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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 09:30

 

Michel Onfray était invité dans l'émission de Christophe Bourseiller Musique matin sur France Musique, le 24.11.2011, pour parler de son dernier livre : La construction du surhomme



"N'écoutez pas les nietzschéens, lisez Nietzsche",
interview qui débute par cette phrase et qui nous invite à ne pas souscrire à tous les enseignements.

En lisant Nietzsche, on se rend compte qu'il était à la fois de gauche (critique franche de l'esclavage, du capitalisme, entre autres) et de droite. Malheureusement, certains comme Deleuze, André Comte-Sponville et Luc Ferry ont fait une analyse de Nietzsche en se servant du livre La volonté de puissance, faux inventé par sa soeur et qui n'est qu'assemblage mensongé (on y retrouve même vingt textes de Tolstoï). 

Dans La construction du surhomme, Michel Onfray réalise une psychobiographie de Nietzsche, qui fut d'ailleurs pillé par Freud (signification des rêves, du lapsus, de l'acte manqué) et a mis en perspective la vie et l'oeuvre car une philosophie est d'abord une confession de son auteur.

Durant cet échange, Michel Onfray évoque également la rencontre passionnelle avec Wagner, dont le désamour fut à la mesure de ce qu'aura été l'adoration, mais aussi sujets plus personnels, l'Université populaire de musique de Côme et une correspondance avec Pascal Dusapin.

"On a trop perdu de notre animalité et il y a quelque chose dans la musique qui nous y ramène"    Michel Onfray


 

«Quel que soit penchant que l’on ait pour la musique sérieuse et riche, à certaines heures on sera toujours subjugué, charmé et attendri par l’opposé de celle-ci. Je veux parler de ces mélismes d’opéras italiens, les plus simples de tous, qui, malgré leur uniformité rythmique et l’enfantillage de leurs harmonies, nous émeuvent parfois comme si nous entendions chanter l’âme même de la musique. Que vous en conveniez ou non, pharisiens du bon goût, il en est ainsi, et pour moi il importe maintenant avant tout de donner à deviner cette énigme et d’aider moi-même un peu à la résoudre. […]

Toute musique ne commence à avoir un effet magique qu’à partir du moment où nous entendons parler en elle le langage de notre propre passé : et, en ce sens, pour le profane toute musique ancienne semble devenir toujours meilleure, et toute musique récente n’avoir que peu de valeur : car elle n’éveille pas encore cette "sentimentalité" qui, comme je l’ai indiqué, est le principal élément de bonheur dans la musique, pour qui ne prend pas purement plaisir à cet art en artiste. »

Friedrich Nietzsche, Le voyageur et son ombre, 168

Marc - Ewa - Constance 

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commentaires

Marc Lefrançois 29/11/2011 09:04


J'ai beaucoup aimé Nietzsche autrefois. C'est un des rares philosophe à être également un grand écrivain. Cela me donne envie de relire le Gai savoir... et comme beaucoup de penseurs, il gagne à
être lu directement, et non pas par l'intermédiaire de ses egexètes...

Ewa 28/11/2011 16:38


Pour revenir à Nietzsche. Il était compositeur et connaisseur de la musique, et même lui, il aimait les opéras italiens, « ces mélismes » ne plaisaient pas uniquement au »peuple non éduqué«.
Nietzsche a essayé d’expliquer son attrait pour la mélodie simple, non élaborée, et cet émoi qu’elle provoquait en lui en parlant « de la sentimentalité dans la musique « qui était pour
lui l’essence même de la musique. 


Pour ne pas ajouter à l’incompréhension dont Nietzsche était déjà suffisamment victime :~), je viens d’élargir la citation que je croyais, à tort, assez limpide. Maintenant, avec « les mélismes
», son idée devient plus claire encore, enfin, je crois.

monica 28/11/2011 11:18


Vous êtes trop sérieux, les gars !


Ce n'était qu'une chanson... à l'opposé des discours de Madame LE PEN qui, eux, n'évoquent que la haine de l'autre.

Frédéric 27/11/2011 23:54


A opposer un groupe contre un autre, on s'éloigne de la sagesse de la foule. :)

monica 27/11/2011 16:18


Marc,


Diams ne cherche pas à prendre le pouvoir, je pense.

marc 27/11/2011 15:14


et moi j’emmerde et marine et diams


parce qu’elle pense qu’avec son islam et son foulard sur la tête 


elle n’est pas victime et ne perpétue pas des traditions qui font souffrir ?


elle est presque comme marine 


 

Frédéric 27/11/2011 14:25


Yo

monica 27/11/2011 13:10


 


Moi aussi, je t'aime !


Tiens, voilà pour toi, un petit cadeau : aucun rapport avec cet article.


Un autre genre de musique, mais figure-toi, il m'émeut :


http://youtu.be/TsL-2R402r4


 

Frédéric 27/11/2011 09:48


Hihi ! Ah ! Monica, je t'adore :)


C'est juste que la citation me paraissait avoir valeur d'absolu. Cela m'oppressait. Ce n'est plus le cas, maintenant que tu l'as remise dans son contexte.


 


Merci, et bonne journée :)

monica 27/11/2011 09:46


Excuse-moi, Frédéric, c'est un WE de tango, et je revenais de plusieurs heures de bal, avec la fièvre argentine dans le corps.


Ne comprenant pas ton commentaire, mais alors pas du tout, et ayant un lourd besoin de sommeil, j'ai posé moi-même un com sans queue ni tête...


Nietzsche, le philosophe le plus difficile à lire ; comment peux-tu en parler ainsi ? MO nous enseigne bien de lire l'oeuvre entière d'un penseur pour le comprendre. Quand
tu parles d'un "Nietzsche pris dans son orgueil", il me semble que cela n'est pas fondé. Pour moi, c'est comme si on prenait une symphonie de Haydn et que l'on disait qu'une des phrases
musicales de cette oeuvre avait une couleur rose ou verte ou n'en avait pas du tout.


En tout cas, le peu que j'ai lu de Nietzsche ne m'a jamais fait penser que ce philosophe était déprimé, orgueilleux ou dans un oubli quelconque d'immanence. Il est vrai que
j'ai une fâcheuse tendance à aduler grands penseurs et grands musiciens ! 


Bien amicalement,

monica 27/11/2011 03:12


Il ne faut ni penser à partir de Nietzsche, ni l'écarter.


Nietzsche pense. Où est le problème ?

Frédéric 27/11/2011 01:47


Il me semble que Nietzsche a oublié l'immanence de la musique dans son analyse. Peut-être n'y avait-il plus accès, pris dans son orgueil ? En écoutant Onfray raconter l'histoire de Nietzsche,
c'est ce que je me dis. 


Je suis de moins en moins sûr qu'il faille partir de Nietzsche pour penser la musique. Possible même qu'il faille l'écarter.

monica 26/11/2011 09:28


euh ! vous aurez compris que je voulais parler du palais...

monica 26/11/2011 09:17


En art, le maître est essentiel. La noblesse d'un art peut parler aux tripes de toute personne qui se laisse "éduqué" par un maître.


Quand on ne mange que de la mauvaise nourriture, le palet ne sait plus apprécier les mets délicats. En musique, c'est la même chose.


L'être humain a faim de bonnes et belles choses. S'il goûte à des mets musicaux dès sa plus tendre enfance, crois-moi, Ewa, il sera moins sensible à la musique médiocre dont tu parles. Elle ne
réveillera pas ses sens. Son émoi sera ou ne sera pas.


Quant au opéras italiens, ils plaisaient au peuple (non éduqué)... c'est dire !


En son temps, la musique de Vivaldi était considérée comme la musique de variété en Italie !...


L'animalité dont parle MO n'est pas celle que l'on croit.

monica 26/11/2011 09:03


Frédéric,


Je ne vois pas Nietzsche déprimé en lisant cette citation.


Il parle du profane et de l'artiste, et Nietzsche savait de quoi il parlait, je pense.


Imagine-toi qu'à son époque, la musique ne ressemblait en rien à toutes celles que l'on entend de nos jours, à la radio, à la télé, en concert. Elle est présente partout. Il y a tant de genres.


Au temps de Nietzsche, les amateurs de musique avaient moins de choix. Le profane pouvait apprécier la musique, mais celle qui lui parlait était celle que l'on appelait "ancienne" quand
on était contemporain de musique moderne, "récente" donc à l'époque de Nietzsche ou classique, comme l'on dit de nos jours. Wagner, notamment était un moderne du temps de
Nietzsche et cette musique contemporaine ne pouvait pas parler aux personnes qui ne connaissaient pas cet art, comme lui la connaissait. C'est, je pense, ce qu'il veut exprimer dans cette
citation.


Mais je peux me tromper évidemment.

Ewa 25/11/2011 13:06


En dehors de toute considération d’ordre artistique, esthétique en tant que connaisseur, musicien, musicologue, artiste etc., il y a dans la musique une sorte d’animalité dont parle Onfray, elle
touche d’abord nos sentiments, nos tripes. C’est pour ça que même la musique dite médiocre ou artistiquement très moyenne (Nietzsche parlait des « mélismes d’opéras italiens« ) nous plaît et nous
touche. D’autant plus qu’un air déjà entendu nous rappelle notre passé (les chansons de notre enfance, de nos premiers émois amoureux…). La musique « récente » n’a pas encore assez vécu avec
nous, ne nous a pas accompagné dans notre vie, alors elle n’a pas la même valeur sentimentale que la musique « ancienne ». 


 


Ce n’est que mon interprétation de cette citation de Nietzsche, mais j’aime bien aussi celle de Yaglourt. ;~).


Comme Frédéric, j’aime tomber sur une musique que je ne connais pas, qui ne m’évoque rien, et puis paf! la magie opère. D’ailleurs, j’en profite pour saluer une amie qui m’avait envoyé
dernièrement quelques liens musicaux « bizarres ». :~)

Frédéric 25/11/2011 12:17


Oui ! Monica, c'est ce que j'ai compris aussi ! Nietzsche donne du sens à la musique, mais n'en donne qu'un, et le présente comme absolu. Il y en a d'autres. 


Michel Serres ouvre les possibles en considérant que la musique n'étant porteuse d'aucun sens, elle les possède tous. Autrement dit,
chacun met le sens qu'il veut dans la musique. La musique n'est langage que pour celui qui veut bien y croire.


Le sens donné par Nietzsche dans cette citation me semble être celui d'un déprimé, pris dans l'histoire de son ego, noyé dans son passé, obligé de donner un sens à cette musique qui le broie de
l'intérieur. 


J'aime tomber par hasard sur une musique qui ne m'évoque rien au premier abord, et créé un "instant de magie" rien que par son existence. Une bulle insoutenable de légéreté. Wouah, la musique, ça
peut être ça aussi !?! Quelle découverte !


http://www.youtube.com/watch?v=WqEF1xcV7m4

yaglourt 25/11/2011 09:59


Bravo Marc, Ewa et Constance, quel activité sur ce blog !


Il faut dire que ce Onfray n'arrête jamais...

monica 25/11/2011 05:10


Frédéric,


Nietzsche parle de musique ancienne et de musique récente, et non pas de musique jamais entendue.


Je comprends d'autant mieux ce qu'il veut dire lorsque je me rappelle les émotions suscitées par la musique de Beethoven lorsque j'étais toute enfant. Une musique que je ne devais pas
vraiment découvrir puisque mon père la jouait en tant que musicien dans un conservatoire, mais que je n'avais jamais vraiment bien entendue. C'est une musique qui me parlait, tout
simplement parce que de celle qui touche notre sensibilité sans que l'on puisse se l'expliquer ; alors que Pierre Boulez que mon père jouait aussi ne m'enchantait pas du
tout. 


Cette musique "jamais entendue" dont tu parles, je ne pense pas que ce soit celle dont parle Nietzsche lorsqu'il parle de musique récente. Mais je peux me tromper.

Frédéric 24/11/2011 23:44


Nietzsche devait être pris dans ses tourments, quand il a écrit la citation de bas d'article. Il arrive heureusement d'être saisi par une musique jamais entendue auparavant, pour peu que les
oreilles soient ouvertes dans le bon sens. 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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