Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 23:25

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »


__________________

21) « UNE PHILOSOPHIE DU MOUSTIQUE » - 25.08.2014



  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 

SYNOPSIS  

 

 guntheranders1

 

1./ CONTRE L’ONTOLOGIE D’HEIDEGGER

a) Formé à la phénoménologie allemande   • Connaît les tics   • Sait le rapport au réel médiatisé par le concept qui éloigne du monde.   • Commentaire de commentaire   • Contre la philosophie universitaire.

anders-sur_la_pseudo_concretude.jpgb) Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger   • Dans Philosophy and phenomenology research, mars 1948   • Critique l’ontologie de Heidegger   • Mais pas son engagement politique.

c) Le Dasein :   • Situé hors la nature   • Hors un au-delà surnaturel   • Cet acosmisme permet un engagement nazi.

d) Le concret de Heidegger est un pseudo-concret   • Heidegger instaure la primauté de l’Etre sur l’étant – sur les étants.

e) Dans cette ontologie l’homme disparaît :   • Comme sujet de l’histoire   • Comme humain   • Comme individu concret   • N’est plus qu’un dasein dont l’activité consiste à être-pour-la-mort.

f) Ceci génère non pas l’oubli de l’Etre   • Mais l’oubli de l’histoire.   • L’oubli de la liberté politique,   • La négation de l’Autre.

g) Tout ceci contribue à préparer un terrain   • Qui n’est pas incompatible avec le nazisme.

h) Heidegger ne philosophe pas à partir de problèmes académiques et universitaires   • Il part des « terreurs philosophiques les plus élémentaires » (21).   • Passe à côté du concret.   • Ce qui prépare la catastrophe éthique, morale, spirituelle, métaphysique, ontologique.


2./ UN STYLE A PART

a) Günther Anders revendique une position à part dans la philosophie   • Pas dans les institutions,   • Pas dans les bibliothèques ou les amphithéâtres.   • Veut pouvoir faire « une philosophie du moustique » (27).   • Une philosophie de tout ce qu’il y a de plus concret.

anders-obsolescence de l'hommeb) L’obsolescence de l’homme :  Analyse :   • Le rôle néfaste de la télévision et de la radio. • Construisent un faux monde qui devient plus vrai que le vrai.   • Le rôle des images dans la formation de l’homme aliéné : « l’iconomanie » (17).   • L’importance du cinéma dans la fabrication de ce même monde   • La construction des stars   • Le maquillage comme désir de devenir une chose    • Le système pervers des objets   • La négation de la mort dans les funérariums   • Le jazz comme musique de l’abrutissement   • Le symptôme de la disparition du visage   • La menace de la bombe atomique   • La destruction du monde et de la nature par la technique   • L’importance des machines   • Et autres sujets délaissés par les philosophes institutionnels.

c) N’écrit pas des essais littéraires ou des analyses philosophiques universitaires.   • Mais un genre nouveau : « Quelque chose comme un hybride de métaphysique et de journalisme : une façon de philosopher qui prend pour objet la situation actuelle, c’est-à-dire des fragments caractéristiques de notre monde actuel » (22).

d) Penser le réel, le concret véritable.

e) Il faut donc un style nouveau :   • Juxtaposer passages factuels et analyses théoriques,  • Considérations anecdotiques et analyses philosophiques pointues,   • Des exemples empruntés à la vie triviale.

f) Met en scène un contradicteur puriste (heideggérien…) qui lui dirait :   • On ne peut philosopher sur les problèmes d’actualité   • On ne peut philosopher que sur l’ontologique et non sur l’ontique   • On ne peut partir du journal pour penser   • On ne peut partir du factuel anecdotique pour parvenir au philosophique – digression   • On ne peut accéder au général quand on part du particulier   • On ne saurait partir de l’empirique – ainsi la télévision.

g) Ce contradicteur n’est pas seul :   • Car « d’autres ont formulé la même mise en garde pendant deux mille cinq cents ans. Car en quoi a consisté la passion de la philosophie, celle qui a animé les philosophes les plus divers, si ce n’est à choisir de se détourner avec grandiloquence du contingent, du « mundus sensibilis », pour se tourner vers l’« essentiel », le « mundus intelligibilis » ? » (25).   • C’est la signature de la philosophie occidentale.

h) Or la philosophie n’est pas mysticisme, idéalisme,   • Contemplation fixe des principes   • Mais saisie de quelque chose de concret, de réel, de véritable, d’immanent.

i) Le philosophe n’est pas un être à part   • Il vit comme « l’honnête voisin de ses voisins de palier » (26)   • Vivant dans une multiplicité de singularités.

j) Les objets de prédilection du philosophe ?   • Le spécifique, le singulier, l’occasionnel, le contingent, l’empirique   • « Pourquoi avons-nous, par exemple, le droit, dans le cadre de l’anthropologie philosophique officiellement admise, de philosopher sur l’homme (qui n’est finalement lui aussi qu’une espèce empirique), alors que, si nous écrivions une « philosophie du moustique » ou une « philosophie de l’enfant », nous serions immédiatement soupçonnés de manquer de sérieux ? A cela il n’y a pas de réponse philosophique » (28).

k) Les philosophes institutionnels se réclament de la tradition pour empêcher ce genre de pensée.   • Ne se remettent jamais en cause   • Or la vocation de la philosophie, c’est de remettre en cause les idées reçues.

l) « Plus ils sont sûrs d’eux sous ce rapport, plus on a raison de se méfier d’eux en tant que philosophes » (28).   • Nomme les philosophes qui ont fait reculer les lignes   • Et que les philosophes officiels ont méprisés ou négligés :  - Kierkegaard, Nietzsche, Feuerbach, Darwin, Marx, Freud.   • Autant de philosophes qui ne se sont pas dits philosophes   • Insoucieux des interdits, des tabous, des limites institutionnelles quand ils ont écrit.

m) « Le lecteur comprendra qu’un amoureux de la vérité, qui prend modèle sur ces grands esprits exempts de préjugés, marche alors droit vers le singulier, laissant en suspens la question de savoir si, et jusqu’à quel point, ce qu’il fait là peut encore s’appeler philosophie » (28).   • Peu importe que la corporation adoube   • L’important est de faire avancer la pensée.

n) Quand Günther Anders pense la télévision   • Ne pense pas pour les professionnels de la philosophie   • Mais pour ceux qui regardent la télévision   • Afin qu’ils comprennent la toxicité du média   • Et vivent conscients de ce danger.


3./ UNE METHODE

• Revendique une méthode à part : l’exagération   • A laquelle (presque 25 ans avant Jonas) il donne « un sens heuristique » (29).   • Les phénomènes restent imperceptibles   • Tant qu’on ne les a pas grossis pour mieux les observer.   • Soit on exagère et l’on peut connaître   • Soit on n’exagère pas et l’on ne connaît pas.


4./ « LA HONTE PROMETHEENNE »

a) Il y a « honte prométhéenne » quand les hommes « constatent l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même fabriquées » (37).

b) L’artisan pouvait aimer son travail - qui l’avait conduit du morceau de bois au sabot.   • L’ouvrier ne le peut car il n’agit que sur un moment de la production   • Talent, savoir-faire, compétence, investissement comptent pour rien.

c) L’ouvrier a honte de ce qu’il fait   • Et honte d’avoir honte.

d) Pour dissimuler cette double honte   • Affecte l’impudence ou l’indifférence   • Il cherche à se tromper lui-même.

e) Tout autour de lui a été produit, fabriqué, artificialisé   • L’homme a honte de ne pas être lui aussi produit, fabriqué, etc   • Il veut alors passer dans le camp des instruments   • La honte de sa honte lui fait désirer d’être un objet   • Il travaille activement à sa réification – « auto-réification » (46).

f) Exemple du maquillage :   • Effacement de la nature au profit de l’artifice   • La femme ressemble à une chose   • Les ongles ne sont plus nus mais peints   • Transformés en instruments que les mains manipuleraient   • La finition froide du vernis : reniement du passé des ongles   • Idem avec cheveux, jambes, visage, corps tout entier   • Tout doit être travaillé pour ne pas apparaître nu   • Ce qui générerait la honte   • « Ce traitement du corps cherche à lui donner la beauté des choses fabriquées » (47).

g) A l’aide de « l’ingénierie humaine » (54) l’homme veut en finir avec son corps borné.   • Et le transformer en machine, sa divinité.

h) Pousse son corps aux points limites, de rupture   • Veut l’hybride et l’artificiel   • Se soumet à une série incroyable d’expériences pour reculer ses limites   • Recycle la haine puritaine des corps   • Se transforme en chose, en objet, en gadget   • Se soumet à l’accélération, à la dépressurisation, au froid, à la force centrifuge   • Si techniquement nous en sommes capables, alors il faut le faire !

i) Ces expériences sont des rites initiatiques   • Entrée dans la communauté des adultes   • Nous apprenons ce que nous devenons : - Un humain qui veut se réaliser dans le dépassement de l’humain.

j) L’idéal ?   • Le robot des dessins animés qui avance de manière saccadée, mécanique.   • L’homme se transforme en résidu, en gadget.   • Il renonce à être la mesure.   • Il abandonne sa liberté.


5./ LA REPRODUCTIBILITE

a) L’homme se veut post-humain, objet parmi les objets   • L’homme se sait borné et périssable   • Il se veut illimité et infini

b) La production d’objets infinis à partir d’une matrice sert de modèle à son désir faustien

c) Nous vivons dans une époque platonicienne :   • Les objets reproductibles participent d’une idée   • La matrice une permet de dupliquer des copies à l’infini

d) Chaque produit singulier a une durée de vie limitée   • Mais en tant qu’objet de série, il est immortel.   • Face à l’immortalité des objets produits en série   • L’homme mortel qui a honte de l’être   • Veut cette immortalité par la duplication.   • La honte inflige une fois de plus l’homme :   • Quand il comprend que « le platonisme industriel » (70) concerne les objets, pas lui.


6./ LE RECOURS A « L’ICONOMANIE »

a) « L’iconomanie » (75) :   • Prolifération invraisemblable et inédite d’images    • Ces images permettent à l’homme de se fabriquer des pièces de rechange   • Qui règlent son caractère périssable.

b) La photo de soi-même :   • Elle permet d’accéder à la reproduction de soi au même titre que les objets.

c) Limité et mortel dans sa vie singulière   • Illimité et immortel tant que les photographies le dupliquent.

d) Les stars :   • Photographiquement dupliquées à l’infini   • Deviennent des modèles pour un grand nombre   • Elles semblent disposer d’autant de vies que de reproductions photographiques   • Ces modèles entrent « dans la sphère des produits de série que nous reconnaissons comme ontologiquement supérieurs. C’est parce qu’ils réalisent triomphalement notre rêve d’être pareils aux choses, c’est parce qu’ils sont des parvenus qui ont réussi à s’intégrer au monde des produits, que nous en faisons des divinités » (76).

e) Comme le vernis à ongles,   • La star est un produit de masse diffusé selon les mêmes logiques   • Grâce à la publicité, la star est une marchandise comme la marchandise est une star   • Stars et marchandises se survivent après leur disparition.


7./ LE JAZZ, MUSIQUE DE MACHINES

a) La machine nous sert de modèle :   • Nous voulons devenir des machines.

b) Le jazz : musique machinale qui entre dans notre corps   • Le jazz est « la musique sur laquelle dansent les hommes de la révolution industrielle » (103).

c) Echo lointain aux tambours de la forêt vierge, des déserts, de la musique Nègre   • Trace de vie primitive et du désir sexuel impérieux.

d) Elle est surtout musique de machines :   • Elle dit « l’obsession précise d’une presse qui découpe, impassible et méticuleuse, le glissando de l’animalité en morceaux toujours identiques » (103).   • Musiques identiques, impersonnelles, automatiques.

e) Avec le jazz, la machine liquide la sexualité   • Il puise dans les machines la violence et l’énergie dont il a besoin   • Il transforme l’énergie animale en énergie mécanique.

f) Le temps disparaît dans cette musique :   • Elle ne connait que « la fureur de la répétition » (104).   • Exactement comme les machines.

g) La syncope est son principe, sur le mode de la ritournelle   • De même : les breaks suspendent l’orgie   • Ils assomment le danseur qui semble la victime d’un accident du travail…   • La mise hors-circuit qu’obtient le break prouve qu’on est bien pièce de machine   • C’est le point d’acmé de l’union avec la machine   • Le jazz : les coups de boutoir de la machine qui pénètre inlassablement les corps   • Chaque mesure est répétition   • Réitération de cet envahissement mécanique et machinique du corps transformé en machine.

h) Danser sur cette musique c’est faire triompher la machine.   • Actualiser la réfutation de son corps   • Contribuer à sa réification.

i) Il s’agit de « la religion de l’industrie » (104) :   • Orgies dans les boîtes de Harlem   • N’ayant plus rien à voir avec le divertissement   • « Ce sont des danses sacrificielles extatiques ou, pour mieux dire, des danses sacrificielles extatiques dédiées au Bal de la machine » (104).   • Les hommes sortent d’eux-mêmes pour s’unir au dieu des machines   • « C’est le culte industriel de Dionysos » (104).

j) Pendant ces danses, les humains perdent leur visage   • Preuve qu’ils sont devenus des machines   • Plus d’expressivité   • Tête baissée   • Visages dissimulés   • Visages impassibles, inexpressifs, glacés   • Visage devenu « un résidu, une pièce obsolète » (106).   • On le porte parce qu’on a pu le laisser au vestiaire   • Un genre de nouvelle honte surgit : la honte d’avoir un visage.   • « La honte d’être condamné à toujours porter ce stigmate d’individualité comme un legs oublié » (106).

k) Convient qu’il exagère peut-être…   • Mais il maintient que le visage s’efface sur la piste de danse   • Idem dans l’art contemporain : disparition du visage   • Fin du visage et avènement des machines coïncident.

l) Revient au jazz   • S’étonne qu’on puisse la prendre pour une musique sérieuse   • Trop peu sérieuse pour être exécutée dans une salle de concert   • La musique classique épargne le centre de l’auditeur,   • Pas le jazz qui modifie en profondeur l’éthos de façon durable et toxique  « Rien n’est plus sérieux, rien n’est plus lourd de conséquence, plus dangereux, plus destructeur que l’effet produit par cette musique qu’on se plaît à dire légère » (107).    • Le jazz impose à l’auditeur sa transformation en machine  « L’identité avec la machine est obtenue par la violence d’un rituel extatique » (108).   • Quand il danse l’homme dit qu’il ne veut pas mourir et devient une machine.


8./ LE MONDE COMME FANTOME

a) Chapitre : Le monde comme fantôme et comme matrice. Considérations philosophiques sur la radio et la télévision

b) Contre ceux qui lui reprocheraient de généraliser   • Et qui diraient que seul l’usage de la télévision pose problème   • Pas la télévision elle-même

c) Les hommes n’ont pas le choix de disposer librement de la technique   • C’est elle qui dispose d’eux

d) La télévision nous propose des images d’un réel   • Que nous ne vivons pas directement   • Nous y participons par l’image   • Qui entre chez nous, dans l’intimité de notre domicile   • Nous la consommons comme un produit   • Nous consommons collectivement des marchandises stéréotypées   • Produites en masse pour les foyers.

e) La télévision n’est pas un moyen au service d’une fin   • Mais un instrument particulier   • Qui nous détermine à être et à penser, puis agir d’une manière particulière

f) Günther Anders propose cette analyse à ceux qui se sont déjà demandé après avoir regardé une émission : « Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-on en train de me faire ? » (119).

g) Jadis, au cinéma, les gens se déplaçaient pour consommer une marchandise   • Perpétuation du théâtre

h) Désormais plus besoin d’aller à la marchandise   • Elle vient vers nous   • Dans nos foyers   • Et pour des millions de gens   • On consomme des produits de masse en famille, ou seul.

i) Naissance de « l’ermite de masse »   • Un spécimen dupliqué en très grande quantité  « Ils sont assis à des millions d’exemplaires séparés mais pourtant identiques, enfermés dans leurs cages tels des ermites, non pas pour fuir le monde, mais plutôt pour ne jamais, jamais manquer la moindre bribe du monde en effigie » (121).

j) Les téléspectateurs ont payé leur récepteur   • Victimes consentantes de leur endoctrinement   • L’homme se transforme en homme des masses   • Consommant les loisirs de masse qu’on lui propose  « Il paie pour se vendre. Sa propre servitude, celle-là même qu’il contribue à produire, il doit l’acquérir en l’achetant puisqu’elle est, elle aussi, devenue une marchandise » (122).

k) Le consommateur devient un collaborateur de la production

l) Plus besoin d’endoctriner les masses comme Hitler   • La liberté de la personne et les droits de l’individu semblent conservés   • Alors que l’individu est totalement soumis, aliéné   • Par un processus de conditionnement auquel il donne son aval   • La tyrannie arrive au domicile   • Et les gens lui ouvrent la porte   • Et l’accueillent avec plaisir   • Servitude volontaire.


9./ UN INSTRUMENT DE DESTRUCTION MASSIVE

a) Télévision et radio nient la vie familiale   • La famille est transformée en public miniature   • Elle est niée sous prétexte d’être reconstituée autour du poste   • Fin des conversations intimes et privées :  - Sur la vie quotidienne, le travail, l’école, les voisins, l’école des enfants, les camarades, les projets de loisirs, de vacances,  - La transmission des valeurs  - Celle des mémoires familiales   • La vie extérieure s’impose dans la maison

b) Abrutissement silencieux de chacun devant l’écran   • Sidération du regard dans le vide à l’écoute de la radio.

c) La famille devient fantomatique   • Pendant que la fiction de l’extérieur prend toute la place   • Et devient la réalité elle-même   • Le foyer contient le monde extérieur  « La télévision a liquidé le peu de vie communautaire et d’atmosphère familiale qui subsistait dans les pays les plus standardisés » (124).

d) Dès que la télévision entre dans le foyer   • Les fantômes triomphent de la réalité

e) La table fut jadis le centre symbolique et concret de la vie de famille   • Elle laisse place à la télévision   • Qui remplace la table comme point de convergence de la famille   • Ce meuble assure d’un point de fuite commun de la famille   • La télévision aspire les personnes dans un monde irréel, fantastique, fantomatique   • Présenté comme réel et concret.

f) La table concentrait regards, conversations, gestes, paroles, mouvements, conversations   • Elle agissait de manière centrifuge   • Les gens étaient assis autour d’elle   • Les uns en face des autres.

g) La télévision : chaises placées face à elles   • Elle interdit la parole et sa libre circulation   • Le côte-à-côte laisse place à la juxtaposition   • La télévision détruit la communauté   • En supprimant la parole entre les membres d’une même famille   • La télévision détruit la possibilité du langage   • Elle atteint notre capacité à l’expression.


10./ UNE VOIX QUI S’IMPOSE

a) Dans la relation avec la radio   • C’est la tierce personne qui importe   • Voix sans visage qui prescrit aux auditeurs « ce qu’ils doivent ressentir et comment ils doivent le ressentir, ce qu’ils doivent faire et comment ils doivent le faire pour se conformer à l’ordre du jour… et de la nuit » (126).   • Celui qui écoute s’occupe de celui qui s’occupe de lui.

b) Même quand les humains se parlent en écoutant la radio   • La voix continue à parler même dans le vide   • Elle donne l’impression qu’elle survivra à tout, même à la mort.

c) La parole cesse d’être ce qui se prononce pour devenir ce qui s’écoute   • Elle devient ce qui se reçoit passivement   • Et non ce qui s’émet activement.

d) Au sens étymologique :   • L’auditeur est un enfant : celui qui ne parle pas.

e) Advient alors une civilisation qui se construit sur la privation du Logos   • Conséquences terribles : « Elle produira un type d’homme qui, parce qu’il ne parle plus lui-même, n’a plus rien à dire ; un type d’homme qui, parce qu’il se contente d’écouter, n’est qu’un serf » (128).

f) La langue devient plus faible, plus pauvre, moins précise, plus grossière   • Son appauvrissement croit   • De même que le téléphone a tué la correspondance privé   • La parole en flux radiodiffusé ou télévisé détruit la capacité à la conversation   • A un usage précis, clair, logique, rigoureux de la langue   • Quand on découvre des correspondances du XIX° siècle   • Elles nous semblent « des chefs d’oeuvre d’attention et de justesse » (128) même si elles émanent de personnes de culture moyenne.

g) La subtilité de l’expression disparaissant   • C’est la subtilité de l’homme qui disparaît   • Sa vie devient plus grossière, plus pauvre, moins subtile.   • Car l’homme produit moins le langage qu’il n’en est un produit.

h) « L’homme est articulé comme lui-même il articule, et se désarticule quand il cesse d’articuler » (128).


BIBLIOGRAPHIE :

• Günther Anders, L'obsolescence de l'homme, Tome 1 & tome 2, Fario

• Günther Anders, Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger, Sens & Tonka

• Philippe Arjakovsky, François Fédier, Hadrien France-Lanord, Dictionnaire Martin Heidegger, Cerf

 


21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 23:03

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

_______________

 

20/ LES QUESTIONS ET LES REPONSES DES AUDITEURS  4/4 - 22.08.2014

 

 

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS  !
_______________________


-

Réactions
  • « Onfray se fait des copains sur France Culture ! » par Alberto, Agora Vox, 22.08.2014

"M.O., répondait donc aux questions des auditeurs et la première arrivait sous la forme d'un missile furtif : « pour vous avoir entendu peut-on en conclure que nous ne sommes ni en démocratie, ni en dictature, mais en « démocrature », …

C'est à partir de cette question que M.O. C'est lancé dans une critique, d'autant plus acide que fondée, du régime sous lequel nous sommes soumis depuis une quarantaine d'années ! 

Tout le monde reçu sa part et ressorti chaudement vêtu pour les temps froids à venir : les présidents et ex-présidents de la République, les politiciens, sénateurs et députés, les journalistes qui tordent l'info, les président de chaînes radio-TV, mais aussi nous, le peuple, le populo-électeur qui se laisse annihiler sans réaction par ce parfum anesthésiant de pseudo démocratie que nous diffusent des médias aux ordres d'une pensée unique établie pour le plus grand profit des grands rapaces. 

Ce thème de la Politique menée à l'encontre des désirs du Peuple maintes fois repris ici par des rédacteurs d'AgoraVox ainsi que dans nombre de commentaires ne les surprendra sans doute pas, mais pourra les conforter d'entendre la voix forte de Michel Onfray, après d'autres comme celle d'Etienne Chouart, par exemple, plaider pour la rédaction d'une nouvelle constitution et l'établissement d'une VIème République.

Noter au passage l'erreur qu'aurait comise le général De Gaulle qui aurait mieux fait d'instituer une constitution de forme « racinienne » prenant en compte la réalité les hommes tels qu'ils sont, plutôt que celle qu'il institua de forme « cornélienne » espérant servir des hommes tels q'ils devraient être."

 

  •  « Michel Onfray; l’homme providencel » par Laurent - minded.fr - 23.08.2014

"Et si il vous arrive par hasard de tomber sur cet article, j’ai une question pour vous. 

Vous n’êtes pas la seule personne de bon sens (j’en ai découvert ici et là sur les ondes radiophoniques) mais je ne doute pas que vous saurez y répondre.

Pour quelle raison lorsque l’on sait ce qu’il faut faire pour améliorer la condition humaine, on ne peut pas la mettre en oeuvre ?

Comment se fédérer par le bas, renverser la démocratie et construire un autre modèle plus juste. Comment faire cela, concrètement?

Pourquoi ne prendriez-vous pas, le destin de la France ?"

 

 

20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 23:49

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

__________________

 

19) « GÜNTHER ANDERS, « SEMEUR DE PANIQUE » » - 21.08.2014

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 

SYNOPSIS    

1./ UN SEMEUR DE PANIQUE

a) Günther Anders (1902-1992)

b) Arendt = totalitarisme, banalité du mal   • D’où : lutte antitotalitaire

c) Jonas = Principe responsabilité, heuristique de la peur   • D’où : principe de précaution.

d) Anders :  L’obsolescence de l’homme    • Volume 1 : Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle (1956)    • Volume 2 : Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle (1980)   • Ecrit entre 1955 et 1979.   • Volume 3 : prévu, mais interrompu par la mort.

 

2./ UN PHILOSOPHE PILLE

a) Guy Debord

b) Sartre :   • Avoue au Tribunal Russell sur le Viêt-Nam (1967) que son premier texte l’a influencé.

c) Gorz a été influencé par Pathologie de la liberté (1946)

d) Deleuze le cite dans Logique du sens   • Publie en 1990 un article marqué par la pensée de Günther Anders sur les sociétés de contrôle

e) Levinas : traduit son premier texte pour une revue française

f) Günther Anders récuse le terme de philosophe   • Se veut « semeur de panique » (92).   • Le dit dans Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?    • Diogène de l’ère post-nucléaire   • Critique : technologie, médias, cinéma, mode, stars, publicité, loisirs, sport, culture de masse, images, société de consommation, radio, télévision    • Et toutes formes de l’aliénation.

 

3./ ENFANCE ET JEUNESSE

a) Günther Siegmund Stern, vrai nom de Günther Anders.   • Famille juive allemande   • Naissance le 12 juillet 1902 à Breslau, aujourd’hui Wrocław en Pologne   • Grand-père juif intégré : publie de gros livres sur l’histoire de l’Allemagne

Guenther-Anders-rauchendb) Parents :   • Clara et Wilhelm Stern, psychologues de l’enfance   • Père : prof d’université   • Auteur de nombreux livres   • Pose les bases de ce qui deviendra le QI   • Psychologie de la petite enfance (1914)   • Co-fondateur de l’université de Hambourg   • Dirige l’institut de psychologie en 1915.   • Parents pas freudiens   • Avec ses deux frères, Günther Anders est un objet d’étude pour ses parents   • La mère tient un journal   • Projet expérimental et non métapsychologique.

c) Pendant la 1ère guerre mondiale (15 ans) :   • Enrôlé de force dans une association paramilitaire scolaire   • Rimogne dans les Ardennes, près de Charleville.   • Sous prétexte de récolter les cultures, les détruisent.   • Voit des soldats blessés, mutilés, handicapés.   • Les soldats allemands humilient la population française.   • A la gare : file d’attente de soldats culs de jatte : « Quand on voit un tel spectacle alors qu’on sort d’une famille paisible, il est tout simplement impossible de ne pas devenir un moraliste » (28).

d) Ses compagnons de chambrée découvrent qu’il est juif.   • Mauvais traitements   • Günther Anders parle de « tortures » : « On m’a fait à l’époque beaucoup des choses qu’on a faites à des centaines de milliers de gens, seize ans plus tard. J’ai été un ‘avant-gardiste de la souffrance’. Pas étonnant que je sois tombé malade et que j’aie atterri à l’hôpital militaire » - Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? (27).

e) A l’hôpital : sympathise avec un garçon français   • Orphelin, fils d’un père franc-tireur abattu par les allemands   • Se parlent en latin   • Scellent un pacte d’amitié dans le sang   • Fondent « Europeam Unitam » (28)   • Peignent une carte de l’Europe en blanc sans frontières   • Vont faire soigner leurs mains entaillées   • Informée du projet, l’infirmière y souscrit.   • « C’est cette expérience qui a fait de moi un moraliste » (29).

f) Années 20 : séminaire d’étude sur Mein Kampf   • Dans sa chambre à Berlin – avec Arendt.

 

4./ FORMATION PHILOSOPHIQUE

a) Entre 19 ans (1921) et 24 ans (1926) suit les cours de Husserl.   • Qui devient son directeur de thèse.   • Sujet : Le rôle de la catégorie de situation dans les énoncés logiques.

b) Longues promenades chaque semaine   • « Pour être franc, c’était le philosophe le moins cultivé en histoire de la philosophie que j’aie jamais rencontré » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?, 21).

c) Conviennent que Günther Anders ne sera pas interrogé sur l’histoire de la philosophie   • Soutenance en 1924 (22 ans)   • Dans son appartement Edmond Husserl l’interroge sur l’histoire de la philosophie  - De Cuse, Fichte   • La femme de Edmond Husserl avait obtenu ceci   • Car la femme de Edmond Husserl convenait qu’il était « un virtuose en analyse phénoménologique » (25).

d) Edmond Husserl demande à Günther Anders qu’il devienne son secrétaire – il refuse

e) 1925 : séminaire de Heidegger (Marbourg) avec Jonas et Arendt   • Sur La Logique de Hegel et la Critique de la raison pure de Kant : « Je me suis trouvé pendant trois, quatre ans, sous l’emprise de son charme démoniaque » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?, 14).

f) 1926 : assistant de Max Scheler.

g) 1927 : premier livre : Sur l’Avoir. Sept chapitres sur l’ontologie de la connaissance,   • Un recueil d’essais phénoménologiques.

 

5./ ANDERS/ARENDT

a) Janvier 1927 : bal costumé à Berlin au Musée d’ethnologie   • Groupe marxiste qui lève des fonds pour coupleharendtandersune revue   • Rencontre Anders / Arendt (en favorite du harem…)   • La bataille des cerises (1975) : « J’ai conquis Hannah Arendt au bal, avec la remarque faite en dansant que l’amour est un acte par lequel on transforme quelque chose d’a posteriori, l’autre rencontré par hasard, en un a priori de sa propre vie – belle formule qui, certes, ne s’est pas confirmée »

b) Le mois suivant, s’installent ensemble   • Elle travaille sur le romantisme allemand   • Il l’aide à effacer l’heideggerianisme dans son style   • Vient dans un studio qu’ils libèrent le jour pour des cours de danse   • Ecrivent des articles en commun   • Cosignent un texte sur Rilke   • Elle dit de lui qu’il est doux et gentil   • 9 mois de concubinage   • Mariage civil.

c) Arendt à Heidegger :   • « Ne m’oublie pas, et n’oublie pas non plus combien je sais en profondeur que notre amour est devenu la bénédiction de ma vie. Ce savoir est inébranlable, aujourd’hui encore où j’ai trouvé une terre natale et une appartenance, loin de mon agitation perpétuelle, auprès d’un homme, dont tu le comprendras peut-être le moins qu’il soit ».   • Un an après le mariage :  - Elle entretient Heidegger de la « continuité de notre – laisse-moi dire je t’en prie  - amour ». - Dans une autre lettre, au même, elle dit ceci :  - « J’étais fermement résolue, en partant de Marbourg, à ne plus jamais aimer un homme, et pourtant je me suis encore mariée ensuite, peu importait avec qui en quelque sorte, sans aimer ».

 

6./ CARRIERE

a) Günther Anders essaie d’obtenir son habilitation avec un travail effectué avec Paul Tillich   • Recherches philosophiques sur les situations musicales.

b) Günther Anders joue du piano et du violon   • De gauche, mais critique du marxisme   • Les philosophes de l’Ecole de Francfort sont marxistes   • Adorno refuse l’habilitation   • Horkheimer souhaitait qu’Adorno n’ait pas de concurrent en esthétique musicale.

c) 1929 : L’étrangeté de l’homme au monde   • Conférence à la Société Kant de Francfort.   • Paraît dans Recherches philosophiques   • Avec pour titre : Pathologie de la liberté.

d) 30 ans plus tard, Sartre que « le texte n’a pas été tout à fait étranger à l’élaboration de son existentialisme » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?, 51).   • Sartre refuse la publication en deux parties dans Les temps modernes de L’obsolescence de l’homme en novembre 1954.

e) Philosophe, poète, romancier, essayiste, musicien, peintre.

 

7./ UNE PHILOSOPHE NOMME « AUTREMENT »

a) Günther Anders cherche du travail   • Brecht lui trouve une place dans un journal de Berlin.

b) Ecrit trop d’articles :   • « Aussi bien les viols d’enfants qu’un colloque sur Hegel ou une nouvelle policière » (36).

c) Le rédacteur en chef le lui reproche   • Reproche aussi le nom juif   • A quoi il répond :   • « Eh bien ! Vous n’avez qu’à m’appeler aussi autrement » - autrement, Anders en allemand,

d) Commence un grand roman antifasciste :   • Les Catacombes de Molussie sous-titré Pédagogie du mensonge.

 

8./ NAZISME ET VIE PARISIENNE

Guenther-Anders-im-Exila) Mars 33, après l’incendie du Reichstag, quitte l’Allemagne pour la France   • La Gestapo avait confisqué le carnet d’adresses de Brecht   • Craignait une descente dans les milieux de la gauche berlinoise

b) Confie la manuscrit de son roman à des amis berlinois   • Dans la cheminée à côté des jambons   • Quand Hannah Arendt lui rapporte son manuscrit à Paris, il dit : « Je me servais du manuscrit comme d’une sauce aromatique, en quelque sorte : je le humais en mangeant ma baguette ».

c) A Paris il habite 3 ans au 65 rue des Saint-Pères   • Il y retrouve son cousin Benjamin   • Côtoie Zweig, Döblin dans les cafés du VI° arrondissement   • Donne une conférence sur Kafka à l’Institut Germanique Rue Racine   • Matière première de Kafka pour et contre   • Exposé sur la peinture des fous en plusieurs séances   • Entre le 11 et le 30 janvier 1934 à la Librairie-galerie de la Pléiade.   • Guide au Musée du Louvre en même temps.

d) Arendt le rejoint à Paris à l’automne   • Assistent au cours de Kojève à l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes)   • Côtoient Koyré,   • Et Wahl qui s’occupe de Recherches Philosophiques   • Dans laquelle Günther Anders publie des recensions   • Levinas y traduit son Une interprétation de l’a posteriori   • Ne côtoie pas Sartre qui fonctionne en meute   • 1936 : Prix de la Nouvelle de l’Emigration pour La marche des affamés   • Gide et Thomas Mann font partie du jury.

e) Juin 1936 quitte Paris pour les Etats-Unis   • Relation dégradées avec Arendt   • Elle défend le sionisme, lui, le marxisme   • Rapports intimes terminés depuis 1933   • Divorce en 1937   • Restent amis   • Même si Arendt s’avère sévère sur Günther Anders dans sa correspondance :  - Égotiste, mégalomane, obsédé par le succès, en dehors de la réalité, aigri…

 

9./ EXIL AMERICAIN

a) New-York   • Puis Los Angeles (Californie) où son père a une chaire de professeur   • Devient répétiteur pour la fille d’un compositeur à succès de Brooklyn   • Ouvrier d’usine   • Plongeur   • Homme de ménage   • Cireur de bottes SS dans un magasin d’accessoires au cinéma à l’Hollywood Custom Palace.   • Ecrit un scénario pour Chaplin – qui ne répond pas

Guenther-Anders-NewYork-1945b) Commence un journal   • Paraîtra sous le titre Journaux de l’exil et du retour   • Dans un chapitre intitulé Préparateurs des cadavres de l’histoire :  - Pense le décor, l’artifice, le faux, le vrai, le faux vrai, le vrai faux, la réalité, la fiction

c) Vit un temps dans la maison de Marcuse à San Diego   • Nombre de thèses de Günther Anders dans L’homme unidimensionnel   • Qui devient un succès planétaire   • Günther Anders en prend ombrage

d) Rencontre Charlotte Zelka, jeune pianiste prodige de 10 ans (28 ans)   • Il l’épouse en 1957,   • Elle le quitte en 1972, rentre aux USA, meurt d’un cancer du poumon en 2001.

e) Séminaire sur le besoin à l’Institut de la Recherche Sociale   • Avec Marcuse, Adorno, Horkheimer, Brecht, Eisler   • Ces philosophes professionnels institutionnels le méprisent   • Il refuse la philosophie institutionnelle, verbeuse, ésotérique, inutilement conceptuelle   • Dans Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? : « Il me semblait qu’écrire des textes sur la philosophie morale que seuls pourraient lire et comprendre des collègues universitaires était dénué de sens, grotesque, voire immoral. Aussi dénué de sens que si un boulanger ne faisait ses petits pains que pour d’autres boulangers » (33).

f) 1942, il travaille à l’Office for War Information   • Quitte très vite : « J’ai rarement provoqué une surprise aussi grande que lorsque j’ai expliqué à mon boss que je n’étais pas venu en Amérique, après avoir fui le fascisme, pour y fabriquer maintenant des brochures américaines fascistes destinées à l’Allemagne » (55).

g) Questionnaire politique fouillé des autorités américaines   • Entre à la New School for Social Research comme simple lecteur    • Cours d’esthétique :  - Sur les lieder de Schubert avec phono dans la salle  - Sur la peinture de Rembrandt   • Certains élèves n’aiment pas ses cours car « ils potassaient le sexe, je veux dire qu’ils s’étaient inscrits en psychanalyse, le vocabulaire freudien leur était familier avant même qu’ils aient murmuré un seul mot d’amour. La première étudiante qui prit la parole après mon interprétation de Rembrandt - elle dut à cet effet retirer son chewing-gum de la bouche et le coller sous son pupitre - me demanda d’un ton plein de reproches pourquoi je n’avais pas parlé du complexe d’OEdipe de Rembrandt. Et lorsque j’abordai Schubert, la même question revint » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ?, 58).   • Si toutes les questions n’avaient qu’une seule réponse aussi simpliste   • Pas besoin de poursuivre le cours…

 

10./ RELATION A HEIDEGGER

a) Au départ, la relation à Heidegger n’est pas hostile   • Printemps 1925   • Pendaison de crémaillère à la hutte dans les bois à 25 kms de Fribourg   • Maison offerte par sa femme à Todtnauberg   • Joute au poirier…   • Anders tient 5 minutes   • Heidegger s’énerve qu’un élève juif, des villes, brun batte ses congénères aryens, blonds, des campagnes   • Le lendemain, tout le monde descend vers Fribourg en courant   • Günther Anders tient la main de madame Heidegger   • Elle lui propose alors d’adhérer au Parti Nazi   • « Regardez-moi donc ! Et vous verrez que je suis de ceux que vous voulez exclure » (Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? 20).   • Anders voit dans cette anecdote « la preuve de l’incroyable manque d’instinct des nationaux-socialistes » (19)…

b) Discussion en 1926 ou 1927   • Echange violent sur l’enracinement, le voyage, le sédentaire, le nomade   • Günther Anders lui reproche d’avoir traité des rapports entre être et temps  - Et non entre être et espace   • Heidegger un exemple de cet enracinement  - N’aimait ni les villes ni les voyages  - N’a jamais quitté sa région natale   • Günther Anders met en avant ses expériences de voyageur : « J’avais la bougeotte à l’époque, je souffrais de n’être toujours qu’ici et pas là-bas. J’ai d’ailleurs pas mal roulé ma bosse à ce moment-là, je me suis embarqué pour l’Angleterre en me faisant passer pour le médecin de bord, j’ai traversé le Sud de la France à pied – bref : je lui faisais le reproche d’avoir laissé de côté chez l’homme sa dimension de nomade, de voyageur, de cosmopolite, de n’avoir en fait représenté l’existence humaine que comme végétale, comme l’existence d’un être qui serait enraciné à un endroit et ne le quitterait pas » (18).

c) 1948 : fait paraître dans une revue universitaire américaine :   • Sur la pseudo concrétude de la philosophie de Heidegger   • Déconstruit la proposition ontologique :  - Heidegger se dit concret, oppose l’Etre aux étants   • Ne pense que le premier, pas les seconds   • L’ontologie congédie l’histoire  - Anders congédie l’ontologie pour réhabiliter l’histoire.

 

11./ APRES-GUERRE

a) Rentre en Europe en 1950   • Non pas l’Allemagne, refuse d’y mettre les pieds   • Mais l’Autriche   • S’installe à Vienne

Guenther-Anders2b) Bloch lui a réservé une chaire de philosophie   • Refuse au prétexte qu’habitué à penser et à philosopher librement, il « était allergique aux expressions stéréotypées de la philosophie scolaire » (61).   • Décline un poste de Professeur à l’Université Libre de Berlin en 1958.

c) Remarié à la viennoise Elisabeth Freundlich,   • Devient publiciste free-lance.   • Travaille pour la radio.   • Avec son épouse, traduisent des pièces de théâtre.

d) Homme libre, il a contre lui :   • Les antisémites parce qu’il est juif,   • Les universitaires parce qu’il n’est pas de leur sérail,   • La droite parce qu’il est de gauche   • La gauche parce qu’il n’est pas marxiste.

e) Dans Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ?  Anders distingue quatre moments dans son existence :   • La guerre 14-18   • L’arrivée de Hitler au pouvoir   • Les camps de concentration   • Hiroshima.

f) Hiroshima radicalise sa pensée   • Mars 1987 dans Une contestation non-violente est-elle suffisante ?   • Publié dans un magazine autrichien Forum   • Répond à un journaliste sur les moyens d’empêcher la disparition de l’humanité : « Si nous voulons assurer la survie de notre génération et celle des générations futures (…), il n’y a pas d’alternative ; il n’y a pas d’autre moyen que d’informer clairement ceux qui persistent à mettre en danger la vie sur terre par leur utilisation de l’atome - peu importe qu’elle soit « guerrière » ou « pacifique » - et continuent à refuser systématiquement tout pourparlers en vue d’y mettre un terme, qu’ils vont désormais tous autant qu’ils sont devoir se considérer comme notre cible. C’est pourquoi je déclare avec douleur mais détermination que nous n’hésiterons pas à tuer les hommes qui, par manque d’imagination ou de coeur, n’hésitent pas à mettre l’humanité en danger et à se rendre ainsi coupables de crimes contre elle » (Günther Anders, Agir pour repousser la fin du monde, 221).

g) Devant la menace :   • Arendt alertait, inquiétait, avertissait, prévenait   • Jonas menaçait, effrayait, angoissait, terrifiait   • Anders invite à tuer…

h) Comment en est-on arrivé là ?

 

12./ UN VOYAGE A AUSCHWITZ

a) D’abord l’expérience de Charleville :   1. Saccage des récoltes françaises   2. Sévices de ses « camarades » parce qu’il est juif   3. Spectacle des culs-de-jatte dans la gare et des mutilations

b) Ensuite l’arrivée d’Hitler au pouvoir   1. Nocivité de Mein Kampf   2. Incendie du Reichstag   3. Persécutions, rafles, pleins pouvoirs à la Gestapo   4. Exil européen puis américain.

c) Enfin : camps de concentration   • Été 66, visite Auschwitz et Wroclaw / Breslau avec son épouse Charlotte Zelka   • « Je viens d’un lieu où en vérité j’étais destiné à mourir, à être tué et transformé en déchet »

d) Médite sur le cas d’Edith Stein   • Jeune juive allemande brillante   • Elève de Husserl et Scheler et du père d’Anders   • Première femme à obtenir une thèse de philosophie en Allemagne :  - Sur le problème de l’empathie, sous la direction de Husserl.   • Ecrit nombre de livres de théologie et de philosophie   • Partie de l’athéisme se convertit au catholicisme en 1921   • Entre au carmel et devient Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix   • Se fait gazer à Auschwitz en 1942   • Jean-Paul II la canonise en octobre 1998.   • Edith Stein avait dit qu’elle mourrait « pour son peuple »   • Elle avait écrit une lettre à Pie XI pour condamner l’idéologie raciale du national-socialisme   • Pie XII qui le remplacera sera très conciliant avec le nazisme – cf. Index.   • Günther Anders conclut que l’assimilationnisme n’était pas la solution.

 

13./ HIROSHIMA

a) Dernier séisme après : 14-18, Hitler, Auschwitz

b) Hiroshima : 6 août 1945   • Nagasaki : 9 août 1945.

Anders-hiroshimac) Dans les années 50, Günther Anders devient membre fondateur du Bureau Antinucléaire International   • 1956 : notoriété avec L’obsolescence de l’homme (54 ans)   • 1957 : dans une revue : Le commandements de l’ère atomique.   • 1958 : refuse encore un poste à l’Université Libre de Berlin-Ouest.   • Août 1958 : représente l’Allemagne au congrès de Tokyo contre l’armement  nucléaire   • Visite Hiroshima et Nagasaki   • 1959 : parution de son Journal de voyage : L’homme sur le pont

d) 1959 : début de sa correspondance avec Claude Eartherly (1918-1978)   • Claude Eartherly vit dans un hôpital psychiatrique   • Pilote de l’avion météo du largage sur Hiroshima  - Représentant de commerce, braqueur, escroc  - Plusieurs fois interné,  - Condamné à plusieurs reprises  - Deux tentatives de suicide  - Meurt en 1978 d’un cancer de la thyroïde…

e) Correspondance entre 1959 et 1961 (71 lettres)   • Titre : « Hors limite » pour la conscience   • Préfacé par Bertrand Russell

f) 1964 : Lettre ouverte au fils d’Eichmann

g) Combat l’oppression au Tiers-Monde   • 1967 : Russell, nonagénaire, fatigué, logicien, pacifiste, libertaire   • Le sollicite pour le Tribunal Russel   • Qui statue sur la responsabilité des Etats-Unis dans la déclaration de guerre au Viêt-Nam   • Et les crimes de guerre

h) 2 mai 1967 : Sartre préside la session à Stockholm   • De Gaulle ayant refusé que ce soit à Paris   • Sartre déclare le gouvernement américain « coupable d’avoir préféré, de préférer encore une politique d’agression et de guerre, visant au génocide total, à une politique de paix ».

i) Günther Anders publie le journal de cette expérience : L’inscription sur le mur.

 

CONCLUSION : LE DERNIER ANDERS

a) Publie beaucoup dans ses dernières années :   1. Des fables, La vue depuis la tour (1968)   2. Une réflexion sur les vols spatiaux dédiée à Ernst Bloch, La Vue depuis la lune (1970) .   3. Un recueil faisant suite à son voyage en Israël : Temps de la fin et fin des temps. Pensées sur la situation atomique (1972)   4. Un récit des années 1933 à 1978 qui remporte le prix de Littérature de l’Académie bavaroise des Beaux-Arts, Humoresques cosmologiques   5. Une défense de la série télévisée Holocauste : Visite dans l’Hadès (1979)   6. Le tome deux de L’obsolescence de l’homme (1980) qui obtient le Prix de la Ville de Vienne.   7. Homme sans monde (1984), (une expression heideggerienne), sur l’art et la littérature   8. Journaux et poésie (1985)   9. Aimer hier, sous-titré Notes pour une histoire du sentiment New-York (1947- 1949)   10. Mariette. Une histoire avant de s’endormir (1987)…

 

Guenther-Ander-mit-Manfred-Bissinger

 

b) Diogène des temps modernes   • Refuse deux fois d’intégrer l’université

c) Accepte des prix littéraires :   • Prix de la Littérature de Résistance de la ville de Omegna en Italie (1962)   • Prix de Littérature de l’Académie bavaroise des Beaux-Arts (1978)   • Prix de l’Etat autrichien pour publications culturelles (1979)   • Prix de la Ville de Vienne (1980)   • Prix Adorno de la ville de Francfort (1983).

d) En refuse d’autres :   • Le Prix Andreas-Gryphius qui rend hommage à un Silésien ayant « mérité du patrimoine culturel est-allemand ».   • Refuse le Doctorat Honoris Causa de l’université de Vienne en 1992.

e) Quitte la communauté Juive de Vienne en 1982   • Quand elle soutient l’entrée de Tsahal au sud Liban.

f) Quitte l’Académie de Berlin qui refuse une lecture des Versets Sataniques de Rushdie

g) Arendt meurt le 4 décembre 1975   • N’était plus son épouse depuis 38 années   • L’avait été 8 années entre 1929 et 1937.   • Avait épousé Blücher (1899-1970) en secondes noces   • Blücher laisse veuve Arendt 5 années.

h) Günther Anders a été marié trois fois   • La dernière avec une jeune femme de 18 ans sa cadette.

i) A l’annonce de la mort d’Arendt   • Prend le deuil comme s’il était resté son mari   • Jonas souligne le fait dans ses Souvenirs.   • Günther Anders survit 17 ans à Arendt

j) Meurt à Vienne le 17 décembre 1992 (90 ans)   • Des suites d’un cancer.

 

BIBLIOGRAPHIE :

• Günther Anders, Journaux de l'exil et du retour, Fage

• Günther Anders, Aimer hier, Fage

• Günther Anders, Et si je suis désespéré, que voulez vous que j'y fasse ? Allia

• Günther Anders, La bataille des cerises, dialogues avec Hannah Arendt, Rivages

• Daglind Sonolet, Günther Anders : phénoménologue de la technique, Presses

universitaires de Bordeaux.

 

 

 

Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

La publicité, peut-on y échapper ?

 

Je lave mon cerveau avec la pub  

 pub-2

La pub nous a été imposée par OverBlog. Pour désactiver les messages publicitaires ici et partout sur le Net, installez gratuitement en un seul clic Adblock Plus.


Recherche

Archives

Nos vidéos