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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 10:34

 

 

« Je sais la dette que j'ai contractée envers les vieilles féministes, maintenant dans leur tombe. Si, dans ma vie, j'ai pu poursuivre des études, faire ce que je voulais et comme je le voulais, si j'ai pu voyager seule autour du monde, si j'ai pu faire librement publier mes idées et même si je peux aujourd'hui parler à ce pupitre, je le dois à ces femmes, et il est peu de personnes que j'honore et respecte davantage. Je sais que pour obtenir de pareils biens au bénéfice des générations de femmes à venir, vous avez dû traverser bien des épreuves dans votre vie et renoncer à plus encore, qu'il vous a fallu supporter scandale et ridicule, et que, sans interruption, vous avez dû combattre préjugés et méfiance. »

Karen Blixen, Un discours de clôture avec quatorze ans de retard, conférence radio, 11 janv 1953, trad. Régis Boyer, Des femmes, 1987, p. 276-277

 

les-victimes-de-viol.jpg

On oublie trop souvent ce qu’on leur doit, à ces anciennes générations de féministes, ayant parfois cette impression bête et naïve que tout est normal, naturel et acquis.

8 mars - la Journée internationale des droits des femmes - c’est une nécessaire piqûre de rappel, le moment du bilan, l’occasion de faire le point sur la situation actuelle, sur les combats féministes passés et ceux qui restent à mener.

Très intéressant documentaire « Le procès du viol » diffusé hier sur France 3 dans Docs interdits retrace justement l’un de ces combats féministes à la fin des années 70, début 80 : combat juridique pour que le viol soit reconnu comme un crime et pas un délit mineur que les «hommes» s’octroient le droit de commettre pour se distraire et parce que les femmes le veulent bien et en demandent. On ne va quand même pas brimer la sacro-sainte sexualité masculine et le droit ancestral, viril et joyeux des mâles de «percer» les femelles mises à leur disposition, surtout lorsque non seulement elles refusent leurs avances, mais osent être homosexuelles? La satanique sexualité féminine n’a que pas exister, savoir subir et se taire.

"En 1978, à Aix-en-Provence, s'ouvre le procès de trois hommes soupçonnés d'avoir agressé sexuellement deux touristes belges dans les calanques de Marseille quatre ans plus tôt. Au terme de vifs débats - qui vont mobiliser le mouvement féministe comme lors de la bataille de l'IVG, Gisèle Halimi, l'avocate des jeunes femmes, fait modifier la législation. En 1980, est votée une loi qui définit le viol comme un crime et non plus comme un simple délit. Retour sur ce procès mémorable avec, entre autres, les témoignages des victimes Anne Tonglet et Aracelli Castellano."

 

Les trois criminels sont : Serge Pétrilli, Guy Roger et Albert Mouglalis. 

 

-1-
  • (00:00)  -  « Une société qui ne veut pas entendre parler du viol, c’est une société qui a un regard sur ce qui est le corps de la femme comme si c’était un concept. » [Agnès Fichot, avocate]. Jusqu’à dans les années 1970 en France, la question du viol relève d’un tabou. Les victimes sont perçues comme consentantes ou du moins de moralité douteuse, c’est pourquoi le plus souvent, elles préfèrent se taire.
  • (6:40)  -  Avant les années 70, nulle part dans les médias on ne parle du viol, ou si l’on évoque, c’est pour mieux le relativiser. […] Finalement, s’il y a des victimes dans cette affaire, ce sont bien les hommes et non les femmes. Ce sont bien eux qui sont à plaindre, c’est en tout cas ce qu’explique maître René Floriot, l’un des plus grands avocats de l’époque : « Très souvent devant les tribunaux correctionnels ou devant les cours d’assises comparaissent des jeunes gens qui sont condamnés souvent à de lourdes peines qui brisent complètement leurs carrières, et qui commettent des sottises dont-ils n’aperçoivent pas la gravité. » Et ces sottises, au fond, ce sont les femmes qui en sont responsables, car elles provoquent les hommes. […] Les femmes sont donc des tentatrices, et si elles sont violées c’est qu’elles l’ont bien cherché. Elles n’avaient qu’à pas se croire libres et se pavaner devant les hommes, elles n’avaient qu’à pas… « Quand une femme est violée, on commence par dire, mais elle n’avait qu’à pas porter un jean collant, elle n’avait qu’à pas sourire, elle n’avait qu’à pas sortir, elle n’avait qu’à pas, elle n’avait qu’à pas, à la limite, elle n’avait qu’à pas exister en tant que femme. » [Gisèle Halimi]
  • (13:40)  -  « La juge d’instruction leur aura dit : vous aviez bien dû consentir à un moment, autrement, vous ne seriez pas là pour en parler. Donc, en fait, la seule façon dont elles auraient pu prouver qu’elles n’étaient pas consentantes, c’aurait été d’être mortes. »  [Christine Delphy, sociologue]

 

-2-
  • (1:35)  -  « La sexualité de la femme a été considérée comme l’appoint de la sexualité de l’homme. […] Ce qui est scandaleux, ce n’est pas de dénoncer le viol, ce qui est scandaleux c’est le viol lui-même. »  [Gisèle Halimi, avocate]
  • (4:50)  -  Le scandale, c’est cette société indulgente à la violence masculine, le scandale, c’est le bâillon imposé aux femmes.
  • (7:00)  -  Pour Françoise Giroud, la secrétaire d’État à la condition féminine, c’est la révolte du gibier contre le chasseur. « Il y a toujours eu des chasseurs, les hommes ont chassé les femmes, et de même il y a des chasseurs qui vont dans la forêt et qui chassent les lièvres. C’est tout à fait normal. Imaginez que brusquement, les lièvres, au lieu de courir se retournent et disent : monsieur, si vous continuez, j’appelle mon avocat. Eh bien, c’est ça, la situation. Alors les chasseurs disent : mais qu’est-ce que c’est que ça? De quoi elles se mêlent? Elles sont insupportables, elles sont folles, ces femmes! Mais c’est le lièvre qui m’a provoqué. S’il n’y avait pas de lièvres dans la forêt, je ne tirerais pas dessus. »
  • (9:56)  -  Jusqu’ici en matière du viol le huis-clos est la norme. Réclamé par les accusés, il est prononcé par les magistrats qui estiment que les débats peuvent porter attente aux bonnes mœurs. Mais pour les féministes il n’y a pas de honte à être victime. Le déshonneur est du côté du violeur. Il faut que ces affaires soient jugées au grand jour. […] Certains magistrats comme le président de la cour d’assises de Paris, font de la résistance. […] En prétendant défendre la pudeur des femmes, ce magistrat ne fait en réalité qu’entretenir la honte que la société fait peser sur elles. Il ne peut même pas imaginer que les victimes puissent vouloir déchirer leurs bâillions.

 

-3-
  • (1:55 ) -  « Progressivement est passée l’idée qu’il fallait que le viol soit réprimé parce que c’était une atteinte intolérable à la dignité des femmes. » [Monique Pelletier, Ministre]
  • (3:00)  -  Non, le viol ce n’est pas une violence comme une autre, et ce qu’il révèle, c’est une société où les femmes sont traitées en inférieures, en dominées, en proies.
  • (3:45)  -  On ne l’avait jamais dit jusqu’ici, mais le viol c’est une blessure profonde, une douleur qui vous ronge des années durant, c’est une forme de destruction, de ravage.
  • (5:15)  -  L‘enjeu dépasse de loin la condamnation de trois violeurs. […] « L’enjeu est très important. L’enjeu c’est changer fondamentalement les rapports entre les hommes et les femmes. Il ne peut pas y avoir de société où le couple, au plan de l’amour, soit basé sur un rapport de force physique. C‘est quasiment du fascisme. [Gisèle Halimi]
  • (7:00)  -  En ce qui concerne la lutte contre le viol, une partie de l’extrême gauche critique la stratégie des assises et accuse les femmes de tomber dans le piège de la répression bourgeoise. […]  « Si vous voulez supprimer la prison pour tout le monde comme système, nous signons des deux mains, mais si vous commencez à la supprimer uniquement quand il s’agit du viol, eh bien, c’est une indication qui est grave et qui signifie que vous considérez que c’est une chose banale, anodine; » [Gisèle Halimi]

 

-4-
  • (00:00)  -  « Ces trois mecs avaient baisé deux salopes. C’était ça, le climat. »  Éprouvées, les mères de deux jeunes filles sont obligées de quitter le tribunal par la porte dérobée. […]  Il faudra finalement escorter les plaignantes et leurs avocates jusqu’à leur hôtel car les amis des violeurs les suivent et les insultent. […] « … on a craché sur les avocates, on les a menacées de mort, on a essayé de l’empoigner, on nous a protégées tant bien que mal pour arriver jusqu’à la voiture, et là, Gisèle Halimi a dit : demain, c’est protection !» […]
  • (1:05)  -  Claude Serillon, envoyé spécial du journal d’Antenne 2 ne revient pas de cette violence : « Des injures, des crachats, des obscénités, des coups - à chaque sortie de l‘audience les mêmes scènes.[…] Forcement, on est touché, on est pris, il y a une charge émotionnelle très forte. Vous avez une haine, un ressenti, vous avez une violence verbale, des crachats, des jets de choses différentes et variées, et puis en face, vous avez quelqu’un qui vient défendre le droit, dire ce qui va être la justice. «
  • (2:15)  -  Sur le marché du palais, le professeur de médecine Alexandre Minkovski que le président a empêché de témoigner se désole de cette violence : « Dans cette région de la Méditerranée, il y a une espèce de consensus sur le fait que, comme on dit, on perce les femmes, et finalement, l’espèce de complicité masculine me paraît une insulte pour les hommes et pour la conception que nous avons de l’amour. »
  • (10:50)  -  « Les choses changent lentement, mais elles ont quand même changé, un peu… »  [Christine Delphy, sociologue]

 

 

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8 mars 2014 à Paris.

Published by Ewa - dans Nausée
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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 01:32

 

 

"Je suis fonctionnaire, donc je suis paresseux et aigri. Je suis catholique, donc je suis intolérant. J'écoute du black metal, donc je suis violent. Je suis moi, donc singulier (mais j'espère encore ouvert à la singularité d'autrui)." 

C’est comme ça que se présente sur son site, aigreurs administratives, Darth Manu, l’auteur de l’article, dont vous pouvez lire les extraits ci-dessous. Cet article se situe à l’opposé de la dernière chronique de Michel Onfray : il est documenté, argumenté, et surtout, ce n’est pas une histoire sensationnelle racontée par le concierge ou le journaleux de la presse à scandale. En fait, c’est une brillante réponse à la chronique du mauvais genre de Michel Onfray, réponse par anticipation, car écrite huit mois avant que le philosophe féministe (sic) « n’apprenne avec stupéfaction les racines concrètes de la fumeuse théorie du genre » et n’avertisse ses lecteurs de son extrême dangerosité.


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« John Money, Pop et le principe de non contradiction »


Quand on entend certains catholiques mettre en garde contre la "théorie du genre", on est tenté de se demander ce qu'ils en ont lu. Et quand ils donnent des exemples de ce qu'ils dénoncent, on se demande s'ils ont compris ce qu'ils ont lu. [...] 

 

théorie du genre 1

 

Avec Judith Butler, et même de plus en plus devant elle, John Money est l'un des épouvantails préférés des anti-genre, à la fois l'origine supposée de cette "idéologie" (une page facebook en fait leur "créateur"), l'illustration de ses terribles conséquences (une opération de réassignation sexuelle ratée, qui s'acheva en tragédie avec le suicide du patient) et la mise en lumière de ses sombres objectifs sur le long terme (la tentative de justification de la pédophilie dont il s'est effectivement rendu coupable). Voici ce que le Salon Beige (site des laïcs catholiques) écrivait déjà sur lui en 2006, et qui synthétise l'idée, aujourd'hui inchangée, que beaucoup de catholiques se font de ses liens avec les études de genre:

"On apprend la mort, le 7 juillet, du psychologue John Money. Peu connu en France, il a pourtant été la principale caution scientifique de l'idéologie du "genre", dont l'influence imprègne, via les lobbies féministes et "gay et trans", des textes d'institutions européennes. Pour faire court, cette idéologie prétend que la différenciation homme-femme est due plus à l'éducation qu'à la biologie - cet article de Jeanne Smits en dépeint les conséquences.

Le Dr Money (dont le nom pourrait être celui d'un méchant dans un film de James Bond, remarque le blog First Things) est une sorte de successeur du Dr Kinsey, le "père" de la révolution sexuelle : chez les deux, la rigueur scientifique et le respect du patient ont été cyniquement subordonnés à une idéologie mortifère."

["Dr John Money (et ses victimes), RIP" par Henri Vedas]     

    

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Nul doute que cette "principale caution scientifique de l'idéologie du "genre"" doit être idolâtrée par le "lobby LGBT" et les partisans de la remise en cause de la différenciation sexuelle homme/femme, au premier rang desquels le mouvement "transgenre"... En fait, pas vraiment. Pas du tout, même :

[...] "John Money croit fermement au dimorphisme de genre, à la polarisation entre les sexes et défend les définitions communément admises de la masculinité, la féminité et l'hétérosexualité. Même si Ehrhardt et lui ont intégré à Man & Woman, Boy & Girl une étude anthropologique faisant état de différences importantes entre notions de genre et conduite sexuelle appropriée chez les Batak de Sumatra, chez les Pilaga (un peuple mal connu de Mélanésie) et chez les Yolngu du nord-est d'Arnhem en Australie, Money est loin d'être un relativiste culturel. Le fait que d'autres cultures soient capables de tolérer un certain degré de comportement homosexuel (et même, dans certains cas, de considérer que cela fait partie de l'initiation d'un jeune homme à la vie adulte) ne le fait pas changer d'avis sur l'homosexualité: le comportement homosexuel est une paraphilie. Avoir appris l'existence, dans des sociétés plus "primitives" que la nôtre, de rôles de troisième genre pour des individus au genre ambigu, ne le trouble pas plus. Au lieu de se demander si notre culture ne serait pas pathologique, étant donné que nous ne pouvons pas accepter que la nature ait créé notre espèce en plus de deux genres, Money déforme ses propres découvertes médicales et parle sans cesse de la naissance tout à fait naturelle d'enfants hermaphrodites comme d'"erreurs de la Nature" [Money, p.6-7, 14, 19, 26 et 186].

Pour Money, comme pour Green, le médecin est l'élément clé dans la lutte de l'enfant pour une identité sexuelle. [...] [Money, p. 13, 123, 128 et 159-161]. [...]

Money est surtout un moraliste qui se fait passer pour un scientifique; il s'en sort grâce à ses références médicales et sa production prolifique de publications pseudo-techniques sur la sexualité. En fait, ses prises de positions sur le sexe, le genre et le plaisir servent à étayer, par exemple, des lois contre la sodomie et pour l'enfermement psychiatrique de personnes qui "se font plaisir de diverses façons".«  

(Pat Califia, Le mouvement transgenre: changer de sexe, EPEL, 2003, p. 103-104 et 114)  


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Bien loin d'illustrer par ses discours et ses actes une théorie de l'indifférenciation sexuelle, voire de l'interchangeabilité des genres, Money défend donc une polarité stricte entre masculin et féminin, Hans_Baldung_differenciation-des-sexes.jpgse positionnant très fermement sur ce point du côté des partisans de la différence et de la complémentarité "naturelles" des sexes, et non de celui des LGBT, même si ses recherches sur l'hermaphrodisme et la transsexualité l'ont amené à théoriser la distinction entre genre et sexe. Et c'est précisément parce qu'il ne supportait pas tout ce qui pouvait sortir du modèle "H/F cisgenre hétérosexuel" qu'il s'est fait un avocat particulièrement extrémiste de la chirurgie de réassignation sexuelle. Dans le cas de David Reimer, il n'a pas imposé cette procédure pour relativiser la différence des sexes, mais au contraire pour la défendre, d'une manière particulièrement rigide il est vrai, parce que à ses yeux, un garçon sans pénis qui fonctionne ne pouvait être un "vrai" garçon. [...]

Même si pour lui, l'identité sexuelle était fixée par l'apprentissage, il était à l'évidence un partisan convaincu d'une stricte différenciation des sexes (un garçon ne peut trouver son équilibre que dans la virilité, à l'inverse d'une fille, au "risque" sinon de devenir homosexuel et/ou trans), et est donc, non pas une "caution" de la lecture LGBT des études de genre, mais au contraire un de leur pires ennemis.

 

Comment donc (John Money) s'est-il retrouvé propulsé par certains catholiques comme leur principale tête d'affiche? Manifestement parce que ceux-ci (qui ne sont pas tous les catholiques qui critiquent les études de genre mais une frange particulièrement active et alarmiste) se sont contentés de lire dans un article quelconque de vulgarisation qu'il fait partie des précurseurs des études de genre, qu'ils n'arrivent à concevoir ces dernières que sous la forme d'un processus: critique de l'ancrage naturel de la différence des sexes > défense de leur "interchangeabilité" > transgenrisme > assignation d'un autre sexe ou asexuation forcées à des enfants par des "idéologues" LGBT. Et comme ils ont lu par ailleurs le récit de ses erreurs médicales et de sa défense de la pédophilie, et bien que son discours soit à l'opposé de celui qu'ils font tenir aux études de genre, ils ont imaginé un scénario complotiste qui n'a rien à voir ni avec les origines et le contenu des gender studies, ni avec les relations de John Money avec ces dernières, mais qui correspond avec ce qu'ils veulent entendre. Ce qui en dit long sur leur souci d'exactitude, leur sérieux et leur honnêteté intellectuelle. [...]

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En conclusion, je voudrais faire trois remarques:

John money propagande 21) J'aimerai vraiment beaucoup qu'un de ces opposants virulents aux études de genre (qui ne représentent pas, encore une fois, la totalité de leurs critiques, y compris chez les catholiques) qui ne cessent de brandir "la vérité" sur le créateur des "études de genre", vienne m'expliquer comment ils arrivent à regrouper sous une même "théorie" un discours, celui de John Money, qui valorise de manière absolue le dimorphisme sexuel et assigne à la médecine le rôle de "corriger" tout ce qui pourrait s'en éloigner, les "erreurs de la Nature", et un autre discours, celui des transgenres, féministes, homosexuels et intersexués qui défendent une vision plus relative de ce dimorphisme, en vue de permettre une existence épanouie à ceux qui, pour des raisons biologiques ou autres, n'y trouvent pas complètement place, discours qui sont mutuellement et totalement contradictoires, opposés er incompatibles, mais que par un biais qui apparait surtout partisan et idéologiques, ils prétendent illustrer et dénoncer l'un par l'autre. Par exemple, dans les cas, certes très minoritaires, d'enfants qui naissent avec une ambigüité sexuelle, si les "corriger" par la chirurgie réassignatrice c'est mal parce que c'est John Money, la pédophilie, le suicide de David Reimer etc., et que les laisser dans l'indifférenciation c'est tout aussi mal parce que c'est le relativisme, la négation de la complémentarité "naturelle" des sexes et la "théorie du genre" qui mène au queer, qu'est-ce qui reste? L'avortement d'office ou l'euthanasie pour ceux dont l'ambigüité apparait après la naissance (#ohwait)? Ou alors on s'en fout, ils sont super minoritaires et c'est leur faute: ils n'avaient qu'à être normaux?

 

Ce qui m'amène à ma deuxième remarque...

john money - propagande anti gender2) Les opposants aux études de genre aiment bien dire qu'ils défendent "l'enfant", un enfant abstrait, idéalisé, qui s'épanouit naturellement dans une identité sexuelle fermement établie, et que l'influence des études de genre va déstabiliser. Mais cet enfant est-il si représentatif? Je ne pense pas seulement à l'extrême-minorité d'intersexués, ni aux homosexuels, ni aux personnes qui vivent une identité de genre différente de leur identité sexuelle biologique (les transgenres), mais tout simplement à tous ceux qui s'exposent quotidiennement aux sourires aux brimades et au mépris de leur entourage, car ils n'apparaissent pas typiques de leur sexe: les garçons trop timides, effacés ou efféminés, les filles "garçon manqué". Tous ces exemples sont ultra courants: nous en avons tous vu vivre l'enfer au collège ou en primaire: et c'est le discours traditionnel sur la différence des sexes qui est au fondement de leur souffrance, et non la "théorie du genre". Prenons donc peut-être un peu moins de temps à nous demander quels dégâts un discours qui remettrait en cause les fondements biologiques de la différence des sexes pourrait faire aux enfants, et un peu plus à observer ceux, parfois très graves, que les stéréotypes de genre font tous les jours à ceux-ci. Je pense qu'il y a de quoi faire.

 

Aristote.jpg3) Je dois cependant réfuter une critique très injuste qui est faite à ces militants contre les études de genre qui brandissent le spectre de John Money: on leur reproche souvent d'être figés dans une conception aristotélicienne de la nature. Alors qu'ils s'affranchissent allègrement d'un des principes premiers de la philosophie d'Aristote, le principe de non contradiction :

" Le principe le plus solide de tous est celui à propos duquel il n'est pas possible de se tromper... Quel est ce principe ? Il est impossible que le même prédicat appartienne et n'appartienne pas en même temps à la même chose et sous le même rapport... Il est, en effet, impossible à quiconque de croire que le même à la fois est et n'est pas, comme certains s'imaginent qu'Héraclite l'a affirmé... Si donc il n'est pas possible que les contraires appartiennent en même temps à la même chose, et comme l'opinion contraire à une opinion est sa contradictoire, il est manifeste qu'il est impossible que le même homme pense simultanément que le même est et n'est pas."

[Aristote, Métaphysique, Gamma, 3]   

 

 

5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 12:02

 

 

femen mariage gay2

Il y a un mois, lors de l’émission Les grandes gueules sur RMC, Michel Onfray a dit : « Moi, je suis féministe, mais je suis opposé à la théorie du genre » (9:40). Opposé comment,  jusqu’à quel point et pourquoi?  La réponse se trouve dans sa dernière chronique mensuelle N° 106 - mars 2014 intitulée Mauvais genre.

Opposé comment? Simplement, comme on est contre le Mal et pour le Bien.

Jusqu’à quel point? Totalement. Sans demi-mesure, sans nuance et sans l’argument digne d‘intellectuel, toute la complexité et la multiplicité des études sur le genre ont été balayées d’un revers de main dans la confusion parfaite.

Pourquoi? Parce que Michel Onfray « a découvert avec stupéfaction » que le psychologue John Money, prétendu promoteur de la théorie du genre et sa soi-disant caution scientifique, avait procédé à des interventions chirurgicales catastrophiques, menti et inventé le cas clinique de « guérison » qui confirmait sa théorie, comme le fit en son temps et à plus grande échelle Sigmund Freud.

Donc, le projet éducatif du gouvernement, et tout particulièrement Najat Vallaud-Belkacem s’inspireraient directement des expériences charlatanesques du bon docteur Money, le pire ennemi des études sur le genre, critiqué déjà très fortement par les féministes dans les années 70? C’est consternant... 

Dans sa chronique, le philosophe nous raconte cette histoire tragique, alors que les liens vers Wikipédia 1 ou 2, l’article dans Le Point, Le Figaro ou vers le documentaire de la BBC auraient suffi, et Michel Onfray aurait eu, quant à lui, plus de temps et d’espace pour présenter l’analyse du sujet si complexe et sensible du point de vue philosophique, sous l’éclairage nouveau, pour ne pas se contenter du traitement strictement anecdotique et journalistique. C’est ce qu’on est en droit d’attendre de la part du « philosophe «, enfin, je crois.

Cela me rend un peu triste de voir que l’intellectuel de gauche, athée, féministe (sic) prête main forte à toutes sortes de « réacs », vieux et nouveaux, chiens et chiennes de garde du patriarcat. Quelle aubaine pour eux! Et quelle perte pour ceux qui voient dans les études sur le genre, sans en être des fanas, un outil de l’analyse et de la déconstruction des rôles socialement et culturellement construits, hiérarchisés et attribués en fonction du sexe biologique et presque toujours au détriment des femmes, la possibilité de l’égalité réelle, tangible entre les hommes et les femmes dans leurs différences, et enfin une chance pour certaines personnes (très minoritaires) de vivre leur ambiguïté sexuelle comme bon leur semble, sans qu’on leur impose de rentrer dans les normes à la façon Money, à coups de scalpel. 

Critiquer les théories, les travaux et touts sortes d’approches méthodologiques qui entrent dans le spectre très large des études sur le genre - oui, mais pas avec des arguments à deux balles, des délires et des ragots.  C’est vraiment du mauvais genre…


[Voir également : la réponse à la chronique de Michel Onfray]

 


 

MAUVAIS GENRE


john-money

Je découvre avec stupéfaction les racines très concrètes de la fumeuse théorie du genre popularisée dans les années 90 aux Etats-Unis par la philosophe Judith Butler qui ne cache pas l’inscription de sa pensée dans la lignée déconstructiviste de Foucault, Deleuze-Guattari et Derrida.

 

En 1966, les époux Reimer consultent le docteur John Money (1921-2006), sexologue et psychologue néo-zélandais spécialiste de l’hermaphrodisme à l’université américaine Johns Hopkins. Cet homme affirme depuis 1955 que l’identité sexuelle biologique du mâle ou de la femelle ne suffit pas à constituer le genre sexuel du garçon ou de la fille – la thèse cardinale de la Théorie du Genre. Le problème des Reimer ? La circoncision de David pour des  raisons médicales, un phimosis, l’un de leurs jumeaux, a raté : la                       John Money (1921 - 2006)               cautérisation électrique a brûlé le pénis, la verge est calcinée.

 

reimers jumaux

Le Docteur Money saisit l’occasion pour prouver expérimentalement la validité de ses hypothèses théoriques. Il invite les parents à éduquer David comme une fille. David devient Brenda. Il subit un traitement hormonal. Quatorze mois plus tard, on lui retire les testicules. Elle est habillée en fille, traitée comme telle. A six ans, il semble devenu une fille. John Money publie des articles et des livres pour défendre la théorie du genre avec ce qui est devenu dans la littérature spécialisée « le cas John / Joan ». 

                                                                                                                                                                                                                       Brian et Bruce (alias Brenda/David) Reimer 

Or David/Brenda grandit douloureusement. Sa voix mue à l’adolescence ; il est attiré par les filles. Le médecin veut lui imposer une vaginoplastie ; il refuse. Money contraint les deux jumeaux à simuler des relations sexuelles pour stimuler le désir de David. A treize ans, David menace de se suicider si ses parents continuent à lui imposer les visites à Money. A quinze ans, le jeune homme arrête son traitement hormonal et se fait prescrire de la testostérone. Il subit une mastectomie et deux opérations de phalloplastie. Ses problèmes identitaires le détruisent. Il boit. Il suit un traitement médical pour schizophrénie.

 

Devant sa détresse ses parents lui révèlent enfin la vérité. Brenda redevient ce qu’il était : David. Il épouse une femme. Mais ne trouve ni la paix, ni la sérénité. Il se suicide en 2002 par une overdose de médicaments. Son frère Brian met fin lui aussi à ses jours en 2004. Silence de Money qui avait publié Homme & Femme, Garçon & Fille en 1972 en racontant l’histoire qui prouvait selon lui la validité de ses hypothèses. Précisons qu’il défendait par ailleurs la pédophilie et stigmatisait l’hétérosexualité comme une convention à déconstruire… [précisons que cette phrase a été copiée par le philosophe sur le site : Pour une école libre au Québec; voir la dernière phrase du billet du 18 février 2013  - E.]

 

 

md-jane-david.jpgEn 1997, Milton Diamond, professeur d’anatomie et de biologie reproductrice de l’université de Hawaï, découvre la falsification et la dénonce. Money réplique et dénonce… une conspiration de l’extrême-droite et des mouvements anti-féministes ! Ses partisans épousent son délire : les vrais souvenirs de David sont présentés comme relevant du « syndrome des faux souvenirs »… Autrement dit : le menteur dit vrai ; l’homme qui dit vrai, ment – mais ne le sait pas ! Effet de l’inconscient… Dénégation du         Milton Diamond, Jane ((épouse) et David Reimer          réel une fois de plus chez cet homme qui croyait plus juste ses délires que la réalité qui, si la raison ne l’avait pas déserté, lui prouvait pourtant la nature délirante de ses théories.

 

Judith Butler fait le tour du monde en défendant ces délires. La presse de la bienpensance française de gauche lui ouvre largement ses colonnes. De la même façon que le réel a montré les erreurs de Marx & de Lénine, de Freud & de Lacan, mais qu’il y a toujours des marxistes & des freudiens, le réel a montré en 2002 que la théorie du genre était une fiction dangereuse, mais quantité de gens souscrivent à cette nouvelle déraison – dont Najat Valaud-Belkacem. Un jour viendra où l’on fera le compte des ravages effectués par cette sidérante idéologie post-moderne. Quand ? Et après quels considérables dommages ?

Michel Onfray      

 

 


 

 


 

Réactions 

"Voilà un soutien intellectuel de plus sur lequel les nombreux disciples de la théorie du genre ne pourront pas compter. Et nul ne risque de venir traiter Michel Onfray de défenseur des religions."

  • f.desouche - Michel Onfray « Je découvre avec stupéfaction … » - 02.03.2014
  • Islamisme - Michel Onfray « Je découvre avec stupéfaction... » - 02.03.2014

"lire absolument la chronique complète mensuelle de Michel Onfray | N° 106 – Mars 2014 

Cet article Michel Onfray : «Je découvre avec stupéfaction les racines très concrètes de la fumeuse théorie du genre …» est apparu en premier sur Fdesouche.com."

  • Twitter - Benjamin, « Bon, j’ai écrit à Michel Onfray. Ca sert probablement à rien, mais ça détend. # djendeur »  - 02.03.2014
  • Résilience 2020 (site « revendique des valeurs humanistes et chrétiennes « ) - Le philosophe Michel Onfray parle du genre - 02.03.2014 
  • Fautpaspousser (Bioéthique, Euthanasie, droits de l’enfant, IVG, famille… soyons solidaires des plus fragiles) - Mauvais genre (chronique mensuelle de Michel Onfray) - 02.03.2014

"- Michel Onfray a décidé de prêter main forte à la Manif pour tous, le Printemps français, Béatrice Bourges, Christine Boutin, Farida Belghoul et autres assimilés de la droite extrême dans leur croisade contre la théorie du Djeundeur: Mauvais genre. 

Un philosophe traditionnellement ancré à gauche qui soutiens les réactionnaires, c'est vrai que ça fait mauvais genre."

- Dans un moment où les plus réacs récupèrent tout propos pouvant alimenter leur morale cul bénite, il faut être particulièrement vigilant à ne pas leur servir sur un plateau la confusion des genres entre l'identité sexuelle (disons dans sa vision simpliste) et l'injonction du rôle social qui lui est attribué depuis des lustres. Or cette distinction Onfray ne la fait pas dans son papier et c'est le problème. Ce que les curetons retiendront et exploiteront c'est l'idée qu'on impose à quelqu'un un statut et un rôle différent de sa "nature", réglant ainsi son compte à l'émancipation du rôle social imposé au genre. En fait Onfray ne devient pas "de droite" mais il devient très certainement con."

  • Morbleu! - Variations sur la redouctio ad hitlerum en mode philosophique mineur : une cacophonie sur le genre de Michel Onfray - 03.03.2014

- "De la politique égalitariste en matière de genre prônée par la Ministre, au suicide en masse de malheureux enfants que l’on aura forcé à ne pas être ce que la nature avait décidé qu’ils soient, il n’y a qu’un pas − qui est fait, la rhétorique ne doit pas nous abuser, non pas par Najat Valaud-Belkacem, mais par Michel Onfray. La rhétorique et l’argumentation de Michel Onfray est en tout point semblable à celle qui est déployée par la droite conservatrice actuellement."

- "Ce que montre, ou démontre le cas John Money, n’est pas que la destinée des individus est déterminée par la nature et leur être biologique : parce que Bruce était né homme, il aurait dû le rester, avec ou sans zizi. Ce qu’il montre, c’est bien au contraire en quoi cette destinée est déterminée par le social : une troupe composée de médecins et de parents s’arrogeant le droit de spécifier l’identité sexuelle et de genre d’un individu, au point de le tourmenter jusqu’au suicide. Le « bon sens » − puisque c’est à lui que l’on nous somme sans cesse de revenir − aurait davantage été de laisser le petit Bruce se construire lui-même en toute autonomie, sans lui imposer une quelconque identité que ce soit, de la même façon qu’il ne faudrait en imposer à personne, même pas à ceux ayant la chance de naître avec des organes reproducteurs jugés normaux par l’armada médicale."

"La prière porte toujours du fruit! En voilà encore d’autres preuves : D’abord, l’écrivain français Michel Onfray, pour qui nous prions chaque mercredi, a publié son billet mensuel sur son site Internet personnel. Surprise! [...] Comme c’est merveilleux! [...] Par ailleurs, plusieurs observateurs prédisent la dissolution prochaine du mouvement FEMEN en France, intention pour laquelle nous prions tous les samedis."

"Le texte d'Onfray est-il si récent que ça? Je le croyais moins à la ramasse que ça. Cette histoire a fait le tour du monde il y a un bon moment mais c'est du potin de caniveau. En parlant de cette histoire spectaculaire on passe à côté de la discussion."

"(John Money) le cadavre dans le placard que quelques oiseaux de mauvaise augure sortent pour impressionner les esprits faibles. Et ça marche : Michel est horrifié. Qui était John Money ? A la lecture de sa chronique, on sent bien que Michel n’en avait pas la moindre idée et qu’il a fait l’effort surhumain d’aller consulter Wikipédia, avant de reprendre des passages à peine remaniés de la page dédiée à Money. [...]

Si Michel avait fait son boulot de philosophe, il aurait compris que John Money n’était pas si différent du bon conservateur d’aujourd’hui qui va à un rassemblement de La Manif Pour Tous en brandissant des pancartes avec du bleu pour les garçons et du rose pour les filles. En effet, Money, tout en introduisant le concept de genre, a purement et simplement tenté d'imposer à un individu une identité sexuée et sexuelle arbitraire, ce qui est à l'exact opposé de la démarche d'émancipation propre au concept de genre tel que défendu par les féministes, les LGBT ou... le gouvernement socialiste."

"C’est en réaction aux « événements de mai 1968 », que quelques étudiants et jeunes professeurs ont décidé de fonder l’UNI. Ils avaient compris, avant les autres, que l’objectif des agitateurs de « 68 » n’était pas seulement de mener une « révolte étudiante » mais bien de discréditer, pour mettre à terre, les repères et les institutions (famille, école, nation, armée, ...) sur lesquels reposaient la société française. Il fallait donc une organisation capable de résister et de s’opposer sur le terrain à leurs méthodes et à leur dessein. Ce fut la mission que se fixa l’UNI."

"C’est donc, avec stupéfaction que je découvre la chronique de Mars 2014 de Michel Onfray, intitulé Mauvais Genre, et là, je lis le plus simple et le plus intelligent papier que j’ai lu sur la théorie du genre. [...]  Voici donc, une déduction par théorème, comme dirait l’autre, de l’absurdité et de la dangerosité de la Théorie du genre, et on l’a doit à Michel Onfray. Et moi qui pensait que tous les libertaires n’avait pas de pensées et était incapable d’analyse critique, je me trompais, et ça me permet de penser, de repenser, de reconsidérer, et c’est cela la philosophie, c’est cela Michel Onfray, ou l’honneur des libertaires.

La critique que le philosophe fait des pionniers du mouvement transgenre, identique à celle lancée fin 2013 par des sites ultra-catholiques, est cependant contestée. [...] Michel Onfray n'a pas souhaité préciser sa pensée.

 

 

  • vigi-gendre (stop au gendre à l’école) - Journée d’étude interdisciplinaire sur les femmes et le genre à la Sorbonne le 10 mars - 07.03.2014

"Dans sa chronique « Mauvais genre », Michel Onfray dénote avec le silence médiatique qui entoure le « gender ». Sa conclusion est la suivante : « Un jour viendra où l’on fera le compte des ravages effectués par cette sidérante idéologie post-moderne. Quand ? Et après quels considérables dommages ? » 

Si même Michel Onfray se met à devenir un « obscurantiste »…"

  • Les inrocks - Michel Onfray - le philosophe polémico-médiatique s’en prend au genre (sans avoir étudié la question) - Caroline Debray - 12.03.2014

"Michel Onfray n’y connaît rien. La preuve, il découvre une histoire – assez célèbre – qui circule depuis des mois sur les sites réactionnaires. En condamnant la “théorie du genre”, Onfray emprunte la rhétorique des détracteurs des gender studies. Mais, surtout, il n’a pas lu Judith Butler."

"Ce défenseur d’une vision du monde hédoniste et athée rejoint la pensée des intégristes religieux qui dénoncent un “totalitarisme d’Etat”. Drôle de contorsion pour un intellectuel qui se targue de combattre la bien-pensance et se retrouve aux côtés des tenants de l’ordre moral le plus crasse."

  • Le scrutateur (… d‘esprit chrétien et français) - Quand Michel Onfray va aux sources de la théorie du genre - 13.03.2014

"Michel Onfray dans une récente chronique nous rappelle les origines de la théorie à la mode dans les milieux « branchés »."

  • Libération - Onfray en pleine confusion de genre - Beatriz Preciado - 14.03.2014

"La lecture de cette chronique grotesque nous permet de tirer plusieurs conclusions sur le manque de rigueur dans la méthode du maître de Caen, mais aussi sur la confusion théorique qui traverse la France.

Son récit est truffé d’erreurs et de contresens. Plus grave si l’on songe à l’agressivité de ses propos contre Butler, il semble qu’il n’ait jamais lu la philosophe américaine. Mais si Onfray n’a pas lu Butler, où trouve-t-il ses arguments sur Reimer et sur la théorie du genre ? Le réseau d’Internet est une forêt digitale dans laquelle les mots sont des miettes électroniques permettant de retrouver la trace du lecteur enfui : et voilà que les approximations d’Onfray (se tromper sur le nom de naissance de Reimer, Bruce et non David, ou ignorer que Diamond a été le médecin de Reimer, etc.) nous conduisent à un article d’Émilie Lanez publié par Le Point, intitulé « L’expérience tragique du gourou de la "théorie du genre" ». Cet article est un exercice d’une insondable sottise et d’une grande malhonnêteté intellectuelle : il établit une relation erronée entre les théories de Money et celles de Butler, ce qui est inadmissible dans un contexte où l’instrumentalisation politicienne prime sur la rigueur dans l’usage des sources. Mieux encore, des passages entiers du texte d’Onfray sont repris d’un article de la page internet « Pour une école libre au Québec », site explicitement homophobe, dans lequel Onfray puise ses perles herméneutiques selon lesquelles Money « défendait la pédophilie et stigmatisait l’hétérosexualité comme une convention à déconstruire ». Il est étonnant que, pour s’exprimer sur le genre, Onfray choisisse de plagier des sites de catholiques intégristes. Ces bonnes sources de droite ne l’ont pas informé que l’histoire de Reimer est l’un des cas les plus commentés et critiqués par les études du genre et queer. S’il avait lu Butler, il saurait qu’elle consacre à l’analyse de l’histoire de Reimer un chapitre de son livre de 2004, Défaire le genre. Elle critique aussi bien l’usage normatif d’une théorie constructiviste du genre qui permet à Money de décider qu’un enfant sans pénis doit être éduqué comme une fille, que les théories naturalistes de la différence sexuelle défendues par Diamond, selon lesquelles l’anatomie et la génétique doivent définir le genre."

  • Yagg - La lettre ouverte à Michel Onfray - 16.03.2014

"Pour toi, la méchante théorie du genre est résumée dans l’expérience d’un savant fou nommé Money, qui pensait comme tout le monde avec lui à cette époque, qu’un enfant mâle qui avait perdu son pénis suite à un accident de circoncision ne serait jamais un homme, un vrai, et devait donc être mutilé encore plus, enlevons-lui les couilles, et élevé comme une fille. [...]

"Tu prétends, Michel Onfray, que Judith Butler est allé partout dans le monde prêcher la méchante théorie du genre. Sans doute voulait-elle couper les couilles de tous les garçons qui n’avaient plus de pénis, voire pire, de ceux qui en avaient encore un ! Tu as souffert en te mettant à la place de ce petit bonhomme, privé de sa virilité, rendu fou par l’inceste avec son frère et la confusion de son identité.

Sauf que Money n’a jamais réfléchi sur la question du genre. Il était essentialiste, profondément, pour lui sans pénis personne ne pouvait être un homme. Le contraire de Butler.{...]

Elle n’a jamais préconisé de mutilation physique sur qui que ce soit. Elle n’a jamais pensé que la forme du corps de quelqu’un faisait son genre. Elle n’a jamais parcouru le monde en disant qu’il fallait féminiser les petits garçons et viriliser les petites filles. [...]

Tu n’es pas un philosophe. Tu n’es même pas un prof de philo. Tu es un vieux réac rationaliste psychorigide persuadé d’avoir toujours raison, qui ne prend même pas la peine de lire le bouquin qu’il va critiquer."

"La chronique de Michel Onfray sur le genre a été suivi d'un silence assourdissant des médias : 15 jours et aucun article dans les médias qui "comptent"."

  • Politis.fr - Onfray sombre dans le mauvais genre - 20.03.2014

"Les tenants de la Manif pour tous et autres ultra-réacs du Printemps français ont dû bénir le ciel de ce soutien… inespéré. Sans manifestement avoir lu une ligne des rigoureux ouvrages de la philosophe de Berkeley, qui déconstruisent les vieilleries naturalistes figeant dans le marbre la différence sexuelle, Onfray aurait en fait repris le contenu de sites (notamment québécois) notoirement homophobes. Aurait-il laissé parler son « genre », celui de l’hétérosexiste de base ?"

  • paperblog - Caricature Michel Onfray - par Zebralefanzine - 22.03.2014

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  • Le Nouvel Observateur - Michel Onfray répète les élucubrations que le réactionnaires brandissent contre Judith Butler et les études de genre - Rémi Rouge et Sylvia Duverger - 30.03.2014

"N'en déplaise à celui qui à fait de l'agression à tout va sa principale arme de médiatisation, nous nous dispenserons d'une critique ad hominem. En dépit de sa malhonnêteté intellectuelle, de ses procédés rhétoriques, la chronique d'Onfray mérite notre attention : elle nous donne l'exemple parfait d'une stratégie de décrédibilisation idéologique. [...]

En prétendant se placer du point de vue du réel, Onfray se confère toute légitimité, ce qui le dispense de tout argument. Il n’est en réalité que le porte-voix d’un réel idéologiquement saturé, déguisé avec les habits modernes de la neutralité. Il atteste, sans le savoir (à son réel défendant ?), de la justesse de l'analyse développée par Butler dans Contigent Foundations. Le réel d'Onfray n'est pas plus neutre que le sujet universel (genré et blanchisé) de Hegel. C'est un réel sans complexité, sans plis, où les souvenirs logent nécessairement à l’enseigne de la vérité, un réel pensé sous la bicatégorisation de genre homme/femme et conformément au système sexe/genre (tel que le genre ne serait que l’expression du sexe anatomique). Un réel bien étriqué au regard de la diversité des genres et de la complexité de la sexuation. [...]

  • Le Nouvel Observateur - Rendre justice à Judith Butler (n’en déplaise à Michel Onfray et aux réactionnaires) - Rémi Rouge et Sylvia Duverger - 31.03.2014

"Le profond désaccord de Butler avec l’incohérence respective du constructivisme normatif d’un John Money et du naturalisme d’un Diamond ne saurait donc échapper à toute personne qui aurait lu « Rendre justice à David ».

Onfray n'est pas le seul, loin s'en faut, à prêter à Butler un discours qui n’est pas le sien pour en faire l'angle d'attaque d'une décrédibilisation de la « théorie du gender ». Probité intellectuelle oblige, il fallait que justice soit rendue à Judith Butler, ce qui ne peut mieux se faire qu’en la citant amplement."

  • Le Nouvel Observateur - Par delà le masculin et le féminin - rendre justice à David Reimer et à Judith Butler (suite) - Rémi Rouge et Sylvia Duverger - 01.04.2014

"Qui parle à la police du genre ? 

Lire avec probité Judith Butler conduit à renoncer aux positions simples et tranchées, les seules, ou presque, que les institutions médiatiques relaient… La lire, c’est se confronter au questionnement, au doute, à la réserve, à l’inlassable réexamen des dits et des écrits. [...]

Le récit de David fait constamment face à cette volonté tierce – celle de Money, de Diamond… - « de déterminer la vérité de son sexe par son discours » [...]

On retrouve l'histoire de David Reimer invoqué contre "la théorie du genre" sur de nombreux sites et blogs tenus par des croiséEs antigenre. Michel Onfray ne fait ici que s'inscrire dans leur sillage."

"Je ne peut pas dire que je sois un fan d'Onfray et de sa vision hédoniste, libertaire et athée, mais voila un billet qui le fait remonter dans mon estime"

  • L’idiot international - « Ramper en aboyant, portrait du philosophe en rebelle obéissant » Stéphane Legrand- 01.04.2014
« Le plus probable, à ce stade, est que toi non plus, tu ne voies pas le rapport existant entre les pratiques barbares d’un charlatan néo-zélandais détraqué et l’analyse théorique des mécanismes sociaux et symboliques de construction de l’identité sexuelle (pas plus qu’entre la recette de l’aïoli et la présence d’une particule de spin 2 et de masse nulle dans la théorie des cordes). Si c’est le cas, tu es comme moi, tu es manifestement un peu con.
Pour Onfray, cela signifie que les gender studies ont pour but la calcination des verges en série et l’imposition à de pauvres mâles hétérosexuels sans défense de vaginoplasties et de mariages contre-nature. Dans le monde réel, la plupart des théoriciens rattachés à l’immense champ de recherche des gender studies défendent l’idée que chaque individu doit avoir le droit de choisir et de vivre librement sa propre identité sexuelle. Par voie de conséquence, il est difficile de comprendre en quoi les exactions d’un maniaque ayant précisément cherché à imposer coercitivement à un individu son identité sexuelle, pourraient servir à définir le « délire » dont lesdites gender studies seraient coupables. » 
  • Le Nouvel Observateur - Les redresseurs de genre : Money, Diamond, Onfray et les autres - Rémi Rouge et Sylvia Duverger - 11.04.2014

"L’interprétation du cas John/Joan ou Brenda/David, dont se prévaut Michel Onfray à l’instar des plus réactionnaires des croiséEs antigenre, est diamétralement opposée, en termes de contenu comme de méthode, à la lecture que Judith Butler propose des dits de David dans « Rendre justice à David » (Défaire le genre, p. 75-93). [...]

Le récit que fait Onfray de l’histoire de David Reimer est quant à lui un champ de ruines, jonchés d'erreurs, d'oublis et d'ignorances. Onfray ne cite pas ses sources et l’on peut craindre le pire à cet égard. Tout laisse à penser que le philosophe n’a absolument pas pris connaissance de « Rendre justice à David ».  [...]

Imitant, quoiqu’il en ait, Money et ses partisans, Onfray annexe le récit de David à une vérité qui sortirait du corps, définie dans le cadre binaire homme/femme du système sexe/genre, qui pense le genre comme devant être cohérent avec le sexe. Au détour d'une formule fumeuse, il ramène le récit de David à une vérité originelle (masculine) et se fait le défenseur des « vrais souvenirs de David ». [...]

... les discours de Money, Diamond, Sigmundson, Colapinto et Onfray. Ces autorités psychologique ou psychiatrique, journalistique et philosophique sont persuadées qu’il n’y a de sujet viable et aimable que se conformant à la cohérence de genre, à l’alignement du sexe sur le genre et du genre sur le sexe. [...]

Ce que l’histoire de David Reimer permet de comprendre, en réalité, contrairement à ce que soutiennent La Manif pour tous et Onfray, ce n’est pas que le genre est la forme de cette matière que serait le sexe, ce n’est pas que le genre est l’expression psycho-sociale du sexe, c’est que nous sommes somméEs de nous conformer aux normes de genre, et au postulat naturaliste (ou essentialiste) selon lequel du sexe, le genre doit découler. [...]

Par ailleurs, l’histoire de David Reimer dévoile que les redresseurEs de genre impartissent aux femmes des rôles qui les constituent en subalternes [...]  Ce qui en soi atteste suffisamment de l’incompatibilité fondamentale entre les thèses de John Money et le féminisme.

Mais Onfray ne s’embarrasse aucunement de ces subtilités, lui il sait où est la vérité. [...] Tout se passe comme si, pour Onfray, toute interrogation sur ce que cela signifie de se sentir ou pas une fille, de se comporter ou pas en garçon, relevait, en somme, du « délire ». [...]

Pour Onfray, s'intéresser aux études de genre, c'est être victime ou complice d'une idéologie en vogue et de philosophes décadents. Sa chronique en appelle implicitement à quelque chose comme le bon sens ; elle menace : nous ferons « le compte des ravages (…) de cette sidérante idéologie ». 

Il nourrit la peur : qui « la théorie du genre » menace-t-elle ? Pas le réel, qui « prouve » de lui-même, mais l'humanité, qui doit réagir. À demi-mots, il instille des divisions sociales imaginaires qui opposent, de façon latente celleux qui « souscrivent à cette nouvelle déraison » à celleux qui, les deux pieds dans la vérité anatomique et flanquéEs du réel, déjoueront les « considérables dommages » que les ravageurEs du genre préparent. Il déploie un ensemble de valeurs qui n'ont de fondement que l'autorité les installant : en matière d'idéologie, la chronique d'Onfray est exemplaire. 

Cette stratégie discursive ne nous est pas inconnue ; elle en étonnera peut-être encore quelques-unEs, de la part de quelqu'un qui se veut le chantre de la gauche et se présente comme un philosophe libertaire. Au-delà du positionnement politique qui s'énonce clairement dès le début du texte, c'est davantage la méthode utilisée qui place, sans aucun doute possible, cet article dans le champ (vaste et pluriel) des stratégies de pouvoir réactionnaires."

  • lignes de forces, « Genre : Michel-la-manip-pour-tous-Onfray, taclé par Beatriz Preciado », Claude Guillon, , 11.12.2014

 


Voir également notre article sur le sujet similaire : Sexe et cerveau

 

 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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