Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 01:06

 

Radio-Canada-logo.pngMichel Onfray parle de son dernier livre La construction du surhomme dans l’émission de Franco Nuovo Dessine-moi un dimanche sur Radio Canada, diffusée le 18.12.2011,  "Le surhomme en surnombre "    

                                

Guyaucouve onfray construction du surhommeFriedrich Nietzsche

 

Pour

écouter

l’émission 

cliquez

sur

les images 

 

 

 

 

 

« Nietzsche n’était pas le seul à élaborer la notion de surhomme, nous apprend Michel Onfray dans le septième volet de sa Contre-histoire de la philosophie, dédiée à faire découvrir des philosophes oubliés. Il décortique cette fois le pensée de Jean-Marie Guyau et de Ralph Waldo Emerson.

Le surhomme incarne, dans la pensée de Nietzsche, la volonté de puissance humaine la plus haute. En défendant le don, la générosité, le risque, la dépense, l’action dans une œuvre, Jean-Marie Guyau s’approche de la vision nietzschéenne. Michel Onfray, du moins, croit que le célèbre philosophe allemand aurait été en contact avec les travaux de Guyau. »

        Marc  ( Merci à Manolo Botal )  

17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 09:14

 

Professeur de philosophie Serge Provost nous offre quelques réflexions sur la rectitude politique. Il nous les a confiées avec un goût indéniable pour le politiquement incorrect en acceptant à l’avance toutes sortes d’intrusions dans ses écrits. Mais quelle que soit la forme, c’est le contenu, donc le texte du professeur, qui prime. N’hésitez pas à faire défiler cette page un peu plus longue que d’habitude, cela vaut vraiment la peine. Si vous n’êtes pas de cet avis, vous pouvez réagir sans langue de bois, mais... je ne vous le conseille pas. ;~)

Vous trouverez l’intégralité de ce texte, ainsi que d’autres articles de Serge Provost, sur le site du

web pédagogique.

____________________________________

 

L'éthique, la politique et les médias à l’heure du « politiquement correct »

 

polit corr lave téléParmi les nouveaux phénomènes de société apparus au cours des dernières années, il en est un qu’on ne soupçonnait guère de contagion galopante: la rectitude politique. Friands de « franglais », nos cousins français le nomment «  politiquement correct ». Le P.C. (certains se contentent déjà des initiales) représente une des manifestations éthiques les plus originales de la dernière décennie du XXe siècle, mais dont les effets délétères ne se font réellement sentir qu’en ce XXIe débutant.

En quelques années seulement, ce que d'aucuns ont appelé « le nouveau courant de moralisation de la langue et des mœurs » s'est propagé en divers lieux de  la  vie  sociale, politique, culturelle et médiatique des grands pays occidentaux. 

Aux États-Unis, il sévit avec une telle rigueur et amplitude que des auteurs réputés sérieux lui ont d'ores et déjà consacré quelques ouvrages  (notamment La culture gnan gnan, de Robert Hugues, Éditions Arléa, 1993). L'évaluation de ce phénomène, nous le verrons, varie selon les approches. Certains le décrivent comme une inflation langagière passagère, d'autres comme un regain du sens des valeurs et une défense concrète des droits de la personne. 

On évalue différemment ce phénomène P.C. selon son idéologie et son système de valeurs. Certains y voient du positif puisqu'on affirme, haut et fort, la primauté et le respect du droit à la différence. Les figures dominantes de la  domination plurielle: le macho, le raciste et le sexiste y sont ouvertement critiqués. D'autres y voient le paravent des fondamentalistes et des puritains qui n'osent plus se présenter pour ce qu'ils sont: des réactionnaires purs et durs. D'autres encore flairent un mélange de terrorisme intellectuel d’extrême gauche («  la ligne juste  » de feu les gauchistes) et un come-backde la chasse aux sorcières chère à l'extrême droite.

Dans ce texte, nous tenterons de circonscrire  la  nature  et  l'argumentaire  de  ce  courant moral de notre temps à travers ses principales manifestations.  

 

Tentative de définition

 

L'expression anglaise political correctness, traduite en français par « rectitude politique » ou « le politiquement correct  », désigne ce courant de pensée, issu des États-Unis, consistant à ne rien dire et ne rien faire qui puisse donner l'impression de nuire aux droits et libertés des groupes minoritaires. André Santini, auteur d'un bref ouvrage sur la question, avance cette  définition:  « Le politiquement  correct est  la  dénonciation  de toute discrimination infligée à une minorité quelconque par une société occidentale et capitaliste perçue comme  normalisante, sexiste et raciste »  Le  véritable  dictionnaire  du politiquement correct, Michel Lafon, Paris, 1996.

De façon plus large encore, le P.C. coagule un nouvel ensemble de normes cherchant à redéfinir les relations hommes/femmes, les rapports entre les différents groupes d'âge (âgisme/jeunisme), les rapports entre la majorité  hétérosexuelle  et  homosexuelle,  ainsi que les jugements sur les minorités physiques (handicapés), raciales et culturelles. C'est aussi, et surtout, l'expression d'une nouvelle sensibilité exacerbée, axée sur l’acting out, le témoignage, la confession, le  déballage public retentissant d'évènements intimes, la narration détaillée de torts subis, une façon inédite d'exposer et de lutter contre les diverses formes d'exploitation réelle ou imaginaire. Le tout, dans une remise en question vigoureuse d’une langue  dominante,  jugée  offensante,  décrivant  l'ensemble de ces rapports d'exploitation dont on réclame la réforme immédiate. Mais comme cette longue définition reste fort théorique, illustrons-la par des exemples qui valent mille mots. 


Les cinq grandes manifestations morales du « politiquement correct »

 

1) La victimisation

 « Dans notre culture, l’enfant blessé est encouragé à faire une carrière de victime. » 

                                               Boris Cyrulnik   

Une caractéristique incontournable du politiquement correct: la victimisation. En d'autres termes:  

« J'ai mal ! C'est de ta faute ! »

On attribue plus volontiers son alcoolisme, sa névrose, son  impuissance  sexuelle,  sa violence, ses complexes, son divorce, ses compulsions en tous genres (alimentaires, sexuelles, sportives, informatiques, etc.) à son conjoint (e), à des abus physiques survenus durant la petite enfance, à la société décadente et trop permissive, à une éducation trop ou pas assez rigide, au sexisme et machisme généralisé, aux messages publicitaires subliminaux, à une famille dysfonctionnelle, à une crise d'adolescence mal résolue, à l'effet délétère de la confusion des valeurs collectives, etc. Bref, un report de responsabilité sur tout ce que l'on voudra, sauf sur soi. 

Des exemples de la sensibilité P.C. ? Les studios Disney  se sont fait critiquer par l'Association des grosses personnes d'Amérique pour avoir présenté, dans la réédition de son film Fantasia, des hippopotames en tutus sous le mode ridicule. Elles l'auraient « pris personnelles », comme dit l'expression. Au Québec, la compagnie  Master Card  a  dû retirer de l'écran sa publicité jugée offensante par les associations islamiques. On y voyait la populaire animatrice Julie Snyder dans un souk maghrébin, disant à propos de sa carte: « Allah pu, Allah perdu... ». 

Les grandes associations de défense des gays américains font dans la surveillance des médias et des ouvrages  scolaires  afin  qu'on  ne  les  caricature  pas  de manière  indue.  « Ça suffit la représentation de la tapette grande folle ou l'homo hypersexuel et « viralement  » irresponsable ! », clament-ils.  Idem  pour  les  activistes  noirs  qui  pourchassent  les stéréotypes  qui  les  stigmatisent. Idem    pour  les Amérindiens  qui  en  ont  assez  de  jouer, via Hollywood, le rôle du «  sauvage »  violent ou de l'alcoolique décervelé. Même si la justesse de ces combats saute aux yeux, comment ne pas être frappé par l'exagération de certaines levées de boucliers ? 

Aux États-Unis, l'humour ironique est de plus en plus censuré même si les  psys  tous azimuts lui accordent une fonction sociale déshinibitrice. Il ne faut se moquer que des gens qui sont l'objet d'aucune discrimination  —  l'hétéro mâle, blanc et riche de préférence (donc, pas touche aux gays, aux femmes, aux noirs, aux Amérindiens, aux Hispaniques, aux handicapés, aux obèses, aux sans-abri, etc.). Et si le langage de la victimisation faisait des gens des victimes ?

victime larmePlusieurs essais ont été écrits sur le sujet. Nous nagerions en pleine culture de la déploration. Nous vivrions le temps où « les victimes deviennent des héros  ». « Être une victime est devenue, de nos jours, une quasi-assurance d’attention et de respect automatique », avance Alain Finkielkrault à son émission Répliques. Depuis quelques années, et en quantité industrielle, les tribunaux ont vu débarquer des demandes de divorce pour « cruauté mentale », « incompréhension », « silence et mutisme congénitaux » des maris. 

Aux dires des spécialistes de la chose judiciaire, c'est du jamais vu. Les témoignages de thérapeutes sont présentés en cour comme preuves irréfutables des multiples traumatismes psychologiques et « domestiques »  —  les  deux,  dit-on, étant intimement liés. Aux États-Unis, sur les plateaux des émissions de télévision les plus populaires du pays, toutes construites sur le même moule du subjectivisme dégoulinant et l'accusationchoc (qui ont leurs imitateurs dans tous les pays occidentaux), les couples viennent laver leur linge sale en public, déballent, en direct et en jurons, leurs détritus  conjugaux en prenant l'assistance pour témoin et juge de l'immoralité de l'autre. 

Le cogito  «  Je  pense,  donc  je  suis  »,  cher  à  Descartes,  se  voit  désormais remplacé par le cogito-pathos: « Je souffre, donc je vaux ». Au lieu de rivaliser dans l'excellence et l'enthousiasme, hommes et femmes rivalisent dans l'étalage de leurs disgrâces, mettent un point d'honneur à décrire les tourments particulièrement effroyables dont ils seraient l'objet [...] La soif de persécution est une envie perverse d'être distingué, de sortir de l'anonymat et, à l'abri de cette forteresse d'affliction, d'en imposer à ses semblables », écrit Pascal Bruckner. (La tentation de l'innocence, Grasset, Paris, 1995). 

Le culte de la victime n'existe pas sans son  « victim business ». Lequel vient avant l'autre ? La faim d'exhibition publique n'a d'égale que la soif de voyeurisme  des  masses télévisuellement conditionnées à ne regarder que ce qui veut se montrer. Or, « Jouer à l'enfant quand on est adulte, au misérable et à la victime quand on est prospère, c'est dans les deux cas, chercher des avantages immérités, placer les autres en état de débiteurs à son égard ». (La tentation de l'innocence, Grasset, Paris, 1995).

 

2) La judiciarisation de la société

« Je vais te poursuivre ! »  

La victimisation a son corollaire: la judiciarisation.  Ce terme de  judiciarisation  veut décrire l'inquiétant processus d'entropie sociale consécutif aux excès de poursuites. 

Même si les mœurs, de notre côté de la planète, n'atteignent pas les sommets de décadence morale observés dans la Rome antique, le citoyen nord-américain, disent les experts en droit, a d'ores et déjà besoin de moult garanties écrites, des assurances, des lois, des règlements et des  codes tous azimuts pour le protéger de la moindre transaction commerciale et humaine. 

Les anciens fumeurs invétérés, et jadis fiers de l'être, deviennent désormais des croisés antitabac, se retournent pénalement contre leur ancienne marque de tabac chouchou. Le chirurgien plastique n'a pas produit le pif ou les seins de rêve à la star ou à la secrétaire: on le traîne en cour. 

Cette judiciarisation serait en quelque sorte l'envers de la médaille, le défaut de la qualité de notre enviable état de droit gangrené par une rectitude politique qui fait du quidam un ayant droit. Au sud du 52e parallèle, les poursuites civiles et criminelles atteignent des proportions alarmantes. « En Amérique, il y a plus d'avocats que de citoyens ! »  

Le problème ne fait que  s’aggraver  au  point  que  Barak  Obama,  après  G.W.Bush, veut tacler la « poursuivite aiguë » que les uns et les autres se font pour un oui, pour un non. Faut-il voir dans cette inflation judiciaire et réglementaire le signe avant-coureur de la dissolution de rapports sociaux, la confirmation d'une institutionnalisation du soupçon ou, au contraire, l'avancée de l'esprit démocratique, l'assomption de la conscience individuelle, la volonté politique de défendre les droits et la dignité du citoyen ? 

juridique twitter-procesMaints experts juridiques nous invitent à modérer nos transports d'optimisme. Selon eux, la moindre contrariété pousserait le citoyen moyen à entamer les plus longues et les plus triturées procédures légales. Même le fameux contrat de mariage, passé entre deux amoureux au moment optimal de la courbe de confiance entre deux humains consentants, fleure l'intrigue avant même les grands affrontements et autres petites ou grandes ignominies de la guérilla conjugale. Les cyniques y verront la preuve par l'absurde de la vénalité bien actuelle du légalisme à tout crin. Tout le système hormonal de Roméo soupire pour sa Juliette (et vice-versa) mais, comme il se doit, les lois matrimoniales jouent leurs fonctions immunologiques non pas pour le meilleur, mais contre le pire !

La multiplication maladive  des  lois  et  des  règlements  semble  donner  raison  à Max Weber. Pour lui, semblable pléthore représente une « véritable menace pour la civilisation ». Le règne du droit cède résolument du terrain aux vétilles procédurières. Désormais,  nous préférons l'efficience musclée des lois à celle de la «  bonne volonté » ou de « l'intention pure » chère à Kant. 

Incapables de gérer nos rapports professionnels, commerciaux et humains à l'amiable, nous optons pour la médiation labyrinthique des lois et des tribunaux, ces tampons entre nos intérêts individuels contradictoires et la nécessaire harmonie collective. « Depuis qu'une vaste partie du monde est devenue comme sourde à certains stimuli moraux, il est devenu illusoire de faire appel à la conscience universelle », écrivait Jean Rostand. On ne table plus sur la conscience, « le divin instinct  » qu'invoquait Jean-Jacques Rousseau, car sa distribution est fort inégale selon les individus —  ce  dernier  n’a-t-il pas plaqué femme et enfants pour philosopher sur la difficile articulation entre la volonté individuelle et la volonté générale ?...

 

 

3) L'hypermoralité des personnalités politiques

« On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans » 

André Malraux 

Pour la mouvance P.C. américaine, les personnages publics, en l'occurrence les politiciens, doivent être exemplaires, donc conservateurs. Ils se doivent de promouvoir les valeurs familiales et patriotiques. Même Barak Obama ne peut y échapper. Sa femme, pourtant diplômée de Princeton, est d’abord une mère à la maison… blanche ! Certains vont jusqu'à dire qu'ils doivent être moralement sans tache. Il faut entendre par là qu'ils se doivent d'être hétérosexuels, mariés, fidèles, sobres, cordiaux, respectueux et asexués dans leurs relations humaines et n'avoir aucun passé compromettant. 

polit corr pol dsk avale-2Inutile de revenir sur l'affaire Monica Lewinsky (qui faillit coûter la présidence au « sexolique » Bill Clinton) et autres excès du P.C. La liste est pléthorique et toujours actualisée. Mais ces histoires rappellent à nos mémoires que l'Amérique fut fondée par de pieux puritains qui avaient volontairement quitté la « décadente Europe » afin de construire la Nouvelle Israël et bâtir un Nouveau Monde sur une ancienne et inviolable morale. Suprême oxymoron: notre futur est dans le passé ! 

Un écart de conduite, une erreur de jeunesse vouent aux gémonies le meilleur des serviteurs de l'État. Ne sont-ce pas là des exigences qui hypothèquent un pays ? Pas étonnant, remarquent certains journalistes, que les hommes publics américains soient presque tous devenus inodores, incolores (sic !) et sans saveur, car dès lors que l’un d’eux transgresse moindrement la  bien-pensance et les mœurs dominantes, il se fait trucider par les médias, les preachers et les nouveaux moralistes de trash TV . Qui veut devenir le prochain bouc émissaire d'une morale publique aussi assurée de son bon droit ? L’affaire Tiger Woods, rappelons-le, se déroule en 2010 !  Pourquoi donc ? Pourquoi ces séances d’automutilation en boucle dans les médias, sur Internet ? Because  la  rectitude  politique is alive and well. Car cela se déroule  aux États-Unis, pays des extrêmes, où l'on tolère l'invasion médiatique de la vie privée des personnes publiques et encourage tous les excès dans l'industrie de l'infotainment, (du trash T.V. aux talk-shows ). 

La France n’est pas épargnée par cette pandémie dont elle se dit si étrangère. La liste des scandales à caractère moral est  trop  longue pour  qu’on l’aborde ici.  Pour preuve,  dans les  fumerolles soulevées par l’affaire Polanski, Dany Cohn-Bendit ne s’est-il pas fait reprocher, par François Bayrou, trois décennies plus tard, ses concupiscences «  pédophiles  » ? Il l’a dit, cet  homme  politique  national,  ce  catholique  ni de  droite,  ni  de gauche, bien au contraire ! Il le lui a dit à ce libertaire et symbole soixante-huitard ! Il l’a fait sa sortie P.C., en pleine télévision, à une heure de grande écoute ! Ce soir-là, on aurait pu  dire  de Bayrou: «  C’est  un homme  de bien dans le pire sens  du terme », selon  le mot de Mark Twain, grand pourfendeur du puritanisme, le P.C. de son temps. Et les rumeurs d’infidélité du couple Sarkosy/Bruni, après la période bling-bling et d’autres rumeurs —celles-là fondées (Cécilia remplacée par Carla) –  ne minent-t-elles la crédibilité morale et politique du candidat à un deuxième mandat présidentiel et celle de son parti ? Si la France transcendait vraiment le P.C., l’Élysée n’en ferait pas une si grosse affaire. 

Pourtant, algarades, rumeurs, polémiques et chocs partisans mis à part, de grands noms de l'histoire, d’hier et d’aujourd’hui, n'étaient pas et ne sont pas des saints. Ces acteurs du progrès moral, aux « vices  » connus ou cachés, à défaut d’être l’incarnation des plus hautes vertus, ont tout de même réalisé de grandes choses pour le bien commun.

 

 

4) Le P.C.: une nouvelle façon de parler ?

« La parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée. »

Stendhal.

Bien avant son avènement dans la sphère politique et médiatique, le P.C. s'est notamment illustré sur le front linguistique. Pour penser et agir autrement, il faut, au préalable, une nouvelle façon de parler. Car, beau sujet de dissertation philosophique, la langue ne précède-t-elle pas la pensée ? 

Point n’est besoin d'être un linguiste professionnel pour savoir que la langue française comporte de nombreuses expressions offensantes pour le « deuxième sexe ». Tout locuteur de notre idiome connaît les nuances suivantes:  un homme fort  est un homme puissant tandis qu'une femme forte    est  une  grosse. Un  homme  a  une maîtresse  tandis qu'une femme qui a  un maître  écoute  son  enseignement.  Un expert  est  un  scientifique tandis qu'une experte  s'y  connaît…  au  lit.  Un professionnel   est un homme compétent tandis qu'une professionnelle  est une prostituée. Tous les sondeurs savent qu'il ne faut pas confondre l'homme de la rue  avec une femme de rue. Un homme public est un homme connu tandis qu'une femme publique  est  une  p.... un homme de mauvaise vie, cela ne se dit pas, mais une femme de mauvaise vie est une p.... » — en ponctuation, l’usage de points de suspension ne dissimule-t-il pas une précaution langagière bien antérieure au mouvement politiquement correct ?... 

Blague à part, les observateurs  attentifs  du  P.C.  parlent  d'une  révision  spectaculaire, voire d'une « opération-asceptie » de nos façons courantes de parler. Les pro-P.C. s'en défendent avec énergie et invoquent plutôt le nécessaire respect de la personne qui doit se traduire dans et par la langue. Chose certaine, nombre de mots de la langue passent désormais aux rayons X, question de savoir s'ils ne recèleraient pas des maux ou quelque antique et inconsciente discrimination. Prenons par exemple le mot  handicapé qui faisait partie de notre palette stylistique depuis des lunes. En quelques années seulement, ce terme est littéralement devenu tabou. La raison d'un tel ostracisme ? Il ne soulignerait pas « de façon assez positive » toutes les nuances de différences existant entre humains subissant les diverses avaries du destin. 

politiquement-correct 2Mais la réforme de la langue ne s'arrête pas là. Allons vite sur les substitutions les plus connues. Désormais, il ne faut plus dire un sourd, mais un mal-entendant ou un déficient auditif  ; un aveugle est non-voyant ; un fou se dénomme désormais du nom scientifique précis établi par les mille et un diagnostics psychiatriques. 

Par exemple, il faut désormais dire maladie bipolaire au lieu de maniacodépression trop stigmatisante; un gros devient un outre-mangeur compulsif, ; un nain se dit personne de petite taille ;  les monstres et les laids à faire peur aux enfants sont désormais des esthétiquement différents ; les idiots  des êtres culturellement démunis et les jadis appelés cons connaissent des troubles cognitifs ;  les vieux sont remplacés par les personnes du troisième âge ; les pauvres se mutent en démunis et gens en difficultés financières importantes et durables, les clochards en sans-abri ;  les ivrognes ne se pètent plus la gueule parce qu'ils éprouvent des désordres éthyliques et les alcooliques sont plutôt dépourvus de sobriété ;  les  junkies  sont  appelés  utilisateurs de substances toxiques ; les chômeurs des sans-emploi ; un blanc est un type caucasien ; après avoir été vilement appelé nègre ou personne de couleur, on parlera d’une personne de descendance africaine. Les sauvages, Indiens  et Esquimaux sont élevés au rang d'Amérindiens, d'autochtones et d'Inuits, bref, de premières nations  ou de peuples premiers .

On tend à remplacer l'épithète homosexuel, jugé trop médical, par gay. Un chauve n'est qu'une personne en déficit capillaire. Il vaudrait mieux dire: éthiquement suspect au lieu de corrompu ou maudit cochon.  

Arrêtons ici cette liste déjà trop longue. Plusieurs de ces nouvelles formulations, il faut s'en réjouir, corrigent « linguistiquement » des préjugés corrosifs et offensants pour les personnes qui doivent quotidiennement les subir.

Contre la langue de bois PC

langue de bois cliquez iciL'asepsie de la langue participe d'une culture et d'une volonté en apparence consensuelle et égalitaire. Enjoliver la réalité par l'artifice du langage, c'est la trahir. Une certaine langue de bois PC bâillonne le sens critique, accable le ton mordant, ostracise le devoir d’irrespect qui s'avère parfois justifié. Un écart de langage n'est pas toujours un écart de conduite. Il est des inégalités qui doivent être vertement dénoncées. Il est des réalités qui doivent être décrites telles quelles sont, crûment, même si plusieurs ne veulent pas les voir et les entendre au motif qu’elles ne sont pas  « correctement » traduites. Ce n'est pas en épurant ou en filtrant la langue qu’on fera disparaître les causes à l'origine des légitimes montées de lait langagières. À la limite, on pourrait y voir une subtile hypocrisie sociale: compassion dans les mots et indifférence dans l'action. 

Comment ne pas voir, sous les formules creuses de cette nouvelle  novlangue, souvent loufoques, l'avènement d'un camouflage consistant à rétablir dans les mots une illusion d'équité et de respect qui n'existe pas de fait. Si le parler P.C. s’interdit de dénoncer les coupables et les causes d’un problème, rien ne va plus. Par exemple, est-ce en féminisant la langue qu'on réduira la discrimination envers les femmes ? Il est permis à la fois de le souhaiter et d'en douter.

Les antijargons PC considèrent qu'il faut parfois appeler un chat un chat. Ce nouveau baragouin voudrait nous faire avaler des couleuvres  en métaphorisant des pratiques spécieuses. Pour mémoire, ils rappellent que la propagande nazie, au service d'un dessein immonde, utilisait euphémismes, litotes, métaphores et périphrases qui seraient aujourd'hui considérées très P.C. La terrible fleur de rhétorique « La solution finale », chère à Goebbels, signifiait concrètement: extermination massive des Juifs via les chambres à gaz sises dans des camps construits à cette fin. Et la plus récente « purification ethnique », dont se gaussaient les dirigeants serbes en Bosnie, n’avait de pure que l’intention génocidaire.  

En France, Jean-Marie Le Pen, le leader du Front National, invite ses militants à utiliser l'expression « droite nationale » pour décrire sa formation politique, car « extrême droite » ne passe plus. Dans ses discours, aussi enflammés que xénophobes, Le Pen ne dit plus « Bougnoules à la mer ! » mais «  retour nécessaire des immigrants dans leurs pays d'origine » ou « La France, on l’aime ou on la quitte ! ». La « préférence nationale » sonne mieux « discrimination ».  

À force, on ne sait plus si une expression P.C. tient du concept opératoire tiré d'une théorie, d’un extrait de manifeste ou d’un article programmatique. À moins qu’il ne s’agisse d’une simple figure de style utilisée pour justifier l’injustifiable ? 


 

4) La moralisation des arts

 « Il faut de la religion pour la religion, de la morale pour la morale, de l’art pour l’art. »   

Victor Cousin   

Le P.C. aspire également à un contrôle moral de l'art et de la pensée. On a vu des hommes politiques américains et canadiens demander la cessation immédiate des subventions aux artistes « pervers ». Les photos homoérotiques du photographe Robert Mapplethorpe, mort du sida, et le groupe de rapt 2 Live Crew furent condamnés pour obscénité. 

Plusieurs demandes de « déplacements géographiques » d'œuvres d'art ont été faites aux autorités publiques de plusieurs grandes villes nord-américaines parce que des citoyens les jugeaient offensantes pour les femmes et susceptibles d’inciter les hommes à les traiter comme du bétail sexuel. On invoquait «  le harcèlement sexuel par œuvre d'art  ».  

Dormez en paix, bonnes gens, car il y existerait des films P.C. à matrice renversée comme Danse avec les loups   (bons Indiens versus  blancs  alcooliques  et  violents) —  le  cocktail P.C + mauvaise conscience + repentance n’est-il pas moralement explosif ! Et que dire du film Avatar, vecteur d’un nouveau P.C. à l’évangile écologique dans lequel les bons et beaux Navi pointent du doigt les mauvais et moches adeptes de la croissance toute ! 

Or, les artistes off, à contre-courant de l’institué, déplorent que cette mentalité P.C. loge et décide dans les plus hautes officines décisionnelles des grands ministères ou tout autre lieu de pouvoir. Pour décrocher la moindre subvention étatique, voire la moindre attention médiatique, il faut montrer  patte blanche –  entendre:  pratiquer  un  art  «  moral », des idées et des mœurs bien droites, même si elles se disent et se veulent de gauche; bref, être moralement majoritaire, donc politiquement correct. Ceci explique cela. Voilà pourquoi, entre autres choses, certains humoristes et polémistes sont, dans le collimateur de la nébuleuse P.C., version française.

 

censure rougeSomme toute

Alors, ce P.C. version 2011, nord-américain ou français, qu’est-il au juste ? Un nouveau maccarthysme ? Une nouvelle  police  orweillienne  de  la  pensée ? Un moralisme ou une moraline  new look ? Sans doute un peu des trois. Qui, aujourd’hui, n’en voit aucun signe, demain, en verra beaucoup… 


Serge Provost 

_______________

 

Et maintenant, la lecture terminée, vous pouvez cliquer sur une image au choix, juste pour sourire.

 


En supplément, je vous propose la chronique de Raphaël Enthoven du 10 juillet 2012 : « Politiquement incorrect « (6 minutes)

Ewa     

13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 00:28

 

philo mag 55 couve

Philosophie Magazine N°55 (décembre 2011/ janvier 2012) consacre un dossier à une maxime gravée il y a 2500 ans au fronton du temple de Delphes Connais-toi toi-même, en interrogeant les philosophes, écrivains et  psychanalystes : C. Rosset, L. Mauvignier, J-B. Pontalis, M. Schneider. "Se connaître soi-même, est-ce bien nécessaire ?"

Vous y trouverez aussi l’entretien de Martin Duru avec Michel Onfray, où le philosophe parle de la tradition antique de la sculpture de soi, de la construction de soi grâce à la volonté, à la parole (méthode reprise et devenue prédominante chez Freud et Lacan), mais aussi grâce à la lecture, méditation, écriture... Et surtout, la théorie devrait être  impérativement suivie des actes. Il est important de mettre en pratique tout ce que nous avons dit, lu, écrit, médité, de "vivre notre pensée".


« Nous sommes ce que nous faisons de nous »


Confessionnal 4 moderneMartin Duru : Au-délà du cas de Freud, ne visez-vous pas, dans votre Crépuscule d’une idole, une vulgate contemporaine diffuse, qui associe la connaissance de soi à l’introspection, à la parole complaisante de l’ego sur lui-même?

Michel Onfray : Le bavardage est devenu une plaie de notre époque. L’expertise journalistique à la télévision, le ronronnements de la radio, l’asservissement au téléphone portable ont sacralisé ce jet continu de paroles exutoires. On parle pour conjurer la solitude, l’angoisse existentielle, le sentiment d’isolement, mais dans le même esprit que Poil de Carotte qui siffle parce qu’il a peur de traverser la cour, seul, de nuit, pour aller fermer la porte de la cabane des poules… Il existe donc une aubaine théorique et professionnelle pour ceux qui se font les témoins de cette parole versée comme d’une fontaine et qui laissent croire au patient qu’il suffira de parler pour se sentir mieux. Le lacanisme, qui a redonné un coup de fouet à Freud en France, a reculé le temps où la raison peut faire son travail sur ce chamanisme postmoderne, en même temps qu’il a sacralisé la parole en tant que lieu de vérité de l’être sous prétexte que l’inconscient, structuré comme un langage, libérerait des informations capitales sur le sujet dans le jeu de mots, le lapsus, l’assonance. Avec Lacan, la contrepèterie supplante le syllogisme.


Confessionnal3Martin Duru : Mais n’y a-t-il pas tout de même un effet thérapeutique de la parole?

Michel Onfray : Oui, la parole, autrement dit la formulation, permet d’y voir plus clair en soi. La parole sur le divan produit des effets, bien sûr. De là à imaginer qu’il en va d’une vérité du freudisme dans sa totalité, il n’y qu’un pas que je ne franchirai pas, vous vous en doutez… Que parler fasse du bien ne prouve en rien que chaque homme ait envie de coucher avec sa mère et de tuer son père… 

Il y a dix ans, à l’Université populaire de Caen, j’ai consacré un cours à Antiphon d’Athènes, un sophiste qui soignait par la parole - et prenait de l’argent à ceux qui se confiaient à lui, lui racontaient leurs rêves qu’il interprétait. Au Ve siècle avant l’ère commune, Antiphon disait déjà qu’il soignait et guérissait par la parole. Les chrétiens savaient également que la parole apaise, calme, soigne l’âme ; voilà pourquoi elle joue un si grand rôle dans le dispositif de la confession auriculaire. Cet effet thérapeutique chrétien de la parole n’en est pas pour autant une preuve de l’existence de Dieu.!

Les matérialistes de l’Antiquité faisaient de la parle un simulacre, autrement dit un composé d’atomes, circulant dans l’air, pénétrant l’âme matérielle de celui qui écoute et modifie le propre agencement atomique du sujet. Que la parole soit une molécule qui soigne (ou détruit, lorsqu’on entend l’annonce de la mort d’un être qu’on aime, de la maladie d’une personne chère, de la rupture d’une relation précieuse), l’idée est aussi vieille que la philosophie matérialiste et elle se retrouve chez Boris Cyrulnik qui a publié un très beau De la parole comme une molécule [Eshel, 1991, repris au Seuil, 1995] qui va dans ce sens. Le logothérapeute est une vieille figure du sacré chamanique. Freud se trouve juste en bout de course d’une tradition plurimillénaire.


conf fr c Freud-1928Martin Duru : Par rapport à cette longue tradition, la psychanalyse freudienne correspond-elle à un dévoiement de l’idéal antique du « Connais-toi toi-même »?

Michel Onfray : Je ne parlerai pas de dévoiement, mais de relookage de vieilles méthodes. Dans ce long lignage qui va du chamanisme préhistorique au divan de Freud en passant par la consultation d’Antiphon, chacun donne une forme à cette médecine de l’âme par la parole. On a peu dit combien Freud avait hérité, lu sans citer, emprunté en taisant ses sources, pillé Pierre Janet et postdaté les textes du chercheur français pour en faire un voleur alors qu’il l’avait volé. Nous sommes aveuglés par la légende d’un homme qui aurait tout découvert par lui-même par la seule grâce d’une autoanalyse - connais toi reliefune légende rédigée par Freud lui-même et reprise par son hagiographe Ernest Jones dans la biographie princeps dans laquelle piochent ceux qui se présentent comme des historiens de la psychanalyse… Freud a refusé avec une étrange ardeur de dire combien les philosophies de Schopenhauer, Nietzsche et Hartmann jouent un rôle majeur dans la constitution de sa prétendue science. Il a même eu recours à un concept qui fait sourire, la cryptomnésie, pour cacher chez lui tout forfait d’un vol de concept. Si Freud oublie de renvoyer à sa source, c’est que son inconscient a enfui l’information ; mais le prétendu père de la psychanalyse ne se demande pas pourquoi ce refoulement. Freud ne dévoie pas l’idéal antique du « Connais-toi toi-même », il habille avec les guenilles philosophico-scientifiques de son temps.


sculpture-keler_radoslaw_pologne.jpgMartin Duru : En quoi consiste maintenant votre éthique de la « sculpture de soi » ?

Michel Onfray : Je m’inscris très clairement dans le lignage de la philosophie antique de la construction de soi par la volonté. Certes, on songe à l’oracle de Delphes, à Socrate, mais l’épicurisme, le stoïcisme, le cynisme, les Cyrénaïques s’adressent à l’être brut qu’ils invitent à la construction et à l’affinage de ses formes. Plotin utilise cette image de la sculpture de soi dans les Ennéades pour expliquer que chacun ressemble a priori à un bloc de marbre brut et que, seulement a posteriori, il pourra faire surgir la forme sculptée cachée dans la pierre par un travail sur soi. Pas besoin d’en appeler à un au-delà des essences, à un dieu immatériel, à un inconscient psychique, pour légitimer et justifier une sculpture de soi. Nous ne sommes que ce que nous faisons de nous, disent tous les sages antiques bien avant Sartre et l’existentialisme. Savoir ce que l’on est,  puis ce que l’on peut-être, permet de savoir ce que l’on peut devenir - donc être. L’Antiquité fait de la relation maître-disciple une pédagogie : le disciple apprend par l’exemple, puis par le discours, comment il peut devenir ce qu’il est. La parole joue un rôle, certes, mais aussi, plus encore, l’exemple, puisqu’il valide la parole. Dire une chose et en faire une autre - un sport  national dans la communauté philosophique contemporaine - était impensable dans l’Antiquité où la preuve du philosophe était dans la vie philosophique qu’il menait, et non dans la parole philosophique qu’il pouvait colporter, tout en vivant  le contraire de ce qu’il aurait enseigné. Dans la perspective que je propose, la parole est seconde : elle nomme ce que la vie philosophique doit dire avant elle.

 

philosophie-livres.jpgMartin Duru : Concrètement, quelles sont les activités rendant possibles une exploration et une construction féconde de soi?

Michel Onfray : La lecture, beaucoup de lecture : l’existence d’un corpus de sagesse occidental vieux de trois mille ans contient toutes les pistes existentielles possibles et imaginables ; chacun peut y trouer son compte, en relation avec ce que Nietzsche nomme son idiosyncrasie, autrement dit son tempérament, son caractère.

La méditation : autrement dit, ne pas lire pour avoir lu, faire assaut de pédanterie, mais ruminer, comme le dit toujours Nietzsche, revenir sur une pensée, en examiner les richesses, les potentialités, les conditions de possibilité.

L’écriture : comme Marc Aurèle écrivait des Pensées pour moi-même (que mon vieux maître Lucien Jerphagnon récemment disparu proposait de retraduire par : »Mes oignons…, »), chacun doit pouvoir formuler par écrit, consigner sur le papier telle ou telle idée, aller jusqu’au bout d’une idée, noter une maxime.

L’examen de conscience : cette technique confisquée par le christianisme à la philosophie antique (comme beaucoup d’autres…) permet de prendre date sur soi-même. Cet exercice ne s’effectue pas dans la perspective d’une autoflagellation, mais dans celle de la mesure de soi : ce que l’on est, ce que l’on se propose d’être, ce que l’on a réussi, ce que l’on a raté, ce qui reste à faire, et tout ce qui autorise la mesure du progrès existentiel.

Enfin, et je dirai surtout, la pratique : vivre sa pensée, penser sa vie et effectuer sans cesse des mouvements d’aller et retour, incarner les idées dans la vie quotidienne qui est le lieu de la philosophie, et non l’amphithéâtre ou le livre… ou l’entretien…

__________________________

 

A consulter également :

Moins on se connaît, mieux on se porte - Clément Rosset par Raphaël Enthoven (22.03.2014)

 

Ewa - Marc  

Profil

  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc

La publicité, peut-on y échapper ?

 

Je lave mon cerveau avec la pub  

 pub-2

La pub nous a été imposée par OverBlog. Pour désactiver les messages publicitaires ici et partout sur le Net, installez gratuitement en un seul clic Adblock Plus.


Recherche

Archives

Nos vidéos