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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 23:17

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

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9) « POLITIQUE DE LA REVOLUTION FRANÇAISE » - 07.08.2014

 

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SYNOPSIS

1./ LES DEUX REVOLUTIONS

a) Essai sur la révolution (1963)   • Compare Révolution Américaine (1776) et Révolution Française   • Proposition comparatiste inédite   • Conclut à la supériorité de la première – politiquement incorrect

arendt essai-sur-la-revolution-b) La révolution Américaine :   • Non-violente, libertaire, fédéraliste, républicaine,   • Anglaise dans ses références   • Le débat, la loi, la Constitution, l’instruction, l’éducation, les institutions   • Les pères fondateurs des Etats-Unis.

c) La Révolution française :   • Violente, égalitaire, étatiste, universaliste dans ses prétentions   • Le concept, l’idéologie, la guillotine, la terreur, le tribunal révolutionnaire   • Les figures emblématiques du jacobinisme productrices de l’Etat-Nation

d) Vu de France : l’affront est manifeste…

e) L’esprit de la révolution disparaît avec son traitement jacobin   • Qui traduit son incapacité à produire un gouvernement   • Susceptible de pérenniser la belle énergie révolutionnaire.


2./ ELOGE D’UN « TRESOR PERDU »

a) Déplore le mépris du « trésor perdu » (523) de la tradition révolutionnaire : Le Conseil :   • Sa généalogie : à partir de la Révolution française   • Sa dernière manifestation : la révolution Hongroise de 1956.

b) Dans la France intellectuelle de ces années :   • Jacobinisme, robespierrisme, étatisme   • Sartre justifie 1793, la Terreur et déplore que le sang n’ait pas assez coulé.

c) L’éloge du conseillisme ?   • Impossible à entendre dans la France sartrienne, marxiste-léniniste, prosoviétique.


3./ QU’EST-CE QUE LA REVOLUTION ?

a) La guerre : phénomène qui remonte à la plus haute antiquité.   • La Révolution : phénomène récent : XVIII°, en France.   • Avant, des révoltes, pas des révolutions.

b) L’antiquité ignore la chose

c) Le mot apparaît avec Copernic, De la révolution des planètes :   • Le mot concerne la révolution des astres réglés par la nécessité naturelle.

d) Au XIX° :   • Infusé par le XVIII°, le mot quitte le registre astronomique   • Il entre dans le monde de l’Histoire   • Il y a révolution en fonction de la nécessité historique   • Hegel devient le philosophe de cette nouvelle vision   • La Révolution française, avec sa prétention à l’universel, devient phénomène planétaire   • Le mot fait alors sens sur la planète.


4./ LA PREMIERE REVOLUTION

a) La Révolution américaine : matrice de la Révolution française   • Renvoie à deux textes de Condorcet :   • L’influence de la Révolution d’Amérique sur l’Europe (1786)   • Sur la signification du mot révolutionnaire   • Pour Condorcet le mot n’est juste que si la chose s’effectue au nom de la liberté.

b) La liberté :   • Présentée comme une valeur petite-bourgeoise par les « révolutionnaristes » (331)   • Dans les situations révolutionnaires :  -  « Les révolutionnaires professionnels » bannissent vite le mot de leurs discours.

c) Les révolutions se font au nom de la liberté   • Mais elles échouent parce qu’elles renoncent à ce pour quoi elles ont été déclenchées.

d) Paradoxe :   • La révolution réalise le contraire de la liberté :   • Terreur, guillotine, sang versé, exécutions sommaires,   • Assassinats d’innocents suspectés de menées contre-révolutionnaires   • Puis, au XX° : tyrannies, dictatures, camps, gouvernements révolutionnaires   • « Nulle révolution n’a jamais réussi » (465).

e) La libération s’effectue au nom de la liberté   • Et elle réalise l’abolition de la liberté   • Pourquoi ?

f) Parce que les hommes de la Révolution française servent de modèle   • Et qu’ils n’ont pas su transformer le soulèvement révolutionnaire   • En gouvernement, en forme politique adéquats.


5./ LA QUESTION SOCIALE

a) Autre raison au devenir liberticide des révolutions :   • Le catéchisme néo-marxiste renvoie :  - Aux conditions économiques  - A la lutte des classes  - Au mode de production des richesses  - A l’état d’avancement du capitalisme  - Au rôle moteur des masses qui feraient l’histoire.

b) Hannah Arendt renoue avec l’esprit de Taine dans Histoire de la France contemporaine.   • Donne un rôle majeur aux passions dans la production de l’histoire.

c) Fait entrer dans ses analyses :   • Pitié, compassion, rancune, rancoeur, haine, envie, jalousie.

d) Ne disserte pas sur l’homme tel qu’il devrait être   • Ou tel que Rousseau et Robespierre l’imaginent :  - Naturellement bon

e) Mais sur les hommes tels qu’ils sont   • Avec leurs affects

f) Pose le problème de la question sociale en termes inhabituels :   • Les gens descendent dans la rue en 1789 non parce qu’ils ont lu Le Contrat Social,   • Mais parce qu’ils ont faim   • Donne un rôle majeur à la pauvreté   • Non comme une catégorie économique ou politique.

g) Mais comme un facteur psychologique :   • La pauvreté avilit :  - Car elle impose aux corps concrets la brutalité de la nécessité :  - Manger, boire, dormir, se protéger des intempéries.

h) Production d’Enragés aux deux sens du terme   • Ce sont « les forces de la nature, la force de la nécessité brute » (421) des Enragés qui vont faire la loi :   • Les révolutionnaires qui parviennent au pouvoir ?  - Ceux qui portent ce message de révolte   • La Constituante n’a rien changé à la vie concrète des pauvres   • Ils veulent plus et conduisent la révolution à sa perte par la surenchère égalitaire   • La liberté passe alors au second plan   • Le gouvernement révolutionnaire conduit les affaires en leur nom   • « Ce furent la nécessité, les besoins pressants du peuple qui déchaînèrent la Terreur et menèrent la révolution à sa perte » ( 377).   • « La liberté dut capituler face à la nécessité » (377).


6./ L’EGALITE CONTRE LA LIBERTE

a) Marx a commis une erreur en faisant de la pauvreté un fait de culture   • Et non un fait de nature.

b) Misère, pauvreté cessent de relever de la malédiction divine   • Deviennent le produit d’une société à abolir.

c) La misère serait imposée par la force aux pauvres   • Qui doivent répondre violemment à cette violence pour l’empêcher.

d) Marx ne veut pas une société de liberté   • Mais une société d’abondance :  - Chacun mangerait à sa faim   • La production socialiste et le partage communiste réaliseraient le bonheur des malheureux.

e) L’égalité ? L’objectif des « révolutionnaristes »   • Ils sacrifient la liberté pour l’égalité   • « La Révolution, quand elle se détourna de la fondation de la liberté en faveur de la libération de la souffrance, renversa les barrières de l’endurance et libéra, en quelque sorte, les forces destructrices du malheur et de la misère, au lieu de fonder la liberté » (423).

f) Aux Etats-Unis, il n’y avait ni misère, ni dénuement (!)   • Tout juste de la pauvreté   • « En Amérique les travailleurs étaient pauvres sans être misérables » (384)

g) Parce qu’il n’y a pas eu de misère américaine, mais de la pauvreté :   • Il n’y a pas eu terreur aux Etats-Unis.

h) La question sociale :   • Posée en terme politique en France : « libération de la nécessité » (423)   • Terreur inévitable…   • Robespierre veut le bonheur du peuple dans l’égalité, la Vertu   • Mais par la Terreur et le gouvernement révolutionnaire   • En termes institutionnels aux USA : « Construction de la liberté » (423).   • Démocratie réalisée…   • Jefferson veut le bonheur du peuple dans la prospérité.   • Par la création d’institutions fédérales   • par le gouvernement qui garantit la séparation et l’équilibre des pouvoirs.


 

<br> <a target="_blank" href="http://www.dailymotion.com/video/xhzpe_hannah-arendt-interview-a-new-york_creation" _mce_href="http://www.dailymotion.com/video/xhzpe_hannah-arendt-interview-a-new-york_creation">Hannah Arendt (Interview à New York)</a> <em>par <a target="_blank" href="http://www.dailymotion.com/MrKaplan" _mce_href="http://www.dailymotion.com/MrKaplan">MrKaplan</a></em>

 

7./ TOCQUEVILLE CONTRE MARX

a) Tocqueville cité comme un contrepoids à Marx   • Usages de Tocqueville par Furet pour contrer l’historiographie marxiste – Soboul, Mathiez…

b) Hannah Arendt cite De la démocratie en Amérique :   • Souscrit à sa thèse sur la passion de l’égalité en France : « En Amérique, on a des idées et des passions démocratiques ; en Europe, nous avons encore des passions et des idées révolutionnaires » (530).   • Souscrit à sa thèse selon laquelle :  - 1789 sert de matrice aux Révolutions européennes du siècle suivant.   • A quoi elle ajoute : 1848, 1871, 1917   • L’imitation de 89 empêche de saisir l’histoire du moment   • Les « révolutionnaristes » cherchent dans la Révolution française réponses à leurs questions contemporaines.

c) Pour Hannah Arendt :   • Marx est un philosophe, un théoricien, un homme de lettres, un révolutionnaire professionnel.   • Obsédé par la question sociale   • S’avère incapable de penser une forme politique nouvelle   • Capable de maintenir, contenir et réaliser la révolution.

d) « En fait, aucune histoire des classes oisives européennes ne serait complète sans une histoire des révolutionnaristes professionnels des XIX° et XX° siècle qui, à côté des artistes et des écrivains modernes, sont devenus les véritables héritiers des hommes de lettres du XVII° et du XVIII° siècle. Des artistes et des écrivains rejoignirent les révolutionnaristes parce que « le mot même de bourgeois finit par revêtir une signification abhorrée, tant esthétique que politique » (citation de Frank Jellinek) ; ensemble ils créèrent la bohème, cet îlot d’oisiveté bénie au coeur du siècle hyperactif de la révolution industrielle » (563).

e) Marx ?   • Penseur de la Bohème   • Révolutionnaire de bibliothèque

f) Lénine ?   • Un agitateur comme on en trouve dans les cafés de Vienne et de Zurich.

g) Tocqueville ?   • Analyste lucide et concret   • Une analyse politiquement incorrecte en France…


8./ MONTESQUIEU CONTRE ROUSSEAU

a) Tocqueville, contrepoison de Marx   • Montesquieu, contrepoison de Rousseau.

b) Montesquieu :   • La démocratie obtenue par la séparation des pouvoirs   • L’équilibre réalisé par les 3 pouvoirs séparés, gage d’un pouvoir contrôleur.   • La raison analytique froide.

c) Rousseau :   • Pathos romantique   • Raison congédiée au produit du sentiment   • Grand déballage du coeur devenu mesure de l’action.

d) Robespierre aimait Rousseau, l’homme du ressentiment   • Rousseau fait entrer les passions dans le jeu philosophique   • Robespierre devient le bras armé de ces théories   • D’un philosophe accablé par ses sentiments, ses émotions, son pathos.

e) Rousseau a moins le souci du peuple réel et concret, dont il ignore tout.   • Que la haine des aristocrates qui le chassent de leurs salons   • Où sa paranoïa le rend invivable.

f) Il idéalise un peuple de papier   • Il formule une « hypothèse » - l’homme naturellement bon   • Le peuple vertueux et bon s’oppose par nature   • A la noblesse des salons corrompue par la culture.

g) Discours sur les sciences et les arts :   • Idéalisation de la nature et exécration de la culture :  - haine de l’opéra, du théâtre, des livres, de l’imprimerie, de l’édition, de la gastronomie.   • Idéalisation de la misère  - Célébration de la frugalité  - (que le peuple subit sans l’avoir choisie).

h) Pour Hannah Arendt : Rousseau moins emblématique du Siècle des Lumières   • Que du Romantisme qui condamne la raison et lui préfère le sentiment.

i) Rousseau célèbre la pitié, la compassion   • Fait de la raison un instrument froid   • Se penche avec délectation morose sur son « âme déchirée »   • Construit à partir d’elle une haine de ce qui est individuel, subjectif, singulier.

j) Préfère :   • La communauté idéalisée   • La vertu réalisée par le contrat   • L’unité produite par le renoncement à soi   • Aspire au règne d’une volonté générale :  - Elle suppose le renoncement à soi au profit de la communauté   • Cette communauté permettrait de renouer avec la bonté originelle des hommes.


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9./ LA VERTU PAR LA TERREUR

• Ces raisonnements de papier deviennent homicides avec Robespierre

• Le peuple ?  - Un concept plus qu’une réalité.

• La vertu ?  - Moins un idéal moral qu’un objectif idéologique.  - Veut la fin d’un monde dit corrompu  - Et l’avènement d’un monde purifié.

• Le vice ?  - L’intérêt particulier :  - Egoïsme, individualisme, subjectivité, la liberté libre.

• La vertu ?  - L’intérêt général :  - La pitié, la compassion, quand elles accompagnent la volonté générale  - Renoncer à la liberté libre pour construire la liberté civique qui se définit par la loi  - Elle-même identifiée à la parole de qui dit parler pour le peuple  - La Terreur, indissociable de cette Vertu révolutionnaire  - Confondue au vice des génocidaires.

 

10./ MONTESQUIEU & CONDORCET

a) La loi par la raison   • Début du second Discours de Rousseau : « Commençons par écarter les faits »

b) Montesquieu, pragmatique et concret     • Propose la séparation des trois pouvoirs   • Cette théorie n’a pas joué de rôle dans la Révolution française    • Avant 1789, Turgot écarte cette idée   • Trop dangereuse pour le pouvoir royal   • En monarchie, la souveraineté réside dans la personne du monarque   • L’indépendance des pouvoirs permet la liberté et le contrôle du pouvoir centralisé   • Elle limite la puissance monarchique   • Elle garantit contre les dangers de la tyrannie.

c) Montesquieu n’est pas un fanatique de la vertu   • Il l’est plus des lois   • Croit que la vertu a besoin de limites   • Et que l’excès de raison n’est pas souhaitable.

d) Hannah Arendt défend le Montesquieu philosophe de l’histoire   • Prisonnier d’aucun dogme   • Analyse de façon lucide et rationnelle   • Analyse la cause de la chute des Empires :  - Prévoit que l’occident va vers plus de despotisme que de liberté   • Analyse la fin de la trilogie religion / tradition /autorité   • Annonce le règne de la tyrannie si rien n’est fait !

e) Pour Montesquieu :   • La république exige un petit territoire   • Comment résoudre le problème avec la vastitude des Etats-Unis ?   • Par le fédéralisme qui permet dans une même forme :  - La république et la démocratie  - Les petites républiques et leur fédération.

f) D’où l’avantage de la monarchie pour la politique étrangère   • Et de la république en matière de politique intérieure.

g) Permet :   • La diversité et l’alliance du pouvoir et de la liberté   • La séparation permet le contrôle, elle contrevient au régime despotique

h) Les pères fondateurs des Etats-Unis :   • Invoquent le nom de Montesquieu dès qu’il a été question de constitution   • Ils voulaient trouver la formule juridique qui autorise   • Le pouvoir & la liberté   • Les limites du pouvoir & l’exercice de la liberté.

i) Montesquieu pense la loi en pragmatique, pas en idéologue   • Elle est immanente,   • Elle relève d’une règle du jeu qui peut changer   • Car elle est sociologiquement déterminée   • Pas question de transcendance de la loi ou de religion de la loi.


11./ SOCRATE EST AMERICAIN

a) Hannah Arendt a opposé :   • Tocqueville le libéral pessimiste   • Marx le révolutionnaire optimiste   • Montesquieu le penseur de la liberté par la loi et du contrôle des pouvoirs par leur distinctions et leurs équilibres   • Rousseau le vindicatif égalitariste et misérabiliste.

b) Elle oppose :   • Socrate   • Machiavel – mais elle songe à Robespierre… « A plus d’un titre, Robespierre avait raison d’affirmer que « le plan de la Révolution française était inscrit en toutes lettres dans l’oeuvre… de Machiavel » ; il aurait pu aisément ajouter : nous aussi, nous « préférons la patrie au salut de notre âme » » (356).

c) Machiavel aurait lui aussi renoncé au salut de son âme pour le salut de sa patrie   • Il voulait la priorité de la réalisation de l’Etat   • L’intérêt particulier était le grand ennemi   • Il légitime la violence dans la réalisation de son projet   • A l’origine de toute civilisation se trouve un crime fondateur :  - Caïn & Abel pour le judéo-christianisme  - Remus & Romulus pour Rome  - Louis XVI pour les révolutionnaires.

d) Décapitation du Roi = décapitation de Dieu   • « Tout pouvoir vient de Dieu »   • Robespierre doit trouver une forme post-théocratique   • Il échoue.

e) Les révolutionnaires américains réussissent   • Car ils sont les fils de Socrate qui croit à la vérité de ce qui apparaît   • Pragmatisme américain : le réel a bien eu lieu.

f) Machiavel croit qu’il y a une transcendance derrière tout ce qui est   • L’idéologie française : préfère l’idée à la réalité  « Socrate enseignait : « Sois comme tu souhaiterais paraître à autrui », ce qui signifiait : « Apparais à toi-même comme tu souhaiterais apparaître à autrui ». Machiavel au contraire affirme : « Parais ce que tu souhaites être », par quoi il entendait : « Peu importe ce que tu es, c’est sans importance pour le monde et la politique où seules les apparences et non l’être « vrai » comptent ; si tu réussis à apparaître aux autres tel que tu souhaiterais être, c’est tout ce que peuvent exiger de toi les juges de ce monde » » (414).

g) D’un côté : la révolution américaine   • La vérité grecque   • La coïncidence entre soi et soi   • Le souci de l’immanence.

h) De l’autre : la révolution française   • La fiction florentine   • La dissociation entre soi et soi   • La logique transcendante.


BIBLIOGRAPHIE :

• Hannah Arendt, Essai sur la révolution, Tel Gallimard

• Tocqueville, L'ancien régime et la révolution, Idées Gallimard

• Marc Vieillard, Contre Tocqueville, Le temps des cerises

• David Hume, Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau, Alive

• Huizinga, L'homme qui s'est fait saint. J. J. Rousseau, Perrin

• Montesquieu, L'esprit des lois, Garnier Flammarion


5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 23:53

 


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8) « HANNAH ARENDT EST-ELLE UNE NAZIE ? » - 06.08.2014



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SYNOPSIS


1./ QUELLE JUIVE EST HANNAH ARENDT ?


hannah aerendt nazie

 

a) « Hannah Arendt est-elle une nazie ? »   • Titre du Nouvel Observateur, 1966 :   • Lors de la parution de la traduction française de Eichmann à Jérusalem, Gallimard.   • Titre de la double page de réactions de lecteurs.

b) Lettre à Gershom Scholem (20 juillet 1963) :

1) Dit être juive comme elle est femme :   • Sans que ça lui pose problème

2) Récuse l’idée qu’il lui faudrait, parce que juive, manifester un particulier « amour du peuple juif ou Ahavat (sic) Israel » (Ecrits Juifs, 645).

3) Souhaite obtenir de Gershom Scholem des informations sur cette notion :   • Ahavath Eretz Israël : « Amour de la Terre d’Israël »   • Ahavath Am Israël : « Amour du Peuple Juif »   • De quand date-t-elle ?   • Quel rôle a-t-elle joué dans le judaïsme ?   • Qui l’utilise la première fois ?   • Quand ? Où ?   • Dans la littérature hébraïque ?

4) « Vous avez tout à fait raison : je n’ai jamais « aimé » de toute ma vie quelque peuple ou quelque collectivité que ce soit – ni le peuple allemand, ni le peuple français, ni le peuple américain, ni la classe ouvrière, ni quoi que ce soit du même genre. Je n’aime effectivement que mes amis et je suis absolument incapable de tout autre amour. En second lieu, étant donné que je suis moi-même juive, cet amour des Juifs me paraîtrait trop suspect. Je ne m’aime pas moi-même, et je n’aime pas ce que je sais faire d’une certaine manière partie de ma propre substance » (646).

5) Rapporte une conversation avec Golda Meir :   • Hannah Arendt déplore l’absence de séparation en Israël entre Etat et Religion.   • Golda Meir répond : « Vous comprendrez qu’en tant que socialiste je ne crois pas en Dieu, je crois dans le peuple juif » (646)   • Une déclaration « effroyable » selon Hannah Arendt.   • Imagine ce qu’elle aurait du répondre : « La grandeur de ce peuple est venue un jour de ce qu’il a cru en Dieu, et qu’il a cru en Lui de telle manière que sa confiance et son amour pour Lui surpassaient sa crainte. Et voici qu’à présent ce peuple ne croirait plus qu’en lui-même ? Que peut-il en sortir ? – Et bien, c’est en ce sens que je n’« aime » pas les Juifs et que je ne « crois » pas en eux ; mais il va de soi, et c’est un fait, que je fais partie de ce peuple » (646).

6) Etre juif ne donne pas des droits, mais des devoirs :   • « L’injustice commise par mon propre peuple m’émeut naturellement plus que l’injustice commise par d’autres peuples »   « La peine que j’éprouve ainsi n’est pas destinée à être proclamée, même si elle commande, au plus secret de moi-même, certaines actions et certaines attitudes » (647).

7) Concernant Eichmann :   • « Ce qui vous déconcerte, c’est que mes arguments et ma manière d’aborder les questions sont imprévisibles. En d’autres termes, c’est le fait que je suis indépendante. J’entends par là, d’une part, que je n’appartiens à aucune organisation et que je ne parle jamais qu’en mon propre nom ; et, d’autre part, que je ne tire profit que du Selbstdenken, (MO : penser par soi-même, une invite faite par Lessing) si bien que, quelles que soient vos objections quant aux résultats, vous-même ne les comprendrez que si vous réalisez qu’ils sont vraiment de mon cru et de celui de personne d’autre » (649).


2./ LE SIONISME D’EICHMANN (MAUVAISE FOI I)

a) Eichmann à Jérusalem a été mal compris :   • Y est-elle pour quelque chose ?

arendt--eichmann_a_jerusalem.jpgb) Dans sa lettre à Scholem, s’étonne qu’on puisse croire qu’elle a fait de lui un sioniste :   • « Si vous n’avez pas saisi l’ironie de cette phrase, qui est en outre on ne peut plus clairement au style indirect, c’est-à-dire qui explique la manière dont Eichmann se présentait lui-même, je n’y peux vraiment rien » (647).   • Ironie ?   • Elle écrit que son supérieur hiérarchique, Von Mildenstein, « lui enjoignit de lire Der Judenstaadt de Theodor Herzl, le grand classique de la littérature sioniste qui convertit Eichmann, immédiatement et pour toujours, au sionisme. Il semble que ce fut là le premier livre sérieux qu’il ait jamais lu et il en fut durablement marqué » (1057).

c) On peut être sioniste et nazi…   • Eichmann travaille plusieurs années à un projet de déplacement des Juifs à Madagascar   • Projet soutenu par les nazis jusqu’à Wansee (1942).

d) Hannah Arendt écrit que Eichmann souhaite alors (selon son expression) :   • « Mettre un peu de terre ferme sous les pieds des juifs » (1057).

e) Un chapitre intitulé : « Un spécialiste de la question juive »   • Montre la cohésion sioniste de Eichmann de 1933 à 1942   • Souscrit à l’extermination par obéissance plus que par idéologie   • Cette obéissance illustre la banalité du mal.

f) Elle écrit :   • « Il peut être utile de mentionner qu’en 1939 encore il semble avoir protesté contre ceux qui profanaient la tombe de Herzl à Vienne et certains comptes-rendus font état de sa présence, en civil, à la commémoration du trente-cinquième anniversaire de la mort de Herzl » (1057)   • Autrement dit : le 3 juillet 1939.

g) Poursuit sa démonstration que Eichmann était sioniste :   • Fait des conférences sur le sionisme   • Etudie scrupuleusement l’organisation du mouvement sioniste   • Est en contact avec des responsables juifs sionistes   • Fait savoir qu’il aime chez les Juifs « leur idéalisme » (1058)   • A savoir : la cohérence de leur engagement :   • Ils vivent les idées auxquelles ils croient   • Dit sa préférence pour les Juifs sionistes :  */ Aux Juifs assimilationnistes : Ils diluent leur identité dans un peuple qui n’est pas le leur  */ Aux Juifs orthodoxes : Qui l’ennuient.   • Apprend l’hébreu,   • Mais juste pour lire un journal en yiddish,   • Un ancien dialecte allemand écrit en langue hébraïque   • compréhensible par n’importe quel allemand   • Lit un livre de Böhm, mais le confond avec celui de Herzl.

h) Portrait d’Eichmann   • Capacités intellectuelles limitées   • Mélange ses mots à l’oral :  - Fait rire le tribunal par ses fautes d’expression   • Orateur qui juxtapose les clichés   • Piètre sujet sans mémoire :  - Confond Madagascar et l’Ouganda (1092)   • Incapable de construire une phrase :  - En fait « un cas bénin d’aphasie » (1064)   • Signale son « incapacité à penser » (1065).   • Ne lit pas les livres de la bibliothèque familiale   • Ne lit que les journaux.   • Conclusion : « Tout le monde pouvait voir que cet homme n’était pas un monstre ; mais il était vraiment difficile de ne pas présumer que c’était un clown » (1071).


3./ UN CLOWN SIONISTE ET KANTIEN

a) Hannah Arendt dénie qu’il puisse se dire kantien   • Lors de son procès, Eichmann « déclara soudain qu’il avait vécu toute sa vie selon les préceptes moraux de Kant, et particulièrement selon la définition kantienne du devoir. A première vue, c’était faire outrage à Kant et c’était aussi incompréhensible, dans la mesure où la philosophie morale de Kant est étroitement liée à la faculté humaine de jugement qui exclut l’obéissance aveugle » (1149).

b) Pourtant :

c) L’un des juges lui demande ce qu’il en est de son rapport à Kant :   • « A la stupéfaction générale Eichmann produisit une définition approximative, mais correcte de l’impératif catégorique : « Je voulais dire, à propos de Kant, que le principe de ma volonté doit toujours être tel qu’il puisse devenir le principe des lois générales ». (Ce qui n’est pas le cas pour le vol, ou le meurtre, par exemple, car il est inconcevable que le voleur, ou le meurtrier, puisse avoir envie de vivre sous un système de lois qui donnerait aux autres le droit de le voler ou de l’assassiner). Interrogé plus longuement, il ajouta qu’il avait lu la Critique de la raison pratique de Kant » (1150).   • Difficile, pour Hannah Arendt, de pouvoir écrire en même temps, du même homme « qui, de son propre aveu, avait toujours été complètement réticent à lire quoi que ce fût, à part les journaux, et qui, au grand désespoir de son père, n’avait jamais profité des livres de la bibliothèque familiale » (1058).


4./ UN KANTIEN CHEZ LES NAZIS (MAUVAISE FOI II)

a) Dans Conférences sur la philosophie politique de Kant (1970)  - Affirme que, contrairement à Platon, Aristote, Augustin, Thomas, Spinoza, Hegel et autres,  - Kant « n’a jamais écrit une philosophie politique » (21)

• La philosophie de l’histoire ?  - La politique « y est traitée comme un thème secondaire » (21)

• Le projet de paix perpétuelle ?  - Kant ne le « prenait pas trop au sérieux » (22).

• La Doctrine du droit ?   - « Si vous la lisez, passablement ennuyeuse et pédante -, il est difficile de ne pas être de l’avis de Schopenhauer : « Tout se passe comme si ce n’était pas l’oeuvre de ce grand homme, mais ce qui est sorti de la médiocre pensée d’un homme du commun » » (22).   - Or la Doctrine du droit aborde dans sa II° partie :   - La question du « Droit public »   « Le droit politique »,  + Les droits du souverain,   - « Du droit de punir et de gracier » : + Eloge de la peine de mort + Casuistique de l’infanticide et du duel   - « Du rapport juridique du citoyen avec la patrie et avec l’étranger » : + Eloge de la « déportation » (Vrin, 221) + Interdiction de l’insurrection (223) + Fidélité au serment   - « Le droit des gens » : + Sur le droit de la guerre   - « Le droit cosmopolitique »

b) Eichmann a lu Kant, incité par son père :   • La Critique de la raison pratique  - Qui sauve le christianisme : les postulats de la raison pure.

c) Arendt ne veut pas qu’Eichmann ait pu être kantien :   • « A première vue (sic), c’était faire outrage à Kant et c’était aussi incompréhensible, dans la mesure où la philosophie morale de Kant est étroitement liée à la faculté humaine de jugement qui exclut l’obéissance aveugle » (1149).   • Pourquoi pas dans un second temps ?

d) Compatibilité kantisme & nazisme :

A. Dans La Doctrine du droit :   1. Distingue et sépare moralité et légalité   2. Invite le citoyen à se soumettre à la loi  • Parce que c’est la loi  • Pour sa forme, et non son contenu  • Parce qu’elle cristallise la souveraineté  • « Obéissez à l’autorité qui a puissance sur vous » parce qu’elle a puissance sur vous.  • Hitler arrive légalement au pouvoir…  • Il incarne la souveraineté.   3. En politique : légalité = moralité  • Le souverain bien = l’Etat dans lequel règne l’ordre juste   4. Interdit l’insurrection :  • Kant interdit au peuple de résister aux « abus » et à « l’insupportable » commis par un tyran : « Le principe du devoir du peuple de supporter un abus, même donné comme insupportable, de la part du pouvoir suprême, réside en ce que sa résistance contre la législation suprême ne peut jamais être considérée que comme illégale, voire même comme détruisant toute constitution légale. Une modification de la constitution (mauvaise) de l’Etat peut bien parfois être nécessaire, mais elle ne peut être accomplie que par le souverain lui-même au moyen d’une réforme, et non par le peuple, donc par une révolution »

B. Dans Qu’est-ce que les lumières ?   1. Kant :  • « Il serait très dangereux qu’un officier à qui un ordre a été donné par son supérieur, voulût raisonner dans son service sur l’opportunité ou l’utilité de cet ordre ; il doit obéir ».  • Transposons dans la configuration du procès de Jérusalem : « Il serait très dangereux que l’officier Eichmann à qui un ordre a été donné par son supérieur Müller, voulût raisonner dans son service sur l’opportunité ou l’utilité de cet ordre ; il doit obéir ».   2. Distingue usage privé et usage public de la raison  • Le fonctionnaire peut trouver une décision de l’Etat injuste  • Mais il doit lui obéir.

C. Il manque, chez Kant, les droits de :   1. désobéir (à l’arbitraire),   2. refuser (l’injustice),   3. résister (à l’oppression),   4. se rebeller (contre l’iniquité),   5. dire non à la loi (inique),   6. récuser le droit (de classe ou de caste),   7. contester les règles (despotiques).

 

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5./ « L’IMPENSABLE BANALITE DU MAL »

a) Hannah Arendt a brossé le portrait d’un être :   • Vil, veule, vantard, menteur, inculte, illettré, ignare, quasi demeuré   • Elle sous-titre : un Rapport sur la banalité du mal.   • Il lui faut donc un homme banal, aux franges de la pathologie :  - Incapable de communiquer, n’ayant pas le sens d’autrui, clos sur lui-même, protégé par des mécanismes de défense, déconnecté de la réalité (1065).

b) Son analyse se veut une « longue étude sur la méchanceté humaine »   • Conclut en invoquant « la leçon de la terrible, de l’indicible, de l’impensable banalité du mal » (1262).   • Où y a-t-il banalité ?  - Pas de démoniaque, pas de mal absolu  - Mais « la mesquinerie de cet assassinat collectif sans conscience de culpabilité, et (dans) la médiocrité dépourvue de pensée de son prétendu idéal : les meurtriers ont tué non pas pour tuer, mais parce que cela faisait partie du métier » (Ecrits Juifs, 669).   • Quand y a-t-il banalité ?  - Journal de pensée (avril 1953) : « Le mal radical existe, mais pas le bien radical. Le mal radical naît toujours lorsqu’on espère un bien radical » (I.371).

c) Malentendu terrible :   • On a cru qu’elle avait banalisé le criminel de guerre, donc le crime de guerre   • Qu’elle avait minimisé la catastrophe de la Shoah   • Or elle a voulu aborder le mal non comme essence   • Mais comme fait.

d) Les essentialistes voulaient   • Le mauvais Nazi et le bon Juif   • Un bourreau coupable et des victimes innocentes.

e) Au lieu de cela, elle présente :   • Eichmann comme :  - Un clown grotesque, un pitre, un raté, un pauvre type  - Le personnage d’une comédie pitoyable  - Le jouet d’une parodie de procès théâtralisée   • « Cet homme n’était pas un monstre » (1070).   • Les Juifs comme co-responsables d’une partie de leur destin.


6./ LE ROLE DES CONSEILS JUIFS

a) Car il y eut des « Conseils Juifs » (1130), Judenräte,   • Puis une « police spéciale juive » (id),   • Constitués exclusivement de Juifs qui collaboraient avec le régime nazi et aidaient à la déportation des leurs.

b) Hannah Arendt : « Eichmann attendait – et reçut, à un degré absolument extraordinaire – leur coopération » (1131).

c) « Si les juifs n’avaient pas aidé au travail de la police et de l’administration – j’ai déjà mentionné comment la rafle ultime des juifs à Berlin fut l’oeuvre exclusive de la police juive – il y aurait eu un chaos complet, ou il aurait fallu mobiliser une main d’oeuvre dont l’Allemagne ne pouvait se passer ailleurs » (1131).   • « Pour un juif, le rôle que jouèrent les dirigeants juifs dans la destruction de leur propre peuple est, sans aucun doute, le plus sombre chapitre de toute cette sombre histoire » (1132).

d) Que faisaient les Conseils Juifs à Berlin, Amsterdam, Varsovie et dans d’autres grandes villes d’Europe ?   1. Dresser la liste des personnes à déporter et de leurs biens,   2. Obtenir d’elles les fonds avec lesquels elles paieraient les frais de leur déportation, puis de leur extermination,   3. Remettre en main propre au nazi les sommes ainsi obtenues,   4. Recenser les appartements vides,   5. Fournir les forces de police qui contribuent aux arrestations,   6. Faire monter les juifs dans les trains de la mort,   7. Distribuer les étoiles jaunes,  • (l’occasion d’un commerce lucratif car les brassards en toile étaient de moins bonne qualité que les versions plastifiées donc lavables… )

e) Les choix effectués par les Conseils validaient des distinctions nazies entre :   • Juifs allemands & Juifs polonais,   • Juifs anciens combattants décorés & « Juifs ordinaires »,   • Juifs aux familles implantées depuis longtemps en Allemagne & Juifs récemment naturalisés,   • Juifs éminents & Juifs sans réputation.

f) La police juive ne fut pas plus douce   • Mais plus brutale, moins corruptible.

g) « Les nazis considéraient la coopération des juifs comme la pierre angulaire même de leur politique juive » (1138).   • Aucun membre de ces Conseils n’a été appelé à la barre à Jérusalem.

h) Certains Juifs travaillaient à l’extermination   • Couper les cheveux   • Arracher les dents   • Creuser les tombes   • Effacer les traces

i) Des techniciens construisaient les chambres à gaz à Teresienstadt   • Hannah Arendt oublie qu’ils sont dans les camps,   • Elle les trouve aussi responsables que ceux qui sont à l’extérieur   • L’amalgame a pu blesser…


7./ LA SERVITUDE VOLONTAIRE

a) « Partout où les juifs vivaient, il y avait des dirigeants juifs, reconnus comme tels, et cette direction presque sans exception, a coopéré d’une façon ou d’une autre, pour une raison ou une autre, avec les nazis. Toute la vérité est que, si le peuple juif avait vraiment été non organisé et dépourvu de direction, le chaos aurait régné, il y aurait eu beaucoup de misère, mais le nombre total des victimes n’aurait pas atteint quatre et demi à six millions » (1139).

b) Pulvérise une autre idée reçue : il n’y a pas eu d’opposition de gauche   • La gauche ne s’opposait pas à Hitler : « Par principe (elle) n’accordait aucune signification aux problèmes moraux et encore moins à la persécution des Juifs - une pure « diversion » destinée à faire oublier la lutte des classes qui, aux yeux de la gauche, dominait toute la scène politique » (1112).

c) La construction des camps et la politique de réarmement restaure le plein emploi   • La gauche est déstabilisée   • L’opposition : démoralisée par « la tactique du Parti Communiste qui invitait à rejoindre les rangs du parti hitlérien afin de s’y installer tel un Cheval de Troie » (1112).

d) Ni les communistes,   • Ni les socialistes : « il n’y eut aucune résistance socialiste organisée en Allemagne pendant la guerre » (1113)   • Ni les non juifs,   • Ni même les Juifs, donc, n’ont résisté   • L’administration, l’armée, l’Etat-Major, l’université, la magistrature, le monde des affaires, les intellectuels, tous ont collaboré…


8./ POUVAIT-ON RESISTER ?

a) Oui répond Hannah Arendt   • Des SS ont refusé et n’ont pas été tués   • Pas un seul document du procès de Nuremberg ne fait état d’une seule exécution (Ecrits juifs, 648)   • Eichmann n’encourait donc pas la cour martiale, mais le tribunal de police et de SS.

b) Lettre à Scholem concernant les Juifs qui ont collaboré : « Il n’y avait aucune possibilité de résistance, mais il y avait la possibilité de ne rien faire. Et pour ne rien faire, il n’était pas nécessaire d’être un saint ; il suffisait de dire : je ne suis qu’un simple Juif et je ne désire pas autre chose ».   Puis : « En outre, ces gens n’étaient pas soumis à la pression immédiate de la terreur, mais seulement à une pression indirecte. Je sais à quoi m’en tenir en ce qui concerne les différences de degrés à ce sujet. Il existait toujours un espace pour la liberté de décision et d’action. (…) Etant donné qu’en politique nous avons affaire à des hommes et non à des héros ou à des saints, cette possibilité de non-participation est décisive pour porter un jugement sur l’individu, et non sur le système » (Ecrits juifs, 648).


CONCLUSION

a) Dans la fin de Eichmann à Jérusalem :   • Les nazis on effacé leurs traces :   • Mais l’oubli n’a pas été possible

b) La leçon de cette histoire ?  « Politiquement, elle est que, dans des conditions de terreur, la plupart des gens s’inclineront, mais que certains ne s’inclineront pas ; de même, la leçon que nous donnent les pays où l’on a envisagé la Solution finale, est que « cela peut arriver » dans la plupart d’entre eux, mais que cela n’est pas arrivé partout. Humainement parlant, il n’en faut pas plus, et l’on ne peut raisonnablement pas en demander plus, pour que cette planète reste habitable pour l’humanité » (1243).


BIBLIOGRAPHIE :

• Hannah Arendt, Ecrits juifs, Fayard

• Hannah Arendt, Gershom Scholem, Correspondance, Seuil

• Hannah Arendt et Joachim Fest, Eichmann était d'une bêtise révoltante, Fayard

• Hannah Arendt, Juger, Points Seuil

• Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, Folio

• Kant, Doctrine du droit, Vrin

• Michel Onfray, Le songe d'Eichmann, Galilée

• Hannah Arendt (le film), Margarethe von Trotta (2012)

 

 

 "Hannah Arendt",  film de Margarethe Von Trotta avec Barbara Sukowa (2012)


5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 18:28

 

 

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Published by marc et ewa - dans Nausée
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