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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 09:00

 

 

"L'ascèse cynique fait de l'action l'entraînement privilégié. L'anecdote cynique témoigne en ce sens : le philosophe est un praticien, sa méthode est de geste, les traces qu'il laisse sont concentrées dans des histoires - celles qui font le corpus cynique, et son originalité."

Michel Onfray, Cynismes


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"Arrivé à Athènes, Diogène s'attacha à Antisthène. Ce dernier le repoussa : il ne voulait être suivi par personne. Mais l'assiduité de Diogène en vint à bout. Un jour, par exemple, Antisthène leva son bâton contre lui; Diogène lui dit en avançant la tête : Cogne donc : tu ne trouveras pas de gourdin assez dur pour me chasser aussi longtemps que tu me donneras l'impression de tenir des propos sensés. A partir de ce jour, Diogène devint son disciple."

"Un jour, on ne sait pourquoi, il se trouvait à vendre parmi les esclaves : Diogène en profitait pour apostropher les chalands. A l'éventuel acheteur qui testait la marchandise en demandant à chacun ce qu'il savait le mieux faire, Diogène repondait avec morgue et détachement : Diriger les hommes. Et, comme pour mieux aider l'acquéreur dans son travail, il ajoutait : Annonce donc : quelqu'un veut-il se procurer un maître?"   

 

diogene chiens 3

 Diogène, Jean-Léon Gérôme, 19e siècle, Baltimore - The Walters Art Museum

"Quelle sorte de chien es-tu? demandait-on à Diogène. - Quand j'ai faim, disait-il, je suis un maltais; repu, je suis un molosse - deux races dont la plupart des gens font l'éloge mais qu'ils n'osent pas suivre à la chasse par crainte de l'effort."

"Un jour que Diogène se faisait traiter de chien, Polyxène le dialecticien s'émut et fit part de son trouble au sage : Mais, toi aussi, lui dit-il, appelle-moi le chien : Diogène, pour moi, n'est qu'un surnom; je suis en effet un chien, mais je fait partie des chiens de race, de ceux qui veillent sur leurs amis."

"Diogène disait de Platon : A quoi peut bien nous servir un homme qui a déjà mis tout son temps à philosopher sans jamais inquiéter personne? Je laisse aux autres le soin d'en juger. D'après Diogène les discours d'un philosophe devaient être pénétrés de cette douceur âcre qui peut mordre les blessures humaines. Le chien augure d'une façon incisive de pratiquer la sagesse."

 

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      Diogène de Sinope, Leonardo Torricini, 21e siècle

"Le poisson masturbateur... Les poissons font preuve de presque plus d'intelligence que les hommes : quand ils sentent le besoin d'éjaculer, ils sortent de leur retraite et vont se frotter contre quelque chose de rude."


diogène alex

"Diogène lézarde au soleil de Corinthe, auprès du Cranéion, quand Alexandre le Grand l'aborde et lui dit, grand seigneur : Demande-moi ce que tu veux... Ce à quoi le cynique répond : Ôte-toi de mon soleil. Et continue son farniente..."

 

Diogenes Alexander Louvre puget    diogene cherche homme louvre sc 

Alexandre rendant visite à Diogène, Pierre Puget, 17e siècle,
musée du Louvre

    Diogène cherchant l’homme, Augustin Pajou d’après Jacques Saly,

18e siècle, musée du Louvre



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 Diogène à la recherche d’un honnête homme, Jacob Jordaens,  17e siècle, Dresde - Alte Meister Gemaldgalerie


"Au beau milieux de la place publique, Diogène appelle un jour à tue-tête des hommes... Des gens arrivent, bien sûr, curieux du personnage et de ses pratiques. Alors il distribue quelques coups, çà et là, au hasard, à destination des badauds, et justifie son geste en disant : J'ai demandé des hommes, pas des déchets.

"Une autre fois, il ira avec la même demande, affublé d'une lampe allumée en plein jour, toujours en quête d'hommes, toujours déçu dans son attente... Il cherche des êtres qu'il puisse initier à son volontarisme esthétique..."

"A la question  : D'où es-tu?, Diogène répond : Je suis citoyen du monde car la seule vraie citoyenneté est celle qui s'étend au monde entier. Et Cratès aura cette superbe formule pour répondre à la même interrogation : Je suis citoyen de Diogène."


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Diogène cherchant un homme, Gaspard Gresly, 18e siècle,

Dole -musée des beaux-arts

 Diogène demandant l’aumône aux statues,Jean Bernard Restout,

18e siècle, Toulouse - musée des Augustins

"Diogène faisait la manche sans vergogne et affirmait que l'amour de l'argent est la métropole de tous les maux. Et quand la monnaie se faisait attendre, les jours d'aumône, il invectivait le passant : Mon ami, disait-il, je quête ma nourriture, pas mes frais de sépulture."

"Dans les rues d'Athènes, il vit un jour un voleur de vase, propriété du Trésor, passer avec une escorte de deux policiers. Sans attendre il apostropha le trio : Voilà les grands voleurs qui en entraînent un petit."


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Diogène, John William Waterhouse, 19e siècle

 

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Diogène brisant son écuelle, Etienne Jeaurat, 18e siècle,

musée du Louvre

Diogène jetant son écuelle, Nicolas Poussin,17e siècle, musée du Louvre


"Les cyniques allaient pieds nus en toute saison et disposaient, en guise d'accessoires, d'une besace et d'un bâton. Le sac fut même, en son temps, porteur d'une petite soucoupe dans laquelle Diogène récupérait l'eau des fontaines et des sources. Un jour qu'il aperçut un enfant boire dans le creux de sa main, contrit et confus, il mit l'objet au ruisseau en se demandant comment il avait fait pour supporter si longtemps un instrument aussi encombrant et superflu..."

"Diogène devait payer le prix fort : puisqu'il avait toujours enseigné les vertus de la simplicité et de l'alignement sur la nature, qu'il se refusait au feu et consommait les aliments crus - en guise de protestation contre le dieu Prométhée, symbole de la civilisation -, le philosophe, joignant le geste à la parole, voulut manger un poulpe cru. Bien mal lui en prit : coliques, douleurs, indigestion, la mort fut au rendez-vous." 

 

  Ewa - Marc    

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 20:47

 

     Sept minutes d'intelligence entendues sur France Inter avec Laurence Luret et sa Parenthèse du 27 novembre 2010 (où Etienne Klein, physicien, vient présenter son livre Discours sur l'origine de l'Univers chez Flammarion), et nous vous invitons à aborder encore une fois le thème de l'Univers. 


 

 

 

         Plusieurs affirmations :

  •     L'Univers a une histoire, nous en connaissons les 13,7 premiers milliards. Cet Univers commence par ce que l'invité, Etienne Klein, appelle une fiction métaphysique, le Bigbang, transition entre l'absence de toute chose et l'apparition de quelque chose.

 

  •    Notre "théorie" est incapable d'aller par delà le mur de Planck (frontière entre l'avant et l'après Bigbang), mur cognitif, car nous n'avons pas les bons concepts physiques pour expliquer ce qu'il s'est passé. L-Univers- Mur de Planck   
  •     La cosmologie contemporaine ne nous dit pas que l'Univers a une origine au sens radical du terme. Mais si un jour nous avancions une preuve de cette origine, serait-on capable de la décrire ? Le langage mathématique ou philosophique peut-il mettre en équation le néant ? Cette équation serait-elle au-delà de notre intelligence ?

 

  •    L'origine de l'Univers reste un véritable mystère.

 

 -  Pourquoi cette question de l'origine de notre Monde ?

 

Une piste : dans la pensée chinoise, on raisonne non pas en termes d'objets qui composent le Monde mais en terme de processus. Est-ce alors un questionnement qui ne concerne que certaines civilisations ? 

-  La réponse est-elle Dieu ? 

  Si l'on considère que Dieu est la réponse à la question de l'origine de l'Univers, c'est alors que Dieu fait parti de ce qui existe et que donc il n'est pas la solution de la question de l'être. (réponse indirecte à M. Masson, voir l'article Athéisme et absurdité Le visage de Dieu

Et si le nouveau Dieu c'était cela ?  

   

 

L'émission Du Grain à Moudre sur France Culture du 20 octobre 2010 pourra éclairer davantage les passionnés. Axel  nous a communiqué gentiment ce lien, également sur France Culture. Pour finir, cette vidéo "Peut-on penser l'origine de l'Univers ?" au TEDx Paris (15/01/2011). 

 


  

« Le jadis, par rapport au passé, c'est ce surgir incessant d'une origine en tout. Et il est possible, pourquoi pas, qu'à force de retirer la lave desséchée, des oripeaux, qu'en vieillissant on puisse appartenir à une luisance plus neuve et que le "dernier regard", comme disent les Japonais, le regard de l'adieu, soit aussi le regard le plus neuf, le plus contemporain de ce qui surgit au fond de la terre, et au fond du ciel. Le Jadis est un surgir pur. C'est l'explosion céleste. Le Big Bang ne cesse de se produire. C'est être directement en prise avec ce présent absolu. C'est un instant. Un instant absolu. Tout le reste, tout le passé, toutes la réaction de tous les conservatismes, sont des choses qui sont faites pour étouffer ce mouvement de surgir. » Pascal Quignard

    Constance 

Published by quatuor - dans Goût des autres
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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 12:25

    

     Robert Misrahi est un spécialiste du philosophe Spinoza et de la question du bonheur. C'est aux éditions Encre marine qu'il sort un livre d'entretiens avec une journaliste de Psychologies Magazine, Hélène Fresnel. Le quatrième de couverture parle de la désespérance qu'il a ressentie face à la mort de sa femme Colette, de cet élan de joie et de liberté grâce auquel nous tous pouvons traverser les crises de notre existence. Je me suis dit, voilà un homme sur lequel Michel Onfray ne tarit pas d'éloges. J'ai pensé à notre Jean-Claude, Carpe Diem du blog, qui nous confiait sa culpabilité à être heureux après la perte de sa compagne, alors pourquoi pas ? 

                                                          

 

     Cent six pages, sept chapitres allant crescendo vers l'idée de la joie. Mais au fil de ces lignes je me suis surprise à penser que cet homme, ce philosophe, remettait autant en question la psychologie que Michel Onfray.

 

- La crise : plutôt les crises. Rupture amoureuse plus que crise économique, les expériences de vie que Robert Misrahi a eues à subir l'ont poussé vers une réflexion volontariste. Mais il n'existe pas de fatalité à la souffrance, au négatif. "Je m'oppose radicalement à la sociologie, à la psychologie. Ces disciplines ont tendance à croire que la réalité qu'elles auscultent est la seule possible [...] Il est toujours possible [...] d'inaugurer des manières de vivre différentes de celles que nous avons adoptées jusqu'à présent."  Refus de la prédestination

 

- Qui sommes-nous ? : "Nous ne sommes pas un agrégat d'affects, de raison, de volonté comme le soutiennent Descartes, Platon et les psychologues [...] Je ne crois pas en l'existence de l'inconscient. Nous sommes toujours conscients, présents à nous même. Nous savons notre action. Nous pouvons ne pas la comprendre mais nous savons que c'est nous qui agissons et parlons." La joie : elle est réflexivité (conscience complète de soi-même), désir et réciprocité. Refus de l'inconscient

 

- La conversion : Robert Misrahi incite à se révolter contre la passivité, contre notre somnolence intellectuelle. Nous ne sommes pas condamnés à rester dans l'insatisfaction car le Désir est notre plus grande richesse.

 

- Les contenus de la joie : La première des grandes joies actives est la construction et la découverte de notre pouvoir de liberté seconde, savoir poser ses valeurs, ses choix, ses principes de vie. Certains philosophes comme Cioran ont plongé dans la mélancolie car ils ont considéré le Savoir comme leur propre but. Or il n'est pas son propre but, il est l'instrument de notre liberté. "La philosophie est plus confiante que la psychanalyse, plus assurée des pouvoirs de la conscience et de la réflexion. Elle est moins effrayée, ne croit pas en l'idée d'un pseudo-destin qui viendrait d'une zone sombre de nous-même."

 

                                                      

 

     Si les livres étaient des bijoux, celui-ci serait une perle. Je ne fais ici que parcourir superficiellement son savoir vivre, je conseille à tous ceux qui souhaitent se convertir à la "Joie" d'en faire leur livre de chevet.

 

                                                     

Misrahi-Robert

 En cliquant sur la photo, vous entendrez un entretien qu'il a accordé à Libération lors d'un forum "Le bonheur, une idée neuve".  Il nous soumet son désir d'une politique qui s'occuperait du bonheur extérieur des citoyens, en mettant l'accent sur l'éducation.

 

 

     "Nous pouvons nous battre contre le négatif car nous avons une idée implicite du positif. Et c'est ce que tous les philosophes oublient, sauf Michel Onfray dont je parlerais longuement à une autre occasion" Robert Misrahi, Savoir vivre, p 53

    Constance 

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  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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