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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 11:11

 

 

chimpansés DISNEYNATURE-oscar6

 

Entre nous et les animaux, une différence de degré seulement, non de nature, et 99% de patrimoine génétique partagé avec nos frères les chimpanzés. Le plus débile, détraqué et illuminé des hommes aurait du mal à confondre un chien avec une chaise. Et pourtant, depuis deux siècles, les animaux sont considérés dans le Code civil français comme des « biens meubles ». Encore un héritage désastreux des religions monothéistes : la manière dont les humains - le summum de la création divine (sic) - traitent les autres êtres vivants.

Pour changer enfin le statut juridique de l‘animal, 24 intellectuels de tout bord ont signé un manifeste publié le 24 octobre 2013 sur le site de la Fondation 30 Millions d’Amis.

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      Manifeste

Pour une évolution du régime juridique de l’animal dans le code civil reconnaissant sa nature d’être sensible.


Les animaux sont encore définis par le Code civil comme des choses, sur lesquelles l’homme peut par conséquent exercer un droit absolu.

Nous n’ignorons pas que toute tentative de faire évoluer cette classification se heurte à la force des habitudes et soulève invariablement des objections d’ordre économique. Nous l’ignorons d’autant moins que c’est le cas chaque fois qu’est réclamée la légitime considération due à un groupe exploité ou opprimé. 

Certes, les animaux ne sont pas des êtres humains. Ce n’est pourtant pas la proclamation d’une dignité métaphysique, mais certains attributs – capacité à ressentir le plaisir et la douleur notamment – que les humains partagent avec au moins tous les vertébrés, qui enracinent les droits les plus fondamentaux. Et bien que dans diverses réglementations françaises et européennes les animaux soient reconnus pour leur qualité d’«êtres sensibles», encouragées en ce sens par les progrès de la connaissance scientifique, ils demeurent de manière de plus en plus contradictoire des biens meubles dans notre Code civil.

Pour que les animaux bénéficient d’un régime juridique conforme à leur nature d’êtres vivants et sensibles et que l’amélioration de leur condition puisse suivre son juste cours, une catégorie propre doit leur être ménagée dans le code civil entre les personnes et les biens. 

Christophe André,  Florence Burgat,  Didier van Cauwelaert,  André Comte-Sponville,  Boris Cyrulnik,  Didier Decoin,  Philippe Devienne,  Luc Ferry,  Alain Finkielkraut,  Elisabeth de Fontenay,  Irène Frain,  Marie-Angèle Hermitte,  Jacques Julliard,  Frédéric Lenoir,  Jean-Pierre Marguénaud,  Edgar Morin,  Michel Onfray,  Erik Orsenna,  Pierre Rahbi,  Hubert Reeves,  Matthieu Ricard,  Danièle Sallenave,  Enrique Utria,  et Frédéric Vitoux. 

 



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Chers internautes, vous aussi, vous pouvez signer la pétition pour un nouveau statut juridique de l'animal qui a déjà recueilli le soutien de 250 000 FrançaisOui, je sais, les pétitions ça sert à rien, sauf à se donner bonne conscience. Alors,  donnez-vous bonne conscience et signez pour rien... 

 

 

« Les animaux ne sont ni des machines, ni des humains, ni des idoles, et je pense que le IIIe millénaire sera celui de la découverte des mondes animaux. Avec leur chair, nous avons fait du social en inventant la chasse. Avec leurs os, nous avons fabriqué nos premiers outils. En les peignant et en les sculptant, nous avons fait naître nos croyances originelles. En les observant, nous avons compris notre place dans le monde. Et pourtant, c’est la première fois dans l’histoire de l’homme que nous sommes capables de découvrir et de comprendre les mondes mentaux des animaux. J’insiste là-dessus : le jour où l’on acceptera enfin qu’il existe une pensée sans parole chez les animaux, nous éprouverons un grand malaise à les avoir humiliés et considérés aussi longtemps comme des outils. »

Boris Cyrulnik, « La plus belle histoire des animaux », Seuil 2000, p. 218     

 

 


 

Réactions 

  • Daniel Salvatore Schiffer, Droit des animaux : le changement de leur statut juridique est un enjeu de civilisation, Le Nouvel Observateur, 26.10.2013

« C'est donc en total accord avec cette très compassionnelle mais surtout humaniste (le paradoxe, parlant ici de l'animal, n'est qu'apparent) vision des choses que, pour ma part, je tiens à m'associer, en âme et conscience, à ce manifeste des intellectuels en faveur de la cause animale.

Je le clame d'autant plus haut et fort que j'ai moi-même toujours vécu, comme aujourd'hui encore, entouré de chats et de chiens, dont, en ce qui concerne ces derniers, un jeune "beagle" que je crois avoir sauvé, en l'ayant recueilli avant qu'il ne parte pour un laboratoire d'expériences pratiquées régulièrement sur cette petite mais robuste et intelligente race de chiens, d'atroces souffrances.

Quant à cet indigne et honteux article 528 du Code civil français, lequel assimile indûment les animaux à de vulgaires "biens meubles", c'est peu dire qu'il est, probablement sans le savoir, l'une des funestes conséquences d'une certaine philosophie française, précisément, puisque c'est Descartes lui-même, le père du rationalisme moderne, qui a élaboré, dans un de ses essais, l'absurde et encore plus abominable théorie de l'"animal-machine". [...]

C'est là une question, ni plus ni moins, de civilisation correctement entendue ! Car une société, aussi évoluée soit-elle mentalement ou techniquement, qui ne traite pas bien ses animaux, est une société qui, quelle que soit l'image qu'elle souhaite se donner anthropologiquement d'elle-même, n'a pas encore atteint le stade mûr et plein de la civilisation. 

Il est des hommes dont l'inhumaine barbarie se révèle parfois, hélas, plus bestiale encore, en son insensibilité et inconscience, que celle de tout animal, le plus sauvage soit-il ! « 


 

16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 23:57

 

 

solange te parle 1

 

Solange nous parle en se mouvant avec une sorte de maladresse gracieuse dans l’espace clos, confiné de son appartement à la déco minimaliste, épurée; filmée par une caméra fixe, en gros plan, avec de petits effets spéciaux faits maison.

Solange nous parle d’un ton sérieux, solennel, sans sourire, avec une diction lente et appuyée.

Solange nous parle de son univers de minuscules et insignifiantes situations de la vie quotidienne qui, avec sa logique surréaliste implacable, prennent les proportions gigantesques, dramatiques, absurdes; proportions que cet univers avait peut-être déjà eu avant…

Les vidéos de Solange constituent le vade-mecum pour les nuls, solitaires, inadaptés qui font tous les efforts possibles et imaginables pour trouver leur place dans la société et faire comme les autres. En vain. Et vous, comment faites-vous?

Solange me fait rire et m’émeut. Si vous, vous n’aimez pas les premières vidéos des trois playlists « thématiques » que j’ai créées, vous n’aimerez pas les suivantes, pas la peine d’aller plus loin, ce genre d’humour n’est pas pour vous, rien de grave. ;~) Mais si vous avez souri, regardez les toutes, puis jetez un coup d’œil sur l’émission d’Arrêt sur image où vous verrez Solange, plongée en milieu hostile, sortir la tête haute; et enfin, visitez son site. 

Après, vous pouvez retourner à vos occupations habituelles. :~)

 

 

      1. Sexe, genre, nudité

  • Solange te parle nue : et si la nudité engendrait le bien universel?
  • Solange épuise la pornographie, en tout cas, elle essaye.
  • Solange te parle accouplement : trop d’amour peut nuire à la santé d’autrui.
  • Solange te parle garçon : il y a toujours un garçon caché...

Et toi, comment fais-tu pour ne pas déshonorer ton sexe ?

 

 

2. Parler, lire, regarder, occuper l’espace 

  • Solange te parle québécois : tourne ta langue sept fois et elle risque de s’en aller.
  • Solange te parle journal : les journaux continuent d’être imprimés malgré leur difficulté d’utilisation.
  • Solange te parle victoire : quand il arrive quelque chose de bien, respire-le à fond !
  • Solange te parle fenêtre : le monde entier s’infiltre par ta fenêtre sans ta permission.
  • Solange te parle W-C : attardons-nous aux toilettes pour les bonnes raisons.

      Et toi, comment fais-tu pour ne pas être intellectuellement démuni ? 

 

 

      3. Manger - boire - éliminer 

  • Solange te parle camembert : le fromage affirme sa présence, encourageons-le !
  • Solange te parle ustensiles : il fait sombre dans un tiroir.
  • Solange te parle indigestion : elle est périlleuse la route des aliments dans ton tube digestif.
  • Solange te parle pipi : plus tu bois, plus tu urines.

      Et toi, comment fais-tu pour être indulgent avec des aliments peu ragoûtants ? 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 23:28

 

 

Enthoven 20100329 Salon du livre de Paris 1Je voudrais attirer votre attention, si ce n’est pas déjà fait, sur une belle émission de Raphaël Enthoven consacrée à Sénèque, « L’art de vivre ». Sans me méfier, j’ai commencé à l’écouter en podcast tard le soir, et elle m’a volé une partie de la nuit, car il m’a fallu la réécouter, transcrire quelques mots de R. Enthoven, me pencher impérativement sur quelques pages de « La brièveté de la vie » de Sénèque que j’avoue ne pas avoir lu auparavant et enfin, partager tout ça avec vous. 

« De façon générale, ont est ému par les philosophes non pas quand ils nous apprennent quelque chose que nous ignorons, mais quand ils nous mettent sous les yeux quelque chose que nous savons et que d’ailleurs en règle générale pour cette raison même nous ne voulons pas savoir ». 

seneque---buste-noir.jpgSénèque & Enthoven  m’ont simplement mis sous les yeux ce que je savais : je n’accepte pas la mort, je la hais, donc je n’aime pas la vie, en tout cas beaucoup moins qu’il n’y paraît, et la lecture de Nietzsche et Camus n’y a rien changé. (1)

Sénèque & Enthoven ont dépeint avec maestria et une étonnante justesse le spectacle que je m’amusais parfois à observer, spectacle des simagrées et des gestes théâtraux surjoués des pessimistes - poseurs narcissiques (2), ainsi que des «oisifs» - amateurs de sieste et de toutes sortes de rien-faire's assez plaisants et intéressants qui n’arrêtaient pas de faire des efforts surhumains pour rassurer leurs semblables et surtout eux-mêmes sur leur capacité à tenir le cap : au repos! (3); spectacle des faux lucides et des «faux marginaux» planant mollement mais fièrement au-dessus de la populace agitée….

 

Ni la sieste, ni la super méga fête, ni le travail acharné et abrutissant pour « gagner « ma vie ne m’attirent particulièrement. Alors, il serait peut-être temps, avant de mourir, de commencer à essayer d’aimer la vie? Il paraît que c’est possible... 


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  • 1)    Les problèmes apparaissent au moment où on n’aime pas assez la vie pour accepter qu’elle s’achève, quand on n’est pas capable d’AIMER LA VIE au point de tolérer son coeur plagecaractère provisoire. Ceux qui ne veulent pas que la vie s’achève, contrairement à ce qu’ils pensent, n’aiment pas la vie, mais au contraire, détestent sa valeur provisoire et lui demandent d’être autre qu’elle n’est, c’est-à-dire de ne pas s’achever, en tout cas, pas tout de suite.  Aimer la vie c’est accepter qu’elle se termine, c’est ce qu’on appelle une philosophie tragique. Nietzsche est le maître à penser de cette façon, Camus l’est peut-être plus encore. Je ne veux pas mentir, je ne veux pas qu’on me mente, je veux regarder la mort avec la vérité de mon amertume, je veux l’avoir sous les yeux, je ne suis pas là pour tricher. Il n’est pas là à mendier un instant de plus, c’est pas son problème, parce que la qualité des instants qu’il met en œuvre quand il est précisément dans la conscience de sa mortalité, dans cet amour des vérités qui doivent pourrir, c’est ce qu’il met en œuvre à cet instant-là relève de la vie vraiment vécue. Cet homme au moment de mourir a pu se dire : j’ai vécu. Il n’est pas mort avant d’avoir vécu. Et il suffit pour ne pas mourir avant d’avoir vécu d’en venir un jour à aimer la vie au point d’accepter qu’elle s’achève. De celui qui refuse que la vie s’achève ou de celui qui l’accepte, celui des deux qui aime le plus la vie n’est pas forcement celui qu’on croit. C’est l’une des leçons des stoïciens. Ne pas vouloir que la vie s’achève, c’est se divertir.   -  (44:00)

 

  • 2)   Il n’y a rien de plus égoïste qu’un PESSIMISTE. Le pessimiste prédit le pire, et ce n’est pas une façon de devancer le pire, c’est une façon de l’éloigner de soi. C’est un peu comme Mme Poussin dans « A la recherche du temps perdu » : « Quand tu auras un bon panaris, tu m’en diras des nouvelles. » C’est aussi une façon pour Mme Poussin de conjurer l’avènement du pire que de le prédire. Elle le prédit, elle le repousse, c’est pour demain, elle parle du pire au futur. Le pessimiste c’est celui qui parle du pire au futur. En prévoyant le pire il se donne l’air de la lucidité, et en pratique, il éloigne un peu le pire en en parlant au futur. Certes, le pire est certain, mais c’est demain. Il y a quelque chose de confortable là-dedans, et puis surtout,  il y a un problème avec le pessimisme, c’est que si le pire est toujours sûr, le pessimiste n’a aucune raison de se soucier de lui. Apparemment, la grande leçon du pessimisme est : quoi qu’on fasse, on n’est fait et on va mourir. Pourquoi est-ce qu’on ferait attention à soi? Or les pessimistes font attention à eux. Les pessimistes ne s’oublient jamais. Parce que c’est précisément quand on se dit qu’on n’a plus rien à perdre qu’on se préserve.  Sous ses airs de prudence, le pessimisme c’est une peur panique, c’est une réponse panique à la prescience du pire. Le pessimiste a la sagesse de penser que prédire le pire, penser le pire, est une meilleure manière d’appréhender le pire et que c’est plus sage d’arriver vers le pire avec la conscience que le pire va arriver. Mais dans le même temps, la façon qu’ il a de prédire le pire, c’est une façon de lui rendre le pire indolore, un peu à la manière des gens qui disent que tous les hommes sont mortels, donc je suis mortel, oui, mais ça ne veut pas dire que je vais mourir. Le fait de dire ça, est une manière de s’exclure du lot. Il y a dans le pessimisme une sorte de confort, le pessimisme est à l’abri derrière la lucidité qu’il brandit, le pessimisme est bien au chaud.  Rien de cela avec Sénèque, on est dans une pensée presque tragique, au-delà du pessimisme ou de l’optimisme, on est dans un rapport au temps, plus qu’une bonne gestion du temps, une incorporation du temps.    -   (32:54) 

 

  • 3)    Le travail est infâme, c’est une torture. Sénèque ne serait pas pour les 35 heures, il serait pour les 35 minutes. Le travail a quelque chose d’aliénant. C’est une idée très claire chez Sénèque, ce qui montre d’ailleurs que son texte ne se destine pas à tous. […] Au fond, il ne s’agit pas pour Sénèque de vanter l’OISIVETE  contre  l’HYPERACTIVITE, mais de repérer dans l’un et l’autre le même déni de l’existence. […] Sénèque s’en prend autant à ceux qui répondent aux solliciteurs, qui ont une vie active, qui sont dans le train, qu’à ceux qui se flattent de ne pas être dans ce train vulgaire qui ne promet que la mort et qui se destinent eux-mêmes à une vie d’oisiveté. Il s’en prend autant à ces deux figures. La figure hyper grégaire du type qui veut réussir dans la vie et qui croit que réussir dans la vie c’est réussir sa vie, et qui meurt comme bon reveilun con, l’arriviste qui arrive, voilà où il arrive - première figure. Deuxième figure -  le faux marginal, le contempteur de cette société où tout le monde s’agite, celui qui met en scène sa propre sagesse, son aptitude à s’abstraire du mouvement général, celui qui maquille en désir le fait de ne pas être soumis au rythme quotidien. Et cette deuxième figure est au moins aussi grégaire, moutonnière et inintéressante que la première. L’enjeu ce n’est pas être oisif quand les autres, les esclaves, se tuent à la tâche, l’enjeu c’est revenir à soi. C’est là qu’est la juste mesure. Revenir à soi, ce n’est pas revenir au Moi. Revenir à soi c’est très exactement ne pas dépendre de ce qui ne dépend pas de soi, c’est s’en tenir à ce sur quoi nous avons prise, et c’est par conséquent faire de notre vie l’écrin d’une vie plus vaste que nous. Revenir à soi, ce ne pas se séparer du monde, c’est au contraire accepter et admettre tout ce qui nous compose et nous constitue dans le monde. Ce n’est pas tourner le dos à ses occupations, c’est une façon comme une autre de se divertir : refuser le divertissement. Q’on prie ou qu’on s’envoie en l’air, dans les deux cas, on vise le ciel, on quitte le sol. Il ne s’agit pas de ça, le stoïcisme est beaucoup plus sage que ça. Revenir à soi, c’est faire face à la mort, c’est-à-dire ne pas perdre sa vie à vouloir oublier qu’elle s’achève.       (51:50)


 

Sénèque, De la brièveté de la vie

Lire   ou/et  écouter 


Nous n'avons pas trop peu de temps, mais nous en perdons beaucoup. La vie est assez longue ; elle suffirait, et au delà, à l'accomplissement des plus grandes entreprises, si tous les moments en étaient bien employés. Mais quand elle s'est écoulée dans les plaisirs et dans l'indolence, sans que rien d'utile en ait marqué l'emploi, le dernier, l'inévitable moment vient enfin nous presser : et cette vie que nous n'avions pas vue marcher, nous sentons qu'elle, est passée.

sénèque - de la briévèté de la vieVoilà la vérité : nous n'avons point reçu une vie courte, c'est nous qui l'avons rendue telle : nous ne sommes pas indigents, mais prodigues.  [I, 3, 4]

Aucun homme ne souffre qu'on s'empare de ses propriétés ; et, pour le plus léger différend sur les limites, on a recours aux pierres et aux armes. Et pourtant la plupart permettent qu'on empiète sur leur vie ; on les voit même en livrer d'avance à d'autres la possession pleine et entière. Ou ne trouve personne qui vous fasse part de son argent, et chacun dissipe sa vie à tous venants.  [III, 1]

Personne ne vous restituera vos années, personne ne vous rendra à vous−même. La vie marchera comme elle a commencé, sans retourner sur ses pas ni suspendre son cours ; et cela sans tumulte, sans que rien vous avertisse de sa rapidité ; elle s'écoulera d'une manière insensible. Ni l'ordre d'un monarque ni la faveur du peuple ne pourront la prolonger ; elle suivra l'impulsion qu'elle a d'abord reçue ; elle ne se détournera, elle ne s'arrètera nulle part. Qu'arrivera−t−il ? tandis que vous êtes occupé, la vie se hâte, la mort cependant arrivera, et bon gré mal gré il faudra la recevoir. [VIII, 5]

La vie du sage est donc très étendue ; elle n'est pas renfermée dans les bornes assignées au reste des mortels. Seul il est affranchi des lois du genre humain : tous les siècles lui sont soumis comme à Dieu : le temps passé, il en reste maître par le souvenir ; le présent, il en use ; l'avenir, il en jouit d'avance. Il se compose une longue vie par la réunion de tous les temps en un seul.  [XV, 5]

Mais combien est courte et agitée la vie de ceux qui oublient le passé, négligent le présent, craignent pour l'avenir ! Arrivés au dernier moment, les malheureux comprennent trop tard qu'ils ont été si longtemps occupés à ne rien faire.  [XVI, 1]


 

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  • quatuor
  • Le blog de 4 amis réunis autour de la philosophie de Michel Onfray qui discutaient de la philosophie, littérature, art, politique, sexe, gastronomie et de la vie. Le blog a élargi son profil depuis avril 2012, et il est administré par Ewa et Marc
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