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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 16:59

 

Le Neuvième Art, la bande dessinée, est une porte ouverte par laquelle une réflexion philosophique devient possible. Une brèche, comme la nomme Michel Onfray. L'occasion de vous en présenter une excellente.   

 

Portrait de Dorian Gray

     Variante du Mythe de Faust, Le portrait de Dorian Gray fait scandale à sa sortie en 1890.    

Dorian Gray est un garçon de bonne famille, d'une beauté rare. Basil Hallward, peintre, fasciné par son modèle, décide de réaliser son portrait. Tel Narcisse, le modèle tombe en amour devant ce tableau éclatant de jeunesse et fait le voeu que ce soit le tableau, et non lui, qui vieillisse à sa place. Ce ne sera pas seulement ce que le portrait prendra de lui, non, car il deviendra également le reflet d'une âme vendue au diable. Séduit par les théories immorales de Lord  Henry, Dorian Gray plongera dans les abîmes du mal. 

 

Art, jeunesse éternelle, débauche, décadence, chosification d'autrui, homosexualité, poésie, individualisme, désir sans limites, Bien et Mal, à la fois conte moral, philosophique, social et fantastique, nous revisitons (ou découvrons) grâce à cette BD ce roman du cynique Oscar Wilde. A mettre donc entre toutes les mains.

   

 

Unique roman d'Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray est adapté chez Delcourt, pour leur collection Ex-Libris, par Stanislas Gros. Vous pourrez également y retrouver de grands classiques comme Le Tour d'écrou d'Henry James, Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë, La Métamorphose de Kafka, etc... 

L'auteur se permet quelques fantaisies en mêlant à ce Portrait diverses actions du Vicomte de Valmont, et en plaçant dans la bouche de Lord Henry quelques-unes des citations les plus antipathiques de Nietzsche dans Par delà Bien et Mal

Pour ceux qui désireraient lire le roman, il est consultable de façon libre chez Wikisource, la Bibliothèque Libre, le lien est ici. Voici quelques lignes du roman original, chacun trouvera matière à réflexion :

"Était-ce vrai que l’on ne pouvait jamais changer... Il se sentit un ardent et sauvage désir pour la pureté sans tache de son adolescence, son adolescence rose et blanche, comme lord Henry l’avait une fois appelée. Il se rendait compte qu’il avait terni son âme, corrompu son esprit, et qu’il s’était créé d’horribles remords ; qu’il avait eu sur les autres une désastreuse influence, et qu’il y avait trouvé une mauvaise joie ; que de toutes les vies qui avaient traversé la sienne et qu’il avait souillées, la sienne était encore la plus belle et la plus remplie de promesses..."

"Qu’était la jeunesse d’ailleurs ? Un instant vert et prématuré, un temps d’humeurs futiles, de pensées maladives... Pourquoi avait-il voulu porter sa livrée... La jeunesse l’avait perdu."

Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, Chapitre XX 

 

 

"Nous pouvons pardonner à un homme d'avoir fait une chose utile aussi longtemps qu'il ne l'admire pas. La seule excuse d'avoir fait une chose inutile est de l'admirer intensément. Tout art est tout à fait inutile."

Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, Préface 

    Constance 

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Published by quatuor - dans Goût des autres
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commentaires

Ewa 16/07/2011 09:32



Oui, la bibliothèque de vieux instit. ;~)


Je n’ai jamais dit ça, Thomas…



Thomas 16/07/2011 00:30



L’édition Mercure de France 1992 ? 


Il est vraiment si insupportable ?



Monica 06/03/2011 16:55



Je pense, chère Constance, que la sensibilité de l'adolescence ne s'émousse pas avec l'âge. Bien au contraire, elle s'épanouit et nous fait devenir ce que nous sommes.


Les soeurs avaient du talent. Le talent des écrivains et des artistes nous aident à nous constuire.


Cette intensité de l'émoi, pourquoi la chercher puisqu'elle est en nous comme vous le dites, mais pas aussi tapie qu'on pourrait se l'imaginer. Elle peut surgir à la moindre occasion ; ce sont
les occasions qui sont rares en fait, en amour. La vivre, c'est le suprême bonheur. L'essentiel c'est de ne pas l'espérer à chaque fois que l'on pense tomber amoureux, se laisser aller plutôt
comme à l'écoute d'une musique ou lorsque l'on peint un tableau. Ces moments-là, c'est à chacun de les gérer le mieux possible sans tomber dans le bovarysme. Les femmes sont tellement fragiles
lorsqu'elles rencontrent un homme. Si elles se disaient que les hommes eux aussi sont fragiles, sinon encore plus qu'elles-mêmes, au lieu de ne penser qu'à elles, et de comprendre leur amant (une
des choses les plus difficiles dans la relation amoureuse), elles ne se perdraient pas, bien au contraire, elles avanceraient dans la conquête de leur liberté sexuelle, voire leur liberté tout
court.


Bien à vous



constance 05/03/2011 21:25



Bonsoir Monica,


 


L'adolescence...Nous sommes tellement sensibles à cet âge, nous finissons une fois devenues adultes (parfois j'ai l'impression qu'une part de moi y est restée), à toujours rechercher les
sentiments vécus à travers les livres d'une telle qualité en "intensité", comme vous le dites si bien. Je ne sais pas d'ailleurs comment deux soeurs, à la vie triste et recluse, ont pu
écrire de tels romans. J'en ai déduit que les émois sont universels, tapis en nous. L'intensité n'est en effet possible que si elle est rare car la rechercher c'est quelque part la perdre, et la
vivre c'est s'y perdre à l'intérieur. Que choisissez-vous ?



Monica 05/03/2011 09:13



Oui, Constance, votre commentaire me va droit au coeur, et puis vous me donnez l'envie de relire le portrait.


J'ai ressenti la même chose pour Jane Eyre. Aucun film ne pourra rendre l'intensité de ce livre.


L'émotion que j'ai ressenti à sa lecture à 15 ans, ne m'a jamais quittée. Le passage où Rochester demande la main à Jane en lui transmettant son désir pour elle, m'a donné mes premiers émois
amoureux. Je n'en suis toujours pas revenue, mais c'est cela qui me guide. Cet émoi proche de l'orgasme qui est inscrit dans ma mémoire, me donne une idée de l'intensité de ma passion pour
un amant. Hélas, elle est rare (l'intensité), mais d'autant plus souveraine : refus de l'amour vain, refus du mariage, pas de déception, mais toujours l'illusion que l'amour existe, et
que la liberté (belle Jane, et ses choix de femme libre) est l'un des biens le plus précieux au monde.


...Un livre que l'on tient dans la main, c'est tellement plus sensuel qu'un clavier d'ordinateur...



constance 04/03/2011 22:15



Qu'est-ce que c'est que cette histoire !! Tu manges des yaourts taillefine, en voilà un vrai de sacrilège et tu achètes des livres en grandes surfaces ! J'aime bien mon libraire (j'avoue
quelques infidélités, mais c'est pour mieux y retourner), pour les grands classiques, les livres d'occas c'est encore le mieux, à 50 cents tu les as tous, et en plus ils sentent bon le vieux
livre de bibliothèque. Il y a quelque chose que le numérique n'arrivera jamais à faire, c'est à donner le plaisir du partage. Prêter un bouquin, comme ça, juste pour le plaisir, en
laissant les petites notes perso dedans "influencer une personne, c’est lui donner un peu de sa propre âme." Ch II 


Celui-ci de Portrait s'adresse plutôt aux fainéants, aux dilettantes de la littérature, comme une initiation. Pour donner envie quoi "rien ne peut mieux guérir l’âme que les sens, comme
rien ne saurait mieux que l’âme guérir les sens." La littérature, c'est une drogue, on commence juste pour un essai et on ne peut plus s'en passer.


 


Si l'art est une chose inutile, l'orgasme féminin l'est tout autant :) mais puisqu'il faut l'aimer intensément pour être pardonnée...


 


J'ai emprunté Les Haut de Hurlevent, malheureusement quelque peu déçue par le film que j'ai vu se dérouler sous mes yeux. C'était tellement plus exalté, plus vivant dans mon esprit qu'à
travers ces dessins. N'est-ce pas toujours le cas ?



Ewa 04/03/2011 17:33



Pour ceux qui, comme moi, n’aiment pas la BD et n’ont pas l’habitude de se servir d’internet pour lire - je rappelle que « le vrai » Portrait de Dorian Gray a été publié récemment aux
éditions Les classiques de Poche (en juillet 2010).  Il en reste encore. Vous pouvez le trouver dans toutes les bonnes grandes surfaces à 3,50 € seulement. Mettez le donc dans
votre caddie entre les yaourts Taillefine et le papier toilette rose douceur et d’autres produits de consommation hautement périssables. C’est ce que j’ai fait, en ayant été de corvée des courses
cette semaine, parce que mes jolies œuvres complètes d’Oscar Wilde ne me servent strictement à rien, comme l’art. Je ne peux ni me balader avec, sans un serviteur qui porterait mes bagages; ni
les maltraiter comme j’aime, sans que celui qui me les ait offertes ne crie pas au sacrilège (it is a crime!)


A un de ces jours, au supermarché du coin, chers visiteurs! « … des plaisirs simples, c’est le dernier refuge des âmes compliquées. » , ibid., II


PS. « L’harmonie de l’âme et du corps, quelle merveille! Dans notre folie, nous avons séparé ces deux composants, et nous avons inventé un réalisme qui est vulgaire et un idéalisme qui est creux.
», ibid.,I



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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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