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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 23:13

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

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12) « PHILOSOPHER EN TEMPS DE CRISE » - 12.08.2014


  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
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SYNOPSIS

 

1./ CONDITION DE L’HOMME MODERNE

arendt-condition de l'homme moderne-2a) Condition de l’homme moderne, 1958   • Traduction française : 1961   • Premier livre traduit à Paris   • Titre anglais : Human condition   • Impossible de traduire : La condition humaine   • Toronto, débat télévisé, novembre 1972 :  - Convient d’une erreur   • Avoue que ce livre souffre :  - D’avoir envisagé la question de la vie active du point de vue de la vie contemplative  - Sans jamais rien dire sur cette vie contemplative   • Annonce que ce livre a besoin d’un second volume   • Qu’elle « essaie de l’écrire » (Edifier le monde, 90). :   • Il s’agira de La vie de l’esprit – un ouvrage inachevé, posthume

b) Condition de l’homme moderne :   • Son livre le plus philosophique   • Au sens universitaire, institutionnel et professionnel   • Prologue : annonce des pistes qui ne seront pas explorées

c) Préfère analyser de manière serrée :   • Vie contemplative et vie active    • Domaine privé et domaine public   • Eternité et immortalité   • Polis et famille   • Travail et loisir   • Propriété et richesse   • Oeuvre et réification   • Action et fabrication   • Faire et agir   • Science de la nature et science de l’univers   • Irréversibilité et pardon   • Imprévisibilité et promesses

d) Trois perspectives nihilistes :  - Fin de la vie sur terre  - Avènement de la colonisation de l’espace   • Fin de la reproduction sexuée :  - Avènement d’une technologie transgénique   • Fin du travail :  - Avènement du loisir sans objet.

 

2./ 1ERE PERSPECTIVE NIHILISTE : METAPHYSIQUE DU SPOUTNIK

a) Ouvre son livre sur l’envoi dans l’espace d’un satellite soviétique   • 4 octobre 1957, Spoutnik I.   • Evénement plus majeur que la fission nucléaire   • Satellite mis en orbite, a pris sa place dans l’ordre plurimillénaire du cosmos   • 1er objet manufacturé accompagnant soleil, lune « en leur sublime compagnie » (59)

b) Aventure politique et militaire, certes – guerre froide   • Mais potentialités métaphysiques   • Incidence sur une nouvelle définition de la nature humaine.

c) Premier motif d’inquiétude :   • Pour la 1ère fois, les hommes peuvent quitter la terre   • La terre comme prison dont il faut s’évader

d) Pour les chrétiens : la terre, vallée de larmes   • Pour les philosophes : le corps, prison de l’âme   • Pour les hommes du XX° : la terre, prison du corps   • Souhaitent s’en affranchir pour « s’en aller littéralement dans la lune » (60).

e) Les hommes tournent le dos à la terre pour lui préférer l’inconnu d’un univers   • Qui restera probablement limité : conditions d’exploration   • Longueur de la vie d’un homme / longueur d’un voyage   • Vitesse très en-deçà de la lumière   • Condamné à n’explorer que les abords du système solaire   • La terre qui permettait de vivre sans artifices a fait son temps   • Stations, artifices, appareillages pour vivre   • Se protéger des rayons mortels   • Assurer sa respiration   • Maintenir la pression sanguine   • « L’émancipation, la laïcisation de l’époque moderne qui commença par le refus non pas de Dieu nécessairement, mais d’un dieu Père dans les cieux, doit-elle s’achever sur la répudiation plus fatale encore d’une Terre Mère de toute créature vivante ? » (60).   • Les hommes vivant se sépareraient des autres vivants.

f) Que deviendrait la nature humaine ?

g) En 1963, précise sa pensée dans :   • La conquête de l’espace et la dimension de l’homme.


3./ 2EME PERSPECTIVE NIHILISTE : SCIENCE SANS CONSCIENCE

a) Après vols habités et conquête spatiale :   • Deuxième motif d’inquiétude :  - L’artificialisation de la vie  - Echapper à la nature humaine

b) Dans les années 50 :   • Dénonce le péril pour la nature humaine   • Avec ce que font les scientifiques dans leurs laboratoires.

c) En finir avec le lien plusieurs fois millénaire des hommes avec la nature   • La création du vivant dans des éprouvettes.

d) Que fait la science ?   • Intervenir sur le plasma germinal d’individus sélectionnés   • Pour réaliser des fécondations à la demande   • Taille, formes, fonctions de l’humain   • « Produire des êtres supérieurs » (60).

e) Augmenter la durée de vie   • Dans un siècle, produire des individus capables de vivre un siècle   • L’homme naturel remplacé par un humanoïde artificiel   • Venu de l’humain lui-même.

f) Possibilité technique et faisabilité morale   • Urgence à réfléchir sur les conséquences de ces projets   • Les scientifiques peuvent-ils décider seuls ?   • D’où la nécessité de réfléchir sur la condition de l’homme moderne.

g) Hannah Arendt prévoit que ces expériences deviendront indicibles   • Qu’elles outrepassent les possibilités du langage et de la compréhension   • Ce qui interdira qu’on les pense   • Tout se passe « comme si notre cerveau, qui constitue la condition matérielle, physique, de nos pensées, ne pouvait plus suivre ce que nous faisons, de sorte que désormais nous aurions vraiment besoin de machines pour penser et pour parler à notre place » (61).   • Elle prévoit la fin du vivant et son remplacement par des machines.


4./ 3EME PERSPECTIVE NIHILISTE : LA FIN DU TRAVAIL

a) Troisième sujet d’inquiétude de ce prologue :   • Les machines, l’automation.   • Dans quelques décennies, les usines se videront des travailleurs   • Les hommes seront libérés de leur fardeau le plus ancien : le travail

b) Paradoxe :   • La fin du travail s’accompagne d’une glorification théorique du travail   • La totalité de la société se trouve transformée en société de travailleurs   • Tout le monde travaille : - Les présidents, les rois, les premiers ministres, les intellectuels   • « Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privée de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire » (62).

c) Le loisir laisse une immense plage de temps   • Or « cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté » (62).   • Dans notre configuration égalitaire   • Il n’y a plus d’aristocratie susceptible d’indiquer les bons usages de l’otium.


5./ UN MONDE POST-NUCLEAIRE

a) Le monde moderne est né avec la bombe atomique   • On ne sait à quoi il ressemble   • Mais ces 3 exemples montrent vers quoi il va   • Hannah Arendt veut « rien de plus que de penser ce que nous faisons » (62).

b) D’où une réflexion sur :   • Le travail :  - Qui correspond à l’activité biologique du corps humain  - Autrement dit : à la vie elle-même.   • L’oeuvre :  - Qui est modalité de l’appartenance au monde.   • L’action :  - Qui concerne les relations entre les hommes sans aucun intermédiaire.

c) Ces 3 principales activités de la vie   • N’existent que par le désir d’obtenir un certain type d’immortalité dans le cosmos   • Où tout est immortel, sauf les humains

d) L’action des humains :  - Laisser une trace sur terre après leur disparition.   • Le ressort de la vie active :  - Quête d’immortalité   • Le travail est périssable :  - Il permet la consommation pour la conservation de la vie   • L’oeuvre dure :  - Elle sert aux générations suivantes.

e) Hannah Arendt ne propose pas une société d’abondance, comme Marx   • Mais une sobriété heureuse   • Une joie de vivre dans la simplicité, la sobriété.


6./ PHILOSOPHER EN TEMPS DE CRISE

a) Fin de la terre   • Fin du vivant naturel   • Fin du travail

b) Hannah Arendt pense également :   • La fin de la culture   • La fin de l’éducation.

c) 1958 : La crise de l’éducation   • 1960 : La crise de la culture. Sa portée sociale et politique.

d) En France, le structuralisme règne…   • Elle pense concrètement :  - Le triomphe de la religion pédagogique dans les écoles  - Les usages de classe de la culture par les esthètes et les philistins.


7./ LA CRISE DE LA CULTURE

arendt-la-crise-de-la-culture-3.jpga) Avènement de la culture de masse   • Culture d’une société de masse

b) Libéré du travail, disponible pour le loisir   • L’homme des masses est excitable, abandonné, aliéné au monde   • Il manque de critères de jugement   • Il manifeste une grande aptitude à consommer   • Il ne sait pas distinguer le beau et le laid   • Il est égocentrique.

c) Jadis le philistin méprisait la culture   • Il la trouvait inutile   • L’utilité était son critère de jugement absolu.

d) Plus tard :   • Le philistin a utilisé la culture comme :  - Une monnaie sociale  - Un signe de distinction  - Un instrument qui permet de se situer socialement  - Et d’élire des semblables

e) La culture devient une marchandise :   • Un produit monnayable   • Echangeable   • Susceptible d’une circulation   • D’une commercialisation   • Donc d’une spéculation

f) La société de masse ne veut pas la culture   • Mais les loisirs   • Elle détruit la culture qu’elle transforme en loisir   • Elle fabrique des produits adaptés   • Des objets « réécrits, condensés, digérés, réduits à l’état de pacotille pour la reproduction ou la mise en images. Cela ne veut pas dire que la culture se répande dans les masses, mais que la culture se trouve détruite pour engendrer le loisir. Le résultats n’est pas une désintégration, mais une pourriture » (772).

g) Hannah Arendt stigmatise les intellectuels qui se rendent coupables des ces forfaitures

h) L’art moderne a commencé par la subversion   • La rébellion de l’artiste contre la société   • Il est aujourd’hui ingéré et digéré   • Le snobisme fait la loi en Europe   • L’art se sépare de la réalité.

i) La culture a perdu sa capacité a toucher, à émouvoir   • « La fin mélancolique de la grande tradition occidentale » (769).   • Le « fil de la tradition est rompu » - leitmotiv.

j) Le présent n’a de sens qu’en fonction d’un futur que seul le passé peut rendre possible   • Hannah Arendt parle d’une brèche entre le passé et le futur   • Dans La crise de la culture :   • « Le « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament » de Char sonne comme une variation du « Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’avenir marche dans les ténèbres » » (596).

k) Racines de cet état de fait :   • Incapacité à la mémoire   • Au souvenir : rupture avec ce qui s’est passé   • Inaptitude à la tradition qui nous condamne à errer

l) Hannah Arendt pense cette brèche   • Elle ne propose pas de solutions   • Elle affirme dans La crise de la culture « qu’il ne s’agit surtout pas (sic) de renouer le fil rompu de la tradition ou d’inventer quelque succédané ultramoderne destiné à combler la brèche entre le passé et le futur » (602).   • Ni droite réactionnaire ou conservatrice   • Ni gauche progressiste, dévote d’un futur idéalisé.


8./ LA CRISE DANS L’EDUCATION

1) La natalité :   • a)- 1958, La crise de l’éducation   • Sur la « natalité » :   • « Le fait que des êtres humains naissent dans le monde » (744).   • L’être est un être né pour la vie   • b) Pour Heidegger :   • L’être est « un être-pour-la-mort »

arendt-la crise de l'education.22) Ce qu’est l’éducation :   • a) L’éducation est :   • Art de prendre en charge ce qui advient après la naissance jusqu’à l’âge adulte   • b)- Met l’école américaine en relation avec la spécificité des Etats-Unis :   • Dans cet immense pays constitué par l’immigration   • L’école sert à fabriquer un citoyen américain   • Qui met son passé au second plan au profit d’un avenir commun   • Qui consiste à faire communauté américaine.     • c) Tous ces enfants qui arrivent de tous les pays contribuent au projet américain :   • La création d’un Nouveau Monde   • Dans lequel l’objectif révolutionnaire consiste à :   • « Supprimer la pauvreté et l’oppression »,   • Abolir l’esclavage,   • Puis accueillir « tous les pauvres et les opprimés de la terre » (745)…   • La scolarisation se propose la « gageure de fondre les groupes ethniques les plus divers en un seul peuple » (744).   • L’école est un instrument à fabriquer de la communauté.   • d) Cette école agit sur les enfants   • Mais aussi sur leurs parents immigrants   • Parents et enfants doivent se défaire du monde ancien   • Au profit du monde nouveau   • e) Réaliser l’idéal fier et conquérant   • D’une terre nouvelle   • Où la liberté fasse la loi.   • f) Les Américains communient dans l’enthousiasme pour ce qui est nouveau   • Manifestent une confiance dans la perfectibilité indéfinie.

3) La pédagogie moderne :   • a) Fustige un « assemblage de théories modernes de l’éducation, qui viennent du centre de l’Europe et consistent en un étonnant salmigondis de choses sensées et d’absurdités » (747).   • Sans plus de précision.   • b) Dans cet article publié en 1958,   • Elle écrit que ces théories ont bouleversé les Etats-Unis depuis 25 ans   • Soit… 1933 !   • c) Freud ?   • Jamais cité…   • d) Dans Journal de pensée, avril 1966 :   • Rend compte d’une visite à une exposition Matisse   • Commente les portraits de 5 têtes sculptées de Jeannette (1910-1913)   • Elle voit dans ces oeuvres un dévoilement de l’âme par la dé-figuration du modèle   • « L’âme nue de Platon, transparaissant comme laide parce que nue. Comme si nos vêtements n’étaient destinés qu’à cacher la laideur du corps. Voilà toute la psychologie moderne » (853).   • Poursuit sur les rapports âme/corps,   • Apparence / extérieur,   • Corps ans âme qui serait cadavre et âme sans corps qui serait fiction.   • e) Et puis :  • « Le sophisme freudien et le sophisme de toute psychologie moderne consistent non seulement en ce qu’ils prétendent connaître ce qu’ils ne connaissent certainement pas, non seulement l’absurdité de l’ « inconscient », mais le plus ancien préjugé : ce qui est caché, ce qui n’est pas visible, est ce dont j’ai honte, et par conséquent ce qui est mauvais. Puisque ma pensée et mes sentiments ne peuvent être vus qu’à travers la manifestation du cops, c’est qu’ils doivent être mauvais » (853).   • Et-ce cela le salmigondis venu d’Europe centrale ?

4) Les signes de la crise :   • a) La pédagogie a « mis à l’écart toutes les règles du bon sens » (747).   • La totalité des méthodes traditionnelles d’enseignement aux Etats-Unis   • Bouleversées du jour au lendemain   • Au profit de cette modernité à laquelle il a été souscrit sans esprit critique   • Le bon sens a disparu : signe de « l’effondrement » (747).   • b) Bien que pays de la liberté   • L’Amérique est devenu pays de l’égalité   • On veut effacer les différences entre :  1) Jeunes et vieux  2) Doués et moins doués  3) Enfants et adultes  4) Professeurs et élèves   • c) Le nivellement s’effectue en faveur de l’élève, contre son professeur   • Contre les élèves les plus doués stigmatisés parce qu’ils contreviennent à l’égalité.

5) Signes de l’effondrement :   • a) Signes de la crise de l’éducation :   • Triomphe du pédagogisme   • Destruction du bon sens   • Religion de l’égalité   • b) Trois autres signes :


PREMIERE FOLIE :

a) Folie de croire que le monde des enfants est un univers à part   • Séparé de celui des adultes   • Un genre de société que les enfants devraient pouvoir gouverner eux-mêmes   • Pour eux-mêmes   • Sans que les adultes n’aient un rôle à jouer   • Sinon d’éviter que le pire advienne   • Ou leur dire qu’ils doivent faire ce qui leur fait plaisir

b) L’enfant n’est plus pris en considération comme individu   • Seul le groupe est pris en considération

c) Avant l’enfant devait faire face à l’autorité d’un enseignant   • Mais il existait dans un groupe qui pouvait, par sa cohérence, faire face à l’autorité   • L’autorité pouvait être forte, voire tyrannique   • Mais elle était de toute façon :  - Moins forte  - Moins tyrannique que celle qu’inflige le groupe à l’enfant.

d) Dans cette nouvelle configuration, l’enfant « n’a pratiquement aucune chance de se révolter et de faire quelque chose de sa propre initiative » (749).   • Il ne peut plus compter sur la solidarité de ses pairs contre l’autorité de l’adulte   • Ses pairs sont ceux qui lui imposent le pouvoir contre lequel il ne peut se rebeller   • Dès lors, « il se trouve dans la situation par définition sans espoir de quelqu’un appartenant à une minorité réduite à une personne face à l’absolue majorité de toutes les autres » (749)   • « Même en l’absence de toute contrainte extérieure, bien peu d’adultes sont capables de supporter une telle situation, et les enfants en sont toujours incapables » (id.).

e) Les pédagogies ont cru qu’ils libéreraient les enfants de l’autorité des adultes   • Il n’en est rien   • Pire :  - Ils les ont soumis à une autorité plus destructrice, plus déstructurante :  - Celle de la majorité  - Bannis du monde des adultes  - Livrés à eux-mêmes  - Soumis à la tyrannie du groupe  - Interdits de révolte à cause du groupe  - Ils ne disposent d’aucune issue pour échapper à cette situation,

f) Dès lors :   • Ils deviennent conformistes   • Ou délinquants   • Voire ils mélangent conformisme et délinquance.


DEUXIEME FOLIE :

a) Croire que la pédagogie fonctionne comme une discipline sans autre objet qu’elle-même   • « La pédagogie est devenue une science de l’enseignement en général, au point de s’affranchir complètement de la matière à enseigner » (750).

b) Plus besoin de maîtriser une matière   • De posséder un corpus intellectuel   • De disposer d’un savoir   • Ce qui importe, c’est d’enseigner   • Peu importe ce qui est censé l’être.

c)  « Puisque le professeur n’a pas besoin de connaître sa propre discipline, il arrive fréquemment qu’il en sache à peine plus que ses élèves » (750).   • Les élèves doivent s’en sortir par leurs propres moyens   • Les professeurs ont perdu toute l’autorité qui leur venait de leur compétence.


TROISIEME FOLIE :

a) Folie de croire « que l’on ne peut savoir et comprendre que ce qu’on a fait soi-même, et sa mise en pratique dans l’éducation est aussi élémentaire qu’évidente : substituer, autant que possible, le faire à l’apprendre » (750).

b) Pour l’enseignant, plus question de transmettre un savoir présenté comme mort   • Il doit montrer comment s’acquiert ce savoir   • Le problème n’est plus le savoir, mais le savoir-faire.

c) Le jeu devient plus important que le travail   • Consubstantiel à l’enfant, il passe pour la meilleure façon d’apprendre   • Contre les contenus à apprendre, les choses à savoir, les informations à maîtriser   • Autant d’activités présentées comme passives par les modernes   • On adoube l’initiative, l’invention.

d) Pour apprendre une langue :   • On n’apprend plus la grammaire, la syntaxe   • On ne mémorise plus de vocabulaire appris en liste   • L’apprentissage est censé s’effectuer en parlant…   • L’enfant apprend une langue étrangère comme il a appris sa langue maternelle   • Sans contrainte, sans s’en apercevoir, sans souffrir, en jouant, de façon indolore   • « Il est parfaitement clair que cette méthode cherche délibérément à maintenir, autant que possible, l’enfant plus âgé au niveau infantile » (751).   • L’enfance fonctionne comme un monde séparé, auto-référent   • Elle n’a plus aucune raison d’entrer en contact avec le reste du monde.

e) Comment répondre à cet état de fait ?   • « On rétablira une fois de plus l’autorité dans l’enseignement ; on ne jouera plus pendant les heures de classe et on fera de nouveau du travail sérieux ; on mettra l’accent non plus sur les activités extra-scolaires, mais sur les matières du programme. Enfin on parle même de modifier les programmes actuels de formation des professeurs qui devraient eux-mêmes apprendre quelque chose avant d’être lâchés auprès des enfants » (752)…

f) Contre les adultes infantiles    • a) L’enfance n’est pas un monde en soi, mais un état transitoire  - L’enfant doit y rester le moins longtemps possible  - Il doit vivre avec des adultes qui le protègent en cas de danger    • b) L’enfant doit être introduit progressivement dans le monde  - Par des adultes qui le conduiront à son autonomie  - Quoi qu’il pense, l’éducateur doit assumer ce monde dont il n’est pas l’inventeur  - « Qui refuse d’assumer cette responsabilité du monde ne devrait ni avoir d’enfants, ni avoir le droit de prendre part à leur éducation » (756).  - « Dans le cas de l’éducation, la responsabilité du monde prend la forme de l’autorité » (756).

 • c) L’autorité n’engendre pas la compétence  - Est compétent quiconque connaît le monde  - Et en transmet la connaissance aux autres  - Dispose d’une autorité celui qui assume sa responsabilité à l’endroit du monde

 • d) L’autorité ne joue plus aucun rôle dans la vie publique et politique  a. « On est en train de rejeter toute responsabilité du monde : celle de donner des ordres comme celle d’y obéir » (756).   b. Abolition de l’autorité = adultes qui refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants.


CONCLUSION

a) Que faire ?   • « Le conservatisme, pris au sens de conservation, est l’essence même de l’éducation, qui a toujours pour tâche d’entourer et de protéger quelque chose – l’enfant contre le monde, le monde contre l’enfant, le nouveau contre l’ancien, l’ancien contre le nouveau » (id.).   • « C’est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l’éducation doit être conservatrice ».   • Le passé était un modèle,   • La tradition proposait l’opportunité d’un futur.   • L’éducation doit permettre le renouvellement d’un monde commun :   • Fidélité au passé pour emplir le présent d’une tâche qui est la préparation de l’avenir.

b) La crise n’a rien perdu de son actualité   • Après Auschwitz, y avait-il encore matière à espoir ?   • Hannah Arendt avait répondu oui…


BIBLIOGRAPHIE :

• Hannah Arendt :   - Conditions de l’homme moderne, Presse Pocket   - La vie de l’esprit, PUF   - La conquête de l’espace et la dimension de l’homme   - La crise de la culture, Folio, Gallimard   - La crise de l’éducation in L’humaine condition, Quarto Gallimard

• Pierre Bourdieu, La distinction, Minuit

 


10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 23:09

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

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11) « LA VERITE DE LA REVOLUTION » - 11.08.2014


 

 

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SYNOPSIS

 

1./ SOCIALISTE & LIBERTAIRE

a) Caractère politiquement incorrect de ses analyses dans De la révolution

de-la-révolution-hannah arendtb) « Liberté, Egalité, Fraternité » ?   • Masque des passions tristes.

c) Critique de gauche de la gauche égalitariste   • Au nom d’une gauche libertaire.

d) Ne parle pas de la droite   • Mais de la marge qu’est toujours le socialisme libertaire.

e) Réputation d’une libérale américaine   • A Paris : pas pour la gauche marxiste ? donc pas de gauche…

f) N’est pas anarchiste au sens du catéchisme   • Mais libertaire :   • Son éloge du Conseillisme.

g) Contre l’Etat-Nation jacobin français   • Mais pour l’Etat-Fédéral girondin américain.


2./ LA VERITE DES REVOLUTIONS

a) Dans les Conseils   • Effectue une histoire des Conseils   • Qui conserve et transforme l’impulsion révolutionnaire   • En institutions durables.

b) Question majeure :   • Faut-il représenter le peuple ?   • Comme dans une République   • Ou le faire gouverner directement :   • Comme dans une démocratie.

c) Hannah Arendt défend le gouvernement direct du peuple   • Sans représentation   • Sans intermédiaires qui trahissent la ferveur révolutionnaire


3./ LES CONSEILS

a) Leur généalogie :   • Dans « les sociétés populaires » (546) spontanées de la Révolution française.   • Robespierre s’appuie sur elle pour parvenir au pouvoir.   • Une fois parvenu au pouvoir grâce à elles   • Il parle de « sociétés dites populaires » (547)   • Puis en appelle à un Peuple idéalisé contre le peuple concret   • Le vrai petit peuple de ces sociétés travaille à subvenir aux besoins des pauvres.   • Le Peuple de Robespierre est sommé de réaliser la Vertu.

b) Anatomie des sociétés populaires :   • Une instance :  - Président  - Vice-président  - 4 secrétaires  - 8 censeurs  - 1 trésorier  - 1 archiviste   • Des fréquences :  - 3 réunions tous les 10 jours   • Une rotation :  - Chaque fonction est soumise aux rotations   • Un mécanisme :  - Si l’orateur digresse ou ennuie son public  - L’assistance se lève et s’en va  - Démocratie directe pour un gouvernement fédéraliste.

c) Ces « sociétés populaires » déplaisent à Robespierre et Saint-Just   • Transforment ces sociétés en instrument de la Terreur   • 1er exemple de la perversion de l’idéal révolutionnaire   • Par l’instrumentalisation bureaucratique des factieux.

d) La Commune de Paris disparaît :   • Sous les coups du gouvernement révolutionnaire jacobin   • Et des manoeuvres de Robespierre qui fait noyauter ces sociétés   • Puis crie à la corruption.

e) Lénine agira de même avec les Soviets   • Qu’il écrasera ensuite à l’aide du Parti.

f) Hannah Arendt oppose :   • Centralisme étatiste jacobin et « dictature du parti unique » (552) de Robespierre   • Aux « sociétés populaires » qui inventent le fédéralisme par accident   • « En fin de compte et de façon assez inattendue, le fédéralisme – principe pratiquement inconnu en Europe, et unanimement rejeté par ceux qui le connaissaient - n’apparut sur le devant de la scène que grâce aux efforts d’organisation spontanée du peuple lui-même, qui en fit la découverte sans même en savoir le nom véritable » (551).

g) Cette opposition entre :   • « sociétés populaires », Commune de Paris, « Grand Conseil Municipal de la commune parisienne » (552), généalogie du fédéralisme   • Et « parti unique » (552) jacobin, gouvernement révolutionnaire, exercice de la Terreur,   • Inaugure le divorce entre :  - Le « système moderne de partis »  - Et : les « nouveaux organes révolutionnaires autonomes » (553).


4./ UNE REVOLUTION AUTHENTIQUE

a) Silence historiographique sur cette forme politique

b) Or elle constitue l’amorce de « ces conseils, soviet et Räte, appelés à faire leur apparition dans toute révolution authentique (sic) des XIX° et XX° siècles » (554).

A/. Trahison de Marx

a) En 1871, dans La guerre civile en France, Marx a célébré la Commune comme « la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l’émancipation économique du travail » (561).

b) Mais, 2 ans plus tard dans Révélations sur le procès des communistes à Cologne :   • Critique cette position   • Fait l’éloge de la dictature du prolétariat   • Et « de la centralisation la plus poussée du pouvoir entre les mains de la puissance de l’Etat ».   • Il invite les travailleurs à ne « pas se laisser tromper par le verbiage démocratique sur la liberté communautaire, sur l’autogestion, etc » (561).

c) Marx, héritier de Robespierre :   • Obsédé par la question sociale   • Pas par la forme de gouvernement alternatif

B./ Trahison de Lenine

a) Eloge des soviets dès la Révolution de 1905   • Célèbre alors « la créativité révolutionnaire du peuple » (562)

b) Y renonce une fois parvenu au pouvoir   • Et fait tirer sur les Marins de Cronstadt en 1921   • Parce qu’ils revendiquaient : « Tout le pouvoir aux Soviets »   • Slogan… léniniste !

c) 1919 : les Soviets ont disparu   • N’étaient autorisés que s’ils avaient une majorité communiste

d) Hannah Arendt : « Le nom même de « l’Union Soviétique », celui de la Russie postrévolutionnaire, n’a cessé depuis lors d’être un mensonge » (562).

C./ Eloge de la Commune

« Il est certes étrange que, dans cette atmosphère où l’on ressasse le moindre incident des révolutions passées comme s’il faisait partie d’une histoire sacrée, la seule institution entièrement nouvelle et entièrement spontanée de l’histoire révolutionnaire ait pu être négligée au point de tomber dans l’oubli » (566).


5./ UNE HISTOIRE IMPRESSIONNISTE DES CONSEILS

a) Ce que n’ont pas été ces Conseils :   • Les conseils et les communes médiévales   • Les cantons suisses   • Les agitateurs anglais du XVII° siècle   • Le conseil général de l’armée de Cromwell   • Ils n’ont pas eu de pouvoir direct sur le peuple.

b) Ce dont ils proviennent :   • Outre les « sociétés populaires » de la Révolution française   • Février 1848 :  - Le gouvernement mandate une commission pour les travailleurs  - Elle s’occupe de législation sociale.   • 1870, siège de Paris par les Prussiens :  - L’organisation fédérale va produire la Commune de Paris en 1871   • 1905, en Russie, pendant les grèves :  - Organisation spontanée d’une direction politique sous forme de soviets  - Indépendamment des partis.   • 1917, première révolution :  - Le soviet s’impose comme seule forme révolutionnaire.   • 1918/1919, en Allemagne :  - Ouvriers et soldats s’organisent en Räte  - Exigent une nouvelle constitution allemande.   • Printemps 1919 :  - Ces Räte + la Bohème des cafés munichois = Räterepublik de Bavière   • Automne 1956, Budapest :  - Révolution hongroise dite « conseilliste ».


6./ CE QUE SONT LES CONSEILS

• Ce qui relie tous ces moments ?  - La spontanéité  - Leur caractère réellement populaire et démocratique   • Ils échappent aux révolutionnaires professionnels   • Surpris que quelque chose advienne sans eux   • Inscription dans une vitalité révolutionnaire   • Contre le scientisme des théoriciens bohèmes de la Révolution   • Indépendance à l’endroit des schémas de « 1789 »   • Echappent aux Partis traditionnels   • Conflit avec les révolutionnaristes qui cherchent à les détruire   • Autonomie à l’endroit des experts du parti qui parle pour le peuple   • Alors que les Conseils sont le peuple.   • Proposent du possible   • Et non l’idéal des Jacobins, Marxistes, bolcheviques, léninistes : « Ni paradis sur terre, ni société sans classes, ni rêve de fraternité socialiste ou communiste, mais instauration de « la vraie République », telle était la « récompense » espérée au terme de la lutte » (569).   • Dans les Conseils, toutes les sensibilités se retrouvent   • Inexistence des clivages partisans   • Individus sans appartenance précise   • La liberté est leur richesse   • Pas de catéchisme à réciter   • Pas d’idéologie, du pragmatisme   • Le mieux-être ici et maintenant des ouvriers, des travailleurs et des acteurs du mouvement.


7./ A QUOI RESSEMBLERAIT UN GOUVERNEMENT CONSEILLISTE ?

a) « Conseils ouvriers, conseils de soldats et conseils paysans dans le cas de la Russie-, conseils les plus disparates dans le cas de la Hongrie : conseil de quartier émergés dans tous les lieux résidentiels, conseils dits révolutionnaires issus des combats de rues, conseils d’écrivains et d’artistes nés dans les cafés de Budapest, conseils d’étudiants et de la jeunesse dans les universités, conseils ouvriers dans les usines, conseils dans l’armée, chez les fonctionnaire, etc. La formation d’un conseil dans chacun de ces groupes disparates transforma une proximité plus ou moins fortuite en institution politique » (571).

b) Conseils fédérés pour générer des conseils supérieurs régionaux, provinciaux

c) Recrutement de délégués dans ces Conseils régionaux   • L’ensemble du pays se trouve ainsi représenté

d) Pour qualifier ces conseils et leurs agencements :   • « Pactes », « alliances », « associations », « fédérations », « confédération », « ligues »   • Ou « Républiques élémentaires ».


8./ ELOGE DE ROSA LUXEMBURG

arendt vies politiquesa) Eloge de Rosa Luxemburg dans une seule note de Sur la Révolution

b) Sa mère soutenait Rosa Luxemburg   • Et les spartakistes pendant les grèves générales de la semaine de 1919   • Quand sa mère apprend l’insurrection à Berlin à Königsberg   • Elle était dans une manifestation de soutien avec sa fille âgée de 11 ans : « Retiens bien cela, tu vis un moment historique » (Jung-Bruehl, 35).   • Mouvement stoppé par l’assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht le 15 janvier 1919

c) Hannah Arendt souscrit à la critique effectuée par Rosa Luxemburg de la dictature de Lénine et de Trotski   • « Sa mise en garde prophétique contre la suppression de la liberté politique et, en même temps, de la vie publique se lit aujourd’hui comme s’il s’agissait d’une description réaliste de l’union soviétique sous Khroutchev » (569).   • Hannah Arendt cite longuement La révolution russe de Rosa Luxemburg :   • « Sans élections générales, sans liberté illimitée de la presse et de réunion, sans lutte libre entre les opinions, la vie se meurt dans toutes les institutions publiques, elle devient une vie apparente où la bureaucratie est le seul élément qui reste actif (…) La vie publique entre peu à peu en sommeil ; quelques douzaines de chefs de parti, d’une énergie inépuisable et d’un idéalisme sans bornes dirigent et gouvernent ; parmi eux, la direction est en réalité aux mains d’une douzaine d’hommes à cerveau éminent, et une élite de la classe ouvrière est de temps à autre convoquée (…) pour applaudir aux discours des chefs, voter à l’unanimité les résolutions qu’on lui présente – c’est donc, au fond, un gouvernement de coterie » (569).

d) 1966, compte rendu du livre de J.P. Nettl, Rosa Luxemburg pour une Revue   • Célèbre cette biographie en deux tomes   • En pleine mode structuraliste, elle réhabilite la biographie pour comprendre l’histoire

e) Le portait de Rosa Luxemburg ressemble à un autoportrait :   • Juive sans patrie vivant par défaut sur un territoire qui n’est pas le sien   • Révolutionnaire, mais non marxiste, non orthodoxe   • Femme, mais non féministe   • Intellectuelle polyglotte et cosmopolite sans nation   • Protégeant sa vie privée, mais vivant une vie de couple avec échange intellectuel   • Tenant à la révolution, mais tenant plus à la morale   • Préférant faire l’économie de la révolution s’il faut la payer d’inhumanité,   • « Elle ne marchait jamais au pas » (47).

f) Rosa Luxemburg « fut la figure la plus controversée et la moins comprise de la gauche allemande » (43)   • On lui a refusé le succès dans sa vie, sa mort et après sa mort.

g) Hannah Arendt mal comprise elle aussi :   • La gauche en fait une libérale   • La droite en fait une femme de gauche.


9./ UNE MARXISTE SANS MARX

Ce que Hannah Arendt emprunte à Rosa Luxemburg :

a) Les origines du totalitarisme emprunte cette idée à Rosa Luxemburg :   • L’impérialisme n’est pas le stade suprême du capitalisme avant sa disparition   • Car l’impérialisme (colonialisme, marchés nouveaux, etc)   • A permis au capitalisme de survivre.

b) Le « trésor caché » de la révolution qu’est le Conseil

c) La révolution ne s’effectue pas avec les révolutionnaires professionnels   • Intellectuels bohèmes   • Rosa Luxemburg : « J’ai maintenant en horreur le premier volume si apprécié, du Capital de Marx, à cause de ses ornements rococo, très travaillés, à la Hegel » (48).

d) Rosa Luxemburg « n’était pas une marxiste orthodoxe, si peu orthodoxe en vérité qu’on pouvait douter qu’elle ait été marxiste tout court » (48)…

e) N’est pas marxiste :   • Ne croit pas au dogme de l’accumulation du capital   • Cause de son effondrement   • Rosa Luxemburg explique dans L’accumulation du capital (1913) comment :   • Colonialisme + impérialisme = capitalisme surmontant ses contradictions   • Le capitalisme s’empare de pays précapitalistes   • Impose des marchés   • La loi de Marx serait juste   • Si tous les pays de la planète avaient atteint le degré de développement des pays les plus avancés.

f) Lénine critique l’analyse de Rosa Luxemburg :   • « Elle commet une erreur fondamentale »   • Même si le réel donne raison à Rosa Luxemburg et tort à Lénine   • Pour Rosa Luxemburg : « Ce qui comptait plus que tout dans sa conception était la réalité sous tous ses aspects, merveilleux et effroyables, plus encore que la révolution elle-même » (48).   • « Son intention n’était pas de passer sa vie à l’intérieur d’une secte, quelle qu’en soit l’importance ; son engagement dans la révolution était d’abord une affaire de morale » (63).

g) Rosa Luxemburg : On lui doit « une critique étonnement pertinente de la politique bolchevique pendant les premiers moments de la révolution russe » (47).

h) Lénine célèbre la guerre comme occasion d’en finir avec le capitalisme   • Rosa Luxemburg s’opposait à la guerre 14-18.   • Coûteuse en vies de prolétaires   • Elle disait « avoir beaucoup plus peur d’une révolution déformée que d’une révolution ratée ».   • Hannah Arendt ajoute : « L’histoire de l’Union soviétique n’est-elle pas une longue démonstration des dangers effrayants des « révolutions déformées » ? » (65).


10./ LE DETERMINISME JUIF

a) Hannah Arendt salue l’auteur de la biographie de Rosa Luxemburg d’avoir souligné   • L’attachement de Rosa Luxemburg au « groupe des pairs » (50)   • Un groupe de juifs polonais auquel Rosa Luxemburg était très liée.

b) Les valeurs de ce groupe :   • Relations égalitaires   • Authenticité de leur moralité   • Respect mutuel   • Confiance inconditionnelle   • Sentiment universel d’humanité   • Mépris des distinctions sociales   • Refus des considérations ethniques   • « C’est dans ce milieu, et en aucun cas dans le parti allemand, que Rosa Luxembourg fut et demeura chez elle » (51).

c) Hannah Arendt met en relation judéité et révolution   • Les Juifs ont contribué à la formation de l’esprit révolutionnaire   • Parce qu’ils étaient sans terre   • L’internationalisme leur était consubstantiel

d) Rosa Luxemburg a baigné dans un milieu juif protecteur   • Sa famille n’était pas révolutionnaire   • Mais elle l’a aidée, cachée.

e) Hannah Arendt cite Nietzsche sur la question juive :   • « La position et les fonctions des juifs en Europe les ont prédestinés à devenir les « bons Européens » par excellence » (52).   • Les Juifs se croyaient à tort du pays dans lequel ils vivaient   • Ils étaient en fait européens.

f) Rosa Luxemburg parlait polonais, russe, allemand, français   • Elle connaissait bien l’anglais et l’italien   • Les Juifs étaient polyglottes, donc cosmopolites

g) Rosa Luxemburg était internationaliste   • Opposée aux nationalismes des Etats-Nations   • Elle ne croit pas à la constitution d’un Etat révolutionnaire par Lénine   • Avant internationalisation de la révolution.


CONCLUSION

a) Rosa Luxemburg a célébré les Conseils,   • Hannah Arendt aussi.

b) Après la révolution russe de 1905, elle a compris…   • « Elle apprit rapidement que le mot « révolution » « n’a qu’à venir au contact d’une situation révolutionnaire réelle pour se briser » en syllabes sans significations. (…) Naturellement, son premier contact avec une révolution réelle lui avait appris plus et mieux que la désillusion et les arts raffinés du dédain et de la méfiance » (64).

c) Hannah Arendt conclut pareillement…


BIBLIOGRAPHIE :

• Hannah Arendt, Vies politiques, Tel Gallimard

• Rosa Luxemburg, Introduction à l'économie politique, Anthropos

• Miguel Abensour, Hannah Arendt contre la philosophie politique ? Sens & Tonna

• Daniel Guérin, Bourgeois et bras nus, Idées Gallimard

• Films :  o Margarete von Trotta, Hannah Arendt  o Margarete von Trotta, Rosa Luxemburg

 

 



7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 23:57

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

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10/ LES QUESTIONS ET LES REPONSES DES AUDITEURS  2/4 - 08.08.2014

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 


 

 

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A consulter également Questions/Réponses  (¾), l’été 2013 

 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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