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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 07:26

 

 

college de franceLe cours donné par Stanislas Dehaene au Collège de France en janvier 2009 faisait partie de toute une série des cours sur la psychologie cognitive expérimentale intitulée « L’inconscient cognitif et la profondeur des opérations subliminales » .

Je vous recommande vivement la deuxième partie de la vidéo (à partir de la 31ème minute), c’est-à-dire, une introduction historique et critique à l’inconscient cognitif. Stanislas Dehaene y présente l’histoire des concepts majeurs du traitement non conscient des informations dans le cerveau humain, concepts élaborés par des philosophes, psychiatres, sociologues, physiologistes, neuroscientifiques. Il y est question de Descartes, Spinoza, Diderot, Leibniz, Marshall Hall, Hughlings Jackson, Sigmund Exner, Théodule Ribot, Gabriel Tarde, Pierre Janet…

Quant au grand gourou viennois, Dehaene constate fermement que premièrement - l’inconscient n’est en aucun cas l’invention de Freud, le concept de l’inconscient existait déjà bel est bien au XIX siècle et était le résultat du travail de nombreux chercheurs; et deuxièmement - la théorie freudienne de l’inconscient n’a pas sa place dans la psychologie contemporaine.

En conclusion, à la lumière des récentes découvertes, ce n’est pas l’inconscient, mais la conscience qui constitue ce continent «mystérieux», et c’est elle qui commence vraiment à intéresser les neuroscientifiques.

J’ai transcrit quelques fragments de ces constatations ci-dessous.


 Cliquez sur la photo pour visionner la vidéo du cours  

"L'inconscient cognitif : une introduction historique et critique"

  • Je sais évidemment qu’on m’attend au tournant, et qu’en parlant de l’inconscient cognitif, on s’attend à ce que quelque part le spectre de Sigmund Freud soit évoqué. Je m’empresse de dire que ce ne sera pas le cas et qu’en fait vous verrez que ces questions d’inconscient cognitif sont très largement perpendiculaires, complètement orthogonales, je dirais, aux questions qui ont motivé les analyses freudiennes. L’historique nous montre que le concept d’inconscient ne date pas du tout dès propositions de Freud et que dès le XIX siècle, comme le montre cette citation de William James, le concept d’inconscient était non seulement tout à fait en place mais était déjà considéré comme l’une des découvertes fondamentales de la psychologie. Je me référerai souvent sur ce plan historique au petit livre de Marcel Gauchet (L’inconscient cérébral) qui écrit ceci : « quand Freud déclare en substance en 1925 qu’avant la psychanalyse était de règle d’identifier psychisme et conscience (qui est une idée qui circule encore parmi les psychologues), et bien, force nous est de constater que c’est rigoureusement faux et qu’il y avait bien avant ces questions une étude très approfondie et déjà très ancienne du traitement non conscient.«  Comme le souligne Lionel Naccache dans son livre sur le nouvel inconscient, de nombreux aspects de la théorie freudienne ne trouvent pas de soutien ou simplement pas d’équivalent dans les sciences cognitives contemporaines, pas encore peut-être, mais moi, je crois que la division est un peu plus radicale que cela, et donc la notion de l’inconscient qui serait intelligent, qui serait doté en soi de l’intention, des désirs qui lui sont propres, l’idée que l’infantile est la source de tout l’inconscient, l’idée qu’il y a le processus actif de refoulement qui renvoie vers le non conscient des idées qui seraient dangereuses ou qui demanderaient être censurées, ces questions-là n’ont pas d’équivalent, à ma connaissance, dans la psychologie contemporainePour éviter toute confusion avec les constructions théoriques freudiennes, vous avez vu que j’aime le terme d’inconscient cognitif qui était proposé par Kihlstrom ou tout simplement le terme neutre de non conscient qui réfère de façon absolument neutre à l’ensemble des processus qui s’exécutent en l’absence de prise de conscience de la part du sujet. (31:30)

 

  • J’ai été absolument stupéfait de lire dans le livre d’Ellenberger (Histoire de la découverte de l’inconscient) et celui de Gauchet l’histoire de Sigmund Exner qui est un neurologue, collègue de Freud à Vienne, et qui écrit tout à fait clairement qu’il faut se méfier d’attribuer une personne aux observations que l’on peut faire en neurologie. Alors il écrit ses phrases qui sont absolument extraordinaires : « les expressions je pense, je sens ne sont pas de bonnes manières de s’exprimer. Il faudrait dire ça pense en moi, ça ressens en moi. » C’est tout à fait stupéfiant, c’est avant Freud… (45:50)

 

  • La troisième personne que je voulais citer, c’est Pierre Janet bien entendu, autre titulaire de la chaire de psychologie qui, au côté de Charcot, effectue les premières recherches expérimentales du somnambulisme, de l’hypnose, de l’hystérie, de l’écriture automatique, de tous ces états de conscience modifiée un petit peu étranges qui, à l’époque, passionnent le public et qui montrent que dans ces états il existe effectivement une forme d’envahissement du sujet par des idées qui sont largement automatiques et non conscientes. Il effectue en fait les premières études, qu’on pourrait appeler préfreudiennes, de patients névrosés, possédés par des idées fixes, et il montre que certaines de ces idées relèvent effectivement de la petite enfance. Beaucoup de ses idées sont en fait des précurseurs des idées de Freud, on ne peut vraiment pas considérer que les idées de Freud surviennent dans un vide, ce que montre très bien le livre d’Henri Ellenberger. Dès 1913 Pierre Janet a un débat tout à fait vif avec Freud parce qu’il revendique la paternité des idées qui sont présentées par Freud et qu’il a développé dans un livre en 1889 « L’automatisme psychologique », dans lequel il montre que beaucoup de nos activités relèvent, en totalité ou en partie, d’automatismes non conscients. Pierre Janet revendique également la paternité du mot subconscient. Il le dit - et il semble que ce soit vrai puisqu’on n’a pas retrouvé ce mot auparavant - que le mot subconscient lui est dû et qu’il a introduit volontairement ce mot pour décrire cette série, ce bouillonnement des buts non conscients et qui parfois sont très anciens. En conclusion, il est tout à fait clair que à la fin du XIX siècle le concept d’opération non consciente est déjà très largement familier des psychologues parisiens en particulier, et je crois dans le monde, William James le souligne de façon tout à fait nette.   (49:30)

 

  • Tout ceci conduit à une forme de révolution qui évidemment a un impact majeur dans le domaine des sciences cognitives, c’est-à-dire de voir que des opérations qu’on attribuait autrefois uniquement au domaine du psychisme peuvent en fait être réalisées par des machines, le domaine des machines s’étend par le biais de ces études et la métaphore de l’ordinateur conduit à l’émergence de modèle nouveau en psychologie, modèle explicite de traitement d’information, puis les modèles du nouveau type qui sont des modèles connectionistes. On ne va pas rentrer dans les détails, mais j’aimerais simplement souligner que ça a conduit à un vrai renversement de la perspective sur le problème de la conscience. C’est-à-dire que avec ces nouvelles avancées, le freud-cerveau.giftraitement non conscient devient la norme, devient facile à concevoir, il n’y a pas des problèmes particuliers à concevoir qu’une machine, par des opérations successives qui peuvent être décrites dans tous les détails, réalise des opérations qui relevaient auparavant du niveau du psychisme. Donc, jouer aux échecs, pour prendre cet exemple très simple, peut relever d’un traitement mécanique et non conscient, pourquoi pas. Ce qui est difficile à concevoir maintenant, c’est le traitement conscient, et finalement c’est là que achoppe la recherche actuellement, c’est-à-dire la capacité de trouver des modèles dans lesquels il y a un sens à parler de conscience. Dans la vision après tout matérialiste qui est celle de la recherche en neuroscience cognitive, il n’y a pas de raison de penser qu’on ne puisse pas définir des architectures de la conscience. Mais il est vrai qu’il y a un problème particulier à se demander à quel niveau, quel genre d’architecture il faudrait avoir dans un ordinateur pour qu’il ait un comportement qu’on pourrait qualifier de conscient. C’est un renversement complet de la perspective, parce que auparavant, je pense jusqu’au XIX siècle très largement, le traitement conscient ne posait pas de questions, c’était finalement comme ça que fonctionnait le psychisme, et c’est le traitement non conscient qui paraissait mystérieux. Et dans une certaine mesure, au début de cet exposé, lorsque je vous ai parlé de traitement subliminal, on retrouve un petit peu cette notion-là, c’est-à-dire, intuitivement, ça ne nous parait pas poser de questions que nous soyons conscients du monde extérieur, mais ce qui nous parait poser de questions c’est que nous ayons des motivations non conscientes. Mais la métaphore de l’ordinateur et la mécanisation, et même la naturalisation de l’esprit qui étaient rendues possibles par les avancées que j’ai décrites, nous conduisent à renverser complètement la question : le traitement non conscient ne devrait pas poser de problèmes particuliers, il est après tout le résultat de cette machine cérébrale, et c’est évidemment la frontière, le passage au niveau conscient qui soulève les questions tout à fait particulières.   (01:04)

 

 

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commentaires

PhDams 07/01/2013


Super article Ewa, et coincidence j'avais justement parlé de Dehaene aux postiers il y a quelques jours... il faut que je fasse attention à ne publier des doublons...

Cette leçon introductive est très intéressante, très complète et en même temps très accessible... je m'étais lancé dans l'écoute de tous les cours depuis 2006 (disponibles là) mais, j'ai lâchement abandonné avant l'arrivée au cerveau bayésien en
2011... à force, les cours, qui restent relativement accessibles, deviennent "presque" trop pointus, trop détaillé... le plus efficace et agréable est d'écouter chaque année le cours
d'introduction qui propose une bonne synthèse des épisodes précédents.
Sinon, il y a les interviews et les émissions de vulgarisations scientifiques avec S. Dehaene (ou Lionel Naccache, ou encore Jean-Pierre Changeux)... Un exemple qui m'avait bien plu : Comment fonctionnent
nos neurones?

Et pendant ce temps, en Suisse, des chercheurs s'amusent à recréer un cerveau de toute pièce: http://lespostiers.fr/2012/07/01/un-cerveau-virtuel-pour-mieux-comprendre-le-notre/

j f cordroc'h 08/01/2013


Il faudrait faire des recherches dans l'historique du blog de Laurence Hansen love , sur lequel j'interviens assez souvent depuis trois ans , ou peut-être sur celui-ci sur lequel j'interviens
plus rarement , on retrouverait alors ce que j'écrivais de ce qui pensait en moi , et non de ce que je pensais, avec la volonté d'exercer un pouvoir de contrôle sur le fonctionnent de mon cerveau
, en vue de produire des concepts ,de idées logiques , de la rationalité etc ...me permettant de disposer de cadres et de repères fixes, dans lesquels pouvoir trouver une place , un rôle à jouer
, me sentir exister .


L'inconscient et le conscient sont une et même chose . Tout est question de ce dont on est capable de se souvenir ,sur lequel pouvoir exercer alors un arbitraire .Il y a donc notre vécu ,gravé
dans notre mémoire grâce aux émotions éprouvées en fonction des évènements et des circonstance de notre existence sur lesquels nous n'avons eu aucune influence .Ce sont donc ces évènements et ces
circonstances ,et les émotions qu'ils ont produites ,qui conditionnent la forme et la manière que prendra notre pensée et non un modèle prédéterminé par l'inconscient , ou consciemment . Il est
clair qu'un individu ayant subi un père autoritaire , lui ayant imposé une manière de vivre fruit de sa soumission à une idéologie particulière , pensera différemment de celui ayant vécu en toute
liberté , en dehors de toute volonté extérieure d'imposer une discipline de vie .Ce sont les souvenirs inaccessibles à la mémoire qui forment la structure de base de la pensée, à partir de
laquelle pourra s'exercer la volonté de contrôler celle-ci à partir des souvenirs accessibles .Et cette volonté apparaît principalement chez des individus insatisfaits de ces souvenirs ,générant
des émotions de déplaisir qu'il faut alors surmonter, en cherchant à en produire de plus satisfaisante , d'où la prise de contrôle du fonctionnement de son cerveau ,pour la direction de son
existence .


Celui qui n'a que des souvenirs agréables n'a donc aucune raison de vouloir prendre le contrôle de sa pensée , il peut laisser son cerveau fonctionner par lui-même , laisser les choses se
dérouler selon les évènements et les circonstances du moment , laisser les émotions ainsi produites, graver dans sa mémoire la réalité telle qu'elle est . C'est ce que j'appelle la pensée
naturelle , en opposition à la pensée artificielle, consistant en la volonté de contrôler à la fois ,le fonctionnement de son cerveau , et le déroulement extérieur des choses , ceci afin de
n'éprouver que des émotions ne risquant pas de réactiver une mémoire douloureuse .


Cette conception du fonctionnement du cerveau est le produit  du fonctionnement de mon propre cerveau , ce fonctionnement résultant directement de mon vécu durant les 8 premières années de
mon existence . Je n'ai besoin de volonté , ni pour vivre , ni pour penser , tout se fait au fil du déroulement des choses , il suffit simplement d'être en relation directe avec celles-ci , en se
laissant émotionnellement imprégner . Il ne faut donc ne pas avoir peur de certaines émotions , n'avoir rien à cacher , ni à fuire , autrement dire être en accord avec soi-même , son passé . Mais
là je m'égare , je me laisse emporter , je reprends donc le contrôle et arrête de monopoliser ce blog .

Ewa 08/01/2013


Jean-François, puisque vous avez «repris le contrôle«, je «monopoliserai» ce blog à votre place. :~)


« Ça pense en moi » … Voici un exemple peut-être pas le plus représentatif, mais  j’aime bien ce commentaire que vous aviez laissé sur le blog de Laurence Hansen Love. S’il pouvait inspirer
un peu ceux qui, paraphrasant Camus, se posent « la seule question philosophiquement valable »…


 


"Tout dabord , un philosophe ne décide pas d'être et de devenir philosophe , je parle donc ici d'une personne que son expérience de la vie fait devenir philosophe , c'est à dire que la
philosophie devient pour cette personne une manière de prolonger son expérience ,par la pensée . Penser est pour elle ,non pas un substitut à l'action ,mais une forme supplémentaire d'action se
déroulant en son esprit ,sans qu'elle ait à s'y contraindre , cela se fait en dehors de sa volonté , c'est une forme d'expression intérieure de la vie .


Un philosophe selon ma définition ne dénonce rien , ne porte pas de jugement , ne cherche pas à expliquer les choses ,ne pense pas pour les autres , il se contente d'extérioriser par la
verbalisation ce qu'il éprouve en lui, de ce qui se passe en lui . La connaissance dont il dispose ne résulte pas d'une volonté de posséder une connaissance , mais de l'enregistrement par
imprégnation des effets produits par ses différentes expériences extérieures et intérieures .


Que ce qu'il extériorise puisse aider certains à mieux vivre n'est pas sa préoccupation principale , par contre il donne tout ce qu'il possède intérieurement sous la forme d'idées et de
concepts sans rien exiger en retour .C'est cette manière de vivre et d'être qui fait du philosophe un être à part ,se situant au dessus de la masse ,tout en y étant parfaitement intégré , à tel
point qu'il passe généralement innaperçu lorsqu'il se tait . Chose qu'il préfère le plus souvent faire en compagnie des hommes , connaissant la psychologie de ceux-ci .


Un intervenant de ce blog considère que le philosophe qui ne communique pas ses idées afin d'en faire bénéficier les autres ,n'est qu'un fieffé égoiste .S'il l'était réellement,  il ne
communiquerait rien ,alors que là ,il donne tout de manière totalement gratuite afin que chacun en fasse ce que bon lui semble . Il serait en droit dans notre système où tout se monnaye d'exiger
des droits d'auteur .


Le philosophe dont je parle ici n'a pas grand chose à voir avec certains philosophes médiatiques , pour qui le maniement des idées et concepts s'apparente plus à un art soigneusement cultivé
,qu'à une expression de la vie . Il n'a rien à voir non plus avec les philosophes académiques ,formés dans des écoles , devenant des penseurs professionnels respectueux des méthodes apprises et
des maîtres adorés .Le véritable philosophe est selon mon idée un anarcho-humaniste , un créateur-destructeur , un révolutionnaire instinctif ,un animal sauvage ,un transformateur d'énergie en
idées , un être pleinement vivant devenant penseur pour se libérer d'une surcharge existentielle , due à sa grande réceptivité et sa profonde sensibilité .


Ce philosophe n'anticipe rien ,ne préconçoit rien ,se contente d'agir et de réagir instantanément selon les évènements en faisant appel à son intuition ,beaucoup plus qu'à la raison dont il
n'éprouve pas le besoin , n'ayant aucune crainte de la vie , aimant l'aventure et le risque .


La priorité fondamentale pour ce philosophe est la conscience de soi , pour une conscience de l'autre , ce qui donne la CONSCIENCE , et normalement cela devrait se faire naturellement chez
tout individu, dès sa naissance .C'est pourquoi ,il ne se trouve en rien exeptionnel ,il sait qu'il a simplement eu de la chance , ou si l'on préfère ,qu'il a bénéficié de circonstances
favorables .D'où humilité et modestie chez lui ,et compréhension envers ceux n'ayant pas eu cette chance .


A la question que certains vont se poser : Suis-je un de ces philosophes ? Je laisse à ces personnes le soin d'y répondre à partir de ce qui vient d'être écrit sur le sujet , car qui peut
écrire cela sinon quelqu'un qui le vit . Oups , je me suis trahi ."


 

Ewa 08/01/2013


Merci beaucoup pour vos liens, PhDams, je ne tarderai pas à les consulter.    


J’ai entendu votre conversation avec les postiers, d’où cet article. :~)


Moi, je n’ai pas encore fini d’écouter les cours de l’année 2009, mais je souscris entièrement à vos remarques, j’ai l’impression étrange que vous avez entendu ma conversation avec moi-même. :~)
J’ajouterais seulement ceci : puisque Dehaene présente les résultats de ses propres, entre autres, recherches et expériences s’adressant en partie aux spécialistes, il se doit d’être forcement
 «pointu et détaillé« . Et comme vous avez très justement dit, on peut éventuellement se contenter de la « synthèse des épisodes précédents », mais également du résumé
des prochains épisodes (la première partie de cette vidéo y est consacrée). L’idéal serait que Stanislas Dehaene donne de temps en temps un cours qui résumerait la session, une sorte de belle
vulgarisation de qualité où il laisserait de côté les détailles techniques et diminuerait le nombre d’exemples d‘expériences scientifiques - juste pour les néophytes, dilettantes, éclectiques qui
ne se servent pas de ces recherches dans leur domaine professionnel mais qui l’écoutent juste pour le plaisir de savoir, et qui, malheureusement, ne disposent pas d’un temps illimité.


Mais bon, je pinaille un peu… 

Anthony LC 09/01/2013


C'est maintenant qu'on découvre que Freud n'a rien inventé. Il a surtout été un condensateur de choses éparses et en cela un grand bonhomme. Sinon il demeure dans la reproduction de la névrose,
la psychanalyse comme cure consistant à l'accepter. Cela pour cela quie ceux qui subliment y sont indifférents.

Pour approfondir vous pouvez lire Leibniz qui est à la base des études du XVIIIe sur le non-"consciennt", lire schopenhauer même si cela est plus evident dans le livre de son disciple Wagner :
Beethoven. Ou encore lire le livre de Jean-Philippe Ravoux (que je ne suis pas complètement) : De schopenhauer à Freud, l'inconscient en question. Ce dernier livre renvoie à
tout un ensemble d'études.


 


Quant à m; Codroch, il semble pour la rémanence des idées et leur réméniscences. Mais ce servir de la mémoire d'internet montre bien que ce ne sont plus nos souvenirs qui ont de l'importance mais
ce que l'on est capable de computer. C'est la questions des scripteurs (Pierre Delayin Klein, François Bégaudeau aussi qui s'en prend à eux dans Tu seras un écrivain mon fils, parce
qu'auteur classique menacé par des scrupteurs quantique). La science a procédé un temps par connaissance, elle procède à présent pas information, laquelle ne requiert pas les sens mais des
instrument de mesure non-humain (magnétomètre, compteur Geiger qui ne pouvaient exister avant le XIXe siècle, il n'y a pas de sens humains qui s'y réfèrent).


 


Très bel article sinon.

j f cordroc'h 09/01/2013


Merci Ewa d'avoir retrouver ce commentaire , j'avais la flemme . Je l'ai relu , et je persite et signe . Bravo pour les sujets que vous proposez . A bientôt .

j f cordroc'h 10/01/2013


A Anthony LC


La mémoire d'internet et celle d'un individu ,sont deux choses très différentes . La première est une mémoire "morte" ,dans le sens où elle est inactive , c'est à dire qu'elle ne produit pas
directement  en l'individu des sensations , stimulations ,émotions etc ...influençant sa personnalité et son comportement , comme le fait une mémoire acquise au fil d'années d'expériences
multiples et diverses . La mémoire constituant l'essence d'une personne est donc vivante ,en participant pleinement au présent de celle-ci , et à son futur , que cette personne le veuille ou pas
.


Tandis que la mémoire d'internet ,reste totalement dépendante de l'utilisation que l'on en fait , ce n'est qu'un simple outil . Mais je suis d'accord , l'homme utilise de plus en plus cette
mémoire , il n'expérimente plus la réalité , ne l'éprouve plus, et elle ne s'imprègne donc plus dans sa mémoire .L'homme devient une enveloppe vide qui ne connaît la réalité que superficiellement
, intellectuellement et non plus émotionnellement et directement par ses sens .


Cette mémoire , disponible sur internet , extérieure donc à l'homme , le dépossède d'une consistance durable qu'il remplace par une apparence qu'il lui faut en permanence entretenir . Cela n'est
pas nouveau , car telle était, et telle est encore la fonction des idéologies , mais aujourd'hui chacun peut choisir son personnage en consultant son ordinateur afin de se constituer une mémoire
artificielle . C'est le progrès nous dit-on !!!

Ewa 10/01/2013


Anthony LC, merci beaucoup pour vos remarques avisées et les références intéressantes ( je suis Jean-Philippe Ravoux dans « De Schopenhauer à Freud, l’inconscient en question » un peu
plus que vous, me semble-t-il :~)).


Quant à la mémoire, juste une remarque « à la Michel Serres » : la préférence donnée à une tête bien faite au détriment de celle, bien pleine, a encore évolué, depuis le temps de
Montaigne et l’invention de l’imprimerie, avec les nouvelles technologies. Cette mémoire morte d’ordinateur libère la nôtre, vivante, (pourquoi apprendre par cœur, acquérir le savoir
encyclopédique, alors que Wikipédia est là, à portée de main :~)) pour faire de la place à l’invention, l’expérience et les expérimentations en tout genre, l’imagination (JF Cordroc’h,
je sais, vous ne l’aimez pas spécialement :~)), ou éventuellement pour rendre le cerveau disponible… à la consommation.

PhDams 10/01/2013


A propos de l'évolution des mémoires externes et de celle conjointe des cerveaux humains...
Les hypomnematas comme technique d’évolution du (moyen)humain ?

"Le terme grec d’hypomnemata peut se traduire tout simplement par supports de mémoire. Michel Foucault, dans un article de 1983 intitulé
L’écriture de soi, écrit : « Les hypomnemata, au sens technique, pouvait être des livres de compte, des registres publics, des carnets individuels servant d’aire-mémoire » (Foucault,
Dits et écrits, t2, p. 1237). Ce texte de Foucault a été remis au goût du jour par Bernard Stiegler ..."

PhDams 15/03/2013


Parce que ça peut intéresser ici... un compostage d'articles et de sons pour mieux comprendre le humain brain project :
De l’intérêt (européen) de la modélisation du cerveau humain

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