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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 23:20

 

Avant, je n’aimais pas la Fête de la musique. Mais c’était avant. A force d’entendre desfête de la musique Canal-st-martin snobs, des misanthropes, les vieux grincheux aigris et amers, pester contre ces foules de «jeunes» abrutis, contre leur bruit appelé «musique«, assourdissant et agressif, - j’ai changé d’avis, je l’aime bien maintenant. L’esprit de contradiction, quand tu nous tiens… 


Et puis, même si comme moi vous aimez et cherchez le silence, essayez, une fois par an, un bel après-midi de fête de la musique, d'aller flâner avec les Personnes de Choix  le long du Canal Saint-Martin, des guitares de rastas «post-modernes» de la place Stalingrad jusqu’aux tam-tams de la Villette - et vous m’en direz des nouvelles.


Mais pour l’instant, je vous propose, à mes risques et périls, autre chose :  la musique qui ne vous sera probablement pas très familière.

La première vidéo «inconnue» - une belle ballade rock, mélodieuse et mélancolique - est susceptible de plaire à tous, ou presque.

La deuxième - d’une maestria exceptionnelle, fascinante, mais un peu «dérangeante» - ne fera certainement pas l’unanimité, mais si elle intéresse au moins une personne, je serai ravie et mon pari sera gagné.

La troisième - bien connue, la valeur sûre - réconciliera tout le monde.

Si vous disposez d’un quart d’heure, écoutez et regardez toutes les trois, l’une après l’autre, pour le rythme et pour la «petite histoire». Si vous les appréciez, n’hésitez pas à piocher dans les vidéos liées à ces trois [par exemple : 1. Bal wszystkich swietych (Bal de tous les saints), 2. Janine Jansen - Mythes, 3. Just the way you are, etc.]

Bonne fête! :~)

 

*
Groupe Budka suflera (Trou du souffleur) - « Martwe Morze » (La Mer Morte), 1999

« La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être - s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées - la communication des âmes. »
                                                                                                      Marcel Proust, La Prisonnière 


**
Karol Szymanowski, Tarentelle op.28
Violon : Xiang Yu, Piano : David Meier 
Oslo, l’Académie norvégienne de musique, 2010

« Le virtuose ne sert pas la musique ; il s’en sert. »

Jean Cocteau, Portraits-Souvenirs  


***
Diana Krall, « The look of love », 2002

« La Musique creuse le ciel. »
Charles Baudelaire, Fusées  
 


A consulter également d'autres propositions musicales du banquet :
 
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 07:11

 

Les sujets corrigés du bac philo 2012


Un jour avant avant les épreuves du baccalauréat, les futurs bacheliers, absorbés par les dernières révisions, ainsi que les anciens, fort nostalgiques, seront peut-être intéressés par les vidéos du site le web pédagogique qui propose quelques sujets-corrigés du bac de philo 2011.

 5. Extrait du Gai Savoir de Nietzsche

Par professeure Laurence Hansen-Love.

    



Extrait du Gai Savoir de Friedrich Nietzsche 

« Nous disons bonnes les vertus d'un homme, non pas à cause des résultats qu'elles peuvent avoir pour lui, mais à cause des résultats qu'elles peuvent avoir pour nous et pour la société : dans l'éloge de la vertu on n'a jamais été bien "désintéressé", on n'a jamais été bien "altruiste" ! On aurait remarqué, sans cela, que les vertus (comme l'application, l'obéissance, la chasteté, la piété, la justice) sont généralement nuisibles à celui qui les possède, parce que ce sont des instincts qui règnent en lui trop violemment, trop avidement, et ne veulent à aucun prix se laisser contrebalancer raisonnablement par les autres. Quand on possède une vertu, une vraie vertu, une vertu complète (non une petite tendance à l'avoir), on est victime de cette vertu ! Et c'est précisément pourquoi le voisin en fait la louange ! On loue l'homme zélé bien que son zèle gâte sa vue, qu'il use la spontanéité et la fraîcheur de son esprit : on vante, on plaint le jeune homme qui s'est "tué à la tâche" parce qu'on pense : "Pour l'ensemble social, perdre la meilleure unité n'est encore qu'un petit sacrifice ! Il est fâcheux que ce sacrifice soit nécessaire ! Mais il serait bien plus fâcheux que l'individu pensât différemment, qu'il attachât plus d'importance à se conserver et à se développer qu'à travailler au service de tous !" On ne plaint donc pas ce jeune homme à cause de lui-même, mais parce que sa mort a fait perdre à la société un instrument soumis, sans égards pour lui- même, bref un "brave homme", comme on dit. »

Explication
  

nietzsche signature portrait-copie-1 Dans ce texte Nietzsche prend un malin plaisir à relever les paradoxes de la morale. Il montre que celle-ci n'a rien d'éternel ni d'absolu, mais qu'elle obéit en réalité à des buts dissimulés et qui eux-mêmes n'ont rien d'éthique. Il s'agit de finalités sociales. En réalité, la vertu nous fait du mal car elle réprime des instincts qui eux, nous feraient du bien. Bref, la société a inventé les vertus pour apaiser la vie sociale, mais pas pour faire le bonheur de chacun.

Dans un premier temps (la première phrase), Nietzsche expose son idée de manière synthétique. La moralité fondée sur les vertus est contradictoire, car elle nie deux aspects valorisés de la conduite morale : le désintéressement et l'altruisme, c'est-à-dire le sacrifice de ses propres intérêts et le souci d'autrui. Le conflit oppose le « je » de l'activité morale et le « nous » de la société.

Dans un deuxième temps (de « On aurait remarqué… » à « …en fait la louange »), il cherche à démontrer que l'exercice des vertus est plus que contradictoire : nuisible pour le sujet humain. En effet, les vertus que Nietzsche attribue à la religion (chasteté, piété) ou à la société industrielle moderne (application, obéissance, justice) répriment des instincts puissants et profonds. Il estime que nous sommes animés de forces créatrices et affirmatives de la vie, fondées en grande partie sur le désir, et qu'il serait bon de les laisser s'exprimer. Le cas échéant, l'art, l'héroïsme, la création en général seraient impossibles. La vertu est donc une manière de se priver de ce qui fait le meilleur de l'homme.

Dans une troisième temps (« On loue l'homme zélé… » à « la fin), Nietzsche développe l'exemple personnalisé d'un individu valorisé par la société moderne fondée sur le produit des travailleurs. Il fait le portrait du petit employé qui use ses forces vitales (sa vue, sa créativité) et vit en esclave d'une société qui a inventé ces vertus pour le faire obéir.

Il existe donc une guerre entre l'individu et la société. La moralité constitue une des armes privilégiées de celle-ci pour gagner la partie. Pour finir, Nietzsche oppose l'image compatissante du « brave homme » pour dire que l'on a transformé un être qui aurait pu être libre et artiste en chose utile, en instrument pour la collectivité. 

En négatif, il en appelle à une libération de l'homme qui passerait par l'expression de ses désirs profonds. Il critique une société fondée sur le travail et qui transforme l'individu en agent de production.

En ce sens, même si l'on doit s'interroger sur ce que serait une société d'homme laissant libre cours à leurs instincts, on peut voir dans ce texte un appel à une vie personnelle plus riche et créative, libérée des aliénations sociales et professionnelles.

Source : Philosophie Magazine  

 

 

La morale est-elle nécessaire à la vie des hommes en société ?  

16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 11:47

 

Deux jours avant les épreuves du baccalauréat, les futurs bacheliers, absorbés par les dernières révisions, ainsi que les anciens, fort nostalgiques, seront peut-être intéressés par les vidéos du site le web pédagogique qui propose quelques sujets-corrigés du bac de philo 2011.

4. Les Pensées de Pascal 

Par professeure Laurence Hansen-Love.

     


 

Extrait des Pensées de Blaise Pascal : « ... chaque degré de bonne fortune qui nous élève dans le monde nous éloigne davantage de la vérité, parce qu'on appréhende plus de blesser ceux dont l'affection est plus utile et l'aversion plus dangereuse. Un prince sera la fable de toute l'Europe, et lui seul n'en saura rien. Je ne m'en étonne pas : dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu'ils se font haïr. Or ceux qui vivent avec les princes aiment mieux leurs intérêts que celui du prince qu'ils servent ; et ainsi, ils n'ont garde de lui procurer avantage en se nuisant à eux-mêmes.

pascale pensées manuscritCe malheur est sans doute plus grand et plus ordinaire dans les plus grandes fortunes ; mais les moindres n'en sont pas exemptes, parce qu'il y a toujours quelque intérêt à se faire aimer des hommes. Ainsi, la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle ; on ne fait que s'entre-tromper et s'entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d'amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu'il n'y est pas, quoiqu'il en parle alors sincèrement et sans passion.

L'homme n'est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à l'égard des autres. Il ne veut pas qu'on lui dise la vérité, il évite de la dire aux autres ; et toutes ces dispositions, si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son coeur. »

 

Thèse. L'homme, dit Pascal, n'a que rarement intérêt à la vérité. Pire, il lui paraît que la tromperie et la flatterie sont l'une des principales conditions du maintien du lien social et de l'estime de soi. C'est donc un texte pessimiste qui souligne que la nature de l' homme n'est pas compatible avec le goût pour la justice et la recherche de la vérité.

 

Pascal.jpgExplicationDans le premier paragraphe, Pascal affirme que plus on monte dans l'échelle sociale, plus on réussit (chaque degré de bonne fortune), moins on a intérêt à dire la vérité. Parce qu'on risque de blesser ceux dont on a besoin pour continuer à s'élever, or, pour ces derniers, plus ils sont haut placés, plus ils sont susceptibles car fiers d'eux. C'est pourquoi on ne dit jamais la vérité au Prince car tout le monde a, d'une manière ou une autre, besoin du Prince qui saura donc le dernier informé à savoir que l'on se moque de lui et qu'on le critique derrière son dos (Un prince sera la fable de toute l'Europe, et lui seul n'en saura rien). Par égoïsme, nous n'avons donc aucun intérêt à dire la vérité en société. Rien à gagner mais tout à perdre (dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent) 

Dans le deuxième paragraphe, Pascal précise que l'argument n'est pas seulement valable pour les puissants, les riches et ceux qui occupent des positions élevés dans l'échelle sociale (les moindres n'en sont pas exemptes). En effet, il y a toujours intérêt à être aimer des autres. Or, par définition, la vérité est souvent blessante car elle va l'encontre des illusions que nous nourrissons sur nous-mêmes. La preuve : nous avons souvent du mal à « nous avouer la vérité », à « voir la vérité en face » comme le dit l'expression. Nous préférons nous « bercer de douces illusions » etc. L'homme préfère souvent entretenir l'illusion que d'accepter la vérité et celui qui va à l'encontre de la règle s'attirera de l'inimitié (la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle ; on ne fait que s'entre-tromper et s'entre-flatter). L'attirance pour la vérité n'est donc pas compatible avec les passions et les vertus sociales, c'est-à-dire les ressorts qui entretiennent le bon fonctionnement de la société (L'union qui est entre les hommes n'est fondée que sur cette mutuelle tromperie). Paradoxalement, la sincérité, la franchise sont, du point du vue du lien social, des défauts et des inconvénients. Les vices (dissimulation (déguisement), mensonge, hypocrisie), à l'inverse, apparaissent comme des vertus dans cette perspective.

La fin du texte trahit une tonalité très pessimiste (l'homme n'est que…). Pascal tire une conclusion générale de son jugement en mettant en cause la nature humaine elle-même ( toutes ces dispositions…ont une racine naturelle dans son coeur). 

Ce texte permet d'évoquer un problème traditionnel concernant la société et le maintien du lien social. Faut-il que les hommes s'aiment pour vivre ensemble ? Faut-il qu'il soient vertueux et qu'ils aient le goût de la justice pour que la société soit juste ? Pascal pense que non et qu'il ne faut donc pas compter sur les hommes pris individuellement pour qu'une société soit juste et soucieuse de vérité. L'individu reste toujours enfermé dans les limites étroites de ses intérêts pour considérer l'intérêt général.

      Source : Philosophie Magazine 

 


Faut-il craindre le regard d'autrui ?

*
Avons-nous le devoir de chercher la vérité ?


A consulter  également : 

1. La culture dénature-t-elle l’homme ? 

2. L’homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ? 

3. L'art est-il moins nécessaire que la science ?5.

5. Extrait du Gai Savoir de Nietzsche

 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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