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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 13:21

       

 

dieudo1

Certains de nos lecteurs s’interrogent : quelle est la position de Michel Onfray concernant « l’affaire Dieudonné »?

Nous vous rappelons donc qu’il y a quelques années, lors d’une interview à la radio, le philosophe donnait l’impression de bien connaître ce phénomène et de l’avoir analysé suffisamment pour pouvoir exprimer une opinion assez catégorique et tranchée : « Dieudonné c’est un pauvre type, un antisémite, un fasciste, un négationniste, un révisionniste, un ami de Faurisson etc. Il n’a rien pour lui, il est détestable en tout

Le philosophe a même évoqué une idée que les services secrets auraient dû s’occuper de l’humoriste de plus près (sic).

Comme on pouvait s’y attendre un peu de la part d’un libertaire post-anarchiste, Michel Onfray était clairement opposé à l’interdiction des spectacles de Dieudonné; néanmoins, cette opposition à la censure semble avoir été motivée plus par des raisons utilitaires, d’efficacité (la censure est contreproductive), que par l’attachement inconditinnel à l’un des principes de la démocratie - la liberté d’expression.



Depuis cette interview, l’auteur de « Politique du rebelle » a certainement peaufiné et ciselé son analyse, revisité certaines constatations hâtives.  N'oublions pas que lui-même a été accusé d’antisémitisme quand il a osé s’attaquer à la mythologie freudienne et au lobby psychanalytique ou quand il a défendu les travaux scientifiques de Jean Soler.

Cependant, ses prises de positions « par rapport aux gens que l’ordre établi rejette » ont été considérées et décrites comme révélatrices du parfait conformisme du philosophe. Dans la vidéo ci-dessous dont nous vous invitons à visionner un extrait (10:10 - 12:23), la critique est très virulente, mais pas dépourvue de pertinence. Son auteur, Jonathan Sturel, - peu importe si on partage ses analyses ou pas, et quant à nous, nous ne les partageons qu’en partie -  invite plutôt à la réflexion, au questionnement du point de vue de la sociologie politique, et ne semble pas patauger dans la boue de ressentiments dans lesquels se sont empêtrés jusqu’aux oreilles les détracteurs onfrayens professionnels de l’obédience sado-freudienne. 

 


 


 « Ces trois dernières semaines, la répression qu’il subit [Dieudonné] a pris un caractère extrêmement grave du point de vue démocratique.

 Le président de la République française, le socialiste François Hollande, et son ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sont prêts à tout pour interdire ses spectacles. Y compris bafouer leurs propres lois. Un avocat renommé et ardent partisan de la politique israélienne, Me Klarsfeld, appelle à créer des troubles à l’ordre public pour justifier leur interdiction. On menace d’utiliser des alertes à la bombe. Des patrons de grands groupes de presse appellent explicitement à « censurer internet » et faire pression sur les directeurs de salle pour qu’ils décident de ne plus mettre l’humoriste à l’affiche. Il existe aujourd’hui un consensus politique en France parmi les partis politiques traditionnels pour lutter contre Dieudonné au travers de la censure, des peines judiciaires ou d’interdictions administratives.

Ces attaques et appels à la censure sont à combattre avec la plus grande fermeté pour deux raisons essentielles.

Tout d’abord, il ne fait aucun doute que de telles mesures constitueront un dangereux précédent pour justifier la censure de toute idée considérée comme dérangeante par l’establishment. Le capitalisme (où une petite minorité continue à s’enrichir pendant que la majorité est en train de se serrer la ceinture) ne peut donner lieu qu’à des critiques et des réactions de plus en plus virulentes. Est-ce que ces critiques seront elles aussi interdites, réprimées ou censurées ? [...] 

 Aujourd’hui, on ne peut plus être contre la répression que subit Dieudonné sans également prendre ses distances avec ses idées. Et on ne peut plus lutter contre ses idées sans s’opposer fermement à la répression qu’il subit. Il ne faut céder ni sur l’un ni sur l’autre terrain.»


Un extrait de l’article publié sur le site de Michel Collon, Investig’action    

« Dieudonné, la censure et la quenelle« , Axel Bernard, 20.01.2014   

 

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A consulter également notre vidéo sur YouTube :
Michel Onfray sur « l’affaire Dieudonné » - Grandes Gueules - 30.01.2014


15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 11:40

 

 

 

  • J’ai vu une vraie Lady …. brillante, arborant sans complexe l’élégantisme … démocrate … comme les prostituées que l’on voit sur les trottoirs de La Droite.
  • Je signe dans le monde entier. Sans être aboulique, dieu sait que j’en signe tous les jours à des millions de personnes et qui expriment une telle admiration pour le nouveau philosophe que je suis. J’essaye de faire preuve de psychologie envers ces consciences limitées intellectuellement que j’essaye d’élever à la conscience du Lévynisme. Leurs esprits s’accrochent à moi dans une précipitation organiquement spirituelle. 
  • Dans certaines régions des États-Unis, vous savez, où la pensée cohabite avec une rare démocratie, là-bas, on appelle ça dédication jacking. C’est très en vogue chez eux. Là-bas, la réflexion est bouillonnante. Là-bas, les gens sont des vrais êtres humains, ils représentent l’élite mondiale, ce sont des humains qui me ressemblent. Alors que dans ce pays du merdisme qu’est la France, les gens ont quasiment une réflexion animale (…) Ici, il nous faudrait une situation de génocide pour éradiquer le mouliïsme de la nuit … 
  • L’expression de son visage montrait qu’elle cherchait à entrer en communication avec moi, même dans cette position originale. On voyait qu’elle ne souffrait pas de la vitesse, pas du tout, non … Je me souviens qu’elle criait assez fort à la fenêtre de ma portière comme ces peuples libres de la jungle, ces tribus qui vivent dans la forêt. J’essayais quand même de me concentrer pour réaliser ma dédicace. 
  • Dans certains de mes voyages, où j’allais hanter l’Histoire du monde armé de ma pensée ectoplasmique, j’ai l’obsession du tourisme de guerre américaine. Flâner dans les villes en ruines comme à Sarajevo ou à Kaboul, observer les plus forts, abusant de notre position dominante … J’aime retranscrire les assauts américains ... chirurgicaux ... dans l’arme qui tue … ces hordes armées qui marchent et éliminent …
  • Je vis et j’écris dans l’espoir de transmettre au monde mon meilleur capital de pensées. Que l’on parle de mes dédicaces ou de mes communions philosophiques, mon capitalisme de la pensée est réellement le meilleur.

 Bernard Henri-Lévy          

 

 

 

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 12:48

 

 

chasse lapin

Voici le deuxième article (voir le billet précèdentqui est une réponse sanglante de Michel Onfray à Dénis Tillinac, écrivain et journaliste de droite catho-freudo-sadienne, défenseur de la chasse au nom de la miséricorde chrétienne.

Sous cette belle petite phrase : « La balle que tu destines à l’animal devrait être dans ta tête! » (attention! c’est de l’humour angélique rétro, bien évidement) se cache le débat de vingt-deux minutes « Pour ou contre la chasse » diffusé le 8 novembre 2013 sur Europe 1 en direct et en public, débat entre Gérard Charollois et Thierry Coste, lobbyiste, chasseur, conseiller politique de la fédération nationale des chasseurs.


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« Le paysan de Paris »

 

animaux-couve-le-point.jpgJ’avais rédigé pour « Le Point » un compte rendu du livre de Gérard Charollois intitulé Pour en finir avec la chasse. Je découvre en ouvrant le numéro qu’il a été intégré dans un dossier sur les animaux et qu’il a été soumis à Denis Tillinac pour qu’il y réponde ! Titre de ce débat qui n’a pas eu lieu et annoncé en couverture : « Chasse : Onfray et Tillinac tirent leurs cartouches ». Comme j’avais le dos tourné quand le chasseur a ajusté son tir, je souhaiterais pouvoir vraiment tirer les miennes.

 

Tillinac attaque les thèses de Gérard Charollois comme si elles étaient toutes miennes – pareil procès d’intention m’avait déjà été fait lors d’un compte rendu d’un livre de Jean Soler. Et comme il avance en treillis, il tire à tort et à travers, comme après une sortie de banquet cynégétique.

 

Pour les défendre, les provinciaux n’ont pas besoin de ce paysan de Paris bien connu comme éminence grise d’un président de la république de droite douze ans aux affaires, comme éditeur dans le quartier ad hoc de la capitale, comme chroniqueur à Valeurs actuelles. Pour être crédible sur ce terrain, que n’est-il éditeur dans une maison d’édition corrézienne, journaliste dans une feuille de chou locale, ou conseiller général de Brive-la-Gaillarde ! Faire le provincial à Paris n’amuse que les parisiens où, dans certains salons qui jouent en boucle le Dîner de cons, on peut entrer avec ses bottes crottées en faisant croire qu’on arrive tout droit de ses champs. Or ça n’est pas de la boue paysanne que Tillinac a sous ses chaussures, mais les crottes de chien des trottoirs de Saint-Germain-des-Prés.

 

Dès lors, me prêter « un panthéisme naïf, un angélisme rétro et un mépris bobo de la ruralité » c’est un peu mal venu quand, comme lui, on a passé sa vie à défendre la paysannerie de droite qui a pollué les nappes phréatiques, arraché les haies, exterminé les animaux sauvages, détruit l’équilibre écologique, défendu la « chasse » réduite à l’abattage du gibier d’élevage juste sorti de cage, soutenu l’industrialisation du monde agricole subventionné par Bruxelles.

 

Petit-ange-avec-une-aureoleLe catholicisme de bénitier défendu par Tillinac lui fait nommer païen quiconque ne croit pas à son Jésus de crèche et à ses Rois Mages. Il stigmatise l’angélisme rétro quand on appelle à ce que la tradition sanguinaire du cerveau reptilien laisse place à la modernité raisonnable du cortex. Il transforme en bobo méprisant la ruralité celui qui vit en campagne depuis sa naissance, il y a cinquante-quatre ans, y travaille, y écrit ses livres depuis un quart de siècle et fait le nécessaire avec des Universités Populaires pour que la province ne meure pas siphonnée par le centralisme jacobin.

 

L’ « héritage judéo-chrétien » a bon dos quand il s’agit de défendre « le chapon farci aux marrons ». Le péché de gourmandise n’est pas une invention de panthéiste que je sache ? Sa rhétorique de bécasses sur canapé de foie gras et de côtes de veau aux girolles doit plus au paganisme épicurien, pour le coup, qu’au catéchisme, son horizon patristique indépassable. Rappelons que son Jésus ne mange pas de ce pain-là…

 

Ensuite, philosophant comme il chasse, Tillinac sort son fusil à tirer dans les coins : « la sollicitude pour l’ordre cosmique maquille un nihilisme qui refuse de hiérarchiser la Création ». Pour finir le travail, il sort le bazooka : il voit dans le combat pour que les chasseurs cessent d’infliger la mort pour le plaisir une « visée totalitaire » ! Qu’on se le dise : Hitler n’est pas loin, il est l’ami des abolitionnistes de la chasse…


sade--freud.jpg freud-picasso.jpg

 

Le catholique cite ses références, Sade & Freud ! Comme quoi je n’ai pas tort de combattre cette paire de saints très judéo-chrétiens ! La thèse est simple : puisque l’homme est naturellement méchant, péché originel et pulsion de mort obligent, permettons lui culturellement de l’être, ainsi, il le sera moins… Avouons que tant de dialectique montre que Tillinac fut probablement l’élève des Jésuites, mais sûrement pas celui de Descartes. Trop de catéchisme nuit au développement du cerveau philosophique !

 

Puisqu’il dispose d’un fusil à plusieurs coups, Tillinac ajoute d’autres paralogismes. Un deuxième : le chasseur aime la nature et respecte le gibier qu’il « sacrifie » ! Puis un troisième : le chasseur lui manifeste même une certaine « tendresse » ! Avec des fusils, de la chevrotine, des dagues ? On fait des tendresses moins casquées, des respects moins bottés, des amours moins meurtriers ! On a les « voluptés » qu’on peut : Tillinac avoue ressentir de pareils frissons quand le fildefériste tombe à terre, que le dompteur est dévoré par les lions ou, au rugby, « quand le plaqueur défonce le plaqué » – le fin lecteur de Feud qu’il est devrait choisir ses mots avec plus de soin… Quatrième paralogisme : vouloir réduire le sadisme, c’est l’augmenter écrit notre penseur. Ce qui relève d’une logique assez cocasse ! Jadis, dans une copie de certificat d’études, ça ne serait pas passé…

 

Enfin que Tillinac fasse de moi un défenseur « nocif (des) idéologies rédemptrices des écolos de la rive gauche » est drôle ! Passons sur la nocivité : les espèces nuisibles, c’est bon pour les chasseurs ; pour les humains, on sait où mène l’usage de pareille notion… Ensuite, renvoyer à l’idéologie, c’est l’arroseur arrosé ! Car il faut en tenir une sacrée couche, d’idéologie, pour souscrire à autant d’inepties : Tillinac aime tuer les animaux, mais par dévotion chrétienne; Tillinac jouit du carnage, mais pour réduire le sadisme ; Tillinac verse le sang, mais pour économiser la cruauté consubstantielle au péché originel ; Tillinac massacre des créatures vivantes qui ne lui ont rien fait, mais par tendresse pour les animaux ; Tillinac s’adonne au péché de gourmandise, mais par piété catholique ; Tillinac aime la nature, mais pour mieux la ravager . Avec un pareil fusil, on préfère être insulté par Tillinac, car, vu sa logique, c’est probablement par amour qu’il ajuste son tir !


chasse 1

Cliquez sur l’image 

 

Quant à la rédemption, c’est son fond de commerce, pas le mien. Enfin, s’il faut choisir, je préfère « écolos » à « fachos ». Pour conclure : à propos de la  rive gauche, je crois savoir que c’est le quartier dans lequel il joue le paysan de cour… On ne risque pas de s’y croiser.

Michel Onfray    

 


 

 

 

 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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