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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 16:42



Du 25 juillet au 26 août 2011, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2010-2011 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 9e année - Le freudisme hérétique : Otto Gross, Wilhelm Reich et Erich Fromm

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20/ QUESTIONS -REPONSES 4/4 - 19.08.2011

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 question rouge

1/ Le premier intervenant propose quatre points de réflexion à Michel Onfray

. Relation entre l'Histoire et l'identité. Chercher qui on est grâce à l'Histoire

. Conscience de son corps et de son âme

. Fromm : "Connais-toi toi même" lien avec Socrate

. Dans nos sociétés en conflit, vous sentez-vous l'âme d'un prophète ? Quel peut être le rôle des philosophes dans ces sociétés ?

 

Premier temps de réponse (jusqu'à la seizième minute) : Le "connais-toi toi même" c'est savoir la place que chacun d'entre nous occupe dans le cosmos. Si on ne médite pas sa place dans le cosmos, on ne saura pas qui on est et par définition, si on ne sait pas qui on est on ne pourra pas le devenir. Tu es un fragment d'éternel retour.

A quoi ressemble le temps ? Sortir de la vision chrétienne, passé, présent, futur.

Notre société a oublié l'importance des questions ontologiques.

Second temps de réponse (jusqu'à la dix-huitième minute) : Le bon disciple est celui qui s'affranchit de son maître. Construisez vos instruments de maîtrise mais ne pensez pas comme moi. "Je veux bien cartographier avec vous et ensuite vous inviter au voyage"

 

2/ Que pensez-vous du projet d'organiser un débat sur la laïcité ? Que pensez-vous de la place de l'Islam en France ? jusqu'à la quarante-deuxième minute

 

- Le portail des gentils : l'église veut entamer un dialogue avec les intellectuels, sauf Onfray. Certains que Michel Onfray nomme de vrais chrétiens lui présentent leurs excuses, ils ne veulent pas cela et souhaitent discuter. Nécessité de débattre avec quelqu'un qui est opposé à soi.

Qu'est-ce que peut être l'idée même de la croyance ? Va-t-on parler de Dieu, de Jesus, de la religion ?

Relisons Proudhon annotant la bible, Renan La vie de Jesus et Hans Küng, théologien chassé par le Vatican.

 - Michel Onfray a le sens de la transcendance mais sa transcendance est immanente. Le sentiment du sublime n'est pas le religieux mais fait le départ de la religion.

- L' Islam. L'époque ne veut plus d'échange ni de débat mais de l'insulte. Il faut des débats de qualité et non des débat politiques.  Agir communicationnel. Livre conseillé : Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont-Saint-Michel, Les racines grecques de l'Europe chrétienne. 

 

3/ Le premier intervenant reprend la parole. Cette fois-ci deux points abordés :

. L'humanité a toujours eu besoin d'une personnalité avec une forte aura pour pouvoir rebondir. Ne pourriez-vous pas être cette personnalité ?

. Après avoir réfléchi sur l'identité, n'y aurait-il pas un travail à faire sur la personnalité ?

   

Constance  

18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 17:34

       
Du 25 juillet au 26 août 2011, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2010-2011 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 9e année - Le freudisme hérétique : Otto Gross, Wilhelm Reich et Erich Fromm

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19/ DECONSTRUCTION DE L'ANALYSE FREUDIENNE - 18.08.2011   

 

 

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Michel Onfray décrypte l’analyse freudienne selon les axes suivants : la distance avec le patient par opposition à l’empathie défendue par Sandor Ferenczi, les tarifs élevés fustigés par Fromm, et le dos-à-dos par opposition au face-à-face préféré par ce dernier.

          
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  fromm erich

SYNOPSIS :

 

1/. DÉCONSTRUCTION DU RITUEL ANALYTIQUE

Critique des textes de La technique psychanalytique

1. La relation psychanalyste / patient : empathie contre distance

2. Le rôle de l’argent dans la cure : Prix élevé - Refus de la gratuité - Contre le goût freudien du lucre

3. L’usage du divan :  Face à face contre divan / fauteuil

4. L’interdit d’une prescription verbale au patient :  Silence de l’analyste contre paroles d’aide et direction spirituelle

5. Le rôle du corps : Psyché immatérielle contre corps et visage comme voies d’accès

6. Les fins de l’analyse : Stricte thérapie contre spiritualité laïque

 

PREMIER TEMPS, L’EMPATHIE CONTRE LA DISTANCE

a) Freud, Conseils aux médecins sur le traitement analytique (1912) : « Pour l’analysé, le médecin doit devenir impénétrable » (69). Pour Fromm : le patient est un partenaire, l’empathie est nécessaire.

b) 6 mois après le Congrès de Salzbourg (1908), Freud songeait à une Théorie générale de la psychanalyse. Elle laisse place à « un petit mémorandum de maximes et de règles de technique » destiné aux analystes. Textes réunis sous le titre La technique psychanalytique : Catéchisme de l’analyste avec détails sur « le cérémonial imposé pendant les séances » (93). Erich Fromm s’insurge contre le « cérémonial », un rituel sans validité doctrinale universelle.

c) Technique freudienne : Divan et décontraction propice à restaurer l’état psychique infantile - Association libre - Analyste derrière la patient pour éviter qu’il n’interprète les mimiques de l’analyste - Impassibilité de l’analyste : aucun signe envers son patient : le psychanalyste doit être comme le chirurgien, « Celui-ci, en effet, laissant de côté toute réaction affective et jusqu’à toute sympathie humaine ne poursuit qu’un seul but : mener aussi habilement que possible son opération à bien » (65).

d) Contre cette façon freudienne, Fromm sort deux psychanalystes du lot : Ferenczi et Groddeck F-G

 

A./ LE CONFLIT SANDOR FERENCZI / SIGMUND FREUD

Ferenczi pratique aux antipodes

1. Il le fait savoir dans une lettre à Freud de 4 pages

2. Il embrasse ses patients pour les saluer  ▪ Partage avec eux des activités hors cabinet   ▪ Freud : « Vous n’avez pas dissimulé le fait que vous embrassiez vos patients et que vous les laissiez vous embrasser » (Lettre du 13 décembre 1931).

3. Pour Freud, un baiser = « une intimité érotique » injustifiable   ▪ Pas question d’offrir ce genre de satisfaction à un patient   ▪ Car ce baiser sera suivi de caresses impossibles à refuser   ▪ Puis d’exhibitionnisme et de voyeurisme   ▪ Et autres « parties de pelotage »

4. A cette « technique d’affection maternelle » revendiquée par Ferenczi   ▪ Freud oppose « la brutale admonestation provenant du père »   ▪ Conclut sa lettre en se plaçant dans la place du Père   ▪ Et en refusant que l’analyste se mette dans celle de la Mère.   ▪ (Or Père ou Mère, c’est rester dans l’affectif que Freud récuse).

5. Le conflit Freud / Ferenczi s’aggrave

6. Ferenczi pleure lors de récits pénibles à entendre…

7. Il échange des confidences avec ses patients :   ▪ Bribes d’enfance, fragments de passé psychique…

8. Passe parfois des week-ends avec tel ou tel

 

B./ JUSTIFICATION DOCTRINALE DE FERENCZI :

a) Saluer son patient en l’embrassant - Pleurer lors du récit d’un épisode traumatique pour lui - Partager du temps hors cérémonial c’est :

b) Restaurer la confiance perdue, recouvrer l’estime de soi, condition nécessaire et suffisante à toute réussite thérapeutique

c) Il faut aussi réaliser une intersubjectivité analytique : Une « analyse réciproque », car l’analysé contribue à l’analyse de l’analyste autant que l’inverse. Le patient soigne le thérapeute autant que l’analyste son client. L’entreprise analytique ne fonctionne pas à sens unique, mais en binôme

d) Ferenczi meurt à 60 ans, et libère Freud d’un analyste trop hérétique…

 

C./ GRODDECK CONTRE FREUD

a) Fromm défend Ferenczi et Groddeck, « l’analyste sauvage »,  « Ils n’étaient pas des intellectuels, ils ne ressemblaient pas à la plupart des analystes, qui sont des intellectuels habiles à manipuler des concepts et des théories. Groddeck et Ferenczi étaient des êtres humains ; ils écoutaient avec empathie la personne qu’ils voulaient comprendre, et que leur grande humanité leur faisait considérer comme un partenaire et non comme un objet. Il était très caractéristique de Ferenczi de dire merci à un patient qui s’en allait après la séance ; ce n’était pas de la simple courtoisie – qualité elle-même très rare de la part des analystes – mais c’était plutôt l’expression du sentiment d’avoir vécu un partage avec son patient » (Revoir Freud, 163).

b) Groddeck : en 1920, au V° congrès de l’Association Internationale de Psychanalyse (La Haye). Freud lit Supplément à la théorie des rêves devant :   Anna, Géza Roheim, Binswanger, Jones, des américains, des anglais, des hongrois, des autrichiens, des allemands, etc. Groddeck monte à la tribune et dit : « je suis un analyste sauvage ». Suit une intervention décousue. Freud lui envoie un petit mot : Était-ce provocation ou le pensait-il ?

c) Groddeck sombre dans la folie  1. Intervient auprès d’Hitler, il souhaite lui apprendre qu’on persécute des juifs dans le Reich et qu’il ne le sait pas… Envoie une seconde lettre : L’Allemagne avait besoin d’un chef, Hitler n’était pas antisémite, il était légitime dans le rôle du chef  2. Georg Groddeck voulait éradiquer le cancer en Allemagne. Sollicite le concours d’Hitler…  3. Publie Le livre du ça. Emprunte le « ça » à Nietzsche. Analyste libre, extravagant   4. Sa thèse majeure : toute maladie est psychosomatique. La symbolique des organes permet de comprendre le fonctionnement du ça   5. Meurt dans son sommeil le 11 juin 1934 (68 ans)

 

2./ LE SOUCI DU CORPS DU PATIENT

a) Selon Erich Fromm, la réticence de Freud pour l’empathie est politique. Freud veut une psychanalyse freudienne et non diverse. Se fâche avec Ferenczi et refuse de lui serrer la main. La mort de Ferenczi d’une « anémie pernicieuse » (22 mai 1933). Laisse le champ libre à la milice freudienne

b) Fromm soutient Ferenczi contre Freud : « Rien qu’en entrant dans la pièce où se trouve l’analyste, en lui serrant la main, en le regardant, en écoutant le son de sa voix, vous avez tellement plus d’éléments sur une personne que Freud ne pouvait l’envisager dans un processus où l’analyste est derrière le patient. Je crois que Freud n’a pas pu s’en rendre compte parce qu’il n’était pas immédiatement sensible à l’autre, et qu’il lui fallait l’apport direct des rêves, des symboles, de la libre association, des évènements de l’enfance, etc ». Plutôt : allure, regard, visage, postures que mythologie freudienne - Plutôt psychologie concrète contre métapsychologie idéaliste

c) Indépendamment de la parole. Rencontrer une personne 3 à 5 fois par semaine pendant 2 ou 3 ans. C’est déjà en connaître beaucoup sur lui

d) Le rituel freudien procède de la paillasse de laboratoire sur laquelle on dissèque la grenouille : « Le patient, c’est l’objet sur la table. L’analyste, c’est l’observateur savant, neutre et objectif »

e) Fromm veut en finir avec :  Le divan / le fauteuil - Le patient allongé / l’analyste assis - Le client parlant / le psychanalyste silencieux, marmoréen - Le sujet infantilisé / le père tout-puissant. Mais aussi : clientèle payante attendant un succès / Freud payé insoucieux du succès. Ferenczi, Journal clinique (1932) : Freud : « Les patients, c’est de la racaille. Les patients ne sont bons qu’à nous faire vivre, et ils sont du matériel pour apprendre. Nous ne pouvons pas les aider de toute façon… ».

 

DEUXIÈME TEMPS, L’ARGENT SUR LE DIVAN

a) La séance chez Freud : 450 euros 2011, 1 séance tous les jours, sauf week-ends et vacances. Paiement en liquide : pour avoir conscience de ce que l’on donne. Possibilité d’« attention flottante ». Pendant des années, de 6 mois à 3 ans dit le texte, mais plus dans les faits

b) De la psychothérapie : L’analyse exige « un sacrifice de temps et partant d’argent » (15). Le début d’un traitement : déconseille les tarifs bas (90) qui déconsidèrent l’analyse et l’analyste et empêchent le succès… Une séance non honorée doit être payée (85). Éviter les pauvres :  « le bénéfice de la maladie » est plus grand que la guérison…

c) Fromm s’insurge contre ces théories :  elles justifient le goût du lucre de Freud  « C’est une escroquerie pure et simple ! Une ridicule rationalisation. Ils prétendent que le patient doit faire un sacrifice, sinon l’analyse ne marcherait pas. Un homme riche ne pourrait jamais aller au paradis, car même si vous lui faites payer 20 dollars l’heure, cela ne constituerait pas un sacrifice suffisant pour lui. Ce qui compte en réalité, c’est la profondeur et la qualité du patient et non l’importance de ce qu’il débourse » (159).  « J’ai toujours pour ma part pratiqué des tarifs qui permettaient à des gens modestes de venir chez moi. Je n’ai jamais eu de patient ‘riche‘, si ce n’est une fois, et je ne lui ai pas fait payer plus cher. Il m’est arrivé au contraire de baisser mes tarifs si le patient était dans la gêne. J’avais un maximum et non un minimum » (159). Erich Fromm enseignait gratuitement

 

TROISIÈME TEMPS, LE CORPS A CORPS

a) Contre le dos-à-dos freudien le face-à-face frommien. L’analyste a moins à écouter qu’à expérimenter le vécu du patient, se mettre dans la peau du schizophrène, du pervers, du narcissique, du psychotique, du paranoïaque, du dépressif. Chacun porte en lui une part de ces pathologies. Il faut solliciter pour obtenir une compassion.

b) Souscrit à « l’analyse mutuelle » de Ferenczi. Revoir Freud : « L’analyste analyse son patient mais est également analysé par lui » (165). Car « l’analyste voit dans son patient des expériences et des possibilités dont il n’aurait pas pu être conscient ». Erich Fromm : les psychanalystes ne lui ont rien appris sur lui, ses patients, si.

c) Justification freudienne du divan : il a « pour but et pour résultat d’empêcher toute immixtion, même imperceptible, du transfert dans les associations du patient et d’isoler le transfert, de telle sorte qu’on ne le voit apparaître à l’état de résistance, à un moment donné » Freud (93). Dans Observations sur l’amour de transfert (1915) Freud : le sujet répète des situations infantiles vécues sur le mode traumatique. Répétition sur le principe de la compulsion dans le transfert. Éviter de surprendre des réactions sur le visage de l’analyste évite le transfert

d) Refus de Fromm : ne pas voir ses patients le fatigue, et puis les voir le renseigne

e) Pour Freud, L’analyse profane : dans le cabinet « il ne se passe rien d’autre que ceci entre eux : ils se parlent » (9)

f) Échange de mots pour Freud : deux inconscients qui communiquent

g) Échange de signes pour Fromm (cf. Lacan) : deux corps qui communiquent.

 

QUATRIÈME TEMPS, LA PRESCRIPTION EXISTENTIELLE

a) Conseils aux médecins (69-70), Freud empêche le psychanalyse d’intervenir dans la vie de son patient. Vision du monde métapsychologique

b) Fromm: « Si je pense qu’il y a dans sa vie des choses incompatibles avec une attitude saine, je n’hésiterai pas à le lui dire avec insistance, et si le patient ne désire pas accomplir des changements, cela dépend évidemment de lui, mais je lui préciserai alors que dans ces conditions l’analyse ne pourra conduire nulle part » (172-173). Vision du monde historique. Psychologie concrète

c) Pour un renouveau dialectique de la psychanalyse : « L’approche spécifique du corps comme moyen d’appréhender l’inconscient a été laissé complètement hors du champ d’investigation de la théorie analytique classique. Un aspect de cette approche, uniquement rhétorique, faisait du corps un symbole de l’âme. Pourtant, la complexion du corps, les postures, la démarche, les gestes, l’expression du visage, la façon de respirer, de parler en disent autant, voire plus, sur l’inconscient de quelqu’un que n’importe quelle autre donnée traditionnellement recueillie pendant le processus analytique » (69).

d) La psychanalyse, une spiritualité :   1. Pour Freud, L’intérêt que présente la psychanalyse (1913) :  « La psychanalyse est un procédé médical qui vise à la guérison de certaines formes de nervosité (névroses) au moyen d’une technique psychologique » (XII.89).   2. Pour Fromm :   a) Discipline existentielle de connaissance de soi et de construction de soi  « De plus en plus, la psychanalyse a attiré des gens qui étaient malheureux et insatisfaits de leur vie, qui se sentaient anxieux et sans joie de vivre »   b) Des personnes en quête de bien-être, soucieuses d’exprimer toutes leurs potentialités, désireuses d’aimer pleinement, de surmonter leur narcissisme ou leur agressivité   c) Des sujets qui souffrent d’insomnie, de problèmes de couple, de souffrances dans leur métier, de problèmes relationnels amoureux, d’incapacité à éduquer leurs enfants, à l’étroit dans leurs familles. Autant d’indicateurs d’insatisfaction générale, plus que de pathologie lourde

d) On ne soigne cela que par un changement existentiel radical, changement d’être au monde, de relations, de professions, de lieu de vie, de métier, de conjoint. De tout ce qui entrave le plein épanouissement

e) « L’existence humaine est une absurdité » dit Erich Fromm. Elle n’a que le sens qu’on lui donne

f) Une vie insensée génère des pathologies : souffrance, mauvaise conscience, angoisses, somatisations, peurs, inquiétudes

g) La psychanalyse peut aider à donner un sens à son existence, par la connaissance de son inconscient. Quelle relation avec Freud et sa découverte ? « si nous avons à l’esprit son projet général de faire accéder ses patients à un niveau maximal de lucidité et de raison, l’idée d’une psychanalyse comme méthode de guérison spirituelle, bien que tout à fait en opposition avec les hypothèses rationalistes de Freud, peut néanmoins se rapprocher du dessein le plus intime de son fondateur : non seulement guérir le patient de sa maladie mais lui ouvrir la voie au bien-être » (79). La psychanalyse comme voie d’accès à l’hédonisme ?

 

BIBLIOGRAPHIE :

    Ernest Jones, Théorie et pratique de la psychanalyse, Payot

    Erich Fromm, Revoir Freud, Armand Colin

    C. et S. Grossman, L'analyste sauvage. Georg Groddeck, puf

    Freud, La technique psychanalytique, puf

    Ferenczi, Freud, Correspondance, tomes 1, 2 et 3, Calmann Lévy

    Georg Groddeck, Le livre du ça, Tel Gallimard  
              

                                                                                                           Constance 

17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 11:15

 

Du 25 juillet au 26 août 2011, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2010-2011 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 9e année - Le freudisme hérétique : Otto Gross, Wilhelm Reich et Erich Fromm 

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18/ PSYCHOPATHOLOGIE DE SIGMUND FREUD -  17.08.2011

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"Michel Onfray dresse un portrait psychologique de Sigmund Freud. Les particularités de caractère de ce dernier livrent ainsi des éléments pour une critique de sa philosophie."


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      SYNOPSIS :

1./ ELOGE DE LA PSYCHOBIOGRAPHIE

a) Éloge de la « psychobiographie » par Freud  - Dans L’intérêt que présente la psychanalyse (1913)  -Afin de « déceler la motivation subjective et individuelle des doctrines philosophiques  qui sont nées d’un travail logique prétendument impartial et montrer à la critique ellemême les points faibles du système » (XII.1113).

b) Colères de Freud quand on pratiquait ainsi avec lui.

c) 1959, Erich Fromm publie La mission de Sigmund Freud. Une analyse de sa personnalité  et de son influence

d) Politesse rhétorique et précautions oratoires :  - Erich Fromm reconnaît à Freud :  1. Une passion pour la vérité  2. Une foi sans compromis pour la raison  3. Freud : philosophe des Lumières  4. Son origine juive augmente son côté Lumières  5. Dispose de dons intellectuels  6. Et d’une vitalité exceptionnelle  7. Puis d’un courage à être seul.

e) Or, les archives et les correspondances tempèrent ces jugements :  1. Mensonges avérés, cas inventés, dissimulations d’erreurs, mort de FleischlMarxow…  2. Rôle architectonique de l’inconscient immatériel porteur de mythes…  3. Penseur de la femme mutilée, praticien de la numérologie, défenseur de la  télépathie, de la transmission de pensée, de la proximité avec l’occultisme,  praticien des signes de conjuration du mauvais sort…  4. Prouver que la judéité est l’une des modalités de la rationalité  5. Homme de disciples, de réseaux souhaitant les honneurs de la bourgeoisie de son  temps


2./ PORTRAIT PSYCHOLOGIQUE DE FREUD

NARCISSIQUE  

 - Une structure narcissique  - Voulait être riche et célèbre, honoré  - Manque de chaleur humaine  -Jaloux, possessif, machiste  - Le cousin de Martha, la cocaïne à Paris, la fille de Charcot…

PARANOÏDE  

 - Une structure paranoïde :  - Besoin d’être aimé et sécurisé, materné  - N’a jamais cru à l’amour, se méfiait des sentiments  - Compense par un surinvestissement dans le savoir

INCESTUEUX  

 - Un tropisme incestueux :

1. Parle peu de sa mère  ▪ Sous représentée dans la quantité de rêves analysés (2 rêves seulement)

2. Fils préféré, voir Un souvenir d’enfance de « Poésie et vérité »  ▪ Prédiction d’avenir de grand homme  ▪ Interdiction des cours de piano de sa sœur  ▪ Chambre seul

3. Ne consacre du temps à personne sauf à sa mère  ▪ Visite le dimanche matin  ▪ Elle vient dîner le dimanche soir

4. Sur le complexe d’Œdipe :  ▪ « Freud, ici comme ailleurs, a généralisé une expérience individuelle » (32).

5. Symptômes :  A) Freud a peur de mourir de faim ◦ La nourriture, c’est la mère  B) Peur de rater ses trains : ◦ Arrivait une heure en avance ◦ Ne voyageait jamais seul ◦ Angoisse de l’autonomie, de l’indépendance, de la solitude ◦ Donc : de l’éloignement et du détachement d'avec la mère.

MISOGYNE & PHALLOCRATE

1. Amoureux passionné  - Mari éteint

2. Époux injuste :  - Accable sa femme sur la question de la découverte du rôle anesthésiant de la cocaïne - « Ce fut la faute de ma fiancée si je ne suis pas devenu célèbre dès ces jeunes années » (XVII.62)

3. Misogyne classique  - Fait du féminisme une sottise

4. Erich Fromm : « Ses théories sur les femmes sont des rationalisations naïves des préjugés  masculins, et surtout des hommes qui ont besoin de dominer pour dissimuler leur crainte des femmes » (32)  -Théorie de la castration  - Envie du pénis  - Phallus manquant  - Moindre moralité des femmes  - Clitoris comme pénis atrophié  - L’anatomie comme destin.

PETITE LIBIDO

a) Correspondance avec Fliess  - Petite libido vite éteinte (vers 44 ans)

b) D’où théorie de la sublimation  - Erich Fromm :  « Les intérêts scientifiques et intellectuels ont été plus forts que son  éros ; ceux-là ont étouffé celui-ci et, en même temps, ils sont devenus un substitut de l’expérience vivante de l’amour » (30).

c) Erich Fromm : « Beaucoup de penseurs traitent abondamment de cela-même qui leur fait défaut et qu’ils s’efforcent de réaliser pour eux-mêmes ou pour les autres » (32).  - Cette petite libido fait de Freud un obsédé des choses sexuelles  - La répression de la sexualité comme cause des névroses : une pensée autobiographique

MISANTHROPE

a) Erich Fromm : « Freud n’avait pas d’affection pour les gens en général » (333)  - Même avec ses disciples   - Il veut imposer la psychanalyse : tout est tourné vers cette obsession

b) Ne jamais donner, meilleure façon de ne jamais avoir à se perdre

c) Freud inscrit sa vie sous le signe de l’avoir :  - Argent, réputation, honneurs, richesses, honorabilité      -Erich Fromm : Freud « se préoccupait de sa personne, de sa famille, de ses idées, de la façon caractéristique de la classe moyenne » (37)

d) Égotisme / égoïsme :   - Erich Fromm parle de sa « préoccupation égocentrique »  - Mépris de la classe ouvrière, des gens modestes, des gens hors son monde  - La solidarité, la fraternité, l’empathie, la compassion : sentiments ignorés 

CARACTÉRIEL

a) Veut que ses amis remplissent un rôle maternel avec lui  - Sinon : rompt avec eux violemment et devient agressif  - Multiplie alors les commentaires méchants sur ses anciens amis

b) Erich Fromm met à jour un schéma existentiel récurrent :  - « Amitié intense pendant quelques années, puis rupture complète allant en général jusqu’à la haine » (39)  - Breuer, Fliess, Jung, Adler, Rank, Ferenczi, Reich  - Erich Fromm :  « Freud avait tendance à dépendre des autres et, en même temps, il avait honte de cette dépendance et il la détestait » (40).  - … alors il rompait et haïssait. 

PARRICIDE

a) Haine du père : l’exact antipode de la relation avec sa mère

b) Freud rapporte deux anecdotes :  - Freud enfant urine dans la chambre paternelle  - Le père de Freud humilié par un antisémite

c) Prétend sans preuve que son père ne l’aimait pas  - En fait, père aimant son fils, mais peu expansif

d) Le père empêche l’accès à la mère…

e) Théories de Freud sur ce sujet :  - Erich Fromm sur « ces affirmations prétendument scientifiques » (26).

AUTOCRATE

a) Stratège autocrate  - Moque les valeurs bourgeoises  - Mais y aspire…

b) Passion de l’enfant pour les petits soldats, les cartes, les guerres, la stratégie  - Admirateur des chefs de guerre  - Arrive à Londres en exil :   - Rêve de Guillaume le Conquérant qui débarque en 1066 sur le sol anglais… 

c) Autoritaire, rigide, intolérant  - Ne supporte pas les thèses opposées aux siennes  - Erich Fromm : « Ou l’on devait se prononcer complètement en faveur de sa théorie – et cela voulait dire en sa faveur - ou l’on était contre lui » (59).

d) Freud se prétend scientifique, mais se réclame de Colomb et du Conquistador  - Erich Fromm :  « Existe-t-il aucun autre cas d’une thérapie ou d’une théorie scientifique qui se transforme en un mouvement dirigé par un comité central secret, qui se livre à des  purges  à l’égard des membres déviants et dispose d’organismes locaux au service d’une organisation internationale ? » (74).

e) Erich Fromm parle du « caractère quasi politique du mouvement psychanalytique ».  - Ajoute que l’Association Internationale de Psychanalyse est  « organisée selon des normes plutôt dictatoriales »

f) Toute publication devait être soumise à Freud :  - Les points de divergences ne portant pas sur les contenus  - Mais sur la stratégie du mouvement

RESSENTIMENT

a) Freud réagissant à la mort d’Alfred Adler

b) Thèses d’Adler : la psychologie individuelle :  - Importance de Nietzsche - Infériorité d’organe et compensation  - Souci des plus modestes  - Défiance à l’endroit des mythes freudiens  - Considération de l’histoire  - Souci de l’hérédité dans l’étiologie

c) Freud et les freudiens le déconsidèrent :  - Débraillé malpropre  - Personnage sombre et sûr de lui      -Avide de succès et paranoïaque  - Agressif et sans humour

d) 5 octobre 1911, Freud à Ferenczi :  - Veille du Congrès de la Société Psychanalytique de Vienne  - « Demain, c’est la première séance de la société et on va essayer de se débarrasser de la bande d’Adler »  - Freud annonce qu’Adler a créé un groupe pour faire sécession : c’est faux…  - Freud à Jung, 12 octobre 1911 :  - « J’ai forcé hier toute la bande d’Adler (six hommes) à quitter l’Association. J’ai été tranchant, mais à peine (sic) injuste »  - Bientôt, ce sera le tour de Jung…

e) A la mort d’Adler :  - Peter Gay :  « L’analyse avec fin et l’analyse sans fin parut en juin 1937. Le même mois, Freud eut le plaisir (sic) d’apprendre qu’il survivait à Alfred Adler, mort d’une crise cardiaque dans une rue d’Aberdeen, lors d’une tournée de conférences en Angleterre » (708)…

f) Erich Fromm cite cette lettre de Freud à Zweig qui avait manifesté de l’empathie pour le défunt :  - 26 ans après l’éviction d’Adler, cancéreux, âgé de 81 ans, Freud écrit :  - « Je ne comprends pas votre sympathie pour Adler. Pour un garçon juif sorti d’un faubourg de Vienne, une mort à Aberdeen témoigne par elle-même d’une carrière inouïe et est une preuve du point où il est arrivé. Le monde l’a vraiment magnifiquement récompensé du service qu’il a rendu en contredisant la psychanalyse »

POLITIQUE

a) Théorie aristocratique, élitiste, mais pas démocratique de Freud

b) Freud :

1. Socialisant dans sa jeunesse :  - A 17 ans envisage la carrière politique, s’inscrit en droit  - Souhaite devenir ministre   - Loue le 19, Berggasse parce qu’il avait assisté à des réunions de Victor Adler -(Médecin juif, socialiste, ami d’Engels).

2. Belliciste et patriote pendant la Première Guerre Mondiale.

3. Erich Fromm : politiquement Freud est « très à droite du libéralisme » (91)  - Défend l’idée que les masses doivent être guidées par un chef…  - Erich Fromm : « Tel est l’un des aspects tragiques de l’existence de Freud : un an après la victoire d’Hitler, il désespère de la possibilité de la démocratie et présente comme seule espoir la dictature d’une élite d’hommes courageux et prêts au sacrifice. N’était-ce pas l’espoir que seule une élite psychanalysée pourrait diriger et maîtriser les masses indolentes ? » (93)

ANTISÉMITE ?  

 - Pourquoi, en pleine ascension d’Hitler, publier ses travaux sur Moïse ?  - Freud à Jones le 3 mars 1936 :  - « Mes conclusions  (…) comportent une contestation de l’histoire nationale juive légendaire »  - Thèse : Moïse n’est pas juif, mais égyptien      - Le monothéisme n’est donc pas une invention juive - Erich Fromm :  « A l’époque des lois hitlériennes (la première et la seconde partie de Moïse et le monothéisme furent publiées en 1937 et la troisième en 1939), Freud a essayé de prouver que Moïse n’était pas hébreu mais égyptien. Qu’est-ce qui a pu pousser Freud à priver les juifs de leur plus grand héros à un moment même où un barbare puissant tentait de les exterminer ? » (73).


3./ STÉRILITÉ DE LA PSYCHANALYSE

a) Ce livre : 20 ans après la mort de Freud

b) Conclut à l’absence de créativité dans le monde de la psychanalyse  - Normal avec le verrouillage freudien

c) L’arrivée du concept de pulsion de mort exigeait une refonte totale  - Elle n’a pas eu lieu  - Erich Fromm : d’où  « une relative stérilité de la pensée psychanalytique 'officielle' » (96) ;  - Souligne le caractère autoritaire de Freud :  « son caractère autoritaire et fanatique, qui a empêché un développement fructueux de la théorie de l’homme et a conduit à l’établissement d’une  bureaucratie retranchée qui a hérité des dépouilles de Freud sans avoir ni sa créativité ni le radicalisme de sa conception originale » (98).

d) Freud est passé à côté des phénomènes sociaux, de l’histoire  - Erich Fromm « La compréhension de l’inconscient de l’individu prépare et nécessite l’analyse critique de la société dans laquelle il vit » (99)

e) Avec le temps, la psychanalyse est devenue « un produit de remplacement de la religion pour les classes moyennes, ou tant soit peu supérieures, des villes, qui ne souhaitent pas faire un effort radical plus complet » (100) - Autrement dit : une croyance de petits bourgeois à qui le divan suffit  - Et qui ne veulent pas changer la société 

f) Il faut retrouver le caractère révolutionnaire de la psychanalyse du début :  1. Étudier scientifiquement la sexualité  2. Affirmer l’existence d’une sexualité infantile  3. Dire que notre psyché la plus profonde nous détermine  4. Mettre en relation refoulement et névroses 


4./ LA LIBERATION SEXUELLE N’EST PAS FREUDIENNE :

- Erich Fromm combat la société consumériste

- La libération sexuelle n’est pas affaire de psychanalyse freudienne

- (Qui défend répression et renoncement)

- Mais du capitalisme libéral consumériste

- (Qui invite à satisfaire ses désirs et à réifier les corps)

- Le schéma « désir d’objet » du consumériste et acquisition/jouissance

- Le sexe fournit une occasion de consommer de manière compulsive et sans limite


CONCLUSION

DES FLEURS ARTIFICIELLES

a) Texte de 101 pages rédigé en américain  - Réquisitoire sans haine mais argumenté

b) Exercice de rhétorique pour conclure :  1. Influence considérable de Freud  2. Imprégnation dans le moindre rouage de notre civilisation  3. En bon romantique, Freud a montré que l’irrationnel menait le bal

c) Erich Fromm manifeste respect, admiration, compassion affectueuse - Freud fut « un homme vraiment grand » (106)  - On se demande ce qu’aurait été ce livre si Freud n’avait pas été grand…

Prochaines séances :  - Déconstruction de l’analyse,  - De la doctrine…


BIBLIOGRAPHIE :

- Erich Fromm, La mission de Sigmund Freud, éd Complexe

- Erich Fromm, Grandeurs et limites de la pensée freudienne, Laffont

- Alfred Adler, Le sens de la vie, Payot

- Manès Sperber, Alfred Adler et la psychologie individuelle, Idées Gallimard

- Gérard Badou, Madame Freud, Payot

- Percival Bailey, Sigmund Freud le tourmenté, La table ronde

Ewa  

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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