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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 18:23

 

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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24/ UNE LESBIENNE INAUTHENTIQUE - 23.08.2012

Simone de Beauvoir et « Le deuxième sexe » 

- un portrait d’une lesbienne inauthentique 

- « Le deuxième sexe » - un grand livre!

 

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La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~) 

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).

  

 SYNOPSIS


1/. L’ENFER, C’EST LE MALE

a) Toute intersubjectivité est violente  · Y compris la sexualité  · Assujettissement violent  · Appropriation agressive  · Domination masculine/servitude féminine

b) L’homme veut la délivrance après le rut  · La femme, une satisfaction subtile et mentale

c) Toute pénétration est présentée comme un viol (II.131).  · Elle enferme l’homme dans un paradoxe :  - Soit il est brutal, incompétent : D’où la frigidité de la femme  - Soit il est habile, fait jouir sa partenaire : Alors il la domine, en fait sa chose...

d) Ontologiquement condamné à mort :  · Le mâle n’a le choix qu’entre :  - Le viol brutal  - Le viol habile.


2/. L’INTERSUBJECTIVITE SEXUELLE IDEALE

a) « Une réciproque générosité de corps et d’âme » (II.168)  · Quid de l’âme chez cette athée ?

b) Elle supposerait « désir et respect » (II.167)  · Amour et délicatesse  · Un érotisme moins soucieux de performance physique  - que de voluptés construites à deux  · Une conscience de l’union des corps dans leur séparation  · Une chair convoitée comme liberté reconnue  · Une reconnaissance réciproque dans laquelle « l’altérité n’a plus un caractère hostile » (II.167).

c) Ces conditions sont réunies dans le lesbianisme  · Elle le connaîtra  · Elle niera l’avoir connu.


conf 2012 simone de beauvoir et femme nue


3/. LA HAINE DU CORPS

a) Lesbienne inauthentique = homosexuelle honteuse

b) Parle de « la misère originelle d’être corps » (I.114).

c) Chair féminine décrite du foetus au tombeau :  · La matrice est un tombeau  · L’embryon y est glaireux  - Ressemble à une « gélatine tremblante »  - Manifeste « la molle viscosité des charognes » (I.239)  · Découverte des menstruations : « Cette odeur fade et croupie qui monte d’elle-même – odeur de marécage, de violettes fanées » (II.64).  · Les sécrétions sexuelles :  - « Si la chair suinte – comme suinte un vieux mur ou un cadavre – il semble non qu’elle émette du liquide mais qu’elle se liquéfie : c’est un processus de décomposition qui fait horreur. Le rut féminin, c’est la molle palpitation d’un coquillage » (II.148).  - File la métaphore du marécage dans lequel on s’enlise  - La femme « guette comme une plante carnivore, le marécage où insectes et enfants s’enlisent ; elle est succion, ventouse, humeuse (Michel Onfray : qui a le caractère de l’humus), elle est poix et glu, un appel immobile, insinuant et visqueux » (II.148).  · Les femmes souffrent de salpingites, de fausses métrites  - Leurs muqueuses utérines sont saturées « de corps jaunes » (I.67).  · A la ménopause, la graisse envahit le corps (I.68).

d) Démarque les conceptions sartriennes du corps et de la chair :  · Dans L’être et le néant, la chair est :  - Facticité, contingence, pure facticité  - Glaireux, poisseux, visqueux, mou, gluant  - Parle du contenu flasque d’un coquillage

e) La cérémonie des adieux :  · Sartre parle de « la vraie vie (sic) où on n’a pas besoin d’un corps » (520).

f) Sartre & Beauvoir : deux grands cerveaux encombrés par leurs corps  · Maltraités avec : tabac, amphétamines, alcool, nuits courtes, hygiène défaillante...


conf 2012 beauvoir sarter sylvie le bon 1977


4/. SARTRE ET BEAUVOIR : « UNE FRATERNITE ABSOLUE »

a) Relation cérébrale torride...

b) Rencontre à l’été 1929 au jardin du Luxembourg  · Mémoires d’une jeune fille rangée :  · Elle défend sa « morale pluraliste » pendant 3 heures  · Sartre bataille contre elle (cf. Lutte des consciences de soi opposées)  · « C’était la première fois de ma vie que je me sentais intellectuellement dominée par quelqu’un ».  · Parlant de Sartre : « Je me mesurais à lui et dans nos discussions je ne faisais pas le poids » (488)  · Prétend qu’elle n’est pas faite pour la création philosophique  · Qu’elle laisse à Sartre  · Ecrit qu’elle se met au service de Sartre dans son projet de devenir célèbre.

c) Passe l’agrégation  · Le jury hésite devant la jeunesse de Beauvoir

d) Gandillac : ne peuvent choisir ex-aequo  · Préfèrent le mâle normalien...  · Juin 1998, Gandillac : « La » philosophe, c’était elle,  · Mais « elle a accepté que le grand homme, le philosophe, ce soit lui » (Sartre) (Galster, 28).  · Ajoute que Sartre et Beauvoir eurent une relation de travail :  · « Je crois qu’en fin de compte son oeuvre à lui était pour eux la chose la plus importante ».  · 2 ans 1/2 plus jeune que Sartre, elle est classée 2ème  · L’un des 3 sujets : « Liberté et contingence »  · L’un et l’autre n’ont cessé, leur vie durant, de répondre à cette question

e) Le père de Beauvoir lui avait dit : « tu as un cerveau d’homme »  · Elle s’évertua sa vie durant à lui donner raison  · Sa relation avec Sartre est placée sous le signe du cerveau

f) Lettre à Nelson Algren :   « J’avais 22 ans et lui 25, je lui donnai avec enthousiasme ma vie et moi-même. Il fut le premier homme avec lequel je couchai, aucun auparavant ne m’avait même embrassée. Depuis longtemps nos existences se confondent, et je vous ai dit déjà à quel point je suis liée à lui, par un amour cependant qui se rapprocherait plutôt d’une fraternité absolue  – sexuellement, ce ne fut pas une parfaite réussite, essentiellement à cause de lui, il n’est pas passionné par la sexualité. C’est un homme chaleureux, vivant, en tout sauf au lit. J’en eus vite l’intuition, malgré mon manque d’expérience, et peu à peu, ça nous a paru inutile, voire indécent de continuer à coucher ensemble. Nous abandonnâmes au bout d’à peu près huit ou dix ans peu couronnés de succès dans ce domaine » (Lettres à Nelson Algren, 218).

g) La cérémonie des adieux :  · Sartre : « J’étais plutôt un masturbateur de femmes qu’un coïteur » (385).  · Indifférent à la relation sexuelle  · Avoue n’y prendre qu’un petit plaisir  · Jamais d’orgasmes dignes de ce nom  · Ignore ce que signifie s’abandonner

h) Décembre 1970, à propos de Beauvoir, Sartre dit à Gerassi : « Elle couchait avec Maheu, mais c’est nos esprits qui avaient de vrais rapports. Nous sommes tombés amoureux de notre intuition réciproque, de notre imagination, de notre créativité, nos perceptions » (Gerassi, 72).

i) Le couple fut donc un couple de papier  · Les amours nécessaires : le cerveau de deux agrégés  · Les amours contingentes : le reste du corps, chacun dans leurs coins libidineux.


5/. L’HETEROSEXUALITE EST VIOLENCE

a) A Algren (dimanche 8 août 1948) :  · « Sartre et Bost mis à part, j’ai, trois fois dans ma vie, passé une seule nuit avec des hommes » (219)  · Soit 6 hommes dans une vie de femme de 40 ans  · Voilà l’expérience sexuelle de la femme qui publie Le deuxième sexe.

b) Pense l’hétérosexualité sur le mode de la violence :  · Que veut l’homme avec la femme ? La dominer.  · L’amant avec sa partenaire ? La pénétrer, la violenter.  · Le mari avec sa femme ? L’asservir, la chosifier.  · Le mâle avec la femelle ? La posséder.  · Le fiancé avec sa promise ? La circonvenir.  · L’époux avec son épouse ? La tromper.

c) Que veulent, en matière de relation sexuée :  · La mère avec l’enfant ? Le dominer, l’assujettir.  · La mère et sa fille ? La « mater » (II.334).  · La belle-mère et sa bru ? La court-circuiter (II.414).  · La mère ménopausée avec son fils ? Le cannibaliser (II.410).  · Seule l’homosexualité féminine échappe à cette logique belliqueuse.

d) Un chapitre consacré à « La lesbienne » dans Le deuxième sexe

conf 2012 Simone de Beauvoir, 1952 miroirChapitre osé en 1948  · Une lesbienne est normalement constituée  · Pas de dérèglement hormonal  · Pas de malformation congénitale  · N’est pas un hermaphrodite  · Pas de déterminisme psychique  · Critique :  A. Les thèses freudiennes :  - Absence de pénis  B. Les thèses adlériennes :  - L’infériorité d’organe  - Négation de la mutilation  - Affirmation compensatoire d’une virilité  · Contre l’existentialisme, elle écrit :  - « Si l’on invoque la nature, on peut dire que naturellement toute femme est homosexuelle » (II.173).  - Car elle se veut sujet alors que la culture masculine les construit comme objets  - Cette tension entre son désir subjectif et le pouvoir objectivant des hommes se trouve résolue dans l’homosexualité où sa partenaire femme ne lui demande pas d’être objet  - Mais sujet

e) Le lesbianisme : la seule façon d’échapper à la lutte des consciences de soi opposées  · Pour les femmes, c’est « avec (l’homosexualité) que les rapports sont libres, gratuits, qu’ils peuvent donc être voulus » (II.385)  · Dans le lit où sont deux femmes il n’y a pas domination/servitude  · Mais projet, choix, vouloir libre, authenticité  · Comme dans l’existentialisme, et avec lui, par lui  · Le lesbianisme est un humanisme

f) Le lesbianisme :  · Assomption et non refus de la féminité  · Refus de la passivité imposée par l’homme  · Choix de l’activité fondatrice de subjectivité  · Abolit la séparation  · S’exerce dans une configuration amoureuse et libidinale qui exclut la lutte, la violence, la victoire ou la défaite  · Vit de l’exacte réciprocité, chacun étant alternativement sujet et objet, souveraine et esclave  · Orgueil de n’obéir à aucun maître  · Se pratique en dehors de l’institution, contre elle-même,  · Dès lors, il est plus sincère que l’hétérosexualité  · Dure bien après la période sexuelle qui, dans l’hétérosexualité, marque la fin de l’histoire.

g) Le lesbianisme :  · Un moment naturel dans le développement des femmes  · La jeune fille redoute :  - La pénétration du mâle,  - La domination masculine,  - Le corps des hommes  - Les assauts de la virilité  · Elle se sent naturellement portée vers une relation avec sa semblable qui ne lui infligera aucun dommage :  · « En presque toute jeune fille, avons-nous dit, il y a des tendances homosexuelles : les étreintes souvent maladroites du mari ne les effacent pas ; de là vient cette douceur sensuelle que la femme connaît auprès de ses semblables et qui n’a pas d’équivalent chez les hommes » (II.362).  · Hétérosexualité = viol : « C’est par le vagin que la femme est pénétrée et fécondée ; il ne devient un centre érotique que par l’intervention du mâle et celle-ci constitue toujours (sic) une sorte de viol » (II.131)  · Lesbianisme = bonheur : « Entre femmes, l’amour est contemplation » (II.184).

 

6/. UNE DENEGATION PERMANENTE

· Beauvoir célèbre théoriquement le lesbianisme  · Mais refuse toute sa vie de dire qu’elle l’a été

1. Septembre 1966, entretien au Japon  · Interrogation sur les progrès de l’homosexualité dans le monde  · Asabuki Tomiko pour un mensuel de jeunes filles « Mademoiselle » :  · L’homosexualité : une simple perversion ? Ou non ?  · « Vous me posez une question difficile à laquelle je ne peux répondre pour l’instant. Pour le faire il faudrait se livrer à des recherches en profondeur, tant sociologiques que psychologiques. Il est sûr que l’homosexualité est une perversion de la nature humaine, mais sa progression résulte sans doute de causes plus profondes ».  · Sartre est surpris  · Or Beauvoir a souvent pris position sans se documenter  · Elle a travaillé sur ce sujet

2. Septembre 1982, Alice Schwarzer :  · « Lorsque vous évoquez votre sexualité, il n’est jamais question que d’hommes. Vous n’avez jamais eu de relations amoureuses avec une femme ? ».  · Réponse de Simone de Beauvoir qui, à cette époque, vit avec Sylvie Le Bon :  · « Non, jamais. J’ai toujours eu de très grandes amitiés avec les femmes. Très tendres, parfois même avec une tendresse caressante. Mais ça n’a jamais éveillé en moi de passion érotique » (118).

3. Le 7 mars 1986, Deirdre Bair aborde franchement la question.  · Réponse de Beauvoir :  · « C’est exact, j’embrasse les femmes sur la bouche. Je les serre contre moi et parfois nous nous caressons les seins. Mais il ne se passe jamais rien plus bas ».  · Sa biographe lui demande ce qu’elle entend par plus bas : « Elle m’expliqua, avec bien des circonvolutions, des ambiguïtés, en rougissant beaucoup et en bégayant, que, puisqu’elle affirmait n’avoir aucune activité génitale avec les femmes, personne ne pouvait la qualifier de lesbienne. La suite de la conversation fit apparaître qu’elle conservait les idées de son milieu en matière de sexualité, vestiges de son éducation catholique rigide. Elle estimait, reconnut-elle, que toute activité sexuelle autre que la « position du missionnaire » était « perverse », et que, même si elle s’y était parfois livrée, ce n’avait jamais été avec des femmes, et voilà pourquoi, répéta-t-elle plusieurs fois avec véhémence (sic), on ne pouvait la qualifier de lesbienne ».  · Pour ce que nous savons, excluons Zaza faute de preuves, il y eut :  · Olga Kosakievicz, Bianca Lamblin, Nathalie Sorokine, Natacha Moffat, Sylvie Le Bon, « et plusieurs autres femmes » (Bair, 802).

4. Bianca Lamblin, Mémoires d’une jeune fille dérangée  a) Relations entre Beauvoir, son professeur, et elle, son élève (17 ans)  · Entre mars 1938 et février 1040.  b) Beauvoir ne connaît pas la retenue au lit :  · « Nous avions peu à peu renouvelé nos rapports physiques, qui me donnaient beaucoup de plaisir et me captivaient. Elle avait, contrairement à Sartre, une capacité d’abandon réconfortante » (59).  · Lamblin écrit après que Beauvoir et Deirdre Bair aient publiés des textes qui la mettaient en cause  c) Juin 43, la mère de Bianca porte plainte  · Relation orageuse  · Echangent des coups  · Beauvoir l’implique dans un trio avec Sartre, puis la jette  d) Cette histoire de détournement de mineur lui vaut une radiation par Vichy  · Radiation qui devient fait de résistance sous sa plume  e) À propos de ses élèves qui tombaient amoureuses d’elle au lycée, elle écrit : « Ce qui ne m’a pas toujours déplu, trois ou quatre fois même je me suis laissé prendre au point d’en arriver à me conduire très (sic) mal ; il en a découlé des histoires infinies car si pour moi c’était plaisant, mais sans véritable importance, pour ces filles, au moins pendant un temps, ça en avait une considérable, et je devais les manier avec précaution » (Lettres à Nelson Algren, 142).


conf 2012 beauvoir tous les âges


CONCLUSION GENERALE :

LE DEUXIEME SEXE : UN GRAND LIVRE

1. Un grand livre :  a) Excellence de la phénoménologie de la condition féminine  b) Description juste de l’aliénation des femmes par les hommes  c) Terrible démontage des mécanismes de la domination masculine  d) Description de la vie mutilée que notre civilisation offre sans autre choix aux femmes  e) Négation de l’existence d’un instinct maternel  f) Affirmation que les femmes ne se déterminent pas par la seule maternité  g) Dissociation de l’amour, de la sexualité, de la procréation, de la cohabitation  h) Invitation à ce que chacun crée sa formule  i) Théorie de la réappropriation de leur corps avec la contraception et l’avortement  j) L’homosexualité l’une des modalités possibles de l’intersubjectivité sexuée et sexuelle en dehors de toute morale  k) Les effets induits dans la vie de millions de femmes au quotidien  l) Ce livre reste un Traité du combat pour les femmes menacées par toutes sortes d’idéologies – entre autres, le capitalisme

2. Contre le judéo-christianisme :  · Les femmes, les épouses, les mères

3. Pour le marxisme :  · « C’est de la révolution que viendra l’émancipation des femmes » (II.214).  · Et non d’un féminisme séparé des luttes sociales  · Lucide, elle voit dans l’URSS un double mouvement :  A. La révolution de 1917 : progrès  - Légalisation de l’avortement  - Simplification de la contraception,  - Politique d’éducation sexuelle  - Facilitation du divorce  B. Tournant réactionnaire après-guerre :  - A cause de la démographie  - Retour à la femme épouse et mère  - Production d’enfants en quantité pour grandeur et prospérité du pays du socialisme réel

4. Contre l’islam : une religion fondamentalement misogyne : « La religion qui s’est créée au moment où le peuple arabe était guerrier et conquérant a affiché pour la femme le plus total mépris. « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu leur a donné la prééminence et aussi parce qu’ils dotent les femmes », dit le Koran ; elle n’a jamais détenu ni pouvoir réel ni prestige mystique » (I.136).   · Contre le voile  · Contre le travail manuel des femmes  · Contre leur soumission aux hommes  · Contre leur réduction à la cuisinière, au tissage, aux enfants  · Contre leur mise à l’écart du monde que les mâles se réservent.  · La civilisation préislamique des Bédouines a donné aux femmes une place nettement plus importante que le Koran (I.119).  · Critique dans Tout compte fait (1972) de ce que l’islam a fait de l’Algérie

5. Ni capitalisme, ni soviétisme, ni islam  · Mais laïcité : égalité dans la différence  · Faire renaître la « fraternité » (II.573) entre les deux sexes  · Table sur une « évolution progressive » (II.570)  · En mai 1981, elle appelle à voter Mitterrand...

6. En dehors de toute construction sociale :  · Il existe deux mondes sensibles érotiques, sensuels, sexuels  · Maintenir « les différences dans l’égalité » (II.576)

7. Son couple fut un essai non réussi d’intersubjectivité sexuée et sexuelle postchrétienne  · On peut se focaliser sur l’échec  · Ou interroger les raisons de cet insuccès  · Et saluer l’essai  · Nul n’est tenu de réussir tout ce qu’il entreprend  · Leur couple morganatique est le produit de leur temps  · Ils nous montrent ce qu’il ne faut pas faire  · Une autre façon de nous montrer ce qu’il faut faire...


BIBLIOGRAPHIE

  • Francis Jeanson, Simone de Beauvoir ou l'entreprise de vivre, Seuil
  • Catherine Rodgers, Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Un héritage admiré et controversé, L'Harmattan
  • Michel Kail, Simone de Beauvoir philosophe, puf
  • Jacques J. Zephir, Le néo-féminisme de Simone de Beauvoir, Denoël/Gonthier
  • Simone de Beauvoir et la lutte des femmes, L'Arc

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Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 



Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa  - anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires

 

22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 16:34

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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23/ DECONSTRUCTION DU DEUXIEME SEXE - 22.08.2012

« Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir

- la confession autobiographique

- les influences de Hegel et de Sartre

- le féminisme : « on ne naît pas féministe on le devient »

- la généalogie de la domination masculine

- la construction d’une aliénation , la phénoménologie de la condition féminine

 

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La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~) 

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).


      SYNOPSIS


1/. NECESSITE D’UNE DECONSTRUCTION EXISTENTIELLE

a) Le Deuxième sexe s’inscrit aussi dans une perspective de défense de l’existentialisme

b) Ouvrage monumental en tout :

c) Volume, format, matériau, citations

d) Malentendu du succès :  · Mal lu, peu lu, pas lu  · Objet hystérique entre les mains des commentateurs

e) Urgence de le lire vraiment  · Proposition d’une déconstruction existentielle :  1. Phénoménologie de la condition féminine d’une rare exactitude  2. Autoportrait à son corps défendant animé par :  - La haine de soi, comme corps, chair, sexe, matière et volupté femelle  - Matériau dispersé d’un portrait d’une lesbienne inauthentique.


beauvoir_le-deuxième_sexe_d'ewa


2/. GENEALOGIE DU DEUXIEME SEXE

a) Après une conversation avec Sartre  · Envie d’écrire, mais manque de sujet  · Lit L’âge d’homme de Leiris  · « En fait, j’avais envie de parler de moi », La force des choses (135)  · Prend des notes, y songe, y rêve  · « Je m’avisai qu’une première question se posait : qu’est-ce que ça avait signifié pour moi d’être une femme ? »  · Conclut que jamais elle n’eut à prendre en considération le fait d’être femme  · Sartre ne souscrit pas à cette hypothèse  · Il l’invite à y regarder de plus près :  · « Je regardai et j’eus une révélation : ce monde était un monde masculin, mon enfance avait été nourrie de mythes forgés par les hommes et je n’y avais pas du tout réagi de la même manière que si j’avais été un garçon. Je fus si intéressée que j’abandonnai le projet d’une confession personnelle pour m’occuper de la condition féminine dans sa généralité » (136). - Beauvoir a 39 ans au début de ce chantier.

b) 41 ans lors de la parution du premier tome  · Se vend à 22.000 exemplaires la première semaine.


3/. UNE AUTOBIOGRAPHIE PHILOSOPHIQUE

a) Contrairement à ce qu’elle dit :  · Beauvoir n’a pas renoncé à la confession autobiographique  · Au profit d’un texte général sur la condition des femmes  · C’est une introspection subjective, personnelle, intime, autobiographique  · Pas seulement des lectures à la Bibliothèque Nationale

b) Nombre de moments autobiographiques se retrouvent dans le livre :

1. L’appréhension problématique du corps de la femme :  · Les Cahiers commencés en 1926 témoignent de sa difficile puberté

2. Les modalités de l’éducation bourgeoise de la petite fille :  · Père : famille de noblesse récente

3. Mère : riche famille de banquier  · La rédaction d’un journal comme repli narcissique :  · Remplit des milliers de pages intimes avant l’âge de vingt ans

4. L’amitié amoureuse avec complicité érotique dans les jeunes années  · La mystérieuse et secrète relation avec Elisabeth Lecoin, Zaza dans l’œuvre

5. L’attente du prince charmant :  · Son cousin Jacques Champigneulle

6. Les règles et les troubles de l’humeur induits :  · Claude Lanzmann signale dans Le lièvre de Patagonie ses sautes d’humeurs avec crises de larmes et d’angoisse

7. Le besoin d’un confesseur, d’un guide, d’un maître :  · Sartre : « A partir de maintenant, je vous prends en main » (Mémoire d’une jeune fille rangée, 473) pour l’aider à préparer l’agrégation

8. L’amour passionné de la nature chez les femmes  · Mystique :  · De la marche en montagne : une quarantaine de kilomètres par jour,  · De la communion avec la nature : environs de Marseille ou en Corse  · Du plaisir pris à se trouver dans l’élément naturel,  · A dix-huit ans :  · « Volontairement je me sentais en communion avec la nature, je plaignais ceux qui ne connaissaient pas les délices de vivre à travers elle » (Cahiers de jeunesse, 65)

9. Le mariage pensé comme une nécessité :  · En 1926, à 18 ans :  · « C’est le plus grand bonheur que je puisse rencontrer dans cette vie » (id. 74)

10. Le lesbianisme présenté comme une configuration libidinale qui exacerbe les scènes de ménage  · La relation orageuse avec Nathalie Sorokine à l’hôtel du Danemark où l’on entendait  « des cris, des menaces, des bruits de dispute, de paroles qui ne laissait aucun doute sur la nature des liens unissant ces deux femmes » (Galster, 103)

11. Le portrait de l’amoureuse :  · Beauvoir et Algren

12. Le refus de la maternité :  · A 19 ans, elle écrit « je dominerai le monde » (Cahiers de jeunesse, 387)  · Projette de tout sacrifier à ce dessein dont la vie de famille  · Désire tout de même une famille et un enfant avec Jacques :  · « Et je rêvais l’après-midi, devant ce petit garçon joufflu et sage qui mit un sou dans la main d’une mendiante, à notre foyer heureux de plus tard où j’apprendrais à nos fils à te ressembler » (id. 262)

13. La dépréciation de la chair et de l’intersubjectivité hétérosexuée,  · Toujours sous le signe domination / servitude  · Alors que l’homosexualité féminine y échappe  · Les modalités de ce lesbianisme inauthentique

14. La célébration de l’indépendance économique comme condition de la libération  · L’agrégation de philosophie  · L’enseignement au lycée

15. L’homosexualité présentée comme naturelle chez les femmes  · Fin des Mémoires d’une jeune fille rangée, évoque la mort de Zaza :  · « J’ai pensé longtemps que j’avais payé ma liberté de sa mort »

16. La dissociation de l’amour et de la sexualité  · Une constante dans son existence

17. La critique du maquillage, de la parure  · Selon Deirdre Bair :  · Beauvoir portrait son turban parce qu’elle ne se lavait pas souvent les cheveux (304)...

18. L’activation des pulsions homosexuelles avec le vieillissement  · Beauvoir vit son dernier quart de siècle avec Sylvie Le Bon...


conf 2012 beauvoir ecrivain

 

4/. SOUS LE SIGNE DE HEGEL ET DE SARTRE

SOUS LE SIGNE HEGELIEN

a) Lutte des consciences de soi opposées

b) Moins la lecture de la Phénoménologie de l’esprit en direct  · Que la lecture de la lecture faite par Sartre :  · L’être et le néant, 3° partie, 3° chapitre :  · Les « Relations concrètes avec autrui »  · Sartre : « Le conflit est le sens originel de l’être pour autrui » (431).

c) Pour Beauvoir, l’intersubjectivité sexuelle est toujours :  · Combat perpétuel  · Volonté d’assujettir et de dominer

d) Hegel est mal connu  · Entre 1933 et 1939, séminaire d’Alexandre Kojève à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes  · Lecture marxisée de Hegel

e) Cours de 1937  · L’élite s’y rend :  · Lacan, Bataille, Caillois, Aron, Paulhan, Klossowski, Jean Wahl, Levinas, Leiris, Koyré, Hippolyte, Merleau-Ponty, Breton, Queneau, Eric Weil...  · Sartre & Beauvoir non  · Mais ils connaissent le livre de Kojève paru en 1948 chez Gallimard,  · Tran Duc Thao en rend compte dans les Temps modernes de septembre 48

f) Dès le début de son livre,  · Beauvoir inscrit la relation hommes / femmes sous le signe de Kojève  · L’intersubjectivité est violente :  · Beauvoir veut découvrir « dans (sic) la conscience elle-même une fondamentale hostilité à l’égard de toute autre conscience ; le sujet ne se pose qu’en s’opposant : il prétend s’affirmer comme l’essentiel et constituer l’autre en inessentiel, en objet » (Le deuxième sexe, I.17).  · La violence est donc dans la conscience

g) Examiner les modalités d’assujettissement de la femme au travers les millénaires  · Généalogie de la domination masculine

SOUS LE SIGNE SARTRIEN

a) « La perspective que nous adoptons, c’est celle de la morale existentialiste » (1.31)  · Facticité et contingence a priori  · Liberté originaire capable de tout  · Engagement dans un projet existentiel  · Responsabilité de soi dans une construction de soi et des autres

b) Si Sartre a raison : « L’existence précède l’essence »  · Alors il n’y a pas d’essence féminine, pas de féminité  · Elle se construit  · D’où le sens de cette phrase : « On ne naît pas femme, on le devient » (II.13).


5/. LE DEUXIEME SEXE N’EST PAS FEMINISTE

a) 2 volumes, 973 pages, un genre de collage de :  · Citations interminables  · Fiches de lecture laborieuses  · Chiffres & statistiques  · Témoignages  · Longs extraits de livres (parfois 5 pages, II.150)  · Notes  · Larges fresques mythologiques, ethnologiques, historiques

b) Ecrit à Algren qu’elle consomme beaucoup d’amphétamines (217, 224, 226, 290).  · Manque de fluidité...

c) Pas féministe en 1949 :  · Dès la troisième phrase du Deuxième sexe :  · « La querelle du féminisme a fait couler assez d’encre, à présent elle est à peu près close : n’en parlons plus » (I.11).  · Plus loin dans l’introduction, elle se démarque des féministes en écrivant à propos de leurs arguments :  · « Bien souvent le souci polémique leur ôte toute valeur » (28)...  · Pas question pour elle de se demander si les femmes sont égales, inférieures ou supérieures aux hommes, là n’est pas le sujet.  · « Nous ne sommes plus comme nos aînées des combattantes ; en gros nous avons gagné la partie » (29).  · Ne rend pas hommage aux combats féministes passés :  · Aucune place aux grandes figures féminines de Sappho à Flora Tristan via Gabrielle Suchon

d) Thèses anti-existentialiste :  · Beauvoir n’a pas fait le féminisme ; mais le féminisme a fait Beauvoir...

e) Via le succès américain  · La polémique venue de toute part : chrétiens, marxistes, communistes  · Le Vatican met le livre à l’index  · Le PCF pratique l’attaque ad hominem  · Les campus américains en font un bréviaire

f) Pas féministe en 1957 :  · La longue marche,  · Un voyage de six semaines, célébration de la Chine de Mao  · Même Sartre confie que cet ouvrage est un collage de documents officiels fournis par le parti communiste chinois...  · Elle inscrit son combat non pas dans le féminisme,  · Mais dans le marxisme-léninisme.

g) Pas féministe en 1963 :  · La force des choses :  · « Je n’ai jamais nourri l’illusion de transformer la condition féminine ; elle dépend de l’avenir du travail dans le monde, elle ne changera sérieusement qu’au prix d’un bouleversement de la production. C’est pourquoi j‘ai évité de m’enfermer dans ce qu’on appelle « le féminisme » » (267)

h) Pas féministe avant Mai 68 :  · Beauvoir pense que le féminisme n’est pas, ni plus, d’actualité  · Le problème des femmes se résoudra par l’appropriation collective des moyens de production...

 

6/. ON NE NAIT PAS FEMINISTE ON LE DEVIENT...

conf 2012 simone-de-beauvoir-sa-table-de-travaila) Après Mai 68 :  · Comprend l’utilité du féminisme pour son projet originaire de célébrité par les lettres

b) Elle peut ainsi augmenter sa visibilité médiatique  · Alors que Mai 68 avait mis Derrida, Deleuze & Guattari, Foucault, Lévi-Strauss, Barthes au devant de la scène,

c) Beauvoir se dit féministe   · Entretiens avec Alice Schwarzer, Simone de Beauvoir aujourd’hui, février 1972 :

d) Promeut son engagement aux côtés des militantes du Mouvement de Libération des Femmes (32)...

e) Les affirmations du Deuxième sexe sur :  · La caducité du féminisme,  · Son aspect inutilement polémique, donc insignifiant,  · Son refus du féminisme au nom de l’ultra-bolchevisme sartrien,  · Laissent la place aux thèses inverses :  1. Le féminisme devient l’avenir et la radicalité militante,  2. La vérité méthodologique du mouvement.

f) Chouette de Minerve emblématique,  · Simone de Beauvoir a toujours eu le sens de l’histoire,  · Mais avec un léger temps de décalage :  · Elle travaille à radio Vichy en 1944,  · Mais elle triomphe en Résistante de 1946,  · Elle célèbre le nationalisme sanglant lors de la Guerre d’Algérie en 1960 dans Djamila Boupacha,  · Mais s’avise en 1972, dans Tout compte fait, que, peut-être, elle n’a pas eu raison sur tout,  · Elle fustige le féminisme dans l’immédiat après-guerre, en 1949,  · Mais elle en fait son futur dans les années 70, après Mai 68...

g) La militante pour l’égalité ontologique entre les hommes et les femmes refuse que les groupes féministes accueillent les hommes et travaillent dans la mixité (Schwarzer, 33).


7/. GENEALOGIE DE LA DOMINATION MASCULINE

a) Un portrait terrible des femmes :  · Cf. chapitre intitulé « Situation et caractère de la femme ».  · Les femmes telles que les hommes les ont faites :  · Prudentes, mesquines, en retard, immorales, utilitaristes, menteuses, comédiennes, intéressées, conservatrices, communautaristes, réactionnaires, naïves, obéissantes, respectueuses, capricieuses, irrationnelles, religieuses, contradictoires, confuses, soumises, négatives, résignées, médiocres, petites, timides, mesquines, paresseuses, frivoles, serviles, indolentes, bavardes, écrivassières, narcissiques, égoïstes, vaniteuses, susceptibles, méchantes, plaintives, manichéennes, odieuses, étourdies, dépensières...  · Ne sont pas cela par nature, mais le sont devenues en y consentant

b) Comment les femmes sont elles devenu ceci ?  · Beauvoir ne nie pas la différence biologique du départ :  · Elle écrit : « La femme est son corps » (I.66)  · A mettre en relation avec : « On ne naît pas femme, on le devient » (II.13).

c) La biologie n’est pas un destin :  · D’où ce paradoxe :  · On naît femme ; mais il faut le devenir...

d) Comme l’existentialisme dit :  · On naît libre ; mais il faut le devenir

e) Beauvoir analyse, reconnaît mais récuse les déterminismes :  · Le déterminisme biologique :  · L’anatomie, les hormones  · Les règles, la ménopause,  · La possibilité de faire des enfants, d’accoucher, d’allaiter  · Le déterminisme de la psychanalyse :  · Beauvoir dénonce les « étranges romans » (I.86) machistes, misogynes et phallocrates de Freud  · Il pense les femmes à partir de lui  · Le manque de pénis  · La fiction du complexe d’Oedipe  · Le complexe de castration  · La théorie des stades  · Le déterminisme du matérialisme historique :  · Les modalités de la propriété n’expliquent pas la domination masculine  · Récuse les thèses de Engels dans L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat

f) Beauvoir convoque Hegel et parle d’« une tendance originelle » (I.100) à la domination de la femme par l’homme dans la conscience  · L’homme domine la femme à cause de sa tendance naturelle à dominer la femme...  · Une thèse contradictoire avec l’existentialisme

g) Convoque l’ethnologie :  · La force physique fait de l’homme l’être des projets :  · Il chasse pour assurer la vie de la tribu  · Il met sa vie en péril  · Il asservit la nature  · Il investit la transcendance  · Il laisse l’immanence aux femmes auxquelles il reste à donner la vie

h) L’homme donne la mort ; la femme, la vie :  · L’homme : le projet, la transcendance, l’action, l’activité  - il est nomade parce que chasseur  · La femme : l’instant, l’immanence, l’immobilité, la passivité  - Elle est sédentaire à cause du foyer  - Elle perpétue le lignage  - Elle maintient le patrimoine dans la tribu  - Dans la logique de la propriété privée, la femme devient chose parmi les choses

i) L’histoire est ensuite une succession de mécanismes d’asservissements :  

 Pendant plus de deux millénaires :  

 1. La misogynie des trois religions monothéistes ;  2. L’antiféminisme agressif de saint Paul ;  3. La construction du christianisme triomphant sur le paulinisme  4. L’obscurantisme de la féodalité médiévale  5. Les grandes et belles individualités de la Renaissance  6. Les progrès de la Révolution française  7. Les utopies des socialismes du XIX° siècle  8. Le rôle contre-révolutionnaire de l’Eglise  9. Les mouvements féministes – dont elle minore l’importance  10. Les régressions fascistes et nationales socialistes  11. L’espoir soviétique léniniste

Et le retour à l’ordre moral en URSS pour des raisons démographiques après-guerre.

j) Les femmes ne sont pas naturellement inférieures  · Mais les hommes ont construit l’infériorité au cours des siècles  · Utilité des mythes pour faire de la femme le grand Autre :  1. Eve, la femme sophistiquée et tentatrice  2. La Sorcière, femme impure aux pouvoirs maléfiques  3. La Vierge et son attrait érotique  4. La Muse et son devenir idole, l’égérie des poètes  5. La Mère et la spiritualisation chrétienne

 

8/. CONSTRUCTION D’UNE ALIENATION

conf 2012 simone-de-beauvoir-une-femme-actuelleComment se construit une femme ?

· Trajet qui va de l’enfant à la grand-mère  · La naissance comme drame :  · Découverte de la solitude, du délaissement, de la finitude, de la séparation  · Sollicite tendresse, affection, amour  · L’adulte est le dieu que l’enfant sollicite  · Le petit garçon peut jouer avec son pénis qui incarne la transcendance, la souveraineté orgueilleuse du mâle  · Avec ce « jouet naturel » (II.25) il peut uriner debout  · La petite fille ne peut s’identifier à cette partie saillante  · Elle investit alors dans la poupée  · L’adulte propose à la petite fille un destin qui lui vient de l’extérieur  · La passivité peut se développer alors  · La petite fille devient narcissique, se replie sur elle  · Sa littérature la confine dans les tâches ménagères  · Ecriture sociale d’un trajet :  · La découverte de la sexualité :  · La puberté,  · Le fardeau des règles,  · Les troubles de l’humeur,  · Le surgissement des seins,  · La naissance des formes,  · La relation trouble à l’alimentation entre anorexie et boulimie,  · Les mutilations,  · Les crises nerveuses,  · La saisie de soi comme proie pour des hommes qui la prendront,  · L’attente de l’homme,  · Le mythe du prince charmant,  · La mère complice de l’aliénation,  · L’initiation aux travaux ménagers,  · La corvée des sorties mondaines,  · Le choix d’un mari,  · Le mariage bourgeois,  · La relation avec la belle-mère,  · La nuit de noce,  · La sexualité conjugale,  · La grossesse,  · L’allaitement,  · L’éducation des enfants,  · Les prétendus devoirs de la femme au foyer,  · L’inévitable adultère,  · Les comportements névrotiques :  · (La nymphomanie, les lettres anonymes, la frigidité, l’accumulation d’objets dans son intérieur, l’addiction au ménage, les mauvais traitements aux enfants, le délire de persécution, le commérage, la tentation suicidaire, la bigoterie...),  · Le vieillissement,  · Le repli sur soi  · Description de l’aliénation  · Mais rien pour expliquer pourquoi les femmes y ont consenti...


CONCLUSION

VERS LA LIBERATION

a) Très peu de pages sur ce sujet  · Les femmes doivent se constituer comme transcendances  · Elles ne seront que ce qu’elles feront de ce que les hommes ont fait d’elles

b) Détruire les mythes :  · Le tabou de la virginité  · La malédiction des règles  · la fable de l’éternel féminin  · Le fantasme de la sorcière  · La contrainte de la maternité  · La légende de l’épouse  · La stigmatisation de la prostituée

c) Repenser l’éducation :  · Ne plus enseigner le triomphe du mâle  · Le destin de l’homme dans la production, l’action, la guerre, la domination  · Celui de la femme dans la maternité, le mariage, l’éducation des enfants

d) Construire « un monde androgyne » (II.571)

e) Pas besoin pour une femme d’être mariée, mère de famille  · Eloge de la stérilité, de la contraception, du célibat, de l’amour libre  · L’autonomie financière  · Dissocier sexualité, procréation, habitation  · Généraliser les crèches  · Education sexuelle

f) Extrapoler un couple transcendantal :  · « Un pacte de liberté et de sincérité abolirait une des tares du mariage » (II.373) :  · L’hypocrisie, les adultères, les aventures ancillaires  · Dissocier amour physique et mariage  · Viser l’épanouissement sexuel...

g) Mais ce qu’il faut comprendre est dissimulé :  · Le lesbianisme permet d’échapper à la sexualité agressive, naturelle entre hommes et femmes...


BIBLIOGRAPHIE

  • Simone de Beauvoir :  - Le deuxième sexe, Gallimard  - Lettres à Nelson Algren, Gallimard  - La longue marche, Gallimard
  • Alice Schwarzer, Simone de Beauvoir aujourd'hui, Mercure de France
  • Deirdre Bair, Simone de Beauvoir, Fayard
  • Suzanne Lilar, Le malentendu du Deuxième sexe, Presses universitaires de France
  • Suzanne Lilar, A propos de Sartre et de l'amour, Grasset
  • Hazel Rowley, Tête-à-tête. Beauvoir et Sartre, un pacte d'amour, Grasset
  • Claudine Monteil, Les amants de la liberté, Edition 1

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Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 



      Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa  - anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires

 

21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 18:05

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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22/ UNE PASSIONARIA DE L’EXISTENTIALISME - 21.08.2012

Simone de Beauvoir et l’existentialisme

1. La philosophie médiatique à la mode, des malentendus - les raisons du succès

2. Quelques notions de l’existentialisme que l’on peut résumer en une phrase : « L’existence précède l’essence »

3. L’œuvre de Beauvoir - plaidoyer pour l’existentialisme

 

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La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~)  

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).

 

SYNOPSIS

 

1/. LE MALENTENDU DE LA CELEBRITE

a) L’existentialisme, une philosophie à la mode  · La mode comme malédiction en philosophie  · Critique des marxistes, des chrétiens, des communistes, des bourgeois, des personnalistes

b) N’ont jamais lu cette philosophie exigeante  · L’être et le néant. Essai d’ontologie phénoménologique (1943), plus de 700 pages

c) Ignorance de réflexions techniques sur :  · Le cogito pré-réflexif  · L’être du percipere  · La dialectique du néant  · Les trois dimensions temporelles de la phénoménologie  · La temporalité psychique  · La qualité comme qualité révélatrice de l’être

d) L’existentialisme ?  · Faire renifler un camembert pourri...  · Rameuter des jolies filles  · Excrémentialisme selon Mauriac

e) Abus de vocabulaire phénoménologique

f) Ecriture sous amphétamines :  · 10 pastilles de Corydrane  · Dans Situation X : 20 par jour...  · Langue pelée, épisodes de surdité :  · « Un tube d’orthédrine me faisait une journée », Cérémonie des adieux, 406.  · Sur la Critique de la raison dialectique :  · Ce livre  « n’est pas un chef d’oeuvre de plan, de composition, de limpidité »,  Cérémonie des adieux, 405.

g) On retient les anecdotes :  · Le garçon de café  · le poinçonneur de tickets  · La crémation de la cigarette  · La boule de billard  · Le verre d’eau  · Le jaune du citron  · La poignée de main

h) Le bandeau :  · « Ce qui compte dans un vase, c’est le vide du milieu »

i) Le livre :  · Plus évènement de civilisation que philosophique  · En 1943, Sartre a 38 ans, normalien, agrégé, brillant  · Le livre ne fait pas grand bruit alors  · A la Libération : bréviaire de la faune de St Germain  · Les zazous, les caves, le jazz, l’alcool   · Expiation de 5 années de privation, d’occupation, de frustration  · Dépense, frénésie, consumation de la vie sans modération

j) Sartre devient le philosophe emblématique de la liberté  · Or l’époque avait soif de liberté  · Peu importait qu’il s’agisse de liberté ontologique !


conf 2012 beauvoir sartre café flore


2/. UN EVENEMENT MEDIATIQUE

a) L’époque est bergsonienne  · Bergson est mort le 4 janvier 1941

b) Elle est aussi thomiste, néo-kantienne, spiritualiste, idéaliste  · cf. les cibles de Nizan

c) L’existentialisme est très attaqué

d) Sartre devient le leader de la philosophie française, donc européenne, donc mondiale  · Avec une conférence : L’existentialisme est un humanisme  · Lundi 28 octobre 1945,   · Petite salle non loin du théâtre des Champs-Elysées : les Centraux  · Invitation d’une société savante : « Maintenant » (Jacques Calmy et Marc Beigbeder)  · Annonce de la conférence dans la presse avec petites annonces payantes

e) Happening total :  · Chaises renversées, évanouissements, syncopes  · Cohen-Solal : 2 à 300 personnes  · Le lendemain la presse en fait un événement médiatique  · Maurice Nadeau, Combat – bouche à oreilles  · Sartre devient une figure incontournable

f) Boris Vian, L’écume des jours (1947) :  · Jean-Sol Partre et la duchesse de Bovouard   · Arrivée à la conférence en corbillard, en parachute, par les égouts ou la verrière du toit  · Sartre fend la foule en chevauchant un éléphant  · Il parvient à l’estrade en écrasant des corps  · Ne détaille pas la conférence  · « Partre s’était levé et présentait au public des échantillons de vomi empaillé. Le plus joli, pomme crue et vin rouge, obtint un franc succès » (Pléiade, 410).

g) Robert Scipion, parodiant Queneau : Prête-moi ta plume (1946)  · Pitoyable jeux de mots : les « Genpaulçarthres » :  · « Fumeurs de pipe et suceurs de nausée »  · Recourt à la scatologie :  · Cérémonie annuelle, « la Nôsée » : on y mange du vomi dans des assiettes  · Cf. fromage pourri, excrémentialisme, vomi de Vian et Scipion

h) La conférence n’a pas permis le débat prévu  · Il eut lieu ailleurs, plus tard devant un public choisi et restreint  · Mars 1946, publication chez Nagel : 86 pages aux très grandes marges  · Une aubaine pour les journalistes dispensé de lire L’être et le néant...


conf 2012 simonedeb sartre rue des archives

 

3/. L’INVENTION D’UN NOUVEAU STYLE

a) Sartre reniera ce texte  · Les sartrologues le tiennent en piètre estime

b) Une date dans la philosophie du XX° siècle :

1. Sartre sort la philosophie de son lieu institutionnel :  · Ni Sorbonne, ni Ecole Normale Supérieure, ni Collège de France, ni Ecole Pratique des Hautes Etudes  · Mais salle publique dans le VIIIème  arrondissement

2. Sartre ne fait pas de concessions sur la qualité philosophique :  · La possibilité d’une morale sans dieu  · La fondation d’une éthique sur la liberté  · La condamnation de chacun à la liberté  · L’angoisse d’avoir à choisir  · L’impossibilité de ne pas choisir  · La responsabilité devant tous du choix effectué individuellement   · L’(in)authenticité de l’être  · La théorie de l’engagement  · Le rapport à l’acte gratuit (cf. Les caves du Vatican, Gide)  · La question du péché originel  · Le déterminisme économique des marxistes

3. Sartre file la métaphore d’un exemple tout le long de son exposé :  · Le jeune homme et ses élèves  · Fils d’un père qui penche vers la collaboration  · Frère d’un soldat tué lors de l’offensive de 40  · Fils d’une mère affligée par tout ça  · Qui ne trouve de consolation que dans son fils à qui elle demande de la venger  · Le jeune homme sollicite Sartre :   · Aller en Angleterre ou rester près de sa mère ?  - Mise en place de ses concepts à partir de cet exemple :  · Liberté, projet, angoisse,  · Choix, engagement, responsabilité,  · Authenticité, mauvaise foi, lâche et salaud

4. Les raisons d’un succès :  · Parler au plus grand nombre  · Souci d’être compris par le plus grand nombre  · Refuser les concessions qualitatives  · Court- circuiter l’habituel réseau institutionnel  · Enraciner le plus complexe dans le concret  · Proposer une éthique de substitution au nihilisme d’après-guerre  · Fonder une morale post-chrétienne  · Inscrire son travail dans l’athéisme post-moderne

5. Malentendus à partir de ce succès :  · Beauvoir entreprend ses mémoires en 1958 : 10 ans après ce succès  · Pour mettre de l’ordre dans ce cahot historique


conf 2012 beauvoir sartre bureau

 

 

4/. L’EXISTENTIALISME POUR LES NULS

a) Sartre commence par critiquer les critiques :

· Les communistes :   - Sartre défendrait une philosophie de la quiétude et du désespoir :  - Il dit l’inverse :  - Il faut faire et, en faisant, se faire et ouvrir un champ des possibles optimistes 

· Les Chrétiens :  - Il calomnierait l’homme et insisterait sur le négatif :  - Alors qu’il prend appui sur l’homme pour construire une théorie positive  - Les communistes et les Chrétiens :  - L’existentialisme empêcherait la solidarité :  - C’est une philosophie de l’intersubjectivité  - Chacun, en se choisissant, choisit l’humanité entière à laquelle il aspire

· Tous :  - Il nierait le sérieux des entreprises humaines en supprimant les valeurs transcendantes :  - Ne nie pas les valeurs, les reconstruit immanentes   - Le tout venant fait de cette philosophie une mode à laquelle on peut tout rattacher 

b) Sartre replace sa philosophie dans sa vérité historique :  · L’existentialisme est un humanisme  · C’est une philosophie austère, rigoureuse, exigeante  · D’abord destinée aux techniciens, aux philosophes – dit-il à ce public de profanes...  · Elle s’inscrit dans la lignée de Jaspers, Marcel, Heidegger, Kierkegaard et Descartes. 

c) L’existentialisme se résume en une phrase :  « L’existence précède l’essence »

LA FACTICITÉ :

· A la naissance, nous ne sommes rien  · Nous sommes ce que nous faisons  · Entretien avec Bernard Pingaud, L’Arc (1966) :  · « L’essentiel n’est pas ce qu’on a fait de l’homme mais ce qu’il  fait de ce qu’on a fait de lui »  · Le coupe-papier : conçu par un artisan pour couper le papier  · L’homme existe a priori sans raison  · Dieu n’existant pas, il n’a pas produit l’homme avec un dessein pour lui  · Si Dieu existait, il aurait créé l’homme, qui aurait donc une essence  · Sans Dieu, l’homme est :  · Une facticité, une contingence, un être-là sans raison, sans explication, sans justification

L’ABSURDITÉ :

· D’où l’absurdité a priori de toute existence  · Mais cette absurdité n’est pas définitive  · On peut donner un sens à son existence  · L’inexistence de Dieu est une bonne nouvelle   · Pas de nature humaine  · Pas de prédestination   · Mais une liberté originelle avec laquelle tout est possible   · L’homme est ce qu’il se fait, il se fait avec la liberté  · Par la liberté, l’angoisse se trouve dépassée

LA LIBERTÉ :

· L’homme est condamné à être libre :  · Pas le choix de l’être ou de ne pas l’être  · Condamné à (se) choisir  · Refuser de choisir, s’abstenir, c’est choisir encore

LA RESPONSABILITÉ :

· Choisir c’est engager toute l’humanité dans son choix

· Exemples :   a) Choisir le mariage et la paternité :  - C’est engager la planète dans la voie de la monogamie et de la procréation  b)Choisir (1) le syndicat révolutionnaire ou (2) le syndicat catholique :  - C’est (1) engager la planète dans la voie de la révolution libératrice  - Ou (2) dans le conservatisme doloriste  - En choisissant, nous sommes responsables de nos choix.

LA MAUVAISE FOI :

· Se trouver des raisons pour expliquer qu’on n’avait pas le choix de faire ce qu’on a fait :  · Mauvaise foi  · Soit « lâche », soit « salaud »  · Pas de circonstances atténuantes, de déterminismes  · Nous sommes responsables de ce que nous sommes  · « Evidemment cette pensée peut paraître dure à quelqu’un qui n’a pas réussi sa vie » (57)  · L’existentialisme, une ontologie de droite...

L’IRÉNISME :

· En se faisant, nous faisons l’autre  · Ce que je choisis est choix pour l’autre  · Le choix d’autrui ne m’est pas un déterminisme  · Choisir, c’est toujours choisir le bien ( !)  · « Nous ne pouvons jamais choisir le mal ; ce que nous choisissons, c’est toujours le bien, et rien ne peut-être bon pour nous sans l’être pour tous » (25-26)


conf 2012 beauvoir sartre manif

 

5/. BEAUVOIR EN DEFENSE DE L’EXISTENTIALISME

a) L’existentialisme a été beaucoup attaqué  · Beauvoir a passé sa vie à le défendre 

b) Son oeuvre est plaidoyer pour cette philosophie identifiée à son promoteur le plus médiatisé  · Les mémoires d’une jeune fille rangée : fabrication de la légende

c) Ses œuvres philosophiques :  · Pyrrhus et Cinnéas (1944)  · Pour une morale de l’ambiguïté (1947)  · La sagesse des nations (1948)

PYRRHUS ET CINNEAS

a) Nous ne sommes rien a priori  · Nous n’advenons que par le projet qui est

b) Beauvoir critique :  · Le culte de l’instant  · La fausse piste de l’hédonisme  · L’illusion de croire pouvoir happer au temps en s’installant  projection donc transcendance   · je suis ce que je fais  · dans l’infini  · L’erreur de construire une morale sur dieu  · L’erreur de fonder une éthique et des valeurs sur une religion   · L’erreur (heideggérienne) de croire qu’on est un être-pour-la-mort  · (Puisqu’on est sans raison a priori)

c) Beauvoir vante :  · Les mérites du mouvement de l’humanité vers toujours plus de progrès  · Le progrès s’incarnant dans la transcendance   · La solidarité qui s’obtient pour le prolétariat, mais contre les capitalistes  · L’importance d’autrui dans la construction de ma subjectivité   · Le dévouement comme action pour autrui  · La communication comme création de situations pour autrui

d) Plus que l’homme, la liberté est l’objectif à atteindre  « Pour me faire exister devant les hommes libres je serai obligé souvent de traiter certains hommes comme des objets » (358).  · Justification de la violence et de la mise à mort  · On peut tuer pour réaliser la liberté :  · Le crime est alors un humanisme puisqu’il vise la réalisation de la liberté ( !) « La violence n’est pas un mal, puisqu’on ne peut rien ni pour ni contre un homme : (...) tuer un homme, ce n’est pas le détruire ; nous n’atteignons jamais que la facticité d’autrui » (362)...  · On ne tue pas un homme qu’on massacre puisqu’on n’anéantit que sa facticité  sans pouvoir atteindre sa liberté...  · Par la violence, l’enfant devient homme et la horde société  · renoncer à la violence, ce serait renoncer à toute transcendance  – ce qui est impossible...

POUR UNE MORALE DE L’AMBIGUITÉ

a) Ecrit pour répondre aux critiques de :  · Henri Lefebvre, communiste  · Pierre Naville, trotskyste  · Georges Mounin, linguiste affilié au PCF

b) Beauvoir récuse tout déterminisme :  · Sociologique, économique, historique, politique

c) Abondance de concepts

d) Regorge du vocabulaire de la nouvelle philosophie :  · Contingence, facticité, choix, liberté, projet, engagement, existence, situation, en-soi, pour-soi, être et néant, mauvaise foi, angoisse, choix originel... 

e) Ou d’expressions ad hoc :  · Dévoilement d’existence,   · Réalisation de la liberté,   · Se trouver jeté dans l’univers,   · Se vouloir libre,   · Assumer sa subjectivité,   · Drame du choix originel,   · Angoisse éprouvée devant sa liberté,   · Le manque d’être définissant l’être...   · Ton sartrien à souhait.

f) En 1943, Sartre annonçait une morale  · Il ne l’a pas donnée  · Beauvoir l’écrit  · C’est « une morale de l’ambiguïté »

A./ La morale de l’ambiguité :

· Nous sommes impuissants  · Mais forts de cette connaissance,  · Nous sommes investis d’une puissance d’être  · Savoir l’absence de sens fait sens

· Connaître l’absurde permet de le dépasser  a) « Quoi qu’il en soit, nous croyons (sic) quant à nous à la liberté » (32)  - Certes, il existe des conditions historiques d’existence  - (Pauvreté, misère, enfance, histoire, éducation, parents, corps)  - Mais elles ne sont rien d’autre que ce que l’on en fait  b) Contre le paradoxe :  - De la liberté qui nie le déterminisme (christianisme)   - Du déterminisme qui nie la liberté (marxisme)  - Beauvoir consent au déterminisme  - Mais affirme que la liberté lui donne ou non sa puissance, sa force, son efficience

B./ Tuer le sous-homme :

a) En 1947 Beauvoir parle du « sous-homme » ( !)  · Qui est-il ?  · Celui qui refuse et retient sa vitalité naturelle  · Qui manifeste une présence au monde qui est facticité nue  · (= le sous-homme est l’homme inutile)  · Il se réfugie dans les valeurs toutes faites  · Peut être enrôlé par n’importe qui   · Protagoniste des lynchages et des pogroms  · L’homme de l’existence injustifiée, il est donc injustifiable  · Il a peur, est angoissé, s’ennuie devant l’existence  · Se perd dans le conformisme  · Engloutit sa liberté dans l’obéissance à la société  · Devient l’homme sérieux, le sérieux conduisant au fanatisme  · « Le sous-homme suscite le mépris » (63)...

b) Célébration de l’ultra-violence au nom de la conquête de la liberté :  · « On se trouve acculé, pour conquérir la liberté de tous, à traiter certains hommes en choses » (140).   · L’existentialisme et la sagesse des nations (1948) :  · « Il est impossible d’agir pour l’homme sans traiter certains  hommes, à certains instants, comme des moyens » (38).  · « Une liberté qui s’emploie  à refuser la liberté est elle-même si scandaleuse que le scandale de la violence qu’on exerce contre elle en est presque  (sic) annulé : la haine, l’indignation, la colère (...) effacent tous les scrupules » (140-141).  · « En même temps que l’oppresseur on est obligé de détruire tous ceux qui le servent, que ce soit par ignorance ou par contrainte » (141).   · Beauvoir légitime l’obligation  « d’opprimer, de tuer des hommes qui poursuivent des buts dont on reconnaît soi-même la validité » pour faire triompher une libération.   · « Ce n’est encore pas là le pire scandale de la violence » ajoute-telle....   · « Toute révolution exige de ceux qui l’entreprennent le sacrifice d’une génération, d’une collectivité » (143).   · « Toute révolution (suppose) une dictature » (163).   · « On sacrifiera les hommes d’aujourd’hui à ceux de demain, parce que le présent apparaît comme la facticité qu’il faut transcender vers la liberté » (166).

C./ L’amitié épicurienne :

· La même Beauvoir qui écrit :  · « La violence ne se justifie que si elle ouvre des possibilités concrètes à cette liberté que je prétends sauver » (195)   · Célèbre l’amitié épicurienne, la charité chrétienne et le moralisme kantien...


conf 2012 beauvoir sartre café 1    

 

CONCLUSION

a) En 1963, dans La force des choses :  · Beauvoir récuse Pyrrhus et Cinnéas et Pour une morale de l’ambiguïté  · Non à cause de sa légitimation de l’ultra-violence  · Mais parce qu’elle a mal posé les questions...

b) Son oeuvre philosophique à cette époque regorge  · De sophismes,   · De paralogismes,   · De fourvoiements sophistiques,   · De faussetés rhétoriques

c) Comment peut-on affirmer :

1. Qu’on est libre   · Mais qu’on doit se créer liberté ?

2. Qu’on est totalement libres,   · Mais qu’on ne l’est pas tant qu’autrui ne l’est pas non plus  · (Alors qu’il est sensé l’être par nature) ?

3. Que nous ne devons pas considérer autrui comme un moyen, car il est une fin,   · Et prétendre que la fin est la réalisation de liberté  · (donc pas l’homme) ?

4. Que la réalisation de la liberté d’autrui  · Suppose la destruction d’autrui ?

5. Que la morale existentialiste est « refus de tout principe d‘autorité » (205)   · Mais qu’elle se fonde sur la violence révolutionnaire qui est sujétion et assujettissement des sous-hommes ?

6. Que nous n’aurions pas à décider de ce qui est bien pour autrui   · Et qu’il nous faudrait le libérer contre son gré parce qu’il est aliéné

7. Que la mort physique d’un homme n’est jamais vraiment réelle   · Puisqu’elle ne concerne que sa pure facticité ?

8. Qu’il faudrait récuser l’action au nom de toute idole majuscule,  · Et justifier qu’au nom de la Liberté on construise cette religion de la violence ? 

9. Qu’il faudrait célébrer (195 & 225) la douceur épicurienne, l’amour du prochain chrétien ou la morale de l’intention kantienne  · Et désigner les sous-hommes à supprimer ?

10. L’existentialisme est-il vraiment un humanisme ?


BIBLIOGRAPHIE

  • Annie Cohen-Solal, Sartre, Gallimard
  • Sartre, L'être et le néant, Gallimard
  • Sartre, L'existentialisme est un humanisme, Nagel
  • Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguité, Idées Gallimard
  • Beauvoir, Faut-il brûler Sade ?, Idées Gallimard
  • Eve Morisi, Albert Camus contre la peine de mort, Gallimard

________________

 

Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 


 

 Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa  - anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires

 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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