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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 09:51

 

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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6/ DRAME ET PSYCHOLOGIE CONCRETE - 30.07.2012

Georges Politzer :

1. La critique de la psychanalyse abstraite (psychanalyse et la science, psychanalyse et le nazisme)

2. L’éloge de la psychanalyse concrète : scientifique, collective, matérialiste; qui s’occupe de l’individu concret dans sa dimension biologique, sociologique, historique, de tout ce qui surgit dans le réel : des drames.

 

___________________________ 

 

La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~) 

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).


 

SYNOPSIS

 

PREMIERE PARTIE : Critique de la psychologie abstraite


I/. LA PSYCHANALYSE N’EST PAS UNE SCIENCE

a) La fin de la psychanalyse, oct-décembre 1939, La Pensée  · « La mort de Sigmund Freud replace devant notre esprit la psychanalyse qui, en fait, appartient déjà au passé »

b) La psychanalyse a beaucoup annoncé, peu tenu

c) Les psychanalystes pratiquent une méthode très éclectique  · Freud n’a pas pu établir scientifiquement ses résultats  · A prétendu qu’il guérissait, mais rien n’est prouvé...  · Il aurait fallu une méthode vraiment scientifique :  - Hypothèse, expérimentation, validation, falsification, universalisation, etc

d) Politzer renvoie aux derniers textes de Freud :  · La psychanalyse serait une méthode parmi d’autres  · Politzer lit en allemand : « L’analyse avec fin, l’analyse sans fin » dès 1937  · dans le Tome 23 de la « Revue Internationale de Psychanalyse »

e) Freud veut « maintenir un échafaudage idéologique, le cas échéant, contre les faits » (287)  · Idéalisme, spiritualisme, abstraction, conceptualisme  · Aspect romanesque, littéraire, mythologique, fictif

f) Dans Une difficulté de la psychanalyse (1917)  · Freud s’est inscrit dans un lignage scientifique :  - Copernic, Darwin et lui : cosmologie, biologie, psychologie  · Freud n’est pas dans la science, mais dans le discours général

g) On comprend la gabegie quand on aborde sa sociologie :  · « En voulant expliquer des faits sociaux par des « complexes » Freud a été amené, en fait, à employer quelques formules générales passe-partout et à négliger l’homme concret dans sa réalité historique. La sociologie psychanalytique n’est, pour cette raison, que la réédition, dans un vocabulaire différent, de la vieille sociologie idéaliste »

h) Les usages de la psychanalyse en pédagogie ont produit des effets désastreux  · La tâche de l’éducation n’est pas de liquider les complexes des enfants  · Penser l’éducation en regard de la mythologie freudienne est une mauvaise chose  · Se polariser sur la métapsychologie c’est évacuer la sociologie, l’économie, la politique, le monde réel.


conf 2012 freud-divan dessin

 

II/. PSYCHANALYSE ET NAZISME

a) Mythologie, transmission phylogénétique : hors physiologie

b) Expliquer l’histoire par la psychologie est une erreur : démarche métaphysique  · C’est l’inverse qui est vrai  · La sociologie freudienne procède toujours d’une métapsychologie abstraite

c) Cet idéalisme nourrit l’irrationalisme  · Et Politzer en pourfend toutes les formes :  - Positivisme, néo-kantisme, néo-thomisme, bergsonisme, phénoménologie, fascisme...

d) Freud politique :  · Une pratique : Mussolini, Dollfuss, Göring.  · Une théorie : la horde et le Père.  - La pulsion de mort et le César qui la contient

e) La théorie de la libido a semblé progressiste, elle était petite-bourgeoise  · La psychanalyse a été critiquée par les milieux conservateurs :  - On a déduit qu’elle était progressiste...

f) La bourgeoisie a vite compris quel bénéfice contre-révolutionnaire elle pouvait tirer de la psychanalyse  · Tant que la libido est le moteur de l’histoire  · ... ça n’est pas le prolétariat.  · Régler les problèmes par le divan  · C’est récuser qu’ils puissent l’être par la révolution.

g) Compagnonnage freudisme/nazisme :  · « Il est vrai qu’on a souvent fait état, dans les milieux psychanalytiques, de l’exil de Freud symbolisant la condamnation de la psychanalyse par les nazis.  · Certes, il y a eu des déclamations nazies contre la psychanalyse. Il n’en est pas moins vrai que la psychanalyse et les psychanalystes ont fourni pas mal de thèmes aux théoriciens nazis, en premier lieu celui de l’inconscient.  · L’attitude pratique du nazisme à l’égard de la psychanalyse a été déterminée essentiellement par des raisons tactiques.  · En prenant des allures d’iconoclastes, les psychanalystes ont profondément heurté les sentiments des classes moyennes. Telle est la spécialité historique de l’anarchisme petit bourgeois. En plus de la question raciale, c’est pour exploiter ce fait que le nazisme a dénoncé quelque peu le freudisme, mais cela ne l’a jamais empêché, ni d’intégrer les psychanalystes parmi le personnel nazi, ni d’emprunter des thèmes à la doctrine freudienne.  · En outre, précisément parce que les exagérations psychanalytiques heurtaient les sentiments de certaines couches sociales, et aussi parce qu’il y eut de nombreux fervents de la psychanalyse parmi les intellectuels d’avant-garde, les social-démocrates en particulier, les propagandistes nazis ont utilisé le ressentiment contre la psychanalyse pour discréditer davantage les milieux en question. C’est pour les mêmes raisons que Hitler tonne dans Mein Kampf contre l’art décadent, etc. » (Ecrits, II, 300-301).

h) Critique de la légende :  · Les psychanalystes arguent de l’incompatibilité ontologique entre freudisme et nazisme  · La psychanalyse a certes été critiquée, mais pour atteindre son public par son essence :  - Les artistes, les « décadents », les petits-bourgeois, l’élite intellectuelle  · Par essence, l’irrationalisme freudien fournit des armes à l’irrationalisme nazi :  - L’immatérialité de l’inconscient  · Son héritage phylogénétique  · L’archétype métapsychologique  · Le nazisme a travaillé avec des psychanalystes  · Voir Félix Boehm et l’Institut Göring

 

III/. LA MORT DE LA PSYCHANALYSE

a) « Il est vraisemblable aujourd’hui que la psychanalyse subira un sort analogue à celui de la phrénologie et de l’hypnotisme. Comme eux, elle appartient au passé » (Ecrits, II.302).

b) Politzer veut  « en finir avec les raccourcis sensationnels de la psychanalyse » au profit d’une psychologie qui se soucierait du concret


 

DEUXIEME PARTIE : Eloge de la psychologie concrète


I/. QU’EST-CE QUE LA PSYCHOLOGIE CONCRETE ?

a) 1929, éditorial du numéro 1 de la « Revue de psychologie concrète » :

b) Article ébouriffé :   · Analyse laborieuse des psychologies auxquelles il n’adhère pas  · Allusif sur des notions essentielles – « le drame »  · Il dit moins positivement ce qu’est « la psychologie concrète »  · Que, négativement, ce qu’elle est positivement  · Il jubile dans la polémique là où il devrait préciser et développer :  · Cf. Oppose la fin du bergsonisme et la mode de la psychanalyse en écrivant qu’on peut « se passionner en psychologie pour d’autres choses que la gélatine de l’intuition et le chewing-gum de la durée. On aime mieux le complexe d’Œdipe, les croisières amniotiques que les maigres mythes sur le "moi qui se dilate" » (Ecrits, 2.159).  · Il se répète, etc.

c) Dans la dernière page :  · « Tout ce qui précède peut paraître manquer énormément de précision. Il en est ainsi effectivement » (187).  · Politzer a 26 ans, il peut croire avoir le temps devant lui...

d) L’année d’avant, a publié sa Critique des fondements de la psychologie (1928)  · Mêmes défauts :  - Le génie affleure, les intuitions brillent, la direction est bonne...

e) Souhaite constituer une psychologie comme science :  · Supprimer les formules mythologiques  · les formes pré-scientifiques de cette discipline.

f) Politzer annonce que ce chantier ne pourra être que collectif  · La Revue est le lieu de cet intellectuel collectif  · Ce projet explique aussi le caractère embryonnaire du travail de Politzer

g) Commencer par un état des lieux :  · Quelles formes prises par la psychologie ?  · Behaviorisme (psychologie comportementale)  · Psychologie individuelle (Alfred Adler)  · Techno-psychologie · Psychanalyse freudienne  · Psychologie dite physiologique  · Caractérologie

h) Politzer veut abolir :  · L’âme  · La conscience  · La vie intérieure  · Les processus mentaux  · Les faits spirituels  · Les phénomènes de conscience

i) Il veut réaliser le concret :  · La vie biologique, physiologique, économique, historique, réelle, incarnée, immanente  · « Cette vie humaine constitue (pour la désigner d’un terme commode dont nous ne retenons que la signification scénique) un drame » (80)  · Le drame est le concept central de cette psychologique concrète

 

II/. QU’EST-CE QU’UN DRAME ?

a) Notre vie quotidienne nous place directement dans le drame :  · Ce qui nous arrive  · Notre vision du monde  · Nos intentions  · Nos souvenirs :  - Nous sommes acteurs de ceci ou cela.  · Lecteurs de...  · Nous avons effectué tel ou tel voyage  · Rencontré des gens  · Nous jouons tel rôle...  · Nous pensons à nous en termes dramatiques  · L’intersubjectivité est dramatique, aucune relation n’y échappe  · Notre connaissance d’autrui l’est  · Notre connaissance du monde...

b) Le drame ramasse la totalité du réel concret  · Le drame est « l’ensemble des faits originaux » (119)

c) Cette matérialité du monde oubliée, c’est le matériau de la psychologie concrète

d) La métapsychologie a trahi le concret en transformant en drame avec l’abstraction  · « Le réalisme anéantit la réalité même du fait dramatique tel qu’il est donné concrètement ; l’abstraction substitue aux individus concrets, qui sont les sujets du drame, d’autres acteurs qui sont impersonnels ; le formalisme élimine la manière précise dont les faits dramatiques sont concrétisés pour ne retenir que des formes où la détermination individuelle n’a plus aucune place » (119).  · Le drame est évincé au profit des idées, de l’abstraction  · Le phénoménal l’est par le nouménal  · Le vivant l’est par le transcendantal  · Le sensible par l’intelligible  · Le drame est l’autre nom de ce qui s’oppose au concept.

e) La psychanalyse a d’abord eu le souci du drame  · Puis elle l’a évincé au profit d’un schématisme métapsychologique  · Elle ne vit que d’abstractions pures  · L’individu de chair et d’os a été congédié

f) Politzer crée donc une psychologie matérialiste · Mais souhaite une définition nouvelle du matérialisme :  - La vérité psychologique ne se réduit pas au système nerveux, aux glandes endocrines,  à l’organisme  · Rabattre la psychologie matérialiste sur l’anatomique,  · c’est recycler le vieux moule spiritualiste.

g) Il faut rabattre cette psychologie sur le matérialisme dialectique  · sans que l’économie devienne le sésame.

h) Politzer habilite le langage  · « Ne peut être accepté comme événement psychologique que ce que je puis reprendre pour mon compte comme récit de ce que j’ai fait moi-même » (155).  · Le fait psychologique existe donc par la parole de qui l’a vécu comme drame  · et le formule dans un récit, le met en mots · Cette théorie du drame et du langage a été interrompue à cause d’un drame...

 

III/ UN DRAME DE LA RESISTANCE

a) Pacte germano-soviétique : du 23 août 1939 au 22 juin 1941

b) Contre les directives de son Parti :  · Politzer résiste dès novembre 1940 :  - Critique des thèses de Rosenberg - Entrée dans la clandestinité  - Rédaction, publication et diffusion de L’Université libre de novembre 40 à décembre 41 (40 numéros)  · Février 1941 : publie « Révolution et contre révolution au XX° siècle »  · Arrêté par les nazis le 15 février 1942.  · Torturé, perd plusieurs fois connaissance, ne parle pas.  · A qui lui demande le nom des responsables du terrorisme, donne celui de Pétain.  · Fusillé le 23 mai 1942 comme otage au Mont Valérien.  · Devant le peloton : « Je vous fusille tous ! »...  · Son ami Jacques Decour est fusillé 7 jours plus tard  · Politzer a chanté « La Marseillaise » jusqu’au bout  · Pas « L’internationale ».


conf 2012 politzer 1   conf 2012 fusillés mont-valerien


VI/. DESTIN DE MAÏ

a) Maï devait quitter Georges et refaire sa vie avec Decour  · Le PCF construisit une légende : cette vérité devait être cachée  · La PCF était prude, familialiste, adversaire de toute liberté sexuelle, opposé à la contraception et au divorce.  · Immoralité bourgeoise et dépravation capitaliste !

b) Maï : arrêtée le même jour que Georges par la police française  · Cocteau essaie d’intervenir  · Emprisonnée, malade,  · Menacée de placement en Allemagne pour son fils  · Dans la prison de Romainville, avec Danielle Casanova :  - Met sur pied des cours d’allemand, des conférences, de chant, de danse, de fandango, de diction...  · Ecrit dans une lettre : « Le moral est chez toutes magnifique »  · Transférée dans d’autres prisons,  · Puis Compiègne, puis 3 jours en train pour Auschwitz le 27 janvier 1943  · Sous le porche d’entrée, les déportées chantent La Marseillaise  · Maï est rasée, dénudée, tatouée – 31 681  · 73 jours plus tard, elle meurt du typhus le 6 mars 1943


CONCLUSION

a) Politzer n’a pas abandonné le chantier de la psychologie concrète pour cause de militantisme  · Le travail collectif n’a pas pu avoir lieu  · C’est une pensée foudroyée.

b) Politzer, mort pour la France plus que pour le Komintern  · Le communisme fut moins chez lui une affaire de Parti  · ... que l’effet d’une gauche rimbaldienne : changer la vie.

c) Mort fusillé à 39 ans, il a publié plus de 1000 pages.

d) D’autres s’en serviront sans toujours le citer...  · Sartre, Merleau-Ponty, Lévi-Strauss, Canguilhem, Althusser, Ricœur, Lacan, Lefebvre, Deleuze, Foucault, Derrida  · Cette histoire reste à écrire...

 

BIBLIOGRAPHIE

- Politzer, Critique des fondements de la psychologie, puf

- Manès Sperber, Alfred Adler et la psychologie individuelle, Idées Gallimard

- Geoffrey Cocks, La psychothérapie sous le III° Reich, Les belles lettres

- Detlef Berthelsen, La famille Freud au jour le jour, puf

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Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 



Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa -  anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires 

  

28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 10:46

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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 5/ QUESTIONS - REPONSES (1/4) - 27.07.2012

 

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La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~) 

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur la consommation éthique (à partir de la 46ème minute).

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1. Politzer a publié ses textes à la fin des années 30, vingt ans après la Révolution russe d’octobre 1917. Pourquoi, en tant que l’homme engagé et avec le recul par rapport aux événements, n’a-t-il pas réagi aux exactions et purges commises par Lénine et Staline? Est-ce qu’il n’en savait rien, ne voulait rien savoir ou a été contraint d’obéir au parti communiste? (27min.)


2. Y a-t-il encore quelque chose à sauver chez Bergson après la critique virulente du bergsonisme par Politzer? (10min.)

       

3. Est-ce qu’il existe un lien entre le terme de Sturm utilisé par rapport à Heidegger et Sturm und Drang (« Tempête et passion », le mouvement littéraire, artistique et politique allemand du XVIII siècle)? Que penser de ce courant de la pensée allemande? Il n’y a vraiment rien à sauver dans la philosophie de Heidegger? (20min.)

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Trois questions posées par les auditeurs du CDN de Normandie à Michel Onfray permettent au philosophe de développer très longuement ses idées, opinions, thèses, mais ne permettent en aucun cas la confrontation d’idées contradictoires, bien argumentées, ni un vrai débat, un échange équilibré, un dialogue. La seconde partie du séminaire à l’Up de Caen : « débat » ne se différencie pratiquement en rien de la première : cours.  

conf 2012 question-reponse-3Nous avons déjà abordé ce sujet sur le banquet lors de la 9ème saison de la Contre-histoire de la philosophie diffusée sur France Culture il y a un an. Depuis, rien n’a changé, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Le train-train libertaire et l’effervescence anarchique quoi…

A ceux d’entre vous pour qui « la philosophie est une invitation à faire fonctionner son esprit critique et pas l'invitation à l’obéissance » (cette citation est tirée de la séance 5/ Questions -Réponses, à écouter à partir de la 24ème minute), je propose de revoir un résumé de nos discussions dans cet article : Expérience à l’Up au Théâtre du Rond-Point à Paris (à partir de la quatrième photo et de la phrase : « Il m’est arrivé d’entendre quelques discussions et remarques pertinentes et passionnées, malheureusement très peu dans les séances questions/réponses. Cette deuxième partie des cours est à réorganiser absolument.… »)


Onfray-UPC.jpg

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Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 


 

Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa -  anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires  

 

26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 17:01

 

 

Du 23 juillet au 24 août 2012, France Culture diffuse les conférences de Michel Onfray données en 2011-2012 dans le cadre de l’UP de Caen :

Contre-histoire de la philosophie - 10e année,

Les consciences réfractaires : 

 Georges Politzer, Paul Nizan, Albert Camus et Simone de Beauvoir

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4/ DEUX OBSCURANTISMES DU XX EME SIECLE - 26.07.2012

... ou deux "sources du fascisme" d’après l’historiographie de Georges Politzer

1. Phénoménologie - "l’idéalisme obscurantiste" d’Heidegger 

2. Psychanalyse -  "la mythologie mystifiante" de Freud 

Et une "lumière" du XVIIème siècle : Descartes - "source du marxisme-léninisme"

 

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La réécoute et le podcast de cette conférence « gratuite » ne sont plus disponibles. La diffusion de 15 jours, ce n’était qu’une simple promotion commerciale? Vous êtes «libres» d’y consentir et acheter le produit vendu en coffrets, ou ne pas y céder en tant que consciences réfractaires. :~) 

Je vous propose également de consulter ma note en bas du synopsis, l’article « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », ainsi que lire et écouter le propos de Michel Onfray sur laconsommation éthique (à partir de la 46ème minute).


 

 

SYNOPSIS 

I./ UN DESCARTES COMMUNISTE

a) Les usages de l’historiographie :  · Bergson comme source du fascisme  · Descartes comme source du marxisme-léninisme  · Heidegger et Freud comme autres sources du fascisme

conf 2012 Decartes 3b) Philosophie des Lumières contre obscurantisme  · Descartes comme source  · Oubli de Montaigne

c) Tricentenaire du Discours de la méthode, dans « La correspondance internationale », 1937  · Le PCF souhaite une commémoration du philosophe

d) Philosophe de notre modernité :  · Une pensée laïque, indépendamment de Dieu  · Contre la théologie comme modèle : la science, les mathématiques  · Créateur des mathématiques modernes

e) Des sciences biologiques : Traité de L’homme  - Médecine  - Technique  · Liquidateur de la scolastique  · Ennemi de l’obscurantisme chrétien (publie en Hollande)  · Opposé à la science livresque : lui préfère la méthode expérimentale  · Ecrit en français, contre le latin, langue des savants  · Figure généalogique qui conquit au marxisme–léninisme

f) A sa suite :  · Les matérialistes français  - Diderot, d’Alembert, Encyclopédistes  - La Mettrie, d’Holbach, Helvétius

g) Le fascisme souhaite ramener en deçà de Descartes  · A l’époque où :  - Raison, logique, déduction, raisonnement, pensée, philosophie compte pour rien  · Et où dominent :  - Foi, obéissance, soumission, croyance, mythe, théologie, religion

h) La philosophie dominante et officielle française  · Dévitalise ce Descartes révolutionnaire  · Pour lui préférer le Descartes conservateur, métaphysicien spiritualiste  · Devient l’inspirateur d’une tradition antimatérialiste et contre-révolutionnaire  · Bergson joue un rôle dans la promotion de ce Descartes

 

II./ L’OBSCURANTISME PHÉNOMÉNOLOGIQUE

a) Critique de l’idéalisme, du spiritualisme, du néo-kantisme, du positivisme, du bergsonisme  · Machines à justifier le capitalisme et la bourgeoisie  · Philosophes réactionnaires : permettent de lutter contre le matérialisme révolutionnaire

b) Nouvelle cible : la phénoménologie allemande en général  · Et Heidegger en particulier  · Analyse de « La philosophie et les mythes », La pensée, N°1, avril-mai-juin 1939

c) S’insurge que Heidegger soit sujet de bac en 1939  · L’année même du 150ème anniversaire de 1789  · Le 1er sujet s’inspire directement de lui :  · « Expliquez et commentez cette idée d’un philosophe contemporain : Le monde fait partie de la réalité humaine bien qu’il embrasse à la fois tout ce qui existe et la réalité humaine en particulier ».  · On demande au candidat non pas de critiquer mais d’expliquer et de commenter

d) Le 2ème sujet sollicite le candidat sur une citation de Bergson

e) Le 3ème : « Peut-on assimiler la vérité et la réalité ? Connaissez-vous des systèmes où elles sont séparées ? Que pensez-vous de cette séparation ? ».

 

III./ QUI EST HEIDEGGER (1889-1976) ?

a) L’auteur de Etre et temps (1927)  · Abandonne son noviciat jésuite au séminaire de Fribourg en 1911 pour troubles cardiaques d’origine psychosomatique  · Mobilisé, puis réformé en 14-18 – problèmes de cœur  · Prépare une thèse sur la philosophie scotiste

conf 2012 heideggerb) Prend sa carte au parti nazi le 1er mai 1933 (n° 312 589)  · Raciste, antisémite, hitlérien, défend les camps de travail, la race dure,  · Apologiste de la guerre  · Compagnon des morts auxquels il voue un culte  · Devient recteur nazi le 21 avril 1933

c) Rédige des textes dans lesquels il avoue sa foi pour le régime nazi  · Et pour Hitler – pages sur les mains sublimes d’Hitler  · Conférences à Heidelberg et Kiel en 1933  · Ecrit qu’il convient de mener jusqu’au bout « une lutte dure, animée par l’esprit nationalsocialiste, qui ne doit pas être noyée par des idées chrétiennes ou humanistes » (Farias, 152).  · 1935 : radicalisation de son nazisme  · Eric Faye : « parmi les réseaux cachés du nazisme aujourd’hui encore si mal connus, Heidegger a pu jouer un certain rôle dans la conception en amont des discours d’Hitler » (243-244, L’introduction du nazisme dans la philosophie)

d) Séminaire de l’été 1933 :  · Heidegger fait de Descartes un ferment de décomposition dans la pensée occidentale  · Son enseignement dans les universités allemandes : signe de décadence

e) Contre l’usage fait par Descartes de la science et des mathématiques  · Au lieu du « Sturm », l’esprit tempétueux  - (Un mot utilisé par les nazis dans « Sturmabteilung », les Sections d’Assaut...)

f) Contre le « Moi » comme fondation de la philosophie  · Contre l’individualité, la subjectivité  · Au lieu du « Soi » : l’être en tant que la communauté le définit

g) Contre l’identification du Moi au sujet  · Ce qui rend possible une philosophie de la subjectivité  · Heidegger préfère une philosophie de la communauté  · De l’appartenance au sol, au sang, à la race  · Descartes fait obstacle à la métaphysique nationale socialiste d’Hitler

 

IV./ UN NAZI AU BAC

a) Politzer reprend le texte du sujet de bac et le retraduit  · Un extrait de Etre et temps  · Le sujet de bac fait du « Dasein » la « réalité humaine »  · « Da-sein » : « être-là », « être-le-là »...  · Ce qui est se moquer du concret véritable

b) Heidegger recourt à un sabir pour enfumer 3  · Et conditionner à penser non pas selon l’ordre de la raison  · Mais de ses diktats

c) Heidegger propose un « idéalisme obscurantiste » (Ecrits 1,273).  · Son irrationalisme se présente sous les auspices de la rigueur scientifique  · Via la méthode phénoménologique  · En fait, Heidegger veut sauver l’être contre la pensée scientifique  · Jouer la métaphysique contre l’histoire  · Jouer l’ontologie contre le matérialisme  · Heidegger prétend aller directement aux choses (comme Bergson)  · Or il reste aux abstractions  · Il reste dans l’idéalisme  · Heidegger développe une authentique scolastique  · Bergson excelle en philosophe du capitalisme et de la bourgeoisie  · Heidegger en penseur du fascisme national-socialiste

 

V./CONTRE LA PHÉNOMÉNOLOGIE

a) La phénoménologie : arme de guerre du combat contre les Lumières  · Cette école philosophique idéaliste a « développé une véritable scolastique. Elle est toujours à l’affût de néologismes, de fantaisies linguistiques et typographiques : symptômes caractéristiques d’une pensée qui n’a pas de matière propre et qui ne fait que ressusciter des vieilleries, en fuyant la lumière de la pensée rationnelle » (Ecrits 1, 149).  · Cite des extraits de Heidegger  · Conclut ironiquement « Au moins, Barbara et Baralipton, c’était encore de la logique » ;

b) Politzer constate que la phénoménologie s’est répandue en France après la Première Guerre  · Cite les Aperçus phénoménologiques sur l’être en situation de Gabriel Marcel  · Obstacle et valeur de René Le Senne  · Et fustige « la philosophie phénoménologico-existentielle » (mi 1939 !)

 

VI./ LA MYTHOLOGIE FREUDIENNE

· Analyse de « La fin de la psychanalyse »  · La pensée, n°3, octobre-novembre-décembre 1939  · Signé du pseudo Th. W. Morris

conf fr c freuda) Disserte sur un corpus ouvert  · Du jeune homme qui s’exile au communiste de 36 ans  · Fréquentation à Vienne  · Adhésion dès son arrivée à Paris en 1921 :  - Passe pour un demi-fou à la Sorbonne  · Fin 39 : condamnation de l’idéologie qui fournit des armes au nazisme

b) Dans « Médecine et philosophie », in « Philosophies » (novembre 1924) :  · Freud n’est pas un esprit synthétique  · Ses ouvrages sont décousus, confus, plein de répétitions  · Fragmentation ? Travail en cours  · Défauts formels en relation avec la jeunesse de sa discipline  · Se constitue au fur et à mesure de la clinique  · La discipline a besoin de temps pour se constituer  · Politzer installe la discipline dans l’histoire – pas dans la mythologie

c) Commente le livre d’Allendy & Laforgue, La psychanalyse et les névroses :  · Politzer leur reproche la polarisation sur le seul Freud  · Et l’oubli de jeunes chercheurs

d) La psychanalyse n’est pas une science :  · « La charpente théorique de la psychanalyse est tout ce qu’il y a de plus provisoire. Les théories que Freud appelle lui-même « topiques », à savoir la distinction entre l’inconscient, le préconscient et le 4 conscient sont de grossières hypothèses de travail, de même que les hypostases comme la Censure, le Refoulement, et même la Libido. Sans être formaliste au point de faire grief à une science du manque de beauté architectonique de ses théories, nous pouvons affirmer que tout le fondement théorique de la psychanalyse est à refaire » (Ecrits 2, 12).  · 1924. Politzer a 21 ans.

e) Critique aussi la critique de la psychanalyse  · Quand cette critique n’est pas scientifique  · Compte-rendu de Charles Blondel, Réflexions critiques dans Le mythe de l’antipsychanalyse  · Critique la critique moralisatrice, idéaliste, spiritualiste

f) Contre la critique idéaliste de la psychanalyse, mais pour sa critique matérialiste :  · Politzer : « la psychanalyse, c’est le roman élevé au niveau de la science » (Ecrits 2, 44)  · Contre ceux qui sont contre pour des raisons idéalistes  · Mais contre pour des raisons scientifiques

g) Freud mérite de rester :  · Il part de l’homme concret  · L’homme sexué, sexuel  · Les relations libidinales œdipiennes  · Rêve et masturbation, actes manqués et lapsus  · Construction d’une identité sexuelle dans l’intersubjectivité familiale  · Tout ce qui constitue « l’homme inconvenant »  · Il aborde l’homme sans souci de la morale  · Ne juge ni ne condamne  · En scientifique indépendant du judéo-christianisme  · Il élargit la psychologie classique  · Même s’il part d’elle  · La psychanalyse va bouger : elle s’inscrit dans un cadre dialectique  · Politzer : « Il n’est pas impossible qu’elle soit dans sa force actuelle condamnée à disparaître. Mais n’est-il pas inutile de courir à la recherche de cet avenir qui ne se dessine même pas aujourd’hui ? »  · Dans l’état actuel, la psychanalyse n’obtient pas plus de résultats théoriques et pratiques que la psychiatrie officielle

 

VII./ « LA CRISE DE LA PSYCHANALYSE »

a) Quatre ans plus tard, 1929 :  · « La crise de la psychanalyse », in « Revue de psychologie concrète »  · Freud est toujours vivant : vedette internationale  · Vient de publier L’avenir d’une illusion (1927)  · Va faire paraître Malaise dans la civilisation (1930)

b) La psychanalyse existe sur tous les continents  · On le traduit en Chine  · Leiris commence une psychanalyse à Paris sur les conseils de Bataille  · Wittgenstein le commente à Cambridge  · Commenté partout dans des congrès en Europe, au japon, en Inde, au Brésil, aux ÉtatsUnis  · Politzer parle alors de crise de la psychanalyse...

c) Les 20 premières années : période historique  · Mais en 1929 : « nouvelle scolastique »  · Elle n’évolue plus  · Les impulsions géniales de Freud n’ont pas été suivies  · Les épigones sont mauvais

d) Freud est prisonnier de son temps et des modes de son époque :  · Le scientisme du XIXème  · La mythologie énergétique et sa conception dynamique des topiques  · Il faut une rénovation sous peine de mort

e) Politzer applaudit au changement de topique  · La première était conceptuelle, la seconde est plus historique

f) Souscrit aux découvertes thérapeutiques et à leur valeur clinique

 

VIII./ REPONSE A UNE CRITIQUE DE SA CRITIQUE

a) Répond au Dr. Hesnard, A propos d’une prétendue « Crise de la psychanalyse »  · Critique serrée, ligne à ligne  · Politzer met à jour les éléments de langage des psychanalystes face aux critiques :  - N’avoir pas été analysé interdit un examen critique de la psychanalyse  - N’être pas psychanalyse interdirait la critique de la psychanalyse  · « Cela revient à dire que ceux-là seuls auraient le droit de se critiquer entre eux qui, en fait, n’en ont aucune envie » (229)  · Contre Hesnard pour qui la psychanalyse n’est pas le prétexte d’une revue luxueuse  · Mais une thérapie qui doit se faire comprendre de ses malades :  - Répond « que la physique n’est pas faite pour être comprise des atomes et qu’une science en général n’élabore pas ses théories en s’adaptant à la « mentalité » de son objet. Sans cela ne pourrait être érigée en théorie vétérinaire par exemple qu’une théorie pouvant être comprise des bœufs, et ainsi de suite » (231).

b) Devenue institutionnelle,  · Autour du seul Freud,  · Scolastique, dogmatique,  · Imperméable aux critiques  · La psychanalyse est incapable d’évoluer  · Figée dans un catéchisme, elle va mourir si elle refuse la critique

 

IX./ CONTRE LE FREUDO-MARXISME

a) En novembre 1933 parle du freudo-marxisme – auquel Freud devra son succès français  · Freudo-marxiste français : Jean Audard (une dizaine de lignes dans les 1278 pages de l’Histoire de la psychanalyse en France de Roudinesco)  · Ecrit Du caractère matérialiste de la psychanalyse dans Les cahiers du sud  · Thèses d’Audard :  · Le marxisme reste idéaliste  · La psychanalyse est matérialiste  · Le salut du marxisme passe par une revivification du premier par la seconde  · Le freudo-marxisme : la voie royale pour une renaissance du marxisme

b) Récusation de Politzer :

1. Le freudo-marxisme se propose de vider le marxisme de sa substance révolutionnaire

2. La psychanalyse :  · Une idéologie réactionnaire, philosophie idéaliste  · Une pensée dangereuse  · Un irrationalisme auquel s’abreuve le fascisme et le nazisme :

c) Dans : « Psychanalyse et marxisme. Un faux contre-révolutionnaire. Le freudo-marxisme » :  · « Contrairement à la prétention qui consiste à faire vouloir en faire une science, la théorie de la psychanalyse est un système philosophique construit en partant d’un certain nombre de faits, dont il  s’agirait d’ailleurs de vérifier la liste, mais qui, en tout cas, sont, à l’heure qu’il est, complètement écrasés  par le fatras pesant des élucubrations » (Ecrits 2, 269).  · Noter le travail de vérification des listes...

d) On croit Freud sur parole  · Sa culture générale ne dépasse pas celle d’un bourgeois ayant fait des études de médecine  · Lettres classiques, mythologie  · Mais aucune science : maths, biologie, physique, chimie, physiologie  · récits mythologiques, folklore, légendes, tragédies  · Images, concepts, abstractions, allégories  · C’est une philosophie idéaliste aux antipodes de la science

e) « Freud subit l’influence non pas des courants scientifiques et philosophiques les plus avancés, mais des courants les plus réactionnaires » (272) –  · Dont le courant énergétique qui lui permet d’élaborer sa théorie de l’inconscient, premier moteur immobile  · Ni matérialiste, ni dialectique, ni historique, ni scientifique  · La psychanalyse est une mythologie mystifiante  · Elle a laissé croire à son caractère subversif en réduisant ce qui est à la libido  · La bourgeoisie croit s’encanailler à peu de frais en souscrivant à ces thèses

 

CONCLUSION

1. Ce compagnonnage débouche sur une collusion psychanalyse et nazisme

2. D’où la nécessité d’une psychologie concrète postfreudienne


BIBLIOGRAPHIE

  • Politzer, Ecrits 1. La philosophie et les mythes, Editions sociales
  • Politzer, Ecrits 2, Les fondements de la psychologie, Editions sociales
  • Victor Farias, Heidegger et le nazisme, Verdier
  • Dominique Janicaud, Heidegger en France, Tome 1 Récit, Albin Michel
  • Dominique Janicaud, Heidegger en France, Tome 2 Entretiens, Albin Michel
  • Emmanuel Faye, Heidegger. L'introduction du nazisme dans la philosophie, Albin Michel
  • Jacques van Rillaer, Les illusions de la psychanalyse, Mardaga

________________

 

Voir : Le résumé du cycle de vingt-cinq conférences, l’été 2012 

 


 

Chers internautes,


L’année dernière, nous étions fidèles au poste, et chaque jour pendant un mois, nous donnions bénévolement de notre temps et de notre énergie pour mettre à votre disposition sur ces pages : un lien vers France Culture, un podcast et un synopsis du cours. Cette année, j’ai décidé de renouveler l’expérience espérant tenir la cadence (mes « coéquipiers » sont les bienvenus pour prendre la relève).  

Pourquoi? Parce que ces conférences sont toujours passionnantes, contrairement à certaines interventions médiatiques de Michel Onfray, et j’aimerais qu’elles puissent être écoutées par toute personne susceptible de s’y intéresser, sans restriction aucune. Et enfin, je le fais pour remercier chaleureusement monsieur Patrick Frémeaux, grâce à qui je suis devenue un peu plus lucide.

 

Michel Onfray n’oublie jamais de souligner, lors de chacune de ses interventions, que ses cours à l’Up de Caen sont gratuits et accessibles à tous. Et c’est vrai. Ceux qui assistent aux séminaires en direct, au théâtre d’Hérouville-Saint-Clair chaque lundi, ne payent pas de billets d’entrée, bien évidemment. Ces cours sont ensuite diffusés gratuitement sur France Culture au mois d’août, l’auditoire devient encore plus large, et c’est tant mieux. 

Mais la gratuité et le bénévolat s’arrêtent là, et les enjeux financiers commencent. Jusqu’à l’année dernière, les conférences étaient disponibles pour les retardataires pendant six mois sur le site de l’émission de France Culture. A partir de cette année, « pour des raisons de droits de diffusion et d’utilisation des enregistrements de ces conférences, chaque numéro […] sera podcastable et réécoutable uniquement pendant 15 jours ». Après, ces conférences seront vendues en coffrets d’une valeur d’environ 80 euros chacun par l’éditeur phonographique de Michel Onfray. 

 

Jusqu’à l’année dernière, j’étais l’une de ces personnes qui achetaient les conférences « gratuites ». C’est moi, vous, c’est nous qui engendrons les bénéfices des ventes. Nous finançons qui, quoi?

Peut-être grâce à cet argent, les subventions publiques allouées à l’université populaire - subventions parfaitement légitimes et nécessaires bien évidement, mais insuffisantes, subventions fragiles que la folle et avide secte freudienne a voulu faire disparaître il y a deux ans - ont été augmentées et ont permis d’élargir les activités éducatives et culturelles de l’Up, stimulantes pour toute la région, suivies au niveaux national et international ; je l’ose espérer… 

Peut-être le train de vie de Michel Onfray - confortable et sans soucis financiers, parfaitement mérité - en dépend. C’est possible, mais il me semble que le philosophe est plutôt à l’abri du besoin, et d‘autre part, l’argent n’est absolument pas sa motivation première, c’est un homme passionné par son travail, son rapport à l’argent est très sain, il le répète souvent et je ne doute pas de sa sincérité : l’argent est là, c‘est très bien, il n’est pas là, c‘est très bien aussi. 

 

Que finançons-nous donc en achetant les fameux coffrets et qui tient à ces « droits de diffusion « au point de modifier la durée des podcasts et de la réécoute d’une émission sur France Culture? Je n’en sais rien.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que les gens qui achètent ces coffrets ne sont pas forcement les plus aisés, au contraire,  parfois cet achat « superflu » représente un effort budgétaire conséquent. Je sais également que des conférences vraiment gratuites existent, si vous vous en souvenez, Constance avait déjà parlé du Pharmakon de Bernard Stiegler dans l’un de ses commentaires. J’aimais bien aussi la position du philosophe voyou Olivier Saint-Vincent concernant ses propres diffusions, qu’il avait exprimée dans un courriel, mais je ne peux pas tout répéter. :~) 

Et si vous utilisiez votre esprit critique envers tout le monde sans exception comme nous l’apprend si bien Michel Onfray… Vous pouvez donc vous abonner aux podcasts des conférences sur le site de France Culture (j’ai inséré le lien dans le titre de la conférence), les enregistrer tout à fait légalement et conserver dans vos documents dans votre ordi, transférer sur la clé USB, graver… Vous pouvez ensuite les prêter à des amis, envoyer  par courriel… Se débrouiller, s’entraider, créer des micro-résistances… Ça vous dit quelque chose? … 

Vous pouvez également les acheter, si vous en avez toujours envie. 

Bonne écoute!

Ewa  - anarchiste anonyme, en association avec l’arrière-grand-père Démocrite, des pervers hérétiques freudiens et des consciences réfractaires 


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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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