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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 11:18

 

Le 09.12.2011 l’Agence France-Presse a diffusé  un petit reportage de deux minutes sur l’Université populaire de Caen. 

"La philo en vogue grâce à l’Université populaire de Michel Onfray" 


Cliquez sur l’image  

onfray up nov 2011
"Jean-Marie Le Pen au second tour, le philosophe Michel Onfray crée l'université populaire de Caen. L’idée: éveiller les consciences, sur le modèle de celles lancées par Georges Deherme après l'affaire Dreyfus en 1898. Un enseignement gratuit, destiné à tous sans limite d'âge ou de diplôme, et dont le succès n'a cessé de croitre depuis 10 ans."

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Parallèlement,  AFP a publié un article de Chloé Coupeau sur le site L’Express.fr , où elle donne la parole aux « Upistes » et… à Raphaël Enthoven.
"L’université populaire d’Onfray, ou le succès de la philo via le politique"


 « Caen - Boulanger, infirmier ou professeur, ils sont environ un millier à assister chaque lundi au cours de philosophie que donne Michel Onfray pour la 10e année à l’université populaire (UP) de Caen. Pour le plaisir de s’y dégourdir les neurones ou le réconfort d’y retrouver leur vision du monde.

"C'est extraordinaire. Il y a 10 ans on était dans un auditorium (200 places). Puis on est passé dans un amphi un peu plus grand et là on est au théâtre" d'Hérouville Saint-Clair, qui jouxte Caen, "avec des écrans et des chaises à l'extérieur de la salle", raconte Jean-Pierre, professeur à la retraite, auditeur fidèle de cours qui sont pour lui un "bain de jouvence et d'intelligence".

Les "Upistes" viennent de loin et tôt pour avoir une place. Sur le site internet de l'Université populaire, on trouve des propositions de covoiturages depuis Paris ou Lorient.

Lancée en 2002, cette université gratuite est la réponse de Michel Onfray à l'arrivée du Front national au second tour des présidentielles.

L'UP "part du principe que "si les gens sont racistes c'est par manque de culture", explique le philosophe en rupture avec l'enseignement habituel de sa matière, qui vit de la vente de ses livres (plusieurs dizaines), dans 25 pays.

Outre la "contre-histoire de la philosophie" de Michel Onfray, une vingtaine de professeurs bénévoles propose des conférences, de la musique ancienne aux mathématiques.

L'idée a en parallèle essaimé dans plusieurs autres villes de France, comme Lyon et Grenoble.

"Vous avez changé ma vie" "La mesure du succès est pour moi surtout dans les mails que je reçois de gens qui comme moi était sociologiquement programmés pour passer à côté de la philosophie et qui me disent vous avez changé ma vie", assure l'ancien professeur en lycée technique, "programmé pour être ouvrier à la fromagerie" de son village.

"J'ai lu un petit peu, Marc Aurèle par exemple, ça a été très dynamisant pour moi. Ca m'a fait vraiment du bien. De fil en aiguille on se prend au jeu", explique Rémi, un boulanger de 46 ans interrogé à la sortie d'un cours.

Pour Pascale, 48 ans, bac scientifique et sans emploi, "ça m'aide au quotidien à vivre ma vie. Quand tu es décalée, tu te heurtes à de l'incompréhension. Je sens très proche de lui, de son hédonisme, il met des mots là où je n'en ai pas".

"Ca nous permet de réfléchir, d'avoir un avis sur une quantité de problèmes qui se posent actuellement", estime de son côté Maurice, un cheminot à la retraite. Le cours est de fait ponctué de quelques références à l'actualité.

"Tout est fait actuellement pour dire aux gens vous n'êtes pas intelligents. Laissez faire les spécialistes. Ici on dit les spécialistes, la plupart du temps, disent n'importe quoi. Emparez-vous de ces questions et vous direz des choses nettement plus intéressantes", résume le philosophe libertaire de 52 ans qui a soutenu Arnaud Montebourg lors des primaires socialistes.

De Platon à Freud, sa vision de "ce qui est de la fumée" et "ce qui n'en ai pas" est loin de faire l'unanimité.

Pour le philosophe Raphaël Enthoven qui a enseigné deux ans à l'UP de Caen avant une brouille avec son fondateur, "Michel Onfray a des certitudes dont il accepte peu qu'on ne les partage pas".

Mais "les gens enseignent comme ils sont. A l'université populaire on apprend des choses qui permettent de penser contre ceux qui nous les apprennent et ça c'est formidable", ajoute-t-il.»

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Vous pouvez également consulter nos autres articles sur le même sujet :

Le plaisir de philosopher, JT France 2, le 20.11.11 

Les dix ans de l’Up de Caen , Côté Caen, le 29.10.11

La philo superstar, JT France 2, le 10.06.1

 Ewa   

9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 11:48

   

"J'ai effectivement toujours cherché traîtreusement à foutre le bordel dans la tête des autres, parce que ça leur rendait service. Surtout dans celle de ceux qui sont si sûrs d'eux." 
                                                                                   

couv-ML

   
Le Magazine Littéraire publie dans son numéro du mois de décembre 2011 un entretien réalisé en 2010, et qui est resté inédit, qu'avait accordé Lucien Jerphagnon à Mathias Leboeuf, docteur en philosophie et journaliste.


L'occasion pour Lucien Jerphagnon de revenir sur L'éternité

"Notre vie humaine n'est qu'un instant dans l'éternité. Mais cet instant est immortel. N'importe quoi peut se passer, il y a une chose de nous qui ne s'effacera jamais : celle d'avoir été. Notre ipséité, le fait que nous soyons nous-mêmes, est unique. Tout être est unique."


L'Histoire et la philosophie

"A ceux qui me disent : «Vous êtes philosophe», je réponds aussitôt : «Non, je n'ai pas mis au point le jerphagnonisme». Autrement dit, comme les philosophes ne se comprennent pas entre eux, je n'ai pas ajouté un étage à leur tour de Babel."
"Toute philosophie est nécessairement historique. Une philosophie dépend toujours de l'air de son temps."

Le Moyen Age

"Le Moyen Age pose la question du rapport entre la philosophie des livres et la philosophia, telle que nous la portons en nous comme amour de la sagesse. L'époque antérieure envisageait le concept comme une réalité. Vinrent des gens comme Guillaume d'Ockham, qui considérèrent qu'il ne s'agissait pas d'une essence mais d'un signe. Un mot est signe d'un concept, qui lui-même est signe d'une chose concrète. Tant et si bien qu'on se meut au milieu de signes de signes."

Les Philosophies antiques

"Marc Aurèle était un véritable stoïcien, vivant le stoïcisme de façon naturelle, sans crispation.marcaur1 Exactement comme l'épicurisme doit être vécu sans chercher perpétuellement le maximum de plaisir à tout instant. L'épicurien recherche en fait le minimum vital du plaisir : boire quand il a soif, manger un bout de pain quand il a faim."

L'agnostisme et l'athéisme

11 plotin"J'ai toujours été un homme de foi, parce qu'en Plotin j'ai découvert le principe d'un monde qui m'a toujours étonné. La présence du monde ne m'est pas naturelle."
"Il faut bien avoir conscience que l'athée est un croyant. Il croit que Dieu n'existe pas, alors que nous n'avons aucune preuve de la non-existence de Dieu. L'agnostique, lui, n'a pas de gnose, parce qu'il reconnaît que l'objet visé transcende par nature toute connaissance possible."


Michel Onfray

"Onfray était un excellent étudiant. Il avait une grande capacité d'assimilation. Je vous répète que je n'ai jamais voulu fourguer à mes étudiants ma propre façon de penser. Ce qui m'intéressait, c'était de faire sortir d'eux-mêmes une pensée propre, encore à l'état naissant, de les aider à se fabriquer une intelligence et une vie intérieure. On ne s'étonnera donc pas que Michel Onfray soit maintenant, du point de vue philosophique, aux antipodes de son vieux maître. Et j'en suis bien content, car il a prouvé ainsi que je n'engendrais pas des clones."

Le bonheur

"Etre heureux consiste au moins à profiter intelligemment de l'instant. Carpe Diem. Au fond, l'idéal du bonheur est un amour partagé. Et, s'il dure dans le temps, c'est encore mieux. Mais rien qu'un instant, voilà déjà quelque chose de magnifique."
    
                                                                                                                

    Bien entendu, de nombreux autres sujets sont abordés, Michel Onfray l'est également de nouveau. Vous pourrez retrouver l'intégralité de ces propos dans le Magazine Littéraire.

                                                                                                                                                                 Constance

Published by quatuor - dans Goût des autres
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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 15:06

 

bartabas2
Dans Le Point du 02.12.2011, Michel Onfray signe un article sur Bartabas (Clément Marty), homme de passion, dresseur de chevaux, chorégraphe de spectacles équestres, créateur du théâtre équestre.       


                    « Penser comme un cheval »

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"J'aime Bartabas parce qu'il est un homme debout ; et il est un homme debout parce qu'il fait parler en lui toute une série d'animaux, pas seulement le cheval : la hyène au rire grinçant quand, homme de l'art équestre, comme chacun sait, il vante les mérites de la boucherie chevaline en disant qu'elle a sauvé l'animal ; le gorille quand il se rend dans un bureau du ministère de la Culture et saccage un peu, en passant, la cage du babouin fonctionnaire qui étrangle sa compagnie avec des décisions de bureaucrate ; le renard quand il fixe l'objectif du photographe qui le saisit dans un beau portrait avec un crâne de cheval composant ainsi une vanité dans un esprit baroque ; le chat quand il regarde autour de lui qui se trouve à sa table après le spectacle, et comment les lois de l'éthologie se trouvent respectées dans les agencements autour du mâle dominant qu'il est, ce qui lui fait friser l'oeil et retrousser les babines ; le loup quand il se meut dans l'espace d'Aubervilliers avec sa meute qui se déplace comme en dansant autour de ses phéromones ; l'ours quand il met la patte dans le plat en plein Festival d'Avignon pour faire exploser le politiquement correct qui règne en matière d'intermittence du spectacle ; le lion, roi des animaux, quand il chevauche. Cet homme est un zoo à lui tout seul?

cheveaux 3 Zingaro 1Je suis pourtant le plus mal placé pour parler de son art, car je ne suis jamais monté sur un cheval. Dès lors, dans ses spectacles, j'entends des "oh !" et des "ah !" qui ponctuent ses coups de génie équestres, mais sans savoir pourquoi il y a eu, là plutôt qu'ailleurs, matière à extase. Ainsi du galop arrière : enfant, j'avais l'habitude de voir des percherons dans les champs de ma campagne normande, et il me semblait qu'il suffisait de demander à un cheval de reculer pour qu'il s'exécute !

Holà ! Sacrilège. Le sommet de l'art se trouve dans cette reculade. Bien, bon, d'accord, entendu. Mais de la même façon qu'on n'a pas besoin d'être musicologue pour aimer Bach ou gynécologue pour aimer les femmes, on peut aimer Bartabas en ignorant tout de la technique équestre - même si j'imagine la qualité affûtée du plaisir qu'il y a à décoder la subtilité du dressage quand on est soi-même cavalier.

Ce qui me plaît dans ses spectacles, c'est la pensée qu'il y met. Depuis le début de Zingaro, ses créations ont été multiples et diverses. Du dépouillement maximal et de l'esthétique zen de la danse d'un homme avec son cheval et de ce centaure avec un acteur de butô dans Le centaure et l'animal, à la farce baroque d'une danse macabre dans Calacas, en passant par les contrepoints entre les chevaux et les musiques du monde dans Darshan ou Battuta, il n'existe qu'une seule substance diversement modifiée - comme dirait un spinoziste sachant monter...

 

Leçon épicurienne

chevaux mazereau 1De la pensée dans les spectacles de Bartabas ? Oui. De la pensée. Car penser avec des mots est une histoire récente avant laquelle il y eut des millénaires de pensées sans les mots. Il y eut de la pensée à Lascaux avec des peaux de bête tannées, tendues sur des cadres, frappées avec un bâton ou un os ; il y eut de la pensée sous les lueurs des torches à la graisse animale qui éclairaient un peu des danseurs probablement enivrés de lichens fermentés ou de liquides hallucinogènes ; il y eut de la pensée dans le cerveau d'un être qui recouvrit de pierres sèches le corps de son père mort ; il y eut de la pensée dans la main du premier graveur de tête de cheval dans une grotte préhistorique, etc. Bartabas est l'homme de cette pensée-là.

Précisons. Pendant des millénaires, l'homme et la nature ne se pensaient pas séparément. Le nuage, l'arbre, le vent, l'animal, l'homme, l'insecte, le soleil, la pluie étaient un seul et même monde. La décadence vint avec le monothéisme, qui mit à bas le paganisme et le panthéisme pour lesquels les dieux n'étaient pas séparés du monde puisqu'ils étaient le monde. Dans ces temps où la raison ne se nourrissait pas de mots et de concepts, mais d'intuitions et d'esprits, de souffles et de murmures, l'animal et l'homme, la pierre et la plante étaient, pour l'homme, parcourues d'une même énergie. Bartabas montre cette énergie fossile dans un monde qui en a perdu le sens et l'usage. Voilà la pensée de Bartabas. Il convoque pour ce faire des oies et des chiens, des dindons et des ânes, des chevaux aussi, bien sûr, ou des cygnes avec lesquels il obtient des résultats chorégraphiques stupéfiants.

bartabas3Ce qui a lieu sur la piste du cirque suppose une longue conversation entre l'homme et la bête, preuve que la communication est possible entre le règne animal et le règne humain, qui ne sont qu'artificiellement séparés. Même remarque avec le règne végétal ou le minéral. La force qui détermine l'indéfectible agencement des cristaux de quartz et celle qui anime le cheval dans le rond de lumière, autant que la posture du cavalier qui le monte, sont une seule et même vitalité.

Il y a peu d'êtres qui font de cette force un matériau à sculpter - Bartabas est l'un de ceux-là. Ses démonstrations offrent une quintessence du génie équestre français en même temps qu'un cristal de communication non verbale entre le cavalier et sa monture. En sortant du manège, les genres se mêlent : le cheval a montré tant d'humanité que l'homme sent en lui cette bestialité - autrement dit : sa participation au monde animal.

Et l'on en vient même à se demander si cette intelligence animale que nous avons perdue n'est pas plus grande que l'intelligence livresque qui l'a recouverte depuis des millénaires. Nous croulons sous le poids des mots, des livres, des bibliothèques, des paroles. Le silence des bêtes nous ramène à l'essentiel : Bartabas nous y mène avec un doigté de chaman.

La pensée de Bartabas est une éthique : elle montre ce qui peut être obtenu moins quand on brime la part animale pour l'humaniser que quand on l'humanise en l'animalisant, autrement dit : quand on rappelle à l'Homo sapiens sapiens qu'il est aussi, et peut-être surtout, une énergie à sculpter, une force à conduire, un chaos à ordonner. Bartabas montre la voie - il est le seul aujourd'hui, avec le médium insolite de l'art équestre, à nourrir l'âme de corps, alors qu'un millénaire de formatage spirituel a produit l'inverse.

cheveauw 7Calacas constitue une étape nouvelle dans cette leçon de sagesse équestre. Baroque, foutraque, dionysiaque, bachique, endiablée, sarcastique, comique, cette pompe funèbre fait du cercueil un tapis volant. Les chevaux se partagent la sciure avec les squelettes qui dansent, sautent, frétillent, rigolent à mâchoire déployée pour nous offrir une leçon épicurienne : la mort n'est pas à craindre puisque nous sommes là ; quand elle sera là, nous n'y serons plus.


Théologie

Dès lors, les corbillards roulent à tombeau ouvert, conduits par des chevaux fous, les os sont la chair des morts qui chevauchent des animaux musclés comme des apollons, les anges secs montrent leur sacrum et leur coccyx en volant comme des spectres au-dessus des spectateurs, Éros embrasse Thanatos sur la bouche, le tout sur la croupe d'un cheval qui redouble celle de l'écuyère, la peau d'une cavalière est de tissu, la pointe de ses seins se fripe d'étoffe, la chair est donc plus fausse que l'os, dur et vrai comme une pierre tombale.

chevaux Calacas danse macabreLa musique est une fanfare céleste. La cavalcade est celle des morts qui jouent à la vie dans un ciel non pas des idées mais de chair et de sang, où on lutine, boit, rit, danse et chante. Bartabas, qui nous livre sa pensée depuis des années, nous a fourni une éthique, une sagesse, une éthologie ; le voilà qui nous donne à présent une théologie. Dieu que la pensée est une douce chose quand elle économise la parole ! Dans ce cas, et seulement là, elle est la plus noble conquête de l'homme."

Michel Onfray  

 

 

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Constance - Ewa   

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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