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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:05

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

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4/ « MARTIN & HANNAH » - 31.07.2014

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
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       SYNOPSIS

 

hannah arendt portrait 300-horz

 

I./ LE MAGNETISME DE HEIDEGGER

a) Entre 1924 et 1929 : université   • Apolitique à l’époque   • Automne 1924 : découvre Heidegger   • Elle a 17 ans, lui 35   • Depuis l’hiver 1923, Heidegger travaille à Etre et temps   • Les cours et les séminaires aident à la progression de l’oeuvre   • Elle assiste à cette gestation.

b) Cette année : lecture du Sophiste de Platon   • Et d’Aristote.

c) 1925 : début de leur histoire d’amour   • Se retrouvent sous les combles   • Dès qu’il lui donne rendez-vous, elle accourt.

d) Elisabeth Young-Bruehl :   • Ses étudiants « se réunissaient souvent après les cours se demandant si l’un d’entre eux avait compris le moindre mot de ce qu’il avait dit. Mais (sic) le travail de Heidegger forçait l’admiration » (60).

e) Portrait psychique :   • Selon Elzbieta Ettinger, Hannah Arendt et Martin Heidegger :   • Caractère exécrable de Martin Heidegger   • Catholique   • Etudes de théologie avec des bourses catholiques   • Tempérament psychique très fragile   • Asthme, troubles cardiaques d’origine nerveuse   • Renonce à une vocation religieuse   • Le mystique qui priait abandonne la théologie pour la philosophie   • Devient professeur de philosophie : « Il était d’un naturel inquiet, cherchant constamment à susciter l’adulation ou l’idolâtrie » (25).   • Il aime l’argent, le pouvoir et les honneurs   • Sa correspondance avec Jaspers :   • Ecartent des postes en regard des salaires, des avantages en nature, des allocations de déménagement   • Ettinger parle de sa duplicité, de son hypocrisie, de son art de manipuler les gens (58)   • Souligne son « magnétisme » (18) qui émane de son cours.

f) Portrait physique :   • Cheveux très noirs, teint mat   • Knickerbockers   • Manteau traditionnel de tissu sombre du paysan de la Forêt Noire avec col militaire.

g) Le cours :   • Ensorcelle son auditoire avec une rhétorique qui désoriente : - Propose une architecture complexe de sa pensée - Qu’il détruit aussitôt laissant ses étudiants dans l’expectative.   • Joue le mystère pour entretenir la servitude de ses étudiants   • Karl Löwith (1897-1973) : « Cet art d’apprenti sorcier comportait des risques : il attirait des esprits plus ou moins dérangés et une étudiante se suicida après trois ans d’énigmes »

h) Heidegger a 17 ans de plus que Hannah Arendt   • Elle avoue une « inflexible dévotion (sic) envers un être unique ».   • Il est catholique ; elle est juive   • Il est marié, père de deux fils ; elle est célibataire   • Il est son professeur ; elle est son étudiante   • Il devient nazi dès 1933 ; elle s’exile en Europe puis aux Etats-Unis   • Il n’admit jamais une erreur : - A Brême, dans un projet de conférence, justifie ontologiquement la Shoah   • Elle l’aima jusqu’à la fin…   • Il lui survivra une année.


II./ UN « NAZI TYPIQUE »

a) Lettre de 1929 : Heidegger manifeste déjà son antisémitisme   • Déplore la judaïsation de l’université

b) Prend sa carte au Parti Nazi le 1er mai 1933   • Discours au rectorat : appelle à nazifier l’université   • Jaspers lui dit que sa femme juive pleure en lisant la propagande nazie   • Et les nouvelles du progrès du national-socialisme   • Heidegger répond : « Cela fait parfois du bien de pleurer »   • Jaspers lui demande : « Comment un homme aussi vulgaire que Hitler peut-il gouverner l’Allemagne ? »   • Réponse de Heidegger : « La culture n’a aucune importance. Voyez ses merveilleuses mains » (Ettinger, 61).   • Etonnamment, Jaspers souscrit au Discours de rectorat de Heidegger et lui écrit : « Je souhaite un franc succès au principe aristocratique ».   • Marié à une juive, Jaspers est suspendu de participation à la direction de l’université en 1933   • Le pouvoir nazi lui supprime sa chaire en 1937   • Il est interdit de publication en Allemagne en 1938   • Mais Jaspers justifie Heidegger…

c) Pendant 12 ans, Heidegger mène une vie de nazi   • Idem pour sa femme   • A la Libération les autorités militaires françaises le déclarent « nazi typique ».   • Maison et bibliothèque mises sous séquestre

d) Heidegger crée la légende d’un Heidegger… persécuté par les nazis !   • Ecrit un document en novembre 1945 au recteur de l’université de Fribourg : - Après 33, il aurait renoncé au nazisme pour se consacrer aux cours, à son oeuvre, aux séminaires   • Le régime national-socialiste lui aurait empêché de publier ses livres : - Or Etre et temps a été réédité en 1936 et 1942…   • Le régime lui aurait empêché de voyager à l’étranger : - Or il est allé à Rome en 1936 donner une conférence à l’Institut Culturel Allemand.   • Il arborait alors la croix gammée sur sa veste  - Or il est allé à Zurich avec la même croix gammée en présence de son élève K. Löwith   • Il aurait voulu sauver l’université dans un souci apolitique :  - Or il n’a jamais consenti à l’aveu après guerre d’un fourvoiement.


III./ LA DENEGATION (1)

a) Avec sa femme, met au point une stratégie de défense :   • Anticommuniste tout autant qu’anticapitaliste   • Il aurait voulu sauver la civilisation occidentale de l’intérieur   • En menant le combat de « résistance spirituelle »   • L’expression est de Heidegger… (Ettinger, 78).   • Il n’aurait jamais souscrit au racialisme biologique   • Or le nazisme c’est le racialisme biologique   • Donc il ne fut pas nazi…   • Il n’a jamais lu Mein Kampf   • Il n’a pas assisté aux funérailles de Husserl, juif   • Mais parce qu’il était souffrant ce jour-là…   • Il n’a pas envoyé de lettre de condoléance à la veuve 1. Mais par honte ! 2. « Quand Husserl est mort j’étais souffrant, confiné au lit. Je le reconnais, après ma convalescence, je n’ai pas écrit à Mme Husserl, ce qui fut sans aucun doute une faute de ma part ; mais la raison en était une honte pénible concernant ce que l’on avait fait aux juifs pendant ce temps et le fait qu’on est impuissant confronté à cela » (Ettinger, 78).

b) Heidegger passe sous silence qu’il a fait rééditer deux fois Etre et temps sous régime nazi   • Et qu’il a supprimé les deux fois la dédicace qui se trouve dans l’édition originale de 1924.   • Husserl était un juif converti au luthéranisme, il a été radié de l’université par les nazis.   • Il prétend que d’hypothétiques espions le surveillaient en permanence   • Un étudiant lui aurait confirmé avoir été un informateur :   • Mais cet étudiant est mort à la guerre…   • Pendant la procédure de dénazification, Heidegger a été puni   • Heidegger va alors se confesser à l’évêque qui l’avait pris sous sa protection quand il avait 14 ans   • Il consent à son passé nazi,   • Il pleure dans les bras du prélat qui a espéré une transformation spirituelle   • Qui n’est jamais venue…


IV./ LA DENEGATION (2)

a) Emmanuel Faye :    Heidegger. L’introduction du nazisme dans la philosophie. Autour des séminaires inédits de 1933-1935.   • Prouve que l’implication de Heidegger dans le nazisme a été totale, indiscutable   • Y compris dans sa philosophie   • Avant le nazisme : il est antisémite – dans une lettre d’octobre 1916   • Pendant le nazisme   • Après le nazisme dans son incapacité à reconnaître une erreur   • Dans un entretien dans le Spiegel en 1976 : ne regrette pas.

b) Publication de :

1) Heidegger, à plus forte raison – sur l’insistance de Marcel Gauchet   • Dans Le Figaro (29.09.2006), François Fédier affirme :    « Je n'avais pas au départ le projet de réfuter la thèse de Faye, tant elle est aberrante ; c'est Marcel Gauchet, le directeur du Débat chez Gallimard, qui m'a suggéré de le faire, parce que pour lui le livre de Faye relevait de la police de la pensée et dépassait les bornes de l'acceptable sur le plan de l'honnêteté intellectuelle. »   • Avec les contributions d’un certain nombre de « philosophes »

2) Voici comment le livre est vendu :    « En réponse à la dernière entreprise en date de diffamation et de condamnation inquisitoriale à l’Index librorum prohibitorum : textes de Philippe Arjakovsky, Henri Crétella, Pascal David, François Fédier, Hadrien France-Lanord, Matthieu Gallou, Gérard Guest, Jean-Pierre Labrousse, François Meyronnis, Jean-Luc Nancy, François Nebout, Étienne Pinat, Nicolas Plagne, Alexandre Schild, Bernard Sichère, Éric Solot, Pierre Teitgen et Stéphane Zagdanski » .   • Monument de mauvaise foi violente et agressive

3) Emmanuel Faye écrit dans Le Monde (28/29 septembre 2006) :    « François Fédier soutient dans ce volume que l'on peut "mettre en doute l'existence des chambres à gaz" sans "nier l'extermination". J'ai consulté Serge Klarsfeld qui a été formel : si l'on nie l'arme principale conçue pour éliminer les juifs, on conteste les millions de morts dans les camps d'extermination et l'on met donc en doute le génocide par lequel les juifs ont été exterminés ».

c) Jean Beaufret a beaucoup oeuvré pour la réhabilitation de Heidegger en France   • Il a pris en otage un René Char ignorant tout du dossier   • Char retenait :   • Les méditations du philosophe sur la poésie comme voie d’accès privilégiée au sens   • Le rôle de voyant du poète   • Le résistant, le chef de réseau, l’homme du maquis, l’auteur des Feuillets d’Hypnos sert de caution…

d) Beaufret (1907-1982) :   • Elève d’Alain   • Normalien, agrégé   • Rencontre Heidegger en 1946   • Professeur en classes préparatoires, puis à l’ENS pendant 15 ans   • Postule 2 fois pour entrer à l’université : est 2 fois refusé   • en 1968 paraît un collectif initié par François Fédier : L’endurance de la pensée (1968)   • Interventions de Derrida, Deguy, Blanchot   • Textes à relents révisionnistes   • En 1978, l’ancien élève de Beaufret, Robert Faurisson se fait connaître par son révisionnisme   • Beaufret défend publiquement le travail de Faurisson   • Deux lettres de Beaufret à Faurisson témoignent   • 22 novembre 1978, Beaufret l’assure de son soutien face au lynchage médiatique qu’il subit   • Il lui conseille d’être prudent   • Et lui affirme qu’il est parvenu aux mêmes conclusions que lui…


V./ ARENDT & HEIDEGGER

a) Heidegger fut jaloux de l’oeuvre et de la renommée de Hannah Arendt   • Réagit mal à la traduction allemande de La condition de l’homme moderne   • Quand elle a du succès, il ne le supporte pas   • A Francfort, remise du Prix de la Paix à Jaspers pour La bombe atomique et l’avenir de l’homme (1958)   • Hannah Arendt prononce un éloge de Jaspers – qui déclenche la rancoeur de Heidegger

b) Après 17 années sans contacts, elle se manifeste le 8 février 1950 :   • Dans une lettre à Blücher : « Ce matin il y a eu une discussion avec sa femme – qui depuis vingt-cinq ans, ou en tout cas depuis qu’elle est au courant de cette histoire, fait de sa vie un enfer. Et lui qui est notoirement (sic) un menteur invétéré n’a visiblement jamais lors de ces vingt-cinq ans, du moins c’est ce qui est apparu lors d’une pénible discussion à trois, nié que cela avait été la grande passion de sa vie ».   • Heidegger confiera que Hannah Arendt a été l’inspiratrice de son travail, l’impulsion de son « penser passionné » (Young-Bruehl, 61).

c) En privé, Hannah Arendt s’énerve contre l’obscurité de la langue de Heidegger.   • Elle s’élève contre les écoles philosophiques, les chapelles, les systèmes, les disciples.

d) En 1951, à Yale, elle en fait un philosophe pour philosophes.   • Mais elle le sauve en en faisant un poète   • Dans Qu’est-ce que la philosophie de l’existence ? :   • Elle en fait le dernier romantique allemand effrayé par la modernité   • Faisant des valeurs agraires et pastorales un rempart contre le monde brutal de la technique   • Ce serait au nom de ce désir d’en revenir à l’état pré industriel   • Aux valeurs du paysan enraciné dans la terre   • Que Heidegger poète et philosophe souscrit au national-socialisme   • Michel Onfray : le nazisme n’a jamais critiqué le modernisme qu’il a mis au service de sa thanatophilie   • Le nazisme n’a rien à voir avec Hölderlin

e) Hannah Arendt témoigne pour les 80 ans de Heidegger en 1969.   • Elle dit ce jour là que chez lui la pensée et la vie ne font qu’un…

f) Octobre 1996, Colloque à l’université de New-York :   • Question : « Le philosophe a-t-il une vie ? »   • Réponse (heideggérienne) de Derrida : « Vous vous souvenez sans doute de la formule de Heidegger à propos d’Aristote : Quelle fut la vie d’Aristote ? Eh bien, la réponse tient en une seule phrase : Il est né, il a pensé, il est mort. Et tout le reste est anecdote ».   • L’engagement nazi de Heidegger fut donc… anecdote.


VI./ MARTIN & HANNAH

a) S’écrivent des lettres d’amour, s’envoient des poèmes, mots doux, etc   • Signes cabalistiques pour se retrouver nonobstant Mme Heidegger   • Heidegger communie dans les valeurs familialistes

b) A une autre histoire avec une autre étudiante en même temps qu’Hannah Arendt :   • Elisabeth Blochmann, une amie juive de son épouse, plus âgée que Hannah Arendt de 14 ans   • Il lui envoie des lettres dans lesquelles il utilise la même citation d’Augustin : « Je veux que tu sois » (Ettinger, 40).

c) Hannah Arendt a des amants, puis des maris, des divorces, des remariages, des aventures   • Mais rien n’entame leur amour   • Il a nié son engagement : - Elle a minimisé ce qu’il ne pouvait cacher   • Il a menti, travesti, inversé les choses : - Elle sait qu’il ment, peu importe.

d) Dans sa correspondance, elle montre de la lucidité :   • A Jaspers elle rappelle que Heidegger a dû son entrée à l’université à la protection de Husserl  - Mais qu’à l’époque il a signé une lettre qui excluait son vieux maître de l’université :  « Et parce que je sais que cette lettre et cette signature l’ont presque tué, je ne peux que considérer Heidegger comme un meurtrier potentiel ».   • Dans une autre lettre :  - Elle commente les entretiens de Heidegger avec la presse après-guerre  - Elle parle de lui comme d’un menteur qui obéirait « à une pathologie prononcée » (Ettinger, 80).  - Elle ajoute : « Ce que vous appelez impureté, je l’appellerais manque de caractère, mais au sens où il n’en a absolument pas, et certainement pas un mauvais ».  - Elle crée la légende d’un philosophe faible,  - Marionnette entre les mains de sa femme nazie et militante, perverse, diabolique, castratrice.   • A Blücher (3 janvier 1950) :  - « Les lettres de Heidegger que Jaspers m’a laissé lire sonnent comme par le passé : le même mélange de sincérité et de mensonge constants, ou plutôt de lâcheté ».

e) Heidegger lui écrit tout le bien qu’il pense… de sa femme   • Souhaite que sa femme et elle deviennent les meilleures amies du monde   • Finissent par se faire des cadeaux et se tutoyer

f) Heidegger se froisse de son succès mondial   • Il la souhaiterait en retrait, discrète, obéissante, soumise   • Il n’aime que les gloses positives qu’elle effectue sur son travail   • Il prend mal la publication des Origines du totalitarisme qui rapproche nazisme et bolchevisme.

g) Avril 1969, Elfriede Heidegger sollicite Hannah Arendt :   • Heidegger est vieux, fatigué,   • Il veut vendre sa maison pour en construire une autre, plus facile d’accès   • Manque d’argent   • Mme Heidegger souhaiterait vendre le manuscrit de Etre et temps   • Hannah Arendt obtient qu’il soit acheté par la Schiller Literaturarchiv   • Aux USA elle fait tout pour qu’il soit traduit dans d’excellentes maisons    « Et surtout, elle fit tout ce qu’elle pouvait pour blanchir son passé nazi » (Ettinger, 94).

h) 1960, publie La Condition de l’homme moderne en allemand sous le titre Vita activa : Lettre :    « Vous remarquerez que ce livre ne comporte aucune dédicace. Si les relations entre nous n’avaient pas été contrariées par les astres – quand je dis entre nous, ce n’est pas seulement entre vous et moi-, je vous aurais demandé si je pouvais vous le dédier ; le livre tire ses racines de mon premier séjour à Marbourg et c’est un travail qui vous doit tout, à tous égards. Dans l’état actuel de choses, cela me semble difficile à croire ; mais je voulais au moins vous dire, d’une façon ou d’une autre, les choses telles qu’elles sont ».   • Sur une feuille volante jamais envoyée, ce projet de dédicace : « Re vita activa /A ce livre, pas de dédicace. / Comment pouvais-je te le dédier, / Toi mon si proche ami, / A qui je suis restée fidèle / Et infidèle, / Sans jamais cesser de t’aimer ». (Ettinger, 133)   • Elle fut amoureuse ; il fut amoureux de l’amour qu’elle lui porta, c’est souvent ainsi que les hommes et les femmes aiment.


VII./ L’OMBRE DE HEIDEGGER DANS SON OEUVRE

• Influence de cette histoire sur son oeuvre :

1. Qu’est-ce que le totalitarisme, notamment nazi ?   Les Origines du totalitarisme.

2. Quels mécanismes conduisent un homme à devenir nazi,   Eichmann à Jérusalem

3. Qu’est-ce que mentir ? Pourquoi recourir à la violence ?   Du mensonge à la violence

4. Réfléchir sur l’articulation entre vie privée et vie publique,   • Vie active et vie contemplative :   Conditions de l’homme moderne.


VIII./ CONCLUSION

a) Hannah Arendt résout des problèmes personnels – comme tous les philosophes

b) Plus l’enracinement biographique est grand   • Plus il est récusé

c) Hannah Arendt a manifesté son aversion pour :   • La biographie, les problèmes personnels, l’autobiographie   • Condamnait l’introspection   • Avait des mots durs pour l’analyse psychologique   • N’écrivit aucun texte sur le mode de la confidence

d) Elle fut froide et conceptuelle dans son oeuvre

e) Elisabeth Young-Bruehl : « Ce sont les fondements historiques des concepts qu’elle forgea, les expériences particulières qui donnèrent naissance à ses idées, les amitiés et les amours qui les nourrissent et – autant que possible- sa façon de penser, qu’il faut mettre en lumière ».


BIBLIOGRAPHIE :

• Rudiger Safranski, Heidegger en son temps, Grasset

• Victor Farias, Heidegger et le nazisme, Verdier

• Elzbieta Ettinger, Hannah Arendt et Martin Heidegger, Seuil

• Heidegger / Arendt, lettres, Gallimard

• Heidegger à plus forte raison, Fayard

• Hannah Arendt, Vies politiques, Gallimard


 

29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 23:10
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Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

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3/ « HANNAH ARENDT, BIOGRAPHIE » - 30.07.2014


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SYNOPSIS

1./ NAISSANCE, ENFANCE

Hannah Arendt-2a) Naissance à Linden, banlieue de Hanovre, famille juive, 14 octobre 1906   • 22 heures d’accouchement   • Père travaille dans une société électrique   • Sa mère (études de français et de musique) commence à rédiger Notre enfant   • Famille bourgeoise : domestique, piano   • 7 ans : éducation religieuse auprès d’un rabbin réformateur   • Père syphilitique dans sa jeunesse   • La maladie réapparait quand elle a 2 ans   • Accompagne son père dans 5 années d’agonie - mort

b) Guerre 14-18 : les Russes aux portes de la ville   • Quittent leur maison   • La mère tient un commerce qui périclite   • Révolution de 18-19 : le domicile réunit les socio-démocrates   • Sa mère soutient Rosa Luxembourg   • Et les spartakistes qui soutiennent la Révolution Russe.   • Echec de la révolution spartakiste, assassinat de Rosa Luxembourg   • Remariage avec un veuf associé à son frère sans une quincaillerie   • Hannah Arendt a 14 ans : difficultés avec cette nouvelle famille   • Son beau-père est conservateur politiquement.


2./ FORMATION

a) Dès 1922, entend parler de Heidegger par un ami qui suit ses cours : elle a 16 ans   • Lit beaucoup, grande mémoire, indépendante,   • Rebelle, organise un boycott de cours, renvoi, soutien de sa mère

b) Berlin : théologie, latin, grec   • Vit en foyer   • Son oncle pourvoit à ses besoins   • Lit Kierkegaard   • Intéressée par l’existentialisme chrétien   • A déjà lu : Critique de la raison pure, La religion dans les limites de la simple raison,   • Jaspers, Psychologie des conceptions du monde   • Liaison avec un garçon de 5 ans son aîné   • 17 ans : commence à écrire de la poésie

c) Elève de Heidegger   • Relation intime avec lui qui ne veut pas quitter sa femme   • Se séparent en avril-mai 1925   • Quitte Marbourg pour Fribourg où elle devient l’étudiante de Husserl   • Pour sa thèse, Heidegger la recommande à Jaspers (Heidelberg)   • Rencontre Jonas   • 1926 : liaison avec Erwin Loewenson, un essayiste expressionniste   • Rencontre Günther Stern (qui fait une thèse avec Husserl) : l’épouse en 1929.   • 1927 : thèse sur Augustin avec Jaspers : Le concept d’amour chez Saint Augustin.


3./ UNE BIOGRAPHIE AUTOBIOGRAPHIQUE   • 24 ans : (1930) Rahel Varnhagen. La vie d’une juive – une biographie.   • Rahel Varnhagen (1771-1833) : jeune juive brillante qui tint salon à Berlin avec Jean-Paul, Tieck, Schlegel, Hegel, Heine, Humboldt, les Mendelssohn.   • Rahel Varhagen a rencontré Goethe   • Juive qui se convertit au catholicisme   • Après son baptême, constate que l’Allemagne n’intègre pas les Juifs qui veulent s’intégrer   • Rahel Varhagen a aimé un juif non marié et n’a jamais abandonné sa famille…


4./ LE NAZISME/L’EXIL

AVT Hannah-Arendt 9955a) Années 30 : lit Marx & Trotski   • S’intéresse au sionisme, à la question juive   • Rencontre des sionistes – dont Günther Anders.   • Elle ne l’est pas et songe à l’exil   • Avec le nazisme, devient sioniste

b) Heidegger prend sa carte au NSDAP, Discours du rectorat (27 mai 1933)   • Rassemble une documentation sur l’antisémitisme   • Cache des opposants au régime nazi – dont des communistes   • Elle et sa mère : arrêtées, emprisonnées, interrogées   • Sympathise avec le fonctionnaire de police qui la libère après une semaine.

c) Quitte l’Allemagne via la Tchécoslovaquie, arrive à Genève   • Secrétaire chargée des rapports officiels de l’assemblée du Bureau International du Travail   • Intègre les services de l’Agence Juive.   • Automne : Paris.   • Dans une association qui forme techniquement les candidats à l’immigration en Palestine.   • Aide juridique aux antifascistes.

d) Colère contre les intellectuels qui n’ont rien fait pour empêcher la catastrophe : « Jamais plus aucune histoire d’intellectuels ne me touchera. Je ne veux plus avoir affaire à cette société ».   • Adorno : juif par son père, italien par sa mère catholique française   • Lettre à Jaspers (4 juillet 1966) : « Sa vaine tentative pour s’aligner sur les nazis en 1933 a été révélée par Diskus, le journal des étudiants de Francfort ».   • Adorno a loué en Juin 1934 le cycle de Herbert Müntzel, Le drapeau des persécutés,   • Un choeur d’hommes sur un poème de Baldur von Schirarch,   • Extrait d’un ouvrage dédié au Führer dont certains appelaient au massacre.


5./ LA VIE PARISIENNE

 a) 1933/1934 : rencontre Benjamin, Arnold Zweig, Brecht   • Aron lui fait connaître le séminaire de Kojève sur Hegel   • Découvre Jean Wahl, Koyré   • Chez Gabriel Marcel : rencontre Nicolas Berdiaeff   • Concernant le milieu parisien (à Blücher, 1952) : « Cette nuit je reverrai Koyré, avec qui les choses vont un peu mieux, bien qu’il ait beaucoup vieilli. Sartre et al. Je ne les verrai pas ; cela n’aurait aucun sens. Ils sont entièrement drapés dans leurs théories et vivent dans un monde organisé de manière hégélienne. J’ai assisté à un des séminaires de Eric Weil sur Hegel, tout à fait ennuyeux et verbeux. Hier, j’ai vu Camus ; c’est sans aucun doute le meilleur en France à l’heure actuelle. Il dépasse les autres intellectuels de la tête et des épaules. Cela vaut également pour Raymond Aron, si chaleureux et si amical avec moi que je n’ose le dire tout haut ».   • Lit le français, mais le parle mal.   • Apprend l’hébreu.   • S’oppose aux Rothschild, membres influents du Consistoire Juif car : - Riches français juifs de droite qui s’opposent aux Juifs venus de l’étranger pauvres de gauche.   • Ne pense pas en termes Juifs / non juifs, mais Juifs de cour / Juifs parias   • On lui en voudra de ne pas essentialiser la communauté juive.


6./ HAÏFA

• Printemps 1935 : - Via la Sicile, arrive avec des enfants à Haïfa (Palestine) pour 3 mois   • Secrétaire générale de l’Aliayh   • S’oppose au « sionisme palestinocentrique »   • Manifeste des réserves sur le principe du Kibboutz : y triomphe « le règne du voisin ».   • Rencontre Gershom Scholem   • Retour en France.


7./ LES CAMPS FRANÇAIS

a) 1937 : divorce de Günther Stern   • 1940 : épouse Heinrich Blücher

b) 5 mai 40 : son mari interné au camp du Vernet (Ariège).   • Se présente avec sa mère au Vel’ d’Hiv   • 23 : envoyé à Gurs (Pyrénées).   • A la faveur de la débâcle, s’échappe du camp.   • Rejoint Montauban.   • Lit Proust, Simenon, Clausewitz.   • Projette Les origines du totalitarisme.


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8./ L’EXIL AMERICAIN

a) Quitte la France avec Blücher en janvier 41 pour les USA   • Via Espagne et Portugal où elle attend son visa trois mois.   • Part de Lisbonne, arrive en mai 41 à New-York avec 25 dollars

b) L’Organisation Sioniste d’Amérique les aide à se loger   • Elle apprend l’anglais   • Sa famille d’accueil est végétarienne, pacifiste et non fumeur…   • Elle écrit : « La liberté politique associée à l’asservissement social est la contradiction fondamentale de ce pays ».

c) De gauche, elle se demande si, en cas d’échec d’Hitler, les Etats-Nations disparaitraient   • Au profit d’une fédération européenne comparable au fédéralisme américain   • Tentée par le communisme, elle accompagne Blücher dans sa réflexion critique : - Lui est allé du communisme à la critique du marxisme doctrinaire

d) Elle fait l’éloge des Conseils Ouvriers   • Critique toute direction centralisée et pyramidale coupée de sa base   • Oublieuse de ses fondations populaires et prolétariennes   • Seules vraies sources de légitimité populaire   • (Sur les positions de Camus…).


9./ LA SHOAH ET L’ARMEE JUIVE

a) Dans un journal : défend l’idée d’une armée juive pour riposter à Hitler :   • L’armée juive - le début d’une politique juive ? (14 novembre 1941).   • Fédérer les Juifs du monde entier

b) Juin 42 :   • Un journaliste de la BBC lit à l’antenne une lettre du Parti Socialiste Juif de Pologne   • Qui annonce le déclanchement de la solution finale.

c) 1er juillet 42 :   • Un journaliste de la France-Libre parle de l’extermination des Juifs dans une émission de la BBC.

d) 8 juillet 1942 :   • Le gouvernement polonais en exil à Londres avertit les allés de la Solution Finale

e) 8 août 1942 :   • Les consuls britanniques et américains de Genève sont informés des massacres nazis

f) 17 décembre 1942 :   • Les 11 gouvernements alliés et la France Libre publient une déclaration sur « la politique d’anéantissement de la race juive » perpétrés par les nazis en Europe.


10./ APRES GUERRE

hannaharendt 5a) Maître de conférence d’histoire européenne au Brooklyn College (Université de Columbia)   • Lectrice chez un éditeur   • Dirige la Commission on European Jewish Cultural reconstruction qui rassemble des objets juifs.

b) Travaille aux Origines du totalitarisme.   • Il a pour titre : Les éléments de la honte. Antisémitisme, impérialisme, racisme.   • Ou bien : Les trois piliers de l’Enfer.   • Paraît en février 1951 sous le titre : Les origines du totalitarisme – elle a 44 ans.

c) Devient citoyenne américaine le 11 décembre 1951

d) Aron publie une recension critique dans Critique (janvier 1954)   • Le livre sera publié en France, en fragments, en trois livres séparés, en 1972 et 1975 !   • 14 juillet 1954, L’Humanité titre : « En ce jour de commémoration révolutionnaire, L’Humanité publie le premier volet d’un long entretien de Jean-Paul Sartre avec Jean Bedel dont le reste sera publié dans les cinq prochains numéros du quotidien. L’intellectuel, de retour d’URSS où il s’est rendu avec sa compagne Simone de Beauvoir, n’a que de bonnes choses à dire sur son voyage. Aujourd’hui, c’est à la Une qu’on peut lire en grosses lettres « La liberté de critique est totale en URSS » ».   • La première traduction intégrale des Origines du totalitarisme conforme à la volonté de Hannah Arendt paraîtra en… 2002 !


11./ EICHMANN

a) Arrestation de Eichmann le 23 mai 1960.   • Propose de suivre le procès pour le New-Yorker.

b) Tollé planétaire pendant 3 ans :   • Elle aurait : - Innocenté le criminel de guerre - Sali le peuple juif  - Fait preuve d’antisionisme - De haine pour Israël   • Elle serait : une juive qui se déteste, une puriste kantienne, une moraliste   • Le Nouvel Observateur titre : « Hannah Arendt est-elle une nazie ? »

c) Se fâche avec des amis   • Devient un personnage public.


12./ LA REPUTATION PLANETAIRE

hanna-arendt-4a) Donne des conférences,   • Participe à des jurys, à des séminaires, des colloques   • Ecrit des articles   • Comités de rédaction   • Signe des pétitions   • Membre honoraires d’une douzaine d’universités américaines     • Reçoit des prix   • Voyage

b) Intervient sur des sujets d’actualité :   • Politiques envers les Noirs   • Viêt-Nam   • Politique américaine   • JFK   • Les dissidents soviétiques

c) Refuse la télévision pour éviter d’être reconnue   • Y va une fois, mais de dos

d) Accueille Mai 68 avec passion   • Soutient Cohn-Bendit – ses parents étaient dans un camp de réfugiés

e) Mort des Jaspers en 1969.   • Part à Bâle   • Est son exécutrice testamentaire.


13./ LES DERNIERES ANNEES

a) Mort de Blücher en 1970 d’une crise cardiaque à 71 ans.   • Dit avoir vécu 10 ans dans la peur de la mort de son mari.   • Bien que non-juif, veut la récitation du Kaddish

b) Cours sur Kant, Marx face à la Révolution Française.

c) Il lui reste 5 ans à vivre

d) Ecrit :   • Du mensonge en politique   • La vie de l’esprit : le vouloir

e) « Vous savez que la gauche pense que je suis conservatrice, et que les conservateurs pensent parfois que je suis de gauche, ou une indépendante ou Dieu sait quoi. Et je dois dire que je ne m’en soucie pas plus. Je ne pense pas que les vraies questions de ce siècle puissent être d’aucune façon éclaircies par des choses de ce genre » (Young-Bruehl, 592).

f) Demande de mariage d’un ami, écartée avec délicatesse.

g) 4 décembre 1975 :   • Meurt d’une crise cardiaque chez elle, dans le salon, après un dîner avec des amis   • Elle a 69 ans   • Elle disait : « Quand tout est joué, il faut faire des choix ».


BIBLIOGRAPHIE :

• Karl Japsers, Autobiographie philosophique, Aubier

• Julia Kristeva, Le génie féminin. Hannah Arendt, Folio

• Elisabeth Young-Bruehl, Hannah Arendt, Calmann-Lévy

• Hannah Arendt, Journal de pensée (1950-1973), Seuil

 


28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 23:30

 

 

Du 28 juillet au 29 août 2014 (du lundi au vendredi, de 11h à 12h) France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2013-2014 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 12e année,

« La pensée post-nazie : Hannah Arendt, Hans Jonas, Günther Anders »

 

__________________

 

2/ LES PHILOSOPHES AU SERVICE DES DICTATURES - 29.07.2014

 

 

  • Écoutez les conférences en direct sur le player ci-dessus (11h-12h)
  • Les players de la réécoute seront successivement  intégrés sur ce blog selon les conditions définies par France Culture qui les met en partage 
  • Vous pouvez également PODCASTER les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis, emprunter dans les médiathèques...
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

 


SYNOPSIS

1./ LA PASSION DES INTELLECTUELS POUR LES DICTATURES

a) Arendt fut une républicaine libertaire   • Dans un siècle :   • Qui a exécré la chose publique conçue sur le principe de la délibération démocratique   • Qui a récusé l’exercice de la liberté d’esprit contre la pensée dogmatique

b) Les philosophes du XXème :   • Rarement républicains, rarement libertaires    • Légitiment le totalitarisme de droite et de gauche   • Haïssent les régimes républicains, méprisent les démocraties   • Insultent les figures éprises de démocratie

c) Née en 1906, morte en 1975, Hannah Arendt a traversé le siècle   • Nombre d’intellectuels ont cautionné : - Le fascisme - Le bolchevisme - Le national-socialisme - Vichy - Le maoïsme.


2./ LES PHILOSOPHES HITLERIENS

Heidegger 1955

 

a) Heidegger    

Carl Schmitt

 

b) Carl Schmidt, universitaire   • Catholique nationaliste   • Juriste opposé au parlementarisme, à la démocratie, au pluralisme   • Défenseur de l’Etat total   • Partisan d’un système présidentiel fort   • D’un pouvoir fort, autoritaire, appuyé sur le plébiscite et l’armée    La dictature (1921)    Théologie politique (1922)    Théorie de la constitution (1928)   • Adhère au part nazi le même jour que Heidegger : 1er mai 1933   • Elabore la théorie constitutionnelle du Führerstaadt et du national-socialisme    • Dans des articles dont Le Führer protège le droit ;

 

ernst-junger

c) Ernest Jünger    L’anarque, concept d’après-guerre : Eumeswill (1977)   • Logique d’esthète exilé de l’intérieur    • Quant à soi aristocratique sur le principe stirnérien    • Antisémite avant-guerre   • Élogieux d’Hitler dès 1925   • Ses œuvres utilisées par le régime nazi pour enseigner la force, la virilité, l’énergie, l’hygiène de la guerre   • Réécrit après guerre ses romans fascistes publiés chez des éditeurs à croix gammée    Leur donne une tournure esthétisante

 

cioran.jpgd) Cioran   • Hitler dans la conscience allemande dans Vremes en juillet 1934   • « Il n’y a pas d’homme politique dans le monde d’aujourd’hui qui m’inspire plus de sympathie et d’admiration que Hitler »    « Le mérite de Hitler est d’avoir su anéantir l’esprit critique de toute une nation »   • « Hitler a versé une passion de feu dans les luttes politiques et dynamisé avec un souffle messianique un ensemble de valeurs qui avaient été réduites par le rationalisme démocratique à l’état de platitudes et de trivialités. Nous avons tous besoin de mystique, parce que nous sommes fatigués de tant de prétendues vérités qui ne produisent pas de feu ».   • D’autres textes avec : antisémitisme, éloge de Doriot   • Arrive en France début 1941   • Selon un ancien légionnaire, Faust Bradesco, Cioran fut « pendant l’Occupation sympathisant des pro-gardistes les plus exaltés de Paris » (Patrice Bollon, Cioran l’hérétique, p.126).


3./ LES PHILOSOPHES VICHYSTES

jean_guitton.jpg

a) Jean Guitton :   • 1942 : Fondements de la communauté française, préfacé par Pétain, dédicataire de l’ouvrage.   • Pétain lui écrit : « Votre œuvre est une expression fidèle des principes qui dirigent mon action et vous en avez composé une parfaite synthèse ».   • Prisonnier au Stalag IV. D, écrit un Journal de captivité   • Publié en 1943 dans l’hebdomadaire pétainiste Demain   • Déplore dans ce livre les tentatives d’évasion de certains   • Fait partie du Cercle Pétain dans son stalag   • Dans les années 80, Jean Guitton devient le philosophe préféré de François Mitterrand   • Jean Guitton évite un procès à son ancien élève catholique et monarchiste, Louis Althusser, qui a étranglé sa femme.

 

mounier.jpg

b) Emmanuel Mounier :   • Philosophe personnaliste chrétien   • Elève de Guitton   • Eloge de la défaite de Juin 40 : elle sonne la fin des bourgeois et des épiciers   • Fin 40 : se réjouit du régime de Vichy   • Septembre : rédige un rapport sur les Mouvements de Jeunesse transmis à Vichy :   • Y célèbre le peuple sain et les vertus du nouveau régime   • Editorial d’Esprit, novembre 1940 :   • Revendique l’antériorité théorique du programme spirituel et moral de Vichy   • Célèbre le chef, la nation, la discipline, l’Etat   • Critique des gaullistes de Londres   • Fin 1941, comprend son erreur…

 

clavel.jpgc) Maurice Clavel :   • Cothurne de Pierre Boutang à l’ENS   • Royaliste, antisémite, maurassien   • Boutang l’invite à Vichy, Maurice Clavel l’y rejoint   • Éloge du Maréchal qui va relever la France    • Travaille à un projet de Déclaration des devoirs des citoyens   • Dit sa fierté de voir certaines de ses idées reprises par Pétain dans son Discours aux ouvriers du 1er mars 1941   • S’engage dans les Compagnons de France qui recueille des jeunes qu’il prépare aux Chantiers de Jeunesse   • Devient chef   • Publie des articles dans métier de chef   • Fait l’éloge du chef, de la discipline, de l’obéissance, de l’inégalité, de l’autorité, de la fidélité   • Été 43 : part avec un passeport de Vichy pour enseigner à l’Institut Français de Madrid franquiste   • Printemps 1944, devient gaulliste et résistant   • En mai 68 devient gauchiste,   • Idole des Nouveaux Philosophes – Foucault, BHL, Glucskmann, etc

 

AVT_Maurice-Blanchot_885.jpegd) Maurice Blanchot :   • Collabore à des journaux d’extrême-droite dès 1931   • Antiparlementariste, antisémite, haine de la démocratie   • Pendant l’Occupation, entre 16 avril 1941 et août 1944 :   • Travaille au Journal des débats, revue vichyste, maréchaliste, de plus en plus prohitlérienne   • Dans certains articles : appelle à la guerre civile   • A l’exécution des responsables de l’avilissement du pays   • Salarié de Jeune France, une association de Vichy qui amène les jeunes à la révolution nationale.   • A la Libération : devient communiste   • Puis gauchiste par la suite   • Référence de Levinas, Derrida, Lacoue-Labarthe, Nancy

 

Ricoeur.jpge) Paul Ricoeur :   • Prisonnier des allemands    • Participe au cercle Pétain, donne des conférences : - Le risque - La jeunesse et le sens du service social   • 1941 : un prisonnier, Jean Rivain, prend des notes   • Eloge de l’Etat fort,   • D’une culture dirigée,   • De la propagande d’Etat,   • De la culture réservée à une élite sociale,   • De la nécessité d’encadrer la culture populaire   • Et de faire de celle-ci : - Un instrument d’orientation de l’opinion, - D’éducation virile pour faire le pendant aux valeurs d’intelligence, - De l’enthousiasme pour lutter contre le caractère dissolvant de l’esprit critique.   • Dans d’autres conférences : - Eloge des valeurs féodales en relation avec une mystique nationale, - De l’obéissance comme vertu idéale pour les jeunes   • Ricoeur dénonce le danger des philosophies qui rompent avec la vie.   • Après le débarquement des allés en Afrique du nord fin 42 et Stalingrad début 43   • Les ardeurs pétainistes disparaissent   • Tout le monde devient résistant ou gaulliste…   • Cf. Mitterrand (qui avait la francisque), Duras (qui distribuait le papier sous Vichy et le refusait aux Juifs et aux communistes) créent un réseau de résistance   • Cf. Sartre & Beauvoir   • Cf. Alain   • Cf. Berl, « la terre elle ne ment pas »   • Cf. Jean Grenier.


4./ LES PHILOSOPHES AVEC LENINE ET STALINE

a) Soutenir Hitler & Pétain passe légitimement pour un péché mortel   • Mais pas soutenir Lénine, Staline, Mao, Castro, Pol-Pot, péché véniel, erreur de jeunesse

b) D’un côté : mal absolu à cause des fins de l’Etat racial aryen millénaire   • De l’autre : mal relatif en vue des fins d’une bonne société communiste.

c) Tuer au nom de Mein Kampf est illégitime   • Tuer au nom du Capital ne l’est pas

d) Un lycée Rebatet en France est impensable   • Mais pas un lycée Aragon – auteur d’une Ode au Guépéou (1931)

e) L’usage de la torture, de la violence, de la brutalité, du mensonge, du camp de concentration, de l’Etat policier, de la peine de mort pour raison politique, de la dénonciation, de la police politique, du régime totalitaire, du meurtre d’enfants ne sont pas mauvais en soi, mais relativement aux fins.

f) Nombre incroyable de soutiens aux dictateurs marxistes-léninistes…   • Quelques noms :  1) Avant-hier, défense des camps soviétiques :  - Sartre, Beauvoir, Merleau-Ponty, Kojève , etc   2) Hier, aux côtés des maoïstes :  - André Glucskmann, Bernard-Henri Lévy, Christian Jambet, Guy Lardreau, Jacques Rancière, Pierre Victor dit Benny Lévy, etc   3) Aujourd’hui :  - Alain Badiou, défenseur de Pol-Pot (Kampuchéa vaincra, Le Monde, 17.01.1979), de Mao et de Staline (Le XX° siècle), Slavoj Zizek…

*

sartre beauvoir

a) Sartre, Beauvoir :   • Apolitiques avant-guerre : vacances en Italie 1933 avec billets fascistes   • Opportunistes pendant l’Occupation : Comoedia (1941, 1943, 1944), Radio-Vichy (1944)   • Défenseurs de tous les tyrans d’après guerre, pourvu qu’ils soient de gauche   • Soutien de l’URSS :   • Les communistes et la paix (articles entre 1952-1954),   • Impressions de Jean-Paul Sartre sur son voyage en URSS (1954)   • La Chine de Mao, La grande marche, Beauvoir (1957)   • Le Cuba de Castro, 16 articles Ouragan sur le sucre ( 1960)   • La Corée de Kim Il-sung, Entretiens avec Gerassi

 

Maurice-Merleau-Ponty1.jpegb) Maurice-Merleau Ponty :   • Pierre Michel, Une si douce occupation : le portrait de Pétain   • 1947 : Humanisme et terreur, défend les procès de Moscou   • 1950 : défend les camps avec Sartre dans Les jours de notre mort, repris dans Signes   • 1955 : Les aventures de la liberté, MMP fustige l’ultra-bolchevisme de Sartre

 

kojeve-alexandre

c) Alexandre Kojève :   • Gourou hégélien dans le Paris d’avant-guerre   • Entre 1933 et 1939 : Lacan & Bataille, Caillois & Aron, Paulhan & Klossowski, Jean Wahl & Levinas, Leiris & Koyré, Merleau-Ponty & Breton, Queneau & Eric Weil, Hyppolite, etc   • 1942 : Analyse de l’autorité du Maréchal   • Remarques sur la révolution nationale   • Espère que son travail contribuera à de nouvelles recherches permettant « de proposer une idée révolutionnaire (nationale) à la France de 1942 » (L’autorité, 197).   • Après guerre, se dit « la conscience de Staline » (Marco Filioni, Le philosophe du dimanche. La vie et la pensée d’Alexandre Kojève, 26).



5./ LES PHILOSOPHES AVEC MAO

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a) Glucskmann, Stratégie et révolution en France 1968   • 1er juillet 1968 : Mai 68 « fait de la France le centre de gravité du continent, une des clés du monde ».   • Après Mai, devient maoïste.   • Participe à un Comité de Base pour l’abolition du salariat et la destruction de l’université   • Il a 30 ans, déjà maître assistant…   • Fantasme de la Résistance…   • Organisent des réunions clandestines, souvent avec Sartre   • Se contentent d’écrire dans d’éphémères journaux :   • Révolution culturelle   • La cause du peuple   • J’accuse, dont André Glucskmann devient le directeur   • Lorsque la police perquisitionne chez Michèle Manceaux qui travaille à J’accuse et au Nouvel observateur, André Glucskmann dit :    « C’est dommage qu’elle n’ait pas été tabassée. On aurait pu en faire une affaire »   • André Glucskmann devient un opposant farouche à toute la gauche,   • Y compris mitterrandienne : La bêtise (1985)   • En 2007 appelle à voter Sarkozy…

 

BHL-et-finkelkraut--Custom---2-.JPGb) Finkielkraut et BHL effectuent « un bout de chemin avec la gauche prolétarienne » : Christophe Bourseiller, Les maoïstes français. La folle histoire des gardes rouges français (162).   • Comme nombre d’intellectuels gauchistes d’après Mai, Finkielkraut légitime les relations sexuelles des adultes avec des mineurs   • Deviennent ensuite de farouches anticommunistes et antimarxistes   • La biographie officielle de BHL se contente de parler d’Althusser comme d’un maître…   • Finkielkraut, BHL et Benny Lévy, ex Pierre Victor, se retrouvent dans le messianisme juif : - La vérité révolutionnaire d’hier était dans la révolution spirituelle juive d’aujourd’hui   • Ceux qui appelaient à détruire hier l’université sont devenus des herméneutes scrupuleux du texte juif aux études lévinassiennes   • Mais ils n’ont pas changé…

 

Alain-Badiou_Ibo_Sipa.jpg

c) Alain Badiou :   • L’un des 4 fondateurs de l’UCF (ML) (union des communistes de France (marxisteléniniste)).    « Mais le seul véritable chef (autoproclamé) est Alain Badiou qui enseigne à l’université de Vincennes », Bourseiller (398).   • Revendique la pureté révolutionnaire et idéologique   • Contre le populisme de Geismar, July et quelques autres   • Rassemblement de révolutionnaires élitistes , pas plus de 80   • Séparent étudiants sans diplômes et universitaires   • Slogans : « Glorifions la Chine et l’Albanie, bases rouges de la révolution mondiale »   • Réunion dans une salle du Lutetia…   • Les maoïstes de Tel Quel :   • Sollers, Henric, Scarpetta défendent l’assassinat des 11 athlètes israéliens par les palestiniens le 5 septembre 1972 aux JO de Berlin (plutôt de Munich - marc).

 

slavoj-zizek1.jpg

d) Zizek   • 18 octobre 2008, pour La fabrique, réédition d’un texte de Mao, De la pratique et de la contradiction :   • Préface de Badiou : « Mao, dont il est à la mode de dire le plus de mal possible, reste une grande figure marxiste révolutionnaire »   • A ce panthéon-là, Badiou ajoute : Robespierre, Lénine et Staline.   • Lettre à Zizek : « Les descendants contre-révolutionnaires de nos « nouveaux philosophes » vont hurler, comme ils le font déjà, qu’avec Badiou tu fais la paire des partisans attardés, mais quand même dangereux, d’un communisme sépulcral. Quel autre sens pourrait bien avoir, pour ces chiens de garde de la nouvelle génération, de seulement parler de Mao ? ».

*

• Nous en sommes là…


BIBLIOGRAPHIE :

• Jeannine Verdès-Leroux, Au service du parti. Le PC, les intellectuels et la culture (1944-1956), Fayard.

• Jeannine Verdès-Leroux, Le réveil des somnambules. Le PC, les intellectuels et la culture (1944-1956), Fayard.

• Jeannine Verdès-Leroux, La lune et le caudillo. Le rêve des intellectuels et le régime cubain (1959-1971), Fayard.

• Gilbert Joseph,  Une si douce occupation… Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre (1940-1944), Albin Michel.

• Christophe Bourseiller,  Les maoïstes. La folle histoire des gardes rouges français, Seuil.

• Guy Hocquenghem, Lettres ouvertes à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, Agone.

• Jean Birnbaum, Les maoccidents. Un conservatisme à la française, Stock.

• Michel Vanoosthuyse, Fascisme et littérature pure : la fabrique d’Ernst Jünger, Agone.

• Patrice Bollon, Cioran l’hérétique, Gallimard .

• Raymond Aron, L’opium des intellectuels, Agora éd. Calmann Lévy

• Raymond Aron, Le spectateur engagé, Presse Pocket

 

 


 

Réactions 

 

"Il s’agissait pour notre philosophe radiophonique de dénoncer tous les penseurs du vingtième siècle qui ont commis le péché mortel d’écrire des textes, articles, essais, voire traités, affichant des convictions antisémites ou, à tout le moins, des complaisances pour les tenants patentés de l’antisémitisme officiel. Et notre professeur de vertu de faire observer qu’aucun d’entre eux n’avait été excommunié quand on s’était aperçu que l’antisémitisme de salon ou de convenance pouvait avoir des conséquences dramatiques sur la bonne conscience des peuples… enfin de ceux qui avaient survécu à la Shoa. Puis Onfray stigmatisait tous ceux, souvent les mêmes, qui s’étaient rendus coupables de connivence voire de collaboration avec le régime soviétique et par extension avec tous les despotismes.

La démarche était salutaire. Etait-elle fondée ? Le réquisitoire était évidemment accablant. [...]

Les autres démentiront, hausseront les épaules et diront que M. Onfray ferait bien de balayer devant sa porte. Car ils trouveront certainement que lui aussi, dans la masse énorme de ses publications et de ses déclarations, a forcément donné quelque bâton pour se faire battre. Ou bien ils allègueront qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Enfin, qu’il faut replacer chaque chose dans son contexte et chaque courant de pensée dans son époque. [...]

... si Michel Onfray parlait un peu plus lentement, si dans la respiration de son discours, il laissait passer un peu moins d’autorité et un peu de doute sur ses convictions, un peu plus d’indulgence dans ses critiques, une douceur de ton qui tempérerait l’acuité de ses acerbes observations, ses pertinentes remarques ressembleraient moins à un torrent d’imprécations et n’en auraient que plus de portée. Les imperfections de la forme trahissent si souvent les insuffisances du fond !"


Published by marc et l'esprit d'ewa - dans Onfray sur le feu des conférences
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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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