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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 10:05

 

corrida 2Paris, le 23 avril 2011.

La tauromachie a été classée au patrimoine immatériel français par le Ministère de la Culture qui a cédé au lobby des organisateurs de corridas et aux éleveurs de taureaux de combat; malgré la position de 60% des Français qui se prononcent contre le spectacle d‘un taureau torturé à mort dans une arène et les protestations  de nombreuses personnalités, comme Michel Onfray, Albert Jacquard, Nicolas Hulot, J-F. Courreau, J-B. J. Vilmer, membres d’honneur de l’Alliance Anticorrida.

 

onfray-crepuscule-italie.jpg

Rome, le 14 avril 2011.

Michel Onfray a présenté son ouvrage Le crépuscule d’une idole, l'affabulation frudienne traduit en italien (éditeur : Ponte alle Grazie) à la librairie Feltrinelli ainsi que dans le programme littéraire « Fahrenheit » (Rai 3).

En cliquant sur l’image de la couverture du livre, vous pouvez lire l’interview accordée à cette occasion par Michel Onfray au journaliste italien Carlo Patrignani. La traduction Google de cet entretien est très mauvaise, alors si le vrai traducteur veut bien s’en occuper, on le publie volontiers.

«A Benito Mussolini, avec le salut respectueux d'un vieil homme qui reconnaît en la personne du dirigeant un héros de la culture. Vienne, 26 avril 1933.»

Sigmund Freud

 

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Deauville, le 2 avril 2011.

Michel Onfray a donné une conférence sur le thème : La passion de la lumière : Normandie et avant-gardes esthétiques au Centre International de Deauville.


Michel Onfray expose : « La Normandie a, on le sait, entretenu avec l'impressionnisme une relation très intime. La photographie ayant montré qu'elle supplantait la peinture dans la capacité à reproduire fidèlement la réalité, il a bien fallu que les peintres se soucient d'autre chose que de ce projet devenu caduc. Dès lors, ils ont moins peint les choses que l'impression qu'ils avaient des choses. La lumière est donc devenue leur sujet de prédilection, jusqu'à ce que se trouve épuisée cette thématique nouvelle. Le temps vint alors de l'abstraction qui suppose la peinture sans sujet. Puis, le temps passant, l'abstraction épuisée elle aussi, c'est le concept qui est devenu la thématique nouvelle. »

    Marc - Ewa    
 

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commentaires

marc 14/05/2011 15:40



et vous vous connaissez en sectes yorick vu comment vous defendez la secte freudienne


bon retour dans votre pays sans clans ni chapelles


reposez vous bien (sur le divan peut-etre ?)



Yorick 14/05/2011 15:11






Marc, sauf respect, votre portrait ne me fait pas rire. Je ne connais pas les gens que vous décrivez et à vrai dire, je m’en tamponne le coquillard. Ça ne m’intéresse pas. De plus, n’étant pas
français, je n’ai pas cette passion pour les clans et les petites chapelles et je sens que je suis tombé ici dans une sorte de secte. Merci de m’avoir accueilli sur votre blog et portez-vous
bien.



marc 14/05/2011 10:30



yorick je vous propose un portrait de la bande dont vous ne faites pas partie


ça vous permet peut-etre d’oublier vos obsessions freudiennes quelques minutes


http://banquetonfray.over-blog.com/article-frederic-schiffter-et-sa-philosophie-sentimentale-2-65065667.html



Ewa 13/05/2011 23:41



Personne n’a voulu parler de Freud avec vous, même pas Stirner? Bon alors, je m’y colle, mais parce que c’est vous,
Yorick.


 


J’ai parlé de la psychanalyse freudienne - en déclin partout dans le monde. Il n’y a que les lacaniens qui semblent l’ignorer. Mais vous
avez raison. Effectivement, tout aurait pu se passer si bien avec la pratique si simple (exercée depuis des millénaires tout compte fait), si celui qui "écoute" n’avait pas eu la fâcheuse
tendance à fourguer à celui qui "parle" l’image de son propre inconscient, et si la réponse à n’importe quel problème n’avait pas été toujours la même - le complexe de Freud. Pardon, quel lapsus!
…d’OEdipe.


 


Cette simplicité est en plus largement compliquée par l’échange pécuniaire. Si je ne me trompe pas, il y a la question d’argent dans cette relation. Un peu beaucoup quand même, surtout pour celui
qui n’en a pas. Et, pas d’argent - pas d’écoute!  Un rejet violent.


 


La situation se complique encore plus. Moi, par exemple. Je ne me serais jamais confiée à n’importe qui. Il m’aurait fallu quelqu’un plein d’humanité, avec la vraie tolérance, l’ouverture aux
autres, la grandeur d’âme. Et ce n’est pas donné à tout le monde. Les Monicas ne courent pas les rues, mon p’tit monsieur.


 


Ah, cette manie que j‘ai de compliquer les choses simples. C‘est mon côté Emma….


 


P.S. Je devine que vous allez nous parler du transfert, de l’efficacité de la thérapie payante et de la neutralité d’analysant analysé pendant dix ans. C’est mon côté Madame Soleil… Mais de
grâce, épargnez-nous!



Yorick 13/05/2011 08:58






Il y a encore pas mal de psychanalystes de par le monde et un grand nombre de psychothérapies sont d’inspiration psychanalytique. Et ceci pour une raison très simple : la psychanalyse permet
aux gens de se confier librement et dans l’intimité à une personne qui les écoute et surtout, qui les écoute comme des sujets singuliers (pas comme des généralités). De nos jours, ça ne court pas
les rues.


 


Il est étonnant qu'une pratique aussi simple - une personne se confie à une autre en essayant de dire tout ce qui lui passe par la tête - puisse susciter un rejet aussi violent. 


 



Ewa 12/05/2011 14:56



A propos d’une « certaine France »…


Partout ailleurs, sauf en France, ça fait longtemps que Freud a retrouvé la place qu’il méritait - sur les rayons de la philosophie qui a inspiré le XXe siècle, et la psychanalyse freudienne en
tant qu’une "médecine qui soigne" n’est plus pratiquée sérieusement. Je me demande ce que ce conservatisme aveugle "roudinesco-haineux" révèle…



Ewa 12/05/2011 12:11



Ravie d’apprendre que vous n’appartenez pas à une bande et ne connaissez pas les personnes citées. D’ailleurs, à quoi ça vous servirait. Je suis très contente pour vous, Yorick. Je vous salue au
passage. 



Yorick 12/05/2011 10:39






Je ne fais partie d’aucune bande et je ne connais pas les personnes que vous citez ni lu aucun de leurs messages. Et si j’ai l’air d’insister
sur Freud, c’est non pour faire un quelconque prosélytisme – Dieu m’en garde! – mais uniquement parce que ayant lu Freud, je considère le livre d’Onfray faux, mensonger, schématique et bassement
calomnieux.


 


A vrai dire, je n’avais pas lu grand-chose d’Onfray auparavant mais après avoir lu son Freud, je suis tombé sur une pile de ses ouvrages dans
une librairie d’occasion et je les ai parcourus. Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour entrevoir d’une part sa lourde problématique personnelle et déconstruire d’autre part ses
prémisses erronées, ses sophismes et ses vices d’argumentation. Mais le plus important, comme l’a bien souligné Stirner que je salue au passage, c'est ce que son succès médiatique et éditorial
révèle d’une certaine France actuelle.    



Ewa 11/05/2011 21:53



@ Yorick 


Encouragée par mon "guide spirituel", je me suis plongée dans des tonnes de textes de Diogène de Sinope (que je salue au passage). Je me demande, comment il a réussi à écrire tout ça, malgré son
emplois du temps chargé consistant à briser des écuelles, se masturber, chercher l’Homme, nourrir ses chiens, faire l’aumône. C’est pourtant le travail à plein temps. On dirait - Onfray. Mais
Artémidore d’Éphèse, je ne connais pas, désolée. Si vous me le recommandez, je n’hésiterai pas...  


 


En tout cas, merci de m’avoir conseillé ces deux ouvrages de Freud. Vous êtes charitable, ce sont les plus accessibles. Mais vous êtes aussi peu clairvoyant que votre ami Fryderyk, parce que
malheureusement ils font partie des quatre que j’avais déjà lus. Je sais, ce n’est pas beaucoup, mais c’est déjà énorme vu que Freud ne me passionne pas. Pour moi, ça sent l’enfermé, le
conservatisme bourgeois étriqué, et c’est glauque tout simplement. Cela signifie sûrement que j’ai de gros problèmes psychologiques et que je devrais passer dix prochaines années de ma vie sur le
divan. Mais je m’en fiche, je prends le risque, j’essayerai de vivre sans.


 


D’ailleurs, réchauffer les vieilles querelles d’il y a un an, à l’occasion de la sortie du Crépuscule traduit en italien, allemand et espagnol, m’amuse moyennement. Pour moi, les
arguments d’Onfray sont très convaincants, les vôtres - beaucoup moins. Alors, à quoi bon répéter que la découverte de ce continent inconnu - l’inconscient - appartient aux autres, ils y ont
atterri avant Freud; que Freud écoutait ses patients en piquant un somme de temps en temps; que rien n’est vérifiable avec Freud, les 18 cas ou les autres - c’est pareil, il faut se fier à lui et
moi, je ne m’y fie pas; que l’affirmation que Freud couchait avec sa belle-soeur n’est pas un jugement moral mais une information qui décrédibilise sa "théorie de la sublimation"...etc. 


 


Concernant le passage, apparemment ridicule, de Rillaer à la télé, je vous fait confiance, je ne l’ai pas vu. Mais ça, ce qu’il écrit, se tient (vous l’avez lu?). Son passage dans "La grande
librairie" il y a un an - n’a rien de ridicule non plus (si ça vous intéresse, je peux vous donner le lien pour cette émission; là, je n’ai plus envie de le chercher). Imaginez, ce que ça aurait
donné si on avait  filmé le massage de l’utérus préconisé par Freud pour les hystériques ou l’introduction du psychrophore dans la verge (excellent pour les masturbateurs repentis!).
Personnellement, je préfère les araignées. Mais à vrai dire, j’ai fait une overdose de la psychanalyse freudienne. Je n’en peux plus!


 


Malgré tout, je prends le temps de vous répondre, parce que j’apprécie le style, l’esprit et l’ironie de vos coms; pas votre arrogance, ni vos opinions qui parfois même m’horripilent. A part
vous, Courageux Anonyme Debordien , " j’apprécie" encore Boris et Pascal Klein dans votre bande. Avant, j’aimais bien Corinne, mais maintenant ses coms sont devenus insupportables, sauf si
l’on aime la guimauve écoeurante en admiration devant son idole. 


- Cher Frédéric, vous avez une silhouette de jeune homme…


- Chère Corinne, je fais quelques exercices pour ne pas ressembler à une meringue…


- Cher Frédéric, vous êtes un acteur formidable qui joue le rôle de sa vie…


- Chère Corinne, je ne suis qu’un minable figurant raté qui écrit ses propres répliques…


- Cher Frédéric, nous écoutons ensemble France Culture comme deux ménagères de moins de 50 ans…


- Chère Corinne, je ne rentre plus dans la case des ménagères, je suis vieux, la mort m’attend…


Deux flaubertiens version nihiliste, en parfaite adéquation avec l‘article…. Je comprends que vous avez eu envie de prendre l’air, Yorick.


 


PS. Je pense que Houellebecq s’ennuierait à l’Up de Caen ou d’Argentan - pas assez de petites asiatiques à se mettre sous la dent…



monica 11/05/2011 12:27



Mais non, Yorick, je ne pense avoir que l'intelligence du coeur ; il semblerait que cela ne vous suffise pas.


Quant à la froide pertinence des propos émanant de votre personne, elle, ne m'émeut pas. Cela ne me surprend pas ; je ne suis qu'un état d'âme, l'émotivité incarnée, et la douceur et la chaleur
faites femme.


Comment pourrions-nous nous entendre !



Yorick 11/05/2011 11:42






Mais je l’ai lu Monica, voyons ! Avez-vous quelque chose de pertinent à dire? 



monica 10/05/2011 18:16



La longueur du texte est impressionnante, mais le contenu, lui, ne l'est pas du tout ; c'est toujours finalement la même rengaine, la même volonté de ne pas vouloir lire le livre de Michel
Onfray, mais d'en parler sans fin et avec un tas de reproches.


Mais lisez donc le crépuscule d'une idole si vous voulez en parler Yorick ! sans vous commander, ni vous conseiller bien sûr, je ne veux vexer personne sur ce blog.



Yorick 10/05/2011 14:31






Ewa, ça se voit que vos connaissances freudiennes sont de seconde main et de nature exclusivement polémique. Par conséquent, je vous
conseillerais d’essayer de lire d’abord un ouvrage de la main de Freud. Vous lisez bien Diogène de Sinope ou Artémidore d’Ephèse dans le texte comme vous le recommande votre guide spirituel –
enfin, spirituel, c’est une façon de parler, - alors pourquoi pas “Psychopathologie de la vie quotienne” ou “Trois essais sur la théorie de la sexualité”?


 


Je n’ai pas l’intention de défendre la personne de Freud car je ne suis ni adepte des légendes dorées (comme certains émules de Freud) ni des
légendes noires (comme Onfray et d’autres avant lui). En revanche, je considère que Freud a découvert un continent inconnu. Vous en faites ce que vous voulez.


 


Le dénommé Van Rillaer dont vous postez une citation est un petit rigolo. Sa spécialité consiste à guérir les phobies de ses patients en les
priant d’introduire une main dans un bocal rempli d’araignées. Il n’est pas surprenant qu’il soit devenu un spécialiste de ce panier à crabes qu’est l’historiographie freudienne. Van Rillaer est
un expert en dressage, pas des araignées ou des puces, mais des patients. A force, on y arrive… Je l’ai vu une fois sur un plateau télé accompagné d’une de ses patientes souffrant d’obsessions et
dûment cornaquée pour clamer devant les caméras qu'elle allait mieux… J’ai rarement vu quelque chose d’aussi obscène et pathétique.


 


En effet, Freud était médecin et Onfray ne l’est pas, même si l’envie lui prend de jouer au thérapeute. La différence, c’est que l’un écoutait
des patients mais surtout, tenait son savoir de leur bouche tandis que l’autre pratique une sorte de spéculation en chambre, un exercice intéressant mais plus célibataire. On y court le danger de
tourner en rond (d’où sans doute cette passion pour l’éternel retour). La différence est essentielle. Considérer que Freud est avant tout un philosophe est une grossière erreur.


 


L’histoire des 18 patients est un vieux cheval de bataille rabâché par des gens qui ont fait carrière en allant fouiner dans la vie de
Freud.  Comme je n’étais pas sur place, je suis incapable d’affirmer qu’il a gonflé le nombre de ses succès thérapeutiques pas plus que je n’ai été
vérifier ses draps pour savoir s’il avait couché avec sa belle soeur.  On laissera ça à ceux qui s’intéressent avant tout aux histoires de pots de
chambre.


 


Par ailleurs, tout le monde sait qu’entre 1881 et 1899 (pour faire court), Freud a tergiversé entre plusieurs approches thérapeutiques et
plusieurs hypothèses théoriques afin d’expliquer l'origine des symptômes “nerveux” et qu’il a mis du temps à trouver un dispositif suffisamment épuré (et d’une remarquable simplicité). Ce qui ne
l’a pas empêché de faire de nombreuses erreurs thérapeutiques et de les reconnaître, contrairement à ce que prétend Onfray. Si mes souvenirs sont bons, les 18 patients étaient ceux qui
fréquentaient le divan de Freud alors que celui-ci croyait encore à la théorie de la séduction parentale avant de changer complètement d'orientation.


 


En effet Freud était pessimiste. Il avait des doutes sur la capacité des hommes à vaincre la violence. Peut-on lui donner tort? Et puis en
1932, date du texte “Pourquoi la guerre?”, nous étions au lendemain de la boucherie de ’14 et de la révolution communiste en Russie, de la montée du fascisme en Europe, du krach de 1929 et ses
millions de chômeurs, et à la veille de l’accession d’Hitler au pouvoir …  Ce monde n’avait rien de commun avec celui des douces illuminées se livrant
au culte du salsifis et à la pratique du yoga tantrique en plein bocage normand. À ce propos, je verrais bien Michel Houellebecq assister au cours de l’université populaire du goût afin de
rassembler les matériaux de son prochain roman.


 


En effet , Freud ne connaissait pas encore la démocratie participative de Ségolène Royal et il était plutôt élitiste. Et alors? Il n’était pas
le seul à l’époque. Après tout, l’avant-garde révolutionnaire des bolchéviques constituait aussi une sorte d’élite dont le privilège était d’avoir pris conscience des rapports de classe avant les
autres et dont la mission était de conduire les autres sur le chemin de la vérité.


 


 



Ewa 09/05/2011 11:44



A propos de Freud - "médecin qui soigne" (étude  comparative)


 


1/ Yorick - notre cher visiteur-correspondant : 


« Freud n‘était pas un philosophe. C‘était un médecin. C‘est en soignant les gens et surtout en les écoutant, qu’il fit ses découvertes. »


 


2/  Michel Onfray - philosophe :


« Freud théorise la question de l’abus sexuel des enfants par leur père dans Sur l’étiologie de l’hystérie (1896). Il prend soin de préciser qu’il n’évolue pas sur le terrain de
l’hypothèse, de l ‘avis péremptoire, de la fantaisie théorique, mais qu’il a travaillé sur dix-huit cas et obtenu ses certitudes après examens cliniques, observations  de patients, analyses
concrètes. […] 


Or une lecture attentive des lettres à Fliess permet de voir que les dix-huit cas revendiquées pour asseoir et confirmer cette théorie n’existent que dans l’esprit de Freud. Car : deux mois après
avoir présenté ses thèses Sur l’étiologie de l’hystérie à la Société Neurologique de Vienne, il écrit à Fliess (4 avril 1897) qu’il déplore n ‘avoir pas un seul nouveau cas! Pire : il
n’a réussi à terminer aucune cure en cours. »


[Le crépuscule d’une idole, Grasset, 2010, p.281-282]


 


3/ Jacques Van Rillaer - professeur de psychologie en Belgique :


« Le rapprochement entre l’affirmation d’avoir traité, avec succès, 18 cas et, exactement à la même époque, l’aveu à Fliess, en privé, de ne pas avoir réussi à terminer une seule cure, ce
rapprochement a déjà été fait il y a une vingtaine d’années, par exemple par mon ami Han Israëls, qui a publié avec Morton Schatzman l’article The Seduction Theory.  […] Bien
entendu, ces fameux "18 cas d’hystérie" sont loin d’être le seul mensonge de Freud. »


[Analyse d’affirmations d’Elisabeth E. Roudinesco dans "Mais pourquoi tant de haine?", Seuil, 2010]


 


4/ Paul Roazen - historien de la psychanalyse


« Freud ne cachait pas qu’il était devenu sceptique, notamment sur l’effet thérapeutique de la psychanalyse. Lorsque quelque chose de "classique" arrivait dans l’analyse du Dr Putnam, il lançait
en riant : Ne vous ai-je pas dit que la psychanalyse était une excellente chose pour des gens normaux? En privé, Freud considérait souvent avec ironie ce qu’il avait accompli. […] Freud
lui-même avouait volontiers, tout au moins à quelqu’un comme le Dr Putnam, avec qui il s’entendait si bien, que la psychanalyse n’était indiquée que pour les gens en excellente santé. »


[Dernières séances freudiennes. Des patients de Freud racontent., Seuil, 2005, p. 228]



Ewa 09/05/2011 11:35



A propos de l’Hydre de Lerne (eh oui, encore celle-là…)


 


Les remerciements de correspondant Yorick sont parfaitement inutiles. En parlant de l’Hydre de Lerne, je n’ai pas pensé une seconde à "la théorie psychanalytique" et encore moins à "la confrérie
des psychanalystes". Cette association d’idées est un pur produit de son imagination. Il est juste un peu parano, à la proie de la phobie de persécution, (bientôt je lui dirai tout sur son
complexe d’Œdipe ;~)). 


 


En revanche, que notre fameuse hydre symbolise pas moins fameux id - pourquoi pas . Sauf que l’idée de vouloir tuer nos pulsions pour vivre "sous la dictature de la raison",
 m’horrifie. 


 


En fait, tout est beaucoup plus simple, mais peut-être aussi beaucoup plus embarrassant et dérangeant pour quelqu’un qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez freudien. L’Hydre de Lerne,
c’était tout simplement la conclusion ironique de la phrase de Freud citée juste avant, et elle était censée de symboliser ces "couches attardées de la population" occupées à nettoyer péniblement
les écuries d’Augias et qui "se multiplient" si vite que la bonne vieille guerre aurait pu peut-être apporter la solution. J’exagère, c’est vrai.  Mais vous pensez que Mussolini l’avait bien
compris, lui? Et l’Ailite? 


 


Et, elle est comment, cette phrase, dans la version téléchargeable? Parce que dans Œuvres complètes, PUF, 1998, p.79 - ça donne ça :


« Il faudrait consacrer davantage de soins qu’on ne l’a fait jusqu’ici pour éduquer une couche supérieure d’hommes pensant de façon autonome, inaccessibles à l’intimidation et luttant pour la
vérité, auxquels reviendrait la direction des masses non autonomes. […] Aujourd’hui déjà les races non cultivées et les couches attardées de la population se multiplient davantage que celles
hautement cultivées. »


 


Et voilà comment Onfray analyse la position de Freud dans Pourquoi la guerre? :


« Ces pages illustrent le pessimisme césarien du personnage qui aimerait bien, de fait, que la guerre disparaisse, mais qui sait sa protestation vaine, car il ne doute pas, toute son œuvre
témoigne en ce sens, qu’on n’en finira jamais avec la pulsion de mort, avec le désir d’agressivité, avec la haine mortelle des hommes entre eux et qu’il faut raisonnablement envisager autre chose
qu’une disparition de la guerre sur la planète : soit faire confiance au grand homme, au héros de la culture, pour sculpter cette énergie noire, soit faire contre mauvaise fortune bon cœur,
autrement dit, composer avec l’éternel retour des guerres. »


Le crépuscule d’une idole, Grasset 2010, p. 527-528.


 


Correspondent nommé Ewa.



constance 01/05/2011 18:01



Bonjour Yorick,


 


MO est psycho-rigide. Oui, c'est vrai. Je crois aussi que nous avons pu le découvrir sensible et profondément humain. Il croit plus en ses idées qu'en les "gens". Avez-vous déjà tenté
de croire dans tous les discours contradictoires que nos seuls amis ou famille nous donnent ? Absolument impossible. Un philosophe médiatique se doit de prendre position et de garder le cap.
Sinon, qu'il change de métier.


 


Qui est-il pour juger les autres ? Pas plus que vous et moi, c'est pourtant ce que nous faisons à longueur de temps. Pensez-vous qu'un psy sait écouter sans juger ? En surface, il sait donner le
change mais au fond de lui, ne le fait-il pas ? Quant à son hédonisme, je suis trop jeune, inexpérimentée et sans aucune fantaisie (ça c'est pour l'ailite) pour me permettre un
quelconque contrat :)



monica 01/05/2011 11:55



Je vous pardonne, Yorick si ça peut vous faire plaisir.


Je n'ai pas vu l'émission de Ruquier. J'avais bien autre chose à faire, en ce qui me concerne. Je suis moins accro de Michel Onfray que vous à ce qu'il me semble. J'étais dans une milonga... par
sur la musique de soeur sourire, non, je vous rassure.


Vos commentaires me font sourire. Je ne me transforme pas en bonne soeur en les lisant, mais en femme tolérante et compatissante...(je sens que je vais y avoir droit à nouveau...). Ils sont
d'un style ! Je crains hélas de m'en lasser. Ils se ressemblent tous. Vous manquez tellement d'imagination !


J'étais certaine que mon ..."nique" donnerait de l'eau à votre moulin...


Carpe diem, n'oubliez pas...



Yorick 01/05/2011 11:16






Pardonnez-moi mais votre lapsus “hédonique” me fait irrésistiblement penser à “Dominique nique nique”, la chanson célèbre de soeur Sourire et
votre érotique solaire harmonieuse n’est pas sans rappeler les cours d’éducation sexuelle gracieusement accordés aux jeunes filles dans les centres de planning familial. Ça respire le bonheur,
l’hygiène et la santé (car ne l’oublions pas, Onfray est un hygiéniste). “Healthy sex” disent les anglo-saxons.  Vous devriez faire attention à ne pas
fonder une nouvelle religion, comme Zemmour l’a encore rappelé hier à Onfray dans l’émission de Ruquier.



monica 01/05/2011 08:38



Le contrat hédoniste, parlons-en...


Mais, au préalable, il ne s'agit pas "d'une partie de plaisir" ; quels mots là encore pour parler de l'hédonisme éthique...Le rapport à l'autre n'est pas une "partie de plaisir", il ne
s'agit pas non plus, dans l'érotique solaire que propose Michel Onfray, "des modalités charitables de l'amour" qui, soyons honnêtes, n'existent pas. Il s'agit de respecter, de
considérer, de se soucier, d'être prévenant... de façon à vivre son érotisme en paix dans le maximum de sérénité possible. Cette proposition invite chacun à se soucier de soi et de l'autre.


Pourquoi démonter une logique telle que décrite ci-dessus si ce n'est parce que ce n'est pas donné à tout le monde de vivre ce style de contrat, en tout cas, à l'époque où nous vivons. Et quand
j'écris "tout le monde" je ne fais pas la morale à ceux qui ont du mal à comprendre cette possibilité de bonheur dans l'érotisme. Il est difficile d'admettre que même dans l'amour du prochain,
"le noyau dur reste soi, l'ego".


Si tant de couples se déchirent c'est parce qu'il est difficile de faire l'économie de soi dans la relation à l'autre. Prendre conscience que son propre plaisir est lié au plaisir de l'autre est
la meilleure façon de créer un couple harmonieux. Tout le monde semble le savoir, mais peu le pratique.


Mais le progrès avance à petits pas ; il s'agit de construire cette "érotique solaire" d'abord avec les moyens que l'on a, et petit à petit avec toute son intelligence.


Le plus gros organe sexuel de l'être humain, c'est son cerveau.


Bon dimanche à vous tous.



monica 01/05/2011 00:47



Autant pour moi, il s'agit vous l'aurez tous compris du contrat hédoniste éthique.


Bonne nuit !



monica 30/04/2011 19:14



Yorick, je comprends que le contrat hédonique éthique puisse vous dépasser.


Si Michel Onfray parle de psychorigidité en parlant de lui, c'est tout à son honneur. Lui au moins est un intellectuel honnête. Mais, c'est son extrême pudeur qui lui fait dire des propos
que tous ceux qui l'aiment peuvent démentir.


Le plaisir, pour vous, est ailleurs qu'ici, non pas que je veuille vous en chasser, bien au contraire !


carpe diem yorick, si vous pouvez



Yorick 30/04/2011 18:33






S’il reconnaît lui même être un psycho-rigide, on aurait mauvaise grâce de le démentir. Chaque fois que je l’ai vu à la télé, il avait sa tronche des mauvais jours et était en pétard contre
quelqu’un ou quelque chose. Quant son éthique sévère et exigeante… laissez-moi rire. Dans l’affaire Freud, il n’a cessé de colporter des énormités et n’était pas loin de la délation pure et
simple.


 


A ce propos, je voudrais signaler que son hédonisme, pour ceux qui ont la curiosité d’y regarder de plus près, n’est pas très joyeux. C’est très très loin d’être une partie de plaisir. En effet,
si l’on met provisoirement de côté la jouissance que l’on peut éprouver à déguster un Château Yquem, un plaisir certes onéreux mais qui ne porte pas à conséquences, et que l’on s’intéresse de
plus près au plat de résistance, c’est-à-dire à sa façon d’envisager les relations humaines et en particulier les relations entre sexes, on ne manque pas d’être frappé d’une chose. Tout y est
contractualisé à l’extrême. Rien n’est laissé au hasard, hasard qui fait le charme mais aussi les aléas de la rencontre. On dirait presque un mariage à Hollywood : aucune clausule ne manque.
Avant de coucher, tout doit être couché sur papier. En effet, le contrat censé lier les partenaires de plaisir doit veiller à ce que chacun s’abstienne de faire des promesses en l’air. En vertu
de la sacro-sainte transparence, chacun ne doit promettre que ce qu’il peut tenir mais dès qu’il promet, il ou elle doit s’exécuter.  Sinon,
attention !... On sent là poindre une comptabilité féroce, une arithmétique surmoïque, qui font penser au délire d’un Fourier. Foin de cette "érotique solaire" et tout le barnum grec et
tantrique dont Onfray nous rebat les oreilles… ce qu’on voit surtout, c’est une énorme paire de lunettes Mikli passant en revue les articles d’un contrat et veillant de manière sourcilleuse à ce
que toutes les clauses soient respectées. On comprend dès lors la raideur du bonhomme.


 



monica 30/04/2011 16:05



Michel Onfray n'est pas n'importe quel "type". Quel mot encore pour parler d'un philosophe de la pointure de Michel Onfray ! Nietzsche, l'un des plus grands et des plus fins philosophes
est l'un aussi que Michel Onfray connaît le mieux et apprécient le plus.


"La subtilité" des propos de Michel Onfray vous échappe, à vous, "Stirner" (!).


Lisez "la religion du poignard Eloge de Charlotte Corday" ; vous n'aurez ainsi peut-être plus envie d'associer Michel Onfray et Robespierre.


Tous ces commentaires ne m'écoeurent pas, ni ne me dérangent car ils proviennent de gens d'une finesse d'esprit peu redoutable.



Stirner 30/04/2011 15:28



Onfray, dans Empreintes, se laisse aller à cette étonnante confession en forme d'autoportrait et qui correspond à l'image que j'en perçois :
 "Je crois plus à mes idées qu’aux gens. J’ai une espèce d’idéal qui fait probablement de moi un
psychorigide. J’ai une éthique de conviction très sévère, très austère. Je crois vraiment qu’il y a des choses qu’on fait et des choses qu’on ne fait pas, des choses justes et des choses
injustes."  


Un type qui "croit plus à ses idées qu'aux gens", qui a une "éthique de conviction très sévère, très austère", cela sent son Robespierre davantage que son Voltaire
ou son Diderot. Voilà pourquoi, sans doute, il exprime des jugements si tranchés et si simplistes sur Freud ou des philosophes dont la subtilité lui échappe et, donc, le dérange.



monica 30/04/2011 12:36



Vous avez bien raison, Monsieur, allons-nous promener. Sur ce point, nous sommes d'accord.


Mais, s'il vous plaît, cessez de porter des jugements aussi incohérents sur Michel Onfray. A vous écouter, ce philosophe serait psychorigide alors qu'il est tout le contraire
de froid, de quelqu'un de dépourvu de fantaisie et d'affectivité... Comment pouvez-vous être si sûr qu'il hait le mensonge. Le terme haïr ne convient pas à ce grand philosophe.


Ne profitez pas, vous, de votre érudition pour juger les gens sans savoir.


carpe diem



Yorick 30/04/2011 12:15






Dans l’ancienne psychiatre et même dans une certaine mesure dans l’actuelle, les termes "pervers", "psychotique" et "psychopathe" recouvrent des réalités distinctes, les deux premières
appellations correspondant à des étiologies différentes. Les unifier sous un seul et vague vocable prouve bien que vous ignorez (avec Onfray) tout des mécanismes psychologiques qui sont en jeu et
que vous ne cherchez qu’à proférer un jugement moral. C’est d’ailleurs cela qui a étonné la réalisatrice Nicole Garcia dans sont dialogue avec Onfray. Elle, au moins, avait une vision plus
nuancée et plus complexe du "cas" Romand. Elle cherchait à démêler l’écheveau compliqué des motifs qui l’avait conduit à commettre son acte monstrueux, alors que la réaction d’Onfray ne volait
pas plus haut que celle du vulgum pecus, lequel n’est jamais loin de vouloir lyncher son prochain et cherche toujours une bonne excuse pour le faire. 


 


Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre ce qui a révulsé Onfray dans le cas Romand. C’est le mensonge, dans ce cas-ci, une affabulation portée pendant près de 20 ans. Et nous savons que
Onfray hait le mensonge. C'est une sorte de fanatique de l’inhumaine transparence. Mais cela nous amènerait trop loin et le beau temps invite à la promenade. 



monica 30/04/2011 11:24



Les termes de pervers et de psychopathe existent. On "appelle" comme vous dites (quel drôle de langage !) pervers ou psychopathe les gens qui sont atteints de graves psychoses. Ce ne sont
pas des injures ; ce sont des termes de psychiatrie. Ils sont devenus ainsi, et c'est leur tragédie.


Je vous le redis, ce ne sont pas des jugements, ce sont des réalités. Et si vous pensez que la psychanalyse est un art, alors, oui, Freud était bien un grand artiste.


 



Yorick 30/04/2011 11:11






Vous les appelez comme vous voulez en n’oubliant pas cependant que votre étiquetage fera partie de la vulgate journalistique puisque vous
ignorez ce qu’il recouvre. Cela dit, la travail du psychanalyste n’est pas de ranger les gens dans de petites boîtes mais de les écouter et de les aider en s'abstenant de recourir à des jugements
moraux. Ecouter sans juger, ce n’est pas donné à tout le monde et certainement pas à Onfray, et c’est pourquoi cet art est difficile. 



monica 30/04/2011 10:45



Mais, Monsieur, ai-je jamais dit que je n'avais pas de pulsion ni d'inconscient.


Mais, Monsieur, Romand était bien un pervers psychopathe ; ce n'est pas un jugement de la part de MO ; ces êtres existent bien. Où est le problème ? qu'ils existent bien ou qu'on les
qualifie de pervers psychopathes ? Comment voudriez-vous qu'on les appellent ? des êtres humains à part entière mais atteints de graves psychoses ? mais c'est absolument la même chose. Les
termes de pervers et de psychopathes sont les bons termes, il me semble. Seule la lucidité vis à vis de ces êtres peut aider à les comprendre.


Vous avez l'art de juger les autres avec tellement d'aisance, Monsieur.



Yorick 30/04/2011 10:38






Ci-dessous le dernier paragraphe de “Pourquoi la guerre?”.  A-t-on l’impression qu’il s’agit
d’une apologie de la guerre? Si tant est que Freud ait voulu faire passer un message à Mussolini en dédicaçant son ouvrage, ce serait plutôt le contraire.


 


“Au nombre des caractères psychologiques de la culture, il en est deux qui apparaissent comme les plus importants :l’affermissement de l’intellect, qui tend à maîtriser la vie instinctive, et
la réversion intérieure du penchant agressif, avec toutes ses conséquences favorables et dangereuses. Or les conceptions psychiques vers lesquelles l’évolution de la culture nous entraîne se
trouvent heurtées de la manière la plus vive par la guerre, et c’est pour cela que nous devons nous insurger contre elle ; nous ne pouvons simplement plus du tout la supporter ; ce n’est pas
seulement une répugnance intellectuelle et affective, mais bien, chez nous, pacifistes, une intolérance constitutionnelle, une idiosyncrasie en quelque sorte grossie à l’extrême. Et il semble
bien que les dégradations esthétiques que comporte la guerre ne comptent pas pour beaucoup moins, dans notre indignation, que les atrocités qu’elle suscite.


 


 Et maintenant combien de temps faudra-t-il encore pour que les autres deviennent pacifistes
à leur tour  ? On ne saurait le dire, mais peut-être n’est-ce pas une utopie que d’espérer dans l’action de ces deux éléments, la conception
culturelle et la crainte justifiée des répercussions d’une conflagration future, — pour mettre un terme à la guerre, dans un avenir prochain. Par quels chemins ou détours, nous ne pouvons le
deviner. En attendant, nous pouvons nous dire : Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre.”


 


Il faudrait aussi contextualiser cet épisode. En 1933, Mussolini n’est pas encore celui que la postérité condamnera. Il n’a encore déclaré la
guerre à personne. Il n’a pas encore envahi l’Ethiopie et n’est pas encore l’allié d’Hitler. Certes, il dirige un pouvoir dictatorial mais il est loin d’être le seul en Europe. Par ailleurs, un
grand nombre de ses initiatives au niveau national sont appréciées à l’étranger. En rédigeant sa dédicace, Freud pense peut-être aux travaux effectués
par Mussolini pour rénover le centre historique de Rome car on sait à quel point Freud était attaché à cette ville.


 


En 1933, Freud a 77 ans et souffre depuis près de 7 ans d’un cancer de la mâchoire. Il n’a jamais été un analyste politique. Il était plutôt
libéral dans sa jeunesse mais deviendra plus conservateur avec l’âge. Dans une période chaotique marquée par des convulsions de toutes sortes, - guerres, révolutions, crise économique, chômage, -
Freud aspirait peut-être à une sorte de retour à un certain ordre. Et alors? Considère-t-on que Velazquez est un artiste médiocre parce qu’il était le peintre officiel de la Cour
espagnole?


 


Et puis franchement, quels sont exactement les états de service révolutionnaires de Michel Onfray qui l’autorisent à s’ériger en juge? Ce
n’est tout de même pas Rosa Luxembourg, que je sache? Si l’on excepte un appel à voter Bové, puis Besancenot, aujourd’hui Mélenchon, son action politique s’est bornée à publier des livres et à
surveiller leur tirage, à fonder une “université populaire” fréquentée par des bobos et à lever occasionnellement un verre de Château Yquem à la santé des classes populaires (ce qui leur fait une belle jambe).  Quant à son séjour en usine, en dépit du récit épique qu’il en fait dans “Politiques du
rebelle”, l’expérience s’est limitée à deux stages de vacances dans la fromagerie du village. En d’autres termes, qui est-il pour juger les autres?



Yorick 30/04/2011 10:19






Mais ma p'tite dame, des pulsions, vous en avez aussi, comme tout le monde. Vous avez aussi un inconscient, même si vous tenez à l'ignorer. Et
puis autre chose: Freud n'était pas un philosophe. C'était un médecin. C'est en soignant les gens et surtout en les écoutant, qu'il fit ses découvertes. Onfray n'est pas du tout médecin. Il n'a
pas la moindre idée de ce que signifie un symptôme et encore moins, une maladie mentale. D'ailleurs, c'est simple: les malades, il les craint, il les fuit et leur assène généralement ses
jugements moraux à l'emporte-pièce qui constituent sa marque de fabrique. Je suis un tombé un jour par hasard sur un entretien qu'il a eu avec la réalisatrice Nicole Garcia à propos de son film
“L’adversaire” inspiré par le roman éponyme d’Emmanuel Carrère. Nicole Garcia fut extrêmement surprise d’entendre Onfray traiter péremptoirement l’assassin Jean-Claude Romand de pervers
psychopathe sans chercher à analyser ses motivations ou à tenter de comprendre sa trajectoire. Eh bien, ma p’tite dame, le travail du psychanalyste (ou du psychologue) commence là où les
jugements moraux de Michel Onfray s’arrêtent.



monica 30/04/2011 09:06



Mais, monsieur l'ennuyé, puisque que l'on vous explique que Freud ne parle que de ses propres pulsions ! 


Si la majorité des gens ne comprennent pas Freud, faites un effort, vous Monsieur je sais tout pour comprendre Michel Onfray que diable, au lieu de vouloir l'affubler du terme absurde de
"procureur".


La pulsion de destruction ! Mais voyons, la guerre, c'est beaucoup plus complexe que cela !


Si cette pulsion de destruction appartenait à chacun des habitants de la planète, il n'y resterait plus grand monde. Sur cette planète, j'y discerne des êtres de toutes sortes : des beaux
des laids des heureux des malheureux des jouisseurs des ascètes (quoique) des pacifiques des guerriers...


Freud était un grand philosophe mais il ne savait pas tout.


à mon humble avis.



Yorick 29/04/2011 23:50






J’imagine que l’”hydre de Lerne” est censée représenter la théorie psychanalytique et la confrérie des psychanalystes. Merci pour eux. Cela
dit, je pense qu’elle symbolise bien davantage la vie pulsionnelle inconsciente (le “ça” dans la deuxième topique freudienne) laquelle est, comme le dit Freud du désir, “indestructible”.
C’est d’ailleurs de cette vie pulsionnelle et plus particulièrement de la pulsion de destruction qu’il s’agit dans “Pourquoi la guerre?” Quiconque lit ce texte intégralement, - et on peut le
trouver facilement sur la toile, - constatera qu’il ne s’agit nullement d’une apologie de la guerre mais d’une réflexion sur les formes qu’elle emprunte et sur les moyens dont dispose la
civilisation pour canaliser et domestiquer la violence destructrice.


Extraire au hasard quelques phrases d’un texte comme le fait mon correspondant s’accorde bien avec la méthode chère à Onfray. Je constate qu’elle a fait des émules. C’est une méthode de
procureur. Elle a moins pour but de comprendre un auteur que de dresser un dossier à charge.


Prenons un exemple de phrase citée par mon correspondant: “Pourquoi nous indignons-nous tant contre la guerre, vous (A. Einstein) et moi
et tant d’autres, pourquoi ne l’acceptons-nous pas comme telle autre des nombreuses et cruelles nécessités de la vie? Elle semble pourtant conforme à la nature, biologiquement bien fondée,
pratiquement à peine évitable".


En prenant connaissance de cette phrase isolée et décontextualisée, on pourrait s’imaginer que Freud justifie cyniquement la guerre et qu'il considère celle-ci comme une nécessité de la vie. Sauf
que… Il ne s’agit pas du tout de ça. Freud pose la question crûment… pour trouver des motifs à récuser que la guerre soit perçue comme une fatalité humaine.


 En effet, si mon correspondant avait fait l’effort de voir un peu plus loin que le bout de son nez antifreudien, il aurait lu
ceci (il s’agit d’une autre traduction).


“Pourquoi nous élevons-nous avec tant de force contre la guerre, vous et moi et tant d’autres avec nous, pourquoi n’en prenons-nous pas notre parti comme de l’une des innombrables
vicissitudes de la vie ? Elle semble pourtant conforme à la nature, biologiquement très fondée, et, pratiquement, presque inévitable. Ne vous
scandalisez pas de la question que je pose ici. Pour les besoins d’une enquête, il est peut-être permis de prendre le masque d’une impassibilité qu’on ne possède guère dans la réalité. Et voici
quelle sera la réponse : parce que tout homme a un droit sur sa propre vie, parce que la guerre détruit des vies humaines chargées de promesses, place l’individu dans des situations qui le
déshonorent, le force à tuer son prochain contre sa propre volonté, anéantit de précieuses valeurs matérielles, produits de l’activité humaine, etc.”


http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/pourquoi_la_guerre/pourquoi_la_guerre_texte.html


 


 


 


 


 



Ewa 28/04/2011 23:32



Et encore "une anecdote" concernant les sources d’Onfray, apparemment pas assez nobles pour certains. Une femme de ménage?! Depuis quand prend-on en considération le témoignage de "couches
attardées de la population"? Où va le monde?


 


« On se souciera donc des Souvenirs de Paula Fichtl recueillis par Detlef Bertehlsen sous le titre La Famille Freud au jour le jour, un ouvrage que les hagiographes prendront
sûrement pour méprisable, puisqu’il s’agit des confessions d’une employée de maison qui fut cinquante-trois années au service des Freud, à Vienne puis à Londres… Rappelons à ceux qui tiendraient
ce témoignage pour un potin négligeable, qu’il a été publié dans la "Bibliothèque de psychanalyse" dirigée par Jean Laplanche, l’auteur avec Jean-Bertrand Pontalis d’un Vocabulaire de la
psychanalyse qui fait autorité depuis sa parution en 1967 aux PUF. »


Michel Onfray, Le crépuscule d’une idole, Grasset 2010, p.592



Ewa 28/04/2011 20:07



Juste pour la petite anecdote : quelques extraits de livre "Pourquoi la guerre?" - le livre choisi au hasard par Freud lui-même parmi des nombreux ouvrages et dédicacé en toute innocence
à Mussolini :


 


« Pourquoi nous indignons-nous tant contre la guerre, vous (A. Einstein) et moi et tant d’autres, pourquoi ne l’acceptons-nous pas comme telle autre des nombreuses et cruelles nécessités
de la vie? Elle semble pourtant conforme à la nature, biologiquement bien fondée, pratiquement à peine évitable. »


« L’État idéal serait naturellement une communauté d’hommes ayant soumis leur vie pulsionnelle à la dictature de la raison. »


 « La question est de savoir si la communauté ne doit pas avoir également un droit sur la vie de l’individu; on ne peut condamner toutes les espèces de guerre au même degré. »


« Aujourd’hui déjà les races non cultivées et les couches attardées de la population se multiplient davantage que celles hautement cultivées. »


 


Serait-ce moins pénible de tuer l’Hydre de Lerne?



Yorick 28/04/2011 09:19






Onfray part d’une anecdote. En 1933, Freud dédicace un livre (“Pourquoi la guerre”) à Mussolini sous l’amicale pression un psychanalyste
italien. Et il en déduit aussitôt que Freud a eu des sympathies pour le fascisme mussolinien. Dans un crescendo étourdissant, il sussure même que Freud aurait désigné les juifs à la vindicte des
nazis en publiant son “Moïse”. Son livre est truffé de ragots, de mensonges et d’exagérations du même genre. A remarquer qu’une des sources littéraires d’Onfray n’est autre que le livre de
confidences de Paula Fichtl, la femme de ménage des Freud. On reconnaît ici la méthode typique des flics, des concierges et des corbeaux de village: épier par le trou de serrure. Si l’on voulait
appliquer la méthode “généalogique” d’Onfray à sa propre personne, on rappelera que sa mère fut femme de ménage chez le hobereau local, celui qui possédait aux dires d’Onfray “les terres et les
ventres”. Ceci explique peut-être bien des choses... Ça doit être pénible de vouloir nettoyer les écuries d'Augias. 



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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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