Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 00:11

 

 

 

« La mort est belle. Elle seule donne à l’amour son vrai climat. »

Jean Anouilh, Eurydice     

 

 

 

« Mourir, ce n’est rien. Commence donc par vivre. C’est moins drôle et c’est plus long. »

Jean Anouilh, Roméo et Jeannette     

 

 

*
« C’est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles. » 
Jean Anouilh, Antigone    
*
 
11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 10:19

 

 

Je ne lis pas souvent les tweets de Michel Onfray. Chaque fois que je voulais voir ce qui se passait sur son compte Twitter, j’étais déçue et je me suis sentie gênée. La plupart du temps j’y suis allée à l’instigation d’un (e) ami (e) : regarde ce que raconte « ton » Onfray. Cette fois-ci, c’était la colère matinale du journaliste Rue 89 Clément Guillou contre un tweet du philosophe posté le 10 septembre 2014 qui a été la raison de ma visite. Et je la partage, sa colère.

     


 

Et si, à l'école , au lieu de la théorie du genre et de la programmation informatique , on apprenait à lire, écrire, compter , penser ?

 

 


 

Rappel à Michel Onfray : la « théorie du genre » n’existe pas et l’informatique est utile

 

Quelque chose, on ignore quoi, n’est pas passé au petit-déjeuner ce mercredi matin pour Michel Onfray. Peut-être un chocolat trop tiédasse – oui, imaginons ici qu’Onfray boive du Van Houten au réveil comme Nietzsche, son maître à penser. (1)

En tout cas, un truc suffisamment grave pour mettre en boule le philosophe et lui faire pousser un gros coup de gueule sur Twitter, où il affiche 38 000 followers, soit beaucoup plus que Nietzsche – un point commun avec Valérie Trierweiler, 145 000 exemplaires vendus contre 50 pour le Zarathoustra du philosophe allemand, comme il le déplore justement sur le réseau social car oui, Onfray déplore beaucoup, sur Twitter. (2)

Colère matinale, donc, de Michel Onfray. Il saisit son smartphone et tweete avec plein d’espaces :

« Et si, à l’école , au lieu de la théorie du genre et de la programmation informatique , on apprenait à lire, écrire, compter , penser ? »

Eh ouais les gars ! Pourquoi ? 

Bon, la dernière fois que j’ai vérifié, il y avait beaucoup plus d’heures de lecture, écriture, calcul et philosophie que de code et « théorie du genre » dans le cursus scolaire. Mais admettons. 

Et rectifions.

      - 1 -

La « théorie du genre » n’existe pas


Un mensonge mille fois répété par Nadine Morano ne devient pas une vérité.

Il est amusant de constater que l’homme entré dans le débat public avec un « Traité d’athéologie » (éd. Grasset, 2005) emboîte le pas des catholiques conservateurs tel un vulgaire Jean-François Copé. 

Donc, au risque de radoter, répétons une fois de plus (attention, je vais crier)...

LA THEORIE DU GENRE N’EXISTE PAS. 

Comme le Yéti. Ou le mot premier-ministrable. Ou une frappe cadrée de Jordan Ayew.

Il n’y a que des « études de genre » (en sociologie, en psychologie...), ce qui n’est pas nouveau, puisqu’elles sont nées aux Etats-Unis dans les années 60. Ces études portent sur l’identité féminine et masculine et leurs représentations.

 

« Un argument récurrent des conservateurs de tout poil » 


En juin 2013 déjà, quatre sociologues et politistes avaient dû faire la leçon (3) au ministre de l’Education nationale qui avait mentionné ce « mot démon » (4) à l’Assemblée nationale : 

« L’idée qu’il existe une théorie du genre est un argument récurrent des conservateurs de tout poil qui cherchent à renvoyer de solides analyses empiriques à la fragilité d’une doctrine.

Leur démarche s’apparente à celle des conservateurs américains qui attaquent systématiquement l’enseignement de la biologie dans les écoles américaines en prenant pour cible la “théorie de l’évolution”, aux côtés de laquelle il faudrait, d’après eux, enseigner la “théorie du dessein intelligent” – résurgence du créationnisme le plus antiscientifique. »

Comme l’écrivait alors ma collègue Florencia Rovira Torres, « parler de “théorie du genre” permet de supposer que le genre n’est pas vrai. Or, en tant que concept, le genre peut être plus ou moins pertinent ou utile, mais pas vrai ou faux ». (5)

Qu’il faille le rappeler à un intellectuel comme Michel Onfray est désolant mais montre aussi à quel point ce mot s’est installé dans la conversation, avec la complicité de médias qui le prennent pour argent comptant. L’expression même devrait être décomptée du temps de parole de la droite.

D’un éditorialiste de l’hebdomadaire de droite France catholique (6) à un philosophe athée d’extrême gauche : quel joli parcours pour la « théorie du genre » en France en pas même quatre ans... 

 

Il ressort le monstre utile John Money (7)


onfray-chemise-blanche.jpgQuant à la présence des questions de genre à l’école, rappelons aussi à Michel Onfray que l’Education nationale n’a pas un programme secret visant à équiper les filles de pénis et à couper le zizi des garçons, ni d’enseigner la masturbation, mais simplement d’expliquer l’égalité hommes-onfray en jupefemmes et interroger les rôles attribués aux uns et aux autres par la société. Et grâce à l’intox de la droite, ce dispositif est plus ou moins enterré. (8)

Pour faire justice à la pensée de Michel Onfray, notons qu’il s’est déjà exprimé sur le sujet par le passé, notamment sur son blog en septembre 2013, pour dire qu’il y avait peut-être autre chose à faire pour l’égalité hommes-femmes, par exemple « dénoncer les trois religions monothéistes ». (9)

Et à nouveau, en mars 2014, dans un texte (10) largement partagé par les opposants aux études de genre. Il y reprenait leur argumentaire préféré en citant l’expérience du sexologue John Money, monstre utile de La Manif pour Tous déjà présenté par nos soins ici. 

Cette imposture intellectuelle était quelques jours plus tard démontée dans les colonnes de Libération par la philosophe féministe Beatriz Preciado (11), qui établissait qu’Onfray avait tiré sa science d’un article tendancieux du Point et d’un site catholique homophobe. Drôles de fréquentations, décidément.


    - 2 -

 « La programmation informatique », c’est lire, écrire, compter et penser à la fois


Ce n’est pas jouer à « GTA » toute la journée.

Alors comme ça, Michel Onfray, le philosophe doté d’un blog ma foi pas dégueu, d’une page Facebook et d’une chaîne YouTube, trouve que l’informatique à l’école, ça ne sert à rien ?

Malheureusement, le gouvernement pense comme lui.

Pour l’instant, malgré ses engagements (12), François Hollande ne fait pas mieux que ses prédécesseurs en la matière. Début septembre, il a annoncé « un grand plan numérique pour l’école ». Déjà entendu ça quelque part ? C’est normal : depuis 1987, tous les ministres de l’Education ont le leur. Celui-ci est censé être appliqué en 2016... 

En proposant l’informatique en option au primaire et en voulant confier son enseignement en secondaire aux professeurs de maths et de techno, l’ex-ministre de l’Education nationale Benoît Hamon a été bien plus timide que ne le proposait l’Académie des sciences. (13)

En mai 2013, comme nous le rappelions cet été, l’Académie des sciences a ponduun rapport posant le retard dramatique de la France en la matière. Parmi ses préconisations : « une initiation aux concepts de l’informatique » obligatoire en école primaire, pour éviter la « fracture numérique ». (14)


Pour l’économie, pour le cerveau et pour rester maîtres 


L’informatique est présente dans tous les pans de l’économie et de la culture. Elle est un gisement d’emplois inexploité. Le code, lui, entraîne le cerveau à penser différemment (15) et constitue une formidable manière d’appréhender les mathématiques, comme le plaide le lauréat de la médaille Fields, le « prix Nobel des mathématiques », Cédric Villani. (16)

Le professeur d’université John Naughton, cité par le Guardian, donne une troisième raison pour laquelle la connaissance de l’informatique est nécessaire :

« Nos enfants vivent dans un monde qui est défini par la physique, la chimie, la biologie et l’histoire, et – à juste titre – nous voulons qu’ils comprennent ces domaines. 

attaché à l'ordiMais leur monde va bientôt être défini par les ordinateurs : s’ils n’ont pas une meilleure compréhension de tout ça, ils seront intellectuellement paralysés. Ils grandiront, consommateurs passifs de services et d’appareils fermés, menant une vie qui sera toujours plus circonscrite par des technologies créées par une élite travaillant pour de gigantesques entreprises comme Google ou Facebook. »  (17)

Brrrr. Flippant. 

Déjà qu’ils seront tous en robe.

Clément Guillou, journaliste Rue89    

 


Réactions 

  • Michel Onfray reste bloqué sur « la théorie du genre » - Mégane Mahieu - TLC - 11.09.2014

 "Alors que l’extrême droite et les catholiques fondamentalistes poursuivent leur campagne contre une « théorie » qui n’existe que dans leurs fantasmes (inutile de revenir là-dessus, ça leur ferait de la publicité), ils viennent de recevoir un soutien inattendu et inquiétant. [...]

Deux problèmes dans ce tweet.

Le plus apparent, évidemment, pour des raisons d’actualité, est cette reconnaissance de l’existence d’une théorie du genre, que seuls les demeurés peuvent accréditer. [...]

Le second problème, c’est l’adhésion d’Onfray aux idées pédagogiques les plus réactionnaires, colportées elles aussi par des mouvances d’extrême droite, selon lesquels il faudrait revenir et s’en tenir aux « fondamentaux » : lire, écrire, compter."

 

 

28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 23:52

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »


__________________

25) « LE NIHILISME OCCIDENTAL » - 29.08.2014


  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 

nihilist

SYNOPSIS

I - HEIDEGGER , LE DERNIER DES METAPHYSICIENS

: Heidegger pulvérisé par Eric Weil


1./ PENSER LE NIHILISME

a) Nietzsche, Le nihilisme européen : « Que signifie le nihilisme ? Que les valeurs supérieures se déprécient »

b) Michel Onfray / quand le bien devient le mal   • Et le mal, le bien

c) Le XX° a été celui du nihilisme

d) Penser le nihilisme européen ?   • Pas avec Heidegger qui a été l’un des acteurs du nihilisme


2./ LE DOSSIER HEIDEGGER

a) Le cas Heidegger : réglé dès 1947 par Eric Weil   • Dans un article éponyme paru dans Les Temps Modernes (n°22)   • Sartre avait publié Weil avec un texte pour Heidegger d’Alphonse de Waehlens   • Les communistes l’avaient pressé de faire son choix…

b) Quiconque voulait alors savoir pouvait savoir :   1) Dès 1932 au plus tard Heidegger « passait pour un nazi auprès d’une bonne partie de ses auditeurs ».   2) Heidegger se réjouit de l’arrivée de Hitler au pouvoir   3) S’inscrit au parti nazi en 1933 « dans l’intérêt de l’université »   4) Ne trouve rien à redire aux premiers temps du régime   5) Discours du rectorat :  • En appelle « à la fidélité au Führer »   6) Discours faisant l’éloge de Schlageter, idole patriotique des nazis   7) Lors des élections, a appelé à voter massivement pour Hitler   8) Applaudit l’initiative nazie de quitter la SDN   9) Après-guerre, présente un dossier aux autorités américaines : se dit victime du régime :  • Aurait démissionné parce que ses cours déplaisaient au parti nazi  - Pas assez toutefois puisque les nazis lui donnent le rectorat de Berlin  - Les nazis n’attendaient rien de Heidegger  + Heidegger attendait des nazis  + Déçu, il a démissionné.  • Aurait été obligé d’interrompre ses cours en 37-38 pour des raisons politiques :  - Mais pourquoi les reprend-t-il en pleine guerre ?  • Aurait été interdit de voyages à l’étranger :  - En a pourtant effectué, notamment en Italie  • Demande aux alliés d’être acquitté  - Alors qu’il a eu sa carte au parti nazi jusqu’en 1945  - « Même l’oeil le plus exercé et le plus bienveillant n’y trouvera rien qui contredise l’action hitlérienne (comme les yeux les plus malveillants, ceux de la censure nazie, n’y ont rien trouvé de pareil). C’est le langage nazi, la morale nazie, la pensée (sit venia verbo) nazie, le sentiment nazi. Ce n’est pas la philosophie nazie, et c’est pour cela que M. Heidegger croit devoir emporter la décision ».  - « Tout ce dont il peut se plaindre, c’est que le nazisme ait été ingrat avec lui ».


3./ L’APPEL DU 10 NOVEMBRE 1933

a) Mobilise les concepts de sa philosophie   • Pour obtenir que le peuple soutienne Hitler, son action, sa politique   1) La jeunesse purifiée qui croit à nouveau à ses racines   2) Le peuple recouvrant la vérité de sa volonté d’exister   3) La vérité assimilée à l’être-ouvert qui rend sûrs le savoir et l’action du peuple   4) La science contenue dans les limites de cette vérité   5) L’accomplissement de cette science dans la nécessité de l’existence nationale   6) La pensée enracinée dans un sol   7) L’abolition de toute philosophie :  • Qui ne serait pas enracinée dans ce sol  • Ni soucieuse d’une vérité assimilée au destin du peuple  • Elle-même productrice de science.

b) Weil : « M. Heidegger a raison : si Hitler avait compris quelque chose à la philosophie, cette « vérité » lui aurait rendu de meilleurs services que son biologisme, puisqu’elle aurait été capable de tout justifier, absolument tout, et que, avantage supplémentaire et non négligeable elle aurait été moins gênante pour la propagande à l’étranger ».   • Heidegger n’a pas ménagé ses efforts pour que Hitler devienne heideggérien   • Hitler ne le devenant pas, le philosophe a démissionné du rectorat !


4./ LA PLACE DE FÜHRER DE L’ESPRIT ALLEMAND

a) Après-guerre Heidegger veut qu’on fasse de lui un anti-nazi !   • Un résistant au nazisme…    « Il y a eu brouille, c’est entendu ; mais ce n’est pas M. Heidegger qui l’a voulue. Il n’a pas obtenu ce qu’il demandait au moins implicitement, la place de Führer de l’Esprit Allemand ; mais c’est une affaire entre lui et Hitler ».

b) Heidegger n’a jamais regretté son engagement nazi   • Car sa ligne de défense est qu’il ne l’a jamais été

c) « Ce qui est effrayant dans l’affaire, ce n’est pas tant ce que M. Heidegger a fait d’abord et n’a pas fait ensuite, c’est sa défense. Un professeur de philosophie descend dans l’arène : cela est bien ; il se trompe : cela est humain, surtout quand on est professeur ; il déclare avoir été du bon côté : c’est en cela que M. Heidegger devient un cas représentatif, ne disons pas des Allemands, mais certainement d’une bonne partie des Allemands ».

d) Heidegger aurait pu dire :   • Qu’il s’était trompé sur le destin   • Qu’il s’était dirigé dans le mauvais sens   • Qu’il avait engagé sa responsabilité dans la négation de la responsabilité   • Qu’il avait cru à une authenticité qui s’est avérée inauthentique   • Qu’il a souscrit à une caricature de volonté de puissance :  - car elle fut assimilée à la libération des instincts primitifs bas  - Que cette barbarie n’avait rien de philosophique   • Qu’il a eu tort de croire à l’être-pour-la-mort  - Et d’engager la mort d’autrui dans cette aventure

e) Or il n’a rien reconnu

f) « Il a voulu ce qu’a voulu Hitler (ou bien ce penseur de la responsabilité et de l’engagement se serait-il décidé sans avoir lu Mein Kampf ? Cela aggraverait son cas) : aujourd’hui, il demande qu’on oublie, non pas qu’on pardonne, ce qui serait possible, mais qu’on oublie, comme si la terre entière ne puait pas le cadavre, grâce à l’homme par le nom duquel il a juré et fait jurer ses étudiants. Est-il donc prêt à recommencer, demain, à la seule condition qu’on remplace le biologisme par sa « vérité » ad usum tyranni ? »


5./ UNE PHILOSOPHIE NAZIE ?

a) Sa philosophie est-elle engagée ? La philosophie l’est-elle aussi ?

b) Pour Eric Weil une foi transcendante renvoie à des principes   • Qui interdisent qu’on s’affranchisse du bien et du mal   • Qu’on souscrive au relativisme moral   • Qu’on (se) tue   • Mais Heidegger n’a pas eu cette foi transcendante

c) Car Heidegger est existentialiste   • Philosophie immanente qui ne sous-entend aucune philosophie qui soit   • Aucune pensée nazie ne peut être déduite de Etre et temps

d) Weil propose « une philosophie transcendantale »   • Autrement dit : une pensée de la « recherche des conditions de possibilité de l’expérience »   • La réalité est dans un monde qui doit d’abord être légitimé   • Mais comment trouver une première vérité ?

e) Heidegger pouvait choisir ce qu’il voulait, tout était possible   • Il a choisi le nazisme   • Mais sa philosophie ne l’y obligeait pas « Il y a des philosophies qui engagent le philosophe : celle de Heidegger n’est pas du nombre. Elle n’est ni réactionnaire ni révolutionnaire, elle ne connaît pas la politique ».   • Dès lors : « Le philosophe Heidegger, il faudra l’écouter, même et surtout quand on n’est pas d’accord avec lui ».   • Thèse aux antipodes d’un Eric Faye   • Dans Heidegger. L’introduction du nazisme dans la philosophie (2005), Faye souhaite qu’on réserve la lecture de Heidegger aux seuls chercheurs.


6./ NIHILISME ET OUBLI DES ETANTS

a) Oubli de l’Etre ou oubli des étants ?

b) Nietzsche lie le nihilisme et la mort de Dieu   • La fin des arrière-mondes laisse l’homme seul face à lui-même   • Obligé de se contenter de l’ici-bas

c) Heidegger : incapable de penser le nihilisme   • Dernier philosophe classique   • Métaphysicien prisonnier de l’être   • Incapable de voir les étants

d) Les camps :   • L’étant emblématique du XX° siècle   • La méditation dans la petite cabane de la Forêt noire / Auschwitz


II - PENSER LA VERITE DU NIHILISME


1./ ARENDT, JONAS ET ANDERS

a) Heideggériens dialectiques   • Dépassent en restant fidèles (Aufhebung)

b) Les trois pensent le nihilisme occidental  - Comme Heidegger   • Mais du point de vue des étants  - Pas comme Heidegger

c) Pensent la vérité concrète du nihilisme dans le concret du monde   • Les formes prises par le nihilisme dans le XX° siècle   • Arendt, Jonas et Anders se révoltent contre cette barbarie concrète :   • Voici le portrait du nihilisme de ce siècle en quelques moments :  1) La guerre mécanique de 14-18.  2) La passion révolutionnaire.  3) La religion de l’idéologie.  4) Le totalitarisme bolchevique.  5) Le totalitarisme national-socialiste.  6) La solution finale.  7) Le crime de masse et la banalité du mal.  8) Le système concentrationnaire soviétique.  9) La folie faustienne.  10) La bombe atomique.  11) La destruction de la planète.  12) Les manipulations génétiques.  13) Le négationnisme et le révisionnisme.  14) Le consumérisme de masse.  15) La dictature médiatique.  16) La déréalisation du monde.  17) L’obsolescence de l’homme.

d) Anders est celui qui résume le mieux les choses :   • Ce qui est advenu à l’homme dans ce XX° siècle ?   • Il est devenu inutile et incertain

e) Qu’a fait l’homme à l’homme dans ce terrible XX° siècle ? Il a été :   1) Tué dans les tranchées de Verdun,   2) Massacré sous les balles révolutionnaires bolcheviques,   3) Torturé dans des camps léninistes,   4) Exterminé dans des chambres à gaz,   5) Puis brûlé dans des fours crématoires nazis,   6) Rayé d’un trait de plume par des fonctionnaires zélés,   7) Mis à mort par le travail et la faim dans les goulags soviétiques,   8) Les camps maoïstes ou vietnamiens,   9) Exploité par le capitalisme libérant le pouvoir absolu de la technique,   10) Vitrifié par le souffle nucléaire,   11) Contaminé par la pollution du globe,   12) Dénaturé par les expériences de savants fous dans les laboratoires,   13) Mort deux fois à cause des négationnistes,   14) Etouffé par les choses, les objets, les produits de la société de consommation,   15) Abruti par la propagande télévisuelle, radiophonique et médiatique,   16) Sorti du monde et transformé en zombie par ces instruments qui transforment le monde en fantômes.

f) Il a fallu des tueurs, des tortionnaires, des bourreaux, des exploiteurs, des militants, des gardiens de camps, des commissaires du peuple, des kapos, des soldats, des fonctionnaires, des affameurs, des savants fous, des physiciens, des pilotes de bombardiers, des intellectuels et des philosophes, des gens de média, des producteurs de télévision, des directeurs de journaux, des journalistes, des capitalistes, des industriels, des entrepreneurs et des banquiers pour financer tout cela…

g) Le rôle des philosophes et des intellectuels :   • Il a fallu pour tout ça de l’idéologie   • Des écrivains, des artistes, des gens de plume, des penseurs, des philosophes

h) Impressionnante liste d’intellectuels et de penseurs qui ont servi le nihilisme :   • Nazi et bolchevique,   • National-socialiste et marxiste-léniniste   • Vichyste et pétainiste   • Maoïste et khmer rouge

i) Où sont les penseurs qui ont résisté à ce nihilisme ?

j) Arendt, Jonas, Anders   • Ne sont pas restés dans leur tour d’ivoire   • Ne se sont pas enfermés dans le château universitaire   • N’ont défendu aucun nihilisme   • Juifs,   • Ils ont connu la persécution, l’humiliation, l’exil, l’errance   • L’extermination des leurs   • La vache enragée, la bohème   • Le changement de pays   • La perte de la langue natale   • L’obligation d’apprendre une autre langue   • Les petits métiers, le travail précaire   • L’insécurité financière   • Le mépris ou l’indifférence des institutions - (Avant parfois des reconnaissances tardives)

k) Ils avaient moins le souci de l’Etre   • Que l’obligation de composer avec des étants…


2./ POSITIVITES POST-NIHILISTES

Tous les trois ont proposé des alternatives au nihilisme.

ARENDT

• Critique de gauche de la gauche  - Cf. Lénine   • La droite et la gauche libérale l’ont récupérée pour son anti-totalitarisme.

A. LA POSSIBILITE SIONISTE

• Arendt pour, puis contre :  - Le sionisme créera d’autres problèmes peut-être plus graves   • Cf. les colonisations   • Jonas pour.

B. LA POSSIBILITE CONSEILLISTE

• Contre Robespierre et Rousseau   • Montesquieu et Condorcet   • Un socialisme plus libertaire qu’égalitaire   • Contre la gauche de ressentiment   • La gauche positive.

JONAS

A. LA POSSIBILITE D’UN REGIME AUTORITAIRE

• Critique de l’électoralisme verbeux de la démocratie  • Nécessité d’agir en urgence   • Obliger à la décroissance   • Imposer la frugalité   • Soumettre la contraception à la décision politique   • Et les autres secteurs de la bioéthique.

B. LA POSSIBILITE D’UN GOUVERNEMENT ECLAIRE

a) Revenu de l’idée du régime autoritaire   • Jonas propose le gouvernement éclairé   • Par les philosophes…

b) Le marché ne doit pas faire la loi   • Ni les savants fous   • Ni les capitalistes utilitaristes et pragmatiques

C. LA POSSIBILITE D’UNE ETHIQUE JUIVE

a) Créationniste   • Renvoie au Décalogue

b) Conservatisme : éviter que le monde se défasse   • Renouer avec la sagesse des prophètes.

ANDERS

A. LA POSSIBILITE D’UN PACIFISME ANTI-NUCLEAIRE

a) Analyse les méfaits de la technologie   • Mais n’invite pas à détruire les instruments   • Abandonne le lecteur à sa solitude

b) 14-18   • Eichmann   • Hiroshima   • Obligent à l’action militante

B. LA POSSIBILITE D’UN TERRORISME ECOLOGIQUE

• Tchernobyl (26 avril 1986) : un coup de grâce…   • Choix de la violence et de l’illégalité   • Le kantien qui croyait à la morale laisse place au machiavélien.


3./ LE NIHILISME CONTRE LE NIHILISME

a) Récapitulons :   1) Le sionisme en Palestine.   2) La révolution conseilliste.   3) Le régime autoritaire.   4) Le gouvernement aristocratique de philosophes éclairés.   5) La sollicitation éthique du monothéisme juif.   6) Le pacifisme antinucléaire.   7) La terreur écologiste.

b) Ces solutions peuvent nourrir le nihilisme…   1) Création de l’Etat d’Israël :  • Spoliation des propriétaires palestiniens  • Colonialisme  • Anti-sionisme planétaire comme une bombe à retardement géostratégique   2) Gouvernement autoritaire écologiste :  • Atteintes aux libertés individuelles   3) Terrorisme écologique  • Atteinte aux personnes

c) Impuissances :   1) Le militantisme pacifiste   2) Le conseillisme autogestionnaire  • Toujours massacré par le socialisme autoritaire.


CONCLUSION

a) Le signe du nihilisme :   • Quand les remèdes au nihilisme nourrissent aussi le nihilisme   • le nihilisme achevé rend impossible le dépassement du nihilisme

b) La vielle formule occidentale a fait son temps   • Elle doit se préparer à terminer son existence

c) En l’absence d’éthique et de valeurs nouvelles   • Mai 68 sera un moment nihiliste de plus

d) Le lot de toutes les civilisations

e) Il en va des civilisations comme des hommes :   • On ne peut être et avoir été.


BIBLIOGRAPHIE :

• Nietzsche, Le nihilisme européen, 10/18

• Eric Weil, Philosophie et réalité tomes 1 & 2, Beauchesne

• Eric Weil, Essais et conférences, Vrin

• Julien Freund, La Décadence. Histoire sociologique et philosophique d’une catégorie de l’expérience humaine, Sirey

 


Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

La publicité, peut-on y échapper ?

 

Je lave mon cerveau avec la pub  

 pub-2

La pub nous a été imposée par OverBlog. Pour désactiver les messages publicitaires ici et partout sur le Net, installez gratuitement en un seul clic Adblock Plus.


Recherche

Archives

Nos vidéos