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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 23:28

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

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7) « FABRIQUER DES "HOMMES SUPERFLUS" » - 05.08.2014

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !


SYNOPSIS


Les origines du totalitarisme, trois parties :   • L’antisémitisme,   • L’impérialisme,   • Le totalitarisme.


PREMIERE PARTIE : L’ANTISEMITISME


arendt antisemitisme1./ UNE PHENOMENOLOGIE PRAGMATIQUE

a) Ne théorise pas   • Traque ce qui « cristallise »

b) N’essentialise ni « le Juif », ni « le Nazi ».

c) Ceux qui essentialisent ne peuvent pas penser :   • Eichmann dans la banalité   • Le rôle des Conseils Juifs dans la sérénité.

d) Ni idéaliste, ni matérialiste, pragmatique   • Ne crée aucun concept   • Ne disserte sur aucune essence   • La Shoah et le Totalitarisme pensés dans la concrétude   • En phénoménologue qui analyse les faits   • Avec l’histoire fragmentée, explosée, diverse, multiple.

e) Dans L’antisémitisme : ne parle pas du Juif   • Mais de la multiplicité des êtres juifs   • Non pas l’Etre-Juif, mais les étants juifs :   • Les « juifs de cour » (233) qui finançaient les guerres de l’Etat français au XVII° et les « juifs pauvres » (292),   • Les « juifs riches » (233) et les « juifs parias »,   • Les juifs dans la presse, la finance, la diplomatie, le théâtre, la musique et les juifs escrocs impliqués dans les scandales, comme Panama.   • Les « notables juifs » qui veulent dominer « le peuple juif » (294), et les « juifs d’exception » (300) tel Disraëli,   • Les juifs baptisés et assimilés et les juifs sionistes,   • Les juifs dreyfusards et les « juifs antisémites » (345),   • Les juifs d’Alsace et les juifs français,   • Les juifs parisiens et les juifs d’Europe centrale,   • Les juifs de Bordeaux et les juifs des provinces de l’Est (237).

f) Pas question, donc, de parler du Juif…   • Le 1er qui essentialise :  - En 1792 : le journaliste Carl Wilhelm F. Grattenauer  - Stigmatise l’influence des juifs à Berlin  - Reprécise en 1802 avec un Wider die Juden dans lequel « il décrivait les Juifs comme l’essence même d’une société de philistins et de parvenus » (292).


2./ CONTRE SARTRE

a) Le Juif, une créature de l’antisémite

b) « Une connaissance même sommaire de l’histoire juive, dont le souci constant, depuis l’exil babylonien, a toujours été la survie du peuple juif, en dépit des dangers énormes résultant de sa dispersion, suffirait à écarter le mythe le plus récent sur ce sujet, devenu à la mode dans les cercles intellectuels depuis que l’« existentialisme » sartrien a défini le Juif comme celui qui est considéré et défini comme Juif par les autres » (185).


3./ UNE GRANDE FRESQUE

a) La geste juive dans plusieurs pays d’Europe au travers plusieurs siècles

b) Chantier profus et diffus

c) Ne répond pas à la question : pourquoi l’antisémitisme ?

d) Récuse les différentes explications :   • Le peuple juif bouc émissaire de la négativité dans une civilisation   • L’antisémitisme comme garantie de la survie du peuple juif   • Le juif comme figure emblématique du capital   • Les juifs organisés dans un complot secret   • L’antisémitisme comme garantie de la pérennité des juifs que l’assimilation mettrait en péril   • L’antisémitisme en relation avec les scandales économiques, politiques et financiers   • Le goût des juifs pour la célébrité ou la fréquentation des célébrités   • Les juifs comme agents de l’Angleterre

e) Répond à la question : comment l’antisémitisme ?   • Face à la réalité antisémite européenne,   • Une réponse s’impose : le sionisme   • Qui table sur la validité du modèle de l’Etat-Nation…   • … dont Hannah Arendt nous dit qu’il est en péril !

 


DEUXIEME PARTIE : L’IMPERIALISME

 

arendt imperialsme1./ LE ROLE DE LA BOURGEOISIE

a) La bourgeoisie souhaite de nouveaux débouchés pour ses marchés :   • Eloge de l’expansionnisme   • Avec assimilation   • Avec conquête violente et brutale   • Mettre la main sur les richesses du pays conquis.

b) L’impérialisme n’est pas le stade suprême du capitalisme   • Mais la première phase de la domination bourgeoise

c) Une première dans l’histoire :   • La classe possédante aspire à gouverner

d) La bourgeoisie défend alors les institutions et l’Etat :   • Car ces instruments permettent de conserver la propriété privée

e) La conquête de pays avec des sous-sols riches permet :   • De créer des richesses et des hommes superflus

f) L’impérialisme permet de créer une société inégalitaire :   • Maître / esclaves   • Blancs / noirs   • Européens / autochtones   • Races supérieures / races inférieures   • Il construit sa puissance sur le racisme.


2./ LE ROLE DE LA « POPULACE »

1) Ce qu’elle est :   a) Le peuple construit l’Histoire et sait dans quelle direction il va   b) La populace est une masse informe qui veut un maître  • Et l’acclame d’autant plus fort qu’il parle plus haut   c) Elle naît de la société dont elle est exclue  • Et du fait qu’elle n’est pas représentée dans les démocraties parlementaires     d) Elle est forte du rebut de la société   e) Juifs et gens de couleur : ses victimes prioritaires   f) Sensible à l’idéologie de la cause unique pour structurer l’univers  • L’idéologie attire et fédère cette masse   g) Ecrase tout ce qui est moins fort qu’elle.

2) Ce qu’elle fait :   • Dans l’impérialisme, elle s’allie avec le capital   • Elle s’allie avec la racaille sans foi ni loi utilisée par les colons   • Imperméable au discours chrétien et aux vertus évangéliques.


3./ PENSEE RACIALE, PENSEE RACISTE

a) Le racisme, idéologie de l’impérialisme   • La discrimination se fait dans la pensée raciale

b) Mais toute pensée raciale n’est pas une pensée raciste (Hannah Arendt)   • Il faut pour cela une activation de ces idées par la populace   • Conduite par un homme fort   • Qui se sert du discours pour rassembler autour de lui   • Et transformer cette populace en masse capable de mouvements   • Le mouvement de masse s’initie dans la récupération des forces de la populace par un meneur de foule.

c) Gobineau invente son propre arbre généalogique   • Pour s’inventer des racines de noble frustré   • Intellectuel romantique qui identifie chute de sa classe & chute de la France   • Puis chute de la civilisation, enfin chute de l’humanité.

d) Constat pessimiste :   • Impossible de le récupérer dans une idéologie raciale :   • On ne peut restaurer un ancien ordre définitivement perdu.

e) Avec sa pensée raciale, Gobineau n’invente pas le racisme   • Qui découle de Disraeli…


4./ DISRAELI

a) Hannah Arendt donne son portrait dans « un puissant magicien » (300)   • Juif assimilé, baptisé, brillant, ambitieux, dandy, intellectuel, romancier, béni des dieux, subtil, spirituel, intelligent, doué, mystérieux, virtuose,   • Prototype du « juif d’exception » (303),   • Sans nom et sans fortune,   • Mais ami de la reine,   • Se croyant élu issu du peuple élu sans croire au Dieu qui élit,   • Fasciné par les banquiers juifs et le pouvoir des sociétés secrètes,   • « C’était un Anglais impérialiste et un Juif chauvin » (309)

b) Admiration de Hannah Arendt pour le personnage   • Dont elle dit à plusieurs reprises… qu’il est un « charlatan » (310) !

c) Disraeli insiste « sur la supériorité de la race comme facteur déterminant de l’histoire et de la politique » (447).   • Ne met pas directement en place la politique raciale   • Mais invente un mécanisme dont découle le racisme :   • La bureaucratie   • L’usage du secret dans la tradition militaire disciplinaire   • Le gouvernement par rapports et décrets d’une caste fermée   • La gestion des choses par des mesures administratives pour produire le gouvernement des hommes.

d) Cette façon de faire n’est ni colonialiste ni raciste   • Mais elle contribue à nourrir le racisme du XX° siècle    • L’impérialisme est un pas vers le totalitarisme.

 


TROISIEME PARTIE : LE TOTALITARISME

 

arendt totalitarisme1./ HITLER ET STALINE

a) La IIIème partie : ce qui a valu sa réputation à Hannah Arendt   • Thèse :   • Parenté structurelle entre marxisme-léninisme de Staline et national-socialisme de Hitler   • Deux régimes dits totalitaires   • Les systèmes nazis et bolchevique constituent « des variantes du même modèle » (204).

b) Distingue : dictatures, tyrannies, despotismes, régimes totalitaires :   • Pétain, Franco relèvent des « dictatures non totalitaires » (615).   • Mussolini : « dictature fasciste de nature non totalitaire » (615)   • Mao et Castro, idem   • Régimes d’autorité,   • Avec parti unique,   • Construits autour d’un chef qui est un leader charismatique dont la parole fait la loi   • Liberté réduite   • La démocratie n’y existe pas   • Mais il ne s’agit pas de totalitarisme

c) La monarchie fonctionne avec l’honneur   • La république avec la vertu   • La tyrannie avec la peur   • Le régime totalitaire avec la terreur.

 

2./ FLUCTUATION DANS LES DATES

a) L’Allemagne devient totalitaire dès qu’elle établit les camps de concentration (1942) « Lorsque la guerre éclata, l’Allemagne n’était pas encore complètement totalitarisée » (745), soit 1940.   • Elle affirme également : « Jusqu’à présent, nous ne connaissons que deux formes authentiques de domination totalitaire : la dictature du national-socialisme après 1938, et celle du bolchevisme depuis 1930 » (758).

b) Après 1938 ? Nuit de Cristal ? du 9 novembre 1938 ?   • En Allemagne, les camps datent de 1933 : Dachau est le premier   • Idem avec l’incendie du Reichstag (1933)

c) Dans Eichmann à Jérusalem, Hannah Arendt écrit cette fois-ci : « Le régime nazi ne devient ouvertement totalitaire et ouvertement criminel qu’à partir du déclanchement de la guerre, le 1er septembre 1939 » (1085).

d) Cette valse hésitation sur la date qui permet de dater le totalitarisme :   • Après 38   • En 1939   • En 1940   • En 1942   • Cette valse permet de faire de Heidegger le Recteur d’un régime dictatorial…   • … mais pas totalitaire !

e) Hitler post 38, voire Hitler 42 et Staline 1930 : dates de naissance du totalitarisme   • Dans tous les cas : c’est Staline qui commence…

f) Hitler méprisait les fascismes européens   1) Mais les nazis avouaient « leur authentique admiration du régime bolchevique en Russie » (616).   2) Ailleurs : « Dès le début des années 20, Hitler reconnut l’affinité entre les mouvements nazis et communistes » (616) - à l’époque de Lénine, donc, en non de Staline…   3) Elle ajoute : « Le seul homme pour lequel Hitler eût un respect sans borne était le génial Staline ».   4) Puis ceci : « Nous savons (…) depuis le discours de Kroutchev devant le XX° congrès du Parti, que Staline n’eut confiance qu’en un seul homme, et que cet homme était Hitler » (617).   5) Elle précise également dans une note : « Nous savons aujourd’hui que Staline fut averti à maintes reprises de l’attaque imminente de Hitler contre l’Union Soviétique. Même lorsque l’attaché militaire soviétique à Berlin l’informa du jour de l’attaque nazie, Staline refusa de croire que Hitler violerait le pacte » (617).   6) Enfin ceci : « Hitler n’eut jamais l’intention de défendre l’Occident contre le bolchevisme, mais resta toujours prêt à s’allier aux Rouges pour la destruction de l’Occident, même au plus fort de la lutte contre la Russie soviétique » (616).

g) Le Pacte Germano-Soviétique avait un sens idéologique profond :   • Hitler & Staline se réunissent contre leurs ennemis communs :   • Le capitalisme et la finance   • La bourgeoisie et ses valeurs   • Le nihilisme et ses intellectuels   • Le décadentisme européen et l’impérialisme britannique   • Les juifs et leur « conspiration mondiale (fictive) » (216).

h) Dans Les origines du totalitarisme,   • Hannah Arendt ne parle jamais du pacte Germano-Soviétique, mais du « Pacte Germano-Russe » (415 et 556)   • Une façon subtile d’épargner la logique léniniste des soviets.


3./ IL FAUT SAUVER LE SOLDAT LENINE

a) La philosophe du totalitarisme conserve une certaine tendresse pour Lénine…   • La date de 1930 pour le totalitarisme en URSS permet d’épargner Lénine.

b) Lénine :   • L’homme de la Révolution Bolchevique de 1917   • Idéaux nobles, généreux, défendables   • Homme pragmatique :  - Sa Nouvelle Economie Politique de 1921 entamait une réconciliation entre peuple et gouvernants (205)   • Pragmatique (bis) :  - A sa mort, il n’excluait pas le recours à la coopérative, à l’économie privée, au socialisme ou au capitalisme d’Etat, voire à la libre entreprise.  - Ce qui aurait éviter de mettre en péril la nouvelle structure du pays (629)   • Fidèle :  - Restait fidèle à l’idéal des soviets qui « empêchaient le développement d’une autorité absolue de la hiérarchie du parti » (629)   • Humain (!) :  - Lénine avait mis en place une « terreur dictatoriale »  - Elle n’avait rien à voir avec « la terreur totalitaire » de Staline :  - La première « ne menace que (sic) les opposants authentiques, non les inoffensifs citoyens qui n’ont pas d’opinions politiques » (632)   • Fidèle (bis) :  - Lénine ne s’est jamais affranchi du programme du parti  - Une thèse de Boris Souvarine qu’Hannah Arendt récuse (635)   • Honnête :  - Lénine a reconnu avoir commis des erreurs (Hannah Arendt ne dit ni quand ni lesquelles…) au contraire de Trotski et Staline (667)…

c) Hannah Arendt s’insurge contre « la conviction compréhensible, mais historiquement insoutenable, qu’il y eut de Lénine à Staline un développement plus ou moins régulier » (206).

d) Pas de différence de degré entre les deux dictateurs mais une différence de nature :   • Lénine a effectivement activé la dictature révolutionnaire, mais Staline a mis en place le régime totalitaire (202, 627)

e) Lénine a bien mis en place « la dictature du parti unique »,   • Mais Staline « la domination totale » (205)

f) Lénine a défendu jusqu’à la fin le pouvoir des soviets issu de l’esprit de la Révolution de 1917,   • Staline a aboli ce vestige révolutionnaire au profit de la dictature totalitaire du parti et de la bureaucratie (629)…

g) Lénine est un dictateur au service de la révolution   • Son idéal ne manque pas de grandeur   • Il n’y aura de totalitarisme en URSS que 6 ans après la mort de Lénine…   • De même le totalitarisme cesse en URSS avec la mort de Staline en 1953 (188).

 

PARENTHESE :

Appels à la terreur de Lénine dans Comment organiser l’émulation ? (décembre 1917) :

1) Programme d’extermination   • « Guerre à mort aux riches et à leurs pique-assiette, les intellectuels bourgeois ; guerre aux filous, aux fainéants et aux voyous »   • Tous traités de « parasites », d’« insectes nuisibles »,   • De « puces (les filous) »   • De « punaises (les riches) ».

2) Invitation à dénoncer, emprisonner, terroriser, fusiller

3) Construction de camps pour les opposants en URSS dès 1917.


4./ QU’EST-CE QUE LE TOTALITARISME ?

Il y a totalitarisme quand il y a :   1) Production de camps   2) Gouvernement par la terreur   3) Contrôle de la totalité des activités d’un individu  • Jusqu’à l’abolition extrême de cet individu  • Au profit du triomphe de l’idée pure qui a présidé au régime :  • Société sans classes de marxistes-léninistes  • Société racialement pure des nazis  • Le totalitarisme fabrique des hommes superflus qui laissent toute la place à l’idéologie.


1) LA PRODUCTION DES CAMPS

a) Le camp « est la véritable institution centrale du pouvoir d’organisation totalitaire » (784).

b) Laboratoire dans lequel le pouvoir fabrique un homme nouveau   • Dépourvu de spontanéité   • Donc susceptible de se transformer en rouage passif de la mécanique politique :

c) « Les camps ne sont pas seulement destinés à l’extermination des gens et à la dégradation des êtres humains : ils servent aussi à l’horrible expérience qui consiste à éliminer, dans des conditions scientifiquement contrôlées, la spontanéité elle-même en tant qu’expression du comportement humain et à transformer la personnalité humaine en une simple chose, en quelque chose que même les animaux ne sont pas ; car le chien de Pavlov qui, comme on sait, était dressé à manger, non quand il avait faim, mais quand une sonnette retentissait, était un animal dénaturé » (783).

d) Il faut transformer les prisonniers en choses   • Mais aussi les gardiens de prisonniers en choses.

e) Cite David Rousset, Les jours de notre mort :   • Un gardien SS témoigne : « Je tape le plus souvent jusqu’à ce que j’éjacule. J’ai une femme et trois gosses à Breslau. J’étais autrefois un homme parfaitement normal. Voilà ce qu’ils ont fait de moi. Maintenant, quand ils me donnent une permission pour sortir, je ne vais plus chez moi. Je n’ose pas regarder ma femme en face » (805).

f) Le camp chosifie, il produit des choses pour un monde d’idées.

g) Sur les camps soviétiques :   • Hannah Arendt :   • Il existe des « camps d’anéantissement où l’on extermine systématiquement les prisonniers en les faisant mourir de faim et en les laissant dans le plus grand abandon » (789).   • «La tentative totalitaire de rendre les hommes superflus reflète l’expérience que font les masses modernes de leur superfluité sur une terre surpeuplée. Le monde du mourir, où l’on enseigne aux hommes qu’ils sont superflus à travers un mode de vie où le châtiment n’est pas fonction du crime, où l’exploitation se pratique sans profit, où le travail ne produit rien, est un lieu où se fabrique quotidiennement de l’absurde » (809).


2) LE GOUVERNEMENT PAR LA TERREUR

a) « La terreur totale, l’essence du totalitaire » (821).

b) La police y joue un rôle majeur.  • Dans une dictature, une tyrannie, un despotisme   • La police n’appréhende que les suspects, les ennemis objectifs   • Dans un régime totalitaire :   • Elle attaque tout le monde, chacun est un suspect en puissance

c) La police est asservie à la volonté du chef   • Elle n’a pas besoin de culpabilité   • Elle intervient sur décision politique du gouvernement   • Qui décide arbitrairement de passer à l’action contre une catégorie de la population   • « Le but ultime, partiellement atteint en Union Soviétique et clairement indiqué dans les dernières phases de la terreur nazie, est de n’avoir pour toute population dans les camps que cette catégorie de gens innocents » (796).

d) Chacun doit craindre l’arrestation   • Surtout s’il n’a rien à se reprocher

e) Cette police fait disparaitre ses victimes   • Elle efface leur vie passée :  - Elle s’arrange pour que cette vie n’ait jamais eu lieu

f) Elle est le bras armé du devenir chose   • Et du devenir superflu des hommes   • Dans une société où l’idéologie, la logique d’une idée, fait la loi

g) Elle pourvoit les camps en êtres qui s’effacent et disparaissent sans laisser de traces   • La néantisation de la population crée une sidération des hommes et des femmes   • D’où leur figement dans l’inaction.


3) LE CONTROLE DE TOUTES LES ACTIVITES DE TOUS LES INDIVIDUS

a) On peut dès lors résoudre ces énigmes :   • Pourquoi, dans les camps, y a-t-il eu aussi peu de révoltes ?   • Pourquoi les séditions ont-elles été aussi rares ?   • « Pourquoi des millions de gens se sont laissés mener sans résistance à la chambre à gaz » ? (806).   • Pourquoi personne n’a entrainé avec lui dans la mort son bourreau qui l’avait condamné ?   • Pourquoi, à la Libération, y a-t-il eu très peu de massacres spontanés des gardiens des camps SS ?

b) Réponses :   • Parce que « détruire l’individualité, c’est détruire la spontanéité » (806) et qu’on ne peut attendre d’hommes chosifiés qu’ils soient autres que des choses.   • La preuve de l’efficacité du totalitarisme c’est qu’il fabrique des hommes superflus qui consentent à la superfluité de leur être.


CONCLUSION

a) Le totalitarisme nous donne une leçon politique :   1) La ligne de partage n’est plus entre droite & gauche   2) Mais entre :  • Ce qui permet le système concentrationnaire  • Et ce qui ne le permet pas

b) Concernant les évènements de notre temps   • La vraie question après Auschwitz est : « Servent-ils oui ou non la domination totalitaire ? » (788).

c) Autrement dit :   • Aujourd’hui, quel régime fabrique des hommes superflus ?


BIBLIOGRAPHIE :

• Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme, Gallimard

• Jean Claude Poizat, Hannah Arendt, une introduction, Pocket

• Slavoj Zizek, Vous avez dit totalitarisme ? Cinq interventions sur les més(usages) d’une notion, Amsterdam

• Jean Paul Sartre, Réflexions sur la question juive, Idées Gallimard

 


3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 23:08

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

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6/ « PHILOSOPHER EN DEHORS DES CLOUS » - 04.08.2014

 

 

 

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SYNOPSIS

1./ HISTOIRE DU MANUSCRIT

a) Songe aux Origines du totalitarisme début 1944   • Plusieurs titres possibles : - Eléments de la honte : antisémitisme-impérialisme-racisme.  - Les trois piliers de l’Enfer  - Histoire du totalitarisme.

arendt origines des totaltarismesb) Lettre à Jaspers (4 septembre 1947) :   • Le titre n’est toujours pas arrêté

c) A cette époque :   • L’antisémitisme est écrit   • L’impérialisme est en cours   • Le totalitarisme : en chantier fin 48.

d) Manuscrit achevé automne 1949   • Parution : 1951 (44 ans).

e) 1958 : ajoute le dernier chapitre : Idéologie et terreur   • Après avoir supprimé des remarques conclusives

f) Même année :   • Ajoute des pages enthousiastes sur la Révolution Hongroise   • Les supprime dans les éditions suivantes.


2./ RECEPTION DU LIVRE

a) Hésitations dans la structure   • Construction hésitante   • Gros livre – presque 700 pages.

b) Livre baroque,   • Dionysiaque plus qu’apollinien   • Désordre plutôt qu’exposé universitaire

c) Réception du livre sur sa forme :   • Reproches :  - Mal construit, pas construit  - N’a pas ou peu défini les concepts majeurs  - Préfère une vaste fresque lyrique, voire sentimentale  - Subjectivité et pathos dommageable pour la crédibilité  - Choisit ses exemples par intérêt, écarte les autres  - N’a suivi aucune méthode

d) Elle précise :   • Le totalitarisme n’est pas sujet d’archive et de bibliothèque   • Mais un sujet qui la concerne :  - Juive, subissant la Gestapo, exilée, enfermée dans un camp, apatride

e) Polémique avec Eric Voegelin :   • Lui reproche de mélanger sa subjectivité avec l’analyse   • D’instiller de la passion dans ce qui devrait être pure raison   • Et de perdre son crédit

f) Sa réponse :  « Je ne suis pas parvenue à expliquer la méthode particulière à laquelle j’ai recouru, ni à rendre compte d’une approche plutôt inhabituelle – non pas du point de vue des problèmes historiques ou politiques que les explications ou les justifications ne feraient que distraire - mais au regard de l’ensemble du champ des sciences politiques en tant que tel. L’une des difficultés de ce livre est qu’il ne relève d’aucune école et ne recourt que rarement aux instruments officiels reconnus ou officiellement controversés » (967).

g) Se moque de la tradition universitaire :   • 1948, discours à la Rand School « Le non conformisme est la condition sine qua non de l’accomplissement intellectuel » (Young-Bruehl, XXII).

h) « Le livre ne traite pas exactement (sic) des ‘origines‘ du totalitarisme - comme son titre l’affirme malencontreusement (sic !) - mais rend compte historiquement des éléments qui ont cristallisé sous forme de totalitarisme ; cet examen est suivi par une analyse de la structure ‘élémentale’ des mouvements totalitaires et de la domination elle-même. La structure élémentaire du totalitarisme est la structure cachée (sic) du livre alors que son unité la plus apparente provient de certains concepts fondamentaux qui courent comme des (sic) fils rouges à travers l’ensemble » (968).

i) Dans Une réponse à Eric Voegelin dans The Review of Politics (1953)   • Répond ainsi 2 ans plus tard à celui qui lui dit qu’elle n’a pas de méthode…   • Elle réagit à un compte-rendu de lecture.

j) Sa réponse au reproche de style passionné et sentimental :    « C’est tout à fait consciemment que je me suis départie de la tradition du sine ira et studio dont je reconnais parfaitement la noblesse. C’était pour moi une nécessité méthodologique (sic) étroitement liée à la nature particulière (sic) de mon sujet » (969).   • Formule de Tacite : « Sans colère et sans passion » (Annales).   • Revendique donc la colère et l’empathie.


3./ INVERSER LES VALEURS HEIDEGGERIENNES

a) S’inscrit dans la logique empirique et pragmatique anglo-saxonne   • Antidote à l’idéalisme   • Heidegger déplore l’oubli de l’Etre   • Il désapprouve le souci des étants comme signe du nihilisme contemporain   • Arendt déplore l’oubli des étants   • Elle désapprouve le souci de l’Etre comme un signe du nihilisme contemporain.

b) Souci concret :   • Non pas l’idée de Mal ou le mal chez Platon   • Mais la vérité concrète du mal   • Non pas la vérité du totalitarisme comme essence   • Mais sa cruauté comme vérité concrète.

c) Préface à la IIIème partie des Origines du totalitarisme (juin 1966 / Novembre 1971) :   • Ecrit qu’avec la défaite nazie apparaissait « la première occasion d’essayer de dire et de comprendre ce qui s’était passé, pas encore sine ira et studio, toujours avec douleur et affliction, et, par conséquent, avec une tendance à la lamentation, mais le temps de l’indignation muette et du sentiment de l’horreur paralysante était révolu (…). C’était, de toute façon, la première fois qu’il était possible d’articuler et d’élaborer les questions en compagnie desquelles ma génération avait été forcée de vivre la meilleure part de sa vie adulte : Que s’est-il passé ? Pourquoi cela s’est-il passé ? Commente cela a-t-il été possible ? » (196).   • Revendique indignation et colère.   • Non pas une ontologie du totalitarisme   • Mais une généalogie du totalitarisme concret.

d) Projet des Origines du totalitarisme : « Décrire le phénomène totalitaire tel qu’il arrive, non sur la lune, mais au sein de la société humaine. Décrire les camps de concentration sine ira n’est pas être ‘objective‘, c’est fermer les yeux sur leur réalité » (969).

e) Recourir à l’image des Enfers pour caractériser le système concentrationnaire « sur terre est plus ‘objectif’, c’est-à-dire plus conforme à leur essence que les analyses purement sociologiques ou psychologiques » (969).

f) « Je ne souhaite pas développer cet aspect ici, mais il me faut préciser que je suis convaincue que la compréhension est étroitement liée à la faculté d’imagination que Kant a nommé Einbildungskraft et qui n’a rien à voir avec l’aptitude à la fiction » (970).

g) En appeler à l’imagination pour connaître :   • Détruire la méthodologie des chercheurs en histoire

h) « Je procède à partir de faits et d’évènements et non d’affinités ou d’influences intellectuelles » (971).

i) Dit n’avoir pas révélé progressivement l’essence du totalitarisme selon des formes graduelles « parce que cette essence, à mon avis, n’existe pas avant d’être venue à l’être » (id.).   • Si Etre il y a, c’est parce que les étants l’ont précédé.   • L’existence du totalitarisme précède l’essence du phénomène.


4./ AUTOBIOGRAPHIES

a) Les Origines du totalitarisme : une leçon d’anatomie ontologique de Heidegger.   • Les analyses de l’antisémitisme, du racisme, du nationalisme, de l’impérialisme, de la bureaucratie, de la populace, des masses, de la terreur, du nazisme, du totalitarisme, de l’idéologie, de l’extermination   • Renvoient au comportement politique de Heidegger.

b) Autobiographie & oeuvre :   • La condition juive / la sienne   • Le mécanisme de la police politique / à laquelle elle a eu à faire pendant huit jours   • Le fonctionnement du Parti dans l’Etat / dont elle a vu les imbrications sur place   • Les logiques de l’exil / qui furent siennes   • Les logiques de l’apatride / qu’elle fut pendant dix-huit ans   • Les raisons d’être du camp, / alors qu’ elle y fut enfermée dans les Pyrénées   • La monstruosité du terrorisme / auquel l’homme qu’elle a aimé a prêté son concours…

c) La fascination des intellectuels pour le totalitarisme :   • Un chapitre intitulé « L’alliance provisoire entre la populace et l’élite »   • Liste un nombre incroyable d’intellectuels qui ont soutenu le nazisme

d) Hannah Arendt analyse l’idéologie de la génération d’avant-guerre :   • Célèbre les vertus de la guerre, l’hygiène des combats, la fraternité des tranchées   • Conchie le libéralisme, le capitalisme, la bourgeoisie, les propriétaires, les juifs, l’argent   • Méprise la démocratie   • Hait le pacifisme, la diplomatie   • N’aime pas la raison raisonnable et raisonnante et lui préfère l’irrationnel, l’instinct.   • Célèbre les destructeurs et les incendiaires :   • Nietzsche, Sorel, Rimbaud, T.E. Lawrence, Jünger, Brecht, Malraux, Bakounine, Netchaïev (640), mais aussi Sade (643)   • Refuse l’individualisme.   • Déteste la culture bourgeoise qu’elle estime nihiliste et décadente.   • Fait « un éloge brillant et spirituel de la violence, de la puissance et de la cruauté » (643)   • Trouve l’humanisme dépassé.   • Trouve révolutionnaire d’admettre la cruauté,   • Aime la pègre, les petites frappes, les anciens ratés que sont les nazis qui contraignent désormais les bourgeois honnis à négocier avec eux…


5./ PECHER DES PERLES

a) Parlant de sa méthode : « Elle cessa, lorsqu’elle eut appris quelques vérités de fait, d’être un avocat de l’histoire des idées ; elle cessa de rechercher les familles de penseur comme les influences historiques ou les généalogies de la pensée ; elle développa alors une méthode aussi peu conventionnelle que le nom qu’elle lui donna : la pêche aux perles, Perlenfischerei. Elle était à la recherche des perles enfouies au fin fond de l’histoire, chatoyantes, précieuses et déroutantes » (121).

b) Dans une époque où règne l’idéologie :   • Elle fait triompher de microscopique :   • La perle contre la fresque.


6./ SUR L’IDEOLOGIE

arendt idéologie et terreura) Déconstruit les mythes & légendes à partir de faits   • Détruit les narrations idéologiques : « Les légendes ont toujours joué un rôle puissant dans la construction de l’histoire » (481)

b) Analyser et dépasser l’idéologie :   • Fil rouge de son livre

c) Les origines du totalitarisme :   • Tableaux juxtaposés   • L’un d’entre eux concerne l’idéologie   • Chapitre : « Idéologie et terreur » : « Les idéologies – ces « ismes » qui, à la grande satisfaction de leurs partisans, peuvent tout expliquer jusqu’au moindre événement en le déduisant d’une seule prémisse - sont un phénomène tout à fait récent, qui, durant des décennies, a joué un rôle non négligeable dans la vie politique » (824).   • Elles se présentent comme sciences au même titre que la zoologie   • Revendiquent le statut de philosophie des sciences   • Sont des pseudo-sciences et des pseudo-philosophies   • N’ont rien de scientifique et rien de philosophique.

d) L’idéologie construit la totalité du monde sur une seule proposition   • Elle permet d’annoncer le futur comme le ferait une voyante : « Le mouvement de l’histoire et le processus logique de cette notion sont censés se correspondre point par point, de telle sorte que tout ce qui arrive, arrive conformément à la logique d’une seule idée » (826).

e) La dialectique hégélienne devient une arme :   • Résolution des contradictions par la synthèse   • Abolition de toute la négativité

f) Le réel compte pour rien   • L’expérience n’apprend jamais rien à un idéologue :   • Son idée est toujours plus juste et plus vraie que le monde réel et concret   • Si les faits prouvent que l’idée est fausse.   • L’idéologue récuse les faits   • Mais ne touche pas à son idée.

g) Les communistes croient à la lutte des classes   • Au caractère inéluctable de la révolution   • A la société sans classe comme horizon   • Au rôle de la violence accoucheuse de l’histoire.

h) Les nazis croient à l’inégalité des races   • A la pureté aryenne   • A l’impureté juive   • Aux lois universelles de la nature   • A la cruauté accoucheuse de l’histoire.

i) Aucun bolchevique, aucun nazi ne reviendra sur ces actes de foi   • Cette croyance sans raisons, sans démonstrations, sans preuves

j) L’idéologue est un croyant qui prétend se soumettre à des lois scientifiques   • Alors qu’il obéit à un catéchisme

k) Nazisme et bolchevisme ne sont pas les seules idéologies   • Mais elles ont fonctionné parce que les peuples les ont portées au pouvoir

l) Il existe 3 éléments spécifiquement totalitaires propres à toute pensée idéologique :

• 1/ L’idéologie ne se soucie pas de ce qui est ici et maintenant   • Elle ne se soucie que de ce qui est en mouvement   • Et de la fin, de l’avenir   • Et va dans le sens de l’histoire

• 2/ L’idéologie s’affranchit de toute expérience   a. S’émancipe de la réalité phénoménale  - Lui préfère un genre de réalité nouménale  - Plus vraie que la réalité concrète   b. Cette réalité nouménale ne se saisit qu’avec un genre de 6ème sens  - Un sens fourni par l’endoctrinement – la propagande   c. Il y a toujours une histoire derrière l’histoire  - Cette histoire reste à décoder  - D’où les théories du complot, de la conspiration :   d. Pour les marxistes-léninistes :  - Les trotskystes, les bourgeois, les révisionnistes, les 200 familles, les capitalistes   e. Pour les nazis :  - Les juifs, les communistes, les francs-maçons, les banquiers, la finance, les journalistes

• 3/ L’idéologie réduit la complexité du réel   • En recourant à la simplicité d’une logique à prétention scientifique   • Ne pense pas à partir du réel, mais des idées.

*

a) L’idéologie veut un monde qui se passe des hommes  - Dans lequel la logique fait la loi

b) « Le sujet idéal de la domination totalitaire n’est ni le nazi convaincu ni le communiste convaincu, mais les gens pour qui la distinction entre fait et fiction (c’est-à-dire de la réalité de l’expérience) et la distinction entre vrai et faux (c’est-à-dire les normes de la pensée) n’existent plus » (832).

c) Le XX° siècle : monde des idéologies  - Il a voué un culte à l’idée, aux essences, aux concepts, aux théories, aux mots  - En même temps, elle méprise les hommes concrets  - Se moque de la réalité  - Elle récuse les faits qui donnent tort aux idées

d) A Jaspers (6 février 1955) : « La philosophie a versé dans la sémantique – et de plus, dans une sémantique de troisième ordre ».

e) Comment la communauté philosophique aurait-elle pu lui réserver un bon accueil ?


BIBLIOGRAPHIE :

• Hannah Arendt, Karl Jaspers, La philosophie n’est pas tout à fait innocente, Petite bibliothèque Payot

• Jean-Claude Poizat, Hannah Arendt, une introduction, Pocket La Découverte

• Arendt, Les origines du totalitarisme suivi de Eichmann à Jérusalem, Quarto Gallimard

• Hannah Arendt, Idéologie et terreur, Hermann

• Correspondance Hannah Arendt/Karl Jaspers, Payot

 

31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 23:04

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

_______________

 

5/ LES QUESTIONS ET LES REPONSES DES AUDITEURS  1/4 - 01.08.2014

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !

 


     
  • Sur le site des auditeurs des radios de Radio France il est question des questions et des réponses …   

conf 2012 question- reponses 2

Dominique Serge, le 28/07/2014 à 19h52

Bonjour, 

Il est très étonnant que le site de l'émission "Contre Histoire de la Philosophie" ne soit pas ouvert aux commentaires d'auditeur. Je croyais naïvement, avant d'écouter M. Onfray, que la philosophie était ouverte aux débats d'idées.

Il est aussi très étonnant que M. onfray soit producteur et seul intervenant de son émission, depuis 12 ans... En effet, le contenu éditorial et scientifique de cette émission est, pour le moins, sujet à caution.

Quand M. Onfray "expliquait" certaines théories philosophiques, il y a quelques années, un contenu vaguement pédagogique, pouvait, à la rigueur, lui être concédé.

Depuis qu'il se livre à des attaques "philosophiques" et entreprend de "démonter" des penseurs (dont les ouvrages ont marqués l'histoire, contrairement aux siens), l'entendre pérorer pendant une heure devient insupportable. La pensée philosophique est d'une médiocrité assez surréaliste (à se demander si il fait ça pour se rendre intéressant).

Une vraie émission philosophique ou d'histoire de la pensée, sur des bases solides, et non ancrée dans la renommée médiatique d'un penseur à la petite semaine (désormais largement attaqué de toutes parts pour son manque de rigueur comme d'intérêt) serait largement souhaitable (et ne participerait pas à décridibilisation du débat intellectuel).

 

Le médiateur vous répond, le 29/07/2014 à 11h35

Bonjour, 

Cette diffusion estivale concerne des cours animés par le philosophe Michel Onfray, dans le cadre de l'Université populaire de Caen. Les commentaires sont ouverts dans le cadre d'une émission classique débat ou direct de la chaîne.

Cependant nous transmettons votre remarque. Nous vous invitons à suivre la page du site de l'émission car le 1er août est prévue une diffusion concernant "les questions et les réponses des auditeurs"

Cordialement

_______________

  • Nouvel Observateur - Sur France Culture Michel Onfray à la hauteur de Raymond Devos  - 01.08.2014

"Peut-on traiter l'autre d'abruti? Même si c'est une constatation, le terme d'abruti constitue une insulte devant la loi. Quand France Culture rediffuse les séances les plus cocasses de l'Université populaire de Basse Normandie, alors en effet nous savourons parfois l'humour décalée de cet électron libre du monde des idées."

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"Un dialogue entre Michel Onfray et Alain Soral aurait probablement été plus intéressant, et aurait apporté une vraie opposition à Soral qui pour l'instant est davantage qualifiée que contredite, ce qui aboutit à une situation incohérente et dangereuse."

 


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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

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