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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 11:08

       


-Françoise Héritier(2)Françoise Héritier est anthropologue et ethnologue; successeure de Claude Lévi-Strauss au Collège de France et à la direction du Laboratoire d’anthropologie sociale; auteure, entre autres, de « Masculin-Féminin vol. 1. La pensée de la différence, vol. 2. Dissoudre la hiérarchie »; spécialiste des questions touchant à la parenté, au mariage, à la famille, au rapport de sexe et de genre. Son champ de recherche s’est plus particulièrement porté sur l’étude des fondements universels de la domination masculine.

Dans une interview publiée le 23 avril 2013 sur le site Le Point.fr, la scientifique livre quelques pistes de réflexion intéressantes sur le fameux « mariage pour tous ». L’adoption de ce projet de loi n’éveille peut-être pas tant de passions par hasard et n’est pas uniquement un simple divertissement qui n’a qu’un objectif, masquer les vrais problèmes économiques. Et si c’était une étape importante d’une longue évolution vers le nouvel ordre social basé sur un autre rapport des sexes et les normes familiales différentes, en rupture avec la domination du sexe masculin sur le sexe féminin ? Le patriarcat et ses institutions, perçus comme « naturels », « sacrés » et immuables, le deviennent un peu moins…

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  • Que vous a inspiré la violence des détracteurs du "mariage pour tous" ?maman papa-chaussures-bebe-
  • Le mouvement a pris une ampleur considérable, car il est beaucoup plus facile, et plus visible, de protester que de soutenir. Mais les analyses, les sondages, la voie électorale et la volonté gouvernementale clairement affichée montrent bien qu'il n'y a pas d'opinion prise par surprise. Il faut également rappeler que c'est une loi qui ne porte pas de tort en retirant des droits aux personnes. Elle se contente d'en donner à certains qui n'en avaient pas. "Et les enfants ?" rétorque-t-on souvent avec ce slogan bêtasson "un papa, une maman". Je réponds que c'est oublier la réalité. Dans notre société, tous les enfants n'ont pas le droit à un père et une mère, et s'en accommodent très bien la plupart du temps. Dans notre histoire passée, il y a toujours eu une part importante de la population qui naissait bâtarde, de filles-mères car non mariées, sur qui régnait l'opprobre, car il leur manquait l'institution du mariage. Or, les détracteurs de la loi semblent oublier complètement cet aspect. Enfin, ils s'abritent, au nom de la religion, derrière l'idée de constante anthropologique, d'une nature des choses qui serait celle que Dieu a voulue. Or c'est totalement faux. L'ordre social a toujours été créé par l'esprit humain et correspondu à des impératifs qui étaient ceux d'un moment donné, avec ensuite transmission d'institutions au long cours. Dont le mariage.
  • Que dire de ceux qui crient à la disparition d'un ordre naturel ?
  • Il n'y a pas d'ordre naturel des choses. Le dieu des religions révélées est apparu il y a 8 000 ans dans notre histoire, ce qui n'est rien du tout par rapport à l'ancienneté du modèle de pensée qui existait déjà. Celui-ci a simplement été parachevé par l'introduction d'un dieu jaloux, intolérant, violent, incapable d'accepter la différence, la concurrence. Et qui a introduit un frein supplémentaire, pour les femmes notamment, qui est la notion de péché. Si vous ne faites pas ce que la nature vous dicte, relayant ce que Dieu a voulu, c'est-à-dire des enfants au sein du mariage reconnu par la société, eh bien vous péchez. Or, il se trouve qu'une bonne partie de la population ne pense pas comme ça et qu'il n'y a aucune raison de vouloir lui imposer, au nom de notre culture passée, un modèle qui n'a jamais été complètement respecté.
  • Comment expliquez-vous cette tendance humaine à penser que l'ordre dans lequel nous vivons est immuable ?
  • Il faut bien distinguer l'ordre social de l'ordre moral. L'ordre moral, c'est celui qui est ajouté pour nous faire croire que l'ordre social que l'on connaît est le seul juste. Or, l'ordre social change sous les actions et les volontés populaires. Mais depuis les origines, un seul modèle a existé : celui de la valeur différentielle des sexes, qui est fondé sur la domination du sexe masculin sur le sexe féminin. Et toutes les sociétés ont dérivé de ce modèle originel.
  • Comment s'est-il imposé à l'esprit humain ?
  • Par le fait que les hommes ne font pas leurs fils avec leur propre corps. Alors que les femmes, elles, font des filles et des fils. Pourquoi font-elles les fils et pas les hommes ? Parce qu'elles sont mises à leur disposition pour ça, pardi ! C'est du moins l'explication qui va s'enraciner dans les esprits. Donc les hommes vont s'échanger les femmes entre groupes pour assurer la continuité des lignées. L'instauration du mariage est un épisode de l'histoire de l'humanité qui assoit le modèle en supprimant définitivement à la fois l'inceste et les sexualités différentes qui étaient jusque-là autorisés. L'homosexualité ne menait pas à la reproduction sociale attendue. Mais il se trouve qu'on était à l'époque 300 000 sur terre, qu'il fallait assurer le lien et la paix sociale par des contrats, qu'on avait alors tout à créer. Mais maintenant que nous sommes 7 milliards ? Avons-nous encore besoin que les hommes échangent leurs soeurs entre eux pour fonder la société ? Nous ne vivons plus avec des arcs et des flèches ! Je ne dis pas qu'on ne puisse pas conserver l'institution du mariage pour partie, mais je pense qu'on peut parfaitement l'adapter. C'est le propre de l'esprit humain de changer.
  • On vit donc un moment historique ?
  • N'y voyons pas non plus une révolution brutale qui s'accomplit sous nos yeux en quelques dizaines d'années... Le mouvement a commencé progressivement avec les réflexions sur l'égalité entre les sexes au XVIIe siècle et s'est accru fortement avec les suffragettes aux XIXe et XXe siècles. Mais cette ère de changement nous conduit en effet inéluctablement vers un nouveau modèle bâti sur un autre rapport des sexes, qui impliquera nécessairement de nouvelles normes familiales. Lorsqu'on regarde ce qui se passe à l'étranger, on peut trouver que les rythmes d'adaptation sont bien différents. Mais à l'échelle de l'humanité, c'est la même période.
  • Que pensez-vous du mot "mariage" dans "mariage pour tous" ? Qu'est-ce que le mariage pour une anthropologue comme vous ?mariage bible
  • Le mariage n'a rien de sacré. C'est un contrat, qui est devenu dans notre esprit un contrat fondé sur l'intérêt collectif à unir deux groupes par l'intermédiaire de deux personnes. Et maintenant, sans même s'en rendre compte, ceux qui veulent à tout prix le protéger parlent de tout autre chose. Ils parlent d'un mariage fondé non plus sur l'intérêt collectif, mais sur l'amour, le penchant, le désir individuel, et qui n'a plus ce caractère fondateur du social. Les liens qui nous lient entre nous sont désormais garantis par l'État.
  • Même si PMA et GPA ont été retirées de la loi, celle-ci ne constitue-t-elle pas une étape vers ces pratiques ?
  • On raccorde au "mariage pour tous" les techniques de procréation parce qu'il va de soi que le rapport entre deux personnes de même sexe est improductif. Mais la possibilité d'accéder à ces techniques ne découle pas du mariage... Il y avait néanmoins deux grands manques dans le modèle archaïque dominant. D'abord, l'impossibilité de connaître à l'avance le sexe de l'enfant et s'exposer à avoir une ribambelle de filles avant le fils tant espéré. Ensuite, l'incertitude de la paternité. Car, à moins d'enfermer la femme, nul ne peut être certain que son conjoint est bien le géniteur des enfants qu'il a élevés. Aujourd'hui, il suffirait d'un pas pour qu'on puisse trier les embryons et choisir le sexe de l'enfant. Nous sommes donc en face de techniques modernes qu'on nous présente comme vouées à la satisfaction des besoins et des désirs féminins, alors qu'en fait, elles ne font que parachever ce que le modèle avait d'inachevé. Il faudra donc être vigilant. Les nouvelles techniques peuvent être inquiétantes si on ne les maîtrise pas dans le bon sens. Attention, je ne dis pas que je comprends les craintes "morales" de certains réfractaires. Je fais simplement état d'un risque anthropologique.
  • Et en ce qui concerne la GPA ?
  • Encore plus, évidemment. Car la notion de maternité éclate. À supposer qu'il ait fallu un ovule, donné par une donneuse, fécondé par le sperme du conjoint, on le replace ensuite dans l'utérus d'une mère porteuse, qui va accoucher et sera, du coup, considérée comme la mère, le bébé sera ensuite pris en charge par des nourrices et, enfin, par cette mère du couple social qui prend en charge l'éducation, les soins, l'amour. Donc, vous avez quatre mères potentielles, au moins. Et l'idée juridique classique du père incertain et de la mère certaine bascule totalement.
  • Quelle sera la place du père dans les nouvelles formes de la famille ?
  • Celle qu'il saura se construire. Les femmes auraient sans doute souhaité depuis bien longtemps que les pères aient une place plus grande et une responsabilité plus importante dans l'éducation de leurs enfants. Il se trouve que maintenant, on commence à s'y intéresser... Tant mieux. Les jusqu'au-boutistes vous diront que le rôle du père consiste à décréter ce qui est bien, ce qui est mal, féliciter, réprimander, sans s'occuper du quotidien. Il se trouve que je ne partage pas ce point de vue : un enfant a besoin de trouver autorité et tendresse tant chez sa mère que chez son père.
  • Le modèle du père détenteur de l'autorité et de la mère "purée Mousseline" n'est-il pas une image d'Épinal ? C'est un peu simpliste...
  • C'est exactement comme lorsqu'on vous dit que les enfants étaient bien meilleurs à l'école avant. Si je prends l'exemple de mon propre père, je me dis qu'il était bien plus impliqué que certains pères d'aujourd'hui dans notre éducation, ce qui peut surprendre pour un homme de son époque. Bref, tout n'est pas si tranché. C'est bien pour cela que le rôle du père reste à inventer.
  • Dans l'histoire de l'humanité, y a-t-il des exemples de mariage homosexuel ?
  • Il y a une cinquantaine d'années, les ethnologues faisaient état, chez les Nuer du Soudan, de mariages entre femmes, où l'une d'entre elles était considérée comme un homme. Elle va rentrer dans ce mariage en tant que mari et père des enfants qui seront engendrés par un serviteur. Il existe également des exemples de relations homosexuées, qui ne sont pas à proprement parler des mariages mais qui sont néanmoins reconnues institutionnellement. Dans les sociétés indiennes d'Amérique du Nord, où certains hommes ne peuvent pas se marier jeunes, car ils n'ont pas les moyens (le statut social, l'entregent..), ils peuvent vivre en attendant, de façon officielle et acceptée de tous, avec un transsexuel ou un travesti. C'est ce que les colons français ont appelé d'un terme négatif, les berdaches.
  • Vous avez souvent expliqué à quel point le masculin et le féminin structuraient notre pensée. Comment un enfant se construit-il avec deux pères ou deux mères ?
  • Il ne faut jamais perdre de vue l'incroyable plasticité de l'enfant et des sociétés humaines. La norme de l'enfant, c'est ce qu'il vit. Le problème naît lorsque ce qu'il vit est rejeté par le reste de la société. Or, si sa situation est acceptée, ce type de problème n'existe pas. Tous les individus possèdent en puissance la totalité des qualités qui garantiront à l'enfant une bonne éducation.
  • Que pensez-vous de l'action des Femen ? femen mariage gay 4
  • Elles m'intéressent beaucoup. D'une part, parce que toutes les actions, non violentes, sont bonnes à prendre. Mais également car elles renvoient à des usages extrêmement intéressants qui ont lieu dans des sociétés africaines que l'on considère comme primitives. Il s'agit de femmes, parfois âgées ou aux seins tombants, qui, pour protester contre l'action de certains hommes, se rassemblent et se mettent nues, dévoilant leur poitrine et leur sexe devant les hommes horrifiés. Généralement, les hommes cèdent et le vivent comme une grande malédiction. C'est l'arme de la nudité. Elles montrent en quelque sorte aux hommes qu'ils ne seraient pas là si elles ne les avaient pas mis au monde. Elles semblent dire : "voyez d'où vous sortez". Or, les hommes ont beau révérer la mère, il y a une chose dont ils ont horreur, c'est de se dire en voyant les seins et le sexe de leur mère : je suis sorti de ce sexe-là. Les Femen, à leur manière, semblent reproduire cette malédiction.

Propos recueillis par VICTORIA GAIRIN  

 

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 Francoise Héritier, l'invitée de l’émission spéciale de Mediapart sur le « mariage pour tous ».


24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 01:07

 

 

 

Ce sketch est une fine analyse psychologique de la personnalité de Frigide Barjot, il dévoile ses motivations profondes et les raisons de ses agitations actuelles. :~)

Dans le rôle de la petite Virginie alias Frigide en 1968 - Antonia de Rendinger; les rôles de ses parents sont tenus avec brio par Artus et Sacha Judaszko; la nounou de Chez Michou est interprétée par Donel Jack’sman; et enfin, le clou du spectacle - le Christ est incarné par Florent Peyre.

 

*
Frigide Barjot lamentablement kitchissime, inécoutable et surtout pas très catholique …


*

Maintenant, Frigide Barjot écrit un livre sur Jésus (Florent Peyre, quoi), et ses enfants restent, comme le temps de folles nuits parisiennes, sans papa et sans maman. Ah! pardon, ils voient la Vierge Frigide dimanche à l’église. Alléluia!

Merci à PhDams pour la dernière vidéo.


17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 22:50

 

Encore un peu plus de violence et de porno pour vos ados ?

( In memoriam, Rehtaeh Parsons )

 

« Les ouvriers préfèrent regarder la télé plutôt que de lire Dante : c’est de leur faute, qu’ils ne s’en     prennent qu’à eux-mêmes. » -  George Steiner   

« La télévision abrutit les gens cultivés et cultive ceux qui mènent une vie abrutissante. » 

Umberto Ecco   

« Je suis sur le WWW ». -  Luka Rocco Magnotta   

Exit la grande culture !

 

C’est bien connu, tous les George Steiner et autres Umberto Ecco de ce monde sont de fieffés élitistes ! Ne manque plus que les sombres prédictions de l’antique Cassandre, fille de Priam (roi de Troie) et d’Hécube, flanquée d’une réincarnation contemporaine, disons, au hasard, Alain Finkielkrault qui, sur France-Culture, administre de péremptoires imprécations sur l’inéluctable et imminent déclin de la civilisation occidentale. Rien de moins, dames et sieurs.

internet-trash-tv.jpgCela dit, ne nous arrive-t-il pas de lire des livres intellectuellement indigents, mais fort distrayants ; de prendre plaisir à des articles de journaux et de magazines à scandales traitant de sujets sulfureux de l’heure aux antipodes de nos valeurs et de nos goûts (sic), de payer pour des blockbusters  totalement insignifiants ; de ne jamais rater « l’essentiel » de l’émission de télévision qu’on dénigre ; de se perdre sur les liens www qui ne mènent nulle part ; de cliquer sur des sites pornographiques aussi amoraux qu’immoraux, on en passe et des meilleurs... juste pour passer le temps ! Il arrive même qu’on s’y adonne sans éprouver la moindre légère morsure du plaisir coupable. Il arrive aussi, dit-on, que nos divertissements culturels les plus « bas de gamme » (le sport, les séries américaines, les émissions d’humour, de recettes de cuisine, etc.), c’est le côté solaire de l’affaire, ne laissent aucune imprégnation morale négative et perceptible. So what !

 

Zeitgeist ?

 

So what  ? À moins d’y être « accro ». À moins d’être intoxiqué à la substantifique substance auditive et visuelle, comme semble l’être un peuple planétaire, exponentiel, composé d’ados et d’adultenfants, autant de maillons anonymes d’une chaîne culturelle mainstream, faite de bric et de broc, surtout de toc, vile à ses heures, mais néanmoins mondialisée.

Quid  ? D’humains que l’on croise dans toutes les mégapoles d’Europe et d’Amérique, jusque y compris dans de bucoliques bocages et autres campagnes westerns les plus reculées. Quid  ? De junkies emmurés dans des jeux vidéos, de fans de musique d’avant-garde qui « brassent la cage ». Quid  ? D’hypnotisés consentants de l’écran. Du grand comme des petits, de plus en plus nombreux et performants.

sous-culture ma-bulleUne description impressionniste des sujets en question ? Réponse : absents aux autres — et à eux-mêmes, inévitablement — fils pendant de façon ridicule un peu partout, branchés aux derniers bidules stevejobiens avec écouteurs hors de prix (design Philippe Starck !) greffés à deux organes encore appelés « oreilles » d’homo sapiens, ces mutants ne sortent pour ainsi dire plus de la bulle autistique savamment créée par les nouveaux sons numériques, les dernières images HD, ô combien représentatives de cette fascinante « époque de la reproductibilité technique », dirait le philosophe allemand Walter Benjamin. Zeitgeist  ? Esprit du temps  ?

 

« Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver »

 

Ces produits de grande consommation que d’aucuns peine à qualifier de « culturels » tant ils empestent le fric facile, le mercantilisme peccamineux et la quête aussi classique que narcissique de la célébrité instantanée (ce fameux quinze minutes de célébrité mondiale warholien, volontiers trash, avec la sousculture Nabshampallopunk attitude dorénavant valorisée, du Bobo germanopratin ou new-yorkais à Monsieur et madame Tout le Monde) représentent-ils ces artefacts de la décadence ambiante que la droite religieuse américaine dénomme « nouveaux vecteurs de la sous-culture de masse : Porn For Teens (porno pour ados) qui les rendraient presque tous, au grand dam des parents et des éducateurs So Sexy So Soon  ? (Diane E. Levin, et Jean Kilbourne, Random House, 2009). L’hypersexualisation des jeunes, « ce cheval de Troie de l’industrie pornographique  ! », rajoutent les plus conservateurs en croisade. Ils exagèrent , direz-vous, aveuglés qu’ils sont par tant et tant d’interprétations de lectures fondamentalistes de la Bible.

 

Une sous-culture cucul du cul qui tue ?

 

Nonobstant les scories argumentatives, prêtons l’oreille et résumons leurs « délires » chrétiens. Quels modèles proposerait-on à nos jeunes  ?, s’interrogent-ils. Des corps tatoués à l’extrême, nouveau marqueur identitaire trouble et pandémique, une esthétique vestimentaire XXX banalisée avec ses accessoires tendance S/M, des vedettes du show-bizz friands d’excès en tout genre, des quidams désinhibés qui filment leurs copulations intimes et les distribuent gratuitement, pour l’éternité, sur YouPorn, de grands distributeurs Internet qui s’en font le relais tarifé. Que d’exagérations, que d’enflures, chers « moralinateurs », sous-produits des vieux moralisateurs chrétiens !, aurait pu rétorquer Nietzsche. 

internet mortellementvotre.Avez-vous entendu parler de cette histoire d’horreur qui bouleverse tout le Canada en ce splendide mois d’avril 2013 ? Une jeune, belle et brillante étudiante, 17 ans, Rehtaeh Parsons, de Halifax (Nouvelle-Écosse), a été violée par quatre garçons de 15-16 ans qui, par la suite, diffusèrent les clichés de leur crime dans les réseaux sociaux. Rehtaeh raconte tout à ses parents. Ils portent plainte à la RCMP — la Gendarmerie royale du Canada (la légendaire « Police montée » canadienne) qui estime ne pas avoir suffisamment de preuves crédibles permettant des poursuites. Fin des procédures judiciaires. Pas vus, pas pris, nos agresseurs poursuivent leur "hilarant" harcèlement en réseaux. Intimidée à répétition sur le Web par le funeste quatuor, stigmatisée, isolée dans son école, objet de rumeurs salaces, de quolibets sans noms et d’insultes indignes, épuisée par tant de haine, elle s’enlève la vie.

Paix à toi, Rehtaeh Parsons, et à tes parents.

 

Serge Provost, professeur de philosophie
   

     

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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