Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 14:36

 

 

"Top 10 des clichés sur le féminisme et les féministes"  

 

féministe bulles11


Cet article était publié le 26 mai 2011 sur le site de tous les tops possibles et imaginables : topito

Comme le titre l’indique, rien de sérieux, juste pour sourire et constater avec amusement ou agacement, ou avec un mélange de deux, que les clichés ont vraiment la peau dure.

« Moi, féministe? Non, je ne suis pas contre les hommes. » - voilà l’exemple parfait de la naïveté stupide, ridicule et désarmante et de l’incompréhension la plus totale du féminisme. 

Et cette peur constante de déplaire, ce manque de courage pour assumer ses convictions, cette lâcheté qui est loin d’être typiquement masculine…

_________________

« Je ne suis pas féministe mais… Voilà sûrement la phrase dans laquelle on entend le plus souvent le mot féministe. Oui le F-word, comme l’appelle les anglophones, fait peur et on hésite avant de s’en réclamer pour diverses raisons qui ont la peau dure. Tour d’horizon des petits et gros clichés sur les féministes et le féminisme. 

féministe logo feminisme

 

1. La féministe n’en a jamais assez : Certains diront que le féminisme c’est « has been ». Ou comment associer un combat à une coupe de cheveux. Pour beaucoup, le féminisme c’est un truc de hippies des années 60, nécessaire à l’époque, mais dépassé aujourd’hui. En bref, un truc perpétré par une bande de chieuses qui en veulent toujours plus et râlent tout le temps. Et c’est vrai que mis à part les inégalités de salaires persistantes, une femme tuée par son conjoint tous les trois jours, 75 000 viols par an, les réflexions machistes ou de publicités dégradantes qui circulent en tout impunité … tout est réglé aujourd’hui.

 

féministe couteau tête

2. La féministe n’aime pas les hommes et voudrait tous les réduire en esclavage après les avoir émasculé (de toute façon elle est lesbienne) : A part dans les cauchemars d’Eric Zemmour, les féministes se réunissent rarement en société secrète pour comploter et conquérir le monde tels les Minus et Cortex en jupette. Le féminisme, ce n’est pas du machisme à l’envers évidemment. Ce n’est pas militer pour la supériorité des femmes mais simplement pour une juste égalité bénéfique à tous. La course à la virilité, c’est fatiguant pour tout le monde.


3. Variante suivante sur le thème de la guerre des sexes : la féministe veut être un homme, car elle est jalouse et rêve secrètement d’avoir un pénis. Merci à Freud. Ben oui, certaines féministes jouent sur les codes masculins… et d’autres au contraire, surjouent la féminité. En plein essor du lipstick féminism (strip tease burlesque et autre) le féminisme aujourd’hui consiste plus à se réapproprier les codes de genre et les réinventer pour que chacun(e) puisse s’épanouir comme il le souhaite (ce qui est justement le contraire de l’uniformité). Il y a même des féministes qui se maquillent et portent des jupes! Si si.

 

4. Au contraire, la féministe est frustrée, hystérique, mal baisée, moche ou n’a pas trouvé le bon (rayer la mention inutile) : « et quand elle a ses règles j’vous raconte même pas mon pov’ monsieur ». En gros une femme ne peut pas être heureuse par elle même, mais seulement avec l’aide d’un homme (à savoir celui qui la remettra dans le droit chemin et lui donnera envie de vivre heureuse derrière ses fourneaux et au milieu de « beaucoup d’enfants »). Faut-il rappeler qu’il y a pas si longtemps encore, hystérie et sexualité étaient « médicalement » liées ? Comme quoi le progrès des mentalités n’est pas toujours rapide…feministe-barbe.jpg

 

5. La féministe est poilue : Et Frida Khalo ? Et Julia Roberts ? Et Audray Pulvar, Clémentine Autain ? Et… et on s’en fout non ? 

 

6. La féministe défend une pensée unique : allez dire ça à celles qui s’arrachent les cheveux sur la question de la prostitution ou du voile. Sans rentrer dans les différent(isme)s (matérialisme, différentialisme et autre réjouissances), le féminisme c’est de nombreux courants et des débats profonds. En bref, le contraire de la pensée unique.

 

7. La féministe n’a aucun sens de l’humour et sort les griffes à chaque blague sexiste : effectivement une petite blague machiste n’a jamais tué personne. Mais les blagues sur les blondes et les clichés sur les femmes, à la longue, c’est usant. En plus comme humour entre Bigard et Télé Loisirs on doit pouvoir faire mieux non. Pour les lourdauts qui trouvent toujours ça drôle et inoffensif, amusez vous à remplacer le mot « femme » par « noir » ou « arabe » dans ce genre de blagues. « Pourquoi les femmes/les arabes ne peuvent pas attraper la maladie de la vache folle? Parce que c’est une maladie qui touche le cerveau ».

féministe jupe foulard

 

8. La féministe est réactionnaire et moralisatrice : Elle crie au scandale devant le moindre téton échappé d’une pub et s’oppose à la prostitution ou aux mères porteuses. D’abord cela ne reflète pas la totalité du mouvement féministe (voir par exemple le courant « pro-sex » en pleine expansion qui inspire notamment les syndicats de travailleurs(euses) du sexe). Ces sujets touchent certes à la sexualité mais le problème ce n’est pas « ce sein qu’on ne saurait voir » ou l’aspect moral mais bien la marchandisation d’un corps et souvent celui de la femme. Se mettre à poil, coucher ou faire ce qu’on veut de son utérus n’a jamais posé problème si cela ne s’inscrit pas dans un rapport marchand.

 

9. La féministe nie les évidences naturelles : L’homme plus fort que la femme, l’instinct maternel, l’horloge biologique, Mars, Vénus tout ça tout ça… Sans parler du sublime argument animalier « C’est comme ça que ça se passe chez nos amis les animaux et on reste quand même des animaux ». Pourtant, le reste du temps on est bien content de dépasser les contraintes naturelles et d’être plus que des animaux. Après on pourrait envenimer la situation en criant sur tous les toits que c’est la lionne qui chasse et les hippocampes mâles qui élèvent leurs petits. Les modes d’oganisations peuvent être variés, oui. D’ailleurs 5% des humaines naîtraient intersexués, comme quoi cette grande différence des sexes, elle tient pas à grand chose.

 

10. La féministe est une femme : celui-là, on n’est pas allé le chercher bien loin. Il y a bien sûr des hommes féministes mais en minorité. Et c’est bien dommage car contrairement au machisme qui tue tous les jours, le féminisme, lui, n’a jamais tué personne. » 

       

      ______________________

 

JL Mélenchon, le féministe ? Peut-être. La récupération politique ? Sûrement.

En tout cas, je n’aurais jamais publié la vidéo de Marine Le Pen. Martine Aubry - l’amie de DSK, ne me donne pas trop envie non plus. Comme quoi, le féminisme n’est pas une question de sexe.

"Enfin et surtout, être féministe, c'est vouloir repenser les rapports de sexe, se battre contre les rapports dominant / dominé, casser les modèles sociaux ; c'est opter pour une autre société. Le féminisme n'est pas une question de sexe (l'exemple de certaines femmes militant contre l'IVG ou pour le retour des femmes au foyer montre suffisamment qu'être une femme n'est pas un brevet de féminisme !) : c'est une question de valeurs, c'est un choix de société." - Mix-cité

J’entends déjà certains de mes amis me dire que « le féminisme, cette idéologie post-moderne, permet de noyer les rapports de lutte des classes ». Un monde sépare une femme de ménage d’une femme pédégé. Évidement, mais ces deux problématiques se superposent en se favorisant mutuellement, tout simplement. Ce qui sépare une femme de ménage d’un homme de ménage c’est que ce dernier n’existe pas, ou presque. Et entre une femme pédégé et un homme pédégé (qui, à notre grande surprise, existe bel et bien et il est même très largement majoritaire) il y a, entre autres, un écart de salaire de 25%. 

"Le féminisme n’est pas lié à l’apparence sexuelle mais à une analyse politique de la répartition des pouvoirs dans notre société. Tout(e) démocrate cohérent(e) devrait se revendiquer féministe. Certaines femmes (trop) ne le sont pas. Certains hommes (pas assez) le sont."

Isabelle Alonso, Pourquoi je suis Chienne de garde, Robert Laffont 2001, page 101

Ewa    

(avec l'aide de Marc)    

Published by quatuor - dans Daubes et salades
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 13:58

 

CULTIVER LA PHILOSOPHIE  

 

 

J’ai semé sur la lisse glèbe

d’un tabouret en bois

l’idée d’infini

regardez comme elle pousse vite

- dit le philosophe en se frottant les mains

 

Effectivement elle pousse

comme un champignon

Dans trois ou peut-être quatre

quarts d’éternité

elle le dépassera même

d’une tête

 

J’ai également bricolé un cylindre

- dit le philosophe

au sommet du cylindre un pendule

vous comprenez déjà de quoi il s’agit

le cylindre c’est l’espace

le pendule c’est le temps

tic - tic - tic

- dit le philosophe et en riant fort

 agite ses petites mains

 

et finalement j’ai inventé le mot essence

mot dur et sans éclat

il faut écarter longtemps les feuilles chaudes avec les mains vivantes

il faut piétiner les images 

qualifier le coucher de soleil de phénomène

pour découvrir derrière tout cela

la morte blanche

pierre philosophale

 

maintenant nous nous attendons

à ce que le philosophe pleure sur sa sagesse 

mais il ne pleure pas

enfin l’essence ne s’émeut pas

l’espace ne fond pas

et le temps ne s’arrêtera pas dans sa course éperdue

 

ZBIGNIEW HERBERT

Traduit par Ewa


_philosophie_pierres.jpg

 

      Ewa   (Merci à G.D. pour "Last song" )  

Published by quatuor - dans Goût des autres
commenter cet article
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 12:45

 

 

Ouest-FranceDeux interviews à découvrir ce 20.02.2012 sur le site du journal Ouest france.

La première, centrée sur L'ordre Libertaire, est consacrée à Albert Camus, la seconde, beaucoup plus intimiste, aborde les livres en préparation dont le Cosmos.

Les propos sont recueillis par François Boscher.


F. B. : Qu'est-ce qui vous a amené à écrire sur Camus ?

M. O. : J'entendais souvent des commentaires dépréciant Camus, notamment à propos de la guerre d'Algérie, disant qu'il défendait les petits Blancs, le colonialisme. On a écrit beaucoup de choses injustes sur lui, notamment en le lisant avec des lunettes sartriennes. Paradoxalement, il n'y avait rien sur Camus et la politique.

F. B. : 2012, c'est aussi le 50anniversaire du traité d'Évian

M. O. : Camus a toujours voulu la paix et refusé la guerre. Il a fait un appel à la trêve, est intervenu de façon discrète pour sauver 150 personnes du FLN, (indépendantistes algériens, NDLR) à une époque où on leur tranchait la tête et où le ministre de la Justice s'appelait Mitterrand. Et Camus n'a jamais mis ça en avant...

F. B. : Pourquoi ce cahier avec des photos très dures de la guerre d'Algérie ?

M. O. : Pour montrer la réalité. Là où Sartre n'était jamais dans la réalité mais juste dans l'idée, Camus dit qu'il faut décrire les choses. La guerre c'est aussi des enfants égorgés, des femmes violées. Camus demande si c'est ça que nous voulons ! La plupart du temps, les philosophes sont soucieux des idées, mais se fichent des effets dans la réalité. Pour Camus, c'est l'inverse.

F. B. : Camus écrivain ou philosophe, éternel débat

M. O. : À la lueur de la définition sartrienne qui voudrait que la philo soit difficile à appréhender, voire rebutante, il n'est pas philosophe. Mais l'oeuvre de Camus est pourtant une proposition lisible de la vision du monde : en ce sens c'est un philosophe, à mon avis l'un des plus grands.

F. B. : On vous sent proche de Camus. Au point d'être converti au football ?

M. O. : Ça non ! Quand on me demande ce qui me différencie de lui, je trouve que le football en fait partie (rire).

F. B. : Les points communs semblent nombreux entre Camus et Onfray

M. O. : Avoir un père ouvrier agricole et une mère femme de ménage, dans les deux cas, ça ne s'invente pas... Il y a aussi la préférence de la province à Paris, l'Algérie pour Camus, la Normandie pour moi. Le fait de n'être ni agrégé ni normalien, de ne pas être formaté par une institution. Il y a aussi cet aspect libertaire, de gauche viscérale et radicale mais ni communiste ni marxiste. J'ai toujours été mal à l'aise avec la frange la plus intolérante de la gauche la plus anti-libérale. Même aujourd'hui, avec Mélenchon qui dit des choses insupportables quand il justifie Cuba, ou le Tibet occupé par les Chinois.

F. B. : Camus au Panthéon, une fausse bonne idée ?

M. O. : Malheureusement, ça sentait la récupération. Tout le monde a le droit d'aimer Camus, y compris Sarkozy, mais l'aimer c'est aussi le pratiquer : cela implique le souci de la justice, des humbles, de la vérité... Ceci dit, Hollande n'est pas plus légitime que Sarkozy pour récupérer Camus comme il l'a fait lors du discours du Bourget ! Mais comme Camus est l'un des écrivains préférés des Français...

F. B. : Votre livre est une invitation à découvrir ou relire Camus. Que conseillez-vous ?

M. O. : Tout le monde peut accéder au Premier homme, roman inachevé qu'il écrivait avant sa mort. Des pages extraordinaires, à pleurer. On peut ajouter Noces à Tipasa et ses chroniques Actuelles.

F. B. : Comment la famille de Camus a-t-elle réagi à ce livre ?

M. O. : Très bien. Sa fille Catherine viendra à Argentan lors de la journée Camus prévue à l'Université populaire du goût, le 14 mai.

                                           

 

Trois questions à... Michel Onfray 

F. B. : Livres, conférences, cours de l'université populaire : vous restez toujours autant prolixe...

M. O. : Il y a effectivement plusieurs ouvrages bien avancés voire achevés : un livre d'entretiens sur la musique avec Jean-Yves Clément, mais aussi le 5e tome du Journal hédoniste, le 8e volume de la contre-histoire de la philosophie. Ainsi qu'un court texte contre Sade, La passion de la méchanceté. Je suis sidéré qu'on puisse porter aux nues ce type qui fait l'éloge de la monstruosité, du viol, de la brutalité sexuelle !

F. B. : Vous préparez également un livre plus intime

M. O. : Un projet qui pourrait même effacer la totalité de mes livres précédents, issu de méditations et de réflexions, de mon deuil après la mort de mon père voici deux ans. Je ne suis pas chrétien ni même croyant, je n'ai pas le sens de la transcendance... mais en même temps ça a changé des choses. Ce livre, qui s'appellera vraisemblablement Cosmos, sera une invitation à aller au-delà des livres, disant qu'il est peut-être temps de lire le ciel, les plantes, la nature, le monde. Si on n'a pas compris qu'on n'est rien dans le cosmos, si on continue à croire qu'on est tout, très égo-centrés... on ne saura pas très bien vivre, ni bien mourir. Mon père l'avait compris, c'est une leçon qu'il m'a transmise par l'exemple. Sa sérénité, sa droiture, toutes choses qui me font dire que c'est pas mal une vie comme ça... Certains passages auront trait à la mort, comment la préparer - je pense à moi pour le coup - car, certes il y a une cinquantaine de livres...

F. B. : ... mais aussi 53 ans. Vous atteignez une certaine forme de sagesse ?

M. O. : En quelque sorte. Il y a les livres, mais si au-delà d'un certain âge on n'a rien appris de la vie, c'est qu'on a tout loupé. Ce livre, je le nourris tous les jours... Je prends mon temps, même si je sais que mon temps est compté.


cosmos1 

Cliquez sur la photo pour accéder au film Du Big Bang au Vivant

                                                                                                           Constance

Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

La publicité, peut-on y échapper ?

 

Je lave mon cerveau avec la pub  

 pub-2

La pub nous a été imposée par OverBlog. Pour désactiver les messages publicitaires ici et partout sur le Net, installez gratuitement en un seul clic Adblock Plus.


Recherche

Archives

Nos vidéos