suis ni l’un, ni l’autre, évidemment, et c’est tant mieux et tant pis, mais j’ai toujours fait de même, pendant trente-cinq ans.
C’est vous dire la génération à laquelle j’appartiens — appartenance ne relevant que de la sociologie arbitraire des chiffres et des dates ! Pas à celles des idées, du corps et des sentiments.
Qui sont transhistoriques, uniques, comme vous, comme moi.


Ni honte, ni fierté de mon chiffre, du bout chiffré de mon âge. C’est le mien. Je n’y peux rien, «c’est lui qui m’a choisi», chantait un
certain métaphysicien belge ayant pour nom Salvatore Adamo. Comme nous avons tous le nôtre, à un moment ou un autre, disposé, au hasard, sur la ligne exiguë, sur la crête abrupte du temps humain.
Vous voulez des détails, petite peste? Juste entre vous et moi : bibi, professeur de/en philosophie, pendant trente-cinq ans X par trois cent vingt étudiants, par année. You get
it ?


Cela fait presque une vaine œuvre épistolaire !


 


Donc, le temps compté qu’il me reste, je le préserve comme un trésor indu. Indu mais précieux. Pour des «polylogues» élargis hors des
sentiers battus, parfois rebattus — confessons-le, sans fiel — des commentaires bas de page de blogues sur Internet, aussi passionnants et intelligents soient-ils.


Ai-je tort ? Orgueil et préjugés ? L’un et l’autre m’écœurent. Absolument.


J’espère, Monica, ne pas vous avoir froissée, vous qui êtes, j’en suis sûr, «une belle âme», comme on disait en d’autres temps moins
démocratiques. D’ailleurs, j’en ai, sur ce blogue, des preuves «dialogiques» écrites.


 


À bientôt.



Ailleurs. Ici. Partout.



PS. Au fait, Michel Onfray a déjà déclaré, solennellement, ne pas lire, ne jamais lire les blogues qui parlent de lui. Que pensez-vous de son sens du dialogue ? Dites-moi, vous, le «quatuor», Monica et tous les autres, dans un blogue
à lui totalement consacré, vous n’êtes pas assez importants pour lui ? 



constance 27/09/2011 22:14



Une brute, oui, exactement cela :) mais à sa merci je ne sais pas bien, je suis sûre que nous pouvons, si l'on s'unit toutes les deux, trouver un bon moyen de reprendre le pouvoir :-)


 


j'adooooore, oui, Monica, ou j'aaaaadore, tout dépend ce que je suis en train de faire :))



monica 27/09/2011 17:57



Serge Provost,


Vous ne voulez pas dialoguer avec moi sur le thème des contradictions ?


"Ni la contradiction n'est marque de fausseté ; ni l'incontradiction n'est marque de vérité"


J'aime bien, cela me rassure...



monica 27/09/2011 17:53



Ewa,


Oui, les commentaires de Marc sont drôles et j'aime bien les voir se détacher parmi certains com sérieux et pas drôles du tout...



Serge Provost 27/09/2011 16:40



Monica, 


(...) «se contredire est un mal ?» Dans le développement d'un argumentaire : oui !


Or, la vie n'en est un et la congruence reste un idéal moral.


Cela dit, en paraphasant une phase d'Évangile qui je l'espère ne sera pas censuré sur ce blogue de «gentils» athées  : «Que celui ou celle qui prétend ne s'être jamais contredit, lance la
première pierre, et, partant, sa première contradiction, avant la suivante et toutes les autres.»


 


PS. Ici s'arrête mon dialogue sur ce sujet. 



Ewa 27/09/2011 15:35



Monica, ça t’amuse et tant mieux, mais Constance et moi, nous sommes à la merci d’une brute, tu as vu? « Tu passes, tu passes pas, c’est moi qui décide. » ;~)


Marc, sois un peu plus charitable, s’il te plaît. Lulu n’est qu’une pauvre victime. Elle croyait trop aux extraterrestres et aux complots et ça l’a rendue malade. Lulu nous suit
obsessionnellement (pas comme des caniches, eux, ils sont adorables) parce que l’on éveille en elle un désir d’être un athée qu’elle réprime. C’est pourtant simple à comprendre après une petite
introspection. 


 


Cher Monsieur Provost, si vous avez une seconde à perdre, j’en profite pour vous donner une petite explication. 


Lulu Castagnette c’est une créature divine qui inondait notre blog de ses élucubrations indéterminables pendant des mois. Excessivement tolérants à cette époque, nous nous sommes laissés envahir
et vampiriser à tel point qu’à un certain moment on se croyait chez les extraterrestres, pas sur notre blog. En plus, pour pouvoir
communiquer avec quelqu’un, il fallait faire défiler des pages et des pages remplies du blabla de Lulu - ce qui est une perte de temps évidente, ça casse le rythme, la fluidité et l’ambiance des
conversations. Nous avons donc stoppé net les divagations célestes. Ce qui n’a pas empêché cette charmante créature de lancer des insultes et des imprécations de toutes sortes. On les jette
soigneusement à la poubelle. C’est tout pour l’instant en ce qui concerne l’histoire du banquet. Ça vous distrait un peu? :~)



monica 27/09/2011 12:46



Serge Provost,


Pensez-vous que se contredire est un mal ?


En tout cas, j'ai l'impression d'avoir des tas de contradictions dès que je me mets à penser, et il me semble que cela me sert. Il est vrai que j'ai aussi beaucoup de brins de folie !


J'espère que cela n'est pas grave...



monica 27/09/2011 12:35



Ah ! Marc,


Ton blog a une âme.


Tes commentaires sont aussi truculents que ceux d'Ewa.


J'aaaaaadore comme dirait constance !



marc 27/09/2011 09:55



lulu , ramasse tes castagnettes et va faire ton introspection chez toi


ou va totemiser les autres s’ils te laissent faire


ici c’est moi qui decide qui passe et qui passe pas et toi tu passe pas lulu


et arrete de t’en prendre la tete avec les athees , ils n’ont rien a faire de toi


alors pourquoi tu les suis comme un petit caniche ? va voir les extraterrestres 



Lulu castagnette 27/09/2011 00:14



@Marc


Parler de Dieu ne me dérange pas, mais je ne me prend pas la tête comme les athées le font , ce qui m'étonne surtout c'est cet engouement qu'ils ont à en parler comme si dans le fond d'eux même
ils voudraient y croire, mais comme ils sont incapables d'atteindre ce fond, ils préfèrent fustiger Dieu qui n'est qu'un concept, quelque chose qui dépasse l'homme au point de le rendre malade,
quand il y croit trop ou malade quand il n'y croit pas. Alors Marc, que t'a donc fait Dieu?, Je ne pense pas qu'il t'ai gâché le vie puisqu'il n'en fait pas partie,ce concept éveillerait-il en
toi un désir que tu réprimes? Je sais que tu ne répondras pas à  ces questions vu tu est incapable d'une véritable introspection.



Serge Provost 26/09/2011 22:19



Oups !


Sorry de la répétition. Mais, comme dirait l'autre, «il vaut mieux se répéter que se contredire»...



Ewa 26/09/2011 22:15



Cher Serge Provost, je l’ai signalé il y a quelques jours dans l’article « Michel Onfray et Lucien Jerphagnon - disciple et son maître
». Je viens d’écouter cette émission et j’ai mis son podcast à la disposition de nos visiteurs. 


Tout ça, évidement, pour m’endormir un peu moins bête...



Serge Provost 26/09/2011 21:53



Avis aux curieux: une semaine avec Lucien Jerphagnon:


http://www.franceculture.com/emission-a-voix-nue-lucien-jerphagnon-15-hommage-2011-09-26.html


Pour s'endormir un peu moins bébête le soir.



Ewa 26/09/2011 21:46



Ah, chère Monica, toi aussi, tu veux découvrir ta Vérité? Suivons donc ensemble les conseils de Mireille! :~)


 


Mireille, et qu’est-ce que vous dites de ça?  


« Déesse a créé la femme à son image et l’homme à l’image de son homme. » 


C’a de la gueule, vous ne trouvez pas?  Et vous vous arrêtez aux vieilles idées très répandues. N’ayez pas peur, Mireille…


 


Comment ça, Onfray, ce trouillard, n’accepte pas l’enseignement d’une femme? Mireille, on va s’occuper de son cas. Il va le regretter, croyez-moi. :~)



marc 26/09/2011 20:01



lulu castagnettes  , va faire tes castagnettes ailleurs si parler de dieu te derange , compris ?



Lulu castagnette 26/09/2011 19:27



Pourquoi les athées parlent-ils autant de Dieu? c'est presqu'une obssession de leur part. C'est une question que je me pose.



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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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