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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 23:09

 

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 


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8) HEUR ET MALHEUR DU MARXISME TRANSCENDENTAL - 07.08.2013

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

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SYNOPSIS     

 

onfray conférences 2013 herbert-marcuse


1./ PHILOSOPHER CONCRETEMENT 

a) 1942 : La nouvelle mentalité allemande :  • Réfléchit sur :  -Les conditions d’émergence d’un régime totalitaire  -Sa nature et son fonctionnement  -Ses ressorts psychologiques  -La crise économique qui nourrit l’envie de dictature  -L’idéologie qui contribue à la formation d’une programme politique  -L’implication des industriels

b) Fournit cette analyse au département d’Intelligence de Guerre  • Mars 1943 : rejoint le Département des Services Stratégiques (OSS), section Europe  • Y travaille jusqu’à la fin de la guerre.  • Ce service deviendra après guerre l’Agence Centrale de Renseignement : CIA

c) Travaille auprès du gouvernement américain entre 1942 et 1951  • Dépend du ministère des affaires étrangères,  • Service des études et du renseignement «L’Intelligence ».  • But : faire connaître la nature véritable du nazisme par tous les moyens  • Informer les citoyens américains sur cette idéologie  • Contribuer à l’effort de guerre antifasciste

d) Elabore concrètement l’après-guerre :  • Dénazifier  • Reconstruire l’Europe  • Fonder une nouvelle démocratie post-Auschwitz

e) Des marxistes en font une preuve d’intelligence avec l’ennemi... américain !

f) Septembre 1945 :   Totalitarisme, destin du socialisme à l’ère de l’unidimensionnalité.   Remarques sur Aragon, l’art et la politique à l’ère totalitaire  -Deux idées force : l’homme unidimensionnel, le salut politique par l’esthétique.


2./ CONTRE L’EXISTENTIALISME SARTRIEN

a) 1948 : L’existentialisme. À propos de L’être et le néant de Jean-paul Sartre  • Ouverture : hommage à Camus qui appuie son analyse sur l’absurde  • L’histoire du moment lui donne raison

b) Peut-on encore construire sur le cogito cartésien ?  • Le Moi contemporain n’a plus grand chose à voir avec celui de Descartes  • Dieu est mort, la religion ne fait plus la loi, la transcendance a disparu  • Le nihilisme règne, la morale s’est volatilisée  • Le Moi vit dans un monde absurde, dépourvu de sens

c) Camus sait que l’homme vit dans le nihilisme et que le salut passe par l’art  • Camus refuse une philosophie de l’existence  • Préfère une existence philosophique  • Camus vit une vie absurde  • Sartre en fait des livres

d) Marcuse : plus dans le lignage existentiel camusien  • Qu’existentialiste sartrien

e) Sartre récuse l’histoire et essentialise le monde :  • Envisage l’homme de façon ontologique  • Sartre veut critiquer idéalisme, spiritualisme,  • Mais « l’existentialisme est partie prenante de l’idéologie qu’il attaque, et son radicalisme est une duperie » (218).  • Parution de L’être et le néant sous l’occupation  • Le malentendu de la liberté ontologique

f) Contre la théorie sartrienne :  • Le juif est une création de l’antisémite  • Sartre : « Défense aux juifs de pénétrer ici. – Restaurant juif, défense aux aryens d’entrer, etc., ne peut avoir de sens que sur et par (sic) le fondement de mon libre choix » (Sartre, 607, Marcuse, 230).  • Autrement dit : si antisémitisme il y a, c’est parce que les Juifs le veulent bien.

g) Sartre risque de « verser dans le solipsisme transcendantal » (224).  • Liberté ontologique de Sartre contre liberté concrète de Marcuse.   « Quand la philosophie, en vertu de ses concepts théologico-existentiels de la liberté et de l’homme, en arrive au point de décrire les juifs persécutés et les victimes du bourreau comme étant et demeurant des êtres absolument libres et maîtres des choix qu’ils font, c’est que ces concepts philosophiques sont tombés au niveau de la pure et simple idéologie » (231).

h) « L’existentialisme semble donc être une composante de la philosophie bourgeoise » (218).  • Première contradiction chez Sartre :  • Lier existentialisme et révolution prolétarienne  • Les hommes sont libres; mais ils doivent le devenir quand même ?

i) Chez Sartre, autrui, c’est l’ennemi qui veut s’emparer de moi.  • Assujettissement, appropriation, domination, servitude  • Autrui est toujours « le voleur qui me ravit mes possibilités » (231-232).   « Derrière le langage nihiliste de l’existentialisme se dissimule l’idéologie de la libre concurrence, de la libre initiative et des chances égales pour tous. Tout le monde peut « transcender » sa situation, mettre à exécution son propre projet : tout le monde est absolument libre de ses choix. Si défavorables que soient les conditions, l’homme doit les assumer et se réaliser lui-même à partir de cette contrainte. Tout un chacun est maître de son destin » (232).  • Sartre, penseur emblématique du capitalisme libéral.

j) Deuxième contradiction :  • Comment dire : l’existence précède l’essence  • Et affirmer que la liberté (essentialisée) précède toute existence ?  • Si le pour-soi (la conscience) fait advenir tout ce qui est  • Alors la vérité du monde n’est pas dans le monde  • Mais dans la conscience qui le fait advenir.

k) L’aliénation de l’ouvrier n’est pas politique, venue de l’extérieur  • Mais voulue de l’intérieur par la conscience de celui qui acquiesce  • La chosification procède de l’intersubjectivité ontologique  • Pas de la réalité politique.

l) La politique de Sartre suppose le contraire de ce que dit son ontologie  • Si la société crée de la liberté  • Alors la liberté n’est pas qu’ontologique

m) Sartre échoue à saisir le monde  • Car il reste dans la philosophie idéaliste  • Pur produit de la tradition bourgeoise spiritualiste.


3./ EN FAVEUR DE SARTRE

n) En 1968, Marcuse ajoute une page à son article  • Sartre l’opportuniste politique  • Le métaphysicien de L’être et le néant

o) Est devenu un autre Sartre :  • Professions de foi en faveur des régimes marxistes-léninistes de l’Est,  • Défense des camps soviétiques: moments nécessaires de la dialectique révolutionnaire,  • Célébration du Cuba de Castro,  • Vante les mérites du dictateur nord-Coréen Kim Il-Sung,  • Avec Beauvoir, célèbrent la Chine de Mao...

p) En même temps:  • Sartre affirme dans ses Entretiens avec John Gerassi :  • de Gaulle est un « fasciste », un « porc », un « homme de Neandertal », un « crétin pompeux », une « merde », un « maquereau réac »....

q) Marcuse parle de la « conversion » de Sartre :  • Préface aux Damnés de la terre de Franz Fanon,  • Militantisme contre la guerre au Vietnam,  • Anticolonialisme en faveur de Saint-Domingue.  • Marcuse : « Si réellement, comme il le craint, (Sartre) est devenu une « institution », alors c’est une institution où conscience morale et vérité ont trouvé refuge » (248).


4./ QUID DE L’URSS ?

onfray conférences 2013 marcuse marxisme sovietique2a) 1952-1955 : bourse de la Fondation Rockefeller :  • Ecrit Le marxisme soviétique, à Columbia, puis Harvard.  • Livre peu lu, peu étudié  • Écorne l’image lisse d’un Marcuse :  • Formation hégélienne, moment heideggérien, conversion marxiste, invention d’une gauche libertaire qui irrigue Mai 68...

b) Refuse qu’on parle de « socialisme » pour caractériser l’URSS  • Mot trop imprécis,

c) Refuse qu’on parle de « totalitarisme » :  • Mot correspond « à une très grande variété de systèmes sociaux ayant des structures différentes » (99)...  • La droite assimile URSS / totalitarisme : Marcuse refuse d’y être assimilé  • L’URSS n’est donc pas socialiste et pas totalitaire

d) Sartre :  • 15 juillet 1954, Libération :   « La liberté de critique est totale en U.R.S.S. et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle » ;  • 1960, Critique de la raison dialectique :  • Fait du marxisme « l’horizon indépassable de notre temps »  • 1965, Les Temps Modernes:   « Un anticommuniste est un chien, je n’en démordrai pas »  • 1965 : invite à voter Mitterrand aux Présidentielles...

e) Marcuse ne condamne nulle part l’URSS dans ce livre de 1954  • Pointe certains problèmes:  • Dictature, totalitarisme, conservatisme, bureaucratie, terreur...  • Mais n’incrimine jamais Marx ou le marxisme  • Ni l’URSS

f) Mais les conditions extérieures:  • Efforts de guerre exigés par la Deuxième Guerre mondiale  -Imposée par le fascisme hitlérien...  • Menace impérialiste planétaire  -Qui contraint à la surenchère des armements...  • Puissance des monopoles capitalistes  -Qui obligent à la productivité.

g) Ne met jamais en cause :  • Une faiblesse théorique chez Marx  • Une faille doctrinale dans le marxisme  • Une erreur d’interprétation soviétique  • Une falsification étatique voulue par le Politburo

h) Dans ce livre de presque 400 pages:  • Rien contre Lénine  • Contre Staline  • Contre le Goulag (connu depuis Buber-Neumann en 1947)

i) Il faut s’inscrire dans une démarche dialectique :  • Ce qui cloche dans l’URSS, c’est qu’elle ne soit pas socialiste !  • Le marxisme soviétique n’est pas socialiste  • parce qu’il n’est pas assez marxiste  • S’il était plus marxiste  • Il deviendrait socialiste

j) Dès 1936, Gide, Retour d’URSS :  • Le réel témoigne contre la validité des idées:  • Files d’attente,  • Militarisation de la société,  • L’intrusion de la police dans la vie privée,  • Déclin de la culture,  • Formation d’une caste d’apparatchiks vivant comme des nababs,  • Misère du peuple,  • Généralisation du mensonge dans le pays

k) Seule importe une réflexion sur le marxisme soviétique...  • Marcuse reprochait à Sartre son idéalisme  • Son marxisme transcendantal relève du même idéalisme...


5./ UN « MARXISME TRANSCENDENTAL »

a) Marcuse :  • Utiliser le texte de Marx  • Contre ce que l’URSS en a fait

b) Critique le marxisme (pratique)  • Au nom du marxisme (théorique)

c) Dissocie le texte (sacré)  • Et son incarnation (imparfaite)

d) Le réel n’a rien à voir avec l’idée dont il procède... 

e) Constate le hiatus entre Marx et l’URSS :  • Pour Marx : le contrôle des moyens de production entre les mains des producteurs immédiats  • Pas en URSS.  • Pour Marx : le prolétariat doit disposer du pouvoir sur son destin  • En URSS, c’est le Parti.  • Pour Marx : abolir l’Etat, vouloir son dépérissement  • En URSS : Etat renforcé qui dispose des pleins pouvoirs.  • Pour Marx : le socialisme réalise la liberté concrète  • En URSS, l’Etat et le Parti font régner la terreur.  • Pour Marx : l’art contribue à la réalisation de l’homme total,  • Il est réappropriation de soi après disparition de l’aliénation ;  • En URSS, le Réalisme Socialiste fait la loi  • Tout esthétique innovante condamnée au nom du formalisme et de l’intellectualisme.  • Pour Marx : la dialectique = un mode de pensée critique qui rend compte des contradictions du monde réel ;  • En URSS : un catéchisme enseigné dans les écoles,  • Devenue dogmatique, elle sert à légitimer le régime en place.  • Pour Marx : le socialisme incarne un moment dans la réalisation du communisme ;  • En URSS, le communisme est loin d’être présenté comme l’idéal à réaliser,  • L’Etat vise simplement la reconduction de sa bureaucratie.  • Pour Marx : le marxisme réalise la société sans classes;  • L’URSS a construit une société inégalitaire avec des classes, dont celles des apparatchiks.  • Pour Marx : les valeurs de l’éthique bourgeoise devaient disparaître avec la réalisation de la révolution prolétarienne ;  • En URSS : « l’éthique soviétique » (268) réactive les valeurs petites bourgeoises de travail, de famille, de patrie, de maternité, de natalité, de fidélité, de monogamie.

f) Ces critiques sont noyées dans un long discours...

g) Toute affirmation critique est doublée d’une autre qui l’annule

h) Rhétorique et sophistique :  • L’URSS aspire au socialisme  • Mais l’impérialisme américain en interdit la réalisation  • Le coupable de cet état des lieux en URSS ?  • Les Etats-unis...


6./ ELOGE DE L’URSS

a) La critique a présenté ce livre comme une critique de l’URSS !

b) « Il est sûr que la politique staliniste du totalitarisme a été payante » (347)  • Sous régime soviétique :  -Une rigoureuse discipline au travail,  -L’augmentation de la journée de travail,  -L’autorité directoriale,  -Le salaire aux pièces,  -Les primes à la production,  -L’acceptation du jeu de la concurrence,  -Le souci de la rentabilité,   • Constituent un excellent programme6   • Permet de réaliser en deux décennies ce qui aurait été obtenu dans un long temps.

c) Défense de la Terreur :  • Analyse la terreur avec laquelle l’URSS assure son pouvoir : «Cette terreur se rapproche d’un système social normalement concurrentiel dans la mesure où les répressions ne sont plus violentes (par exemple révocations ou rétrogradations). Dans sa fonction historique, la terreur peut être progressive ou régressive, selon qu’elle prépare ou non effectivement, grâce à la destruction des institutions répressives, à l’épanouissement d’institutions libérales et l’utilisation rationnelle des forces productives » (148-149).  • La terreur progressive assassine, mais pour le progrès du communisme  • La terreur régressive abat des hommes sans souci des progrès de la classe ouvrière

d) « La terreur tend à devenir essentiellement technique, et en URSS aujourd’hui la terreur strictement politique semble être l’exception plutôt que la règle » (149).

e) Michel Onfray : printemps 1954, soulèvement des prisonniers du goulag de Kengir au Kazakhstan  • Camp autogéré pendant quarante jours  • Le 25 juin, l’armée soviétique pilonne le camp avec des chars  • Entre cinq et sept cent prisonniers massacrés.  • Soljenitsyne raconte ce soulèvement dans L’archipel du goulag.

f) Même dénégation du réel chez Sartre & Marcuse en matière de marxisme concret...  • Le prix à payer pour sauver le marxisme transcendantal.

 

2/5. Interview de Herbert Marcuse (1898 - 1979) le 11/11/1976.


BIBLIOGRAPHIE :

• Marcuse, Culture et société, Minuit

• Marcuse, Le marxisme soviétique, Idées Gallimard

• Margarete Buber-Neumann, Prisonnière de Staline et d'Hitler :  -Tome 1, Déportée en Sibérie,  -Tome 2, Déportée àRavensbrück, Seuil

• Soljenitsyne, L'archipel du goulag, 3 tomes, Seuil

• Edgar Morin, De la nature de l'URSS, Fayard

• Gide, Retour de l'URSS, Pléiade

 

5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 23:15

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 

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      7/ MARCUSE ET L’HEDONISME MARXISTE - 06.08.2013

 

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SYNOPSIS       

 

onfray_conferences_2013_marcuse_famille.jpg

1./ NAISSANCE &FAMILLE

• Naissance 19 juillet 1898  • Père : cousin lointain de Marx  • Famille riche, fortune dans le tissage puis l’immobilier  • Grande maisonnée avec domestiques  • Chauffeur pour aller à l’école  • En 1933, ce même chauffeur devient celui de Goebbels.  • Succès scolaires  • Bar Mitzvah en 1911.


2./ PREMIERE GUERRE

• 16 ans au début de 14-18  • Mobilisé au printemps 1916  • Vue défaillante : ne va pas au front.  • Unité de zeppelins décimée par la défense anglaise  • Permission extraordinaire  • Assiste à des cours à l’université de Berlin  • 1917 : prend sa carte au parti de Rosa Luxembourg, puis le quitte  • Novembre 1918 : combat avec les révolutionnaires à Berlin  • Fin de la guerre perdue par les Allemands  • Reprise des études en 1919  • Continue l’activisme révolutionnaire.


3./ FORMATION UNIVERSITAIRE

a) Université de Fribourg en littérature  • Fasciné par Husserl et la phénoménologie  • Se désole qu’elle ne laisse pas de place à la politique, au social, à l’histoire  • Hegel : antidote à cette limite

b) Thèse sur le roman d’artiste allemand  • Qui oppose l’individualité solaire et solitaire  • A la société dévoreuse d’individus  • L’art et la vie sont antinomiques  • L’artiste fournit des modèles existentiels, esthétiques, politiques alternatifs  • L’artiste met en péril Etat, Eglise, Université, institutions  • Soutient sa thèse en 1922  • Husserl participe au jury  • Dans La dimension esthétique (1977) approfondira les intuitions de sa thèse.

c) Découvre Lukacs (1885-1970),  • Philosophe hongrois, théoricien marxiste,  • Praticien de la politique : exécuteur de la Terreur rouge en Hongrie  • Contextualise le roman dans l’histoire2  • L’idéologie du roman est celle de la bourgeoisie  • Qui empêche la classe ouvrière de parvenir à la conscience de soi  • Qui serait le premier temps d’un mouvement révolutionnaire  • Lukacs défend le réalisme littéraire

d) Herbert Marcuse combat la modernité littéraire en général :  • Kafka, Joyce, Beckett

e) Pendant la thèse de Herbert Marcuse :  • Lukacs rédige Histoire et conscience de classe (1923)  • Lukacs a déjà publié : L’âme et la forme  • Et La théorie du roman.

f) Trajet de Georges Lukacs:  • Critique littéraire  • Néo-hégélianisme  • Conversion au marxisme  • Engagement militant  • Écriture  • Modèle existentiel pour Herbert Marcuse.  • Georges Lukacssoutient le marxisme soviétique

g) Herbert Marcuse publie Le triangle, un mensuel expressionniste  • 1924 épouse Sophie, étudiante en maths  • S’installe avec elle dans le domicile familial  • Le père de Herbert Marcuse lui donne des parts dans sa société éditoriale  • Et de commerce de livres anciens  • Grands loisirs de Herbert Marcuse

h) Travaille sur Schiller – source pour Eros et civilisation  • Schiller, Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme :  • Avant Nietzsche & Wagner  • Le poète associe esthétique & politique  • Schiller : enthousiaste au 14 juillet 1789  • Défend l’idéal républicain  • Change d’avis avec le 21 janvier 1793  • La Révolution française dissimule des passions tristes:  • Jalousie, ressentiment, arrivisme, envie, ambition, carriérisme.


4./ AVEC, PUIS SANS HEIDEGGER

a) Husserl, Schiller, Marx  • Lit Etre et temps (1927) de Heidegger

b) Apprécie les recherches ontologiques:  • L’oubli de l’Etre et le souci des étants.   • Opposition de l’ontologique (idée) à l’ontique (concret)  • Vieille ritournelle idéaliste...

c) Heidegger critique de la technique  • Heideggerse soucie de construire sur l’être concret, angoissé

d) Herbert Marcuse croit possible une synthèse entre :  • Marx des Manuscrits de 1844 + Heidegger de la subjectivité concrète  • Marxisme + existentialisme

e) Herbert Marcuse devient l’assistant de Heidegger  • Qui a été l’assistant de Husserl à Fribourg  • 1929, Herbert Marcuse publie Sur la philosophie concrète, article  • Souhaite mettre le concret au centre, avec Heidegger   • Combat « pour de nouvelles possibilités d’être » (Philosophie et révolution, 156)  • Contre le marxisme qui ne va pas assez loin  • Propose un « marxisme heideggérien ».

f) Thèse d’habilitation :   L’ontologie de Hegel et la théorie de l’historicité (1932)  • Passion pour Heidegger depuis 1928  • Heidegger bloque l’habilitation de Marcuse parce qu’il est juif...  • Mais détestation après guerre  • Peu avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir

g) Herbert Marcuse s’exile en suisse,  • Entre à l’Ecole de Francfort en 1933  • 4 juillet 1934 : débarque à New-York.

 

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5./ L’ECOLE DE FRANCFORT

a) Entre à l’Institut de Recherche Sociale  • Horkheimer le dirige  • L’Ecole a été fondée en 1923 par Félix Weil  • Fils d’un riche négociant en grains ayant fait fortune en Argentine  • Félix Weil organise la « Première semaine de travail marxiste » été 1922 en Thuringe  • Recherche d’un marxisme vrai ou pur  • Mais entretient avec l’Institut Marx-Engels de Moscou des relations intimes  • Adorno rend compte de la thèse de Marcuse sur Hegel  • Dans la Revue de Recherche sociale (1932)

b) Arrivés au pouvoir, les nazis ferment ce lieu de recherche  • L’école devient la Société Internationale de recherche  • Elle essaime à Genève  • Puis à l’Ecole Normale Supérieure de Paris, accueillie par Bouglé  • Puis Londres, les Etats-Unis jusqu’en 1950, et retour en Allemagne  • L’institut devient alors Ecole de Francfort  • Mépris de l’institution universitaire pour les objets de l’Ecole :  -La nature du prolétariat,  -Le rôle et la fonction de la classe ouvrière,  -La montée du fascisme,  -Les mécanismes de l’autorité,  -Le rôle de la famille dans la constitution du fascisme,  -Les potentialités pratiques du marxisme,  -Les modalités du racisme...  -Ce qui constitue « la Théorie critique »

c) C’est à l’Ecole de Francfort que Fromm veut :  • Concilier Marx et Freud   La mission de Sigmund Freud (1959)   Grandeur et limites de la pensée freudienne (1980)  • Publie aussi : La crise de la psychanalyse  • Le Marx des Manuscrits de 1844 + Freud

d) Publications de Marcuse avant guerre :   Les fondements philosophiques du concept économique de travail (1933),   La lutte contre le libéralisme dans la conception totalitaire de l’Etat (1934),   Autorité et famille (1936),   Réflexions sur le caractère affirmatif de la culture (1937), 4   La philosophie et la théorie critique (1937),   Contribution à la critique de l’hédonisme (1938)   Raison et révolution (écrit en 1939-40, publié en 1941).


6./ CRITIQUE DE L’HEDONISME

onfray conférences 2013 marcuse culture societeA. De l’hédonisme en général

a. En 1938, propose un hégélianisme épicurien, un épicurisme hégélien  • Critique d’Epicure par Hegel :  • Bavardages, futilités, inconséquence, inintérêt, vulgarité, simplicité, trivialité, superficialité...   «Nous ne pouvons avoir aucun égard pour les pensées philosophiques d’Epicure, ou plutôt, ce ne sont nullement des pensées » (500).

b. Marcuse constate que toute la tradition philosophique critique l’hédonisme  • Au nom de la raison :  • Platon, Aristote, Spinoza, Leibniz, Kant, Fichte, Hegel, Hermann Cohen.  • Pour ceux-là : Raison = Vertu, Vérité, Loi, Famille, Société, Etat, Travail...

c. Herbert Marcuse associe hédonisme et Théorie critique :   « Dans la mesure où la protestation matérialiste de l’hédonisme préserve un aspect de la libération de l’homme décrié ailleurs, il rejoint le propos de la Théorie critique » (176).  • Quel hédonisme ?   « On trouve de telles tentatives dans l’eudémonisme antique, dans la philosophie chrétienne du Moyen-Age, dans l’humanisme et dans la philosophie française des Lumières » (186).

B. Aristipe & Epicure

Examine cyrénaïques et épicuriens:

1. Aristippe et les siens:  • Expérimenter le plaisir le plus souvent possible.  • Tous les plaisirs sont bons pourvu qu’ils soient plaisirs  • La volupté : désirable en soi  • Voluptés physiques supérieures aux voluptés morales  • Douleurs physiques supérieures aux douleurs morales  • Ne pas sacrifier l’individu à la société  • Pas de bons et de mauvais plaisirs décidés par la société  • Le bonheur est subjectif, particulier, ni universel, ni général  • La vérité n’existe pas, il n’y a que convention sociale  • La société ne doit pas faire la loi de l’individu.

2. Les épicuriens :  • Le plaisir est le souverain bien, mais pas à n’importe quel prix ;  • Diététique des désirs et des plaisirs:  • Plaisirs relatifs à leurs coûts:  • Hiérarchie des plaisirs: plaisirs désirables / plaisirs indéfendables  • Le meilleur plaisir ?  • Celui qui assure de la plus grande sécurité et de la plus grande durée possible ;  • Le sage vise l’ataraxie  • Les sens: organes du plaisir,  • Eux seuls peuvent conduire à la connaissance  • Les sens sont décriés par la philosophie classique dominante.

C. Un marxisme hédoniste ?

a. Pas de théorie politique chez Aristippe & Epicure  • Idéal individuel dans une société qu’on ne change pas  • L’hédonisme est amoral  • Herbert Marcuse souhaite qu’il devienne moral  • Changer la vie quotidienne concrète des gens  • Parle d’une « conception objective du bonheur » (191)  • La « Théorie Critique » y contribue

b. Elle propose un eudémonisme universel

« Avec le développement complet des individus et des forces de production, la société pourra avoir comme devise « A chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins ». Ici, on retrouve l’ancienne définition hédoniste, qui voyait le bonheur dans une satisfaction des besoins sous tous les rapports » (194).

c. Marcuse découvre les Manuscrits de 1844 en 1932  • Dit avoir eu l’impression d’avoir écrit ce texte  • Dans son Essai sur les Manuscrits philosophiques de 1844 (1932)  • Travail, salaire, profits,  • Force de travail aliénée : séparation du travail et de la production  • Division du travail et vie mutilée : pas de créativité  • Hédonisme de la réconciliation, de l’abolition de l’aliénation  • Libération par le travail

d. Contre l’hédonisme capitaliste : jouissance de l’avoir  • Satisfaire ses désirs suppose pouvoir d’achat :   « La jouissance conserve un caractère de classe » (195)  • Les partenaires d’une relation hédoniste relèvent de la même catégorie sociale.   « La plus grande partie de l’humanité ne peut disposer que de la fraction la moins chère des marchandises » (195).

e. La classe opprimée se contente de divertissements triviaux :  • Sport, cinéma  • La société de consommation vend de l’illusion qui aliène.

D. Sexualité & capitalisme :

a. Journée de travail capitaliste contre la libido

b. L’hédonisme capitaliste : • Plaisirs pervers :  -D’humilier, de s’humilier  -De l’héroïsme guerrier, du sacrifie de soi  -De faire souffrir autrui  -Et autres « innombrables formes frelatées de la sexualité » (202).

c. Le plaisir sexuel : rationalisé et inscrit dans un cadre hygiénique  • Sexualité = santé psychique  • Production d’enfants  • Création d’une famille :   « Engendrer de nouvelles forces de travail pour le processus de domination de la nature par la société » (198).  • Fabriquer des soldats: impérialisme du capital qui étend sa zone de chalandage  • Fabriquer des consommateurs  • Bourgeoisie = mariage, monogamie, fidélité, cohabitation, etc.

d. Le sexe pour lui-même ?6  • Comble de la lubricité

e. L’hédonisme ?  • Une arme contre le capitalisme.

E. L’hégélianisme épicurien :

a. Programme politique de Herbert Marcuse :

« La mise à disposition de la communauté des moyens de production, l’adaptation du processus de production aux besoins de l’ensemble, la réduction de la journée de travail, la participation active des individus à l’administration du tout » (205).

b. Contre l’hédonisme d’Aristippe qui préfigure celui du capitalisme  • Contre l’apolitisme de l’hédonisme épicurien  • Hegel résout les contradictions des deux hédonismes antiques

c. « Le rêve de l’hédonisme a toujours été de lier le bonheur et la vérité » (206)  • Epicure pour le bonheur, Hegel pour la vérité et Marx pour le bonheur et la vérité...

d. Marcuse veut en finir avec le capitalisme :  • Fonctionnarisation,  • Bureaucratisation,  • Creusement de l’écart des salaires  • Corruption des ouvriers achetés par le capital

e. Analyse la théorie de la ruse de la raison  • Célèbre ceux qui détruisent pour réaliser la société hédoniste à venir

f. « L’épouvantail du jouisseur déchaîné qui ne songerait qu’à satisfaire ses  besoins physiques est encore un résultat de la division entre les forces de production spirituelles et les forces de production matérielles, entre le processus de travail et le processus de consommation. L’une des présuppositions de la liberté est l’abolition de cette séparation. L’épanouissement des besoins matériels doit aller de pair avec l’épanouissement des besoins moraux et intellectuels » (210).

g. « L’hédonisme est aboli dans la théorie critique et la praxis » (210)  • Aboli, parce que réalisé  • Marcuse s’inscrit dans le courant hégélien de gauche :  • Bauer, Feuerbach, Marx, Engels, Ruge


7./ CONCLUSION

a) 1939, en anglais, aux Etats-Unis:   Raison et révolution. Hegel et la naissance de la théorie sociale

b) Critique les lectures des fascistes italiens:  • Croce  • Gentile, Fondements du fascisme,  • Récupèrent Hegel pour justifier leur Etat totalitaire.

c) Analyse les fascistes allemands:  • Alfred Rosenberg, Mythe du XX° siècle  • Carl Schmidt,  • Qui récusent Hegel :  • Coupable de descendre de 1789,  • Responsable d’avoir généré le marxisme,  • Incarne une pensée du pouvoir étrangère à la race germanique...

d) Reste le Hegel de Marcuse :  • Le philosophe de la pensée négative  • Celui de la dialectique 7  • Qui rend possible la Révolution de 1789 sans la Terreur de 1793.

 

1/5. Interview de Herbert Marcuse (1898 - 1979) le 11/11/1976.


BIBLIOGRAPHIE :

• Schiller, Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, Aubier

• Paul Laurent Assoun, L'école de Francfort, Puf

• Marcuse, Culture et société, Minuit

• Marcuse, L'ontologie de Hegel et la théorie de l'historicité, Tel Gallimard

• Marx, Oeuvres économie, Tome II, Pléiade

• Emmanuel Faye, Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie, Albin Michel

 

4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 23:19

 

Du 29 juillet au 28 août 2013, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2012-2013 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 11e année,

L'autre pensée 68 :

Henri Lefebvre, Herbert Marcuse, Guy Debord et Raoul Vaneigem. 

_________________________

 

      6/ POUR UN « REFORMISME REVOLUTIONNAIRE » - 05.08.2013

 

  • Vous pouvez podcaster les conférences sur le site de l’émission, les archiver, prêter à vos amis.  "Pour des raisons de droits de diffusion et d'utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro de cette onzième saison sera podcastable et réécoutable pendant 15 jours" - nous informe France Culture. 
  • Chers internautes, n’oublions pas que les conférences à l’Up de Caen sont constamment présentées comme GRATUITES ! Ne les achetons donc  pas ! Ne remplissons pas les poches de Frémeaux & Associés ! Ne soyons pas des CON-SOMMATEURS !  

      _____________________________

 

SYNOPSIS       

 

I./ LA VIE QUOTIDIENNE CONTRE LE STRUCTURALISME

a) Oppose la vie quotidienne au structuralisme  • Critique de Pour Marx d’Althusser  • Et de Lire le Capital :  • Althusser, Jacques Rancière, Pierre Macherey, Etienne Balibar, Roger Establetonfray conférences 2013 lefebvre critique de vie quotidie

b) La Critique de la vie quotidienne, 800 pages touffues, denses, répétitives  • Tome 1 :  -Écrit entre août et décembre 1945,  -Sous-titre : Introduction. (Grasset, 1947).   • Tome 2 :  -Sous-titré Fondements d’une sociologie de la quotidienneté (L’Arche, 1962).   • Tome 3 :  -Sous-titré Pour une métaphilosophie du quotidien (L’Arche, 1981).

c) La vie quotidienne : un sujet totalement oublié dans la pensée occidentale.  • Feuerbach, Marx, Engels, Lénine se sont soucié de l’aliénation idéale  • Mais pas concrète  • Famille, usine, bureau, travail, logement, loyer, ville, campagne, village, loisir, croyance, religion, mode, époque, temps...  • Révolution transcendantale / révolution dans la vie concrète

d) Qu’est-ce qui a changé en matière de vie quotidienne en URSS ?  • L’ouvrier virtuellement propriétaire de son usine ?

e) Le problème :  • Non pas: en finir avec le capitalisme au profit du socialisme  • Mais: abolir l’aliénation qui procède de la division du travail

f) Marx & Lénine : visent l’abolition de l’Etat  • L’URSS le renforce : elle n’est pas marxiste, ni socialiste

g) La mesure du socialisme se trouve dans la vie quotidienne  • C’est elle qu’il faut interroger  • Fonder une sociologie qui rend possible cette analyse.


II./NECESSITE D’UN NOUVEAU PHILOSOPHE

a) Contre :  • L’hystérie de Baudelaire,  • Le dérèglement de Rimbaud,  • Les bizarreries de Lautréamont,  • La cartomancie de Breton,  • La mécanique paranoïaque des surréalistes,  • La dépression existentialiste,  • La posture rhétorique de Sartre,

b) Critique du marxisme :   « Le marxisme est devenu ennuyeux » (I.96)  • Englué dans la scolastique : « La fausse clarté, la pédagogie se prenant pour la mesure de la pensée, le desséchement dogmatique et la schématisation squelettique, la propagande s’emparant des thèmes idéologiques » (I.95).  • Oublieux du projet libertaire

c) Contre les philosophes qui jargonnent  • Sartre  • Les « littérateurs qui atteignent la gloire, les grands tirages, la fortune » (I.96)

d) Eloge du nouveau philosophe :  • Fin du registre nouménal  • Avènement du concret : « La critique de la vie quotidienne proposera d’instituer une vaste enquête qui serait intitulée : Comment on vit ». (I.209).  • Le réel et non les idées  • L’enquête et non la cogitation pure  • Le sociologue sur le terrain et non le penseur idéaliste en chambre.


III./ LA MATERIALITE DU MONDE

a) Facile de définir la Vie Quotidienne : pas besoin d’une définition fastidieuse

b) Difficile : la multiplicité des registres concernés interdit la saisie globale  • Caractère plastique et fluide de ce qui advient dans la vie quotidienne  • Impossible saisie parménidienne du flux héraclitéen de la vie quotidienne

c) Sortir du bureau, de la bibliothèque  • Aller vers les gens, les interroger, les questionner

d) Quelles questions (se) posera-t-il face à ces personnes ?

«Comment ces individus « privés » se sont-ils formés ? Sous quelles influences ? – Comment ont-ils choisi leur orientation, leur métier ? – Comment se sont-ils mariés ? – Comment et pourquoi ont-ils eu des enfants ? – Comment et pourquoi ont-ils agi en telle circonstance de leur vie ? ... » (I.210).

«Cette enquête, méthodiquement poursuivie, substituerait enfin des « vérités humaines » solidement établies aux divagations des philosophes ou des romanciers (y compris ceux qui s’attendrissent sur les « êtres », et ceux qui prétendent apporter des lucidités cruelles sur « l’existence »). Elle contribuerait vraisemblablement à déplacer les centres d’intérêt, à montrer concrètement l’aliénation, les fictions, le hasard, le destin, dans la vie et la mort des hommes » (id.).

e) L’enquête entrera dans le détail de la vie quotidienne, de journées de travail, de fête ou banales.

f) Non pas: théoriser sur le capitalisme en soi  • Mais:

«Comment, dans sa vie de chaque jour, quotidiennement, l’homme moyen se trouve en rapport avec les trusts. Où les rencontre-t-il ? Comment les aperçoit-il et se les représente-t-il ? Comment se meut-il dans la structure complexe que révèle la théorie ? Comment lui apparaît-elle du matin jusqu’au soir d’une journée entière ? » (I.211).

g) Le nouveau philosophe abordera toutes sortes de sujets:  • La façon d’organiser sa vie en fonction du milieu social,  • L’emploi du budget selon son appartenance de classe,  • Les rapports aux loisirs et au temps libre,  • Les modes de sociabilité,  • Les formes actives de la famille, de l’amour,  • La relation à la culture.


onfray conférences 2013 henri lefebvre vie quotidienne


IV./ RESULTATS (NEGATIFS) DE L’ENQUETE

a) « L’enquête montrerait comment le Français se trouve depuis longtemps un des hommes les plus exploités de l’univers capitaliste, par une des bourgeoisies les plus habiles - tour à tour perfide et brutale, et toujours très « moderne », très au courant de tous les procédés de la lutte des classes (en particulier au moment précis où elle nie cette lutte au nom de la nation ou bien au nom de l’individu, indifféremment ! ...) » (I.212).

b) On découvrirait également un état des lieux terrible :  • La dégradation de la structure sociale agricole et industrielle,  • Celle de la vie individuelle et quotidienne ;  • Les modalités de l’asservissement des citoyens qui croient à leur liberté alors qu’ils vivent sous le régime de la plus brutale oppression capitaliste ;  • Le paradoxe qu’il y a à se jeter dans les bras de qui promet l’asservissement ;  • La misère spirituelle de ceux qui sont disponibles pour les solutions spirituelles les plus toxiques;  • La dangerosité de certaines idéologies qui diagnostique une angoisse mais en fait un produit de la nature humaine là où il n’y a que production de l’histoire, etc.


V./ PERSPECTIVES (POSITIVES) APRES L’ENQUETE

« La critique de la Vie Quotidienne apportera sa contribution à l’art de vivre » (I.213).

• Vouloir le bonheur : « retrouver ou créer la grandeur dans la Vie Quotidienne » (I.140).

• Non pas les recettes bourgeoises du bonheur

• Mais un projet nietzschéen : « L’art de vivre suppose que l’être humain considère sa propre vie – l’épanouissement, l’intensification de sa vie – non comme un moyen pour une « autre » fin, mais comme sa propre fin. Il suppose que la vie tout entière – la vie quotidienne – devienne oeuvre d’art et « joie que l’homme se donne à lui-même » » (I.214).


VI./ CRITIQUE DE LA CIVILISATION DES LOISIRS

a) Emergence de la télévision dans la civilisation des loisirs:  • 1949 : 3 000 récepteurs: 1% des foyers  • 1956 : 500 000 téléviseurs: 6,1% des ménages  • Années 60 : près de 2 millions  • Actuellement : 1 télévision vendue toutes les 4 secondes

b) Fin des activités qui nécessitaient des acteurs agissants:  • Promenade en famille, marche, randonnée, sport, camping, jardinage, bricolage, musées

c) Avènement des consommateurs passifs:  • Cinéma, télévision, écrans

d) La civilisation industrielle crée le besoin de loisir de masse pour le vendre  • Le loisir devient divertissement  • Le consommateur demande :  • L’oubli de ses conditions de travail, de sa souffrance quotidienne  • Chacun devient spectacle pour tous

e) Double aspect des médias:  • Permettent de porter à la connaissance du plus grand nombre les chefs d’oeuvre des civilisations ou les trésors de l’humanité par des émissions qui « affinent le goût, améliorent le niveau culturel, instruisent, éduquent, vulgarisent une culture encyclopédique. En même temps, elles rendent passifs ceux qu’elles atteignent.  Elles les infantilisent. Elles leur « présentent » le monde sur un mode particulier, celui du spectacle et du regard, dont nous avons noté et dont nous soulignons encore l’ambiguïté : la non participation dans la fausse présence » (II. 225-226) .

f) Forment le goût.


VII./ « AUSCHWITZ, CITE CAPITALISTE » (I.260)

onfray conférences 2013 henri lefebvrea) Rapproche société capitaliste et camp de concentration  • La nazisme ? La formule la plus crue de la société capitaliste  • Sur la vie urbaine, la vie du peuple dans les cités industrielles: « Où, comment, dans quelles expériences révèle-t-elle son essence ? » (I.254-255).

b) Les camps faits pour exterminer ?  • Fusiller en masse allait plus vite

c) Pour le travail ?  • Le rendement était dérisoire  • Les corps, pas performants

d) « Barbarie scientifique » (I.258) :  • Les nazis recréent la jungle de l’origine :  • Ruse, violence, jalousie, égoïsme, abolition de la solidarité, de la fraternité,  • Éloge des instincts les plus bas

e) Pourquoi le nazisme ?  • Sadisme hitlérien  • Constitution d’otages virtuels  • Henri Lefebvre : « Le fascisme représente le cas limite du capitalisme – et le camp de concentration la forme extrême et paroxystique, le cas limite de la cité moderne, de la ville industrielle. Les intermédiaires entre nos villes et le camp de concentration peuvent être nombreux : le coron de mineurs, les baraquements des villages provisoires pour ouvriers, les villages des travailleurs coloniaux... Le rapport n’en existe pas moins! » (I. 261).


VIII./ L’ANTIDOTE AUX CAMPS

a) La fête révolutionnaire  • 1965, La proclamation de la Commune

b) Contre Marx qui en fait une révolution manquée  • Fait l’éloge d’un Marx... proudhonien : « La grande idée de la Commune, idée que les marxistes ne peuvent rejeter, à savoir la gestion démocratique directe de leurs affaires par les citoyens réunis en conseils, commissions et comités, cette idée ne peut se séparer du proudhonisme qui le premier l’exposa » (154).  • Marx, Proudhon, Lénine veulent tous les trois l’abolition de l’Etat

c) La Commune, antidote à Auschwitz :  • Le Camp a besoin de l’Etat :  -La Commune exige son abolition.  • Auschwitz : hiérarchie, soumission, sujétion, aliénation, humiliation, déshumanisation  • Les Fédérés: contrats, mutualisation, coopération, partage, fraternité, solidarité.  • Sous le régime national-socialiste : la violence et la mort font la loi,  • Dans la Commune : la peine de mort a été abolie  • La guillotine brûlée devant la statue de Voltaire le 6 avril 1871.  • Les Nazis célébraient un culte à la pulsion de mort  • Les Communards, à la pulsion de vie.

 

IX./ ELOGE DE LA COMMUNE

a) « La Commune ? Ce fut une fête, la plus grande fête du siècle et des temps modernes. L’analyse la plus froide y découvre l’impression et la volonté des insurgés de devenir les maîtres de leur vie et de leur histoire, non seulement en ce qui concerne les décisions politiques mais au niveau de la quotidienneté » (389-390).

b) La Commune a changé la vie des gens  • L’URSS ne l’a pas changée en bien.


X./ « MAI 68 »

a) Analyse Mai en 1968 : L’irruption de Nanterre au sommet

b) Les faits donnent tort aux structuralistes qui proclamaient :  • La dépolitisation de la société  • La fin de la lutte des classes  • La caducité du marxisme  • Le caractère daté des analyses de Marx  • Le dépassement de l’humanisme

c) La rue donne tort aux embaumeurs de Marx

d) La crise n’est pas en soi révolutionnaire  • Il faut encadrer la spontanéité révolutionnaire

e) Le PCF ne voulait pas cette révolution :   « Pas de situation révolutionnaire sans parti révolutionnaire ; pas de parti révolutionnaire sans théorie révolutionnaire ».  • «Conjecturalement, les conditions de la transformation révolutionnaire impliquent : neutralisation des classes moyennes, alliance du prolétariat avec les paysans et une partie de la petite bourgeoisie, isolement politique de la grande bourgeoisie dominante ainsi que de son appareil d’Etat bureaucratique et militaire » (33) .  • A défaut...

f) Henri Lefebvre souhaite l’autogestion  • Et non le renforcement de l’Etat  • Ne croit pas à la gauche réformiste

g) L’Etat est monopolistique :  • Il n’est pas la solution, mais le problème

h) Le prolétariat a disparu  • Remplacé dans les banlieues par des individus logés, nourris, distraits

i) La jeunesse ouvrière ressent l’angoisse, la haine  • Elle recourt volontiers à la violence

j) Les cités posent problème  • L’urbanisme est sauvage  • La ville, problématique jeunesse désemparée,

k) Les jeunes désemparés :  « Ceux qui les ont vus dans les manifestations ont été surpris par leur style : décontractés dans la violence, partant à la conquête de la vielle et de la vie avec une audace transcendante, souvent sous le signe des drapeaux noirs » (92).


XI./ QUE FAIRE ?

a) Non pas opposer réforme / révolution  • Car la révolution est un ensemble de réformes avec pour but l’autogestion  • Il faut « un réformisme révolutionnaire orienté par une théorie de la transformation globale (industrielle et urbaine) » (117).

b) Ni socialisme étatique de type bureaucratique  • Ni le réformisme dans le cadre de l’Etat6  • Mais ce réformisme révolutionnaire libertaire  • Qui se réclame d’un Marx & Lénine libertaires

c) Pendant des décennies Henri Lefebvre a proposé au PCF de se ressourcer dans ce Marx libertaire...  • On sait ce qu’il en fut...  • Nous en sommes toujours là...

 

 

BIBLIOGRAPHIE :

• Henri Lefebvre,  -Mai 68, l'irruption, Syllepses  -La proclamation de la Commune, Gallimard  -La vie quotidienne dans le monde moderne, Idées Gallimard  -Critique de la vie quotidienne, 3 tomes, L'arche  -Introduction à la modernité, Minuit

• Armand Ajzenberg, Hughes Lethierry, Léonore Bazinek, Maintenant Henri Lefebvre, L'harmattan


 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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