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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 23:23

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


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 20/ QUESTIONS/REPONSES  (4/4) - 23.08.2013

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

 

conf 2012 questions-reponses-6

1) [00:35] « Le spectacle se définit comme la nouvelle religion du capitalisme. »

Est-ce que vous ne pensez pas qu’au XXI e siècle l’économie est devenue une religion avec ses dogmes, ses obligations, ses rites? Une religion qui en plus est autosuffisante et se passe parfaitement de l’homme.

 

2) [20:47] Je voudrais savoir si Guy Debord n’avait pas pensé un peu aux Scop (Sociétés coopératives et participatives) (sic) ?

 

3) [37:55) Il y a une banque qui fait une pub assez importante en disant : venez chez moi, c’est très différent, nous sommes une société coopérative. Je n’ai pas l’impression que quand on confie notre argent à cette banque, ce soit très différent lorsque nous le confions à une banque commerciale. Les agriculteurs ont également monté beaucoup de coopératives, certaines très importantes, et quand on discute avec eux, ils reconnaissent tous qu’il y a peu de différences entre le fait de confier sa production à cette société coopérative ou à une société commerciale. C’est pour ça, la vision que vous avez de la coopérative me paraît un peu utopiste. La coopérative fonctionne bien lorsqu’on a à faire à une petite coopérative, lorsqu’on arrive à une certaine dimension, on a pratiquement la même logique que la société commerciale.

 

4) [45:40] La question de l’auditeur est inaudible.

ONFRAY : Pardon? Quel futur? Ce qui va advenir là? Vous voulez que je fasse Madame Soleil, c’est ça? 

 

 


 

 

La conférence de Michel Onfray à Rivesaltes s’est transformée en Apocalypse sous la plume caustique de Christian Di Scipio. Nous espérons que les auditeurs, les upistes et les fans de Michel Onfray ont assez d’humour et d’autodérision pour rire avec nous de ce détournement debord-ant * et irrésistible de Boris Vian. 

 

*Mot piqué à un commentateur au régime 

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Il fallut louer un hélico pour permettre à Onfray d’approcher la salle des Dômes de Rivesaltes dont le parking avait été pris d’assaut deux heures avant le début de la conférence. Arriver en voiture avait été jugé hors de question par Revel de la Raho le promoteur du spectacle. « On va tout de même pas rester deux heures dans les rues embouteillées du patelin », avait-il expliqué à la Cantonade.

apocalypse jésus- Sûr patron, avait approuvé ladite Cantonade, un ancien footballeur de Manchester qui avait changé de sexe en fin de carrière à mesure que ses cheveux avaient blanchi.

- D’autant que des bouteilles, on n’en a pas avec nous, avait renchérit l’Histrion catalan, qui ne voulait jamais manquer une bonne occasion de se taper un litron avec O’Carole, ex Rockeuse de Diamants qui avait sombré dans toutes sortes de vices au lendemain d’un soir de déprime où elle avait eu l’idée saugrenue de relire tout Marguerite Duras.

A la descente du vieux Sikorsky qui l’avait déposé sur le Dôme, Onfray se plut à regarder les événements qui se déroulaient à ses pieds. Il ne put s’empêcher de sourire à la vue des fans qui attaquaient le solide grillage entourant le vaste parking pour éviter le bouchon qui s’était créé au portail d’entrée.

apocalypse zombieLa librairie Isatis avait ouvert un stand de quincaillerie sur le trottoir en plus de son étal de livres aux portes de la salle. Les cisailles, les disqueuses, les pioches, les pelles, les marteaux piqueurs se vendaient comme des petits pains et servaient aux plus décidés à percer des trous dans la clôture ou à creuser des mini tunnels débouchant de l’autre côté des grilles.

Ceux qui avaient réussi à franchir ces obstacles se pressaient sauvagement à l’entrée de la salle des Dômes. Quand enfin, les plus décidés et les plus résistants avaient réussi à pénétrer dans le hall, ils étaient soumis à la tentation d’acheter les livres d’Onfray au stand de la librairie. Les bouquins se vendaient par cartons de 25 pour aller plus vite et les gens payaient à l’aide de chèques soigneusement pliés en forme d’avions supersoniques que les vendeurs attrapaient au vol.

La foule qui se pressait à l’entrée de l’amphithéâtre subissait la contre poussée de ceux qui étaient déjà dans la place et qui défendaient leur territoire à coups de boulettes de papiers confectionnées à l’aide de vieilles affiches de propagande du Parti Communiste et de photos du couple formé par Sigmund Freud et Erudi Lunesco nus sur un divan, une série de clichés pris à Vienne peu avant l’Anschluss.

 

Cet entassement de corps en transpiration dégageait tant de chaleur qu’une escouade de Varlets Nettoyeurs était équipée de lances à incendies alimentées en eau javellisée par la piscine attenante à la salle des Dômes. Toutes les 45 secondes, ils aspergeaient les rangs serrés des hordes combattantes de l’entrée tandis qu’à l’intérieur des airs de Jean Ferrat susurrés par le bourgmestre tentaient d’apaiser les tensions.

Certains audacieux lassés de piétiner dans le hall choisirent de dévaliser un distributeur automatique situé dans les vestiaires de la piscine qui proposait des maillots de bains, des lunettes de natation et divers accessoires de plongée. Une fois équipés, ils s’immergeaient dans le fond du grand bassin, et remontant la canalisation principale d’eau, ils aboutissaient au grand collecteur situé sous les gradins à gauche de la scène.

Les premières choses que virent les Agents du Rangement des Gens dans l’amphithéâtre, ce fut une flaque d’eau s’étendre petit à petit sous l’œil paniqué de ceux qui occupaient leur place à l’avant-scène. Quand l’eau eut gagné toute la partie basse de la salle, le bruit d’une scie électrique découpant le bas des marches accrut la panique des premiers rangs. Pourtant, personne ne se résolut à quitter son siège de peur de perdre une place si chèrement acquise. Tous restaient sourds aux injonctions des gens debout dans les allées les invitant à aller se protéger dans la galerie du haut. Mais tous furent pris de panique en voyant les premiers sous-mariniers faire irruption dans la salle par les ouvertures découpées dans les contremarches des gradins.

 

Des dizaines de femmes et d’hommes-grenouilles, dégoulinants de flotte, apparurent soudain, tels des zombies émergeant des tréfonds d’un goulag. Leur yeux, qui avaient du mal à y voir à travers la buée de leurs lunettes étanches, tournaient sur eux même à la manière de ceux de Jean-Sol Partre un soir de discours (sur un) bidon aux usines Renault de Billancourt, du temps où il crachait ses mégots sur la moquette du Café Flore en caressant le chignon hérissé de chardons de Simone de la Bavette, sa compagne.

Ces yeux torves de mille Jean-Sol, soudain revenus de l’enfer, c’est-à-dire de chez les Autres du dehors, provoqua une onde de désespoir se traduisant par des cris déchirants du style : « Tout, mais pas ça, pas Jean-Sol ! pas lui, il fallait nous prévenir ! ».

Heureusement, cet incident passa inaperçu pour beaucoup de spectateurs occupés à regarder vers le ciel, saisis de la même extase que Bernadette scrutant l’apparition de la Vierge dans cette la grotte de Lourdes rudimentaire du début où on n’y voyait goutte avant qu’on y ait installé l’électricité. (« Et grâce à qui, hein ? », se plaisait-elle à dire, aux pèlerins qui s’extasiaient de la luminosité du lieu).

Mais pour en revenir aux Dômes, qu’y avait-il donc à voir là-haut, sous le cercle de tôle qui culminait à 20m du sol ? C’était Onfray en personne, qui avait trouvé plus original de faire son entrée dans la salle par une corde de rappel après son atterrissage en hélico sur le toit du bâtiment. En attendant de descendre, il se balançait nonchalamment sur un trapèze en compagnie de Dorothée qui avait revêtu un justaucorps doré qui scintillait de mille feux dans le ciel de l’immense amphi. Avec Onfray, elle déchirait les pages d’une édition originale de l’Etre et le Néant annotée de la main de Dick Rivers que tous deux laissaient choir par paquets dans le vide. Ce déversement de confettis chargés de concepts marxistes atrabilaires suscitait l’enthousiasme d’un parterre chaud bouillant. C’est lorsque le public entama le célèbre tube « Michel we love you yé yé yé » composé par Paul McDonald que l’illustre philosophe se laissa soudain glisser le long du filin de nylon qui l’amena à atterrir au centre de la salle dans un cri d’effroi de la foule qui crut, un millième de seconde, à la Chute accidentelle et pour le coup camusienne en diable de leur mentor.

Ensuite, sous les vivats, Onfray gagna la scène à grandes foulées, la jambe lancée haut devant, dans une attitude semblable à celle affichée par l’Algérien Albert sur la couverture du livre qu’il venait d’écrire. La Cantonade prit alors le micro et annonça le début de la réunion. Dans le brouhaha finissant, Revel eut quelque peine à faire entendre la présentation de la manifestation qu’il avait préparée dans le recueillement de son bureau, un texte dont il avait testé les passages importants sur son teckel danois. Quant à Marie Laforêt, Vendangeuse de l’amour des livres, sa première question se perdit dans un tumulte indescriptible qui trouvait son origine dans l’explosion soudaine de la porte vitrée donnant accès à la salle. La pression d’une foule frustrée de voir la conférence débuter en son absence eut en effet raison de ses gonds.

 

Onfray s’en foutait. « Ça y est, je commence », avait-il lancé à Revel de la Raho, mais ce dernier, gaussé par le succès populaire de la conférence, se prélassait sur un petit nuage qui s’était formé suite à l’évaporation de toute l’eau qui noyait maintenant la partie basse de la salle sur une hauteur de 20cm. « Mais comment il a fait pour arriver là-haut ? » s’interrogeait une femme du monde inconsolable de sa rupture avec un dénommé Johnny, l’homme de sa vie qu’elle avait rencontré dans un concours de sosie de Didier Barbelivien. Bien qu’espérant encore un miracle (celui de trouver un jour un amoureux ressemblant à Johnny Deep en guise de consolation ), elle ne croyait pas à la magie, pas plus qu’aux horoscopes de Philosophie Magazine.

Onfray, en attendant le feu vert de Revel, maintenant en lévitation transcendantale sur son nuage qui avait viré au rose bonbon, regardait un match de football sur l’ordi portable de l’Histrion catalan. Tout à la rencontre opposant les Girondins de Bordeaux aux Montagnards de Paris, il avait revêtu le maillot bleu à chevron blanc des Bordelais en rêvant au bonheur que ce serait de flanquer une pilée aux Parisiens, trois jours seulement après avoir éliminé les Hollandais du PCV Enthoven…

Indifférent aux cris de la foule qui scandait son nom pour le voir entamer son discours, il se passionnait pour les belles actions de Condorcet, Brissot, Roland, Vergniaud ou Gensonné. Il râlait de temps en temps contre l’arbitre, M. Capet, qui sifflait n’importe quoi. « Pas comme nous », lui lança « Oh Carole » en prenant place à ses côtés. Elle avait apporté du saucisson et une bonne bouteille de rouge, un Merlot de Ponty des années 50 acheté aux magasins BHL. Hélas, c’était de la piquette mais comme l’Histrion catalan avait changé de chaîne en douce pour visionner un résumé de la dernière branlée de Perpignan, Onfray reporta toute son attention sur ce qui se passait dans la salle. Maintenant, la plupart des gens avaient trouvé un quart de m² où poser, qui un pied, qui un morceau de fesse ou qui un os du genou.

 

La Cantonade leur conseilla de se déshabiller pour avoir moins chaud et surtout prendre moins de place. Bien vite les vêtements dont se défaisaient la plupart des spectateurs s’entassèrent sur le devant de la scène. Ce dont profita un dénommé Boltanski pour s’arroger la paternité du tas de frusques qu’il présenta comme une « installation » artistique de son invention. Il exigea un droit de regard, c’est-à-dire une participation financière de 20 euros, de tous ceux qui posaient ne serait-ce qu’un œil sur la pyramide de fringues qui s’érigeait peu à peu.

Lassé de ces atermoiements et un peu vexé que personne ne s’intéressât aux Girondins, Onfray congédia « Oh Carole » et levant les mains à la manière du Messie lorsqu’il prononça son fameux Sermon sur la Montagne, il obtint un silence religieux de tous les gens qui interrompirent dans l’instant les diverses activités, certaines d’ordre sexuel, auxquelles ils s’adonnaient pour tuer le temps.

Dès les premiers mots de l’orateur, la salle fut transportée d’aise. L’attention des fans était à peine troublée par les soupirs discrets s’échappant de la poitrine des personnes les plus âgées et les plus fragiles qui achevaient de mourir d’étouffement. Aux derniers râles des uns, répondaient les « chut », certes apitoyés mais fermes, des autres. Même les Varlets Nettoyeurs qui prenaient en charge les corps sans vie jonchant les travées, agissaient dans un silence absolu. Ce n’est qu’une fois au bord de la fosse commune qu’ils avaient creusée dans un coin du parking avec des engins loués en urgence à Quiloutis, qu’ils se laissaient aller à des commentaires à voix haute sur le nombre considérable de personnes en surpoids dans nos sociétés sédentaires.

Partout, aux abords du Dôme, les dizaines de désespérés, inconsolables à l’idée d’avoir manqué de si peu l’événement considérable qui se déroulait à quelques pas de là, se suicidaient en s’abstenant d’utiliser des armes à feu, pourtant bien pratiques, pour ne pas perturber la réunion par des tirs intempestifs. L’armurerie Abattis avait ouvert un stand dans le hall où se négociaient à des prix prohibitifs cordes de chanvre, lames de rasoir, haches de bûcheron et égorgeoirs de marque Laguiole en tout genre. « De toute façon, vous vous en fichez de payer nos produits un prix scandaleux puisque vous allez les utiliser pour en finir », lançaient les vendeurs aux désespérés qu’un reste de radinisme rattachait encore à la vie terrestre.

Ces propos frappés au coin du bon sens faisaient tomber toute velléité, chez ces clients de la dernière heure, de demander une ristourne ou d’alerter les associations de consommateurs.

 

A mesure qu’Onfray parlait et que les spectateurs se pâmaient, le nuage sur lequel rêvassait béatement Revel de la Raho, s’élevait vers le sommet du Dôme. Au sol, la Cantonade achevait les blessés à l’arme blanche en silence selon le rite Hallali bien connu des amateurs de chasse à courre.

Ce n’est qu’au bout d’une heure que les conditions furent enfin réunies pour une pâmoison collective. C’est ainsi que le millier de survivants de cette bousculade dantesque - auprès de laquelle la fuite désordonnée de l’armée d’Attila au soir de la pâtée que leur avaient infligée des Gallo-Romains d’Aetius aux Champs catalauniques, avait des airs de procession de la Fête-Dieu dans un hameau du Gâtinais à la Belle Epoque -, oui ces mille Elus furent transportés dans un autre monde.

Un monde paradisiaque : celui de l’intelligence, du respect des autres, de la connaissance, de l’esprit critique, de la solidarité et de la tolérance.

Le monde et les humains tels qu’Onfray les idéalise et tels que nous les rêvons.

A condition d’avoir du bon sens, un peu de cœur et surtout d’être à jeûn…


Christian Di Scipio   

 

 

22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 16:03

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


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 19/  CONSTRUCTION D’UNE LEGENDE - 22.08.2013 

 

  
  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

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SYNOPSIS 

 

onfray conf.2013 guy-debord-avait-raison,M107299    

 

1./ UNE ENTREPRISE DE RECUPERATION

a) Qu’a fait Guy Debord en Mai ?  • Correspondance inhabituellement maigre... :  - 34 lettres en 1968  - 82 en 1965  - 75 en 1966

b) La légende le montre en inspirateur de Mai  • L’histoire pourrait contrarier l’image pieuse

c) Après Mai, il publie des hagiographies de lui-même :  • Il s’aime, il a tout prévu  • Il a écrit de bons livres qui dureront  • Il a lu les bons auteurs  • Il a vu avant les autres ce qui est devenu évidence pour tous

d) Il ne fut pas le Clausewitz de Mai...  • Mais un acteur parmi tant d’autres

e) Dans la correspondance :  • Se manifeste 15 jours après le début du mouvement.

 

 

2./ LES SITUATIONNISTES EN MAI

Le 14 Mai :

Création du «Comité Enragés-Internationale situationniste » :

a) S’emparent de la salle Jean Cavaillès pour la rebaptiser Jules Bonnot...  • Donnent le nom de Ravachol à une autre salle...  • Accrochent un drap à la fenêtre : « Occupation des usines – Conseils Ouvriers – Comité Enragés-Internationale situationniste ».  • M.Bernstein et Guy Debord ravitaillent les grévistes en cigarettes...  • Tracts, slogans, ronéo, graffitis, affiches, AG  • Les comités s’opposent aux comités, se battent pour le leadership...  • ... qui permet de disposer du matériel de repro et d’un micro avec sono...

b) Souhaitent la jonction avec les ouvriers de Renault  • Sont refoulés aux portes...

c) Pascal Dumontier, Les situationnistes et Mai 68 :  • « Il semble que leur radicalisme révolutionnaire, leur critique des groupuscules gauchistes, leur appel à la formation de conseils ouvriers ne recueillent l’adhésion que d’une faible minorité (sic) d’étudiants »...

Le 15 mai :

a) Écrit une lettre « aux membres de l’Internationale situationniste, aux camarades qui se sont déclarés en accord avec nos thèses » :  • « La « révolte » étudiante de Paris a commencé avec le petit groupe des « Enragés » de Nanterre voici quelques mois; René Riesel ; Gérard Bigorgne (exclu en avril de toutes les universités françaises pour cinq ans), etc. (sic). Ce groupe était sur des positions pro I.S. Le reste du « Mouvement du 22 mars » (plus modéré et confus) a trouvé son leader en Dany Cohn-Bendit (anarchiste du groupe 2 Noir et Rouge) qui a accepté un rôle de vedette spectaculaire où se mêle cependant un certain radicalisme honnête » (Correspondance, III. 283).

b) Or, les Enragés désignent une constellation : anarchistes, gauchistes, contestataires,  • Voies de fait contre des enseignants  • Graffitis  • Affrontements avec la police

c) Le « Mouvement du 22 mars » n’est pas situationniste :  • « Les crétins du 22 mars » écrit Guy Debord le 17 septembre 1969 (Cor. III.289).  • Dictionnaire de Mai 68 : ce groupe de 142 étudiants, sur un total de 12.000, qui occupe Nanterre « pour la plupart à la mouvance libertaire ou gauchiste (surtout à la Jeunesse Communiste révolutionnaire) » (302).

Le 17 Mai :

• Quittent la Sorbonne pour créer un nouveau comité :  - Le Conseil pour le maintien des occupations (CMDO)...  - Une quarantaine d’adhérents qui se proposent de fonctionner comme Conseil emblématique des Conseils révolutionnaires à venir  - En fait : une AG perpétuelle...

Le 19 mai :

• Envahissent le bâtiment de l’Institut de Pédagogie nationale  • s’emparent du comité paritaire d’occupation  • Le rebapisent « institut pédagogique populaire »  • Rédigent et diffusent des tracts  • « A bas la société spectaculaire-marchande ; Abolition de la société de classe ; Occupation des usines; Fin de l’université ; Le pouvoir aux conseils de travailleurs ».  • Ecrivent une chanson  • Détournent des photos – dont quelques nus...  • Le comité crée des comités: des liaisons, des fournitures, de l’imprimerie  • Cassent des vitrines d’épicerie pour se ravitailler  • Siphonne l’essence  • Vandalise des objets de culte dans les églises

 Le 30 mai :

• Dans un tract : menacent Moscou, Pékin, Washington, Tokyo de leurs foudres à venir...

Le 15 juin :

• Le Conseil pour le maintien des occupations se dissout...  • L’IS offre des adhésions à quelques figures emblématiques de Mai...  • Debord, le Clausewitz de Mai 68 ?


onfray conf.2013 GuyDebord dessin travail 

 

3./ DEBORD, UN PRODUIT DE MAI ?

Le 15 août :

a) Mai est loin :  • Guy Debord envoie une lettre à Raoul Vaneigem.  • Propose un menu mai 68 avec :  • « Potage enragé » : tomates, céleri, cerfeuil, poivre, piment, crème, « pavés de pain frottés d’ailrevenus au beurre »  « Croustade Gay-Lussac » : homard flambé avec moules et marrons chauds  • « Filets mignons de Nanterre »  « Epinards au Grappin » - du nom du doyen de la faculté de Nanterre surnommé Grappin-la-matraque   • « Sorbonne flambée » : « Meringue glacée au chocolat, garnie de cerises et flambée à la vodka verte » .

b) Construction de la légende avec Jean-François Martos, Histoire de l’Internationale situationniste :  • Eléments de langage :  • Il y eut très peu de situationnistes,  • Mais leur influence fut considérable

c) Version officielle :  • « Au tout début de la révolution (sic) de 1968, il n’y avait que quatre situationnistes à Paris- dont Debord, Khayati, Viénet » (245) .  • « Si l’on ajoute trois ou quatre Enragés (Bigorgne, Cheval, Riesel) aux situationnistes alors présents à Paris, on constate que huit individus tout au plus auront suffi à allumer la mèche de 68, dont l’explosion ébranla tant les masses » (245).  • 8 situationnistes auraient donc fait mai 68...

d) En mai, GD était un garçon bohème familier des happenings spectaculaires parisiens...

e) En Juillet 69 : l’Internationale situationniste compte 9 adhérents...  • Sur la planète : 18  • En 1970 : activité nulle  • Fin 1970 : 5 personnes dans le groupe

f) Dont Debord qui renie le conseillisme...  • Le 17 mars 1970, Notes pour la réunion des sections françaises et italiennes:  • « Malgré leur très grand intérêt historique et programmatique, les Conseils ouvriers du passé sont évidemment des expériences insuffisantes. (...) Une vague mode conseilliste se développe, jusque chez les crétins. Nous n’avons d’aucune façon à nous y ranger; mais à la déranger, dès à présent ».

g) 14 novembre 1970 : démission de Raoul Vaneigem  • Haine de Debord  • Exclusions, démissions

h) Dissolution de l’Internationale situationniste en avril 1972 par Debord, La véritable scission dans l’internationale, circulaire publique de l’internationale situationniste.


4./ DEBORD ET LA LEGENDE DU PROPHETE

a) Rencontre Lebovici courant 1971  • Divorce de M. Bernstein le 5 janvier 1972  • Epouse Alice Becker 6 mois plus tard le 2 aoput 1972

b) Réalisation du film La société du spectacle

c) 1979, Préface à la quatrième édition italienne de La société du spectacle  • Dit être lu et mal traduit, avoir un lectorat chez les ouvriers italiens

d) « Evidemment, si quelqu’un publie de nos jours un véritable livre de critique sociale, il s’abstiendra certainement de venir à la télévision, ou dans les autres colloques du même genre ; de sorte que, dix ou vingt ans après, on en parlera encore » (1462).

e) « Je me flatte d’être un très rare exemple contemporain de quelqu’un qui a écrit sans être tout de suite démenti par l’événement, et je ne veux pas dire démenti cent fois ou mille fois, comme les autres, mais pas une seule fois. Je ne doute pas que la confirmation que rencontrent toutes mes thèses ne doive continuer jusqu’à la fin du siècle, et même audelà » (1465).

f) Pas démenti entre 68 et 79 ?  • Pas une seule fois son oeuvre n’annonce Mai  • Pas une seule fois il n’annonce que Mai sera suivi d’un retour de la réaction  • Pas une seule fois il n’annonce que Mai produira le renforcement du capitalisme sous sa forme libérale  • Et il annonce l’avènement de la révolution – qui ne vient pas...

g) La société du spectacle (1967) : échec du capitalisme...  • « Une nouvelle époque s’est ouverte : après la première tentative de subversion ouvrière, c’est maintenant l’abondance capitaliste qui a échoué » (1115).

h) Commentaires sur la société du spectacle (1979) : triomphe du capitalisme  • « Les troubles de 1968 (...) n’ayant en aucun lieu abattu l’organisation existante de la société (...), le spectacle a donc continué partout de se renforcer, c’est-à-dire à la fois de s’étendre aux extrêmes par tous les côtés, et d’augmenter sa densité au centre » (12).


5./ LES MODALITES DU SPECTACULAIRE

a) Commentaires sur la société du spectacle (1988) :  • Pas une seule ligne positive  • Analyse la métamorphose du spectacle

onfray-conf.2013_debord_commentaires-sur-la-societe-du-sp.gifb) Le spectaculaire moderne :

« Le règne automatique de l’économie marchande ayant accédé à un statut de souveraineté irresponsable, et l’ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne » (12).

• Il se sépare en deux.  1. Le spectaculaire concentré :  « L’idéologie résumée autour d’une personne dictatoriale » (18),  • Le national-socialisme ou le stalinisme : III° Reich et URSS  2. Le spectaculaire diffus:  • L’idéologie « incitant les salariés à opérer librement leur choix entre une grande variété de marchandises nouvelles qui s’affrontaient »  • Les démocraties bourgeoises indexées sur le mode de vie américain.  • France et autres pays d’Europe, Amériques, Japon .  3. Le Spectaculaire intégré :  • Aboutissement de la société du spectacle qui commence autour de 1931...  • Mélange le concentré et le diffus  • Résolution de leur conflit après effondrement du premier et triomphe du second  • S’impose mondialement  • Triomphe en France grâce au « rôle important des partis et syndicats staliniens dans la vie politique et intellectuelle, faible tradition démocratique, longue monopolisation du pouvoir par un seul parti de gouvernement, nécessité d’en finir avec une contestation révolutionnaire apparue par surprise » (18) .  • Dispose d’un centre directeur occulte :  • « On n’y place jamais plus un chef connu, ni une idéologie claire » (19).  • Caractérisé par 5 points principaux :  • « Le renouvellement technologique incessant ; la fusion économico- étatique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique ; un présent perpétuel » (21).  • Il est partout et infuse toute la réalité.


6./ LE DISCOURS DECADENTISTE (I)

Commentaires sur la société du spectacle (1988)

a) La fin de la compétence :  • « Un financier va chanter, un avocat va se faire indicateur de police, un boulanger va exposer ses préférences littéraires, un acteur va gouverner, un cuisinier va philosopher sur les moments de cuisson comme jalons dans l’histoire universelle. Chacun peut surgir dans le spectacle afin de s’adonner publiquement, ou parfois pour s’être livré secrètement, à une activité complètement autre que la spécialité par laquelle il s’était d’abord fait connaître » (20).

b) La fin de la nature naturelle :  • Pollution généralisée par l’industrie moderne

c) La fin de l’alimentation saine :  • Nourriture formatée et industrielle

d) La fin du vin :  • Avènement de boissons falsifiées par la chimie

e) La fin de la valeur authentique :  • Au profit du « statut médiatique » (20) qui confirme la seule valeur

f) La fin des connaissances historiques:  • Culte du présent éternel devenu religion absolue du marché  • Ce qui permet l’ignorance , l’inculture et facilite le gouvernement

g) La fin de l’agora :  • Disparition d’espaces de discussions publics  • Où pourrait se critique et déconstruire le discours spectaculaire dominant

h) La fin de la possibilité révolutionnaire :  • Chacun affirmant que rien ne peut plus être changé

i) La fin de la critique sociale :  • Elle est confisquée par des « universitaires ou des médiatiques(...) (qui) ressemblent au fac simile d’une arme célèbre, où manque seulement le percuteur » (84) .

j) La fin du livre :  • Domination de l’informatique et des ordinateurs à l’école

k) La fin de la conversation :  • Disparition de ceux qui savaient parler

l) La fin de la logique :  • « Aucun drogué n’étudie la logique » (39)

m) La fin de la personnalité :  • Triomphe d’individus unidimensionnels

n) La fin de la science humaniste :  • La science menace la vie :  - Pollution des océans  - Destruction des forêts tropicales  - Raréfaction de l’oxygène  - Trou dans la couche d’ozone  - Accumulation des radiations nucléaires  - Génétique faustienne

o) La fin de la sécurité :  • Pleins pouvoirs du secret, de la mafia,  • Des réseaux occultes de désinformation et de surveillance

p) La fin de la médecine de l’individu :  • Médecine d’Etat qui joue les intérêts de l’industrie pharmaceutique  • Contre la santé des particuliers

q) La fin de l’école classique :  • Dictature des pédagogues   • Ils remplacent analphabète par illettré – qui signifie : qui a appris la lecture, mais l’a oubliée

r) La fin de l’art :  • Prolifération du néo-dadaïsme qui pontifie dans « le médiatique » (86).

s) La fin du jugement de goût :  • Les Américains financent la restauration de Versailles ou de la Chapelle Sixtine :  • «C’est pourquoi les fresques de Michel-Ange devront prendre des couleurs ravivées de bande dessinée, et les meubles authentiques de Versailles acquérir ce vif éclat de la dorure qui les fera ressembler beaucoup aux faux mobilier d’époque Louis XIV importés à grand frais du Texas » (59).  • Tout ceci dans un livre de moins de 100 pages...


7./ LE DISCOURS DECADENTISTE (II)

onfray conf.2013-debord-ingiruma) Récidive avec : In girum nocte et consumimur igni (1990) – 67 pages  • Palindrome : «Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu »  • La révolution n’est plus d’actualité, repli sur soi

b) Liste des griefs:  • Le monde va mal  • Les cinéphiles prouvent la décadence de l’époque  • On doit tout faire : conduire sa voiture, prendre son essence, remplir son caddie  • Nourritures et vins frelatés  • Paris n’est plus Paris: ville détruite par les urbanistes  • Pollution partout  • Nostalgie de son passé : lettrisme, bohème, dérives nocturnes, boisson  • Déplore Tchernobyl  • Prend acte de la fin du Mur de Berlin

c) Constate :  • La nostalgie :  - « Une époque a passé (...). son air d’innocence ne reviendra plus » (62)  • La décadence :  - « Voilà donc une civilisation qui brûle, chavire et s’enfonce tout entière » (72)  • La fin de toute possibilité révolutionnaire :  - Ne croit plus à « la révolution totale » (51) qui serait symptôme du spectaculaire  • L’ego comme seul centre possible :  -  « Un sujet important : moi-même » (25)  • Dit avoir été solitaire, impeccable, vrai pour toujours, imperturbable, corrompu par rien ni personne,

d) Réécrit l’histoire :

• Se présente en théoricien, stratège et tacticien de Mai 68 :  - « J’admets, certes, être celui qui a choisi le moment et la direction de l’attaque, et donc je prends assurément sur moi la responsabilité de tout ce qui est arrivé (...). Ne me suis-je pas tenu toujours à quelques pas en avant du premier rang ? » (58)  • Or :  - Il n’était pas à Strasbourg en 1966  - Pas à Nanterre le 22 mars,  - Pas dans la Sorbonne occupée ...

e) Ecrit dans In girum :  • « Je suis indifférent aux accusations les plus variées »   • Mais a écrit : Considérations sur l’assassinat de Gerard Lebovici (1985)  • Pour réfuter les attaques qu’il a subies  • Puis: «Cette mauvaise réputation » (1993)  • Pour répondre aux critiques des journalistes.

 

 


8./ LE TRIOMPHE DE L’EGO

• Panégyrique, Tome premier (1989) – environ 80 pages  • Revendique la sincérité  • Mais pour mieux cacher

pnfray conf.2013-debord-panégirique2• Premier mensonge :  -  « Personne, pendant bien longtemps, n’aura l’audace d’entreprendre de démontrer, sur n’importe quel aspect des choses, le contraire de ce que j’en aurai dit ; soit que l’on trouvât le moindre élément inexact dans les faits, soit que l’on pût soutenir un autre point de vue à leur propos » (21).  - 1967 : conseilliste  - 1988 : abandonne le conseillisme

• Deuxième mensonge :  - « Je suis né virtuellement (sic) ruiné » (22).  - Géniteur ruiné, mais nouveau mari très riche  - Bourseiller : cabine téléphonique en plaqué or dans la maison familiale  - Détourne Aristophane : « J’ai été élevé sur la voie publique, moi aussi » (35)  - Envoyait son linge à blanchir de Paris à Nice

• Troisième mensonge :  - « Je ne pouvais même pas penser à étudier une seule des savantes qualifications qui conduisent à occuper des emplois, puisqu’elles me paraissaient toutes étrangères à mes goûts ou contraires à mes opinions » (23).  - Fait silence sur son inscription en droit en octobre 1951  - Silence dans la biographie des Oeuvres chez Gallimard

• Quatrième mensonge :  - « Je me suis fermement tenu, docteur en rien, à l’écart de toute apparence de participation aux milieux qui passaient alors pour intellectuels ou artistiques » (23).  - Silence sur le lettrisme, sur Socialisme ou barbarie

• Cinquième mensonge :  - «N’avoir jamais accordé que très peu d’attention aux questions d’argent » (24)  - Silence sur le financement par Michèle Bernstein et son beau-père, sur Lebovici

• Sixième mensonge :  - Affirme avoir lu « plusieurs bons livres, à partir desquels il est toujours possible de trouver par soi-même tous les autres, voire d’écrire ceux qui manquent encore » (26).  - N’a donc subi aucune influence

• Septième mensonge :  - Une réputation de mauvais garçon  - « J’allais d’abord vers le milieu, très attirant, où un extrême nihilisme ne voulait plus rien savoir, ni surtout continuer, de ce qui avait été antérieurement admis comme l’emploi de la vie ou des arts. Ce milieu me reconnut sans peine comme l’un des siens » (26).

• Huitième mensonge :8  - « Le nombre de mes amis qui ont été tués par balles constitue un pourcentage grandement inusité, en dehors des opérations militaires bien sûr » (28).  - Un seul : Lebovici...

• Neuvième mensonge :  - Ses faits d’arme :  - «Nos seules manifestations, restant rares et brèves dans les premières années, voulaient être complètement inacceptables; d’abord surtout par leur forme et plus tard, s’approfondissant, surtout par leur contenu. Elles n’ont pas été acceptées » (28).  - Tabasser à plusieurs des gens seuls  - Envoyer des tomates  - Bomber des graffitis  - Chahuts, insultes  - « Je n’ai véritablement prétendu à aucune sorte de vertu, sauf peut-être à celle d’avoir pensé que seuls quelques crimes d’un genre nouveau, que l’on n’avait certainement pas pu entendre citer dans le passé, pourraient ne pas être indignes de moi ; et à celle de n’avoir pas varié, après un si mauvais début » (31).

• Dixième mensonge :  - « En tout cas, moi, j’ai assurément vécu comme j’ai dit qu’il fallait vivre » (58).  - Eloge des conseils, pratique d’autocrate  - Eloge de la sincérité, silence sur des épisodes – travailler pour Citroën...

• Onzième mensonge :  - «C’est généralement une triste épreuve, pour un auteur qui écrit à un certain degré de qualité, et sait donc ce que parler veut dire, quand il doit relire et consentir à signer ses propres réponses dans un procès-verbal de police judiciaire » (70).  - Se proclame dans In girum « pervers prince des ténèbres » (52)  -  A juste déposé lors de l’assassinat de Lebovici...

_____________________________________

 

a) 11 mensonges sur 81 pages  • Soit 1 toutes les 7 pages

b) Construction d’une légende :  • Fils d’une famille ruinée ;  • Bohème dès son plus jeune âge ;  • Génie solitaire indemne de toute influence ;  • Sujet désintéressé par l’argent ;  • Penseur qui s’est constitué sans références;  • Mauvais garçon compagnon des classes dangereuses;  • Ami de nombreux morts par balle ;  • Inventeur de crimes nouveaux ;  • Homme intègre ayant toujours pratiqué ce qu’il enseignait ;  • Habitué des salles de police judiciaire ;  • Penseur impossible à réfuter...

c) La réalité :  • Fils de famille chouchouté par sa grand-mère ;  • Étudiant en droit monté à Paris vivant de subsides familiales ;  • Influencé par les avant-gardes artistiques de son temps;  • Entretenu par sa deuxième épouse et son beau-père,  • Puis par un mécène enrichi par le spectacle ;   • Alcoolique et pilier de bistrot doué pour les mondes refaits au petit matin ;  • Enjoliveur d’une convocation à la PJ comme témoin ;  • Subversif dans sa vie à hauteur de polissonneries qui laissent le capitalisme intact;  • Auteur d’une vie fictionnée pour cacher sa vie réelle

d) De ce fait,  • Il fut le réalisateur d’une formidable entreprise spectaculaire.

e) En ce sens, le XX° siècle fut debordien :  • La société du spectacle :  « Dans le monde réellement inversé, le vrai est un moment du faux ».

 

 

BIBLIOGRAPHIE :

• Guy Debord, Oeuvres, Gallimard

• Guy Debord, Panégyrique, Gérard Lebovici

• Guy Debord, In girum imus nocte et consumimur igni, éd. Gérard Lebovici

• Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle, éd Gérard Lebovici

• Guy Debord, Panégyrique, Tome second, Fayard

• Guy Debord, La planète malade, Gallimard

• Guy Debord, Cette mauvaise réputation, Gallimard

• Pascal Dumontier, Les situationnistes et Mai 68, éd Gérard Lebovici

 

 

20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 23:34

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


_________________________

 

 18/  LA SOCIETE DU SPECTACLE - 21.08.2013

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

      ____________________________________

 

SYNOPSIS

 

 onfray conf.2013 DebordSpectacle

 

1./ UN GRAND LIVRE CRYPTE

a) Le grand livre libertaire du XX° siècle  • Mal compris, réduit à son titre  • Collage, cryptage  • Sous le signe de Feuerbach  • Ce que n’est pas le spectacle : les médias  • Ce qu’il est : la séparation

b) Guy Debord a prévu le malentendu :   « Sans doute, le concept critique de spectacle peut être aussi vulgarisé en une quelconque formule creuse de la rhétorique sociologico-politique pour expliquer et dénoncer abstraitement tout, et ainsi servir à la défense du système spectaculaire » (Thèse 203).  • Relevaient du spectacle pour Guy Debord :  • Lefebvre, Sartre, Foucault, Deleuze, Guattari, Castoriadis, Châtelet, Lyotard, les Nouveaux Philosophes... Sollers.

c) Compose la Société du Spectacle comme une énigme destinée à une élite :  • Les indices sont dissimulés dans le texte

d) La forme coïncide avec le fond :  

 • Subversif  

  «L’inversion du génitif » (206) :  - Exposition du caractère dialectique du réel  - Invention de cette technique par Marx : Misère de la philosophie / Philosophie de la misère  - Le langage de la théorie critique : « Il n’est pas la négation du style, mais le style de la négation ».

Le plagiat :  -  « Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste » (207).  - Cette phrase qui légitime le plagiat... est de Lautréamont !

Les citations:  - Feuerbach, Hegel, Marx, Gracian, Machiavel, Bossuet, Napoléon, Lénine, Trotski, Staline  - Exergue, développement,  - Cheville d’un dispositif argumentatif  - Parfois Guy Debord donne sa source, parfois non...


2./ THEORIE DU DETOURNEMENT

a) Le détournement : contraire de la citation  • La citation : autorité légitimante dissociée du contexte  • Le détournement : Aufhebung, conservation & dépassement

b) Le chapitre IV de La société du spectacle : « Le prolétariat comme sujet et comme représentation »  • Cf. Schopenhauer Le monde comme volonté et comme représentation :  • Le prolétariat comme un monde et le sujet comme une volonté.

c) L’Internationale situationniste n’a cessé de parodier des titres:  • décembre 1959 : Le détournement comme négation et comme prélude, même exercice  • août 1964 : L’urbanisme comme volonté et comme représentation

d) décembre 1960 : La création ouverte et ses ennemis d’Asger Jorn  • Cf. La société ouverte et ses ennemis de Popper

e) janvier 1963 : Technique du coup du monde d’Alexandre Trocchi  • Cf. la Technique du coup d’Etat de Malaparte

f) août 1964, deux titres:  • Sorel, Réflexions sur la violence  • Guyau, Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction

g) En mars 1966, Le déclin et la chute de l’économie spectaculaire-marchande  • Cf. Déclin et de la chute de l’Empire romain d’Edward Gibbon

h) Même livraison, Les luttes de classe en Algérie :  • Cf. Luttes des classes en France de Marx

i) Mars 1966, Les structures élémentaires de la réification de Jean Garnault,  • Cf. Structures élémentaires de la parenté de Lévi-Strauss

j) Octobre 1967 : Misères dans la librairie   Misère dans la philosophie de Marx...

k) Sont cités et détournés:  • Kojève, Bernstein, Luckas, Riesman, Korzybski, Melville, Virgile, Pascal, Schopenhauer, Korch, Papaionnaou, Huizinga, Jorn, Rosenberg, Héraclite, Swift, Stirner, Bakounine...  • Plus d’une centaine : à peu près une par page  • La plupart : Hegel et Marx.


3./ UNE ANALYSE FEUERBACHIENNE

a) Dieu comme fiction  • La religion comme aliénation

b) Guy Debord : l’aliénation : coupure de soi d’avec soi  • On vide sa substance pour nourrir une fiction   « La séparation est l’alpha et l’omega du spectacle » (25).


4./ QU’EST-CE QUE LE SPECTACLE ?

a) La vie est accumulation de spectacles:  • Ce qui était jadis vécu directement  • S’est aujourd’hui éloigné dans une représentation

b) Le vrai monde a disparu au profit d’un faux monde :  • Celui de la représentation qui est inversion du vrai  • Inversion de la vie, donc mort

c) Le spectacle :  • L’apparence est vérité  • Le principal produit de la société actuelle  • La dégradation de l’être en avoir, puis de l’avoir en paraître  • La vie de tous dégradée en univers purement spéculatif   « L’autoportrait du pouvoir à l’époque de sa gestion totalitaire des conditions d’existence » (24) ;  • L’éloignement de la réalité dans une image  • L’inversion du réel  • Une production qui produit  • La quintessence du monde actuel  • L’emploi du temps d’une formation économique et sociale  • L’image de l’économie régnante  • La principale production de la société contemporaine  • L’économie soumise à sa propre loi.   « Le spectacle est matériellement « l’expression de la séparation et de l’éloignement entre l’homme et l’homme » » (215) – citation détournée des Manuscrits de 1844 de Marx.

d) Le spectacle a produit la prolétarisation du monde :  • Nouvelle définition du prolétariat :  • Le prolétariat « est l’immense majorité des travailleurs qui ont perdu tout pouvoir sur l’emploi de leur vie, et qui, dès qu’ils le savent, se redéfinissent comme le prolétariat, le négatif à l’oeuvre dans cette société » (114).

e) La division du travail sépare le producteur et son produit :  • Sujet et objet séparés.


5./ REIFICATION ET FETICHISATION

a) Dans le capitalisme, le travail est transformé en salariat  • La production libère de la pénurie  • Mais elle asservit à une autre forme d’aliénation :  - La production elle-même

b) L’économie politique : la science de la domination  • La consommation assure la dictature du marché  • Et augmente l’aliénation  • Création de faux besoins, fabrication du désir  • L’économie se nourrit d’elle-même

c) « Là où était le ça économique doit devenir le je » (52)  • Abolir les classes et réaliser « la possession directe des travailleurs sur tous les moments de leur activité » (53).


6./ DETOURNEMENT DE HEGEL

a) Nombreux sur la dialectique

b) Obscurcissement...   « Le sujet de l’histoire ne peut être que le vivant se produisant lui-même, devenant maître et possesseur de son monde qui est l’histoire, et existant comme conscience de son jeu » (74).

c) Exemple dialectique :  • La révolte comme spectacle entretient l’aliénation  • Tout est spectacle dans la société du spectacle,  • Y compris la critique du spectacle...  • La révolte spectaculaire devient marchandise

d) La seule critique du spectacle qui échappe au spectacle :  • Celle qui se trouve couplée à l’action révolutionnaire    « Pour détruire effectivement la société du spectacle, il faut des hommes mettant en action une force pratique. La théorie critique du spectacle n’est vraie qu’en s’unifiant au courant pratique de la négation dans la société » (203).


7./ CRITIQUE DE GAUCHE DE LA GAUCHE

a) Critique les gauches officielles du moment :  • Le socialisme utopique  • Les anarchistes  • Les marxistes orthodoxes  • La social-démocratie  • Le bolchevisme, le léninisme, le stalinisme, le trotskisme  • Le maoïsme

b) Une critique de gauche de toutes les gauches est libertaire  

 • Critique du socialisme utopique :  - Défendable dans la critique du capitalisme et de son désir de l’abolir  - Pas défendable dans son refus de l’histoire concrète  - Dans son acceptation du paradigme scientifique  - Les saint-simoniens croient que la science peut gouverner   - Certains prennent appui sur l’astrologie comme modèle cosmique d’harmonie  

 • Critique du socialisme anarchiste :  - Version Stirner, version Bakounine  - Critique sa conservation de la fin marxiste sans la méthode  - Confiance naïve dans l’insurrection ou la grève générale  - Prisonniers de l’abstraction et de l’idéal  - Relèvent du dérisoire et de l’incohérent  - Ne pensent pas de façon dialectique la question des moyens  

 • Les anarchistes: « propagandistes et défenseurs de leur propre idéologie, spécialistes d’autant plus médiocres en règle générale que leur activité intellectuelle se propose principalement la répétition de quelques vérités définitives » (93).  - Ils défendent la décision unanime  • Ce qui ouvre la porte à « l’autorité incontrôlée, dans l’organisation même, de spécialistes de la liberté ; et l’anarchisme révolutionnaire attend du peuple libéré le même genre d’unanimité, obtenue par les mêmes moyens » (id.).     - Incapables de s’organiser :  - Ils perdent ce que la révolution obtient dans les premières semaines  

 • Critique du marxisme :  - L’économisme,  - L’avant-garde prolétarienne  - Scientisme  - Oubli de l’Histoire comme Totalité  

 • Critique du léninisme :  - Lénine réalise les erreurs du marxisme  - Bureaucratie  - Le prolétariat floué par ceux qui disent le représenter  - Le Parti comme instrument de la dépossession du prolétariat  - Dictature des tenants du spectacle contre la classe ouvrière  - L’URSS : un capitalisme d’Etat

• Critique du stalinisme :  - Réalisation du léninisme  - Industrialisation forcenée  • Maintient de :  - La société marchande,  - La société du spectacle  - La fétichisation de la marchandise  - La réification des hommes  - L’aliénation  - Stalinisme = terrorisme de la classe bureaucratique  - Manipulation du passé =  - Réécriture de l’histoire au profit du spectacle concentré dans « un présent perpétuel » (108)

• Critique de Lyssenko – et du PCF

• Critique du trotskisme :  - Variation du spectaculaire stalinien  - Trotski solidaire de la bureaucratisation jusqu’en 1927  - Visait l’internationalisation du spectacle

• Critique du maoïsme :  - « Le mensonge chinois » (111)

• Critique du socialisme tiers-mondiste :  - Algérie après 1962,  - Egypte de Nasser,  - Anciennes colonies d’Afrique noire  - Collusion de ce socialisme avec « l’islamisme » (113).

• Critique de la social-démocratie et du fascisme :  a. Deux façons différentes de sauver un même spectacle  • Façon douce, façon autoritaire  • On garde :  - Le capitalisme consumériste,  - L’économie de marché,  - Les vies mutilées  b. La social-démocratie :  • Hypothétique finalité révolutionnaire  • Réformisme dans les faits  • Le capitalisme voit la chose d’un bon oeil  c. Le fascisme :  • Emprunte sa forme au léninisme  • Réagit à la peur du bolchevisme  • Requiert l’Etat pour lutter contre la révolution prolétarienne  • Défend les mêmes valeurs que la bourgeoisie :  - Famille, propriété, ordre moral, nation  • Réunit bourgeois et chômeurs, victimes de la crise, déçu du socialisme  • Se solidifie autour d’un mythe :  - Race, sang, chef  • S’appuie sur des techniques de communication moderne et de conditionnement  • Détruit le mouvement ouvrier  • Contribue à l’avènement du spectacle  • Guy Debord professe sa disparition : « Il est la formule la plus coûteuse du maintien de l’ordre capitaliste » (109).


8./ ELOGE DES CONSEILS OUVRIERS

• Partie positive du livre  • Là où il y a séparation, réaliser la réconciliation  • Éloge des «Conseils ouvriers révolutionnaires concentrant en eux toutes les fonctions de décision et d’exécution et se fédérant par le moyen de délégués responsables devant la base et révocables à tout instant » (116).  • Dans la logique conseilliste « la négation spectaculaire de la vie est niée à son tour » (117).  • Guy Debord voit monter « un deuxième assaut prolétarien » (115) avec des ouvriers qui conduisent des luttes anti-syndicales parce que les syndicats évoluent eux aussi dans une logique spectaculaire, avec « les courants révoltés de la jeunesse (sic) protestataires et spontanés, avec de nouveaux luddistes décidés à détruire les « machines de la consommation permise » » (id.).


9./ LA REVOLUTION : POUR QUOI FAIRE ?

a) Abolir le travail salarié au profit du jeu « Seuls ceux qui ne travaillent pas vivent » (134).

b) Analyse ontologique du temps:  • (Comment surgit le spectaculaire ?)  • Le temps cyclique des paysans nomades condamne à la répétition  • Apparition de l’écriture : le temps linéaire advient  • Ce Temps des propriétaires permet l’histoire, puis la séparation  • La religion joue un grand rôle dans la construction de ce temps historique  - Ce temps n’accède à la vérité de lui-même que par la conscience de soi  • Le capitalisme unifie le temps de façon planétaire  • Le temps devient la mesure de la marchandise  • Il inverse le temps réel dans le temps consommable  • Ce temps consommable est celui de la marchandise

c) Guy Debord veut abolir le temps mesuré « au profit d’un modèle ludique de temps irréversible des individus et des groupes, modèle dans lequel sont simultanément présents des temps indépendants fédérés »   «C’est le programme d’une réalisation totale, dans le milieu du temps, du communisme qui supprime ‘’tout ce qui existe indépendamment des individus’’ » (163).  • Cf. L’idéologie allemande de Marx.

d) La révolution de Guy Debord est donc conseilliste :  • Abolir le temps spectaculaire de la marchandise  • Réaliser le temps ludique dans lequel chacun est au centre de soi  • Cette abolition de l’aliénation, cette fin du spectaculaire nomme le communisme

e) Mort de la culture :  • Lieu de la séparation  • Instrument du spectacle  • Mise à distance du monde dans l’illusion

f) Mort de l’art  • Décomposition de l’époque

g) Mort du tourisme  • Qui vit de la consommation de l’image diffusée  • Et de la vérification sur place de la réalité de la fiction représentée

h) Mort du structuralisme :   « La pensée garantie par l’Etat, qui pense les conditions présentes de la « communication » spectaculaire comme un absolu » (202).

i) Mort de la sociologie :  • Qui n’est que « critique spectaculaire du spectacle » (195).

j) Mort du Nouveau Roman :   « Ecole de néo-littérature, qui simplement admet qu’elle contemple l’écrit pour lui-même » (192).


10./ UNE VILLE NOUVELLE : UNE NOUVELLE VILLE

• Mort de la ville :

• Contre :  - La ville sans rues : donc sans prolétaires pour y descendre  - La dictature des voitures dans les villes  - La domination de l’autoroute  - La dislocation des centres anciens  - Les supermarchés géants construits sur des terrains vagues sur un socle de parking  - La ville séparée de la campagne  - La « pseudo-campagne » (177) : o Le terrain entre la ville et la campagne des zones pavillonnaires  - L’architecture pour les pauvres:  o Usines, maisons de la culture, villages de vacances, grands ensembles  - Les villes nouvelles: « Reconstruire intégralement le territoire selon les besoins du pouvoir des Conseils de Travailleurs, de la dictature antiétatique du prolétariat, du dialogue exécutoire » (179).

 


 

La société du spectacle paraît le 14 novembre 1967

Debord dit ce qui peut advenir

Mai 68 advient.


BIBLIOGRAPHIE :

• Feuerbach, L'essence du christianisme, François Maspero

• Patrick Marcolini, Le mouvement situationniste, L'échappée

• Guy Debord, La société du spectacle, Gérard Lebovici

• Jean-Jacques Raspaud, Jean-Pierre Voyer, L'internationale situationniste. Protagonistes / Chronologie / Bibliographie (Avec un index des noms insultés), Champ Libre

• Toulouse LaRose, Debord contre Debord, Nautilus

• Patrick Straram, Lettre à Guy Debord (1960), Sens & Tonka

 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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