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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 10:48

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


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 17/ DEBORD AVANT MAI - 20.08.2013

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture.
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

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SYNOPSIS

 

onfray conf.2013 debord aubervilliers

 

1./ DEBORD AVANT MAI

a) Une vie de charivaris de potache plus que de révolutionnaire  • En 1954, N°1 de Potlatch, cite Saint-Just, fait l’éloge de la Terreur  • Mais vit une existence de potache attardé

b) Dans cette revue qui parait vingt-sept fois entre juin 1954 et novembre 1957,  • Éructe contre toutes les valeurs du moment :  - Aragon, Mauriac, Claudel, Camus, Sartre, Beauvoir, Le Corbusier, Léger, Genet, Duvivier, Sagan, Fellini, Malraux, Artaud, Adamov, Ionesco, Gide, Guillevic, Queneau, Gracq, Michaux, Robbe-Grillet, Prévert, Char.  - « Devons-nous considérer Picasso et Clouzot, d’un point de vue moral, comme de tristes charognes bonnes à porter à quelque équarrissage ? » (195).

c) 1958, Mémoires, un livre expérimental  • Couverture en papier de verre,  • 72 pages de collages, de citations, sans aucune ligne signée de sa main...

d) Avril 1959, tournage d’un deuxième film : « Sur le passage de quelques personnes dans une assez courte unité de temps »

 

 

e) Septembre-octobre 1960, troisième film, « Critique de la séparation ».

 

 

f) Livre expérimental, cinéma avant-gardiste, vie de bohème d’un esthète entretenu par son épouse, animateur de revues confidentielles.


2./ AVEC ET CONTRE HENRI LEFEBVRE


onfrau conférences 2013 Henri-Lefebvre3onfray_conf.2013-debord-cinema.jpg

 

a) Se fait réformer pendant la Guerre d’Algérie (25 ans)  • Asthme chronique, myope, maladroit

b) 15 octobre 1957 :  • Remarques sur le concept d’art expérimental - 17 exemplaires

c) 10 octobre 1958 :  • Grâce à Michèle Bernstein (amie avec sa femme), rencontre Henri Lefebvre  • Henri Lefebvre vient de quitter le PCF après 30 ans de militantisme

d) Guy Debord aime chez lui sa critique de la vie quotidienne  • Son souci d’incarner la révolution dans la vie  • La construction de « moments »  • Marxisme hétérodoxe à partir du jeune Marx  • L’association Hegel, Nietzsche, Marx  • L’éloge de la Commune  • La révolution pensée comme une fête  • Le critique de l’urbanisme tentaculaire des villes du libéralisme

e) Henri Lefebvre enseigne la sociologie ; Guy Debord assiste à des cours  • Cohn-Bendit, Vaneigem, Baudrillard,

f) Vont à Navarrenx, s’arrêtent à Lascaux, boivent, marchent en forêt.


3./ CRITIQUE DE LA VIE QUOTIDIENNE

• Sur demande de Henri Lefebvre, Guy Debord prépare une intervention  • A Maurice Wyckaert (4 février 1961) :  - « On prépare un coup terrible pour les sociologues » (Cor. II.70).  • Le 17 mai, conférence enregistrée sur magnétophone « afin de rompre avec les apparences de la pseudo collaboration, du dialogue factice, qui se trouvent institués entre le conférencier « présent en personne » et ses spectateurs » (I.S. N° 6).  • Séminaire au Centre d’Etudes sociologiques du CNRS  • Debord est dans la salle, Baudrillard aussi.  • Titre : « Perspectives de modification consciente de la vie quotidienne »  • Debord remarque :  • Dans ce centre de Recherche on n’a rien trouvé, mais ne s’en étonne pas  • L’objet vie quotidienne semble un artefact pour les participants au séminaire  • La catégorie d’intellectuels ne s’estime pas concernée par la trivialité de cet objet  • Une critique de la vie quotidienne digne de ce nom doit déboucher sur la révolution de la vie quotidienne  • Seule la vie quotidienne est réelle  • La pauvreté de celle-ci procède de l’organisation de la société en classes  • La société imprime dans la vie quotidienne la marque de son essence :  • La privation de liberté  • « La vie quotidienne est ainsi vie privée, domaine de la séparation et du spectacle » (23)  • Les techniques modernes (art ménager, télévision, téléphone, magnétophone, disques, avion...) modifient la vie quotidienne dans le sens de l’ordre du capitalisme moderne,  bureaucratisé  • La ville joue un rôle de transformateur de l’individu en spectateur passif et aliéné  • Abolir la misère par une révolution réinventée  • Les gens sont privés de leur vie, séparés d’eux-mêmes, interdits de communication  • L’art moderne procède de la destruction des valeurs et du nihilisme de l’époque  • La vie des gens n’a pas changé en Union Soviétique où l’aspiration à consommer est devenue manifeste  • La Révolution de la vie quotidienne est la seule :  • Elle proposera :  - Une autre façon d’occuper le temps,  - Une configuration inédite dans laquelle le présent domine le passé,  - Un monde inconnu dans lequel la créativité remplacera la répétition,  - « Un comportement expérimental » (27) dans les villes.  • Ainsi, l’art se réalisera, la politique aussi :  - Le premier cessera d’être marchandise  - La seconde d’être légitimation du spectacle.


4./ DEBORD VS LEFEBVRE

a) Dans Introduction à la modernité :  • Henri Lefebvre s’enthousiasme des idées de cette nouvelle génération (mai 62).  • Il a 30 ans de + que Guy Debord

b) Dans l’Internationale Situationniste n°8 (janvier 1963) : « Renseignements situationnistes » :  • Guy Debord ne veut pas être assimilé à la jeunesse  • Refuse d’être présenté comme la force de l’avenir  • Refuse la comparaison avec un groupe oppositionnel de jeunes soviétiques

c) Guy Debord accuse Henri Lefebvre de plagiat des thèses situs sur la Commune  • Alors qu’il est contre le copyright et pour la diffusion la plus large possible  • Dans Aux poubelles de l’histoire ! Henri Lefebvre se fait insulter

d) Les vraies raisons de la rupture :  • Dans une lettre à Béchir Tlili (14 mai 1963) :  • Henri Lefebvre,  - se dit révolutionnaire & il enseigne à l’université  - Se proclame communiste & travaille au CNRS  - Se présente en disciple de Marx & fréquente l’intelligentsia  - Puis bénéficie des faveurs de la critique  • Guy Debord : «Nous aurons naturellement tous les inconvénients (mais aussi les avantages « créatifs ») de ne pas être des penseurs garantis par l’Etat » (Cor. II.230).

e) Si Guy Debord a été influencé par Henri Lefebvre  • Avec Aux poubelles de l’histoire ! on ne pourra plus le dire  • Puisque Guy Debord affirme l’inverse : Henri Lefebvre l’a plagié...


5./ POLITIQUE DE DEBORD (I)

a) Trajet sinueux :  • Se moque de la politique, du prolétariat, de la révolution  • Pour ne se soucier que d’avant-garde esthétique, de cinéma discrépant, de provocation  • Création de l’Internationale Situationniste en 1957  • La politique comme horizon lointain  • L’avant-garde esthétique remplace l’avant-garde du prolétariat


onfray conf.2013 a-la-bnf-guy-debord-n-est-pas-tout-a-fait-onfray conf.2013-debord Socialisme-ou-barbarie-1-couverture

 

b) Adhère à « Socialisme ou Barbarie » à l’automne 1960  -Y reste jusqu’au 22 mai 1961  • Participe aux réunions de groupe dans un café de la Bastille  • Vient aux comités de rédaction de la revue  • Participe à un voyage collectif en Belgique pour s’informer sur les grèves  • Contribue à la rédaction d’une brochure sur le sujet

c) Michèle Bernstein nie l’adhésion...

d) Bénéficie de l’aura lettriste  • Fascine quelques jeunes plus intéressés par l’art que la politique  • Fédère autour de lui  • Castoriadis parle d’un « groupe Dadao-clochard » (Gottraux, 225).  • Démission de Guy Debord  • Paie sa cotisation du mois en cours  • Annonce une lettre de démission qui ne viendra pas.


5’./QU’EST-CE QUE « SOCIALISME OU BARBARIE » ?

a) Un groupe (1949-1967) de gauche critique à l’endroit  • Du marxisme soviétique  • De l’URSS  • De la bureaucratie du mouvement ouvrier  • Du stalinisme

b) Critique le régime colonial français  • Prend parti pour l’indépendance algérienne

c) Défend le pouvoir des Conseils Ouvriers  • Sa revue « Pouvoir Ouvrier » déplore le silence de la gauche sur la question algérienne  • Défendent la guerre d’indépendance,   • Mais pas le FLN auquel ils reprochent :  • Son caractère bureaucratique, hiérarchisé, réactionnaire, terroriste  • Sa destruction des messalistes  • Guy Debord défend le FLN et l’Internationale Situationniste aussi  • Signe le « Manifeste des 121 » en septembre 1960.


6./ POLITIQUE DE DEBORD (II)

• C’est la fréquentation de Sartre ou Beauvoir qui infléchit politiquement l’Internationale Situationniste  - Mais Guy Debord récuse l’influence...

• Signes de cette influence :

• Dans l’Internationale Situationniste (décembre 1960) :  - Eloge signé Guy Debord des analyses de Castoriadis sur la marchandise

• Dans l’Internationale Situationniste (août 1961), Instructions pour une prise d’armes :  - Aveu que le situationnisme doit passer :  - Du souci de l’avant-garde culturelle à celui de la politique concrète

• Guy Debord se réjouit de l’émergence du courant radical « qui se groupe actuellement d’abord sur le mot d’ordre des Conseils de Travailleurs ».

Socialisme ou Barbarie est cité dans le texte.

• Dans l’Internationale Situationniste (août 1964)   a. Rupture avec Castoriadis:   b. Guy Debord écrit de Sartre ouBeauvoir :  - « Politiquement, c’est l’expression de la frange la plus gauchiste et la plus fantaisiste de ces managers et cadres moyens de la gauche qui veulent avoir la théorie révolutionnaire de leur carrière effective dans la société, et aussi bien la carrière sociale ouverte à une telle ‘théorie révolutionnaire’ » (34).  - En décembre 1960, le Conseil Central de l’Internationale Situationniste « a décidé que toute personne qui collaborera à la revue Arguments à partir du 1° janvier 1961 ne pourra en aucun cas être admise, à quelque moment de l’avenir que ce soit, parmi les situationnistes » (I.S. n°5).   c. Dans une lettre aux participants à la conférence nationale de Pouvoir Ouvrier :  - « Dans le spectacle Pouvoir ouvrier, il y a donc des vedettes – dont plusieurs me paraissent fort intéressantes, inutiles de le rappeler. Le regrettable, c’est que leur relation avec les spectateurs qu’elles ont attirés (et même sur les points où elles entretiennent un accord précis avec tel de ces spectateurs) reste très secondaire par rapport au jeu entretenu entre elles, et indéfiniment répétable. Leur opposition spectaculaire n’étant jamais sanctionnée par rien, les vedettes ne se convainquent jamais l’une l’autre : elles se neutralisent jour après jour. De sorte que l’intervention des spectateurs, même dans le cas optimum où elle est authentifiée par la médiation d’une vedette, ne fait que rejoindre l’impuissance de décision propre à la sphère de ces combattants invulnérables » (Correspondance, II. 83-84).   d. Dans une autre lettre, Guy Debord fustige la position présidentielle de Castoriadis.


7./ POLITIQUE DE DEBORD (III)

a) En 1965 :  • Guy Debord continue les happenings (été 65, « Méfiez-vous du lait ») • Rédige et publie des brochures  - Publie en juillet « Adresse aux révolutionnaires d’Algérie et de tous les pays »,   - Et «Le déclin et la chute de la société spectaculaire-marchande », une brochure en anglais sur les émeutes des 13/16 août à Los Angeles envoyée en Angleterre et aux Etats-Unis.

b) En 1966 :  • Ce texte paraît en français dans l’Internationale Situationniste n°10 situationniste.  • Participation à la VII° conférence de l’Internationale Situationniste dans un café de Paris, (14 personnes).  • Réalise des publicités pour Citroën...  • Lettre à Jean-Pierre George (24 avril 1966)  • Lettre caviardée dans la correspondance générale – citée par Bourseiller  • Dans Lipstick Traces de Greil Marcus, Michèle Bernstein : « Pour nous (sic), vous comprenez, tout ça c’était du spectacle ; la publicité n’était pas pire que n’importe quoi d’autre. Nous prenions notre argent là où nous pouvions le trouver » (434)  • Suit cette liste : vol, mendicité, poker, revente de drogue, bourses d’études, allocations parentales. • Au pronostic du tiercé et à l’horoscope, elle inventait tout. • Essai de désintoxication.


8./ STRASBOURG, LE VERITABLE AVANT-MAI

a) Parution en novembre 1966 à Strasbourg de :  De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier.  • 32 pages signées « par des membres de l’Internationale Situationniste et des étudiants de Strasbourg ».


onfray conf.2013-debord de la misère au milieu d'etudiantonfray conf.2013 debord portrait

 

b) Guy Debord a suivi l’affaire avec Mustafa Khayati :  • Il a décidé de la longueur du titre  • De l’absence de détournement de BD dans le texte  • De la sobriété de la représentation  • Il a rédigé quelques phrases  • Indiqué le contenu des titres des trois parties  • Il veut des phrases courtes  • Plus de rigueur dans le style  • Souhaite un équilibre entre les noms des auteurs cités  • Conseille un imprimeur  • Invite à se soucier des délais d’impression

c) Dans une lettre à Khayati, parle des étudiants comme de « bestiaux » (Cor. III.161).  • Dans une autre lettre (jeudi 29 septembre 1966) : « Il n’y a pas pour nous d’étudiant intéressant, en tant qu’étudiant. Son présent et son avenir planifié sont également méprisables (« encore un effort si vous voulez cesser de l’être »). La « bohème » n’est pas une solution révolutionnaire ; mais elle n’est jamais authentiquement vécue qu’après une rupture complète et sans retour avec le milieu universitaire. Donc, que des étudiants n’essaient pas de se vanter d’une version factice de ce qui est déjà une médiocre solution individuelle dans les meilleurs cas. Fais sentir d’abord à ces rédacteurs notre mépris suspendu sur eux, pour leur ôter tous les doutes sur le mépris universellement mérité par leur milieu » (Correspondance, III.164).

d) Des étudiants situs prennent l’UNEF par surprise le 14 mai 1966  • Quelques fêtards disposent d’une caisse remplie  • Des situs tomatent le professeur Moles à son cours inaugural de psychologie le 26 octobre  • Début novembre, un tract situ de BD détournées recouvre les murs  • On y annonce « Le retour de la colonne Durutti »

e) Et la parution « de la brochure la plus scandaleuse du siècle » : De la misère  • Un texte présenté comme « un cardiogramme de la réalité quotidienne qui vous permettra de choisir vous-mêmes votre bord, pour ou contre la misère présente, pour ou contre le pouvoir qui, en vous prenant votre histoire, vous empêche de vivre. A vous de jouer ».

f) Distribution de la brochure le jour de la rentrée le 22 novembre  • 10.000 exemplaires financés avec l’argent de l’UNEF  • Avec l’accord du recteur qui, dans son discours, s’attarde sur la misère de la condition étudiante  • Evêque, préfet, recteur, général, professeurs (hommes et femmes séparés), Marseillaise...


9./ « DE LA MISERE EN MILIEU ETUDIANT »

Que dit cette brochure ?

1. Première partie : « Rendre la honte plus honteuse encore en la livrant à la publicité »

• Les situationnistes invitent à :  - Attaquer la société marchande et spectaculaire  - Récuser les solutions des partis politiques traditionnels de gauche  - Refuser la collaboration avec les intellectuels dits de gauche compromis dans le spectacle et la marchandise  - Inviter l’étudiant à en finir avec son statut (aliénation, soumission à la règle du jeu capitaliste, exploitation, misère tous azimuts, courte vue des perspectives d’intégration, soumission aux professeurs de faculté)  - Ne jamais consentir aux solutions réformistes concernant l’université  - Préférer son abolition à son adaptation au système  - Ne plus consommer de marchandises culturelles (ciné-club, théâtre, maison de la culture) infectées par le spectacle qui est séparation de soi d’avec soi  - Idem avec les produits nouveaux : Livre de poche, presse spécialisée, gadgets culturels  - Honnir les vedettes de l’intelligence : Althusser, Garaudy, Sartre, Barthes, Lefebvre, Lévi-Strauss, Châtelet  - Celles du show-biz : Johnny Hallyday, Antoine  - Détester les modes du moment : existentialisme, humanisme, structuralisme, nouveau criticisme  - Les écrivains en vogue : Perec, Robbe-Grillet  - Les cinéastes dont on parle : Duvivier, Godard, Lelouch  - Tourner le dos au réformisme socialiste et à la contre-révolution stalinienne à laquelle adhère le PCF.

2. Deuxième partie : « Il ne suffit pas que la pensée recherche sa réalisation, il faut que la réalité recherche la pensée »

 • Les situationnistes célèbrent :  - La force subversive des étudiants organisés,  - Les blousons noirs qui ont raison de mépriser le travail,  - Mais tort d’accepter les marchandises  - Ils saluent les « Provos » néerlandais pour leur envie de détruire ce monde,  - Mais critiquent leur réformisme  - Ils acquiescent aux manifestations des Zengakuren japonais  - Ils fêtent la révolte des étudiants américains sur le campus de Berkeley  - Leur opposition à la hiérarchie universitaire,  - A l’intégration dans le marché et les entreprises,  - Et au système dans lequel l’économie et l’Etat exercent leur dictature  - Ils s’opposent à l’usage de la drogue, parce qu’elle détourne du chemin révolutionnaire  - Ils critiquent le totalitarisme marxiste en URSS, en chine, à Cuba  - Tout autant que la non-violence des beatniks  - Ils appellent à la fusion de la jeunesse étudiante et de la classe ouvrière.

3. Troisième partie : « Créer enfin la situation qui rende impossible tout retour en arrière »

 • Les étudiants strasbourgeois proposent :  - Une critique de la totalité  - L’intégration des échecs des révolutions précédentes dans la logique du succès des révolutions à venir  - L’évitement des syndicats et des partis politiques de gauche formés par la classe ouvrière et détournés de leur fins par des réformistes qui veulent amender la société et non la détruire ; La récusation de Socialisme ou Barbarie assimilé à « la contre-révolution dominante » (47)  - La critique de la constellation anarchiste (« Le Monde libertaire (...) atteint le degré le plus fantastique de la confusion et de la bêtise »)  - La critique des modes léninistes d’organisation (on songe au PCF bien sûr...)  - La suppression du travail au profit de l’activité libre  - L’ abolition de la séparation entre temps libre et temps de travail  - L’ invitation à la poésie faite par tous  - La pratique de la révolution comme fête perpétuelle  - L’abolition du prolétariat associée à cette définition : « Est prolétaire celui qui n’a aucun pouvoir sur sa vie, et qui le sait » (55)  - L’éloge des soviets, de l’autogestion généralisée, du pouvoir des conseils ouvriers.

 • Le spectacle y est défini comme :  - La nouvelle religion du capitalisme  - Et comme « la réalisation terrestre de l’idéologie » (54).

 • La phrase finale :  « Le jeu est la rationalité ultime de cette fête, vivre sans temps mort et jouir sans entraves sont les seules règles qu’il pourra reconnaître » (51).


10./ CONCLUSION

a) La presse nationale rapporte massivement :  • Elle ne comprend rien

b) Soutient de Touraine, Baudrillard, Lefebvre

c) Mars 1967, second tirage : 10.000 ex.  • Après mai, été 69 : 300.000 ex.  • Traductions allemande, anglaise, italienne, espagnole, japonaise, suédoise

d) Debord vient à Strasbourg   • Les demandes d’inscription à l’Internationale Situationniste affluent : Debord verrouille  • Il exclut 3 personnes sur 12

e) Sa stratégie induit une scission :  • Jean Garnault est exclu – les garnaultins  • En mai 1967, Garnault publie :  • Pour une critique de l’avant-gardisme, L’Unique et sa propriété

f) Garnault reproche à Guy Debord de diriger l’Internatioanle Situationniste en autocrate

g) Un an avant mai, Guy Debord en appelle :  • A l’autogestion  • Aux soviets  • Aux conseils ouvriers  • Mais dirige en autocrate  • Il souhaite la réunion des forces révolutionnaires:  • Mais il fractionne en excluant

h) Mustapha Khayati démissionne en septembre 1968  • Il mène un combat anti-sioniste et pro-palestinien  • Soutient les régimes communistes des pays de l’Est...

i) Pendant ce temps, Debord a rédigé La société du spectacle.


BIBLIOGRAPHIE :

• Jean-François Martos, Histoire de l'Internationale Situationniste, éd. Gérard Lebovici

• Philippe Gottraux, « Socialisme ou barbarie », Payot

• Fabien Danesi, Le mythe brisé de l'Internationale Situationniste, Les presses du réel

• Guy Debord, De la misère en milieu étudiant, éd. champ libre

• Henri Lefebvre, Introduction à la modernité, Minuit

 

18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 23:23

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


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 16/ IL N’Y A PAS DE SITUATIONNISME - 19.08.2013 

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

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SYNOPSIS


1./ LE SITUATIONNISME : UNE CRISTALLISATION

onfray conf.2013 guy-debord-situationniste• Le nom propre comme effacement de l’intellectuel collectif  • Le collage comme ancêtre du détournement  • Marqueur d’une méthode.


§ LE SURREALISME

a) Rimbaud + Hegel + Marx pour changer la vie

b) Haine du bourgeois

c) Haine des valeurs bourgeoises :  • Raison, rationalité  • Idéalisme  • Capitalisme  • Christianisme  • L’art officiel

d) Eloges:  • Folie, imagination, rêve, révolution, immoralisme  • L’art fait par tous  • Provocation, insulte, mépris, passage à tabac  • Ironie, humour, happening  • Culte du chef et exclusions  • Vie de bohème : drogue et alcool   « Dérèglement de tous les sens »  • La vie vécue comme une oeuvre d’art.

e) Refus:  • Le passé et l’autorité,  • Les tabous de la civilisation judéo-chrétienne.

Debord / Breton :

a. N°2 : « Internationale situationniste » 1953 :  • Debord dit de Breton qu’il est un indicateur de police

a’. 1954 : « Personne n’a offert ses services aux staliniens et aux autres comme le pauvre Breton toute sa vie » (Cor. 0.48)

b. 1956 : Guy Debord envoie des invitations pour un faux anniversaire d’André Breton  • Il le surnomme « Dédé l’amourette » (Correspondance, 0.112)

c. 18 novembre 1958 : dans un débat   « Le surréalisme est-il mort debout ? »  • Debord monte sur scène avec un magnétophone – sa voix + guitare  • Dans la salle André Breton et les surréalistes s’offusquent  • Guy Debord boit du whisky  • Discours enregistré : « Les rêves surréalistes correspondent à l’impuissance bourgeoise, aux nostalgies artistiques, et au refus d’envisager l’emploi libérateur des moyens techniques supérieurs de notre temps. À partir d’une mainmise sur de tels moyens, l’expérimentation collective, concrète, d’environnements et de comportements nouveaux correspond au début d’une révolution culturelle en dehors de laquelle il n’est pas de culture révolutionnaire authentique. C’est dans cette ligne qu’avancent mes camarades de l’Internationale situationniste » (I.S. décembre 1958).  • Applaudissements enregistrés.

d. 1965 : Guy Debord rapproche André Breton de Jdanov (Cor. III.91)

e. 1986 : change d’avis, défend Breton

f. 1993 : André Breton devient une caution   « cette mauvaise réputation » : Guy Debord rapproche son destin de celui d’André Breton  • Dit avoir changé d’avis sur beaucoup de choses, dont André Breton  • Pauvert : « Il avait pour Breton une admiration démesurée » (Bourseiller, 416).


§ LE LETTRISME

a) Isou, influencé par Tzara, dadaïsme, Breton, surréalisme

b) Influence lettriste :  • Cinéma discrépant  • Mort de l’art  • Indexation de la révolte sur la révolution de la totalité du réel  • Souci de l’architecture  • Une éthique esthétique  • Interventionnisme spectaculaire – chahut, chambard

c) Isou, Soulèvement de la jeunesse (1949)  • Les jeunes au centre du dispositif révolutionnaire  • Contre la classe ouvrière  • On retrouve cette idée dans le libelle situationniste des étudiants de Strasbourg : De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier (1966).

d) Rapports Isou / Debord :  • 1951 :   « J’ai fait admettre qu’Isou est un dieu (sic) à mon ami Hervé Falcou » (Correspondance, 0.14).

e) Debord : fasciné par la violence des lettristes, leur provocation, leur goût du chahut

f) Découverte à Cannes le 20 avril 1951

g) Lettre envoyée à son ami de Cannes le 23 septembre.

h) Debord quitte la Côte d’azur pour rejoindre Isou à Paris.  

 • 1952 :  a. 31 janvier 1952 :  • Insulte une critique de cinéma sur Traité de bave  et  d’éternité  (Correspondance, 0.19).  b. Octobre 1952 : fâcherie sur l’affaire Chaplin

• 1954 :  • Lettre recommandée (!) du 22 décembre 1954 :  « Mon pauvre Isou,  Note les vérités suivantes Je ne suis pas « chef de groupe ». Quant à toi, je t’ai aperçu l’autre jour. Tu n’es plus très beau. Même pas capable de faire un riche mariage. Tu es exactement, sur le plan mental comme sur le plan de l’argent, un minable. Tu as conscience de ta faillite. C’est ce qui provoque ta bave dans les journaux du Quartier latin. Je t’autorise à publier cette réponse. Cela fera quelques lignes correctement écrites dans les proses d’Isou-Spaccagna (MO : un disciple d’Isou) G.-E. Debord » (Correspondance, 0.49).  • Plus tard, Isou publie Contre le cinéma situationniste, néo-nazi (1979).


§ L’INTELLECTUEL COLLECTIF :

• Les matériaux du collage :  • Le contenu du situationnisme : Gil Wolman  • Dans Hurlements en faveur de Sade, Gil Wolman : « Une science des situations est à faire, qui empruntera des éléments à la psychologie, aux statistiques, à l’urbanisme et à la morale. Ces éléments devront concourir à un but absolument nouveau : une création consciente de situations » (Bourseiller, 55).  • Novembre 1956, Théorie de la dérive, dans Lèvres nues (n°9) Debord écrit : « Entre les divers procédés situationnistes, la dérive se définit comme une technique du passage hâtif à travers des ambiance variées » (Oeuvres, 251)  • Le mot est sous la plume de Wolman en juin 1952 : en novembre 1956 chez Debord  • La psychogéographie : Mohamed Dahou  • Le détournement : Cobra  • La critique de la vie quotidienne : Henri Lefebvre  • Le spectacle : Nietzsche  • L’aliénation : Feuerbach  • La fétichisation de la marchandise : Marx  • La réification et la totalité : Luckas  • La critique de la société de consommation : Marcuse  • La critique de la modernité capitaliste : Gunther Anders...


2./ « IL N’Y A PAS DE SITUATIONNISME »

 

onfray conf.2013 situationnistes cosio-1

 

A. 27 /28 juillet 1957, Cosio d’Arroscia (Alpes Italiennes, Ligurie)  • Rencontre fondatrice – alcool, improvisation   • Guy Debord a rédigé un Rapport sur la construction des situations et sur les conditions de l’organisation et de l’action de la tendance situationniste internationale.   • Avec Debord, 7 personnes :  - Asger Jorn,  - Walter Olmo,  - Giuseppe Pinot-Gallizio,  - Piero Simondo, - Sa compagne Elena Verrone pour le Mouvement pour un Bauhaus Imaginiste,  - Ralph Rumney pour le Comité psychogéographique de Londres,  - Guy Debord,  - Michèle Bernstein pour l’Internationale Lettriste et Potlatch   • Tous seront exclus par Debord entre janvier 58 et avril 1961.

B. Ralph Romney, Le Consul :

• Détails sur ce Comité psychogéographique de Londres: « Pour donner une apparence internationale au mouvement, j’ai suggéré : il faut mentionner la participation du Comité psychogéographique de Londres ».   A la question : «C’était quoi ce comité ? ».  • Il répond : « Rien, c’était moi. J’avais dit : Bon, je suis le Comité psychogéographique de Londres. C’était une invention comme ça, un mirage » (43).   Et à cette autre question : « Que s’est-il décidé à Cosio ? Qu’y avez-vous inventé ? ».  • Il répond : « Au niveau des idées, je crois qu’on n’a rien inventé qui n’existait déjà. Ensemble, on a fait une synthèse en partant de Rimbaud, Lautréamont, et quelques autres comme Feuerbach, Hegel, Marx, les futuristes, Dada, les surréalistes et les Vandales chers à Jorn. On a su combiner tout ça ».

C. Fondation de l’Internationale Situationniste votée :  • 5 pour, 1 contre, 1 abstention

D. Une semaine plus tard, Debord écrit à Jorn :  « Je pense comme toi qu’il faut présenter la « conférence de Cosio » comme le point de départ de notre activité nettement organisée et, à partir de maintenant, avancer vite (il faut créer tout de suite une nouvelle légende à notre propos) ». (Correspondance, I. 24).


3./ LES CONCEPTS FONDAMENTAUX

onfray conf.2013-internationale situationnisteA. Dans son Rapport, Debord propose un état des lieux :  1. Critique l’action des mouvements ouvriers internationaux  2. Constate la plasticité du capitalisme pour résister aux attaques révolutionnaires  3. Dénonce le caractère contre-révolutionnaire des partis réformistes  4. Prend acte de leurs résultats, dont l’effacement de la lutte des classes  5. Note le succès des combats anti-impérialistes dans le monde  6. Affirme que la classe dominante produit une idéologie de la confusion  7. Met en relief l’abrutissement de la jeunesse et des étudiants avec des sous-produits de diversion lancés sur le marché par le capitalisme consumériste  8. Déplore que les avant-gardes esthétiques se soient coupées de la masse  9. Enterre futurisme, dadaïsme, surréalisme et lettrisme, incapables de transformer réellement le monde  10.Critique l’existentialisme, un certain marxisme et une mode psychanalytique  11.Conchie la peinture abstraite et le réalisme socialiste  12. Déplore que la publicité formate le jugement de goût  13.Remarque que la vie de l’auteur a pris le pas sur l’oeuvre  14. Professe la mort de la poésie et du roman  15. Observe que le fonctionnalisme fait la loi en matière d’architecture  16. Affirme : « la décomposition a tout gagné » (Oeuvres, 316)...

B. Proposition positive théorique :  1. Veut une plus grande domination de la nature et une plus grande liberté  2. Appelle au dépassement des groupuscules et à la réunion en vue d’un travail collectif organisé  3. Appelle à détruire la culture moderne, à la dépasser et à réaliser une révolution culturelle :  4. « Une action révolutionnaire dans la culture ne saurait avoir pour but de traduire ou d’expliquer la vie, mais de l’élargir. Il faut faire reculer partout le malheur » (320).  5. « Il faut définir de nouveaux désirs, en rapport avec les possibilités d’aujourd’hui » (321).

C. Théorie du situationnisme :  1. Se diriger « vers une internationale situationniste » (322)  2. Inscrire au centre de ce dispositif la « construction de situations »  • Autrement dit : « la construction concrète d’ambiances momentanées de la vie, et leur transformation en une qualité passionnelle supérieure » (322)  3. Agir sur le décor matériel de la vie par des comportements qui le bouleversent  4. Réaliser « une révolution dans les moeurs » (323)  • Un changement dans l’amour  • Dans l’amitié,  • Dans toutes les modalités de l’intersubjectivité  5. Souhaite instaurer une dimension ludique à son projet avec « des jeux d’une essence nouvelle » (323).  6. Propose de construire « une ville situationniste » (324) à partir de formes architecturales nouvelles,  • Ou par le détournement de formes déjà existantes,  • En agissant sur le milieu sonore  • En révolutionnant les modalités de distribution des boissons et des nourritures, ce projet définirait un « urbanisme unitaire » (323)  • Veut des villes expérimentales dans lesquelles se pratiqueraient « la psychogéographie » (id.) : « L’étude des lois exactes et des effets précis du milieu géographique, consciemment aménagé ou non, agissant directement sur le comportement affectif des individus » (id.)  • Veut que, dans ces villes situationnistes, on puisse s’adonner à « la dérive » (325)  • En d’autres termes : « la pratique d’un dépaysement passionnel par le changement hâtif d’ambiances, en même temps qu’un moyen d’étude de la psychogéographie et de la psychologie situationniste » (id.).

D. N°1 de la revue IS ( juin 1958) :

1. Situation construite : « Moment de la vie, concrètement et délibérément construit par l’organisation collective d’une ambiance unitaire et d’un jeu d’évènement ».  2. Situationniste : « Ce qui se rapporte à la théorie ou à l’activité pratique d’une construction de situations. Celui qui s’emploie à construire des situations. Membre de l’Internationale situationniste ».  3. Situationnisme : « Vocable privé de sens abusivement forgé par la dérivation du terme précédent. Il n’y a pas de situationnisme, ce qui signifierait une doctrine d’interprétation des faits existants. La notion de situationnisme est évidemment conçue par les antisituationnistes » (13).  • Le situationnisme n’existe donc pas...


____________________________

 


1./ LE SPECTACLE VIVANT AVANT LA SOCIETE DU SPECTACLE

a) Dans Rapport sur la construction des situations:  • Avant la Société du spectacle, Guy Debord parle du spectacle

onfray conf.2013 debore rapport sur la construction des sib) Signifie : aliénation de l’homme qui se fait regardeur de sa vie  • Au lieu d’en être l’acteur

c) Le rôle passif de figurant doit laisser la place  • A celui d’un peuple actif de sa vie

d) « La construction de situations commence au-delà de l’écroulement moderne de la notion de spectacle. Il est facile de voir à quel point est attaché à l’aliénation du vieux monde le principe même du spectacle : la non-intervention. » (325).

e) Il y a spectacle quand on est dans la salle à regarder sa vie  • Au lieu d’être sur scène à la vivre

f) Tout dans notre civilisation est fait pour obtenir cette situation :  • Une vie à regarder au lieu d’une vie à vivre

g) Construire des situations =  • Échapper à la malédiction capitaliste du spectaculaire   « La situation est ainsi faite pour être vécue par ses constructeurs. Le pôle du « public », sinon passif du moins seulement figurant, doit y diminuer toujours, tandis qu’augmentera la part de ceux qui ne peuvent être appelés des acteurs mais, dans un sens nouveau de ce terme, des viveurs » (325-326).  1. Du côté du spectacle :  a. Passivité, figuration, aliénation, séparation, réification  2. Du côté situationniste : a. Activité, action, réconciliation, intervention, construction de soi.

h) L’abolition du spectacle ouvrirait à un monde qui ressemble à celui du jeune Marx : « Dans une société sans classes, peut-on dire, il n’y aura plus de peintres, mais des situationnistes qui, entre autres choses, feront de la peinture » (327).

i) Le situationnisme réalise l’individu d’après la séparation de soi et de son essence  • L’individu d’après la vie mutilée.


2./ COMMENT REALISER LE SITUATIONNISME ?

j) « Les techniques situationnistes sont encore à inventer » (326).  • Comment réaliser la ville situationniste ?

k) Révolutionner par l’éducation :  • Cinéma, documentaire, télévision (!)  • Montrer concrètement la création de situations et leurs effets induits dans la réalité  • Guy Debord veut l’« éducation d’une génération situationniste » (325).

l) Commencer par une phase expérimentale réduite  • Cosio d’Arroscia ?  • La vie de Guy Debord ?  • Ivresse, errance, dérive psychogéographique

m) Vie de Bohème  • Vivre entretenu : « nous devons inciter les personnes qui détiennent certaines des vastes ressources qui nous font défaut à nous donner les moyens de réaliser nos expériences, par un crédit analogue à celui qui peut être engagé dans la recherche scientifique » (328).

n) Cette communauté expérimentale devrait être exemplaire  • L’élargir aux partis ouvriers et à leurs tendances extrémistes  • Puis aux artistes, aux intellectuels  • Programme internationaliste : «Nous devons mettre en avant les mots d’ordre d’urbanisme unitaire, de comportement expérimental, de propagande hyper-politique, de construction d’ambiances. On a assez interprété les passions: il s’agit maintenant d’en trouver d’autres » (328).


3./ LE SITUATIONNISME CONCRETEMENT

a) Reste très théorique :  • Libelles, tracts,7  • Lettres: correspondance de 8 volumes, plus de 2500 pages (3 fois plus que l’oeuvre)

b) Congrès:  • Cosio d’Arroscia en 1957, huit personnes  • II° conférence à Paris en janvier 1958, huit  • III° conférence à Munich en avril 1959, quatorze  • IV° conférence à Londres en septembre 1960, dix  • V° conférence à Göteborg en août 1961, quatorze  • VI° conférence à Anvers en novembre 1962, moins de vingt  • VII° conférence à Paris en juillet 1966, quatorze, dont deux exclues lors de cette réunion dans un café  • VIII° conférence à Venise en septembre-octobre 1969, dix huit pour toute la planète  - La section française est alors forte de neuf adhérents!

c) Exclusions en quantité...  • Au mieux, il y eut 70 personnes sur toute la planète (dont 7 femmes)  • Une vingtaine en France  • 45 exclusions - les 2/3 des effectifs  • Le 1/3 restant a démissionné  • Reste Guy Debord et Gianfranco Sanguinetti - expulsé par la police en Italie  • Date de naissance du situationnisme : 22 juillet 1957  • Date de décès: avril 1972

d) Passages à tabac :  • 20 avril 1951 à Cannes aux accréditations  • Avril 1953, Jean-Jacques Lebel  • Octobre 1968 : Jean Maîtron  • Janvier 1970, le patron d’Archinoir – le tabassent jusqu’au sang...  • 13 mai 1973, François George  • Kostas Axelos

Mais aucun homme de droite...

 


BIBLIOGRAPHIE :

• Anselm Jappe, Guy Debord, Via Valeriano

• Cécile Guilbert, Pour Guy Debord, Gallimard

• Internationale situationniste, Champ Libre

• Guy Debord, Correspondance, Fayard (8 volumes)

• Ralph Rumney, Le consul, Editions Allia


 

15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 23:55

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


_________________________

 

 15/ QUESTIONS/REPONSES  (3/4) - 16.08.2013

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

 

conf 2012 questions-reponses-6

 1) [00:35] Gandhi, je me suis demandé s’il n’y avait pas un petit rapport avec la tolérance. (sic)


 2) [18:10] La Commune de Paris, les kibboutz, peuvent-ils être considérés comme des exemples d’un modèle anarchiste ?

Ma seconde question est relative à l’attitude du Partie Communiste Français concernant ses grandes difficultés à considérer que le communisme est un échec. Il n’y a pas des contre-exemples de réussite. Alors aujourd’hui, quand on pose la question aux dirigeants du PCF : qu’est-ce que le communisme de demain ? est-ce que Badiou pourrait être l’un de ses représentants ? - il n’y a pas de réponse très claire. Donc, l’anarchisme est l’avenir du communisme…


 3) [48:25] Vous nous avez parlé de l’agriculteur philosophe, Pierre Rabhi. Est-ce que justement aujourd’hui, une vraie révolution ne serait pas de côté de ces gens-là, des décroissants notamment comme Pierre Rabhi qui promeuvent vraiment un changement fondamental des modes de comportement, de consommation ?

 

 




*

"Michel Onfray veut arrêter l’Université populaire de Caen"… Non?!

L’éditeur phonographique des cours du philosophe, Frémeaux & Associés, fera certainement un geste et mettra un peu de beurre dans les épinards des subventions, achètera cette console que la mairie ne veut pas prêter, et peut-être même cédera les droits d’enregistrement et de diffusion des cours au Conseil Général ou au … « conseil » de l’Up. Qui sait, rêvons un peu… Ne serait-ce pas formidable si l’université pouvait se développer sans soucis d’argent grâce aux ventes des CDs de ses cours? 800 000 CDs de la contre-histoire vendus! Pas mal, non? D’ailleurs, qui en bénéficie actuellement? A l’évidence, pas l’université populaire.

 

Not-For-Sale code barreSinon, on pourrait aussi, si on voulait, rendre les cours de Michel Onfray gratuits. Il suffirait pour cela :

1) de diffuser les cours en direct du théâtre d’Hérouville-Saint-Clair sur le Net ou les diffuser gratuitement sur Youtube ou Dailymotion comme le font par exemple Collège de France, Bernard Stiegler (Pharmakon) ou David Orbach (cours d’architecture à l’up de Caen)

2) de rendre les cours réécoutables et podcastables sur France Culture pendant 2 ans - comme c’est le cas des émissions de qualité de Raphaël Enthoven ou Adèle Van Reeth - et pas uniquement pendant 15 jours.

 

Le bénévolat et la gratuité n’ont pas grand-chose à voir avec la vente des CDs et la rémunération en droits d’auteur. Donner ou vendre - il faut choisir. Et surtout, ne pas vendre ce qu’on a donné. 

 

 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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