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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 01:00

 

Michel Onfray se prête à un jeu de questions - réponses et parle de ses plaisirs, ses ratés, ses envies culinaires. Propos recueillis par Flavie Degrave et publiés le 20.10.11 

 sur le site Côté Maison.fr.

 

onfray au resto

 

Votre plus ancien souvenir gustatif ?

Si j'étais freudien, je vous dirais : le corps de mon père mangé lors d'un repas cannibale, repas dont mon inconscient se rappelle sur le mode phylogénétique ! Mais à défaut d'être freudien, je serai plus modeste et ne remonterai pas à l'ère glaciaire : c'est tout bonnement le rôti familial du dimanche, avec sa sauce et ses pommes de terre.

Votre éducation alimentaire ?

Je suis, ici comme ailleurs, un autodidacte : on ne m'a jamais rien appris sur le mode de la transmission volontaire, avec une mère m'expliquant ceci ou cela... Encore moins une grand-mère - je n'en ai connu aucune. Et puis, dans mon milieu d'origine, la cuisine, c'était une activité de fille, puis de femme, donc d'épouse et de mère. J'ai appris seul.

Votre première réalisation culinaire ?

Un gratin de pommes de terre râpées, vers l'âge de 8 ou 9 ans.

Votre plus grand fiasco ?

J'avais une vingtaine d'années. Un repas entier préparé pour mon libraire qui avait été cuisinier, qui sortait peu, ne recevait jamais et m'avait invité chez lui : je lui rendais la pareille. Rien n'avait marché... C'est du moins le souvenir que j'en garde : un repas en dessous de ce que j'avais voulu pour lui !

beurrepain-de-campagne-a-pate-fermenteepommes de terre sur planche lila

Votre trio d'aliments préférés 

Pain, beurre, pomme de terre.

Vos convives favoris 

Je n'invite à ma table que des gens que j'aime.

La recette pour laquelle vos amis vous remercient ?

Celle du jour...

Votre profil de mangeur : jouisseur ou raisonnable ?

Pourquoi opposer les deux ? Les deux.

Votre type de menu : valeur sûre ou découverte ?

Tout dépend de mes invités : je ne cuisine pas pour moi, mais pour eux. Vouloir servir une cuisine découverte à des amis qui aiment les valeurs sûres, ou l'inverse, est une faute de goût. Je fais du sur-mesure.

Votre profil de cuisinier : fidèle à la recette ou tenté par l'impro ?

J'ai jeté les livres de cuisine il y a bien longtemps. Ici comme ailleurs, la sagesse augmente en même temps qu'augmente le corps à corps avec le réel quand il économise les bibliothèques...

Votre fréquentation des fourneaux : exceptionnelle ou régulière ?

J'ai 52 ans, j'ai rencontré ma compagne quand j'en avais 19 ; elle n'a jamais cuisiné une seule fois. J'assure tous les repas, chaque jour. Et les courses, au marché ou ailleurs.

Un dégoût viscéral ?

J'ai vu un jour un reportage sur une boisson faite de fiel, de sang et de venin de cobra juste égorgé, saigné et dépecé : pas sûr que j'aurais avalé la potion...

Un nouvel aliment fétiche ?

Pas d'engouements : je jouis de ce qui est. En saison, les saint-jacques tout de suite, sans modération.

Un sujet d'énervement dans l'assiette ?

La prétention.

Un rêve gourmand ?

Retourner une troisième fois chez El Bulli* avec mon ami Denis Mollat (libraire à Bordeaux).

* Le restaurant de Ferran Adrià en Catalogne.

Marc - Ewa  

Published by quatuor - dans Gourmandise
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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:34

 

 

Un nouvel article de Michel Onfray sur l’élection présidentielle 2012, publié dans

Le Monde le 19.10.2011

«  Avec François Hollande, les vaches libérales seront bien gardées »


onfray noir et blanc mains

 

François Hollande sera donc le candidat dit "socialiste" à l'élection présidentielle. Voilà, nous aurons donc un candidat socialiste et libéral. François Mitterand n'aura pas à se retourner dans sa tombe. François Fillon non plus, lui qui fit savoir il y a peu au Parti socialiste, bel aveu, qu'il espérait résister aux sirènes "gauchistes" d'Arnaud Montebourg. Les vaches libérales seront bien gardées...

Je ne sais si le grand gagnant de cette primaire a été François Hollande, mais ce que je sais, c'est que la perdante a été Martine Aubry. Cette femme qui reprochait à François Hollande d'incarner une "gauche molle" en pensant que ça suffirait à faire d'elle la candidate d'une "gauche dure" n'a trompé personne.

Ces deux-là étaient bien l'avers et le revers d'une même médaille de gauche molle. Voilà pourquoi je ne suis pas allé voter au second tour de la primaire après avoir voté Arnaud Montebourg au premier tour, car il était le seul à porter un programme de gauche.

Contrairement à la première, la seconde consultation n'a pas été une affaire du peuple de gauche, mais une affaire de socialistes - et je n'en suis pas.

Martine Aubry aura donc réussi une belle performance : titulaire du poste de première secrétaire du parti au moment du lancement de la primaire, elle n'a obtenu aucun ralliement des autres candidats, qui se sont tous reportés, de l'aile droite de Manuel Valls à l'aile gauche d'Arnaud Montebourg, en passant par Ségolène Royal, candidate de la "socialitude", et Jean-Michel Baylet, porte-parole des fumeurs de "chichon", sur François Hollande.

Cette femme qui fustigeait la "gauche molle" fut, Le Canard enchaîné nous le rappelle fort opportunément cette semaine, la préfacière d'un livre de l'ex-premier ministre britannique Tony Blair en 1997. Faut-il rappeler que cette gauchiste de choc fait alliance avec le MoDem dans sa ville ; qu'elle a réservé des horaires de piscine aux femmes musulmanes ; qu'elle a passé un pacte dit de Marrakech avec Dominique Strauss-Kahn ; que ce dernier a fait savoir qu'il avait voté pour elle à la primaire et que Bernard-Henri Lévy avait pris parti pour elle ; qu'Alain Minc est son ami, c'est dire combien son gauchisme était à craindre !

Ajoutons à cela que l'hypothèse fort probable d'un bourrage d'urnes pour priver Ségolène Royal de la direction du parti et, ceci expliquant cela, le soutien explicite d'un patron socialiste de ces grosses fédérations qui, avant la primaire, faisaient et défaisaient les rois et reines et s'est trouvé impliqué dans des malversations, ne plaidait pas même pour une gauche morale qui pourrait parfois faire avaler les couleuvres de la gauche libérale...

François Hollande, donc. Avec lui, le cap libéral sera bien gardé. Maastricht, l'Europe du père de Martine Aubry, l'euro, le mépris du peuple souverain qui a dit non à la réforme du traité constitutionnel et auquel on a fait l'affront d'envoyer les professionnels de la politique politicienne du Congrès contre lui comme d'autres envoient la troupe, voilà le passif politique de cet homme dont on dit qu'il n'a rien fait - il eût mieux valu...

Pour son futur - le même Canard nous l'apprend -, François Hollande a déjà rencontré François Bayrou  pour évoquer un programme commun de gouvernement après 2012.

Probable futur président de la République, il effectuera la synthèse, son talent le plus avéré, des chefs d'Etat de la Ve République : il aura le même professeur de maintien corporel et de diction que de Gaulle, le même génie politique que George Pompidou, le même accordéon que Valéry Giscard d'Estaing, le même gauchisme que François Mitterrand, la même Corrèze que Jacques Chirac qui, lui, a bien compris le personnage, et le même remariage radieux que Nicolas Sarkozy.

Et le peuple ? La misère ? Le chômage ? La pauvreté ? La laïcité ? La place de l'islam dans la République ? La privatisation de la santé ou de la retraite ? Autant de sujets habilement évités lors des différents débats. Et qui s'en emparera ? On ose à peine rappeler à ces socialistes-là que Marine Le Pen propose de s'en occuper puisque le PS y a renoncé depuis 1983 avec son virage libéral. On verra bientôt avec quels résultats...

Reste l'espoir soulevé par Arnaud Montebourg, qui a permis d'entendre une vraie voix de gauche au sein même du Parti socialiste. Il a souhaité gauchiser son parti en invitant les candidats à reprendre certaines de ses thèses : la VIe République, l'interdiction du cumul des mandats, la moralisation de la vie politique pouvaient être franchement et clairement repris sans danger par les deux finalistes pour leur ligne libérale. Il n'en fut rien...

Dès lors, responsable mais pas coupable, Arnaud Montebourg a signalé son choix personnel et précisé qu'il n'en faisait pas une invitation à l'imiter. Que fera-t-il ? Il est jeune, il a du talent, il suit une ligne claire depuis son refus de Maastricht. Si tout va bien, il a trois, voire quatre présidentielles devant lui. Que fera-t-il de ce capital ? J'ose espérer qu'on en saura plus dans moins de temps qu'il n'en faut à Nicolas Sarkozy pour faire un enfant...

Reste la constellation de la gauche antilibérale qui a ma faveur - mais qui me désespère par son ardeur à refuser toute union. Olivier Besancenot a jeté l'éponge du NPA finalement trotskiste au profit de Philippe Poutou - si j'étais lacanien, ce qu'à Dieu ne plaise...

Les "arlettistes" continueront d'incarner la pureté dans leur petit coin. Jean-Luc Mélenchon alternera avec talent la défense brillante de justes propositions et l'accumulation de bêtises en soutenant Fidel Castro, la politique chinoise au Tibet ou la vertu guillotineuse de Robespierre.

Le PCF, en Janus menacé de torticolis, une maladie chronique chez lui depuis le pacte germano-soviétique, parlera à gauche contre les socialistes et agira avec eux pour déféndre ses permanents, ses élus, ses cadres. Et la paupérisation continuera de plus belle...

Je n'aime pas François Mitterrand, on le sait. Mais il faut lui reconnaître l'incroyable génie d'avoir uni la gauche, ce qui permit de fédérer autour de sa personne un pharmacien radical-socialiste, un communiste stalinien ancien du STO et, surtout, leurs électeurs. Avec Robert Fabre et Georges Marchais, il partait d'aussi loin, on le voit, qu'un homme politique qui voudrait aujourd'hui renouveler l'exploit de l'union de la gauche. Rien n'est donc perdu...

Dans la mécanique électorale de la Ve République, la gauche antilibérale ne parviendrait au pouvoir que solidement unie. Tant qu'elle ira au combat désunie, elle se fera pulvériser. Il faut un stratège semblable au François Mitterrand des années 1970. Pourquoi ne pas demander à Arnaud Montebourg ce qu'il en pense ?

 Michel Onfray


Réactions : 

Rebel With A Cow (Libérale), Sébastien Fontenelle, Politis.fr, le 19.10.11

Michel Onfray pourfend le social-libéral Hollande, J-F Launay, Deblog notes, le 19.10.11

Arnaud Montebourg tente de rassurer ceux qu’il a déçus, Raphaëlle Bacqué, Le Monde, le 20.10.11

Michel Onfray en intellectuel de gauche papillonnant, Antoine, bellaciao.org, le 20.10.11 

 

 Montebourg crée un mouvement politique pour la Nouvelle France - interview, JSL, le 25.10.11

"Je vais construire un mouvement politique à partir du mouvement "Des idées et des rêves". J'ai décidé de bâtir un think tank [réservoir à idées] qui organisera la discussion avec les intellectuels qui m'ont apporté leur soutien (Emmanuel Todd, Michel Onfray et beaucoup d'autres). Je vais aussi lancer une université populaire itinérante qui animera ces débats et fera vivre des idées qui ont toute leur place, auourd'hui, dans le débat public."

 

Nos articles sur ce sujet :

Arnaud Montebourg, le seul antilibéral,, Michel Onfray, Le Monde, le 22.10.11

Montebourg est le seul à se soucier du peuple, Michel Onfray, Libération, le 23.08.11

Visite de Montebourg à Argentan, - vidéos, photos, presse,  le 23.08.11

Ewa      

15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 09:15

 

michel onfray Les-grandes-questions-oct 2011

Michel Onfray était l’un des invités de la nouvelle émission mensuelle de Franz-Olivier Giesbert 2012 : Les grandes questions sur France 5, le 14.10.2011.

L’émission entend mettre "la philosophie au cœur d’actualité", offrir "un éclairage philosophique sur les grands thèmes de la campagne présidentielle".

Le sujet de la première - l’argent. 

Lieu symbolique - la galerie marchande de la tour Montparnasse à Paris. 

Les autres invités - Edgar Morin, Emmanuel Todd, Cynthia Fleury, Alain Minc, Bettina Mazzocchi et Orianne Garcia. 

Le public - des passants.

A vous de voir si le souhait de FOG de "faire de la philosophie vivante dans un lieu vivant", en phase avec  la volonté d’Onfray de "descendre la philo dans la rue" - ont porté leurs fruits. 


 

 

 

 

« Pour engrosser ces masses monétaires virtuelles, qui circulent en flux tendu et en jets continus, dans des mondes où l’on se meut à la vitesse de la lumière, via la fibre optique, les esclaves des Temps modernes sont utilisés et jetés, exploités, humiliés et offensés, puis congédiés selon les besoins du marché. Ces météorites qui échappent à tous les contrôles policiers, gouvernementaux ou politiques, évoluent selon l’ordre économique respectueux de ses seules lois. […]

Fluides et plastiques, invisibles et tout-puissants, ces flux monétaires distribuent la misère ou la richesse sur leur passage : fortune ici, ruine là, accumulation dans un endroit, dispersion dans l’autre, thésaurisation pour l’un, dilapidation pour celui qui n’aura pas été touché par l’aile et la grâce de ces déplacements d’énergies. Mais chaque fois, pour ceux qui n’avaient rien à engager dans ces mouvements ludiques, donc rien à gagner, il y a toujours à perdre : du temps, de l’énergie, des forces, de la liberté - sa vie. »

Michel Onfray, Politique du rebelle, De l’économie, Grasset, 1997

Marc - Ewa  

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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