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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 11:36

  

Michel Onfray signe un papier Un philosophe complice du pouvoir dans l'hebdomadaire Marianne du 23 au 29 avril 2011 dont le sujet principal est Bernard-Henri Lévy, Chef de guerre en Libye. 


« Chef de guerre? Je vous laisse la responsabilité de votre formule. Je suis juste un philosophe qui essaie de mettre sa vie en accord avec ses principes. »  BHL

 

Marianne - BHL   bhl libye2 15-copie-1

Bernard-Henri Lévy dans la « Control Room » de l’état-major des forces libyennes libres. . A la gauche de Bernard-Henri Lévy, le Général en chef Mustapha Abdel Fatah Younis. Fot. Marc Roussel.

Voici quelques extraits de cet article :

« Je trouve qu’il existe toujours une poignée d’hommes peu économes du sang des autres… On crie à la fin de toutes les guerres et l’on fait des guerres pour on finir avec la guerre… Avant d’en arriver à l’usage de l ‘armée, qui fait toujours des victimes innocentes (les fameux « dommages collatéraux », en novlangue…), il faudrait utiliser tous les moyens à notre disposition. Avant de déclencher une guerre (une aubaine pour les marchands d’armes et leurs amis quand ils sont chefs d’Etat ou conseillers du chef d’Etat, philosophes ou non…), il existe d’autres moyens comme l’action diplomatique discrète, les services secrets, les opérations commando des troupes d’élite, et d’autres actions de l’ombre nécessaires dans une politique d’Etat. La guerre devrait être l’ultime recours quand on a tout essayé et non le premier recours alors qu’on n’a rien essayé d’autre. Cette guerre n’est gagnable qu’avec des morts en quantité, des victimes civiles, femmes et enfants compris, car on ne saurait recourir aux attaques aériennes sans détruire massivement la cible et ce qui se trouve autour d’elle. D’autant que le pouvoir libyen expose les populations civiles en s’en servant comme otages et boucliers sacrifiés. Une guerre, même gagnée, est toujours une défaite parce qu’elle montre qu’on n’a pas su utiliser autre chose que la force brutale. Notamment l’intelligence, avec toutes les formes qu’elle peut prendre aujourd’hui.

 

 Et la théorie  du « droit d’ingérence » est une bien belle et bonne idée, mais pourquoi ce pays et pas un autre? Il existe nombre d’endroits sur la planète où les droits de l’homme sont bafoués et dans lesquels il n’est pas pour autant question d’intervention militaire : pourquoi rien en Corée communiste, à Cuba, en Chine, qui sont des dictatures notoires? Ou en Russie, une oligarchie mafieuse avérée? Parce que ces peuples n’ont pas les moyens de descendre dans la rue, donc de passer sur les télévisions du monde entier qui focalisent l’attention sur eux plutôt que sur d’autres, réduits au silence. La France n’intervient qu’en fonction de ses intérêts : sa politique arabe, sa position par rapport à Israël, ses relations avec les États-Unis, son désir de leadership dans une Europe incapable de parler d’une seule voix, quand il ne s’agit pas tout bonnement d’une opération de séduction d’un peuple quelques mois avant une nouvelle échéance présidentielle, voire d’une jouissance personnelle et narcissique, quand on est chef de l’État, de pouvoir conduire une guerre… 

 

Car le rôle et la place actuels de BHL sont le symptôme du pouvoir personnel de Nicolas Sarkozy, dont il est un très vieil ami intime - il faut lire ou relire les premières pages d’un de ses livres, Ce grand cadavre à la renverse, dans lesquelles le philosophe rapporte ses vacances et son intimité avec le personnage… L’un et l’autre sont dans des stratégies personnelles : le chef de l’Etat, qui n’a rien vu venir en Tunisie et fournissait en matériel et en  conseil la répression gouvernementale, qui n’a rien vu venir en Egypte, cet homme qui constate sa chute vertigineuse dans les sondages a cru voir qu’il y avait là un moyen de reconquérir une partie de la sympathie perdue en jouant la carte médiatique du genre « la France , patrie des droits de l’homme qui défend les libertés partout où elles sont menacées sur la planète » - et Moi comme incarnation de cette France… Quant à BHL, pas besoin de faire un grand dessin pour voir que lui aussi joue une carte personnelle du genre « le philosophe, grand homme des droits de l’homme qui défend les libertés partout où elles sont menacées sur la planète » - et Moi comme incarnation de ce philosophe… BHL s’assure le leadership d’une philosophie complice des pouvoirs. Il inscrit son existence et son action dans le lignage des postures opportunistes de quelques modèles d’ambitieux littéraires du genre Sartre ou Malraux, grandes figures plus douées pour écrire la légende d’eux-mêmes que l’histoire du monde… »

Michel Onfray

 

La position de Bernard-Henri Lévy interviewé par Ruth Elkrief sur BFM le 21.04.2011.
  
 
Bernard-Henri Lévy répond sur son site internet à Claude Lanzmann qui signe également un article dans Marianne, Contre la gendarmerie planétaire, où il s'indigne contre l'hypocrisie de la fameuse guerre "zéro mort". En voici deux extraits :
 
Marianne : Vous avez publié dans Le Monde un texte critiquant l'intervention en Libye, alors que vous aviez signé un appel initié par BHL en faveur de cette même opération...
Claude Lanzmann : Je n'ai pas signé cet appel de gaieté de coeur ni avec conviction. C'est toujours la même chose, on reçoit un texte sur son ordinateur avec injonction d'y souscrire immédiatement. Cela ressemble à un ultimatum. Comme j'ai pour BHL une très réelle et ancienne amitié, je n'ai pas voulu me désolidariser. Mais, au fil des jours, tout dans cette affaire, m'a déplu et heurté en profondeur. [...]
Marianne : Ce fantasme de la guerre zéro mort, vous déplorez qu'il triomphe actuellement en Libye ?
Claude Lanzmann : Je reproche à mon ami Bernard de prendre trop légèrement le parti des frappes militaires. [...]
    Constance - Ewa - Marc 
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 17:05

 

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Nous avons fait une overdose de psychanalyse, Freud, madame Roudinesco, complexe d’Œdipe… C’est peut-être aussi votre cas. Néanmoins on aurait bien aimé participer au débat entre Michel Onfray et Boris Cyrulnik que nous apprécions énormément. * Cette conférence-débat sur le thème "Critique et défense de la psychanalyse" a eu lieu à Ollioules (près de Toulon) le 8 avril 2011. Voilà des relations et des impressions du témoin de cette rencontre.

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"La conférence a débuté avec l’exposition du point de vue de Boris Cyrulnik, qui a travers l’histoire de l’évolution de la psychanalyse, a démontré sa nécessité. Cette « science » comme la qualifiait Freud, a permis de traiter des patients qui auraient été quelque temps auparavant considérés comme des « dégénérés mentaux au cerveau amoindri ». Pour lui, comprendre et soigner ne vont pas de pair, et si c’est parfois la psychanalyse en elle-même qui soigne, il faut savoir s’en contenter. La présence de l’autre (le psychothérapeute), est une information tranquillisante et permet au patient de se faire une meilleure représentation de lui- même. En science, il n’y a pas de travail parfait, et si seulement 10% de résultats sont fiables, cela suffit pour faire évoluer la science. Pour Boris Cyrulnik  il y a "différents courants de psychanalyse les « intégristes de la psychanalyse, adorateurs de Freud », les usurpateurs, et ceux qui s’en servent comme d’un outil culturel pour aider, et il s’inscrit dans cette dernière lignée."

 

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"Michel Onfray a ensuite exposé son point de vue résolument anti –freudien. Pour lui « Freud était un égocentrique misogyne, machiste et homophobe qui a imposé ses théories comme les seules acceptables, créant un intellectuel collectif qui par exemple, aujourd’hui encore, impose à tous les parents de se poser la question du complexe d’Oedipe ».

Pour lui « la psychanalyse est une réponse aux problèmes du psychanalyste lui-même, et il reproche à Freud d’en avoir fait une vérité universelle et de l’avoir imposée comme la seule acceptable. Pour Freud, soit on est d’accord et il a raison, soit on est contre et donc il a encore plus raison, puisque cela indique que l’on refoule ! »

Pour Michel Onfray « Freud est une aventure littéraire et rien de plus, on présente son œuvre comme une « science guérissante » alors qu’elle n’est pas une science, et qu’elle ne guérit pas »."

 

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"Le débat qui suivit fut passionnant. Michel Onfray prônant le retour du dialogue et l’apprentissage des vraies valeurs de la vie pour aider les autres, comme le faisaient les grands philosophes de la Grèce antique en exposant leurs idées sur la place publique, permettant à chacun d’aborder des sujets essentiels comme la mort, la souffrance, l’amour, la vieillesse… Boris Cyrulnik, pour sa part, rappellant que « certaines vérités sont plus faciles à dire à des inconnus, et que la place du psychothérapeute est donc essentielle pour libérer la parole, et que les nombreux témoignages de personnes ayant été « sauvées » par la psychanalyse est une preuve de sa nécessité dans une société organisée comme la notre ».

 La conférence s’est terminée par une discussion à même le podium avec les nombreux « fans » qui avaient fait le déplacement et qui souhaitaient dédicacer leurs livres, certains achetés le soir même auprès de la librairie Ollioulaise l’Arbre aux Livres présente au gymnase lors de cette soirée."


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"La grande leçon de L’Homme neuronal (de Jean-Pierre Changeux)? La matière neuronale est une cire vierge au moment de sa constitution fœtale : on découvrira donc dans l’inconscient ce qui s’y sera trouvé mis de façon ontogénétique, individuelle et singulière - aucune trace de ce qui, comme chez Freud, s’y trouverait par la grâce phylogénétique. L’inconscient freudien est a priori : son essence précède son existence; l’inconscient non freudien est a posteriori : son existence précède son essence.

Cette différence est majeure. Dans le premier cas, quel que soit l’individu, on finit toujours par y découvrir ce que Freud (plus que la phylogenèse…) y aura mis; dans le second, on décèle seulement ce qu’un trajet existentiel a permis d’y mettre. Puisque l’inconscient freudien c’est l’inconscient de Freud, on y voit toujours sans surprise ce qui hantait le docteur viennois - mais l’inconscient de chacun se moque de celui de Freud. D’où la nécessité d’une psychanalyse non freudienne."

Michel Onfray, Apostille au Crépuscule, Grasset 2010, p.190  

Ewa  

18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 15:59

 

Voilà les trois vidéos du documentaire réalisé par Olivier Peyon et F.O. Giesbert

Michel Onfray - philosophe, citoyen


Voir aussi notre article du 04.04.2011 :

Michel Onfray - philosophe, citoyen - Empreintes, France 5


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"Mon père était ouvrier agricole. Il était propriétaire de sa force de travail, mais de rien d’autre. C’était un prolétaire des champs."

"La vérité de la bibliothèque, c’est que la vérité du monde est dans le monde. Ceux qui ne sortent pas de la bibliothèque et qui n’ont pas compris ça sont des gens qui n’ont pas compris le monde."

"C’est par la suite que j’ai compris combien l’imposture (de la religion catholique) était planétaire, combien elle était généralisée, problématique (…), que les dégâts avaient été extrêmement importants. Mais chacun s’arrange comme il peut avec sa vie et avec sa raison. Pathologiquement, je ne supporte pas le mensonge et l’injustice. C’est une viscéralité."

"Je suis fils de pauvres, et la philosophie m’a sauvé."

"Je crois plus à mes idées qu’aux gens. J’ai une espèce d’idéal qui fait probablement de moi un psychorigide. J’ai une éthique de conviction très sévère, très austère. Je crois vraiment qu’il y a des choses qu’on fait et des choses qu’on ne fait pas, des choses justes et des choses injustes. Je suis le plus gentil des garçons, quand on ne vient pas me chercher."

"Ce vin que j’ai plaisir à boire, cette cuisine que j’ai plaisir à manger, je voudrais la partager avec vous. Je voudrais que vous aussi puissiez y accéder. Je crée une université populaire du goût pour éduquer au goût. L’éducation sensorielle est une dimension philosophique incarnée. (…) S’il y a du plaisir, partageons-le, fabriquons-le, construisons-le, rendons-le possible collectivement."

"J’ai créé l’Université populaire en octobre 2002 parce que Le Pen était arrivé au second tour de la présidentielle par la grâce du suffrage universel. Je me suis dit : « Plutôt que de râler, agissons, faisons, construisons. » Quand il y a de la bêtise, il faut combattre avec la culture, le savoir, l’intelligence. (…) Le savoir est un pouvoir et le bon savoir est un bon contre-pouvoir."

"Une fraise prélevée dans le jardin de mon père a été une expérience existentielle considérable, c'est à dire il faisait chaud et j'avais pris une fraise dans le jardin. Mon père m'a dit : passe-la sous l'eau et puis il y a eu un jet d'eau glacée avec une espèce de pureté de l'eau. On met la fraise là-dessous, on coupe, on a de l'eau partout !
La fraise est chaude de la journée de chaleur qui a été la sienne. Elle est fraîche parce que l'eau glacée a saisi la surface. On a une espèce de chaud-froid c'est à dire qu'en bouche, on a quelque chose de glacée. Quand on met dans la bouche, on écrase et d'un seul coup, on a une pulpe chaude, c'est à dire il y a une espèce de quintessence du soleil, une espèce de mémoire du soleil, de la journée de soleil qu'il y a eu dans cette fraise et d'un seul coup, pfouuuuuuuu !
Il n'y avait pas la fraise, la conscience de la fraise, l'objet, la préhension intellectuelle de l'objet etc... Il y avait simplement une conscience qui se trouvait fondue dans la fraise, qui était la fraise. Je suis devenu la fraise et ça a fondu en moi, je suis devenu un parfum de fraise que je n'ai jamais oublié !"

                     Marc - Ewa 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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