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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 23:40

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

__________________

 

18) « UNE BIOETHIQUE CREATIONNISTE » - 20.08.2014

 

 

 

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SYNOPSIS 

 

1./ PENSER A CONTRE-COURANT

head-jonas-dessina) Jonas n’aime pas son époque :   • Trop faustienne, aventureuse, révolutionnaire, libertaire   • N’aime pas les grèves, la permissivité, la société des loisirs, la fin de l’autorité   • La revendication des droits contre le respect des lois.

b) Critique la fin du travail   • Et l’avènement du Violon d’Ingres pour chacun   • Le travail donne un sens à la vie   • Le loisir générera l’oisiveté   • Qui générera drogue, alcool, jeu, « frivolité sexuelle » (275)   • Excentricité, libertinage, excès   • Voire « éventuellement de la démence collective ».

c) Place l’intérêt général avant l’intérêt particulier.

d) Rétif aux potentialités bioéthiques   • Contre l’usage privé de la contraception, de la stérilisation, de l’avortement   • Contre les PMA en dehors du cadre familialiste, juridique, médical   • Contre toute expérimentation sur du vivant   • Contre les OGM   • Contre le clonage   • Contre les thérapies géniques   • Contre les greffes animales   • Contre l’acharnement thérapeutique   • Contre l’euthanasie   • Sur les positions d’un catholique conservateur.


2./ UNE ETHIQUE UTILITARISTE

a) L’art médical et la responsabilité humaine (1985).   • La technique est un pouvoir qui peut être mal utilisé :  - D’où la nécessité d’une éthique.

jonas - l'art médical...b) La technique n’est pas condamnée en tant que telle   • Mais relativement à ses usages.

c) Bons et mauvais usages de la contraception ou de l’avortement

d) Non à ce qui met en péril l’être et la durée de ce qui est   • Viser la vie et la survie de la planète

e) La technique :   • Dangereuse par ses succès, pas par ses échecs   • Grisé par ce qu’on obtient et qui réussit   • On en veut toujours plus   • Elle repousse les limites sur un terrain inconnu   • La technique veut le bien   • Mais à la longue échéance elle peut faire le mal   • Notre génération ne se soucie pas des générations futures   • Or elle influence l’être, le devenir, l’avenir de milliards de personnes dans les siècles à venir.


3./ ROMPRE AVEC L’ANTHROPOCENTRISME

a) L’homme n’est plus le centre ontologique et métaphysique du monde   • N’est pas la fin de toute chose à soi seul.

b) Jadis l’éthique concernait l’individu sans la biosphère   • Aujourd’hui : la biosphère avec l’homme   • Ce que peut l’homme contre l’homme atteint des sommets inédits   • Or pouvoir n’est pas devoir   • Nous ne devons que ce qui respecte l’être de la biosphère   • Utilitariste conséquentialiste.

c) Les engrais : bons ou mauvais ?   • Bons disait-on jadis :  - Augmentent les rendements de la production agricole  - Sur une planète surpeuplée  - La nature peut donc nourrir tout le monde   • Mauvais :  - Destruction des sous-sols  - Pollution des nappes phréatiques  - Ravage de la faune, de la flore  - Dévastation de l’équilibre écologique  - Ce qui visait un bien ponctuel et immédiat  - S’avère un mal considérable et durable.


4./ RUSE DE LA RAISON TECHNOLOGIQUE

a) La technique a permis :   • Recul de la mort   • maladies moins vite mortelles   • Augmentation de la durée de vie.

b) Conséquences :   • Augmentation de la population planétaire   • D’où exploitation de la planète    « Il est impensable, au plan éthique, que la technique biomédicale renonce à réduire la mortalité infantile dans les pays « sous-développés », qui ont des taux de natalité élevés, même si la misère due à la surpopulation pouvait être encore plus effrayante » (30).

c) Il faut soumettre la technique à un contrôle extra-technologique   • Ce qui est techniquement faisable est-il moralement possible ?   • Le philosophe doit contrôler.


5./ NAITRE OU NE PAS NAITRE ?

a) Le médecin doit considérer :   • La santé de son patient :  - Prévention, soin, guérison   • L’intérêt général et bien public :  - Communauté et collectivité

b) Avortement, stérilisation, contraception :   • Non pas restaurer une santé perdue  « La fécondité, la grossesse, la reproduction ne sont vraiment pas des maladies ; pourtant ils peuvent devenir des malheurs aussi bien privés que publics » (51).

c) Penser ces possibilités en regard de la collectivité.


A/. LA STERILISATION CHIRURGICALE

• Contredit le serment d’Hippocrate :   • Devoir de ne pas nuire   • Défendable « dans le cas limite d’une population en état d’extrême détresse et en aucun cas pour satisfaire une demande privée » (53).   • Non à la ligature des trompes et à la vasectomie   • Sauf dans des pays pauvres.


B/. L’AVORTEMENT

a) Parle de « foeticide »   • S’inscrit dans la perspective homicide, infanticide    « Caedere » = Crime   • Renvoie à « la responsabilité (qui) existe déjà pour la vie en germe » (54)

b) Avortement légitime :   • En cas d’enfant lourdement handicapé   • La mère ne décide pas   • Mais les médecins qui prennent en compte l’intérêt du foetus.


C/. LA CONTRACEPTION

a) « Même contre la « pilule » dont on peut dire que le médecin n’a qu’à veiller à son innocuité médicale, son utilisation étant pour le reste une affaire privée, même contre elle la responsabilité humaine peut objecter que son administration indifférenciée favorise le libertinage sexuel dans une société de toute façon hédoniste, et détache la sexualité de la reproduction et de l’amour » (54).   • Pas de contraception en cas de sexualité libre hors mariage, sentiment, famille et procréation

b) Refuser la contraception dans les pays riches   • L’imposer dans les pays pauvres.


D/. PMA, FECONDATION IN VITRO, TRANSFERT D’EMBRYON, TRI FOETAL, CLONAGE, THERAPIE GENIQUE

a) Aborde chacun de ces problèmes dans :    Biotechnologie. Une vision anticipatrice.

b) Exercices concrets d’heuristique de la peur.


E/. EUGENISME

a) L’eugénisme négatif, préventif :   • Eviter une maladie – diabète, hémophilie, épilepsie, schizophrénie   • Un « eugénisme préventif de la pitié » (199)

b) Le diabétique doit déjà sa vie à la technologie de l’insuline   • Doit déjà sa vie à la société   • Ne devrait-il pas renoncer de lui-même à procréer ?   • Dans l’intérêt de l’espèce    « Ceci est éthiquement correct au niveau individuel » (198).

c) L’épilepsie :   • Se priver de Dostoïevski ?    « Dans le fond, on ne devrait révéler le résultat du diagnostic prénatal en passant outre la force négative que dans le cas les plus extrêmes et les mieux compris seulement » (203).   • Les médecins taisent ce qui est bénin et disent ce que peuvent entendre les parents.

d) « L’eugénisme positif ou mélioriste » (203)   • Parle d’animaux dans les haras, de sélection des races   • Des humains : banque de sperme, d’ovules, insémination artificielle    « Que le diabète, l’épilepsie, la schizophrénie, l’hémophilie soient indésirables, pour ceux qui sont touchés comme pour leurs proches, ce n’est pas sujet à controverse. Mais ce qui est « mieux » - une tête froide ou un coeur chaleureux, une grande sensibilité ou une grande robustesse, un tempérament placide ou rebelle, et dans quelle proportion plutôt qu’une autre : qui doit déterminer cela, et en fonction de quelle connaissance ? La seule prétention à un tel savoir devrait être une raison suffisante pour disqualifier celui qui y prétend » (204).

e) Les gênes du coeur chaleureux ?

f) Récuse cet eugénisme :   • Appauvrit le stock génétique   • Met en péril la diversité prolixe de la nature.


F/. LE CLONAGE

a) Il pallie « la loterie de la reproduction bisexuelle avec ses risques imprévisibles de croisement entre séquences homologues et de recombinaison – ce qui garantit qu’il n’y ait pas deux individus semblables » (206).

b) Clonage duplication du Même ?

c) La personne clonée devrait « revivre une existence préalablement remplie » (212).   • Un individu cloné souffrirait « de l’antériorité d’un aîné qui a pourtant déjà démontré les potentialités de son être (tout au moins certaines d’entre elles) et a, de ce fait, anticipé leur authenticité pour lui » (213).    « C’est l’archétype du donneur connu qui lui dictera ses espérances, ses prédictions, ses espoirs et ses peurs, ses projets, ses comparaisons, ses critères de succès et d’échec, d’épanouissement de soi et de déception, pour tous ceux qui sont « au courant » - à la fois le clone et les témoins » (215).

d) Dans Puissance ou impuissance de la subjectivité (1981) :   • Jonas affirmait que nous sommes libres et responsables   • L’individu cloné ne le serait plus ?   • Il ne se déterminerait :  - Non pas dans la différenciation existentielle  - Mais dans la duplication existentielle ?   • Nous serions moins le produit de la liberté   • Que celui de nos gênes ?

e) « Peu importe (sic) que la réplication du génotype entraîne réellement (sic) la répétition du déroulement d’une vie : ce qui compte, c’est que le donneur a été choisi avec une telle idée, et que cette idée est tyrannique quant à ses effets » (215).   • Peu importe le réel   • Jonas postule que le clonage est mauvais   • Car « spolier délibérément un être humain en devenir de cette liberté est un crime inexpiable qui ne doit pas une seule fois être commis » (216).


G/. LE « CLONAGE THERAPEUTIQUE » ET « LA THERAPIE GENIQUE »

a) Une machine à fabriquer des monstres   • A produire des chimères qui supprimeront la nature humaine

b) Dans L’art médical et la responsabilité humaine   • Jonas oppose « la sagesse de la nature » (69) à « l’arrogance créatrice » (75).   • Sagesse de la nature ?  - Maladie, souffrance, douleur, cancer, mort d’enfant, épidémie, pandémie   • Arrogance créatrice ?  - Hygiène, asepsie, antisepsie, aspirine, pénicilline, transplantations, chirurgie ?

c) Jonas veut « dresser de nouveaux tabous » (76)   • Il souhaite « la crainte du sacré » (76).


H/. LE VIEILLISSEMENT

a) Faut-il travailler à « étendre la vie en général au-delà de la mesure naturelle » ? (59).   • Non   • Ni accélérer ce que veut la nature quand elle a décidé de la mort d’un être   • Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie   • Deux modalités de « l’arrogance créatrice » (75).

b) La médecine peut :   • Remplacer des organes usés   • Greffer des tissus congelés pour remplacer les parties affectées par l’âge   • Ralentir le processus biologique de vieillissement.

c) le doit-elle ?   • Non   • On vieillirait la population   • On empêcherait le surgissement de la jeunesse   • On amoindrirait la vitalité de l’espèce   • On causerait des dommages irréparables à l’humanité.

d) La mort est un processus naturel pour que la vie fasse oeuvre de régénération.


I/. MOURIR

jonas-le-droit-de-mourrir.gifa) Aborde la question de l’euthanasie dans :    Le droit de mourir (1978)   • Dans La compassion à elle seule ne fonde aucune éthique. Euthanasie et éthique (1989).

b) Difficulté à penser cette question en Allemagne   • Place la question de l’euthanasie en relation avec Mengele dans les camps…

c) Nouveauté du droit à mourir :   • Jadis on mourait plus tôt    « Il constitue éventuellement, dans des cas extrêmes, une forme d’intervention justifiée, mais que je déconseillerais de façon pressante » (Une éthique pour la nature, 99).

d) Dans des cas irréversibles « laisser mourir » (101)   • Eviter l’acharnement thérapeutique   • Débrancher des machines lourdes.

e) Dans d’autres cas, non    « La décision de mort ne doit pas échoir au médecin, en tout cas on ne doit jamais lui en reconnaître le droit car cela mettrait en danger le rôle du médecin dans la société, et risquerait peut-être de l’anéantir (…). Un patient ne doit jamais devoir soupçonner que son médecin risque de devenir son bourreau » (101).   • Qui le pourrait, alors ?     « L’époux ou l’épouse aimante qui connaît les souffrances de son conjoint peut éventuellement abréger ses souffrances au risque d’une peine d’emprisonnement. Mais on ne peut mettre en place aucune norme à ce sujet. Je dis simplement qu’il s’agit là d’une possibilité offerte à l’amour et à la capacité de décision ainsi qu’à la bonne volonté de ces personnes. Mais c’est impossible à codifier » (101).   • Autrement dit : pas de loi sur l’euthanasie.   • Renvoyer « aux décisions solitaires de l’amour » (117).


CONCLUSION

UNE PENSEE JUIVE POST-NAZIE

a) Six mois avant Mai 68 : s’affirme créationniste    Dieu a créé le monde   • La science a détruit cette idée et laissé l’homme sans repères.

b) Le judaïsme peut nous sauver :   • « Le judaïsme doit assurément prendre position ici et ce faisant, il ne doit pas être effrayé de contester quelques unes des chères croyances de la modernité. Je vais donc me risquer à faire quelques commentaires juifs sur la situation de l’éthique contemporaine » (233).   • « Porter attention à notre tradition est une prescription juive nous orientant pas uniquement vers la sagesse humaine que nous pouvons y recueillir mais aussi vers la voix de la révélation que nous pouvons entendre à travers elle. Au moins, la modestie d’une telle écoute – une modestie largement justifiée par notre impuissance face aux fruits et aux usages de nos pouvoirs acquis - peut nous prémunir d’écarter imprudemment les opinions bibliques apparemment (sic) archaïques comme étant de la simple mythologie qui relève de l’enfance de l’homme et a été abandonnée lors de notre accession à la maturité » (236).

c) Hans Jonas invite à écouter « la voix de la révélation » (236).   •  L’Histoire n’a pas confirmé cette voie.


BIBLIOGRAPHIE :

• Hans Jonas,  - Le droit de mourir, Rivages poche  - Evolution et liberté, Rivages  - L'art médical et la responsabilité humaine, Cerf  - Entre le néant et l'éternité, Belin  - Puissance ou impuissance de la subjectivité ? Cerf  - Le phénomène de la vie, De Boeck  - Essais philosophiques. Du credo ancien à l'homme technologique, Vrin

• Michel Onfray, Féeries anatomiques, Grasset


18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 23:40

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »


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17) « UNE TYRANNIE BIENVEILLANTE » - 19.08.2014

 

 

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SYNOPSIS 

1./ LA PEUR ET LE CONSERVATEUR

hans jonasa) Avenir de l’homme et de la planète compromis.

b) Heuristique de la peur :   • Contre l’euthanasie :  - Prétention de la société à libérer un individu de sa souffrance = Société qui se libère et se soulage contre la personne malade.   • Les drogues utilisées pour contrôler les comportements ?  - Celui des écoliers dispensés ainsi de motivation individuelle.   • Domination psychique  - Par interventions sur les cerveaux avec électrodes ou chimie.   • Pacification des êtres  - Avec les mêmes méthodes.   • Production artificielle du bonheur ou du plaisir   • Optimisation des performances individuelles  - Intérêt des patrons pour rentabiliser le travail des ouvriers.

c) D’où « la suprême obligation de la conservation » (58).


2./ LA RESPONSABILITE CONTRE L’ESPERANCE

a) S’affirme « post-marxiste » (176).  Son rapport au marxisme :   • Critique :  - L’eschatologie  - La religion du progrès  - Le positivisme  - Le messianisme.   • Positif :  - Vertus de la dictature  - Seule capable de faire passer les mesures nécessaires.  - Frugalité et austérité.

b) Aristotélicien ou kantien sur le terrain éthique   • Machiavélien sur le terrain politique   • Assume la référence au Prince.


3./ CRITIQUE DU MARXISME

a) Le principe responsabilité (1979)   • Une réponse au Principe espérance (de 1954 à 1959) d’Ernst Bloch.

jonas-le_principe_responsabilite_.jpgb) Bloch : marxiste hétérodoxe   • Critique certaines thèses du bolchevisme   • Mais à partir de Hegel et de Marx.

c) L’esprit de l’utopie écrit entre 1915 et 1917.   • Remanié profondément en 1923.   • Critique l’existentialisme, le nihilisme, le rationalisme capitaliste   • Au nom d’un socialisme de type messianique.

d) Le principe espérance :   • Un genre d’encyclopédie philosophique baroque   • Volontairement décousue   • Dionysiaque   • Réactive l’utopie non comme impossibilité idéale définitive   • Mais comme le « non encore advenu » architectonique   • Principe actif et non théorétique   • Fournit un modèle à l’action   • L’espérance rend possible un monde meilleur.

e) Examine les utopies :   • Médicales, architecturales, sociales, techniques, géographiques, la peinture, l’opéra, la littérature, la philosophie, la musique, les religions.   • Marx : « la substance de l’espérance ».

f) Jonas est sévère avec Bloch :   • Son adversaire privilégié, sinon son ennemi intime.   • L’utopie : le risque majeur   • Bloch : « l’utopiste par excellence » (238).

g) S’emporte contre Bloch qui méprise le réformisme   • Et continue à laisser les gens mourir de faim   • Alors que la révolution permettrait l’abondance pour tous.

h) Fustige sa défense de l’engrais   • Pour solliciter la nature   • Et produire massivement   • Afin d’abolir la faim sur la planète.

i) Critique la fin de la séparation travail intellectuel / travail manuel.

j) Jonas ne cite pratiquement pas Bloch   • Mais le critique partout   • Notes en bas de page  « Ainsi vaut loi jusqu’à aujourd’hui que le marxisme, progressiste dès l’origine, né sous le signe du principe espérance et non sous celui du principe crainte est en fait non moins inféodé à l’idéal baconien que son antagonisme capitaliste, dont il est ici le concurrent : le rattraper et pour finir le dépasser dans ses fruits, récoltés grâce à la technique, était partout la loi qui commandait la volonté de sa réalisation. Bref, le marxisme est, d’après son origine, l’héritier de la révolution baconienne et il se comprend lui-même comme son exécuteur testamentaire prédestiné, meilleur (c’est-à- dire plus efficace) que ne le fut le capitalisme » (197).   • Bacon, Marx, Bloch, mêmes combats…


4./ CONTRE « L’UTOPISME »

a) Danger de l’utopie marxiste   • La technique ne peut réaliser le bonheur des hommes sur terre   • Avec une société d’abondance.

b) Utopisme : religion de l’espérance qui fait fi des hommes et de la nature.   • L’URSS ne croit pas au marxisme ontologiquement rousseauiste   • Changer la société ne change pas l’homme   • La preuve la fin du capitalisme en URSS n’a pas aboli les vices    « L’Etat socialiste lui-même n’y croit pas non plus, comme le montre la solidité de son système policier et de son système d’indicateurs » (216).   • Les vices ne sont pas des produits de la culture mais de la nature   • L’homme nouveau n’a pas eu lieu – un demi-siècle plus tard.

c) Le coût de l’utopie ?   • Les camps de rééducation   • Le Goulag   • Les famines organisées   • Les exécutions sommaires   • Les déportations   • La militarisation de la société   • La destruction de la vie privée   • La généralisation du totalitarisme   • La politique de la terreur   • Le contrôle policier étendu à tous les secteurs de la vie   • La pénurie alimentaire   • La destruction de la nature.

d) Les lois de l’histoire présentées par Marx sont fausses   • L’utopie tue les hommes et la planète.


5./ MARXISTE POUR LA FORME

a) Jonas n’est pas marxiste quand il considère les fins :   • Eschatologie,   • Messianisme,   • Société sans classe,   • Homme nouveau,   • Fin de l’exploitation,   • Réalisation du communisme.

b) Il l’est sur les moyens :   • Gouvernement fort   • Autorité   • Discipline   • Ordre   • Frugalité.

c) N’est pas contre le marxisme   • S’il s’affranchit de l’utopisme   • Il veut bien du marxisme, « à condition de réinterpréter son rôle, de celui qui apporte le salut en celui qui empêche le malheur, donc en renonçant à son souffle vital, l’utopie. Ce serait-là un « marxisme » très différent, devenu presque méconnaissable, jusque dans le principe de son organisation externe. L’idéal qui l’animait serait perdu (nous ne savons pas si la douleur de la perte serait salutaire ou non). La société sans classes n’occuperait plus alors la place de l’accomplissement d’un rêve de l’humanité, mais très prosaïquement celle d’une condition de conservation de l’humanité dans une époque de crise imminente » (197).

d) Est-ce encore le marxisme ?   • Jonas parle d’un « marxisme méconnaissable »

e) Est-ce le « post-marxisme » ?    « Peut-être un terme qui paraît encore audacieux et que beaucoup n’aiment certainement pas entendre » (176).   • Remplace la croyance dommageable à l’utopisme marxiste   • Par une foi dans le caractère martial efficace de la doctrine.


6./ ELOGE DE L’URSS

a) La fin écologiste justifie les moyens qui contreviennent aux droits de l’homme

b) Critique les gouvernements représentatifs   • Met en cause des principes et ses procédures ordinaires face au salut de la planète   • Les acteurs de cette démocratie sont dans l’ici et maintenant   • Ne se soucient que de leurs électeurs et de leurs réélections   • Impossibilité de faire primer l’intérêt général des générations futures  « L’avenir n’est représenté par aucun groupement, il n’est pas une force qu’on puisse jeter dans la balance. Ce qui n’existe pas n’a pas de lobby et ceux qui ne sont pas encore nés sont sans pouvoir : c’est pourquoi les comptes qu’on leur doit ne sont pas encore adossés à une réalité politique dans le processus actuel de décision et quand ils peuvent les réclamer nous, les responsables, nous ne sommes plus là » (44).   • Une éthique est nécessaire pour le futur   • Jonas écrit en 1979 (L’archipel du goulag est paru) :    « Puisque la tyrannie communiste existe déjà et qu’elle fournit pour ainsi dire une première, et pour l’heure une unique proposition, nous pouvons dire que du point de vue de la technique du pouvoir elle paraît être mieux capable de réaliser nos buts inconfortables que les possibilités qu’offre le complexe capitaliste-démocratique- libéral » (200).   • Mieux vaut Brejnev qu’Helmut Schmidt…


7./ DISCIPLINE, ASCESE, RENONCEMENT

a) Eloge de l’URSS qui peut prendre de bonnes décisions impopulaires   • Quoi qu’en pensent les citoyens

b) Contre l’électoralisme   • Et les débats qui n’en finissent pas dans des synthèses improbables .

c) Avantage du marxisme :   • Il a déjà formaté les masses à l’ascèse nécessaire   • Endurer les peines au présent au nom d’un avenir   • Nécessité de sacrifier la génération présente pour le bonheur de la génération à venir.

d) L’URSS promeut l’esprit de sacrifice   • Vante les mérites de la frugalité   • De la restriction.

e) le capitalisme vante les mérites de la jouissance immédiate   • De l’égoïsme immoral   • De la dépense sans conscience   • De la vie dans l’abondance    « Des traits ascétiques sont domiciliés dans la discipline socialiste per se : cela pourrait devenir de la plus haute utilité dans l’époque d’exigences et de renoncements âpres qui nous attend » (201).

f) Jonas invite à un programme drastique :   • Baisser son niveau de vie,   • Consommer moins,   • Répartir autrement les richesses de la planète,   • Réduire son confort,   • Travailler à la promotion de l’agrément des peuples les plus défavorisés   • Produire moins   • Imposer l’ascèse   • Renoncer à la prospérité   • Faire une croix sur l’abondance comme finalité   • Abolir l’hédonisme consumériste   • En finir avec l’égoïsme des sociétés industrialisées   • Sauver la planète qui ne pourra tenir longtemps si son exploitation continue ainsi.

g) Il s’agit d’obtenir « l’automodération de l’humanité » (202).  « Dans le cas du communisme un complot au sommet en vue du bien, une fois qu’il s’y serait établi, aurait pour lui toute la puissance de l’absolutisme et en plus celle, psychologique, de l’idéal prétexté » (203).

h) Utiliser une dictature pour lui faire réaliser le bien   • C’est croire qu’on peut réaliser un bon idéal avec des moyens mauvais   • Danger d’avoir le mauvais moyen et de ne pas réaliser les bonnes fins.


8./ L’IMPERATIF ECOLOGIQUE

a) Kantien dans le fond, machiavélien sur la forme

b) Les impératifs catégoriques de Jonas :   1. « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre ».   2. « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie ».   3. « Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur terre ».   4. « Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir » (30).

c) Se démarque de l’impératif catégorique kantien   • Qui n’interdisait pas qu’on veuille sa propre destruction :  - Rien, chez Kant, n’empêche qu’un homme qui préférerait « un bref feu d’artifice d’extrême accomplissement de soi-même à l’ennui d’une continuation indéfinie dans la médiocrité » (31) puisse vouloir la négativité.

d) Avec Jonas on peut risquer sa vie, mais pas celle de la planète   • Obligation à l’endroit de ce qui n’existe pas encore   • Cette éthique s’adresse moins à l’individu privé   • Qu’aux politiques publiques


9./ ETRE MORAL AVEC MACHIAVEL

a) Comment obtenir le consensus avec des gens à qui on propose le sacrifice ?   • Mettre au voix un programme d’ascèse et de frugalité ?

b) Jonas propose « une tyrannie bienveillante » (200).   • Insoucieuse des catégories droite / gauche   • L’idéologie ne doit plus faire la loi   • Que faire pour sauver la planète ?

c) « Là, un nouveau Machiavel pourrait devenir nécessaire, mais qui devrait exposer sa doctrine de manière rigoureusement ésotérique » (203).   • L’idéal ?   • Une conscience qui assumerait le fardeau de l’impératif écologique

d) « La République de Platon est déjà un bon antidote contre les naïvetés libérales en matière de véracité publique » (203).   • Platon :  - Mépris de la démocratie  - Eloge de l’aristocratie  - Justice = inégalité  - Eloge du mensonge  - Philosophe-roi.

e) Jonas critique les grèves : prise d’otage

f) « Si, comme nous le pensons, seule une élite peut éthiquement et intellectuellement assumer la responsabilité pour l’avenir que nous avons indiqué, comment une telle élite est-elle produite et comment est-elle dotée du pouvoir de l’exercer ? » (200).   • Pas de réponse.


10./ LE DERNIER JONAS

jonas-ethique-pour-la-nature.jpga) Revient sur ces questions dans des entretiens :    Une éthique pour la nature   • Constate que la situation a empiré   • La conscientisation a progressé.

b) Mais l’état de la planète est déplorable   • Capitalisme et marxisme co-responsables   • Rien n’a été fait pour enrayer l’issue fatale.

c) Planète surpeuplée   • Espèces condamnées à mort   • Beaucoup ont été détruites.

d) Le capitalisme et le marxisme ne s’amenderont pas   • L’action individuelle ne suffit pas   • Une élite éclairée ne parviendra jamais au pouvoir   • L’électoralisme triomphe.

e) Au Spiegel, mai 1992 :    « J’ai le sentiment que la démocratie, telle qu’elle fonctionne actuellement – et orientée comme elle l’est à court terme -, n’est effectivement pas la forme de gouvernement qui convient à long terme » (29).   • Il croit désormais à un « socialisme désenchanté » (133)   • Et au pouvoir des conventions internationales.

f) Estime qu’il y a beaucoup de professeurs de philosophie   • Mais peu de philosophes   • Souhaite qu’on consulte les philosophes en matière de politique.


CONCLUSION

a) En 1980, le chancelier Helmut Schmidt dit qu’il lira Le Principe responsabilité en vacances   • Les socio-démocrates s’emparent de ce livre   • Au Parlement, enjeu de débats :  - Exégèse du texte dans l’enceinte parlementaire  - Interprétations contradictoires.

b) Evolution vers le principe de précaution   • Il apparaît au sommet de Rio en 1992   • Puis la même année dans le Traité de Maastricht   • Puis dans des textes juridiques internationaux.

c) Les vielles démocraties y souscrivent   • Les pays insoucieux des droits de l’homme s’en moquent   • Juridiction que veulent imposer d’anciens pays riches repus   • A des pays de nouveaux riches qui veulent consommer

d) L’heuristique de la peur n’était pas la bonne solution…


BIBLIOGRAPHIE :

• Hans Jonas, Une éthique pour la nature, Desclée de Brouwer

• Ernst Bloch, Le principe espérance, tomes I, II & III, Gallimard

• Ernst Bloch, L’esprit de l’utopie, Gallimard

• Arno Münster, L’utopie concrète d’Ernst Bloch, Kimé

 

 


 

17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 23:54

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

__________________

16) « UNE PENSEE CONSERVATRICE » - 18.08.2014

 

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !


SYNOPSIS

AVT Hans-Jonas 57031./ UNE PENSEE SOUS LE SIGNE DE DIEU

a) Lignage des Prophètes, du gnosticisme, du Judaïsme   • Dit dans Le principe responsabilité que Dieu a créé le monde

b) Dans Souvenirs :   1. Dit avoir perdu la foi en un Dieu personnel  • Créateur du ciel et de la terre  • Qui ouvre la mer en deux  • Tonne sur le Sinaï   2. Mais a foi dans la Bible  • Et croit en Dieu.   3. Sioniste :  • Il croit en « l’Alliance entre Dieu et Israël » (258).

c) Conversation avec Hannah Arendt :   • Et une catholique venue de Rome qui lui demande :  « Croyez vous en Dieu ? ».   • Jonas : « On ne m’avait jamais posé la question de manière aussi directe – et cela venant d’une presque étrangère ! Je la considérai d’abord perplexe, je réfléchis puis dis – à ma propre surprise : « Oui ! » Hannah sursauta – je me souviens encore de son regard presque épouvanté sur moi. « Vraiment ? » Et je répliquais : « Oui. Finalement oui. Quel qu’en soit le sens, la réponse « oui » se rapproche plus de la vérité que le « non » ». Peu de temps après, je me trouvais seul avec Hannah. La conversation revint sur dieu et elle déclara : « Je n’ai jamais douté d’un dieu personnel ». Sur quoi je répondis : « Mais, Hannah, je ne le savais pas du tout ! Et je ne comprends pas pourquoi, l’autre soir, tu as eu l’air tellement stupéfaite ». Elle répondit : « J’étais très ébranlée d’entendre tout cela de ta bouche, car je ne l’aurais jamais pensé ». Ainsi nous nous étions surpris l’un l’autre par cet aveu » (259).

h.jonas-Concept-de-Dieu-après-Auschwitzd) Réception du Prix Leopold Ducas, 1984 : Conférence intitulée Le Concept de Dieu après Auschwitz :   • Face au silence de Dieu devant la souffrance de son peuple,   • Jonas demande : « Quel Dieu a pu laisser faire ça ? » (13).   • Propose une nouvelle définition de Dieu.

e) Sa mère morte à Auschwitz :   • Veut répondre au cri lancé vers Dieu des victimes de la Shoah   • Et resté sans réponse   • Propose « un morceau de théologie vraiment spéculative » (8).   • Si aucune preuve de l’existence de Dieu n’a jamais convaincu personne   • On peut proposer une réflexion sur le concept de Dieu.   • Pas besoin qu’il soit, ou qu’on y croie, pour le penser.   • Le chrétien dispose d’une réponse à la question du mal   • Péché originel, diable, etc   • Mais pour un Juif ?   • L’ici-bas immanent est le lieu de la création, de la justice, de la rédemption   • Dieu est le Seigneur de l’histoire ici et maintenant   • Pourquoi a-t-il laissé faire ?


2./ QUI EST DIEU ?

a) Répond à cette question par un mythe de son invention.   • Même s’il inscrit sa thèse dans « l’idée du Tsimtsoum, ce concept cosmogonique central de la cabale lurianique » (37)   • Une tradition du XVI° issue de la pensée du rabbin cabaliste Isaac Luria.

b) Jonas :   • Dieu pratique un retrait afin de rendre possible l’être des hommes   • … qui, en retour, rend possible l’être de Dieu.   • Dieu se retire   • Il laisse toute la place aux hommes   • Afin qu’ils préparent son avènement.    « Dès lors, Dieu n’est pour rien dans Auschwitz »   • Les hommes y sont pour tout   • … et retardent l’avènement de Dieu.

c) Dieu des philosophes / Dieu d’Abraham 

 • Dieu singulier de Jonas   • Opposé au Dieu du judaïsme institutionnel…   • Son dieu est souffrant   • Contre le Dieu impassible en majesté divine   • Dès la Création des hommes   • Il est affecté par ce qu’ils font   • Il devient ce que les hommes le font être   • Dieu n’a pas créé les hommes   • Mais les hommes créent Dieu dans le temps   • En le rappelant de son retrait   • Pour qu’il advienne et soit

• Son Dieu est en devenir :   a. Il ne crée pas le monde,  - Ni le temps à partir de l’éternité dans laquelle il serait  - Mais il surgit dans le temps  - Et se constitue avec lui.   b. Dieu n’est pas semblable à lui-même de toute éternité  - Avec lui, l’éternel se temporalise  - Dieu reçoit du monde l’expérience qui le constitue  - Dieu a moins créé le monde que le monde ne le crée sans cesse : « Son être (…) est influencé par ce qui s’y déroule » (24).  - Dieu devient ; son être est devenir.  - Il n’est pas celui qui est ; mais celui qui devient.  - Devenir est son être.

• Son Dieu est soucieux :  - Ne se soucie pas de ses créatures sur le mode de la Providence  - Il ne veut pas pour elles : o Dieu est voulu par ses créatures o Et modifié par leur devenir.  - Il ne peut vouloir Auschwitz  - Mais Auschwitz le veut d’une certaine manière.

• Son Dieu n’est pas tout puissant :  - Si Dieu existe en même temps que le mal  - Il faut bien qu’il ne soit pas tout puissant   - Sinon, il aurait voulu Auschwitz  - On n’aurait pu l’empêcher  - Dieu est énigmatique, insondable  - Mais pas complètement caché  - Car les Prophètes nous ont beaucoup dit de lui.  a. Le silence de Dieu *Et son abstention pour ne pas empêcher la Shoah *se comprennent une fois cette nouvelle définition donnée  b. Son retrait est la condition de sa présence *Son être s’identifie à son devenir *Son non être-là positif prouve son être-là ontologique *Son « auto dépouillement divin » (37) prouve son incarnation métaphysique.  c. Dieu se donne totalement dans le devenir *Il n’a rien d’autre à offrir *Dès lors, « c’est maintenant à l’homme de lui donner » (38)   d. Les hommes doivent agir *Pour que Dieu n’ait pas à regretter de l’avoir laissé venir au monde.   e. Il a renoncé à la puissance *Pour que nous puissions être  f. Le principe responsabilité renvoie à cette théologie : *Dieu en retrait pour assurer son avènement par les hommes.  g. Avec Auschwitz les hommes ont travaillé contre Dieu *En détruisant la nature, ils continuent à oeuvrer contre lui.

 

 

3./ LA RAISON CONTRE LA RAISON

a) Fonde son éthique sur une théologie   • Examine les limites de la raison et de son pouvoir   • En post-kantien souvent kantien, effectue une critique de la raison pure   • Prend acte des pouvoirs limités de la raison.

b) Donne raison à ce qui n’est pas raison, voire à ce qui est déraisonnable :   • La métaphysique, la peur, le sacré.   • Ou à « l’heuristique de la peur » (45, 50, 300).   • Critique la raison des Lumières pour restaurer le sacré

c) Ecrit contre le positivisme analytique de la philosophie contemporaine   • Et pour la métaphysique   • Invite à aller voir du côté de l’ontologie   • L’associe à la foi qui donne plus vite et mieux des réponses aux questions philosophiques   • Mais… il faut avoir la foi !

d) La raison comme liaison entre foi, religion, métaphysique, ontologie  « C’est la question de savoir si sans le rétablissement de la catégorie du sacré qui a été détruite de fond en comble par l’Aufklärung scientifique nous pouvons avoir une éthique capable d’entraver les pouvoirs extrêmes que nous possédons aujourd’hui et que nous sommes presque forcés d’acquérir et de mettre en oeuvre. Par rapport aux effets qui nous menacent encore immédiatement nous-mêmes et que nous subissons encore nous-mêmes, la peur, qui tant de fois est le meilleur substitut de la vertu et de la sagesse véritable, peut jouer ce rôle » (45).   • La raison renonce à la raison après avoir utilisé la raison pour légitimer ce renoncement   • Elle en appelle ensuite au sacré et à la peur pour fonder une éthique qui devient obligation

e) Faire peur : voilà le propos du philosophe…   • La raison pour légitimer une passion.


4./ LA NATURE EN PERIL

a) La technique met l’avenir de la nature et de la planète en péril   • Jonas renonce à :   • Eduquer, sensibiliser, instruire, persuader, convaincre – opérations de l’intelligence   • Au profit d’une « heuristique de la peur » « Seule la prévision de la déformation de l’homme nous fournit le concept de l’homme qui permet de nous en prémunir » (13).   • Présentifier la catastrophe à venir pour empêcher son arrivée   • Une théologie avec un Dieu absent pour être mieux présent   • Une raison utilisée contre la raison   • Un usage politique de la peur contre l’éducation :  - Jonas conservateur, sinon réactionnaire en philosophie.

b) Date de naissance de ce projet mortifère :   • Bacon et son Novum organum, Nouvel Outil (1620)   • Et non Descartes 16 ans après   • Bacon abolit le règne de la scolastique   • Fonde l’empirisme   • Invite à placer la raison au centre du dispositif philosophique   • Contre les livres anciens ou saints   • Descartes connaissait le travail de Bacon.

c) Jonas dénonce « le programme baconien, à savoir orienter le savoir vers la domination de la nature et utiliser la domination sur la nature pour l’amélioration du sort humain » (191-192).   • Projet de Descartes,   • Du capitalisme en expansion   • De son antidote, le marxisme   • Le XVII° marque le triomphe de l’homo faber sur l’homo sapiens   • Du producteur effréné sur le penseur avisé.

d) Catastrophes générées par ce projet :   • Domination absolue de la nature   • Explosion démographique qui épuise la planète   • Consommation en relation   • Demandes, besoins et production   • Succès technologiques, économiques, biologiques qui confortent cette folie prométhéenne.   • Jonas prophétise des morts en quantité, des guerres, des génocides (193).

e) L’après catastrophe échappe à la spéculation   • L’imagination peut supplanter le travail de la raison.

f) Jonas veut en finir avec le règne de la technique sans éthique   • Empêcher que l’homme travaille à sa perte en exploitant la nature jusqu’à la mort   • Elle n’est pas un réservoir sans fin   • Elle ne peut se refaire aussi vite qu’on la détruit    « La soumission de la nature destinée au bonheur humain a entraîné par la démesure de son succès, qui s’étend maintenant également à la nature de l’homme lui-même, le plus grand défi pour l’être humain que son faire ait jamais entraîné » (13).   • Rien dans le passé ne ressemble à cette démesure   • Il faut une éthique à la mesure de cette démesure   • Il faut un nouveau devoir : « La responsabilité » (14)   • Le principe responsabilité se présente comme un « tractatus technologico-ethicus » (15).    « Ce qui doit approximativement rendre justice au thème, doit ressembler à de l’acier et non à de la ouate. Dans la réflexion éthique contemporaine, il y a bien assez d’ouate dans les bonnes intentions ainsi que dans les motivations irréprochables, qui affirment qu’on prend le parti des anges et qu’on est contre le péché, qu’on est pour la prospérité et contre le déclin. Quelque chose de plus dur est nécessaire, que l’on tente ici » (15).   • Programme moral anti-hédoniste radical   • Ne recule pas devant les moyens autoritaires, dictatoriaux, tyranniques.


5./ LE PRINCIPE RESPONSABILITE

jonas-le-principe-responsabilite.pnga) Un lourd dispositif philosophique   • Rhétorique allemande   • Excès de divisions et subdivisions   • Table des matières de 9 pages   • Longues phrases précautionneuses   • Dilution des idées   • Grand nombre d’incises :  - Longues démonstrations sous forme de digression   • Considérations adventices sous forme philosophiques   • Parle dans Souvenirs de sa fâcheuse tendance à écrire dans le jargon des philosophes   • Quand il rédige sa thèse sur le gnosticisme il parle de « la tradition de la prose universitaire anglaise, dans laquelle simplicité et intelligibilité comptent bien plus qu’en Allemagne où la conscience culturelle confond souvent la profondeur avec l’affreuse complexité de l’écriture. Je me donnai donc, en rédigeant, beaucoup plus de peine pour énoncer mes idées avec clarté et acuité que dans mes écrits formulés en allemand, où j’avais pris encore la liberté de m’exprimer à peu près dans le jargon de Heidegger ou de Kant » (234).

b) Des idées sur le mode du postulat :   • La nécessité de la responsabilité est moins une affaire d’éthique qu’une affaire empirique

c) Disserte longuement sur les questions de fin et de méthode   • Sur « les fins et leur position dans l’être » en prenant l’exemple d’un marteau, d’une cour de justice, de la marche, de l’organe de digestion sur une vingtaine de pages

d) Justifie la responsabilité en renvoyant au fait de faire des enfants…


6./ LA PREUVE PAR L’ENFANT

a) « La responsabilité instituée par la nature, c’est-à-dire la responsabilité qui existe est, dans l’unique exemple allégué jusqu’ici (et qui est le seul familier), celui de la responsabilité parentale. Celle-ci ne dépend d’aucun consentement préalable, elle est irrévocable et non résiliable ; elle est globale » (135-136).

b) Postule l’existence d’un tropisme naturel qui lie parents / enfants   • Parlant de la « sollicitude parentale » : « Chacun l’a d’abord éprouvée dans sa propre chair. Dans ce paradigme de base la liaison de la responsabilité avec le vivant devient claire de la manière la plus convaincante » (140).

c) Comme s’il n’y avait jamais :   • De parents qui abandonnent leurs enfants   • De parents incestueux   • De parents qui frappent leurs enfants   • De bébés congelés   • De dénis de grossesse   • D’infanticides   • Ce dont témoignent orphelinats et tribunaux depuis des siècles   • 5 infanticides par semaine en France : 1 par jour week-end non compris…

d) Jonas part du principe que tous les parents :   • Répondent aux besoins corporels de leurs enfants   • En éducation, langage, transmission des codes et des normes sociales

e) « Le pur être comme tel et ensuite le meilleur être de ces êtres est ce que le souci parental a in toto en vue » (145).    « Nous retournons encore une fois à l’archétype intemporel de toute responsabilité, celle des parents à l’égard de l’enfant. Elle est un archétype du point de vue génétique et typologique, mais également pour ainsi dire du point de vue « épistémologique », à savoir du fait de son évidence immédiate » (179).

f) La respiration de l’enfant oblige les parents : « Le nouveau-né dont la simple respiration adresse un « on doit » irréfutable à l’entourage, à savoir : qu’on s’occupe de lui. Vois et tu sauras » (180).

g) Jonas prévoit qu’on pourrait lui opposer le réel à ses théories :   • Réfute… « Naturellement il est possible de résister à la force de ce « on doit » comme à n’importe quel autre, on peut faire la sourde oreille à son appel (bien que, du moins dans le cas de la mère, on y voie une dégénération) ou il peut être étouffé par d’autres « appels » comme par exemple l’abandon légal des enfants, le sacrifice du premier-né et des choses du même genre : il peut même être étouffé par la simple pulsion d’autoconservation – mais tout cela ne change rien (sic) au caractère irréfutable (sic) de cette injonction ni à son évidence immédiate » (180-181).   • Pur postulat que n’atteint pas la preuve de sa fausseté infligée par la réalité.

h) Jonas fait de l’enfant une obligation   • Engendrer est une obligation « à l’égard de la cause de l’humanité comme telle » (186).   • Car l’universalisation du refus d’enfant conduirait à l’extinction de l’humanité   • Ce que Jonas ne peut concevoir.


7./ LE PERE, DONC LE CHEF

A./ RESSEMBLANCE PERE/CHEF

a) Extrapole du père de famille au chef de l’Etat   • Morale familialiste et politique paternaliste

b) Le père est à la famille ce que le chef est à l’Etat :   • Un être responsable de facto, du fait de sa fonction vitale   • Un être de devoir auquel incombe l’être, le devoir être, la durée, le devenir, la permanence de ce qui lui échoit : l’enfant ou le citoyen   • Il assure pour les citoyens « un rôle dont les responsabilités ressemblent à celles d’un père » (149).

c) Si jadis le chef était un père   • Jonas convient qu’il n’en va plus de même   • Ce pendant « Le symbole conserve une certaine légitimité » (145).

d) Disposer du pouvoir, quels qu’aient étés les moyens d’y accéder, oblige à assumer la responsabilité. Cette responsabilité oblige :   • A l’éducation privée de l’enfant :  - Il doit trouver sa place dans le monde   • A l’éducation publique du citoyen :  - Qui doit trouver sa place dans la cité.   • Dans les deux cas, impossibilité de la vacance   • On ne peut laisser ni sa progéniture ni son peuple   • La responsabilité vise l’avenir   • Le statut de la planète a à voir avec l’éducation de cet enfant et de ce citoyen.

B./ DISSEMBLANCE PERE/CHEF

a) Les parents doivent conduire leurs enfants   • Au travers de périodes qui les conduisent à l’autonomie   • Ils se plient aux rythmes de la croissance organique   • L’objet de cette responsabilité : l’enfant dans sa totalité   • Le corporel vient en premier,   • Le souffle du nouveau-né, les besoins nutritionnels, la vie du jeune adulte.

b) L’homme politique n’est pas soumis aux obligations organiques   • L’histoire des sociétés, des nations, des Etats ne va pas vers quelque chose   • Le schéma de l’enfant (enfance, croissance, maturité)   • Ne fonctionne pas pour la politique   • l’enfant a une fin : son autonomie   • L’histoire n’en a pas.


BIBLIOGRAPHIE :

• Hans Jonas, Le principe responsabilité, Le Cerf.

• Hans Jonas, Dieu après Auschwitz, Rivages

• Schopenhauer, Métaphysique de l’amour, métaphysique de la mort, 10 x 18.

• Elisabeth Badinter, L’amour en plus, Flammarion

 


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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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