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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 13:58

          

 
              (O.K):: 21'13 ::


MO — Il y a encore des efforts à faire parce quand on a rendu possible une sexualité, on n'a pas rendu possible une sexualité joyeuse, jubilatoire. Je pense qu'il y a encore beaucoup, beaucoup de culpabilité sur ce terrain-là, beaucoup de lieux communs, beaucoup de judéo-christianisme, pour le dire un peu rapidement, entre les deux corps qui s'approchent et qui se parlent, qui se touchent et qui se causent, qui ont des difficultés à s'exprimer ou à produire quelque chose de joyeux et de jubilatoire.
D'où, je dirais, le succès des sexologues, des psychothérapeutes, d'où le nombre considérable de divorces, d'où le nombre considérable de misère sexuelle.

FB — Mais... Michel Onfray, la sexualité n'est pas que joyeuse !

MO — Je ne vois pas pourquoi elle serait triste.

FB — Mais non, mais... (rire gêné) enfin, vous pouvez dire qu'elle ne devrait être que joyeuse

MO — Oui, oui, bien sûr... Pourquoi ne l'est-elle pas ?


                     




                                                                                                                                                                 
JB — L'enfant, lui, est nomade. Il ne comprend pas pourquoi les troupeaux ne vont pas là où il y a de l'herbe, il ne comprend pas bien qu'on se bute à vouloir brouter de l'herbe là où il n'y a que des cailloux. Il est nomade, je crois. Et on lui apprend petit à petit à être prudent, à être sage, à être économe. Pas dans le sens pognon mais dans le pire sens du mot... économe de ses forces.
On lui apprend des tas de choses abominables. L'espoir mais le mauvais espoir, il va t'arriver des choses, or il ne nous arrive jamais rien. Moi, dans ma vie, il ne m'est arrivé que moi. [...] On leur apprend à attendre des choses. On dit rarement aux enfants que ce qu'ils vont avoir, c'est ce qu'ils vont faire.
    - Qu'est-ce qu'il faudrait leur dire ?
JB — N'attendez rien. Que de vous. Parce que c'est terrifiant tous ces gens qui attendent. [...]
...

JB — On se fabrique ses cadeaux, je crois.
    - On est donc responsable avant tout ?
JB — Ah, oui, tout à fait. On l'est définitivement.
    - C'est à la fois dynamique et désespéré.
JB — Désespérer n'est pas une chose triste. L'espoir avec youpi, la fleur au chapeau, c'est abominable, c'est un péché, l'espoir imbécile. [...]
...

JB — Je crois que les hommes sont merveilleux, faut peut-être qu'on leur dise.
On dit toujours que je suis mysogine, un peu parce que je ne vais jamais dans les boîtes de nuit, mais je crois que les femmes ont une part de responsabilité. Elles apprennent trop la prudence aux hommes, trop... ne dis rien, pense à l'avenir, comme si on pouvait penser à l'avenir. On est que le présent. On est un accident biologique qui fait ce qu'il peut.
Je crois qu'il faut se tromper, il faut être imprudent, il faut être fou. Les infirmes ce sont les hommes prudents.
L'homme n'est pas fait pour rester quelque part. Etre figé c'est une erreur colossale. Je crois qu'il faut arriver par discipline à n'avoir que des tentations, mettons, relativement nobles, et à ce moment-là, il est urgent d'y succomber. Voilà, vous comprenez. Même si c'est dangereux. Même si c'est impossible. Surtout si c'est impossible. Et puis il faut aimer.
                                       

L'antithèse à l'enfance de Jacques Brel, Jeune, Sauvage et libre 
                                                                                                            Constance
Published by quatuor - dans Goût des autres
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 12:14

 

Que pense-t-il Michel Onfray de son enveloppe corporelle ?

C’est une question posée par Le Nouvel Observateur (le 09 février 2012) à l’occasion de la parution du « Journal d’un corps » de Daniel Pennac. 

Le philosophe répond : « Il faut déconstruire le corps chrétien » 

 

onfray squelette

     Sipa/Sipa/Photomontage


Plus de cinquante livres après mon premier titre paru, je constate que tous répondent à une seule et même question: que peut le corps ? Question spinoziste, on le sait, dont Deleuze fit savoir un jour que nous n'y avions pas encore répondu. Et pour cause : seuls quelques-uns l'ont vraiment posée, combien dès lors pourraient y avoir répondu ? Ce souci procède des matérialistes de l'Antiquité (dont Spinoza écrivit dans une lettre à Hugo Boxel qu'il les préférait à Platon et Aristote) et du lignage antiplatonicien qui, jusqu'à Nietzsche, fait du corps « la grande raison » à laquelle obéit « la petite raison », autrement dite la raison raisonnable et raisonnante.

 

J'ai donc apporté ma pierre à l'édifice en abordant la question du corps qui mange (trois livres de gastrosophie et une université populaire du goût), du corps qui regarde (une dizaine de livres sur des artistes), du corps qui philosophe (dix années d'université populaire, sept livres parus pour analyser l'articulation de la biographie et de la pensée), du corps sexué et sexuel (deux livres), de l'élargissement du corps postchrétien de la bioéthique (un livre), du corps dépaysé qui voyage (quatre livres).

 

Reste que ce qui pense le corps qui pense, c'est encore et toujours un corps dont il faut faire l'exégèse. Une psychanalyse non freudienne, qu'on pourrait dire concrète avec Georges Politzer, permet d'ouvrir un peu le mystère. Mais mille ans d'empire chrétien sur le monde des idées (et des corps...) a fait du corps la plus refoulée des instances. D'où l'intérêt d'une déconstruction du corps chrétien...


Michel Onfray

      _________________________________

Marc      

9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 00:17

 

 

Michel Onfray (avec entre autres - Jean d'Ormesson, Barbara Cassin, Emmanuel Todd, Florence Dupont, Philippe Sollers, Charles Dantzig) a signé une tribune collective dans Le Monde daté du 09.02.2012 pour dénoncer la politique éducative du gouvernement français qui remet en cause l’enseignement des «humanités classiques».

 

En renonçant aux humanités classiques, la France renonce à son influence


"Est-ce que la France serait devenue suicidaire ? En quelques mois, plusieurs sentences sans appel sont tombées, sans qu'on sache vraiment qui est à la manoeuvre : culture-generale--Voltaire.jpgsuppression de la culture générale à l'entrée de Sciences Po ; invention, digne des Monty Python, d'un concours de recrutement de professeurs de lettres classiques sans latin ni grec ; disparition de l'enseignement de l'histoire-géographie pour les terminales scientifiques...

Autant de tirs violents, sans semonce, contre la culture et contre la place qu'elle doit occuper dans les cerveaux de nos enfants et des adultes qu'ils seront un jour. Une place qu'on lui conteste aujourd'hui au nom du pragmatisme qu'impose la mondialisation. Mais quel pragmatisme, au moment où, partout dans le monde, de la Chine aux Etats-Unis, l'accent est mis sur la culture et la diversité de l'éducation, le fameux soft power ?

En bannissant des écoles, petites ou grandes, les noms mêmes de Voltaire et de Stendhal, d'Aristote et de Cicéron, en cessant de transmettre le souvenir de civilisations qui ont inventé les mots "politique", "économie", mais aussi cette magnifique idée qu'est la citoyenneté, bref, en coupant nos enfants des meilleures sources du passé, ces "visionnaires" ne seraient-ils pas en train de compromettre notre avenir ?

Le 31 janvier s'est tenu à Paris, sous l'égide du ministère de l'éducation nationale, un colloque intriguant : "Langues anciennes, mondes modernes. Refonder l'enseignement du latin et du grec". culture generale grecquesC'est que l'engouement pour le latin et le grec est, malgré les apparences, toujours vivace, avec près de 500 000 élèves pratiquant une langue ancienne au collège ou au lycée. Le ministère de l'éducation nationale a d'ailleurs annoncé à cette occasion la création d'un prix Jacqueline de Romilly, récompensant un enseignant particulièrement novateur et méritant dans la transmission de la culture antique. Quelle intention louable !

Mais quel paradoxe sur pattes, quand on considère l'entreprise de destruction systématique mise en oeuvre depuis plusieurs années par une classe politique à courte vue, de droite comme de gauche, contre des enseignements sacrifiés sur l'autel d'une modernité mal comprise. Le bûcher fume déjà. Les arguments sont connus. L'offensive contre les langues anciennes est symptomatique, et cette agressivité d'Etat rejoint les attaques de plus en plus fréquentes contre la culture dans son ensemble, considérée désormais comme trop discriminante par des bureaucrates virtuoses dans l'art de la démagogie et maquillés en partisans de l'égalité, alors qu'ils en sont les fossoyeurs.

Grâce à cette culture qu'on appelait "humanités", la France a fourni au monde certaines des plus brillantes têtes pensantes du XXe siècle. Jacqueline de Romilly, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Lucien Jerphagnon, Paul Veyne sont pratiqués, cités, enseignés dans toutes les universités du globe.

A l'heure du classement de Shanghaï et dans sa tentative appréciable de donner à la France une place de choix dans la compétition planétaire du savoir et de la recherche, la classe politique semble aveuglée par le primat accordé à des disciplines aux retombées économiques plus ou moins aléatoires.

Le président de la République, pour qui les universités américaines constituent un modèle avoué, devrait méditer cette réalité implacable, visible pour qui fréquente les colloques internationaux ou séjourne durablement aux Etats-Unis. Que ce soient les prestigieuses universités de l'Ivy League (Harvard, Yale, Princeton...) ou celles plus modestes ou méconnues d'Iowa ou du Kansas, toutes possèdent leur département de langues anciennes.

culture generale ciceronComment l'expliquer ? Par cette simple raison qu'une nation puissante et ambitieuse ne s'interdit rien et surtout ne fait aucune discrimination entre les disciplines, qu'elles soient littéraires ou scientifiques. Ce fameux soft power, ou "puissance douce", consiste à user d'une influence parfois invisible, mais très efficace, sur l'idéologie, les modes de pensée et la politique culturelle internationale. Les Etats-Unis, en perte de vitesse sur le plan économique, en ont fait une arme redoutable, exploitant au mieux l'abandon par l'Europe de cet attachement à la culture.

Pour Cicéron, "si tu ne sais pas d'où tu viens, tu seras toujours un enfant". C'est-à-dire un être sans pouvoir, sans discernement, sans capacité à agir dans le monde ou à comprendre son fonctionnement.

Voilà la pleine utilité des humanités, de l'histoire, de la littérature, de la culture générale, utilité à laquelle nous sommes attachés et que nous défendons, en femmes et hommes véritablement pragmatiques, soucieux du partage démocratique d'un savoir commun."

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"Au cours des débats et réformes qui agitent la fin du XIXe apparaît l’expression d’humanités classiques (refusées aux filles dans les instructions de Camille Sée !) quand se mettent en place les humanités modernes (avec des langues vivantes) et les humanités scientifiques. [...]

Les humanités classiques se présentent non seulement comme des " études ", comme " une instruction " mais comme une " éducation " de l’individu, de l’esprit, de l’intelligence…[...]

" Alors qu’on préparait la ciguë, Socrate était en train d’apprendre un air de flûte. A quoi cela servira-t-il ? lui demande-t-on. – A savoir cet air avant de mourir. " (cité par Calvino, Pourquoi lire les classiques, Points Seuil, p.14)"

Les humanités : une formation et un savoir, Michèle Gally

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causeur couve

 

Causeur N°44 (février 2012) consacre un dossier à ce sujet :

« Inculture générale. Crimes contre les humanités. », avec douze articles.


 

Voici un reportage vidéo sur ce sujet (on y parle aussi de cette tribune dans Le Monde), diffusé au JT de France 2 le 14 février 2012 et intitulé :

La fin de la culture générale?

 

Merci à Patrick C.  

Ewa   

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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