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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 11:08

 

 

patience pierres

Les visiteurs de notre banquet connaissent déjà le professeur de philosophie Serge Provost que nous avons sollicité sur le blog de Laurence Hansen-Love en publiant avec leur aimable autorisation « Pourquoi obéissons-nous? ». 

Cette fois-ci, nous n’avons pas pu résister à la douce saveur de la patience outre-Atlantique. Nous aimerions la partager avec vous en espérant pouvoir vous présenter encore d’autres textes aux saveurs piquantes, sucrées salées, amères et... inattendues - grâce à la générosité, savoir, expérience et talents pédagogiques de professeur Provost. Alors, un peu de patience...

 


Éthique de la patience dans un monde pressé

patience sable

«We want the world and want it now il now !»

Jim Morrison. The Doors.

«Jusqu'à quand les forces de l'argent abuseront-elles de notre patience ?»

Les citoyens du 44 avec Arnaud Montebourg.

 

 Pauvre Jim, son impatiente impétuosité, si générationnelle, l’aura tué. Et que dire de celle, plus sanitaire, plus léchée d’Arnaud Montebourg, the surprise à 17%, l’autoproclamé «Jeune lion», «Monsieur antimondialisation en personne», qui dit, à lui seul, avoir subito presto «sorti le PS du formol» et que soutenait, quel hasard, Michel Onfray, le politique du rebelle ?

Osons une question simple : le sex-symbol des seventies et le fébrile impétrant virtuel ignoraient-ils, comme des milliards de nos contemporains hyper pressés, la vertu de patience ?


Tentative de définition

La patience serait la soeur cadette de la vertu de persévérance dont nous reparlerons, un autre jour. Elle permet de supporter dans le calme de l'esprit et du corps les désagréments et les malheurs de la vie. Elle accepte sereinement ce qui ne peut, dans l'immédiat, être changé. Les vibrionnants la confondent à tort avec la résignation et la passivité.

patience chatQualité discrète et humble, parfois même héroïque (voir le film tire-larmes Hatchi de Lasse Hallström, 2010), on la dit souvent plus efficace que la force. « Patience et longueur de temps font plus que force et que rage », dit une dosette de moraline signée Jean de La Fontaine. Non seulement supporte-t-elle les résistances dans un esprit paisible, mieux: elle affermit, de surcroît, le caractère de qui la pratique.

Active à sa manière, elle obtient le résultat désiré et parvient à ses fins en «donnant du temps au temps», disait un célèbre président français, en faisant confiance à la durée. C’est bien connu : «La patience énerve les impatients.» Ces derniers ignorent son antidote : «Tout vient à point à qui sait attendre.»


Une vertu démodée ?

Plus facile à dire qu’à faire dans un monde où règne la logique acquisitive de la société consumériste — «Toujours plus et plus vite» — où ses quidams, ses serials buyers, ses fashionistas dégainent leur carte de crédit plus vite que leur ombre et leur capacité de rembourser. Incapables de prendre leur mal d’acheter en patience, ils faillissent moralement, puis font financièrement faillite. Ont-ils seulement entendu parler de «simplicité volontaire», cette forme de sobriété patiente face aux irrassasiables désirs de possession des «choses» (Georges Perec) ?

patience méditationEn quête frénétique de leur satisfaction personnelle et immédiate, envers et contre tous, l'égocentrique et l'impulsif l'ignorent ou ne peuvent, à l’évidence, la pratiquer. Phénomène prévisible, ceux qui en sont dépourvus deviennent irritables et irritants, en pure perte d'ailleurs, pour eux-mêmes d’abord, et pour les autres – ce qui est pire. Leur compulsion dangereuse les fait agir avec précipitation, leur fait manquer de prudence et, comble de l'absurde, ne modifie en rien le cours des choses, risquant même de l'aggraver. « Perdre patience », c'est se perdre. Patienter, c'est gagner en se dominant.

La patience, vertu démodée, voire obsolète ? Car trop «inactuelle», dirait Nietzsche ?

Serge Provost, professeur de philosophie        


  Ewa  

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commentaires

monica 19/11/2011 09:43


Oui, je sais, c'est périlleux... mais le courage, il existe le courage.

monica 19/11/2011 09:41


L'impatience empêcherait-elle d'écouter, de tolérer, de garder son calme, de réfléchir ? Je ne le pense pas, bien au contraire.


L'impatience c'est aussi la hâte d'aimer, de réagir, d'apprécier celui ou celle qui s'adresse à vous. Plus mon esprit s'intéresse à l'autre, plus mon coeur déborde d'impatience. 

monica 19/11/2011 09:30


Oui, Thomas, oui.


L'amour et la patience, quel drôle de couple !


Et puis, comment pourrait-on perdre patience quand on n'en a pas ?

Thomas 19/11/2011 02:56


Qui bien aime, aime impatiemment (E.Jodelle) 

Marc Lefrançois 16/11/2011 09:02



"Perdre patience", c'est se perdre... J'aime beaucoup la formule, ainsi que la photo du chat attendant la souris! La patience est non seulement une vertu, mais presque un art de vivre... un art
de prendre le temps, le temps d'être heureux, tout simplement...



monica 01/11/2011 11:56



Quand sommes nous libérés des évènements nocifs, des préjugés, des conformismes ?


Quand la déraison est devenue notre raison d'être.


Quand appliquons-nous dans le présent le "penser à rien" ?


Toutes les fois que notre raison d'être nous remplit de joie.


Constance, tu es le style de femme qui m'enchante.



constance 01/11/2011 11:29



Monica, commençons par cela : tu n'es pas folle, tu es déraisonnable par certains côtés, ce qui me convient parfaitement car je suis dans le même cas que toi. L'essentiel, pour ma part, est que
très peu de personnes le sachent, ce qui permet une plus grande liberté de geste.


 


Le bonheur : tout d'abord, pour quelles raisons nombre de personnes veulent à tout prix "partir en vacances" pour "ne penser à rien". Je serai heureux en vacances, je ne penserai plus à rien,
et surtout plus à mon quotidien. Pourquoi ne pas commencer à mieux vivre sa vie et appliquer le "penser à rien" dans le présent ? Pourquoi le "penser à rien" est-il si libérateur ?


 


 



monica 01/11/2011 08:28



De plus, je n'ai aucune patience, face aux évènements mesquins, malsains et sans tendresse.


Ce qui me plaît c'est que, malgré tous ces défauts, je suis aimée.


Alors, la patience, les déterminismes sociaux, les mots ans queue ni tête, telle que mademoiselle, je m'en contre-fiche.


Bien à vous tous



monica 01/11/2011 08:11



Je me pose la même question, Thomas. C'est en effet très très bizarre...


Quant à moi, je revendique mon statut de femme libre, mère célibataire (et dire qu'on disait fille-mère... quel progrès !), de petite soldate sans grade face à l'adversité et d'amoureuse
permanente, bref, je suis devenue l'une de ces salopes éthiques sans même le vouloir (du moins, je l'espère).


Mais je n'ai pas de mérite, je suis folle !


 



Thomas Tendresse 01/11/2011 02:01



On m’en avait voulu d’être Jean, puis Jean-Thomas et enfin Thomas tout court. Alors qu’est-ce qu’il font ici Désir et amour passion ? C’est chelou, Mesdemoiselles.



Désir 31/10/2011 14:55


A tous les damoiseaux http://www.lemonde.fr/m/article/2011/10/28/dan-savage-explique-le-sexe-a-l-amerique_1594382_1575563.html


Ewa 31/10/2011 12:36



Au début de cette chronique La salope éthique, Michel Onfray évoque brièvement ce superficiel et ridicule « combat » de mes sœurs féministes concernant Mademoiselle.
Heureusement, Onfray ne s’étale pas trop sur ce sujet en passant vite à autre chose. Mais j’ai lu avec amusement plein de « grands articles », écrits par des donneurs et donneuses de leçons de
morale très offusqués et indignés, allant même jusqu’aux insultes. Ils voulaient absolument dire aux féministes de quoi elles devraient s’occuper pour être sérieuses, pas bourgeoises, pour leur
plaire ou les représenter dignement (sic!). C’est d’autant plus étonnant que le meilleur passe-temps de ces « moralistes », c’est s’occuper de leurs petites personnes sur leurs petits « blogues -
maman bobo », nihilistes, immobiles et pleurnichards - et de rien d’autre.


 


Il paraît qu’au Canada (?), au Danemark, personne n’appelle plus personne : Mademoiselle. Dans certains pays de l’Europe de l’Est, mademoiselle a disparu toute seule sans aucun « combat ». Même
les gens les plus âgés n’utilisent pas ce terme désuet, ça sonne aussi ridicule que Mon Damoiseau.


 


Personnellement, la case administrative « Mlle » ne me dérange pas, au contraire, c’est plaisant de pouvoir souligner que l’on a échappé à la triste institution de mariage. 


Ça me dérange plus dans certaines situations de la vie quotidienne que connaissent toutes les femmes sans exception. Quand un lourdaud nous demande : « mademoiselle ou madame? » croyant (en sa
grande intelligence) sonder notre « degré de disponibilité » - moi, je réponds  : « Madame! Monsieur ou mon damoiseau?«  Il ne comprend rien, me prend pour une dingue, et ça me va. En
fait, ça m’amuse plus que ça m’énerve, Mademoiselle. La patience, c’est aussi ça, supporter la bêtise avec un sourire. :~)  



amour passion 30/10/2011 14:26



moi aussi 


 



Désir 30/10/2011 14:19


J'irai donc


constance 30/10/2011 10:21



Oui, marc, pourtant je pressens qu'il ne doit pas l'être "seul" puisque ce sont des femmes qui pratiquent la "salope éthique".


 


J'en profite pour inciter quelques-uns, puisque nous en avons parlé en privé, à aller voir L'Apollonide, un
film féministe, un film à voir, donc. La bande-annonce, c'est vrai, laisse croire à une prostitution propre, certainement pour ne pas effrayer. C'est au contraire un drame, un hymne au corps des
femmes, à leurs souffrances, maison close de tout désir.



marc 29/10/2011 21:35



j’ai oublié 


http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n%C2%B0-77-%E2%80%93-octobre-2011/



marc 29/10/2011 21:32



en cliquant ici et là je me suis rendu compte que dans sa chronique d’octobre onfray parle aussi d’outre mer , grâce aux combats au canada il " se sent moins seul "


il aurait aimé les saveurs québécoises  , il n’est pas si impatient que ça :)


 



constance 28/10/2011 14:01



Frédéric, allons, les mamans mentent parfois pour le bonheur de leurs enfants. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire :) Même à 1h du mat, tu continues à vouloir jouer...


 


Monica, j'essaierai de te répondre sur le bonheur. Pas aujourd'hui. bises



monica 28/10/2011 07:17



Mon expérience me dit que l'on attend trop de l'autre et du hasard.


Mon bonheur ne dépend que de moi-même. Tout attendre de moi avec la patience que je demanderais à l'autre si mon bonheur ne dépendait que de lui.


"Combien est ridicule et étrange l'homme qui s'étonne de quoi que ce soit qui arrive en la vie !" (Pensées pour moi-même Marc-Aurèle)



Frédéric 28/10/2011 01:32



Mais Constance, si tout ne vient pas à point à qui sait attendre, alors ma maman m'aurait menti ? Impensable !



constance 27/10/2011 18:38



Oui, merci beaucoup Serge.


 


La patience s'acquiert avec l'expérience de la déception. Pour qu'elle devienne une vertu, faut-il encore qu'elle soit sans espoir car non, tout ne vient pas à point.



Jean-Claude Serlet 27/10/2011 01:24



... etr ce calme olympien qui m'habite gràce à la patience gérant ma réactivité face aux propos anti-MO tenus par des individus qui ne l'ont pas lu mais ne cessent d'en parler ... "le chien aboie
; la caravane passe" ... oui MO dérange ... tous les conformismes de pensée ; et cela me fait du bien  de savoir  que la patience me permet d'attendre le silence du bruit provoqué pour
le noyer et voir ses idées propagées



Thomas 27/10/2011 00:15



L’oasis du calme et de la patience pendant la période fébrile de la promo de MO. Très bonne idée, on ralentit, on respire. Merci Serge Provost. Et ce nocturne de Chopin plein de mélancolie
.. 



Frédéric 26/10/2011 20:46



Merci Serge :)



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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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